/ "^ £K^iSS^ CATALOGUE RAISONNÉ DES ESPÈCES, DES GEKBES ET DES FAMILLES D'ÉCHIMDES; Far MM. I.. AGASSIZ et E. DZSOB. — Suite (1). — FAMILLE DES SPAT.U'GfllDES. Forme allongée ou subcirculaire , bilatérale. Point d'appareil raasli- catoire. Bouche bilabiée ousubanguleuse. Anus postérieur. Cinq anibu- lacres tantôt disjoints , tantôt réunis au sommet ; l'antérieur ou l'impair ordinairement situé dans un sillon , et différant, en général, des quatre ambulacres pairs par sa structure plus simple. Test généralement mince, couvert de poils ras, auxquels se mêlent parfois quelques piquants plus longs, portés par des tubercules crénelés et perforés. Quatre pores géni- taux tantôt très rapprochés , tantôt éloignés. Cinq trous ocellaires. Une partie des Spatanguessont, en outre, ornés de bandelettes d'apparence lisses , que nous désignons sous le nom de fasciok's , portant de très fines soies , qui , vues au microscope , ont la même structure que les pédicel- laires (2). (1) Voyez, pour la première partie de ce travail, t. VI, p. 303, et, pour la deuiiéme jiarlie, t. VII, p. )2!i, 3' .série. (2) La [jusilioii de ces fusciules ou bandelelles varie suivant les genres. Nous l'ap- Utit^iSIX 1^1 WESOR. Premier cnouPE. — Ambulacrespétaloïdes, convergeant nu sommet. Des fascioles de différentes espèces. Bouche constamment bilabiée. Les espèces oppartlennent aux terrnins crétacés, tertiaires, et à l'époque actuelle. Lxxi. SPATANGUS Klein (Agass.). Oursins de grande taille, renflés, ;"i test mince, à ambulacres pairs composés de grands pétales plus larges que dans tous les autres Spatan- goïdes. Le bord antérieur des ambulacres pairs est oblitéré vers le som- met. Ambulacre impair logé dans un large et profond sillon. De grands tubercules perforés et crénelés sur les aires intcrarabulacraires. Point de fasciole péripétale. Un fasciole sous-anal profondément écliaucrc au- dessous de l'anus. Quatre porcs génitaux, dont les deux antérieurs sont plus rapprochés que les deux postérieurs. Cinq trous ocellaires en forme de pentagone régulier autour des porcs génitaux. Un tube ou cône creux à la face interne de l'aiie intcrambulacraire impaire. Lèvre supérieure de la bouche , composée de plaquettes polygonales. Une large lame plate, verticale, à la face intcrûe du test, sur le côté gauche de la bouche. Les espèces sont de l'époque actuelle et des terrains tertiaires. Pkemier type. — Grandes espèces à pclalcs ambulucraires larges. piirpurcns MUU. Zool. Dan. Tab. 6. — Forbes, Brit. Starf. p. 182. — Espèce déprimée et obtuse en arrière. Coles occiden laies et septentrionales d'Europe : Cherhours, la Uochelle , Abbc- ville, la Suède, la Noniège. — Mus. Paris, Stockhulm, Coppenhaguc, Michelin. spiiiosissinius Desor. Espèce déprimée comme la précédente , dont elle diffère par un nombre beaucoup plus considérable de tubercules à la face supérieure. Mers d'Europe. — Michelin. inrritlionalU Risso. Espèce renflée , avec une carène sur l'aire intcrambulacraire postérieure. Méditerranée , Alger, mer Rouge. — Mus. Paris. l^spèces fossiles. sicnins Agass. — S 92. — Park. Org. Rem. m, PI. 3, Hj 9. — Espèce très voisine du Sp. mcridionalls, sinon identique. Tert. de Palcrmc. Pliocène de Monte-Mario près Rome. — Dcluc, Verneuil. pelons pc'ripélale lorsqu'il entoure les pél.nlcs anibolaciaires (ilnns les Hemiaslcr , Schizaster, etc.); interne lorsqu'il riri'onscrit l'anibulacrc impaire (dans les Amphidc- (us); laléral lorsqu'il s'étend , d'avant en arrière , sur les lianes (ilans les Schizaster), cl fasciole sons-anal lorsqu'il est limité à la base de l'anus. I.e plus souvent il y a plu- sieurs de ces fascioles darjs un seul KCiire ; le fasciole péripétale et le fasciole sous-anal se trouvant surtout ftéqucuimcnt associés. CATAIOCl !■; llAl.SON.Mi I)i;s KCIIIMDl'S. 7 IMiilippii Dcsor. — S 63. — Les ambulacres sont priipoilinnncllcmenl plus i-liuits que dans le Sp. siciilus. Du cip Safran près Palerme. Pliocène de Monte-Mario près Rome. — Deluc, Verneuil. Desmarcstii Miinst. — 3. — Goltlf, l'etref. p. 153, Tab. 47, fig. 4. — Spatangus ornatus Agasi. (non Dcfr.) Cal. syst. p. 2. Tert. (molasse) de Venasque, Vedenncs, Bordcaui, Nice. Sables de l'Astèsan. — Mus. Paris , Avignon , Turin. cor.Nicus Desor. — R 78. — Voisin du Sp. Desmarestii, à face antérieure plus dé- clive ; ambulacres antérieurs plus étroits, et postérieurs plus rapprochés. Terl. de Calcstro (Corse), Saint-Paul-Trois-CNMeaui (Drôme). —Michelin, Mus. Paris (gai. géol.). Dolpliinii« Defr. — M 20. — • Dict. Se. nat. — Agass. Cat. syst. p. 2. — Espèce renllée, à tubercules peu saillants. Ambulacres très étroits. Molasse de Saint-Paul-Trois-Chàleaui. — Mus. Paris, Avignon, Defrancc, Desmoulins. Rciinipni Agass. — T 38. — Remariiuablc par rexiréme élroitcsse des ambulacres, qui sont fort lonfjs. Les ambulacres pairs antérieurs sont arqués en avant. Terr. tert.? — Mus. Avignon. Asierias Agass. — 2. — Cat. syst. p. 2. — • Grande espèce alloogée, à ambulacres courts et larges. Terl. de Morée. — Deshajes. occllatus Defr. — S 42. — Dict. Se. nal. — Spatangus NicoUii Agass. lichin. suiss. I, p. 23, Tab. 4, lig. 7 et 8. — Cat. syst. p. 2. Molasse de Saint-Paul -Trois Châteaux , Neuchâtel. — Defrance, Mus. Neu- chàtel. Paretî Agass. — P 97. — Spaianijus ocellntiis Agass. (non Defr.) Cat. syst. p. 2, — Très grande espèce déprimée, à tubercules nombreux. Tert. d Italie. — Michelin. pclalodes Agass. Ambulacres postérieurs très allongés et élargis en arrière , où ils sont fortement arrondis. Terr. tert. — Mus. Paris. Deuxième type. — Petites espèces aplaties à ambulacres étroits et nllmigrs. planniatus Lamk. Espèce plate ; les gros tubercules assez nombreux , régulière- ment espacés, s'étendant jusqu'aux bords. Le plastron est lisse , comme s'il avait été usé , même dans les exemplaires à l'esprit-de-vin. Bouche en forme de crois- sant brisé. Mers australes (Pérou et Lesueur) , Java (Quoy et Gaimard) , Waigiou (Lessoii etGarnot). — Mus. Paris. espèces fossiles. Iloirmanni Goldf. — Q S2. — Pclref. p. 1S2, Tab. 47, fig. 3. — Agass. Cat. syst. p. 2. Tert. de liunde. — Mus. Bonn. 8 AUASSIZ Et DESOB. Arclilaci Agass. Espèce voisine du Sp. planulattis , mais plus renflée , à ambu- lacres plus arrondis et plus pélaloides. Diffère du Sp. Boffmanni en ce qu'il n'est pas en forme de toit. Cale. gr. d'Oulchy-le-Château. — D'Archiac. grignononsis Agass. — 1. X 20. — Cat. syst. p. 2. — Diffère du Sp. Boffmanni par sa forme plus aplatie et par uu nombre plus considérable de tubercules. Tert. de Grignon. — Mus. Paris (gai. géol.), Michelin, Deshayes. dcpressus Dub. Voy. au Caucase, 'fab. 1, fig. 16. — Espèce très voisine du Sp. grignonensis. Terr. numm. de Crimée. Paraît se retrouver au Sinai, d'après un mauvais exemplaire rapporté par M. Lefebvre. — Dubois , Mus. Paris. pendnius Agass. Espèce plate, à bouche subccnlralc; ambulacres antérieurs très étroits. Anus presque supérieur. Diffère du Sp. dcpressus par l'absence d'échan- crurcs au bord antérieur, et de sillon sur l'ambulacre. Terr. numm.? du Siiiaï (Lefebvre). — Mus. Paris. slmplcx Agass. — M 28. R 40. — Cat. syst. p. 2. — Espèce très déprimée , à sillon antérieur très évasé. Tert. de Corse. — Michelin. Chilonosiis E. Sism. Echin. foss. Piem. p. 33, Tab. 1, fig. 6 et 7. Terl. moy. de la colline deTuriu. — Mus. Turin. Lxxii, MACROPNEUSTES Agass. (P. 16 [tome VI], fig 2.) Forme cuflée. Test épais. Pétales arabulacraires allongés , ouverts , ou imparfaitement fermés. Zones porifèies égalant en largeur l'espace intermédiaire. Des tubercules siu- les aires ambulacraires, mais cepen- dant moins saillants que ceux des Spatangues. Un fasciole latéral à la hauteur de l'extrémité des ambulacres, et passant par-dessus l'anus. Les espèces connues jusqu'ici appartiennent aux terrains tertiaires. Desliaycsii Agass. — P 9ft. P 92. — ilicraster Deshayesii Agass. Cat. syst. p. 2. — ilicraster major Agass. Cat. syst. p. 2. — Grande espèce déprimée , à ambu- lacres longs et étroits, situés dans des sillons très évasés. Tert. de Paris. Cale. gr. de Vivray. — Deshayes, Graves. piilvinatus Agass. — T 41. — Mlcraster pulvinatus d'Arch. Mém. Soc. géol. Fr. 2' sér., t. II, p. 201, Pi. 6, fig. 1. — Espèce voisine du M. Deshayesii, mais plus courte, et à ambulacres un peu moins longs. Terr. numm. deBiaritz. — D'Archiac. Rcaiimonli Agass. — X 10. — lUicraster Beaumonti Agass. Cat. syst. p 2. — Espèce voisine du H. Deshayesii; mais les ambulacres sont plus courts et les tu- bercules plus gros. Le sillon antérieur est très évasé. Terr. pisol. de Montecchio-Maggiore. — Elle de Beaumont. CATAl.OGlJi U.USONMÎ J)t;S licillMIJJiS. 9 crassus Agass.— T 20 — Espèce très renflée, à aaibulacrcs fort longs. Test épais. Diffère du JW. Deshayesii eu ce qu'il est beaucoup plus renflé. Terr. crét. d'Égyiile. — Mus. Paris. Amnion Desor. — T 22. — Espèce renflée. Ambulacres paires antérieurs attei- gnaut presque le bord. Espace entre les zones porifèrcs éjjal à la largeur de celles-ci. Terr. numm. d'Egypte. — Mus. Paris. Marmorse Desor. — Il 92. — Espèce très renflée , gibbeuse , i larges ambulacres. Tert. de l'île de Corse. — Michelin. gibbosns Agass. (Mer.) — R 26. — Espèce remarquable par son bord antérieur très élevé et tronqué. Terl.? — Mus. Bàle. Lxxrii. EUPATiGUS Agass, (PI. 16 [tome VI], fig. 13.) Forme elliptique, plus ou moins déprimée. Pétales ambulacraires pairs, larges. Ambulacre impair logé dans un sillon évasé. De grands tubercules crénelés dans les interambulacres à h face supérieure, comme dans les vrais Spatangues, mais avec cette différence qu'ils sont limités par le fasciole péripélale qui entoure également les pétales ambula- craires. Un fasciole sous-anal très marqué entourant l'écusson cordi- forrae. Bouche ample , semi-circulaire. De larges bandes nues à la face inférieure correspondant aux ambulacres postérieurs. Tubercules cupu- les sur les espaces interambulacraires de la face inférieure. Tubes am- bulacraires peu marqués autour de la bouche , et assez espacés. Les es- pèces sont vivantes, et des terrains tertiaires. Valcnciennesii Agass. Les grands tubercules sont peu nombreux et rapprochés du fasciole péripélale. Forme ovale. Nouvelle-Hollande (Verreaus). — Mus. Paris. Espèces fossiles. ornalas Agass. — X 90. M 26. M 27. — Spalangus ornatus Defr. Dict. Se. nat. — Cuvicr, Oss. foss. ir, 2' part., Tab. v, lig. G. — Goldf. Peiref. p. 132, Tab. -'i7, fig. 2. —Spantangus tuberculatus Agass. Cat. syst. p. 2. Terr. numm. de Biaritz. — Mus. Paris, Michelin, d'Archiac, Duclos. lateralis Agass. — X 24. P 83. — Spatanijus lateralis Agass. Cat. syst. p. 2. — Espèce plus allon;;ée et moins déprimée que la précédente, en forme de toit. Sommet ambulacraire excentrique en avant. Tert. moy. de lu Superga. — Mus. Turin. naminulinuM Agass. Espèce ovale , aplatie , ï fasciole péripélale rapproché du bord. Tubercules peu nombreux. Cale. gr. de Paris, Parues. — Mus. Avignon. 10 jtGASSIZ HT DESOK. navicclln Agass. Espèce allongée , rétrécic en arricro , léjcrcmenl écliancréc en avant, Terr. iiumni. des environs de Nice. — Mus. Turin. clongalns Agass. — X 86. — Spatnngiis elongaln$ Agass. Cat. syst. p. 2. — E. Sism. Mém. Ech. foss. Nizza, p. .35, Tab. 2, fig. 1. — Espèce voisine de VE. or- natus, mais plus allongée. Terr. numm. de Nice et de Suisse. — Mus. Turin etNcuchâtel. • veroncnsis Agass. — M 21. — Spatangus veronensis Mer. in Agass. Cat. syst. p. 2. — Espèce rcnllée, subcylinJrique. Terr. pisol. de Vérone. — Mus. Zurich et Strasbourg, Defrance. lirisNoides Agass. — T 98. — Spatangus Irissoides Dcsml. Tabl. syn. p. 392. — Spatangus punctalvs Grat. Ours. foss. p. 09, PI. 1, lig. 11. — Se dislingucpar sa forme très renflée. Terr. numm. de Montfort, près Dax. — Desmoulins, Grateloup. niinor Agass. — R 7'i. — Petite espèce subcylindrique, à petits tubercules. Je n'ai pas pu ni'assurer s'il existe un fasciole. Cale. gr. de Vcrnon. — Miclielin. Dnvalii Desor. Espèce voisine de VE. orna(«»; mais les tubercules sont moins gros et plus nombreux que dans aucune autre espèce. Cale. gr. de Moucliy-le-Clialel près Paris. — Duval. Lxxiv. GUALTIERIA Desoe. (PI. 16 [t. VI], fig. M.) Uc gros tubercules i la face supérieure , comme dans le genre Spa- tangus ; mais la partie pélaloïde qui les renferme est circonscrite par un fasciole qui coupe rextrémilé des ambulacres postérieurs. Dans celle partie des ambulacres , les pores conjugués sont plus elfacés et plus disliucts qu'à riulérieur du fasciole. Fasciole sous-anal, comme dans les Spatangues. De gros tubercules irréguliers autottr de la bouche. Quatre pores génitaux. Bouche entourée de gros plis , dans les intervalles des- quels se montrent les pores anibulacraires inférieurs. La seule espèce connue du genre est de l'époque tertiaire. Orlii^n^niin Agass. — T 3i. — Forme allongée , ovoïde. Sommet ambulacraire au milieu du dos. Terr. numm. de Saint-Palais près Royan. — D'Orbignj. Lx.xv. LOVENIA Desor. (PI. ifi rt. vu, fig. iG.) Pétales ambulacraircs pairs juxtaposés , comme deux croissants réunis par leur côté convexe. De gros tuberctiles à la face supérieure. CVTAl.OfiUH ISAISO.NNÉ DES lîClU.MDES. Il lesquels sont supporiés par de larges ampoules .'i l'inténcui'. Un fasciolc interne (cnlourant l'ambulacrc impair) s'avanrant par son sommet entre les ambnlacres posiéricnrs, comme dans le genre Ampliidclus. Un fasciole sous-anal entourant la région anale, et pénétrant même dans le cornet, au fond duquel l'anus est percé. Quatre pores g(Miilaux. Cinq ouvertures ocellaires disposées en forme de penlagone autour des ou- vertures génitales. Pores de l'aire ambulacraire impaire très petits, et presque confondus. Les gros tubercules portent de très longues épines arquées à leur base. Dyslri V Desor. — Dcscript. Egypt. Zool. PI. 7, fig. 4. — Espèce plaie , rétrécie en arrière. Tubercules porlanl de très longs piquants. Mer Rouge (BoUa). — Mus. Paris. Lx.'ivi. AMPIIIDETUS Agass. (PI. 16 [t. VU, fig. 8.) Test cordifornic, très mince. Boucbc moins excentrique que dans les autres genres. Anus à la partie supérieure du bord postérieur, supporté par un écusson cordiforme et très saillant. Anibulacrcs pairs très accusés, composés de pores peu nombreux et très espacés, correspondant à de larges zones lisses à la face inférieure. Ambulacre impair situé dans un sillon plus ou moins profond avec des pores très petits. Aire inlcram- bulacraire inférieure étroite. Un fasciolc interne (entourant l'ambulacre impair) qui se prolonge par son sommet jusque entre les ambnlacres postérieurs, de manière à interrompre eu apparence la convergence des ambnlacres (1). Fasciole sous-anal entourant l'écusson cordiforme, et se prolongeant quelquefois sous la forme de deux branches montantes ju.s- qu'au-dessus de l'anus. Quatre pores génitaux très rapprochés. Trous ocellaires très petits , et en dehors des pores génitaux. De fines stries portées par des tubercules perforés , plus gros à la face inférieure qu'à la face supérieure , et s'élevant ordinairement du bord et de l'extré- mité d'une zone lisse. Les espèces sont vivantes, et des terrains ter- tiaires. cordatus Agass. — Spalangiis cordalus Pennant, Brit. Zool. iv, p. 69, Tab. 34, fig. 73. — Forbes, Brit. Slarf. p. 190. — Spatangus arcuariia Lamk. Manche, Coppenhagen, Sicile, Palerme, Celle, Algérie. — Mus. Paris. gibbosus Agass. — Ampliidelut pnsilltis (jeune). — Diffère de VA, cordalus par rab.<,cncc d'un sillon ambulacraire antérieur. Bord antérieur très élevé. Fasciole interne élroil au sommet. Manche, Païenne, lîone (expéd, (l'Atr.). — Mus. Paris, Deshajes.I (I) Ccnx-ci se prolongent néanmoins jusqu'à l'appareil génital, sous la forme de 1res pelils pores visibles seulement de la face inférieure. 12 ACiAS«ilZ liX' DE!!iOK. oïa^us Agass. — Spalangiisovatiis Lcske. Var. minor : Ampliidelus roseus Forbes, Brit. Starf. p. 194. Côtes de Suède, Angleterre, Algérie. — Mus. Stockholm, E. Forbes, Deshayes. mcditcrraneus Forbes, Ann. nat. Hist. vol. xiv, 1844, p. 413. Mer Egée. — Forbes. Espèces fossiles. Sartorii Agass. — R 34. — Très voisin de l'A. cordatus, mais un peii plus allongé. L'aire, entourée par le fasciole interne, est plus étroite. Tert. (le Païenne. — Marquis de Northampton. dcprcssus Agass. Très court, à ambulacres enfoncés ; mais Tambulacre impair est plus étroit. Les ambulacres postérieurs ne se prolongent pas si loin. Tert. (molasse) à la Couronne. — Michelin. subccntralis Agass. Visible seulement par sa face inférieure. Aire interambula- craire postérieure courte et triangulaire. Forme déprimée. Bouche plus rappro- chée du centre que dans les autres espèces. Tert. inf. de Saint-Palais près Royan. — D'Archiac. Nota. — Golso. — l'esnjl. Tabl. sjD. p. 392. - Kcssemble beaucoujià l*//c'". jiuc/f »s par ses anibulacres ; iiiaisle lesl est beau- coup plus renflé. Terr. crcl. de l-'raiire. — Desinouliiis. Plsnm Uesor. — R 97. - Très pelile espèce, de la grosseur d'un pois. Cr. ihlor. du Mans. — Michelin. rIatuN Desor. ~ T 3:!. - Siiatanrius elaliis Desml. Tabl. syn. p. 406. — Espèce courte , trapue, haute , à anibulacres enlonccs. Espaces inleranibulacraires sail- lants comme cinq mamelons autour du sommet. Cr. chlor. du Mans, Foviras. Cr. du Périgord. — Mus. Paris (gai. gAil ), d'Arcliiac, Desmoulins. ulttsKinins Uesor. — S 17. — Micrasler j/o6osiis Agass. Cat. s} st. p. 2. -Espèce très haute et courte. Terr. pisol. de .Saint Malliias , ^ crone. — tlie de Beauniont. cor Desor. — T 48. — Voisin par sa forme de l'Hem. Leymerii ; mais il est plus large en arrière. La lace postérieure est surtout très développée. Terl. de Bourg (mj'oiène). — Mus. Paris. oliesus Desor. — T 42. — Spalamjus obesiis Ecjm. Mém. Soc. géol l'r. -2' sér., l"om. I, PI. 13. (ig. l.'i. - Rappelle par sa forme le Schizaster ambiilaenim ,■ mais les anibulacres antérieurs sont plus lar!;es, et les postérieurs plus courts. Terr. numni. de la munlagne Nuire à Cunques , et d'Egypte. — Lejnierip, Mus. Paris. Buoardiuni Desor.-- V 2. - Spatanç/tis Bucardiiim Goldf. l'elref. p. 157, lab. 49, fis- 1- Cr. d'Aix-la-Chapelle. Sile\ de I.anquais. — Mus. Bonn et .\Yignon, Desniou- lins. amplus Desor. — Spalangus lacunosiis (joldt. (non Agass.) l'elref. p l.ïS.'l'ab. 49, fig. 3. - Le lasciole est très large. Cr. d".\i\-la-Chaiielle, Quedliinbourg. — Mus. Bonn, Avignon, Bronn. tiiniidus Desor. — S 30. — Grande espèce enflée, obtuse, tronquée en arrière. Ciaull de Jabnjn (Var).— D'Orbigny. Biicklandi Desor. - Spatangus BucMandi (joldi. Pétrel, p. loi. Tab. 47. (i;f. 6. C.r. niaru. d'I-lssen sur ta llœhr. — Mtis Bonn. roti-adiM Desor. — S '20. - Sehizasicr fnvcnliis Agass. Cat. sysl. p. 3. — Espèce 1res large, à ambulacres antérieurs très divergents, .\mbulacres postérieurs exces- sivement courts. Terr. nunirji. de Moiiirorl prés Dax. — Uelbos, d'Orhigny. Dr.ixil.Miî TYPE. — Forme r'Iwgic. Ambulacres postrrieurs à /im pri's tmsxi Itiiii/s {jiiij Ion (mli'riciirn, ii'ii sont trh 'Jirnrgpiifs. l-'o■lrll4^li Desli. -- T 7. T 37. T 47. - l''ormc allongi-e. .Ambnlarres postt'-riiMir; :l' sérîp X."..r, T. VIII .Unlli-I LSIT.) .. ;; 18 AGASSIZ ET DESOR. assez longs. Fasciolc i)éripélale large. Des tubercules assez apparenis à la face su- périeure. Cr. à llippurilcs do Biskr.i (Algérie), d'Egypte. d'AiiiinUira (Pomigal), de Bur- gos (F.spagiic). — Mus Puris. Avignon, École îles Mines. d'Archiai-, Desniou- lins, Deshaïes. Vcrneuilli Desor. — T 34. —Très voisin de VHem. Fourneli ; mais les ambula- cres postérieurs sont plus courts, les antérieurs plus divergents, et Tinipair plus étroit. Quelques petits tubercules principaux. Cr. tufan de Sainte-Maure. — D'Archiac. snbalpiiiiiK Desor. — Spatangus subalpinus Risso. -Voisin de VHem. Fourntli, mais plus haut au sommet. (Mauvais exemplaire.) Terr. créi. — Mus. Avignon. ruIiieiiN Desor. — T 6. — Espèce allongée, renflée, et presque carrée. Var. complanata. — T 12. Terr. crét. d'Egypte (l.efebvre). -- Mus. Paris. «eriiostlU Desor. — .M 4'i. 91. — Schizasler verticalis Agass. Cat. syst. p. 3. — D'Arch. Mém. Soc. géol. l'r. 2- sér., Tom. ii, p. 202, Tab. 6, fig. i.-^SchiiasUr eutlralus Agass. Cat. syst. p. 3. — Espèce courte et très haute. .Mia(ii9 Desor. - V 19. — Spalangns acuminaluê Goldl. Petref. p. 188, Tab. 29, fig. 2. — DilTère de l'flem. subglobosus par ses ambulacres antérieurs, qui sont moins écartés. (Myocène). Tert de Casse!, Cale, de Bourg, de Burdeaui. — Mus. Bonn, Desnioulins, Itelbos. anticiis Desor. — U 8S. — Espèce large et aplatie , à sillon impair large. Ambu- lacres pairs extérieurs longs et peu profonds. Terr.'?- Michelin. NtellatuK Desor. —ScAizastersfelfafus Dub. Voyage au Caucase (sér. géol.J,Tab. 1, fig. 15. — Espèce à ambulacres très homogènes et très étroits, ainsi que le sillon antérieur. Tert. de Volhynie. - Dubois de Montpérenj CATALOGUE BAISONNÉ DES liCHlNIDES. 19 ooniplanaluN d'Arch. Espèce large et déprimée. Les ambulacres postérieurs sont de même longueur que les antérieurs. Terr. iiumin. de Monlforl. — Delbus. luciaulcaïuN Desor. ^T 8. — Ambulacres paires très larges et très allongés. Am- bulacre impair plus étroit- Tcrr. numni. d'É^ypte (l.efebvre). — Mus. Paris. Itiiita Dcsor. - Brissus Rana Forbcs, Tr. geol. Soc. L. 1846. Vol. vu, p. 161, Tab. ly, tig. 5. — Espèce Irapue, voisine de l'Hem. Eduardsii, mais plus renflée. Ambulacres antérieurs très divergents. Environs de Pundichéry. — CunlitTe. PoDiiini Uesor. — R 72. - Espèce 1res renflée. Test épais. Ambulacres pairs 1res larges et fort longs, les antérieurs très divergents, ïert. d'Orglande. — Miclielin. huborbirularU i)esoT.~Spatanijtit luborbieularii Cjoldl. l'etref. p. 153, Tab, 47, Kg. 6. Tert. de Kresseiilierg. — MUiisler. major Uesor — Scliizasler canuliferut E. Sism. — Espèce très dilatée, voisine par sa forme de VBem. amjilui; mais les ambulacres postérieur» sont sensible- ment plus allongés. Anus enfoncé. TiTt. Slip, .'iables de l'Aslésan. — Mus. Turin et Avignon. Ciraleloupi Desor. — T40. — Sckiznster Grateloupi E. Sism. Echin. ioss. Piem, p. 27, Tab. 2, iig. 1 et 2. — (jrande espèce liés large , remarquable par la lon- gueur considérable des ambulacres postérieurs ; les antérieurs sont léj;èrement arqués en avant. Tert. moy. de la colline de Turin. Molasse du midi de la Franee. Myoïène de Malte. — Mus. Turin, Paris (gai. génl.). inceqiialis Desor. - Br^ssus inœquiilis Eorbcs, Tr. geol. Soc. L. 1846, Vol vu, p. 160, Tab 19, iig. 6. — l'espèce très voisine de la précédente, mais de plus petite taille. N'est peul-élre que le jeune âge. Environs de Pondieliéry. — CunlitTe. expausu» Desor. — Brisfus expansus Forbes, Tr. geol. Soc. I,. 1846, Vol. vti, p. 160, Tab. 19, fig. 7. — Espèce voisine de VBem. Graleloupi ; mais le sillon antérieur est plus profond, et les ambulacres postérieurs sont moins longs. Enviruns de Pundiclipry. — CunlitTe. Troisième TYPE. — Sous-genre Pericosmus Agass. - Un faaciole marginal très éh'oit aulour des flancs, /jossant jjur dessous l'anus, et faisant le tour (lu test. (PI. 16[tome VIJ, fig. 1.)' lalUM Uesor. — M 23. — Micrasier latus Agass. Cal. syst. p 2. — Espèce large et très étalée. Ambulacres prolbnds et droits ; les postérieurs à peu prés aussi longs que les antérieurs. Tert. de Boniriinin (lie de Ciirse). — Mirlielin. Iimisulcntu» llesor. — S 11. - Micrasier brevisvicaltit Agass. Cal syst. p. 3. — Kspèce subconique, 1res «talée, à bords amincis. Ambulacres très courts. Pisul. lie Monlercliio-Maggiore. — Élic de Ueauniont. Ednardvii Desor. — S 43. — Micraster Edward$ii Agass. Cat. syst. p. 2. — Scliizasler Agassizii E. Sisni. Ëchin. foss. l'iem. p. 23, Tab. 1 , liu. 1-3. — Espèce rcnllce, courte et trapue ; ii ambulacres très , Tab. 14, fig. 2. — Ordiiiairiinciil ili-ux [lorcs i;cnilauT. Aiiibulacrcs anivi leurs pair» rapprooliés du silliMi impair. Anibulitcrcs postérieurs égalant le licrs des anibulacres pairs aulc- rieurs. Médilerranï'e. — Mus. Paris, Mieheliii. /.".spètïi" fuasili's. cui'.'f iiuCiis Ajjass, - P 80. — Cal. sjsl. p, 2. — 1-^. Sisrn. .Metu. Kcliin. foss. Nizza, p. 31 , Tab. 2 , (i(;. 3. -Siialanrjiis Scilla; Desnil. Tabl. sjii. p. 3'J2. — Espèce lré~ voisine du Scli. cnnatifenis , mais elle en diffère par ses ambulacres antérieurs pairs Héchis en dehors. Terl. moy. de Perpignan, Cagliari, Corse. — Mus. Turin, Michelin, Des- inoulins. Mliidvri Agass. — S (>. — Cal. syst. p. 3. — IC. Sism. Mein. Kcliin. foss. .Nizia , I). 32 , Tab. 2 , fig. 4. — Kspèce renHéc . haute. Sillon antérieur profond . mais relativemenl étroit. Sables tertiaires lie Nice, Vérone. — Mus. Turin et llcrne, Miihelin, Deluc. Bellurili Agass. — ï 39. — Espèce voisine du Scli. Sluderi , mais les ambulacres antérieurs ne se fléchissent pas en dehors et font plus larges. Le fasciole [léripé- tale est très large. Tert. (le la Supcrga. — Mus. de Turiji. Kcillip Agass. — Diffère du Scli. canahferus par l'élroitcsse et l'arrangement du fasciole péripétale. Sillon antérieur plus évasé que dans le Sch eurynnlu^. Tert. de Palerme , monte Pelegrino , Pliui-ène d'Asti. Terl. sup.? de .Mill.is prés Perpignan. — Eeole des Mines, Mus. Paris, De.smouiins. «ivInalN Agass.— X 93. — Schizusler eurynoliis Agass. Cat. sysl. p. 3.— fCspéce voisine du Scli. eunjnotiis , mais de plus pelite taille. Il en diffère par ses ambu- lacres (|ui ne sont pas arqués en dehors. Terr. iiutrim. de Biaritz. Terl. de Saint-Palais, près Kojan. — Desliajes, dOrbigny. siihinciirvutuN Agass. - R 22. - Espèce très voisine du Sch. vieiridlis, peut- être mémo identi(pic. Tcrr. numni. du rhSlcau de Vérone, Pri.ibojia prés Castel Gomberta, Saint- Palais près Royan. — IClie de Beaurnont, Desmoulins, d'Orbigny. corxiciiw Agass. — P 98. — Cat. sysl. p. 3. — Espèce haute, tronquée en avant cl en arriére, .\mbulacre» pairs antérieurs très écartés. Terl.? de Corse. • — be>hayes. lalax Desor. — Espèce à peu près aussi large en arrière qu'en avant. Ambulacres très larges. Les antérieurs légèrement Héchis en dehors , comme dans le Scli. eu- rynotus. Tert. de Blaye. — Delbos. ainltuliKTiiiii Agass. — 18. — Cat. syst. j). 3. — Spalanijus ambulacrum Desli. — Espèce trapue, à ambulacres pairs profonds ; les postérieurs ont plus de la moitié de la longueur des antérieurs. Tcrr. iiunnn, de liiariu. — Ueshayes. ^'2 AGASSIZ i:i DESOR. . Es- pèce très haute et sublurritce. Ambulacrcs très peu déprimes. Anus à peu près, marginal. Cr. de la Palarca près Drai», la I.uuelte prés la Trinité. — Michelin. brcviporuM Agass. ~ j\l 10. R81. ~ Cal. syst. p. 2. — Spatangits Lus/ict l)e>ni!. Tabl. syn. p. 3!)-2. Cr. de l'Oise, Tourtenay (Deui-Sèvres), i-'écamp, Caumunt prés Ituueii. uiuliilatus Agass. - SS.— Cat. syst. p. 2. — Esi»éce courte et large, Ambulacrcs correspondants à des sillons assez profonds. Cr. chlor. de TIle-d'Aix (embouch. Charcnle), Sainl-Aiitnatit (liidre-ct Louf). — D'Orbigny. ai|iiiiaiiIciiN Agass. — K 5(5. T 4. — Spnfangus aqultanicus Gral. Mém. Ours. foss. p, 74, tab, 2, fig. 17«,6. — De»ml. Tabl. syn. p. 402. — Espèce renflée , sublurritée , abords pulvinés, rappelant un pf n , par sa forme. VAnanchytes semigl'.bus. Terr. numm. de Laplante , Monlfort. — Mus. Paris, Michelin, Uesuiouliiis. Mnalirroni Desor. — R o7. — Espèce obtuse , très renflée , à ambulacrcs en- foncés, Cr. à Hippiirites des Corbièrcs. — Michelin. trigoiialÊs Desor. — R 90, — Espèce plaie , trigonale , beaucoup plus large en avant qu'en arrière. GaulL d'Escragnolles. — Michelin , d'Urbigny. pol;»KonuN Agass. (DeluC;. — S 3i). S 07. — ]'>spècc plalc à bords anguleux. Am- bulacrcs antérieurs, longs. Gault de la Perle du Bh6nc. — Deluc. CAlAIOI.Lli llAISOiNMi i)I;S JiCllJMIJKS. 25 lA.vxiv. TOX ASTER Agass. (PI. IG [t. VI I, n-. 4.) l'oiiiic alluiiyOe. Test iiiiuce, couvert de tubcicules iiiiliaires, avec un eerlain iioiiibie de tubercules un peu plus gros. Bouche subceiilrale , pclite, transversale, clliptiiiue, iioii labiée. Anibniacres jiétaloïdes, 10s,'ù- reiiient dêprimOs, à l'exception de l'amljuNure impair, qui correspond à un large et profond sillon. l'Uuiues Kénitalos juxtaposées. Pla(|ues ocel- laires très petites , situées entre les angles des précédentes. Toutes les espèces connues appartiennent aux terrains crétacés, à l'exception d'une seule, qu'on assure être jurassique. l'ril:.MII:n TYPi;. — Zone interne des ainbulacreu pairs non conjuijni'c. oliloiis"!» Agass.— V 22. — Spnlannnduz Dub. — P 73. — Voy. au Cauc. (sér. géol.), Tab. 1, fig. 11-13. — Agass. Cat. syst. p. 1. —Echin. suiss. 1, p. 11, Tab. 2, fig. 1-3. — N'est peut-être qu'une variété géante de VB. lœvis, Gaull de Suuaillon (canton de Neuchilel), environs de Nice.— Dubois de Monl- péreui, Mus. Turin. n.iwHln)i Desor. — R 93. — Remarquable par sa largeur et la prolubéranco rostrée au-dessus de l'anus. Cr. cblor. du vallon de la l'auge près \'illard-de-l.ans (Isère), Bcrrias, Clan- sayes. — Micbelin, t'.aillaud. ■■■nri;inaliK Agass. — X 83. — Cat. syst.p. 1. — Espèce très voisine de l'H. lœvii, mais à bords très tranchants. Gaull de Clansayes, Bédouin (Vaucluse), cap la [lève, mont Venloui, Franges près Grenoble. — Michelin. inleger Agass. — P 9fi. — Cat. syst. p. 1 . — (Irandc espèce très dilatée , il peu près aussi large que longue, à bords tranchants. Cr. à llippuritcs des baini de Kennes, Pyrénées. — Dcshayes. IreccnKi!! Lcym. Mém. Soc. géol. Er., tom. v, p. i, \<\. 2, fig. 1. — Espèce très renflée , prescpie circulaire. Anus très bas. Cr. bl. du dcparicnicnl de l'Aube. — Leynieric. CAtAf-OCtiK liAiSo^Ni'i DKâ iiCtllMbiîS. 50 platiii!« Af^ass. — Spntangiis plnntisManl. (jèol. Suss. IM. 17, fig. 9 cl 51. I\s- |.èce renflée, il lace inférieure 1res plane liord antérieur arrondi. N'est peutélre qu'une variété de VU. Trecensis. Cr. 1)1. lie Sussei. — Mantell. IruncaluN Agass. — M 39''. — Cal. sj.^l. p. 1. - Spalanyus Iruncalui Goldl. Pelref.,p. 152, Tab. 47, fig. 1. Dan. (Maëstricht), Gacê. — Mus. lïunn. IranMvcrsns Agass. — 2C. — Kchin. suiss. i, p. 1S,Tab. 3, lig. 4cl5. — Cal. syst. p. 1. Cr. clilur. de la montagne des Fis. — Mus. Berne, Meyer, Michelin. P<-rrczii E. Sism. — ; R 79. — Méni. Echin. foss. N'izza, p. 11, Tab. 1, lig. 1-3. — C'est de toutes les espèces de Ilolaster la plus plate ; elle est en même temps fort large et cordiforine. ijauli de Nice, EscraRnollcs, Sainl-Ponl ( Var), en\irons de (îrenuble. — Cail- laucl, Miolielin, d'Orbigny. Mus. Turin el .\vignon, .Mb. Gras. tnlprniediiiM Agass. — Q 40. — Cal. sysl. p. 1. — Echin. suiss. i, p. 19, Tab. 3, lig. fi-8. — Spatangus intermediut Munsl. in Goldf. Peiref., p. 149, Tab. 4fi, tig. 1. Jura super, des environs de NeucliAlel el de Blaubeuren. — A. de Monlniollin, Mtinsler. Pilliiln Agass — 4. — Holatler roslratus Desh. — Agass. Cat. syst. p. 1. — Anancliytes Pillula Lamk. — Se dislingue par sa forme très haute el turritée (pii rappelle celle des Ànanchyles. Cr. bl. de Beauvais. Cr. de Peine et d'Yscburg près Hanovre. — Graves, Dcs- nioulins, Hœmer. Var. maxima : — T 52. Cr. de Itouen. — D'Orbigny. iialiriiN Agass. — P 84. S 62. — Cat. sysl. p. 1. — Espèce haute, à lest épaii, avec un sillon profond sous l'anus. Terr. pisol. de Roveredo (Italie).— Mus. Neuchâlel. ItlcnrlnadiM Agass. — 29. — Cat. syst. p. i. — Grande espèce dilatée avec un large sillon antérieur, et un second sillon très évasé sous l'anus. Gaiill du Havre, Ciply. — Michelin, Deshayes. i.wxvi. ANANCHYTES Lamk. Test épais , très élevé. Point de sillon anlérieur. Bouche antérieure, bilabiée. Anus infra-niaiginal. Ainbulacres larges, convergeant au soni- inel, niais non réunis. Appareil génital allongé. Les deux plaques géni- tales antérieures sont séparées des postérieures par les plaques ocellaires. l'ouïes les espèces appartiennent à la formation crétacée. <.*aca Lamk. -0 11. O 07. — Goldf. Peiref., p. 145, Tab. 4i, lig. 1. — Agass. (^al. syst. p 2. — Kcliiniles nvatut Gmel. Cr. bl. de Meudon , Beauvais, .S;irmery prè.^ Timnerre , Runeri , Saint-.Mgnan an AGASSIZ F.1' DESOR. (Loir-ciCher), Douvres, Rojaii, Bougival, Nantes, Weslphalie (r.oldfuss), Tercis, Augoumi^, Sranie, environs de Nice. — Parloiit. giblia Lamk. — T 1. - Ânanchyles rustica Defr. — Ananchylet tlriata var. subglobosa Goldf. (non Lanik.) Petref. , p. 146, Tab. 44, fig. 3. — Espèce haule, i base rétrécie. Cr. des environs de Paris, Beauvais, Guiscard , Tercis, Aii-la- Chapelle, Quediimbouri;. — Mus. Paris, Defrance, Delbos. Biriala Lamk. — 14. 15. T 2. — Encycl. mélhod. looph. PI. 1S4, fig. 11 el 12.— Ananchylet conoideus Goldf. Petref., p. 145, Tab. 44. fig, 2. — Anancliytes hemispliœnca Brongn. in Cuv. Oss. foss. ii, 2' part, v, fig. 8. — Ananchyte» siriata var. tnargino/a Goldf. Petref., p. 146, Tab. 44, fig. 3, d,e,f. — Anancliytes puUuloia Lamk. (Moule). Uncycl. méthod. zooph , PI. 154, fig. 14-17. — Espèce moins haute, à base non rèirccie. iJr. de Brjghton, Beauvais, Guiscurd, Tercis, Reims, Meudon, Saint- Aignaii, Sens, Orglande, nioiii JuberL près Provins, Luiiebourg, Aix la-Chapelle, Schwiegelt prés Hildesheim. — Mus. Paris, Rœiner, Delbos. Var. carinala : — 16. M 24. — Anancliytes carinata Defr. Dicl. Se. n. — Agass. Cal. sysl. p. 2. O. bl. tIaut-Bonlonnais, Beauvais, Guiscard, Sainl-Aignan. — Defrance, Mi- chelin, Graves. Var. elato-depressa. Grat Ours, foss., p. 63, PI. 2, fig. 8. Cr. de Tercis. — Grateloup, Delbos. GravcKii Desor. — R 66. R 91. — La forme de celte espèce rappelle un peu celle ieVA. ovala , mais la base est excessivement élroile. Cr. bl. de l'Oise. — Graves. lulicrciilaia Defr. — 12. 13, S 64. — Dict. Se. ii. —Agass. Cal. sysl. p. 2. — Le« quatre pores génitaux sont rapprochés comme dans les Toxasler, et alternent régulièrement avec les yeux qui sont en pentagone. T«rr. pisol. de Monte di Magie. — Ueluc, Defrance, Mus. Berne. •cmlglohus Lamk. - R 58. S 72. T 9. — Anancliylei corcullum Lamk. (le jeune âge). — Goldf. Pelrel., p. 147, Tab. 45, fig. 2. — Espèce surbaissée, plus ou moins déprimée à la face inférieure. Cr. de Tercis, Ciply, Suède. Sables de Siada. Dan. du Julland (Forehhamnier). — Mus. Paris, Coppenhageii, Mi<-heliri, d'Archiac. \'ar. maxima : — P 93. — Ananchytes crassiisima Agass. Cal. syst. p. 2. Cale, a Baculiles de Picanville (Manche). — Deahayes. ronica Agass. — M 1. 14. 15. — Cat. syst. p. i. — Se distingue par sa forme co- nique et turritée. Cr. bl. de Meudon, Picardie, Dax. — Michelin, Graves. Var.: — Ananchyfo ovata Agass. (non Lamk.). Echin. Suiss. i , p. 30, Tab. 4, fig. 4-6 Cr. alpine, Oherland bernois. — Mus. Zurich, Berne. •iulcata Goldf. - P 77.— Pelref. p. 146 , Tab. 44 , fig. 1 . - Agass. Cat. syst. p. 2. - Espèce voisine de VA, semiytobus ; mais les assules sont plus renflées, ce qui lui donne une apparence irrégulière. Dan. de M.iëslricht. CATALOGUE RAISONNÉ PKS liclIIMDES. âl Lxxxvii. HEMIPNEUSTES Agass. Test élevé, très épais. Un sillon antérieur profond. Arabulacres pairs à fleur de test. Zones poiifères inégales ; les extérieures ayant des pores allongés transversalement, les intérieurs de simples trous ronds. Anus au bord postérieur. Quatre pores génitaux séparés par une plaque inieriué- diaire. Point de trace de fascioles, ni péripétale, ni sous-anal. Deux es- pèces de la foruiatiou crétacée. rMflialuN Agass, -- Q 6 Q9. S U6. — Cal, syst. p. 2. — Spatangus radiatu$ Lamk. — Cioldf. Pelref. p. 150 , Tab. 46 , Kg. 3. — Fauj. de St-Fonds Monlagn. de Si- l'ierre de Maëslr. Tab. 29. - Park. Org. Rem. m , PI. 3 , fig. 4 el 5. — Anorr. ii.Tab. E4. Dan. (de Maëstriehl). - Mus. Paris, Deshayes, Michelin. arrIenniiM Desh. — Exp. Alger. — Espèce très haute. Les zones porifères se prolongent jusque près de la bouche. Terr. crél. de Betna (environs de t'onslanline). — De.'ihajes. I.XXXVIII. DYSASTER Agass, Forme elliptique ou subdiscoide. Test mince, portant des tubercules assez apparents au milieu d'une fine granulation miliaire. Bouclie sub- cc'ijtrale, pentagonale. Auibulacres disjoints, formant deuv sommets très éloignés, l'un en avant, l'autre eu arrière. Plaques aiubulacraires grandes el allongées. Les espèces connues appartiennent aux terrains jurassiques et crétacés. PRLMlElt TYPE. Funne i-ttiptique ou subdiscoide, /ihis ou moins déprimée. bicordnins Agass. — K IS. K 16. -- Desor, Monogr. des Dysaster, p. 9 , Tab. 2, fig 1-4. Marn. vpsul. de MuUenz prt'i de Bàle , le Bysè près de Caen, — Mus. Bàle et Neuchàlel. analiH Agass. - Q 82. — Hchin. Suiss., I , p. 6 , tab. 1 , fig. Ji-14. — Cal. sysl. p. 3. — Gressly, Jur. Sol. p. 76. — Collyrites analis Desnil. Tabl. syn. p. 368. — Desor, Monogr. des Dysasler, p. 10, Tab. 2, fig. 8-10. Marn. \ésul. lie Goldenihal , du Kringeli (canton île Soleure) , Wallenburg, Egg el Burg (Argovie). le Mont-Terrible, Saint- Maiiant. — Gressly, Hngi, Stromeyer, Muf. Bàle, Thurniann, Bronii, d'Orbigny. rlllpiU-u» Agas». - M 12. M 41i'. P80. - Cal. syst. p. 3. — Desor, Monogr. des Dysasler, p. 12 , Tab. 2 , fig. 5-7. Kelluv. de (^haufour (Sarthe) , Chàtillon -sur- Seine, l'tang de la Mèche près Béforl. — Michelin, Mus. Paris, Mareou. iÛ kbifisit irr bPMùR. Var. breviÉ. - M 7. M 40i.. Var. maxima. — 1" 8-2. V 29. — Dysasler malnm Agass. Cat. sys(. p. 3. -- Desor, Monogr. des Dysaster, p. 16 , ïab. 2 , fij;. 11 13. Kelliiv. de Lefol. près Neuchateau (Vosges), Vieil-Sajnl-Réniy (ArcJennes). — Ucsliaves, Llefmue. Var. miiior. : Anancliylet Monardii Delr. Dicl. Latrecy (Haute Marne), .\lenron. pxcentricns Desor. — R 80. — Monogr. des Dysaslcr, p. 13 , Tab. 4 , lig. 1-3. — Nucleolites excentricui Goldf. Peiref. p. 140 , Tab. 49 , (ij. 7. Cf. marn. d'Kssen sur la Rœhr. — Mùnsler. ovnlix Agass. — 24. — Cat. syst. p. 3. -- Desor, Monogr. des Dysasier, p. 15, Tab. 3 , (ig. 21-23. — Spatangus ovalis l'ark. Org. Rem. m , PI. 3 , fig. 3. Calcareous gril de Scarborough. Kellov. Is sur-Tille (Crile-dOr). — Sluder. Var. — Q "27. —Dysaster propinquiis Agass. Echin. Suiss. i , p. 2, Tab. 1 , fig. 1-3. — Cat. syst. p. 3. — Desor, Monogr. des Dysasier, p. 14, Tab. 3, fig 24-26. Argitvien du Fringcli, Licsberg , Largue, Walen , DélémonL, Porrenlruy, Salins, monl lirégille prés Besançon. — Gressly, Mus. liùle, Ttiurmaiin, Marcou, Paraiidier. Var. ■ Vysaster Iruncalus Dub. Voy. au Cauc. (Sér. g(!ol.) Tab. 1 , (ig. 1. — Desor, Monogr. des Dysaster, p. 17, Tab. 13 desGalérites , fig. 8-11. Terr. jurass. de l'opilani (l.ilhuanie). — Dubois de Monlpéreui. (Crnnulusus Agass. — M 33. Q 39. — Cal. syst. p. 3. — De.sor, Moiiogr. des Dy- saster, p. 17, Tab. 3, fig. 18-20.- J>'«c/eo(/(es3ranH(oji(S Miinsl in Goldf. Petref., p. 138, Tab. 43, fig. 4. Curai. d'Uraob (Albe wiirlembergeoisc). Griesbingen, Dollingen, I.iesberg (Jura bernois). — Rlaridelsloli, Gressly. annxtrroiili-» FiCym. — R 77. — Voisin du D. granulosiis , mais plus renflé. Néor. des Laites, Grasse, Marligues, Castellane, Esoragnolles, la Martre (\'ar), Ncrou près Grenoble. — Micbelin, Alb. Gras. semleloliiis Desor. — Monogr. des Dysaslcr, p. 18, Tab. 4 , fig. 10-12. - ;Vi/c/eo- liles semiijlobui Miinst. iu Goldf. Peiref, p. 139 , Tab. 49 , fig. fi. Cale, jurass. (lura sup.) de Pappenbeim ei de Monlieiin (Bavière).— Mijnsler, ai-uliiN Desor. — Monogr. des Dysaster, p. 19, Tab. 3, fig. 1517. Origine inconnue. — Mus. Neuehillel. cnrinuiiis Agass. — 88. P 83. — Echin. Suiss. 1 , p. 4 , Tab. 1 , fig. 4-6. — Cat. syst. p. 3. — Desor, Monogr. des Dysasier, p. 20, Tab. 3 , fig. 14. - Spatangut tarmatus Goldf. l'elref. p. 130, Tab. 46 , fig. 4. Coral. inf. d'Urath, Gûnsberg, Sihaffouse, Porrenlruy. — Mandelsloli, Gressly, Tliurniann, Mus. BÂle. «■uplMlraïuN Agass. — Q 2. — Echin. suiss. f, p. 7, Tab. 4, (ig. 1-3. — Cat. syst., p. 3. — Desor, Monogr. des Dysaslcr, p. 21. Tab. 3, fig. 12-14. — Spatangus cordiformis Defr. — Spatangus capistratus Goldf. Petref., p. 151, Tab. 46, fig. 5. Terr. jurass. de liayreulh. Oxford, de Suisse, Si-haffouse, le monl Terrible (eanlon de Berne). — Miinsler, Gressly, Tburniaiin , SIus. Carlsrulie , BAle. l'efr.inre. CATALOGUE KATSONMî DHS ÉCriIMDF.S. o3 Knchil Desor. Monogr. des Dysasicr, p. 21, Tab. 3, fig. 9-11. Cale, à Nérinées de Slockach (grand-duché de Baden). Coral. de Sirchiiigen. — Buch, Maiidelslob. airnium Agass. — Desor, Monogr. des Dysasler. p. 22, Tab. 3, û^. S-8. Néoc. de la Chaux-de-Foiids, Censeau (Jura", Fauteuil près Grenoble. — C. Ni' colel, Deluc, Marcou, Mb. Gras. Arellana Agass. — X 76. Q 3. Q 83. P 9. - Cat. syst. p. 3. — Desor, MoDOg. des Dysastcrj p. 23, Tab. 1, fig. 1-4. Ool. ferrug. de Bayeux en Normandie, Saint-Vigor, Croisille. — Michelin. Endesii Agass. — 21. 22. 23. X 65. — Cat. syst. p. 3. — Desor, Monogr. des Dy- saster, p. 23, Tab. 1, fig. 3-12. Ool. ferrug. de B.iyeui et des Mouliers (Normandie), Saint- Vigor el Croisille. — Deslongcbamps, Bronn, Michelin. rtngens Agass. — 19. 20. — Echin, suiss. i, p. 5, Tab. 1, fig. 7-11, — Cat. syst. p. 3. — Desor, Monogr. desDysaster, p. 24, Tab. 1, fig. 13-17. Marn. vi'sul. de Goldenthal (Jura sol.), le mont Terrible , Salins , Besançon , Saint-Vigor, Port-en-Bessin. — Gressly, Ilugi, Thurmann, Marcou, Stroh- meyer. Tolizii Agass. Echin. suiss. i, p. 8, Tab. 4, fig. 11-13. — Desor, Monogr. des Dy- sasler, p. 23, Tab. 1, fig. 18-21. Oiford. des Voirons près Genève (Voltz). — Mus. Strasbourg. œqnalis Agass. Espèce aussi haute en arriére qu'en avant. Ool. inf. de Port-en-Bessin. — D'Orbigny. darsalis Agass. Ambulacres antérienrs évasés; ambulacres postérieurs conver- geant, très près de l'anus qui est haut. Kellov. de Marolles. — D'Orbigny. Deuxième type. — Scus-genre Mf.tapobhinus Mich. — Forme très /toute, carénée. nichelini Agîss. — V 51. — Ambulacres antérieurs convergeant au bord de la face antérieure , qui est très haute et tronquée obliquement. Foresl-marblede Dryes (Yonne). — Michelin. Miinsicri Deîor. — Vysaster Mûnsteri Desor, Monogr. des Dysastcr, p. 23, Tab. 4, fig. 4-7. - Siiatanijus bicordaUis Goldf. Petref. p. loi , Tab. 4), fig. G. — Sjia- langus oviformis Defr. Dict. Se. nit. Terr. crét. de Mecklenbourg, de France. — Miinster, DeTrance. 3" série Zool. T. VllI. (Juillol 18.47.) 3 3/t AtiASSIZ ET DESOR. ADDENDA. C'idaris Brandis Klipst. (i) ISeilr. geolog. OEsU. Alp. 1813 , p. 269, Tab. 18, fig. 2. Saint-Cassian. — Klipslein. — fascicnlaia Klipst. Beitr. geolog. OEslI. Alp. 1843, p. 269, lab. 18, fig. 3 et 7. Saiiit-Cassian. — Klipslein. — Meycri Klipst. Beitr. geolog. OEstl. Alp. 1843, p. 270, Tab. 18, fig. 4. Sainl-Cassian. — Klipslein. — Klipsteini Mareou. — Cidaiis dOrbignyiana (2) Rlipsl. Bcilr. geolog. OEslI. Alp. 1843, p. 270, Tab. 18, fig. 8. Sainl-Cassian. — Klipslein. — Bronnii Klipst. Beitr. geolog. OEstl. Alp. 1843, p. 270, Tab. 18, fig. 6. Saiot-Cassian. — Klipsteiii. — OTifera Klipst. Beitr. geoloi;. OEsll. Alp. 1843, p. 271, Tab. 18, fig. 8. Sainl-Cassian. — Klipslein. — globirera Klipst. Beilr. geolog. OEstl. Alp. 1843, p. 271, Tab. 18, fig. 9. Sainl-Cassian. — Klipslein. — spinulosa Klipst. Beitr. geolog. OEslI. Alp. 1843, p. 271, Tab. 18, hg. 10. Sainl-Cassian. — Klipslein. — bicarinaia Klipst. Beitr. geolog. OEstl. Alp. 1843, p. 272, Tab. 18, fig. 11. Sainl-Cassian. — Klipslein. — Itispinosa Klipst. Beitr. geolog. OEstl. Alp. 1843, p. 272, Tab. 18, fig. 12. Sainl-Cassian. — Klipslein. Palspocidaris Rossica Uesor. — Cidaris Ro$sicus Buch, Karsteii Archiv. 1842, p. 523. — Murch. et Vcrn. Géol. de la Russ. d'Europe , ïol. ii , p- 17, PI. i , fig. 2. Cale. Carbon, de Russie. — De Verneuil. (1) MM. Agassiz et Desor n'ayant pas eu connaissance du Mémoire de M. Klipslein, sur I.T Réologie des Alpes orientales , dont la dernière partie , qui contient précisément les Uadiaires, vient de paraître luul réceniineni (depuis le dépari des auteurs pour l'A- mérique), n'ont pu par conséquent iiuerriiler dans ce calalo{;ue les e.spèces de Cîdarh qui sont décrites d;ins ce Mémoire. En les plaçant ici dans V Addenda, je ferai remarquer que M. Klipslein rapporte tous les Cidaridcs de Saiiil-(';issiari .m terrain jurassique, cuntrairemeni a l'i-tpinion du conile de Milnsier. qui pcnsaii que les couilies ilans les- quelles on les rencontre apparlicnnenl au MuschelLalk; de plus, il syiictironise les assises renfermant ces Écliinides avec les groupes Oxfordien et Corallien des géologues du AVurleniberg et des rnoiils Jura. (Voyez Lkil^œge zur .jcùlogischcn Kennlniss der OKsltichen Aipen von D. Klipslein, page 266.) Xote de M. J. Marcou. (2) J'ai changé ce nom, parce que M. Agassiz l'avait déjà donné il une autre espèce dès l'année 1840. (Voyez Ca(. syst., p. 10.) J. JI. r. iiAi.oniF. nAISO^^I'i dks lîciiiiViDF.s. SS Diademu liiiN péce ])Iatc ; lâches iiucs , 1res élroile.s , colorées de rose , tandis que les parties tuberculeuses sont vertes. Oriyiue iiieuiMiue. - - Miehelin. Ecliiiioc^amiiit criistiiluidfs Agass. — Sculelta crusluloides .Morl. Synops. p. 77, Tab. 15, fig. 10. Terr. nunimuliliquc, Caroline du Sud. CassB4SiilciM at|iioreuM Aiort. Synops. p. 76, Tab. 3, iig. 14. Terr. crét. de Prairie-BlulT (Alabania). l*yKiiriis Ilori'aliN .Agass. — Clijpeastt'r florealts Morl. Synops. p. 76, Tab. 3, fig. a. Sables eriilacés ferrugineux du canal de Cliesapeake et de la Delaware. Pfguriis ^eonii'trirus Agass. — (7i//jeus(£c jcomefririis Morl. Synops. p. 76, Tab. 10, lig. 9. Terr. erét. du canal de Uelaware. Meniisislrr |tar:>slatuK Desor. — Spalangus païaslulus Mort. Syaops. p. 77, Tab. 3, (ig. 21. Teir. trei de l'rairie-lJlulI (.\laljariia). ileiniaslc-r »tclla Desor.- Spalangus siella Jlorl. Synop.s. p. 78,Tab. 3, fig. 18. Cale, eietace de Tiniber-Creek (New-Jersey). ^Iîcra!»l<*r uiisiila Agass. — Spalaii'jus un^tda Mort. Synops. p. 7H, Tab. 10, «g. 6. Subies yroiiK-L'iéiaiTS de CliesapcaUe t-'l Dclu\^are. Uolasicr fiiinïirialiis Ajjass. — Anancliytes /îmbriatus Mort. Synops. p<, 78. Tab. 3. lig. 20. Caifiiiie ertiiûct' de New-Jersey. 36 NOTE SUR i.'anatomie des sangsues et des lombrics; Par M. A. DE QUATBXFAGES (I). On sait que ces Aiinélides présentent dans le groupe dont ils font par- tie une exception apparente remarquable. Les uns et les autres ont h l'intérieur des poches ou des canaux placés sur les côtés des tubes di- gestifs , qui ont été regardés par [lUisieurs naturalistes comme des or- ganes de respiration; cette détermination a été entre autres presque gé- néralement admise pour les Sangsues depuis les travaux de Dugès. Une expérience très simple m'a conduit à en revenir à l'ancienne opinion de Thomas, qui a regardé ces poches et les cœcums qui les accompagnent comme des organes sécréteurs. Une Sangsue, placée pendant un mois dans do l'eau carminée, où elle a parfaitement vécu, n'a montré aucune coloration dans ces prétendus organes respiratoires. Je me suis assuré que chacun desdenticulesqui hérissentles mâchoires des Sangsues est une petite dent sécrétée par sa capsule spéciale. Le système nerveux récurrent ou stoniato-gastrique, examiné compa- rativement dans les Sangsues et les Lombrics , présente des différences très remarquables. Cheï les Sangsues, il se rapproche de ce qui existe dans les Insectes , et se compose d'une chaîne de ganglions qui se rat- tache au connectif par un certain nombre de racines. De cette chaîne partent, sur les côtés , des filets qui se rattachent à la chaîne abdomi- nale ; d'autres , qui vont aux mâchoires; d'autres enfin , qui se portent aux parois de l'œsophage. Déplus, une chaîne ganglionnaire frontale l'orme en avant une véritable arcade , d'où partent des filets qui se diri- gent en avant. Chez les Lombrics , on trouve de même une chaîne ganglionnaire se rattachant aux connectifs œsophagiens. Cette chaîne sert de pointde dé- part à un véritable plexus de ganglions et de filets, qui forment tout au- tour de l'arrière -bouche un réseau k mailles plus allongées en arrière. Ce réseau enveloppe en tous sens la portion membraneuse du pharynx, et quelques filets ont pu être suivis jusque sur l'œsophage, où ils sem- blent se mettre en rapport avec les vaisseaux. On voit que cette disposi- tion du système nerveux stomato - gastrique difïère considérablement et de ce qui existe chez la Sangsue et de ce qui a été décrit jusqu'à ce jour chez tous les autres Annélides. (I) L'InsliUil, n" 709. 37 OBSERVATIONS srn LA CIRCULATION CHEZ ]AiS MOLLUSQUES; PAR m. IMILNE EDWARDS. MÉMOIRE SUR LA DÉGRADATIO\ DES ORGAXES DE LA CIRCULATIOK CHEZ LES PATELLES ET LES UALIUTIDES. Lu à l'Académie des Sciences, le 2i août 1846. Dans diverses occasions , j'ai cherché à montrer que l'ordre d'apparition des principaux appareils varie cliez les animaux ap- partenant k des types essentiellement différents , et qu'il existe une relation intime entre l'ancienneté d'une partie dans l'orga- nisme naissant , et l'importance des caractères zoologiques que celte partie peut fournir. En rendant compte des recherches que j'avais entreprises sur les animaux marins des côtes de la Sicile , j'ai insisté également sur la formation tardive du cœur chez les Mollusques; et , si l'on applique à ce cas particulier la règle générale que je viens de rappeler , on est naturellement conduit à penser que , dans cette grande division du règne animal , l'appareil de la circulation ne peut avoir la môme importance que chez les Vertébrés , où le cœur entre en fonction dans les premiers temps de la vie em- bryonnaire. Or, dès qu'un organe ou un appareil perd son importance physiologique , il perd aussi la fixité de structure que l'on ren- contre toujours dans les parties dont le rôle est prédominant , et il ne tarde pas à présenter des indices de dégradation anato- mique. lien résulte que, dans l'embranchement des Mollusques, les instruments affectés au service de l'irrigation nutritive ne doivent 38 \OVASE 1;N SICiLK. pas offrir, dans leur niude de constitution, rinv;iriai)ililij qui se reconnaît ciiez les animaux supérieurs, et que, (juel ([ue soit le degré de perfection auquel cet ajipareil arrive dans certaines es- pèces , on doit s'attendre à le voir se dégrader chez d'autres, sans que cette dégradation entraîne nécessairement à sa suite des mo- difications profondes dans le plan général de l'organisme. Ces déductions cadraient cependant mal avec les opinions gé- néralement reçues touchant la circulation du sang chez les Mol- lusques. On s'accordait à admettre que chez tous ces animaux l'appareil circulatoire était complet, et consistait en un cercle non interrompu de tubes membraneux formés par des artères et des veines , dont la dispo.'-ilion anatomique n'offrait d'ailleurs que des modifications secondaires. Dans un travail présenté à l'Académie il y a sept ans, j'avais montré, il est vrai, que, chez les Ascidies, il n'existe de vais- seaux que dans les perlions l(''gumenlaire et branchiale du corps, et que , dans la région abdominale, le sang circule à ti'avers les lacunes ou espaces laissés entre les divers organes. Peu de temps après , j'ai constaté chez les Biphores une dégradation semblable de l'aiipareil vasculaire, et, à une époque plus récente, i\l. de Quati'efages a observé un t'ait analogue chez les Éolidiens. Mais les Tuniciers s'éloignent tant des Mollusques ordinaires, qu'on avait cru pouvoir ne pas en tenir compte, et beaucoup de natu- ralistes se refusaient à admettre le fait anormal annoncé par M. de Quatrefages; de sorte qu'on persistait à penser que tous les Mollusques possèdent un appareil vasculaire complet; au commencement de l'année dernière encore, un jeune zoologiste, qui s'est présenté ici comme le champion des idées anciennes , a cru pouvoir poser ou principe l'impossibilité de la disparition, soit coniplêio, soit partielle, des organes de la circulation chez un Gastéropode quelconque (1). Un pareil désaccord entre la théorie et les faits aurait puissam- ment infirmé les vues que je viens de rappeler; mais les rccher- chcsdontj'ai eu rhonneurd'entretenirl'Académieen février18Û5, (1) Voyez les conclusions (in Mémoire de M. Soulejel, inséré dans les Coiii/ifcs' l'ciidiis pour ISit, lome W. page 96. miLKE EDWARDS. — Slll LA CIRCl LATION. 39 et celles entreprises peu de temps après par M. Valenciennes et moi, les observations de M. Nordmann sur les Tergipes, et celles de M. Owen sur les Térébratules, enfin divers faits isolés, dont la science avait été précédemment enrichie par Cuvier , M. Gas- pard, M. Van Beneden , M. Valenciennes, M. Dellechiaje et M. Pouchet, et dont la signification est devenue manifeste au- jourd'hui, ont dû suffire, je pense, pour montrer de quel côté est la vérité. En effet , il est maintenant bien démontré , non seulement que la dégradation de l'appareil circulatoire n'est pas une condition incompatible avec le plan d'organisation des Mol- lusques , mais que c'est l'état normal du système vasculaire dans cette grande division du règne animal. Dans tous les Mollusques dont la structure nous est connue, les vaisseaux sanguins man- quent en partie , et une portion plus ou moins considérable du cercle circulatoire se trouve constituée par de simples lacunes. Dans chacune des classes de cet embranchement, l'appareil vas- culaire se dégrade ainsi à divers degrés, et l'on sait , à ne pas en douter , qu'il existe à cet égard des différences considérables chez des animaux dont l'organisation est d'ailleurs tout à fait analogue. Il me paraîtrait donc inutile d'insister davantage sur ce point ; mais les zoologistes ont dû remarquer que toutes les grandes mo- difications dépendantes de la dégradation de l'appareil circula- toire chez les Mollusques dont il a été question jusqu'ici , portent sur le système des cavités veineuses, et, d'après l'ensemble des faits observés jusqu'à ce jour, on pouvait croire que , chez tous les Mollusques proprement dits, il existe un système artériel complet. Si la théorie de la formation des vaisseaux sanguins à l'aide de lacunes dont les parois se régularisent et se revêtent d'une tu- nique propre sous l'influence excitante du liquide en mouvement, est exacte, les artères doivent , en effet, se constituer avant les veines, et, cela étant, elles doivent aussi, conformément aux prin- cipes dont il a été question dans les premières lignes de cet écrit, offrir , dans leur disposition anatomique, plus de fixité. Mais chez les Gastéropodes, où l'organisme tout entier peut se constituer 40 VOYAGli i;.\ SICILK. avant que le cœur n'entre en fonctions , les artères, dont la for- mation est probablement tout aussi tardive , ne doivent jouer qu'un rôle très secondaire dans l'économie, et il fallait s'attendre, par conséquent , à les voir se modifier beaucoup dans ce groupe naturel, et même s'y dégrader à la manière des veines, sans qu'il en résultât aucun changement nécessaire dans l'ensemble de l'or- ganisation. Guidé par ces vues théoriques , il m'a semblé utile de multi- plier beaucoup les recherches relatives à la disposition du système artériel des Mollusques, et , en poursuivant mes observations sur la dégradation du système veineux, je m'en suis occupé. Dans la plupart des Gastéropodes que j'ai étudiés dans cette intention, je n'ai remarqué aucune modification importante dans cette portion de l'appareil circulatoire ; la disposition des gros troncs s'est trouvée presque toujours celle indiquée i)ar Cuvier dans ses beaux Mémoires sur l'anatomie des Mollusques , et, à l'aide d'injections fines , il m'était , en général , possible de suivi'c les ramifications artérielles jusque dans la substance de tous les organes; partout ces vaisseaux étaient nettement délimités , et présentaient tous les caractères de tubes membraneux. Mais, en étudiant t'Haliotide, j'ai rencontré un état de choses bien différent. Toutes les fois que j'injectais un liquide coloré dans le cœur de ce Mollusque, je remplissais l'aorte ou artère céphahque, ainsi que les branches qui naissent de ce grand tronc vasculaire pour se rendre au foie, à l'estomac, à l'intestin et aux parties voi- sines (1) ; des ramifications d'une ténuité extrême se montraient de tous côtés, et des capillaires, visibles seulement à l'aided'une loupe, se dessinaient souvent sur les tissus de ces divers organes; mais , dans la tête , je voyais toujours l'injection s'extravaser et remplir une grande cavité oii se trouvent logés le cerveau , les glandes salivaires , le pharynx et tous les muscles de la bouche. Dans mes premiers essais , j'attribuais ce vaste épanchement à quelque rupture des parois vasculaires, et je m'appliquais à ré- (1) PI. 1, fig. I et 2. niLKE EDtVABUS. — SUll LA CmCLI.AriOX. /jl péter l'expérience en mieux ménageant la pression mise en jeu pour elTectuer l'injection ; j'employais tour à tour des animaux récemment morts ou encore pleins de vie, puis des individus ren- dus flasques et immobiles |)ar un commencement d'asphyxie; mais toujours le résultat était le même ; et lorsque, par une dis- section attentive , je cherchais à suivre l'aorte jusqu'à sa termi- naison dans la tête, il m'était impossible d'en trouver la moindre trace au delà du point où l'épanchement avait commencé à se manifester. Là, les parois de cette grande artère disparaissaient, ou plutôt se confondaient avec les membranes qui séparent en ce point l'abdomen de la cavité céphalique ; et je ne pouvais décou- vrir aucune continuité entre le vaisseau que je voyais pénétrer dans cette grande lacune, et les artères qui partaient de la même cavité pour se ramifier dans la masse charnue du pied , et qui étaient faciles à reconnaître par l'injection colorée dont je les avais remplies. Après avoir répété à plus de vingt reprises cette expérience , sans en voir varier une seule fois les résultats , je cessai d'attri- buer l'épanchement à quelque circonstance accidentelle, et, pour mieux décider la question , je fis l'injection en sens inverse, c'est- à-dire qu'au lieu d'introduire le liquide coloré dans le système artériel par le cœur et de le faire arriver ainsi jusque dans la ca- vité céphalique , je le poussais directement dans cette dernière cavité , au milieu des muscles et des nerfs du bulbe pharyngien. Or le résultat fut encore le même ; l'injection remonta aussitôt l'aorte, pénétra dans le cœur, et, dans bien des cas, je vis la totalité du système artériel s'injecter ainsi d'une manière tout aussi parfaite que dans les expériences précédentes. 11 me parut dès lors évident qu'il devait y avoir chez l'Halio- tide une communication libre et normale entre la grande artère du corps et la cavité céphalique où se trouvent logés les princi- paux centres nerveux et toute la portion antérieure de l'appareil digestif. J'étais porté à croire que , dans l'état ordinaire du Mol- lusque , cette cavité devait être remplie de sang artériel , comme je la voyais remplie par le liquide injecté artificiellement dans l'aorte , et qu'elle devait servir d'intermédiaire entre le tronc ll-2 VOYAGlî EN SICILE. aortique et les artères du pied ; on un mot , que , dans l'organi- sation de l'Haiiotide , de même que cliez le Calmar et la Seiche , la grande lacune comprise entre les téguments de la tête, tes muscles du pharynx et le commencement du tube alimentaire , entrait comme partie constituante dans l'appareil circulatoire , mais avec cette différence que , chez l'Haiiotide, cette cavité ap- partenait au système artériel , tandis que , chez les Céphalopodes , elle fait partie du système veineux. Une observation intéressante , qui m'avait été précédemment communiquée par M. de Quatrefages , m'a confirmé dans cette opinion. En étudiant sous le microscope et à l'état vivant certains Éolidiens de très petite taille , dont le corps est fort transparent , ce naturaliste avait pu suivre de l'anl le cours du sang en circula- tion, et, dans une espèce particulière dont il ne tardera pas , j'espère, à faire connaître la structure , il a vu l'artère aorte naître comme d'ordinaire du cœur, mais disparaître presque aus- sitôt après , et le liquide nourricier s'en échapper pour continuer sa roule h travers les lacunes de la partie antérieure du corps , sans qu'il lui fût possible d'apercevoir la moindre trace de tu- niques vasculaires dans cette dernière portion du cercle circula- toire, et il en avait conclu que , chez ces Gastéropodes, le système artériel se dégrade, et tend à disparaître , comme on voit ailleurs les veines se perdre et être remplacées par de simples lacunes. Les expériences sur les Haliotides, dont je viens de rendre compte , ont été faites en 1841, pendant mon voyage de Sicile; mais le résultat inattendu auquel j'étais arrivé ne me paraissant pas être accompagné d'un cortège de preuves suffisantes pour porter la conviction dans l'esprit de tous les naturalistes, je me suis abstenu d'en parler, me promettant seulement de saisir la première occasion pour recueillir de nouveaux faits et pour com- pléter mon travail. Cet été, j'ai pu mettre ce projet à exécution, et , pendant un séjour de quelques semaines que je viens de faire sur les côtes de la Manche , non seulement j'ai vérifié mes ob- servations précédentes , mais j'ai constaté divers faits nouveaux dont les conséquences sont à mes yeux si évidentes que désormais le doute me semble impossible, et que je n'hésite plus à entre- nii.!\E linw.tRns. — siu i,.\ r.iiici i.Ai ion. h?, tenir rAcadéiiiie de la singulière dégradalion du système cii'cu- latoire, dont l'Haliotidc m'avait depuis longtemps oH'crt im exemple. Kiïectivement, je me suis assuré que , chez ce grand IMollustiuc gastéropode, l'arlère aorte, parvenue au point où le canal digestif se recoLU'bc poui' descendre de la face supérieure du bulbe jilia- ryngien dans la ca\ilé abdominale , débouclie direclemcnt dans une vaste lacune , dont les parois sont formées en partie par les téguments communs de la tète , et en partie par les muscles et les tuniques du pharynx jointes à des lames de tissu connectif, éten- dues transversalement au devant de la cavité abdominale , lacune dont l'intérieur est occupé , comme je l'ai déjà dit , par la masse charnue de la bouche , les glandes salivaires , les principaux gan- glions du système nerveux , et un grand nombre de brides mus- culaires et fibreuses (1). L'aorte , en s'évasant comme un enton- noir, ferme, en arrière, cotte cavité céphalique, des parties laté- rales de laquelle naît de chaque côté une petite artère ophtlial- mique ; à la partie inférieure et postérieure de ce grand sinus, on voit l'origine commune des artères pédieuses qui s'enfoncent aussitôt dans la masse musculaire située au-dessous et s'y rami- fient ; mais, je le répète, il n'y a aucune continuité directe entre ce conduit nourricier du pied et l'aorte , et le sang ne peut y arriver que par l'intermédiaire de la lacune céphalique. Ainsi cette lacune qui entoure le pharynx , et qui occupe toute la partie antérieure de la tête , tient lieu de la poi'tion céphalique de l'aorte. Le sang artériel qui y est versé par ce vaisseau baigne directement le cerveau, les muscles de la trompe et toute la por- tion antérieure du tube digestif, puis se rend aux muscles du pied et aux appendices de la tête. Mais un fait qui , au premier abord , paraîtra plus singulier encore, c'est que , tandis qu'une portion de la cavité générale vient compléter l'appareil vasculairc , l'artère aorte remplit des fonctions analogues à celles de la cavité abdominale , car elle loge dans son intérieur une portion de l'appareil digestif. (I) PI. I.lib'. 2, f. 44 \OVA(;i'; liN SICILE. Pour s'en assurer, il suffit de fendre longiludinaleiiieiit ce vaisseau, dont la grosseur égale celle d'un tuyau de plume ; on voit alors que le grand appendice subcylindrique , qui sert de base à la langue et qui naît du bord postérieur de la masse pha- ryngienne, y est renfermé tout entier (l). Cet organe s'avance même très loin dans l'intérieur du tube artériel , et c'est de la portion de l'aorte servant ainsi de gaîne pour l'appareil lingual que prennent naissance plusieurs artères , dont les branches distribuent le sang à l'intestin et aux parois de l'abdomen; on eu voit distinctement les orifices lorsqu'on a retiré la langue de son fourreau aortique. La dégradation de l'appareil circulatoire de l'Haliotide ne con- siste pas seulement dans les dispositions singulières que je viens de faire connaître. En effet , dans la portion du manteau qui adhère à la coquille et qui forme , tout autour des parties latérales et postérieures du corps , une sorte de bordure , les canaux artériels paraissent man- quer complètement, et la circulation ne s'effectuer qu'à l'aide de vaisseaux qui reçoivent le sang veineux épanché dans la cavité abdominale, et qui l'y rapportent en partie, tandis qu'ils en versent aussi une portion dans les vaisseaux branchiocardiaques tout près du cœur. La cloison de texture fibreuse, dans l'épais, seur de laquelle ces vaisseaux sont renfermés , ne semble guère propre à remplir les fondions d'un organe accessoire de respira- tion , et, par conséquent , il résulterait de celte disposition ana- tomique que la totalité du sang dirigé vers le cœur ne subit pas l'action de l'air , et que c'est un mélange de sang veineux et de sang artériel qui s'engage dans cet organe pour être ensuite distribué aux diverses parties de l'économie. Enfin , j'ajouterai encore que , dans la région céphalique où les organes baignent dans le sang artériel , je n'ai pu reconnaître au- cune trace , ni de veines proprement dites , ni de lacunes servant à rapporter le liquide nourricier ainsi épanché vers les organes de la respiration , tandis que , dans les autres parties du corps , (i)Pi. 3, fig. I mLNE EDWARDS. — SUR LA CIRCl'LATION, /|5 il existe des canaux veineux dont la disposition est même très remarquable , car tous communiquent librement avec la cavité abdominale , comme chez les autres Gastéropodes , et cependant ils forment dans le foie , dans les glandes génitales, et surtout dans l'appareil urinaire , de véritables vaisseaux dont les ramifi cations sont extrêmement nombreuses. L'Haliotide n'est pas le seul Mollusque qui m'ait offert un système artériel ainsi dégradé ; j'ai constaté un mode d'organisa- tion analogue chez la Patelle, et, dans ce Gastéropode si com- mun sur nos côtes , la disposition de la lacune aortique est même plus remarquable encore. Lorsqu'on ouvre en dessous le corps d'une Patelle , et qu'on enlève le disque charnu du pied , on met à découvert tout le paquet des viscères, et on remarque , entre autres organes , une grande poche membraneuse , qui , recourbée sur le côté et ter- minée postérieurement en cul-dc-sac, s'élargit en avant pour aller se confondre avec les parois de la tête (1). Au-devant de cette poche se trouve la chambre céphalique, renfermant, comme chez l'Haliotide, les muscles de la trompe, la masse buccale et le col- lier nerveux , tandis que dans la poche elle-même est enroulé le long cylindre lingual dont Cuvier a fait connaître la structure cu- rieuse. Ici, par conséquent, la langue ne se loge pas dans l'artère aorte , comme chez l'Haliotide , et possède une gaîne membra- neuse spéciale; mais cette gaîne, à son tour, devient un sinus artériel. L'aorte , qui est très courte , y débouche directement près du point où sa cavité s'élargit pour embrasser le bulbe pharyngien et pour se continuer avec la cavité céphalique; le sang artériel y pénètre donc , et c'est par son intermédiaire que ce liquide arrive à presque toutes les parties du corps , car l'aorte ne fournit que peu de branches, et c'est de la gaîne linguale que naissent successivement la grande artère pédieuse antérieure , l'artère intestinale, dont plusieurs grosses branches se distri- buent au foie, et une artère pédieuse postérieure. C'est même en ()) PI. 2, lig. 4, h. 46 VOYAGE lîN SICILE. poussant le liquide coloré dans cette énorme gaîne membraneuse que l'on arrive le plus facilement à injecter l'ensemble du système artériel ; car , à raison de la délicatesse des parois du cœur et de la manière dont cet organe embrasse l'intestin, il est assez difficile de bien remplir les vaisseaux lorsqu'on t'ait l'injection par le ven- tricule aorlique ; et lorsqu'on la tente par l'intermédiaire du ca- nal brancliiocardiaquc , on distend, en général, l'oreillette, puis le ventricule ; mais on n'arrive que rarement dans l'aorte sans déchirer le cœur. Le sang artériel ne remplit pas seulement le fourreau de la langue ; ce liquide est également épanché dans la cavité cépha- lique où les muscles et les nerfs baignent , comme chez l'Halio- tide ; l'étendue de cette lacune sanguifère est même beaucoup plus considérable que chez ce dernier Mollusque , et si l'on cherche à évaluer la capacité de l'ensemble de ces sinus, on voit qu'ils doivent contenir plus de sang tiue tout le reste du système artériel. Au fond , la disposition des parties est donc la même chez la Patelle et chez l'IIaliotide ; c'est toujours la portion antérieure de l'espace libre dont l'appareil digestif est entouré qui , séparée de la cavité abdominale , lient lieu d'une portion du système arté- riel , comme le reste de la cavité viscérale remplit les fonctions d'un réservoir veineux. Seulement, le genre de dégradation que nous offre l'IIaliotide est , en quelque sorte, exagéré dans la Pa- telle. Il est également digne de remarque que le mode de constitu- tion du système artériel chez ces Gastéropodes est tout à fait com- parable à ce qui existe. pour le système veineux chez les Céphalo- podes , où l'appareil circulatoire offre dans son ensemble une perfection bien plus grande que chez aucun autre Mollusque. Le sinus veineux de la tète du Calmar rappelle exactement la lacune céphalique qui, chez l'IIaliotide , sert de réservoir pour le sang artériel , en même temps qu'elle loge dans sa cavité toute la por- tion antérieure de l'appareil digestif ; et la disposition de ce même sinus chez le Poulpe, où il se prolonge en arrière jusque vers la pnrtip postérieure do l'abdomen, sous la fnrmo d'un grand sac iniLKE EDWARDS. — SUK I.A CIliClI.ATIOX. 47 péritonéal , est très analogue à celle du système de cavités qui , chez la Patelle, sert d'intermédiaire entre l'aorte et les princi- paux organes. C'est un nouvel exemple de cette tendance géné- rale de la nature à varier ses produits , tout eu économisant les moyens qu'elle met en œuvre , et à se servir de procédés sem- blables pour introduire des modiUcations correspondantes dans la constitution de parties différentes. Pour les physiologistes qui considèrent l'appareil de la circula- tion comme étant nécessairement composé de vaisseaux , et qui supposent ces vaisseaux creusés originairement dans un tissu spécial , ou produits par la soudure et l'anastomose d'une série d'utricules, il me semblerait diflicile de comprendre comment l'aorte peut loger dans sa cavité la presque totalité de l'appareil lingual ,' ainsi que cela a lieu chez l'Haliotide , ou bien encore comment la cavité de la tête tout entière peut se continuer posté- rieurement sous la forme d'une aorte , et remplir elle-même le rôle d'un conduit artériel ; mais, si l'on adopte les vues que j'ai rappelées au commencement de ce Mémoire , et que j'ai exposées avec détail dans d'autres éci'its, ces difficultés n'exi=tent plus. En effet , si le fluide nourricier est primitivement contenu dans de simples lacunes ou méats inler- organiques sans parois propres; et si c'est sous l'influence de ce liquide en mou\ement que ces lacunes tendent h. se régulariser , à se tapisser d'une membrane propre, et à se transformer en tubes comme le fait d'ailleurs tout trajet fistuleux creusé accidentellement par le pus ou par d'autres humeurs dans le corps de l'homme , il devient aisé de concevoir comment la lacune , qui peu à peu se change ainsi en poche ou en tube , peut tantôt ne circonscrire qu'une niasse liquide et devenir un vaisseau sanguin ordinaire , mais d'autres fois englober dans son intérieur des organes étrangers , tels que le cerveau, le pha- rynx ou l'appareil lingual , sans cesser d'être traversée par le fluide nourricier. La disposition singulière du cœur, dont la cavité est traversée par le rectum chez l'Haliotide et la Patelle, ainsi que chez la[)lu- part des Mollusques acéphales, me semble être un fait du même ordre que la transformation de l'aorte en une gaîne linguale, et 48 VOYAGE EN SICILE. l'emploi de la cavité céphalique comme partie du système arté- riel ; on peut s'en rendre compte de la même manière , car le cœur n'est d'abord qu'un vaisseau élargi et garni de fibres mus- culaires propres à en déterminer la contraction et la dilatation al- ternatives , et, par conséquent , il doit se constituer primitivement d'après les mêmes principes qu'une artère ou une veine ordi- naire, et passer par l'état de simple lacune avant que de revêtir la forme vasculaire. Cette particularité d'organisation qui a tant étonné les zoologistes , et qui a été considérée jusqu'ici comme une anomalie inexplicable , se rattache ainsi naturellement à l'en- semble de faits que nous a révélés l'étude des organes de la cir- culation chez les Crustacés, aussi bien que chez les Mollusques, et rentre dans les conséquences de ce qui me semble être le mode ordinaire de construction de tout appareil vasculaire. La dégradation du système artériel que j'ai constatée cliez la Patelle et l'Haliotide , ainsi que l'état rudimcntaire de l'aorte ob- servé par M. de Quatrefages chez quelques Éolidiens, jette donc de nouvelles lumières sur la signification d'autres faits déjà con- nus, mais incomplètement compris , et s'accorde en tous points avec les résultats dont la théorie devait nous conduire à présu- mer l'existence. Je me garderai bien de présenter cette vue théorique comme étant une loi de l'organisme , ni même de rien préjuger quant aux procédés que la nature met elTectivement en œuvre pour créer un appareil circulatoire ou pour perfectionner de plus en plus cet appareil chez les animaux divers , car les faits positifs manqueraient bientôt à quiconque voudrait s'engager dans cette route; mais je me crois autorisé de plus en plus à dire que tous les résultats du travail génésique connus jusqu'ici s'of- frent à notre observation comme si les choses se passaient d'après les principes que j'admets par hypothèse. Cette théorie sert d'ail- leurs à relier entre eux une multitude de faits dont on ne peut saisir autrement la connexité, et elle peut être, comme on le voit, un guide utile dans la voie des recherches ; jusqu'à ce qu'elle ait été trouvée en défaut , je persisterai, par conséquent, à en con- seiller l'emploi. miLXK EDWARDS. — SLU LA CmCL'LATION. Il9 Quant à la disposition des diverses parties de l'appareil circu- latoire des deux Mollusques dont nous venons de nous occuper , je crois inutile d'en présenter une description détaillée , car l'ex- plication des figures jointes à ce Mémoire me paraît devoir suffire pour en donner une idée exacte. EXPLICATION DES FIGURES Appmvi/ rircululoire 'le l'Hutiotide. PLANCHE 1. FiG. I . Dans cette préparation, les vaisseaux efîérents des branchies, le cœur et les artères ont été injectés avec une matière rouge, tandis que la cavité abdo- minale et par suite tous les vaisseaux qui communiquent avec celte chambre él qui représentent le système veineux ont élc injectés avec du bleu. L'animal est vu de dos, la coquille ayant été enlevée, le péricarde ouvert, et la glande urinaire mise à découvert. A, la lête. — 1), muscle de la coquille. — C, fente du manteau servant d'entrée à la chambre branchiale. — B, manteau. — E, cloison fibreuse qui s'étend de l'abdomen au bord de la coquille. — f , abdomen. — G,G, le pied. — H, les deux branchies. a, le péricarde ouvert , pour laisser voir le ventricule aortique entre ses deux oreillettes. Il, artère palliale qui prend son origine à la partie antérieure du cœur, et envoie beaucoup de branches aux replis membraneux qui tapissent la voùle de la ca- vité branchiale, et sécrètent le mucus. c', artère génitale. d, artère abdominale, ou aorte postérieure. e, l'une des veines branchiales ou canaux qui portent le sang artériel des bran- chies au cœur. (,f, système portai de la glande urinaire. g, veines génitales et hépatiques. h, vaisseau veineux de la membrane coquillière débouchant dans la cavité abdo- minale, et recevant des branches du lobe droit du manteau. r, vaisseau qui prend naissance dans le manteau , et va déboucher dans le canal branchio -cardiaque ou vaisseau efîérenl de la branehie correspondante. Il ré- sulte de cette disposition que tout le sang qui arrive au cœur n'a pas traversé les branchies; une portion vient directement du manteau, qui, selon toute ap- parence, remplit le rôle d'un organe respiratoire. ;, vaisseau veineux du bord du lobe gauche du manteau. y série. Zoni,. T. VIII. {.luillcl 1817.) -. 4 50 VOYACE E\ SlCII-lî. Fie. 2. Dans celte préparation , l'iDJeclion a été faite comme dans la pièce précédente ; mais la voûte palliale a été fendue et rejetée en haut, pour mon- trer l'intérieur de la chambre respiratoire; la cavité abdominale a été ouverte et une portion do l'estomac enlevée , pour mettre ii découvert la grande artère située au-dessous. A, la tète. — B,B, le pied. — ■ C,C, les deux lobes du manteau. — J). l'organe sécréteur du mucus. — E,E, les deux branchies. — F, lanus. Au-dessous de l'intestin rectum , qui se termine par cet orifice , on voit rorilice de l'appareil urinairc, et un peu plus loin en arrière, au-de.ssus du môme intestin, se trouve l'orifice de l'appareil génital. Ainsi il y a au fond de la cavité respiratoire trois orifices, et lorsque les parties sont dans leur position naturelle, celui de droite est l'ouverture urétrale, et celui de gauche la terminaison de l'oviducte ou du conduit déférent.- — G, anse intestinale logée dans une division particulière de la cavité abdominale , qui est séparée de la loge gastrique par une cloison fi- breuse. C'est vers l'estrémilé antérieure de cette cavité que se trouve l'orifice du vaisseau qui rampe dans l'épaisseur de la cloison co(iuilliére , et qui se voit dans la figure précédente en h ; aussi, en poussant une injection dans cette divi- sion de la cavité abdominale, arrive-t-on facilement dans le vaisseau dont il vient d'être question , tandis qu'en faisant l'injection du côlé gauche de l'ani- mal, on remplit d'abord le vaisseau corresjiondant du coté opposé, lequel est beaucoup plus gros, et se voit ici en (. — //, estomac dont la portion antérieure a été en majeure partie enlevée. — /, cavité pharyngienne ouverte. — J, ab- domen. a, le ventricule aortique embrassant l'intestin rectum. b, l'oreillette du côté gauche , auquel vient aboutir le vaisseau eiïérent de la branchic correspondante, dont une portion, injectée en rouge, se voilen E. L'oreillette droite se voit au-dessous du veniricule, et la branchie correspon- dante a été relevée de manière à laisser à découvert dans toute sa longueur la veine branchiale ou canal efférent qui occupe le bord adhérent de la branchie, et porto le sang artériel de cet organe au cœur. c, la grande artère aorte qui nait de l'extrémité postérieure du ventricule et se porte en avant, entre l'estomac et l'intestin, pour aller se perdre dans la cavité céphalique. (J, artère abdominale ou aorte postérieure qui naît de l'origine de l'aorte et suit les circonvolutions de l'intestin , auquel elle fournit des branches ainsi qu'au foie : c'est la branche inférieure de ce vais.seau qui se voit en d, dans la figure précédente. Du côté opposé de l'aorte antérieure, on voit l'origine de l'artère génitale. L'aorte antérieure donne naissance à plusieurs branches, dont les unes se ra- mil'ient sur les parois de l'estomac {H-c), et les autres se distribuent à l'intes- tin ; une de ces dernières, un peu plus grosse que les autres, passe sous l'anse intestinale, et va se distribuer ii la portion de ce tube qui se trouve à droite. IMII.;«I': RDIVARDS. SCn I.A CIRCl I. \TION. 51 f, sinus artériel dans lequel débouche l'aorte : c'est une grande lacune céphalique limitée en dessus par les parois du pharynx, en avant par les téguments et les muscles de la tête, el en arrière par des brides fibro-cellulaires. En injectant l'animal par cette chambre céphalique, on remplit immédiatement tout le sys- tème artériel. /, grande artère pédieuse qui nail du sinus céphalique, et se divise bientôt en quatre branches dont on aperçoit la terminaison vers la partie postérieure du pied. g. l'une des branches latérales de celte artère. h, vaisseau afférent de la branchie gauche. Un peu au devant du cœur, on voit le canal transversal ou réservoir veineux covtmun des branchies, qui réunit ce vaisseau à son congénère, el qui reçoit directement les veines de l'intestin rectum 1,1, veines des deux lobes du manteau en communication avec un réseau capillaire étendu le long de la base de la branchie, et allant s'anastomoser avec les vais- seaux branchio-cardiaques , ainsi que cela se voit dans la figure précédente. /r, veines efférentesde la glande urinaire allant déboucher dans le réservoir vei- neux commun des branchies. /, canal veineux de la membrane coquillière ou cloison qui s'étend des parois de l'abdomen au bord de la coquille. m, veines hépatiques allant déboucher directement dans l'espace libre qui entoure l'intestin et qui se continue avec le reste de la cavité abdominale. A la partie postérieure du pied , on voit des veines qui se rendent dans un système de petites lacunes situées sur la ligne médiane , et en communication avec la cavité abdominale. PLANCnE 2. FiG. I. Dans celte préparation, 1 Haliotide a élé renversé sur le dos; la moitié du pied a été enlevée, ainsi qu'une portion de la paroi inférieure de l'abdomen el de l'estomac ; enfin le sinus céphalique et la portion antérieure de laorte ont élé ouverts, pour montrer la disposition de l'appareil basilaire de la langue, qui se loge dans cette artère conmie dans une gaîne , et qui y est baignée par le sang. A, la tête. — B, le pied. — C,C, lobes du manteau. n, le cœur, renfermé dans son péricarde. h, vaisseau branchio-cardiaque ou veine branchiale gauche. c, l'aorte antérieure. (i, artère abdominale ou aorte postérieure. e, artères gastriques /, sinus artériel de la lèle. g. l'une des branc'hes médianes de la grande artère pédieuse qui naît du sinus céphalique t 52 VOYAGE EN SICILE. II. appendice basilaire de la langue en partie extraite de l'aorte, pnur montrer les orifices de plusieurs petites artères intestinales qui naissent de ce vaisseau, dans le point où il remplit les fonctions dune gaine linguale. », le canal veineux du manteau, déjà représenté en partie dans la planclie précé- dente, fig. 1, j, et Dg. 2, b. Appareil circulatoire de la Patelle. Fig. 2. Une Patelle beaucoup grossie , et représentée de trois quarts , avec le manteau un peu relevé. La coquille a été ôtée et le système veineux injecté rsn bleu par la cavité abdominale, tandis que le système artériel et ses dépen- dances ont été injectés en rouge par la branchie. A, la tête. — B, le pied. — C,C,C, le manteau , garni d'une bordure de tenta- cules. — D,D, la branchie. — E, l'abdomen. — F, une grande cavité analogue à la chambre branchiale de la Patelle, mais ne servant plus à loger les organes de la respiration. Au fond de cette chambre, du côté droit, on voit aussi trois oriHces très rapprochés l'un de l'autre : celui situé au milieu est l'anus; l'ou- verture de l'appareil génital est plus à gauche , et l'orifice placé à droite ap- partient à un organe glandulaire qui me semble devoir être considéré comme un appareil urinaire. — D, la branchie. FiG. 3. Dans cette préparation, l'injection a été faite comme dans la pièce précédente ; l'animal est vu en dessus, le péricarde est ouvert, et une portion de la paroi supérieure de la cavité abdominale a été rejetée de côté. A, le bord frangé du manteau. — fi, une portion de la branchie située sous le manteau. — C, portion de la voûte de la cavité abdominale rejetée de côté. 0, vaisseau efférentde la branchie injecté en rouge, et vu par transparence. (), vai.-;seau branchio -cardiaque. Le réseau veineux de la voûte palliale débouche en partie dans ce vaisseau, et se remplit dinjeclion lorsqu'on pousse le liquide de la branchie vers le coeur. Il en résulte qu'ici, de même que chez l'Halio- tide, la totalité du sang ne traverse pas la branchie avant de retourner au cœur, et que le manteau remplit les fonctions d'un organe accessoire de respi- ration. c, 1 oreillette du cœur. d, le ventricule. e, grande lacune marginale de l'abdomen , dans laquelle le sang veineux s'accu- mule pour aller ensuite il la branchie. f, réseau veineux lacunaire situé entre la paroi supérieure de l'abdomen et la masse viscérale. g, vaisseau atîércnt de la branchie, communiquant avec la cavité abdominale par les lacunes linéaires situées entre les faisceaux musculaires qui se rendent du pied à la coquille. h, veine hépatique allant débo\icher dans un système de lacunes qui dépendent de I IHIMVE EWn.VHU^i. — SLH LA CIIU;i I.A TION. 53 la cavilé abdominale cl comnmniqiient avec les vaisseaux de l'organe présume urinaire. i, le réseau capillaire de la voùle de la chambre respiraloire. Ce réseau, formé do lacunes plutôt que de vaisseaux proprement dits, se remplit par la cavité ab- dominale, et communique aussi librement avec la portion antérieure du vais- seau afférent de la brancbie (;) ; il est jusqu'à un certain point l'analogue du réseau pulmonaire des Colimaçons. Fiii. 4. Dans cette préparation, le système veineux a encore été injecté par la cavité abdominale, et le système artériel par le cœur; l'animal est vu en dessous, et le pied, dont une portion a été enlevée, est rejeté de coté. A, la tète. — B, le pied. — B', section du muscle circulaire de la coquille. — C, le manteau. — C, voiJte de la chambre palliale. — I), la branchie. — £', l'intestin. — • F, le foie. — G, l'ovaire. — //, orifices do l'appareil urinaire, de l'intestin et de l'oviducte. a,a, portion du grand réservoir veineux formé par les lacunes de l'abdomen. 6, réseau lacunaire de la voûte de la chambre palliale , ou réseau pulmonaire. c, vaisseau afférent, faisant fonction dune artère branchiale. d, vaisseau efférentde la branche, ou veine branchiale portant le sang artériel vers le cœur. e, vaisseau branchio-cardiaque. f, l'aorte se portant de l'extrémité droite du cœur au sinus céphalique, dans le- quel cette artère débouche. g, portion antérieure do ce grand sinus artériel, renfermant la niasse charnue du pharynx et les centres nerveux. h, appendice postérieur du môme sinus artériel, servant à loger l'appareil lingual. (', artère pédieuse antérieure, naissant du sinus céphalique. ;, artère abdominale, naissant de la gaine linguale. k, artère pédieuse postérieure, naissant du milieu de la même gaine. yUATlllÈME ARTICLE jl). /)c l'iipivircil rimlnloirc du Calmar. Alexandre Monro , dans son grand ouvrage sur l'anatomie de la physiologie des Poissons (2) , a donné une description som- maire du cœur et des principaux vaisseaux sanguins du Calmar. Cuvieren a fait l'objet de quelques remarques (3) , et, dans ces (1) Voyez t. III, p. 341. (2) The stniclwcuiid pliushh'jij of fislies cxplaiiied. Edinb., 1783, ch xii, p, 64. (3) Leçons d'analomie comparée, t. IV, p. 396, 54 VOVAGE K^ SlCILli. dernières aimées, M. Dellechiaje a publié sur le même sujet des observations nouvelles, accompagnées de nombreuses figures (1). Aussi, en décrivant ici le système sanguin de ce "Mollusque, n'aurai-je que peu de choses à ajouter concernant la structure de toute la portion de cet appareil oii le lluide nourricier se trouve renfermé dans des tubes vasculaires; mais, dans une por- tion du cercle circulatoire , les vaisseaux proprement dits man- (juent, et, ainsi que je l'ai déjà fait voir, y sont remplacés par de simples lacunes ou espaces interorganiques : or la disposition de cette portion non vasculaire de l'appareil de la circulation n'est pas connue des anatomistcs , et je crois utile d'y appeler leur at- tention. Les veines superficielles des bras sont tout aussi bien formées chez le Calmar que chez le Poulpe , mais se comportent autrement. Chaque tentacule, au lieu de présenter deux grosses veines latérales, ne possède qu'un seul tronc situé au milieu de la face antérieure ou cupulifère de cet appendice, et ces divers vaisseaux, au lieu de se réunir pour constituer en quelque sorte les racines de la grande veine céplialique , vont verser le sang dans la portion antérieure ou péristomienne de la cavité viscérale (2). Il en est de même des petites veines labiales, sous-cutanées et musculaires, de la portion antérieure de la tète , et la grande veine céplialique ne commence qu'au bord postérieur de la tête , au-dessus de la base de l'entonnoir. Le sinus veineux , qui reçoit ainsi tout le sang des tentacules et de la région orale, occupe la partie antérieure de la tète, et loge le bulbe charnu de la bouche ; c'est une cavité pyriforme li- mitée antérieurement par une membrane très extensible qui s'é- tend de la base de la lèvre circulaire , dont l'orifice buccal est entouré à la base du cercle palpifère située près de la racine du bras , et représentant une sorte de lèvre extérieure. Latéralement, de même qu'en dessus et en dessous, cette grande lacune ou chambre péristomienne a pour parois la masse iiuisculaire de la racine des bras, et en ari'ièrc elle se continue avec le canal étroit {\) Auimnli inverU'broli. I. I, p. .j!1, pi. 21 à 2i) (2) Voyez l'Allasdece ro;/((yc, t. I, pi. IS. niLKE EUWAKD»j. — SIK I-A CIUCl LAlIO.\. 55 qui est traversé par l'œsophage et qui communique avec la cavité crânienne où se trouve logé le ganglion cérébroïde, et où arrive aussi de chaque côté le sang veineux venant des sinus oplitlial- niiques.Une veine hépatique antérieure, (|ui vient de la face dorsale du l'oie et des glandes salivaircs posiérieurcs , débouche dans la partie postérieure de ce système de chambres, et à leur partie infé- rieure se trouve un orifice ovalairc qui traverse les parois de la tète , et fait (•oininuni(]uer le sinus crânien avec la grande veine céplialique. Les sinus uplithalmiques occupent tout le fond du globe ocu- laire ; la glande choroïdienne et les ganglions ophtlialmiques y baignent , et en dehors on y voit pénétrer les veines ciliaires. Tout le sang veineux de la tète , à l'exception de la petite quan- tité que reçoivent des veinules sous-cutanées, presque capillaires, de la région cervicale, est ainsi versé dans les lacunes céphaliques, et n'arrive dans la grosse veine chargée de porter ce liquide de la tète vers les cœurs branchiaux qu'après avoir baigné la portion antérieure du canal alimentaire et les grands centres nerveux. Cette partie du système veineux est donc plus incomplète que chez le Poulpe; mais il en est tout autrement dans le reste de l'é- conomie. Effectivement , la cavité viscérale qui , chez ce dernier Mol- lusque , s'étend dans presque toute la longueur du corps , et con- stitue un vaste sinus veineux où les estomacs , les glandes sali- vaircs et l'artère aorte flottent dans le sang, s'oblitère chez le Cal- mar immédiatement en arrière de la nuque. Là il n'existe aucun espace libre entre l'œsophage et les membranes péritonéaux , de sorte que le sinus veineux se trouve réduit à la portion céphalique postérieure qui communique chez le Poulpe avec les veines caves à l'aide de deux ou de quatre grands canaux. Dans toute la portion abdominale du corps , le sang ne circule que dans les veines proprement dites , et l'appareil vasculaire devient aussi complet que chez les animaux vertébrés ordinaires (1) La disposition de ces veines ne présente d'ailleurs aucune pai-- [\)Luc. cit., pi. lit. 56 voï.uii'; liN hicii.ii. ticularil':' importante à signaler, ha, veine céphali ()() VOYAGE i:n SICILE. ; '; ■: toute la longueur du dos un grand sinus sanguin , qui reçoit à droite et à gauche les vaisseaux efférents des branchies, et qui communique avec le cœur par son extrémité antérieure ( i ). M. Délie Chiaje a signalé la présence de ce sinus dorsal dans son grand ouvrage sur les animaux sans vertèbres de Naples (2) ; mais, d'après cet anatomiste, il y aurait aussi chez la Théthys un grand réservoir veineux occupant la même position, ne commu- niquant pas avec l'abdomen, recevant le sang de toutes les par- ties du corps , et servant à porter ce fluide aux branchies (3). Les résultats de mes dissections ne s'accordent en aucune façon avec l'opinion du célèbre naturaliste de Naples , et tout me porte à croire que c'est un seul et même sinus qu'il aura pris alternative- ment pour une sorte de veine cave ou une veine branchiale , sui- vant qu'il l'observait après l'avoir distendu par une injection , et en avoir déchiré les parois , de façon à pénétrer dans le système lacunaire général, ou qu'il l'examinait sans l'injecter , et lorsque les jiarois en étaient contractées. Elîectivement , je me suis assuré qu'immédiatement sous les téguments, on trouve dans toute la portion du dos occupée par les branchies une vaste cavité qui , étant convenablement in- jectée , ressemble (ont à fait au réservoir dorsal , figuré par M. ])elle Chiaje sous le nom de sinus veineux (li) ; mais que cette cavité ne communique pas directement avec les cavités veineuses du reste du corps, et remplit les fonctions d'un canal branchio- cariUaquc; elle n'est séparée de la chambre viscérale située au- dessous que par une cloison membraneuse , et ne recouvre au- cun réservoir veineux qui soit distinct et indépendant de cette dernière cavité. En l'injectant avec précaution , je n'ai jamais vu le liquide coloré en sortir pour pénétrer dans les canaux lacu- naires du voile céphalique , comme cela est représenté dans la (l)Pf. 3, fig. 1. (2) Descriziotie e Notomia degli animuli inrrrtebnili iklki Sidlia àlcriwe. t. II. p. 3C, elpl. 49, fîg. \. (3) Loc. cit., pi. 48, fig. 1. (•4) Voyez comparativement la première llfrure de ma plaiiclie 3 et la figure (lotmée par M. Oi'lle Chiaje, pi. 4.S. NIIAE EDWARDS. — Sl'l! I. \ (■.inC.i;i.\TION. 67 figure donnée par M. Délie Cliiaje , et il m'a paru qu'elle se ter- minait antérieurement derrière le péricarde où elle communique avec le cœur. La dis[)osition de ce sinus branchio- cardiaque est par conséquent tout à fait la même que celle du vaisseau dorsal , qui a été observé par M. Souleyet chez les Éolides , et qui sert à porter le sang artériel des organes de la respiration au cœur. Les parois en sont imperméables aux injections ordinaires : mais il paraîtrait cependant qu'elles ne sont formées que par un feutrage serré de brides cellulaires et de fibres musculaires : car M. Blan- chard , que j'avais prié d'examiner ce point après mon départ de Gènes , a acquis la conviction qu'aucune membrane proprement dite ne la tapisse , et ne la sépare des lacunes voisines ; or ce jeune anatomiste est si habile dans l'art des dissections , et ob- serve avec un soin si grand , que j'ai toute confiance dans les ré- sultats de ses investigations. 11 en résulte que le sinus branchio- cardiaque des Théthys ne me paraît pas devoir être considéré comme un vaisseau proprement dit , mais ne serait qu'une vaste lacune séparée du système lacunaire général par la densité des tissus d'alentour, et affectée spécialement au transport du sang- artériel des branchies au cœur. Sous ce rapport , le système circu- latoire des Théthys serait donc plus dégradé que celui d'aucun autre Mollusque gastéropode. La disposition générale du système artériel est assez bien con- nue par la description qu'en a donnée M. Délie Chiaje ; et , pour plus de détails, je me bornerai ici à renvoyer à la figure (l) que j'en ai faite en partie d'après mes propres observations, en partie d'après les préparations que je dois aux soins de M. Blanchard. Les Théthys que je trouvais vivants dans les filets des pêcheurs au château des Salines, près Celte, et à Gènes, avaient sou- vent plus de 2 décimètres de long. On pouvait par conséquent les injecter très facilement, et observer de même la constitution des cavités mises en évidence par cette opération. Aussi ai-je ac- quis promptement la conviction que chez ces Mollusques , de môme que chez l'Aplysie, le système veineux est représenté par les lacunes inter-organiques . et ne consiste pas en un a|jpareil [i Voypz PI. 3. lig. 2. 68 VOYAGE EN SICILE, vasculaire proprement dit ; seulement ces lacunes, au lieu d'avoir une disposition cellulaire et de donner aux parties qui les renfer- ment un aspect spongieux, sont allongées et flexueuses, de façon que par leur réunion elles constituent une sorte de réseau qu'au premier abord on croirait composé de vaisseaux variqueux unis par des anastomoses fréquentes ; mais lorsqu'on vient h les dissé- quer, on voit qu'elles ne sont séparées entre elles que par les fais- ceaux musculaires et des trabécules fibreuses ou cellulaires : nulle part je n'ai pu découvrir la moindre trace d'une tunique propre. Ce réseau veineux , qui se trouve dans l'épaisseur du grand voile céphalique, des tentacules, du manteau et du pied, n'a pas échappé aux investigations de jM. Délie Chiaje; mais cet anato- miste ne me semble pas en avoir reconnu la véritable nature. Ce système, en elïet, n'est pas autre chose que son appareil aquifère, et au lieu d'aller déboucher dans un sinus dorsal distinct, d'où naîtraient les vaisseaux allérents aux branchies , il communique librement avec la cavité abdominale, et se continue sans inter- ruption avec les canaux veineux des organes respirateurs. On l'in- jecte, quel que soit le point par lequel on pique la peau de l'ani- mal pour y introduire la canule , et on voit le liquide s'avancer d'abord dans les canaux (lexueux sous-cutanés, puis se répandre dans la cavité abdominale, et remplir les vaisseaux des branchies. L'ensemble du système veineux s'injecte avec la même facilité, lorsqu'on introduit la masse colorée dans la cavité abdominale, et si, après en avoir agi de la sorte, on ouvre cette chambre viscé- rale, on distingue à l'œil nu les nombreux méats intertrabécu- laires par lesquels la communication s'établit entre son intérieur et le système lacunaire d'alentour. Les viscères ont une tunique comparable au péritoine des animaux à organisation plus parfaite ; mais les parois de la cavité abdominale ne sont pas tapissées d'une membrane continue, et oiïrent une texture spongieuse (1). Les hicunes qui se trouvent de chaque côté du grand sinus branchio-cardiaque, et qui sont situées par conséquent à la base des branchies, sont plus vastes que celles des parties terminales du système veineux, mais ne constituent pas un réservoir psrli- (1) PI. 3, flg. 2. niLKE KDW AHU«. — SI li l,\ CUiCUr.AilO.N. 69 culiur, et les grands canaux (iiii y aboutissent en venant du voile ou du pied, tout en ayant plus de régularité que le réseau lacu- naire sous-cutané , ne méritent pas davantage le nom de veines , car ce ne sont pas des vaisseaux proprement dits. Enfin il ne peut y avoir aucune incertitude quant au r(jle physiologique de ce sys- lème lacunaire dans l'acte de la circulation; car, ainsi que l'avait constaté M. Délie Chiaje, on parvient aisément à faire passer des fluides du canal veineux creuse dans la branchie, et en continuité avec les méats sous-cutanés, jusque dans les canaux elïérents et dans le sinus branchio-cardiaque. D'après tous ces faits, il me paraît évident que l'appareil cir- culatoire des Théthys a une grande analogie avec celui des Aply- sies; la principale diiïérence me semble résulter du développe- ment considérable et de la position niédio- dorsale du canal branchio-cardiaque qui, chez l'Aplysie, est rejeté à droite et n'oc- cupe que peu d'espace, tandis qu'ici il se prolonge dans toute la longueur du dos, et s'étend d'une série branchiale à l'autre. C'est une disposition analogue qui existe chez les Eolidiens , et on doit admettre que chez tous ces Mollusques, c'est-à-dire chez les Thé- thys et les Eolides , de même que chez les Aplysies , le cercle cir- culatoire est moins complet que chez les Céphalopodes ; ([u'il n'y a que peu ou point de veines proprement dites pour ramener le sang des divers organes vers les branchies , et qu'un système de la- cunes plus ou moins canaliculaires en tient lieu ; que la cavité ab- dominale remplit le rôle d'un réservoir veineux, et que c'est sur le trajet suivi par le sang artériel seulement qu'on trouve des vaisseaux proprement dits ou , en d'autres mots, des tubes mem- braneux à parois indépendantes des parties voisines. Un vice de nomenclature pourrait jeter quelque confusion dans l'énoncé de ces résultats, si l'on voulait appliquer à la description des Mollus- ques les noms employés en anatomie humaine , car on pourrait dire alors ([uc les ïhétliys, les Eolides et les Aplysies , sont pour- vues de veines , puisqu'ils possèdent des vaisseaux branchio-car- diaques, lesquels correspondent pliysiologiquenient aux vaisseaux (|ni portent le sang artériel des poumons au cœur, et qui, chez l'Homme, sont appelés veines pulmonaires ; mais cette désigna- 70 VOVA(;H li.N SIGILK. liuii lie teiidrail (|u'à donner des idées fausses, il vaut mieux ré- server ici le nom de système veineux pour la portion du cercle cir- culatoire qui renferme le sang veineux. C'est dans ce sens que je l'ai toujours employé lorsque je disais que , chez les Crustacés . les veines manquent complètement et sont remplacées par des la- cunes ; et , en parlant de la dégradation du système veineux chez les Mollusques , je n'ai jamais entendu comprendre dans ce sys- tème les parties destinées au transport du sang artériel. Ainsi, pour résumer en quelques mots mon opinion touchant la constitution de l'appareil circulatoire chez les Gastéropodes dont il vient d'être question , je dirai que le système vasculaire est in- complet ; que des vaisseaux branchio-cardiaques conduisent le sang artériel des organes de la respiration au cœur ; que des ar- tères proprement dites distribuent ensuite ce liquide dans toutes les parties du corps , et que c'est essentiellement par l'intermé- diaire des lacunes ou espaces inter-organiques que le sang veineux circule dans l'économie et arrive aux branchies. Dans les Eolides , le sinus branchio-cardiaque est beaucoup plus étroit que chez les Théthys , et les canaux elTércnts des bran- chies qui y apportent le sang artériel sont beaucoup plus longs; ces canaux marchent transversalement, de chaque côté du corps, et ont pour racines les vaisseaux appartenant à toute une rangée d'appendices branchiaux. Cela leur donne un aspect très particu- lier, mais ne constitue aucune différence importante. J'ajouterai aussi que l'appareil circulatoire des Doris me paraît être constitué d'après le même plan général ; seulement le sinus branchio-car- diaque, refoulé vers la partie postérieure du corps, est très court et entoure l'anus, oii les branchies forment^ comme on le sait, une sorte de couronne. EXPLICATION DKS FIGUIIES. pi.ANcnn 3. Kig. 1 . Thélliys dont le systonie veineux a été injecté en bleu par la cavité alxlo- niinale et le sinus branchio-cardiaque, ainsi que les vaisseaux branchiaux effé- rents et les artères en rouge. A, A, le voile céphalique — fl, le pied. — C',6', les branchies — ii, smus niLKE KUIVAKUN. — SIjU LA CIIICI LA'ilO.X. 71 biancbio-oardiaque. — 0, uiisseaux branchiaux odércnls , longoaul lus vais- seaux aH'érenls. l'"ig. i. Théthys vu un dessous et ouveil , pour monlrer les conimunicalions de la cavité abdominale avec le système lacunaire général. A, A, voile céphalique. — D, pied. — C, bouche. — D, estomac. — E, foie. — F, intestin. — G, organes génitaux — //, pénis. — a, l'aorte, qui, auBsi- tot après son origine, passe sous l'estomac, et se dirige en avant pour aller se terminer dans la portion inférieure du voile céphalique (fc) : la portion dorsale de ce voile présente deux couches de vaisseaux artériels; les artères du feuillet inférieur sont représentées ici en c ; celles du feuillet supérieur se voient dans la figure précédente. L'aorte donne aussi naissance ;i la grande artère pédieuse (c'), dont les branches se dirigent à droite et à gauche, et se voient à la face inférieure du pied (d,d). .\RT1CLE SEPTIÈME. De r. — SLIU I,A CIUCl I^ATION. 73 s'anastomose aussi avec cette cavité par l'intermédiaire de la- cunes situées dans l'épaisseur du manteau , et de pcrtuis qui sont très visibles Ij 82 DERBKS. — FORMATION DE r/EMRRYOX le plus souvent la couleur des cinq rayons qui constituent la par- tie comestible sera un indice suffisant du sexe. Lorsque ces rayons sont rouges ,11 n'y a pas de doute , on a affaire à une femelle ; s'ils sont jaunes ou d'une couleur bistre plus ou moins brune , on peut presque affirmer qu'ils appartiennent à un mâle ; car je n'ai point trouvé d'exception pour la couleur brune, qui, du reste, est assez rare, et je n'en ai trouvé que fort peu pour la couleur jaune ; mais, dans ce cas , l'œil nu peut encore trouver un signe qui lève tous les doutes. Les cinq rayons aboutissent aux cinq Irous qui entourent l'anus, chacun par un petit prolongement canaliforme , dont la coloration est l'indice certain du sexe. La transparence de la membrane qui constitue ce canal laisse juger si le liquide contenu est blanc ou d'une autre teinte ; dans le premier cas, on a affaire à un mâle ; autrement, c'est une femelle. Au printemps, au moment où la reproduction va s'opérer, les cinc[ rayons sont considérablement tuméfiés , et occupent la presque totalité delà cavité limitée par le test. Si alors on fait la moindre blessure à ces organes, il s'en échappe à l'instant un liquide, dont la couleur caractéristique peut encore servir à décider sur le sexe. 11 est en- fin un autre moyen de le reconnaître, lequel est indépendant de la vue, c'est le goût. Toutes les personnes qui y ont pris garde, en mangeant des Oursins , ont reconnu que la saveur des femelles est plus prononcée et plus agréable. Il suffît de considérer un instant la disposition des organes gé- nitaux , pour être convaincu que la fécondation ne peut s'opérer que hors du test , au sein du liquide ambiant. Toute la portion externe de l'appareil générateur, qui sert à l'introduction du sperme , manque en effet ici ; et en laissant un Oursin femelle sé- journer pendant quelque temps dans un vase où j'avais répandu de la liqueur fécondante , je n'ai pu trouver aucun œuf fécondé à l'intérieur, tandis que tous ceux qui avaient été émis, soit qu'ils se fussent répandus dans le liquide , soit qu'ils adhérassent encore au test de la femelle, ou du moins presque tous portaient des signes de fécondation. Je ne m'arrêterai pas à décrire les organes dans lesquels s'éla- borent 1rs produits dont le concours doit perpétuer l'espèce. Qu'il CIIF.7. 1,'oHnSIN COMESTinLE. 1 CllilPITRE VIII. MALACOPODES [yiALACOPODA De Blainmllk). Caractères. — Corps annélidiforme , divisé en anneaux. Tète très distincte, pourvue d'antennes annelées très développées, s'amincissant vers leur extrémité. Yeux situes à la base des an- tennes. Bouche munie de mâchoires. Pattes membraneuses en nombre variable , garnies de soies courtes et raides. Système nerveux consistant principalement en deux ganglions cérébroïdes complètement accolés l'un à l'autre, et en une double chaîne passant exactement au-dessus des pattes. Canal intestinal droit , aboutissant à un anus terminal. Jusqu'à présent , on ne peut rattacher à cette division qu'une seule tribu ou famille , celle des PÉRIPATIENS (PiiRii-vrii Aud. et Edw.). Elle ne comprend qu'un seul genre : celui de Péripale. Genre Péripatf. [Peripatus Guild.). Le genre Péripale fut établi , en 1825 ou 1820, par M. Lans- down Guilding (1) sur une seule espèce découverte dans les vieilles forêts de Saint-Vincent aux Antilles. Ce naturaliste fut frappé de la singularité de l'animal , auquel il appliqua la déno- mination de Peripatus iuliformis ; mais il n'aperçut en aucune manière ses affinités naturelles. Il le considéra comme appartenant à l'embranchement des Mollusques , et en forma une classe sous le nom de Polypoda. Peu d'années plus tard , MM. Audouin et Mihie Edwards (2) eurent l'occasion d'examinerxm Péripate rapporté de Cayenne par M. Lacordaire. Ils donnèrent les caractères de ce type avec beaucoup plus de soin que ne l'avait fait M. Guilding. Ceszoolo- (1) The Xoologkai Journal, vol. II, p. 444, tab. xiv (I8'2fi), art. xlvii, Mol- lusca CaribbcEna, by tlie Rev. L. Guilding. — Isis, Bd. xxi, taf. 1 I . (2) Audouin et Milne Edwards, Classijicalion des Annélides, et deacription de celles 'lin hnbiteid les côtes de France [Ann. des Se. mit., I" série, t. XXX. p 411, pi. 22 (ISD.S]. 138 VOïACIi li:\ SlClLli. gisles le reconiiiireiit pour un Annelé, el ils en lormèrcnl une l'amille particulière dans l'ordre des Annélkles errantes. M. Gervais (1) signala ensuite le Péripate comme se rappro- chant des IMyriapodes , et établissant un lien entre cette classe d'Articulés et les Annélides. 11 publia, en outre, d'après M. de Blainville, la description d'une nouvelle espèce de ce genre trou- vée au cap de Bonne-Espérance (P, brevis de Blainv.). Dans son Tableau de la classification du règne aninial , M. de Blainville (2) indique ce Ver comme le type d'une classe particu- lière d'Annelés. Cette classe est celle des Malacopoda, dénomina- tion que nous avons cru devoir conserver. Plus récemment, M. Milne Edwards (3) a examiné pour la première fois l'organisation intérieure de ce singulier animal sur un individu en assez mauvais état de conservation. Ce zoologiste a reconnu la disposition si remarquable du système nerveux , la configuration générale du canal intestinal et des organes de la génération. De plus, il a cru apercevoir des branches dérivant du vaisseau dorsal , et en même temps il s'est assuré de l'absence de tout système trachéen. Ce qui était devenu essentiel à con- stater , vu l'aflinité qu'on pouvait supposer exister entre le Péri- pate et les Myriapodes. Ces observations conduisirent M. Milne Edwards à regarder ce type comme un Ver se rapprochant surtout des Annélides errantes ; tout en remarquant que la dis- position du système nerveux parait être un intermédiaire entre celle qui existe chez les Némertes et les Chloés. Toutes mes observations sur le système nerveux des Malacob- delles, des Trématodes, etc., ont achevé de mettre en évidence les rapports naturels des Péripates. Plus que jamais il est devenu évident que leur ressemblance avec les Myriapodes existe seulement dans leur forme et leur aspect général. J'ai pu examiner moi-même ces singuliers Vers sur des individus recueillis au Chili par M. (^lay : malheureusement, (1) Etudes pour servir ii l'hisluire îles Mijritipndvs , par M. Gervais (.liin. Jfs Se. mit., 2' série, l. VU, p. 38 (1 837). (2) Supplément au Dictwiuuiirc des Sciences naturelles, t. I, p. ^37 (1840). (3) .Vo(c sw/- /i- Pcripalelulirormc(,Jtiii.(;ts Sf. iiaf., 2' sér., t. XVllI(l8i2). É. BLAlN'f'IIAKD. — SIK l'oRGA.MSATIO.N OES VERS. 139 le mauvais l'tal de conservation de ces animaux ne in"a pas permis de faire une éiude siillisamnient détaillée de leur organisation. M. Gay , IVappé de i'étrangeté des formes des Péripates , crut d'abord se ti'ouver en possession d'un type nouveau , et le dési- gna provisoirement dans ses manuscrits , et dans une lettre adressée de San-Carlos à M. de Blainvillc , sous le nom de Ve- ntila BlainvUki \\). Quant au nom générique proposé par le savant voyageur , il va sans dire qu'il doit être supprimé. Son espèce est i^icn un véritable Péripate ; mais quant au nom spéci- fique , je crois devoir le conserver : le Péripate du Chili me paraît tout à fait distinct de celui des Antilles qui a été décrit par Guil- ding. Ainsi les Péripates avoisinent IcsVersde la classe des Ânévormes; ce sont des animaux terrestres, vivant dans les endroits couverts et humides à la manière des Myriapodes et surtout des Iules, avec lesquels ils ont une certaine ressemblance extérieure, ils parais- sent rares partout, et sont disséminés dans des régions du globe extrêmement éloignées les unes des autres : c'est ainsi qu'on en a observé aux Antilles, à la Guianc, au Chili, au cap de Bonne- Espérance. Les caractères qui distinguent entre elles les espèces de ces divers pays n'ont guère été signalés , personne n'ayant jamais pu les comparer. Cependant le nombre des pattes étant variable de l'une à l'autre, nous pouvons les distinguer au moins par cette différence. C'est d'après le nombre de ces appendices que je crois devoir l'egarder l'espèce décrite par MM. Audouin et Milne Edwards comme distincte de celle de Guilding. On ne sau- rait supposer une erreur dans l'une ou l'autre des figures que ces naturalistes ont données du Péripate soumis à leur examen. 0^ connaîtrait donc quatre espèces de ce genre ; ce seraient : S 33 paires de pattes. — De Saint- Viiiccnl (Antilles). — Je suppose qu'une ï Péripate, trouvée a Cuba par M. Mac \ Leay, appartient à celle espèce. (I) Ourvais, lilmks jiuur scrcir à I liiiluirc iiiiliinltii Ucs .l/i/ciu/ioi/i'S {Ami. tics Se. ml.. 2' série, t. VU, p 38(1837) 140 VOYAGE EN SICILE. 2. P. Edwardsii ( Peripatns iulifovmisi . . l. s ! 30 paires de pâlies. — De Cavenne. Aud. et Edw.) ( "^ •■ 3. P. Blainvillei 19 paires de pattes ■ — Du Chili. , r. n m ■ tr f U paires de pattes. — Du cap de 4. P. BBEvis De Blainv. etGerv. ...)„„, \ Bonne-Esperance. Je vais donner la description des parties internes et externes que j'ai pu voir suffisamment chez le Peripatus Blainvillei , la seule espèce de ce genre dont j'aie étudié l'organisation. Périi'ate be Blainville (Pcriprtlvs Blainvillei) (l). Parties extérieures. — Le corps est long de 30 à 32 mil- limètres , et large de 5 à 6, légèrement atténué aux deux extré- mités , mais surtout vers la partie postérieure. Sa couleur est noire , un peu variée irrégulièrement de taches roussâtres. La tête est presque carrée , avec les antennes amincies vers le bout , pré- sentant des annulations très serrées. L'orifice buccal est ovalaire. Les pattes sont au nombre de dix-neuf paires , ciliées de poils raides comme de petites pointes, et terminées par des crochets. J'ai vu trois individus de cette espèce ; mais ils sont dans un si mauvais état de conservation, que je ne puis décrire exactement les mâchoires. Parties internes. — Relativement à l'organisation intérieure, on comprend d'après cela que bien des choses n'étaient plus obser- vables ; aussi n'ai-je vu que le système nerveux et le tube di- gestif, et encore bien incomplètement. Mon observation sur l'a- natomie du Péripate n'ajoute rien ;\ ce qui a été publié par M. Milne Edwards : c'est seulement une confirmation. Le système nerveux (2) du Péripate de Blainville m'a offert, comme celui de l'espèce étudiée par ^L Milne Edwards, deux gan- glions cérébroïdes placés exactement au-dessus de l'œsophage, et complètement unis l'un à l'autre. Ils fournissent en avant deux gros nerfs qui pénètrent dans les antennes, deux plus grêles qui (1) Blancli. in Hisloria île Chile par M. Claude Gay. Vers, pi. I , fig. I , etc. (-2) toc. rit., pi. I, fig. I, É. BLAXCHABD. — SIR I.'OIIGAMSATIO\ ni;s VERS. 1 ?| 1 se rendent aux yeux, et plusieurs autres dont je n'ai pu suivre suf- fisamment le trajet. En arrière, ils fournissent l'un et l'autre un cordon , passant exactement au-dessus de la base des pattes. Près de chacun de ces appendices , on distingue un très léger renflement ganglionnaire ; il en naît un filet nerveux qui pénètre dans la palte, et plusieurs autres se distribuant dans les muscles. Le canal intestinal est droit , présentant un œsophage assez grêle : il se renfle ensuite un peu en formant d'espace en espace de légères boursouflures. Sur son trajet on aperçoit ainsi distincte- ment de petites papilles. Je suis obligé de renoncer à donner une idée générale des or- ganes de la génération, les Péripates recueillis par M. Gay m'ayant été remis dans un trop mauvais état. Le système ner- veux et le canal intestinal ne peuvent même être décrits ici que fort incomplètement. CHAPITRE IX. CLASSE DES ANÉVORMES (ANEVORMI). Caractèrea. — Corps généralement peu allongé , et dépourvu d'annulations. Système nerveux , consistant toujoi rs en un ou deux ganglions cérébroïdes plus ou moins séparés l'un de l'autre, et en une double chaîne ganglionnaire ne se rapprochant pas sous l'œsophage pour former un collier , mais demeurant rejetée de chaque côté du corps. Appareil vasculaire, consistant en un ou plusieurs vaisseaux principaux pourvus de ramifications plus ou moins nombreuses. Canal intestinal , ordinairement ramifié , et dépourvu d'orifice anal , mais quelquefois simple , et pourvu d'un orifice anal. Organes de la génération des deux sexes réunis sur chaque individu. A cette classe je rattache les ordres suivants : Bdellomorphes; ApoROCiipiiALÉs ou Dendrockles ; Trématodes. L'ordre des Rhabdocèles paraît devoir établir un passage entre les Bdellomoi'phes et les Aporocéphalés ; mais n'ayant pu réunir sur ce groupe assez de faits positifs , je dois me borner ici à l'indication de ce type en signalant un des points de vue aux- 142 VOYAGE l!N SICILE. quels il serait iiiléressaiil d'étudier les espèces qui le composent. Elles ont peut-être aussi des rapports très réels avec les Némer- tines. ORDRE DES BDELLOMORPHES [BDELLOMORPHjE ^u^cn). Caractères. — Corps oblong , aplati , sans annulations et sans appendices. Point de tête ni d'yeux distincts. Bouche située à r extrémité antérieure. Système nerveux , consistant en deux chaînes latérales, ayant leur origine dans deux centres médul- laires cérébroïdes très écartés. Canal intestinal, aboutissant à un anus situé à l'extrémité postérieure du corps. Un vaisseau dorsal. Nous ne pouvons rattacher à cet ordre qu'une seule famille, celle des Malacobdellides [Malacohdellidœ), reposant elle-même sur un seul genre, celui de Malacubdella (11. Genre Malacobdei.lk ( Mulacobdella De Blainv. ). [Xenislum Blanch. Olim). Caractères. — Corps oblong, aplati, pourvu d'une large ven- touse postérieure. Orifice buccal garni de nombreuses petites papilles disposées en séries longitudinales irrégulières. Ganglions cérébroïdes extrêmement écartés, rejetés ainsi sur les parties latérales du corps, et unis l'un à l'autre par une étroite commissure. Chaînes ganglionnaires présentant des renflements médullaires extrêmement petits , dont le dernier toutefois un peu plus volumineux que les autres. Mn vaisseau dorsal se terminant au-dessus de la commissure cérébroïde , et suivant dans son tra- (1) On serait porté à croire que le genre £;)ibiW(ci De Blainv. [Dkl. des Se. mil., art. SANGsi;E),établisurl7/i)-u(/o/iij);joi;/o.'iSi (Millier, Zoo/. Dan., II, lab. 5 i, fig. I- 4, copiée dans X'Enctjd. mélU., pi. 51 , fig. \ » ; — Gmel. in Lin., p. 3098, n» 1 4 ; — Baster, Op»sc. subsc, 11, p. 138, lab. 8, fig. U ; — Olh. Fabricius, Faun. grocnluud,, p. 302, lab. 1, fig. 8), appartient à l'ordre des Bdelloniorplies. L'as- pect extérieur de cet animal semble le rapprocher assez des iMalacobdelles pour faire supposer qu'il doive peut-être former une seconde famille dans le même ordre; mais l'observation des parties internes est tout ii fait nécessaire pour dé- cider la question. É. Bi,*x«ii.iRn. — srii i."()nf;\MS\Tio\ i>f.s vers. i/i3 jet les sinuosités do rinlestiii. Canal intestinal un peu sinueux , n'ollVant ni wci(?);.sni ramifications (1). On a fait connailrc deux espèces de ce genre ; ce sont les : 1° Malacobdi;l(.a (.hossa (Hiruilo grossa Mùller), trouvée dans la Venus exolela; 2" Mai.acoi(dklla VAf.BNciENN.icc Blancli. , trouvée dans la Mya Inmcata. M. Gay en a découvert au Chili une troisième espèce dans une Âvricula; elle ressemble beaucoup par sa forme à la M. f'alen- ciennœi; mais elle n'a que 8 à 10 millimètres de longueur. Je n'ai pas étudie cette espèce , que M. Gay n'a pu retrouver dans ses bocaux ; mais il a eu l'obligeance de m'en montrer un dessin. On a appliqué à cet Anévorme le nom de M. miriculœ. C'est à tort que M. Moquin -Tandon l'a indiqué comme sr rapportant au genre Brmicliiobdella ^!2). ORDRE DES APOROCÉPHALES (APOROCEPHAL-E De Bi.*i»v.). Dendrocali Ehrenb. Caractères. — Corps extrêmement aplati , ne présentant point de portion céplialique délimitée. Bouche située constamment ù une assez grande distance du bord antérieur du corps. Canal intesti- nal consistant en une trompe ou œsophage , suivi d'un estomac el d'un intestin ramifié. Point d'anus. Système nerveux consistant en deux ganglions cérébroïdes accoles ou peu écartés l'un de l'autre, situés au-dessus et un peu en avant de forifice buccal. Généralement des yeux en nombre variable. Cet ordre ne comprend jusqu'à présent qu'une seule famille, celle des Plaxariéks [Planarieœ Ehr.). Il esta peu près certain qu'on arrivera par la suite à répartir les genres qui la composent dans plusieurs familles; mais aujourd'hui les espèces assez bien connues sont encore en trop petit nombre pour qu'on puisse ran- ger les divers genres de Pianariées dans des groupes différents. {)) Voyez pour l'organisation des Malacobilelles , mon Mémoire sur ce type, Annules des Sciences nti lu relies, 3' série, t. IV, p. 361, pi. 18 (18 15). (îj Mono(jriipliie île lu lamillc des lliiudiiiées, i" édiliou, p. 301 (1846). \h!l VOYAGE T.y SICILE. J'ai réuni pou d'observations sur les Aporocéphales ou Pla- naires en général. Ces Vers ayant été déjà l'oiîjet de recherches faites avec un grand soin, et notamment dans ces derniers temps de la part de M. de Quatrefages (4), je ne me suis guère occupé de ce groupe que pour avoir des termes de comparaison bien précis avec les autres types du sous-embranchement des Vers. Sous ce rapport, j'ai eu besoin d'examiner quelques particularités relatives à leur système nerveux, et surtout d'étudier leur système vasculaire. On le sait , l'existence de l'appareil nerveux avait été nié , chez les Planaires , par Baer (2) et par Dugès (3). M. Mer- tens (4) l'avait décrit et représenté dans une espèce de ce groupe, mais en le considérant comme un appareil circulatoire , appelant du nom de cœur les ganglions cérébroïdes. M. Ehrenberg peu de temps après rectifia cette erreur, et indiqua en partie le sys- tème nerveux chez les Planaires (Planaria laclea) (5). M. Schulze signala une disposition analogue dans une espèce du même groupe [P. torva) (G). Mais jusque là il n'y avait réellement dans la science que de vagues indications. C'est à M. de Quatrefages qu'appartient le mérite d'avoir étudié les Planaires d'une manière plus approfon- die, et d'avoir en réalité fait connaître leur système nerveux. Il nous l'a montré dans plusieurs espèces et dans plusieurs genres de ce groupe comme consistant en deux ganglions cérébroïdes plus ou moins unis l'un à l'autre , et placés toujours un peu au devant de la bouche ; il a précisé le trajet de la plupart des nerfs auxquels ils donnent naissance, et en partie celui des deux cor- dons latéraux. (1) .-iim. des Se. nnt., 3' série, t. IV, p. 129 (1813). (2) Xova Acta Acad. Leop. Cur., t. XIII, p. 691 (IS26). (3) Ann. des Se. uat.. 1" série, t. XV, p. I i6 (1828). (i) Ueber den Bau Verschiedeiier in der see lebendcr Planaricn (A/i'm de l'Aca- démie impériale de Siiint-Pétersb., 6* série, t. II, p. < 1 . lab. 1 , fig. 6, et tab. 2, flg. I (1833). (■'>) Abhnndhiiig. der Aknd. der Wisscnscliaft. :ti Berlin iiiin dem Jalire 1835, p. 243. (6) De Plauariiinim vix'endi rnlimie ri finiclur/t, p. :i9. Berolini, 1S3G. É. Bi..t:«('ii\Rn. sin i.'onr,ANtSATio>' des vkrs. I/i^ Sur une Planariée rapportL'e du Chili par M. Gay , et dont la taille est inlininient supérieure à celle des autres espèces observées jusqu'à présent, j'ai pu constater rexistence décentres nerveux sur le ti'ajet des chaînes latérales. J'ai été conduit ainsi à saisir mieux certaines atTuiités naturelles. Dans une autre espèce que j'ai étudiée à Gênes sur des indi- vidus vivants , j'ai suivi plus facilement encore le trajet des nerfs, et entre autres ceux des yeux : observation qui tend à montrer d'une manière tout à fait évidente que ces points noirs, regar- dés par certains naturalistes comme des organes de vision, et par d'autres comme de simples taches dans la coloration du pigment, sont véritablement des yeux. Ces deux faits me paraissent augmenter notablement nos con- naissances relatives au système nerveux des Planaires. A l'égard du système vasculaire de ces animaux , il ne peut plus dès à présent rester le moindre doute. Se plaçant au point de vue des rapports et des modifications d'organisation chez tous les types du sous-embranchement des Vers, on conçoit combien je devais attacher d'importance à la connaissance exacte de l'appa- reil circulatoire. Pendant longtemps, tous mes efforts pour le constater chez les Planaires avaient été infructueux. Dugès, ainsi que je l'ai déjà rappelé , a figuré dans une Planaire un ré- seau vasculaire très analogue à celui qui existe chez les Tréma- todes (1). Le savant zoologiste de Montpellier paraît avoir regardé précisément comme le centre de cet appareil les ganglions céré- broïdes. Cet observateur, examinant au travers des tissus, a-t-il confondu ensemble le système nerveux et le système vasculaire , en considérant le tout comme un appareil de circulation ? C'est là ce qui paraît le plus probable , ce qui est même presque cer- tain. Dugès aurait été induit en erreur ainsi que M. Mertens (jî) par des mouvements de contraction et de dilatation , par des pul- sations en quelque sorte, se manifestant au point même où estsi- (1) Annules des Sciences nuturelles, \" série, l. XV, p. I 60, pi. 5, fig. 1 e( 2. (2) Ueber den Bau Verschiedener an der see lebender Planarien ^Mémoires de l'Académie impériale des Sciences de Pélersbourg, 6' série, l. 11, p. f . — I 833). — his (1836), p. 307. S'sprie Zoor, T. VIII. (.Scpleml)rr I 817 ) 2 10 140 vovAfir: en sicii.iï. tué le cerveau. Néanmoins, il est positif que ces observateurs ne sont pas tombés dans une erreur aussi grossière qu'on pourrai tie supposer. Comme je m'en suis assuré de la manière la plus certaine au moyen d'injections faites sur une espèce de Planaire (P. velutina) du golfe de Gênes, les vaisseaux principaux aboutissent à une petite lacune entourant le cerveau. Ainsi s'explique si clairement l'erreur des observateurs qui ont pris le cerveau pour le cœur , et refusé un système nerveux aux IManaires. 11 en est exactement de même à l'égard de l'opinion de ceux qui , ayant vu le système nerveux et signalé l'erreur des premiers , ont mis en doute l'existence d'un appareil circulatoire chez ces Annelés. Genre Polycl.vdk {Polycladus Blanch.). Caractères. — Corps oblong , assez large , et presque égale- ment atténué à ses deux extrémités. Orifice buccal , situé envi- ron vers le tiers antérieur du corps. Orifice des organes généra- teurs mâles, situé beaucoup plus en avant. Canal intestinal dé- butant par une trompe musculeuse , formant à la partie antérieure une sorte de double lèvre. Cette trompe, suivie d'un estomac ou d'un intestin, terminé en pointe àl'extrémitépostérieureducorps. Ce canal émettant dès sa base deux longues branches qui remon- tent jusqu'au bord antérieur en fournissant de nombreuses rami- fications latérales. L'intestin fournissant également sur tout son trajet des branches nombreuses, c[ai ne présentent point d'ana- stomoses entre elles. Système nerveux consistant en deux ganglions ccrébroïdes ac- colés l'un à l'autre, et placés beaucoup en avant de l'orifice buc- cal , et en une double chaîne présentant sur son trajet de très pe- tits ganglions, dont le dernier plus gros que les autres. Ce genre , dont nous ne connaissons qu'une seule espèce , se rapproche évidemment du genre Prosthiostomum de M. de Qua- trcfagcs par la forme général du cor|)S et par le canal intestinal ; mais il s'en distingue surtout pai' la position de la bouche et par celle de l'orifice des organes générateurs mâles. É. Bi,Axrii,\Rn. — SI 11 i.'ou(.AMS\iiON i>i;s \i;iis. 1/|7 PoLvcLADE DE Gay [PoI ijclddun Gai/i Blaiicli) (1). p. ohlongus , sirpra »ir/er , aurantinro-mnrginatus , linm média alba; infra omnino avrantiams . Le corps de ce Ver est long de 85 à 90 millimètres , et large d'environ 30 millimètres. Il est oblong , s'atténuant k peine plus manifestement à la partie postérieure qu'à la partie antérieure. Sa couleur en dessus est d'un noir verdàtre avec une étroite ligne blanche médiane , et une large bordure d'un jaune orangé , elle- même circonscrite par une étroite ligne noire. En dessous , tout le corps est de la même nuance que la bordure du dessus , et l'on distingue seulement en noir l'épaisseur du bord externe. J'ai examiné deux individus de cette espèce rapportés dans l'alcool , et recueillis aux environs de Valdivia, au Chili, par M. Gay. Cette Planariée se trouve ordinairement à terre dans les endroits humides. L'anatomie de cette espèce n'a pu être faite complètement sur des individus conservés depuis assez longtemps dans la liqueur ; je n'ai pu voir que peu de choses relativement aux organes de la génération ; mais j'ai étudié avec le ])lus grand soin et l'appareil digestif et le système nerveux. Le sysleme nerveux du Polvcladis Gavi a pu êfte mis en évi- dence en prenant toutes les précautions nécessaires pour l'isoler convenablement. Les deux ganglions cérébroïdes sont placés au-dessus de la vé- sicule séminale; ils sont arrondis, et intimement unis l'un ii l'autre ; en avant , ils fournissent plusieurs nerfs, dont deux ou trois principaux qui se distribuent à la partie antérieure du corps. Chez cette Planaire que je n'ai pas observée vivante , et dont les téguments sont très colorés, je n'ai pu distinguer les yeux ; par conséquent , je ne puis rien dire des nerfs qui se rendent à ces organes. De chacun des centres nerveux cérébroïdes , il naît une chaîne qui s'écarte d'abord très sensiblement , et qui ensuite jj flislorid (le Chilr, par M. Cljindi' (jay. Veiis, pi. I. lig. î. I/4S VOVAGi; EN SICH.E. descend jusqu'à l'extrémité du corps , à une médiocre distance du tube digestif. Sur le trajet de ces deux cordons latéraux , on distingue plusieurs renflements ganglionnaires extrêmement pe- tits, mais néanmoins très distincts. Ils ont une forme arrondie ou plutôt globuleuse (1). J'ai distingué quatorze de ces petits centres médullaires très inégalement espacés , mais représentés sur ma figure aussi exactement que possible aux points où ils sont situés. Chacun d'eux émet de très petits filets nerveux se ramifiant encore dans les muscles. Outre celte série de petits ganglions, il en existe un au bout de la chaîne , un peu avant l'extrémité du corps. Celui- ci est trois ou quatre fois plus volumineux que les autres. On remarque trois nerfs principaux auxquels il donne naissance , et qui se ramifient dans la partie postérieure du corps. Si nous comparons le système nerveux diiPolyclathis Gayi avec celui des Malacobdelles et celui des Trématodes , nous y trouve- rons de bien grands rapports, et cependant certaines différences notables. Chez les Planaires , les ganglions cérébroïdes sont tou- jours rapprochés, tandis qu'ils sont écartés dans les Trématodes et surtout dans les Malacobdelles. Chez le PoIyclaeWi) , placée au-dessous de la mem- brane clialazifère, est tout à fait simple, transparente, et si mince qu'elle en est chatoyante. Elle s'applique directement sur le vitellus ; c'est au- dessous d'elle, et toujours à la partie de l'œuf tournée en haut, qu'on re- marque la cicatricule dans laquelle se développe le Poulet ; elle est presque toujours légèrement adhérente à la pellicule vitelline. Si la ci- catricule est toujours tournée vers la partie supérieure de l'œuf , cela tient à ce que cette partie du vitellus étant la plus légère, elle obéit aux lois de la pesanteur. On sait que le globe vitellin tout entier se conduit absolument de même , ce qui fait qu'on le trouve constamment à la par- tie supérieure des œufs qu'on a laissés quelque temps en repos. Nous passerons rapidement sur la formation de l'œuf dans l'ovaire , parce qu'elle n'est pas d'un intérêt direct pour le sujet qui nous occupe ; nous dirons seulement que les ovules les plus jeunes ne sont formés que d'albumine , dans laquelle on voit se développer peu à peu des globules huileux , qui deviennent d'autant plus nombreux que l'ovule est plus âgé, et qui Unissent par le rendre tout à fait opaque. Occupons-nous à présent du détachement des ovules de l'ovaire, et de la formation des œufs dans l'oviducte. Plus l'ovule approche de sa matu- rité, plus la partie de l'ovaire dans laquelle il se trouve niché se gontle à sa partie postérieure ; elle finit par le pousser au dehors , et le forcer à prendre tout à fait la forme d'une baie suspendue à une espèce de pédicule. Les ovaires présentent toujours plusieurs de ces baies pédi- culées , ce qui leur donne souvent l'aspect de grappes de raisin. On voit sur la capsule qui enveloppe chacun des ovules, du côté opposé à celui par où elle est attachée à son pédoncule, une raie blanche assez large : c'est la cicatrice (sliyma). On ne remarque pas de vaisseaux sanguins dans l'étendue de cette raie, tandis qu'il s'en trouve beaucoup sur tout le reste de l'enveloppe, à la surface de laquelle viennent s'épanouir, en vastes mailles rhomboïdales , les gros vaisseaux qui traversent le pédi- cule de chaque ovule. Cette cicatrice est la partie la plus mince du calice de l'ovule; aussi est-ce ellecpii s'ouvre pour le laisser passer. L'ovule détaché de son calice tombe dans l'extrémité infundibuliforme de l'oviducte qui s'était approché pour le recevoir, et il s'y avance peu à peu, poussé par le mouvement péristaltique de cet organe, dont les parois musculeuses sont d'une grande force. L'oviducte s'agrandit alors ; ses vaisseaux se gonilent de sang, et ses muqueuses sécrètent en abondance de l'albumine qui .se dépose sur le ni; i."(ii:i I r'i;M)\M i.'iNCi ration. 101 globe vitellin , autour duquel il foimc les diflérentes couches que nous avons décrites, et qu'il est possible de détacher les unes des autres sur des œufs cuits durs. C'est dans la partie iid'('rieure et fort élargie de l'oviducle (iiic l'œuf re(,'oit la pellicule coquillére, et enfin la coquille. Cette dernière se forme , parce qu'il se dépose à la surface de la membrane coquillére une liqueur tellement chargée de calcaire, qu'elle en est blanclie et lait(^nse. Ce calcaire y apparaît d'abord sous forme de cristaux , qui ne tardent pas à disparaître en se confondant de la manière la plus complète. L'ieuf parait demeurer environ vingt-quatre heures dans la partie de l'oviducte élargie en poche. Nous n'avons fait sur la nature chimiciue de l'œuf (pie quelques obser- vations très superficielles , parce ([ue nous comptons en faire le sujet d'un travail particulier. L'albumine présente une forte n'action alcaline ; il est impossible d'y déceler directement la présence du fer , non plus que des sulfo-cvanures alcalins. Le vitellus est parfaitement neutre ; il est impossible d'y déceler direc- tement la présence des sulfo-cyanures alcalins , non plus que celle du fer, quoique nous ayons retrouvé ce dernier dans ses cendres. Lorsqu'on traite le jaune d'un u'uf cuit dur, par l'éthcr , à une tem- pérature de lO" à 1.5" C, il lui abandonne toute son huile. En secouant la fiole dans laciuelle se fait l'expérience , le globe vitellin se divise, et tombeau fond du vase sous-forme de poudre parfaitement blanche, dont la forme rappelle tout à fait celle des grains de fécule. On pourrait bien en conclure que l'albinnine nage au milieu de l'iiuile du vitellus sous forme de granules, sans aucune espèce de liaison entre eux; mais il n'en est probablement pas ainsi. Il .suffit pour s'en convaincre de jeter le jaune d'un œuf cru dans de l'éther ; il s'y contracte d'abord beaucoup en lui cédant son huile. On renouvelle l'éther juscju'à ce qu'il n'enlève plus d'huile. Le vitellus se présente alors comme une masse coagulée, blanche , fibreuse et satinée. Ce coagulum retient une si grande quantité d'éther, (|u'il faut le malaxer pour l'en retirer; sans quoi, il ne fait que le gonfler sans pouvoir s'en dégager. Il nous semble qu'on doit conclure de cette observation que l'albumine du jaune forme un tissu , dans les mailles duquel s'accunmie l'huile, et dans lesquelles peut pénétrera sa faveur une certaine ([uanlité d'éther , qui y reste emprisonné au moment 011 il se trouve en quantité suffisante pour en coaguler les parois. Comme tout ce réseau albumineuxse brise sous riiifiuence de la cha- leur nécessaire pour en opérer la coagulation, à cause de la dilatation qu'elli; produit dans les fluides qu'il renferme , on comprend pourquoi le vitellus des œufs cuits durs se présente sous forme de poudre, et non y série. Zniii.. T. VIII. (Septembre 1S47.) r, 1 1 I(Î2 SA€'«'. — SI T, I.ES MODIFICATIONS pas ilo mcmbraiip, lorsqu'on In Irailc par l'étliei'. Suivillil l'rout , le vitel- lus est composé de: Albumine 17 Huile 29 Eau 54 100 Nous avons trouvé que celui ries l'ouïes , nourries en cage avec île l'orge , est forniê de : Albumine 19,49 Huile. 27,84 Kau S2.67 100,00 Remarquons en passant que cette analyse semble corroborer l'opinion généralemenl admise que les œufs des Poules naines sont plus riches en parties solides (|ue ceux des Poules communes. Pour doser l'iiuile du vitellus, il faut en évaporer !a solution éthérée dans un courant d'acide carbonique , pour l'empêcher de s'en- llanniier et d'absorber l'oxygène de l'air. Lorsqu'on abandonne il elle- même, et hors du contact de l'air, l'huile extraite du vitellus à l'aide de l'éther , elle ne tarde pas à se séparer en deux couches d'inégale densité ; ce qui indique qu'elle contient deux corps gras différents. Cette huile est d'un beau jaune orangé; son odeur, qui est fade, rappelle un peu celle du pliosphure hydrique. Elle absorbe l'oxygène de l'air avec une rapidité vraiment extraordinaire , surtout entre 60° et 100" C; puis elle se solidifie, et se cliange en une belle résine translu- cide, semblable au succin le plus pur. Occupons-nous maintenant des autres parties de l'œuf. Suivant Bostock (1" série des Ann. (la cliim., t. LXVII, p. 36), l'albu- mine, ou blanc d'œuf, est composée de : Albumine 15,5 Mucus i,S Eau 80,0 100,0 JI. Berzéliusdit qu'elle contient 12 à 1.'},S pour 100 d'albumine sèche. Nous avons trouvé le blanc des irufs de nos Poules composé de ; Matière solide 2l,;i7 Eau 78,4.1 100. OU niî l'ciiui' ri:M)\M i.'i.nci ii\i[()\. 1(1,'} L'albumine de ces œufs contient dune , comme le vitellus anssi , plus de matière solide (|ue celui des Poules communes. M. Berzélius avait déjà reconnu dans le blanc d'œuf la présence d'une substance organique soliible dans l'alcool , qui n'est peut-être que le prétendu mucus , dont Bostock a signalé le premier la présence dans le blanc d'œuf. Nous avons retrouvé cette substance soluble dans l'alcool ; et c'est elle qui nous a contraint à domier dans notre analyse du blanc d'œuf les matières solides sous ce nom, et non ))as souscelui d'albumine. La substance soluble dans l'alcool de M. lierzéliiis se "C forme à sa périphérie un canal circulaire, qui deviendra plus tard la veine dite terminale (l>«o lerminalis). Deuxième pàiode. — S'étendant jusqu'il la formalion du second système circulatoire. Cette seconde période , qui commence avec le troisième jour de l'incu- bation , finit du quatrième au cinquième. En d'autres termes , elle s'é- tend depuis l'apparition du système circulatoire, dans le vitellus , jus- qu'à celle de l'allantoïde, qui, en allant s'appliquer contre la membrane coquillère, donne naissance au nouveau système respiratoire; le primitif disparaît alors. C'est le troisième jour qui est le plus remarquable dans l'histoire du développement de l'embryon , dont toutes les parlies sont alors bien nettement distinctes. L'embryon s'enveloppe peu à peu dans une mem- brane remplie d'eau appelée ntnnhs , au sein de laquelle il continue à se développer. Les yeux , le bec , deviennent de plus en plus distincts. C'est au quatrième jour que le premier système circulatoire [i-ircitln- tlun vitdlinc) est dans toute sa force. On aperçoit au-dessous de la léte 1(56 SAIX'. — SLll Mis AIOOJll(JVriO>S (le; reinl)i'yuii trois points ftorgés do sang, qui s'élovunt et s'abaissent alteniaiivcment; ce sont les trois divisions du cœur. A cette époque , le cœur ne cesse , pour ainsi dire, pas un instant de changer de l'oniie et de position ; c'est au quatrième jour qu'il écliange décidément son ancienne forme de canal contre celle qu'il conservera toujours, et qui se complète dans les jours suivants. On dislingue alors les corps deWolfi' sous la forme de petits cœcums, qui , au cinquième jour , se replient sur eux-mêmes , et qui forment plus tard les reins. Les intestins se forment pendant le quatrième jour de l'incubation. La gouttière, qui représente le canal intestinal, et qui est presque fermée au commencement du quatrième jour , ne tarde pas à l'être tout à fait, et à envelopper la totalité du vilellus. Le bec et la gorge , (jui sont béants , aboutissent à un petit tube ; le larynx , à l'autre bout duquel on voit attachées deux petites protubérances qui sont les premiers rudiments des poumons. Toutes les diHérentes parties du canal intestinal apparaissent ensuite les unes après les autres. licvenons un instant en arrière. Dans la seconde moitié du troisième jour , il s'élève du rectum une excroissance vésicoide ; c'est Vidluniwdv qui, sous forme de sac, s'étend et s'élève au-dessus, et autour de la partie postérieure de l'embryon. L'allantoide est très riche en vais.ieaux sanguins. Ce nouvel organe croit rapidement, et s'allonge en forme de poire. Au quatrième jour, on voit à sa surface un superbe lacis de vaisseaux sanguins , 0,,Si!Ml — 10 avril — "22,9100 Le basant ayant voulu que ces quatre œufs fussent de la même se- maine, il est donc impossible d'attribuer les différences qu'on trouve dans leur poids respectif, îi ce qu'étant beaucoup plus ftgés les uns que les autres , ils n'avaient pas le même poids , déjà avant l'incubation. On peut donc croire que, lorsqu'on les donna à couver, ces cpiatre ceufs avaient à peu de chose près le même poids; ce qui permet d'adniettre que les différences pondérales qu'on remarque maintenant entre eux ne doivent être attribuées qu'aux effets chimiques qui se sont passés dans leur sein. La Poule, qui pesait avant l'incubation . . gr. 672,1530 pesait le 2 juin, après une incubation con- tinue de 21 jours .i8:j,2020 Elle avait donc perdu gr. 188,9330 ce qui prouve que les Oiseaux qui couvent sont vraiment malades. Le 2 juin, les cinq Poulets , n'ayant pas encore mangé , pe- saient ensemble gr. 97,810 Donc, en moyenne gr. 19,562 Le 9 juin, la roule pesait gr. 174,617 — les cini[ Poulets pesaient . 1.3.3,978 Donc, en moyenne gr. 31,193 Pendant la première semaine do leur vie, ces Poulets recevaient chaque jour un demi-œuf cuit dur et haché fin , ((u'on leur domiait en deux fois, le matinàsixheuies, le soir à cin(| heures ; ils avaient encore |)rès d'eux un vase toujours plein d'alpiste mondée, et un autre rempli d'eau. 172 .SACC. — SIR LES MODIFICATIONS La Poule continua h être nourrie d'orge ; mais, comme elle partageait avec ses petits les œufs et l'alpiste qu'ils recevaient, il nous fut impos- sible de peser la nourriture des Poulets; elle aurait d'ailleurs été, à cause de sa nature animale, extrêmement difficile à doser d'une manière exacte. Comme , pendant cette première semaine de la vie des Poulets , leur mère continue à les couver presque aussi assidûment que les œufs mêmes, il ne faut pas être surpris de ce que son poids continue à dimi- nuer. Les Poulets en échange croissent avec une rapidité telle qu'ils gagnent, dans la première semaine, la somme fabuleuse de 59 pour 100 de leur poids initial. C'est à cette époque qu'on voit pousser les premières plumes; elles se montrent d'abord le long des ailes, puis ensuite à la queue, sur les cuisses et sur les pieds. Les Poussins mangent déjà de petites pierres , et se roulent dans le sable , comme les Poules adultes. Pour faire une éducation comparative en plein air , on donna à une Poule commune douze œufs pondus en cage par notre Poule. Ils furent couvés une semaine avant ceux de notre expérience , et naquirent par conséquent aussi une semaine plus tôt ; malgré cela , ils restèrent con- stamment plus faibles et plus petits, ce qui venait sans doute de leur mode d'alimentation. Ils ne reçurent jamais d'œufs durs, mais seule- ment de l'alpiste mondée. Nous anticiperons ici un peu sur l'ordre des faits, pour signaler une observation bien singulière faite sur ces deux couvées comparatives. Nos Poulets étaient , de même aussi que ceux qui étaient nés en plein air , les uns blancs, 1rs autres fauves. Parmi les nôtres , les Poulets fauves , quoique très forts , restèrent plus petits que les blancs. Parmi les autres, non seulement, les Poulets fauves étaient plus forts que les blancs , mais ces derniers finirent par périr tous misérablement les uns après les autres, et il y en avait cinq sur les neuf Poulets nés de ces douze œufs. Les quatre Poulets fauves libres sont des Coqs. Des Poulets nés en cage, deux des blancs sont des Poules ; le troisième est un Coq. Les deux Poulets fauves sont des femelles. Le 1C juin, la Poule pèse gr. 488,367 — les cinq Poulets pèsent . . . 263,270 Donc, chacun d'eux en moyenne . . gr. 52,6.54 Leur poids continue donc à s'accroître, et ils pèsent 68 pour 100 de plus que la semaine dernière. Le poids de la Poule s'accroît d'une manière sensible ; ce qui vient de ce qu'elle couve ses petits d'une manière moins continue. Les Poulets sont assez forts pour manger (pielques grains d'orge. DE I.'OEUF PE\D/VNT l/lNCl BATTOX. 173 Huit jours plus lard, le 24 juin, la Poule pèse gr. 50.'), 024 — les cinq Poulets pèsent. 393,077 Chacun deux en moyenne gr. 78,795 Le poids de la Poule croît encore. Les Poulets pèsent 48 pour 100 de plus que la semaine dernière. A dater de ce jour, les Poulets , auxquels on avait donné pendant la semaine dernière jusqu'à un œuf tout entier par jour , n'en reçoivent de nouveau qu'un demi en une fois, à six heures du matin. On leur enlève aussi l'alpiste mondée , à laquelle on substitue de l'orge , dont on a soin de tenir une auge constamment remplie. La Poule entre en mue, et on la sépare, le 26, d'avec ses Poulets, parce qu'elle commence à les maltraiter. Tout le corps des Poulets est couvert de plumes, excepté sur le ventre , le haut du dos, le cou et les tempes. Le 1" juillet , les cinq Poulets pèsent gr. 535,710 Chacun d'eux séparément 107,142 Les Poulets ne pèsent que 5 pour lOU de plus que la semaine dernière. Il est malheureusement impossible de doser l'orge qu'ils mangent, parce qu'on est obligé , à cause de la petitesse des Poulets , de la leur donner dans un vase ouvert et à bords peu élevés , ce qui fait qu'ils en perdent beaucoup. Les Poulets boivent une grande quantité d'eau ; ils paraissent souH'rir de la poussée de leurs plumes. Le 7 juillet, les Poulets pèsent ensemble. . . . gr. 636,246 (Chacun d'eux séparément 1-27,249 Ils pèsent donc 18 pour 100 de plus que la semaine dernière. Les Poulets ont perdu presque tout leur duvet , dont ils ne conservent plus que quelques brins épars sous le ventre et sur la nuque. Ce duvet possède une texture telle qu'il doit faire le passage des poils aux plumes ; il est poil dans sa partie intérieure, et plume à l'autre bout. Les brins de duvet^ont divisés, à leur partie supérieure, en plusieurs fibrilles barbe- lées, au nombre de 7, 11, 12, 15 ou 22. Ce fut le 7 juillet qu'on pesa pour la première fois la nourriturede ces Oiseaux, qui mangèrent en une semaine : Orge gr. 703,;jS2 Le 14 juillet, on pèse les Poulets isolément, et on donne à chacun d'eux un numéro. N" 1 est la plus petite des Poules blanches. N° 2, la seconde en grandeur des Poules blanches. N" 3, le Coq blanc, N" 4, la plus grande des Poules fauves. N'° .'■>, la plus petite des Poules fauves, \lk «ACT. — SCIR IJîS MODTFir.ATIOXS Lp N" 1 pesait alors gr. 121,618 — N" 2 154,611 — N" .3 184,926 — N» 4 140,381 — N" 5 132,761 Ensemble. . . . gr. 734,297 En moyenne 146,859 Ils pèsent donc 15 pour 100 de plus que la semaine précédente. Le 18 juillet, les Poulets avaient mangé : Orge gr. 816,841 Le N" 1 pose alors gr. 158,578 — No 2 204,436 — N° 3 232,573 — N° 4 180,909 — N° 5 165,144 Ensemble. . . . gr. 941,640 En moyenne 188,328 Ils pèsent donc 28 pour 100 de plus que la semaine dernière. Dèslor.s, ils mangent : Orge gr. 937,686 Le 29 juillet: Le N" 1 pèse gr. 156, M" — N° 2 ' 218,028 — N° 3 248,146 — N° 4 203,599 — N» 5 186,293 Ensemble. . . .gr. 1012,803 En moyenne 202,560 Les Poulets pèsent donc 7 pom- 100 dé plus que la semaine dernière. Le Poulet n" 1 a été malade pendant toute la semaine ; aussi son poids a-t-il un peu diminué. Celui des autres a continué d'augmenter, quoique faiblement. Ces Oiseaux n'ont plus de duvet ; ils sont tous en pleine mue, et revêtent leur second plumage, qu'ils oignent fréquemment avec l'huile de leur glande adipeuse. Le 4 août, les Poulets avaient mangé : niî i.'nr.i i- pf.ntiwt i.'nri dation. nh Orgp . . . gr. X9T,7S/i Le N" I pesait alort; gr. 172,032 — N» 2 238,270 — N" 3 277.018 — N" l . !' 210,137 — N" ft . .• 20o,82't Ensemble. . , . gr. 1 10fl,2SI (Chacun d'eus, en moyenne. . 22l,8.'iG Ils pèsent donc 9 pour 100 de plus que la semaine dernière. Le 1 1 août , les Poulets avaient mangé : Orge gr. 786,578 A cette époque , Le No 1 pesait gr. 186,578 — N" 2 258.596 — N" 3 309,235 — N» 4 237,359 — N" o 219,807 Ensemble. . . .gr. 1211.57S Chacun d'eus, en moyenne. . 242,315 Ils pèsent donc 9 pour 100 de plus que la semaine dernière. Le 1 8 août , les Poulets avaient mangé : Orge gr. 986,472 A cette époque, Le N" 1 pesait gr. 207,056 — N» 2 258,598 — N» 3 348,152 — N» 4 264,343 — N" S 254,701 Ensemble. . . .gr. 1332,850 Chacun d'eus, en moyenne. . . 266,570 Ils pèsent donc 10 pour 100 de plus que la semaine dernière. Le 2 septembre, donc au bout de deux semaines, les Poulets avaient mangé : Orge gr. 1850,743 A celte époque , Le N» 1 pesait gr. 206,419 — N» 2 321,388 — N° 3 306,234 — N° 4 289,617 — N" 5 288,867 En.semble. . . . lt. 1 41 2,52'; Chacun d'eus, en moyenne. . . 282,505 176 SACC. — SLIi I.ICS AIODIFICATIONS Ils pèsent donc un peu moins de 6 pour 100 de plus que la dernière fois. Mais, comme cette augmentation de poids s'est opérée en deux se- maines , on a lieu d'être surpris que les Poulets de cet âge n'aient pas gagné plus de 3 pour 100 par semaine. Ceci vient , .sans doute , de ce qu'à deux reprises différentes on a pendant ce tenvps laissé les Poulets un jour entier sans leur donner de nourriture ; ce qui , sans altérer visible- ment leur santé, a, chaque fois, notablement diminué leur poids du jour au lendemain. De plus , les Poulets sont en pleine mue. Le 9 septembre, les Poulets avaient mangé : Orge gr. 712,493 A cette époque, Le N" 1 pesait gr. 219,3.59 — N» 2 388,644 — N" 3 332,442 — N» 4 311,645 — N" 5 316,448 Ensemble. . . .gr. 1538,338 Chacun d eux, en moyenne. . . 307,707 Ils pèsent donc un peu moins de 9 pour 100 de plus que la semaine dernière. Le 16 septembre , les Poulets avaient niangf; : Orge gr. 1029,428 A cette époque. Le N" 1 pesait gr. 236,630 — N» 2 379,778 — N» 3 331,629 — N" 4 315,879 — N» 5 336,776 Ensemble. . . .gr. 1600,692 Chacun d'eux, en moyenne. . . 320,138 Us pèsent donc U pour 100 de plus que la semaine dernière. C'est il cette époque que des circonstances toutes spéciales nous for- cèrent de terminer brusquement cette expérience que nous comptions poursuivre encore pendant quelques mois. Nous espérons cependant que , malgré ce malheur , notre travail n'aura point totalement manqué le but que nous nous étions proposé d'atteindre en le commençant, puiscju'au moment où l'on y amis lin, le poids desPoulets ne vaiiait guère que de 4 ii 5 ou 6 pour 100 par semaine ; tandis que celui des Poules adultes placées dans les mêmes circonstances oscille entre 2, 3 et 4 pour 100. Comme, de plus, les Poulets ne mangeaient alors pres(iue pas plus d'orge que leurs parents, on peut donc pour ces deux raisons admettre que nos dernières pesées ont été faites sur des Oiseaux dont la nii l.'OF.l F PENDANT r.'iNCL BATION. 177 crue était achevée , et qui n'avaient plus besoin d'une ration d'accrois- sciiietif ,■ mais seulement de cette même rolion d'eiil relien qui est néces- saire aux adultes. CONCLL'SIO.NS. En jetant un coup d'oeil sur les expériences décrites dans ce Mémoire, nous voyons que la paire de Poules, qui a été leur but, a consommé, pendant la semaine où elle a été en expérience, 100 parties d'orge no- male pour subir une augmentation de 4 pour 100 de son poids initial. On est frappé de voir combien est grande la quantité de soufre des aliments que les Poules ont fixée. Ce fait donne a penser que ce soufre existait dans la nourriture sous forme de combinaison organique, et que, peut-être, il sera une fois possible de calculer, à l'aide de cet agent, la masse de substance azotée sulfurée qui a passé dans le corps d'un ani- mal, et qui s'y esl fixée ; ce qui serait de la plus grande utilité, puisqu'il parait bien établi que ce ne sont que les substances de cette nature con- tenues dans les plantes qui peuvent être directement assimilées par les animaux. On a vu que nos Poules ont pris en une semaine ; gr. 465,249 d'orge supposée desséchée à 100°. Ce grain est composé de : Carbone gr. 208,4801 Hydrogène 29,3386 Azote 10,2.596 Oxigène 201,6970 Cendres 1.ï,4737 gr. 463,2490 Elles ont pris de plus : Gravier gr. 103,31 30 Calcaire 7,3720 gr. 1 12,8870 Elles ont rendu : Excréments secs gr. 229,0707 composés de : Matières inorganiques 121,6127 — organiques 107,4380 gr. 229,0707 Les matières organiques de ces déjections sont formées de : V série. Zuoi,. T. VIII. (Soploinbre 1S47.) ^ 42 178 suce. — SlHi LES MODIFICATIONS Carbone gr. ïO.SOiU Hydrogène 6,7277 Azole 4,3519 Oxigéne 45,9838 gr. 107,4580 En soustrayant île l'orge et des matières minérales mangées par les Poules, leurs excréments, on trouve qu'elles ont fixé : Carbone gr. 158,0855 Hydrogène 22,6109 Azole 5,9077 Oxigène 135,7132 Cendres, gravier et calcaire 6,7-180 gr. 349,0653 Les poids réunis du Coq et de la Poule ont augmenté de. gr. 19,1800 d'où soustrayant 6,7480 pour les matières inorganiques , fixées ou retenues raéca- iii(iueraent, il reste 12,43iO pour leur accroissement en substance organisée. En considérant ces chiffres , on est surpris de voir que les Poules se sont approprié infiniment plus du carbone que de l'hydrogène, et sur- tout de l'azote de l'orge ; plus de la moitié de ce dernier principe se re- trouve dans les excréments sous l'orme de biurato anniioni(iue, ainsi que nous le dirons plus loin. Bien (pie ce fait fut à prévoir, il n'est pas moins fort intéressant de le voir appuyé de l'expérience. Nous nous pro- posons de répéter cette expérience sur des Oiseaux carnivores, afin de savoir si l'azote fixée par eux est a celui qu'ils rejettent dans la même proportion (pie chez 1(« Oiseaux granivores. Nous sommes trop heureux de pouvoir dire ([ue les belles et difficiles expériences entreprises sur des Tourterelles, jiar l'infatigable M. Bous- singault, l'ont amené ii des conclusions analogues à cellis (|ue nous venons de tirer des expériences qui nous sont propres. La faible diffé- rence qu'on remarque entre elles provient, sans doute, de ce que l'ex- périence de M. Boussingault n'a pas été continuée assez longtemps ; en clfet, lorsqu'on change l)rus(piemeiit la manière de vivre des animaux, on remarque toujours dan.; leurs foiiclions vitales un léger dcjraiigement, qui se trahit par cette diminution du poids initial, qui n'a point échappé à la sagacité du savant de Bechelbroiin. C'est afin de parer à cet incon- vénient, bien connu des agriculteurs, que nous avons tenu nos Poules, longtemps avant l'expérience, dans la cage où elle a été faite. Quoique ces Oiseaux aient moins perdu , par la transpiration pulmonaire et eu- DU i.'oi;lp l'iiNDAM l'iiNclba rlO^. 179 taiiée, que les Tourleielles de M. Boussiii^ault, elles ont cepeiuliuit perdu assez pour (|u'oii puisse élublir sous ce point de vue-la une ligne de démarcation bien tranchée entre les Oiseaux et les Mammifères, piiisf|Lic les expériences entreprises par M. Boussin^'ault sur des Vaches et des Chevaux, établissent de la manière la plus positive que ces derniers ani- maux rendent beaucoup plus des principes de la nourriture, par les dé- jections alvines, (|ue les Oiseaux dont nous venons de parler. Jl est pos- sible que celte curieuse différence entre ces deux classes d'animaux viemie de ce que les Oiseaux ayant une chaleur corporelle beaucoup jilus élevée que celles des Mammifères , ils doivent naturellement lirùler beaucoup plus des principes delà nourriture [jour l'alimenter et la sou- tenir. On a vu qu'en fixant gr. 34-2,3173 de matières organi(pies provenant de l'orge , le poids des deux Poules s'est accru de 1-2, 4320 il faut donc que tout le reste des principes de l'orge ait servi d'aliment aux sécrétions pulmonaire et cutanée. Nous regrettons beaucoup de n'avoir pu doser directement les produits de la respiration de ces Oiseaux pendant la durée de l'expérience, parce que la connaissance de leur composition aurait l'ounn , sur la nature des principes de l'orge qui avaient été assimilés , des données certaines, ([ui auraient pu jeter peut-être (luelque jour sur la mystérieuse formation de la hbre musculaire et de la graisse. Dès lors, la brillante et difllcile ex- périence entreprise sur des Tourterelles par M. Boussingaidt est venue répondre à nos vœux. Ce savant est donc le premier qui ait donné aux expériences physiologi(|ues de cette nature toute l'étendue et toute la précision qu'elles doivent avoir. C'est un nouveau et immense service rendu par cet habile chimiste aux sciences d'observation appliquées à l'étude de la vie ; c'est une voie nouvelle tracée aux expérimentateurs , qui , sans doute, ne refuseront point leurs forces à ce sol, qui ne demande qu'à être labouré pour donner d'immenses récoltes. L'expérience rapportée plus haut établit donc que : Un Coq et une Poule pesant ensemble : gr. I 398,3800 mangent par jour 66, iCil d'orge et 1-5,0736 de gravier, ainsi que t.OoSI de calcaire Ensemble . . gr. 82,3908 soit : pour lOO de ces Poule.s vivantes, et par jour : 180 8ACC. — SDK LES MODIFICATIONS gr. 4,7529 d'orge, 1,0779 de gravier, 0,07o3 de calcaire. gr. 5,9061 Les excréments rendus chaque jour par ces deux Oiseaux pèsent en- semble : gr. 32,7244 : soit , pour 100 du poids de ces Poules vivantes et par jour gi"- 2,3402 composés de : Malières organitiues gr. 1,0977 — inorganiques 1,2425 gr 2,3402 Donc les déjections alvines des Poules contiennent la presque totalité des matières inorganiques qu'elles prennent, et un quart seulement des matières organiques qu'elles avalent. La (juantité de substances mijiérales, que celte expérience prouve rester dans le corps des Poules, paraît trop forte ; mais il n'en est rien : il suffit, pour s'en convaincre, de considérer combien est variable le poids des petits graviers qu'on trouve dans l'estomac de tous les Oiseaux gra- nivores , et qui paraissent être une des conditions essentielles de leur digestion. Nous croyons donc pouvoir avancer que les matières miné- rales restées dans le corps de nos Poules ne sont, pour la plus grande partie, du moins, composées (pie de ce gravier retenu mécaniquement dans leur estomac. Comme il était intéressant de savoir sons quelle forme se trouve l'a- zote dans les excréments des Poules , nous avons analysé un échantillon de ceux qui provenaient de l'expérience. Nous avons recoiniu de cetle manière que, pris ensemble, ils devaient contenir gr. 2,6520 d'acide urique ; comme ce corps s'y trouve à l'état de biurate ammonique , on calcule que , sous cette forme, il doit peser : gr. 2,7847, qui repré- sente : gr. 0,5466 d'azote, soit un septième environ du poids de ce prin- cipe , que l'analyse prouve exisler dans les déjections des Poules. Quoi- (]u'il soit probable (|ue nous ayons évalué trop bas la (pianlité de biurate ammonique, à cause des diflicullés qu'olfre son dosage , nous pensons cependant que ce n'est point à ce sel qu'est essentiellement départie la fonclion de conduire an dehors du corps la plus grande partie de l'a- zote , qui n'y reste pas fixée sous une forme ou sous une autre. Rappelons eu passant encore ici que nos recherches viennent appuyer, de la manière la plus complète, le fait bien établi déjà, de l'absolue né- cessité de la présence du carbonate calcique dans la nourriture des Poules, pour (pie leurs leufs aient une coquille. DE l.'OEVV PENDANT l.'lNCrBAÏION. 181 Dans la seconde partie du Mémoire , nous avons établi qu'il ne faut à la coquille des onits que dix à douze heures au plus pour se former. La rapidité avec laquelle se produit cette enveloppe de l'œuf est telle, qu'elle doit être due à de puissantes forces chimiques. Il faut ([ue le calcaire dis- sous dans l'estomac par les acides carbonique, lactiiiue ou chloride hydri- que, arrive lluide dans l'utérus, et qu'il ne se décompose que là , peut- être même seulement à la surface de l'œuf, et par double décomposition, en présence des sels alcalins ou des alcalis de l'albumine. Les belles expériences de deux célèbres physiologistes allemands , MM. Gmelin et Tiedemann , ayant prouvé de la manière la plus évidente la présence du chloride hydrique dans le liquide sécrété par les parois de l'estomac des Poules , il est bien probable que c'est dissous dans l'acide carbonique^" dégagé par cet acide des carbonates terreux neutres avalés par les Poules, que le carbonate calcique arrive dans l'utérus, sur les pa- rois duquel il se dépose , tandis que l'acide carbonique qui le tenait en dissolution se dégage. En étudiant la composition de l'œuf, on a dit que le vitellus ayant une pesanteur spécifique beaucoup plus faible que celle de l'albumine, il s'élève toujours à la partie supérieure des œufs qu'on laisse quelque temps en repos. Il est probable que c'est pour parer au développement inégal des différentes parties de l'œuf, qui aurait infailliblement lieu ])ar suite de cette disposition-là, que la nature a donné aux Poules le remarquable instinct de retourner souvent les œufs qu'elles couvent. Dans la formation de l'œuf, un fait saute aux yeux, c'est que ses par- ties mettent d'autant plus de temps à se développer qu'elles sont plus essentielles à la formation du Poulet. La croissance du vitellus, qui est l'essence de l'œuf, s'effectue avec une lenteur telle, qu'on ne sait pas en combien de temps elle s'achève. Nous le voyons naître dans l'intérieur d'une glande spéciale formée, comme tous les organes de cette nature, d'un lacis compacte de vaisseaux sanguins. Consistant d'abord en une masse homogène et transparente d'albumine, il ne tarde pas à se rem- plir d'une multitude de gouttelettes d'huile. En analysant le vitellus de l'œuf mûr, nous y découvrons de même encore de l'albumine et une huile d'un jaune orangé. Dans ses cendres, nous trouvons beaucoup de soufre, d'alcalis, et surtout de phosphate magnésique, provenant sans doute du phosphate ammonico-magnésique. Or, tous ces principes se retrouvent tels quels dans le sang : qu'eu conclure , sinon que les ovaires sont des espèces de filtres destinés à séparer du sang, de l'albumine, des corps gras, ainsi que tous les sels nécessaires à la formation du vitellus. Le vi- tellus contient donc, condensés de la manière la plus compacte, tous les éléments indispensables à la formation de l'Oi.sean; plus, une certaine quantité d'huile destinée à alimenter cette combustion, que nous retrou- IS'i SACC. — SUR LES MODIFICATIONS VOUS parloiit où se niaiiifrste la moindre trace de vie animale. Envisagé de cette manière, 'c vitellus peut être considi'ré comme l'essence du sang. EHectivement, il est formé tont entier d'albumine destinée à la produc- tion de la tîbre musculaire ; de graisse destinée à lubréfier les organes et à alimenter la respiration ; enfin de phosphore, de soufre, d'alcalis et de terres, qu'on retrouve dans toutes les parties des animaux, et surtout dans leurs os. Il est clair que, puisque la i)vodiuti(in du vitellus soustrait au sang justement ceux de ses principes qui sont le plus essentiels au soutien de la vie, il ne faut pas s'étonner si les Oiseaux sont malades pendant la ponte, ni s'ils tombent souvent dans un inévitable état d'épuisement lors- qu'elle est achevée. Un fait à noter avec soin , c'est que le vitellus est absolument neutre aux papiers réactifs. Ce fait était d'aillé rs à prévoir, car il ne pouvait contenir un acide, puisqu'il aurait dissous et liquéfié son albumine; il ne pouvait pas non plus contenir, comme l'albumine, un alcali caustique en combinaison instable , parce qu'il se serait emparé de son huile en formant un savon avec elle. 11 est absolument ipipossible de déceler directement la présence du fer dans le vitellus : ce n'est que dans ses cendres que nous avons reconnu ce métal. Le blanc d'oeuf, que sécrètent les parois de l'oviductc et non point les ovaires, est excessivement alcalin; il se dépose autour du vilellus en couches d'autant moins denses qu'elles s'éloignent davantage de lui ; ce qui fait qu'elles s'enveloppent sans jamais se confondre. Ceci vient sans doute de ce que les couches de blanc d'oeuf les plus rapprochées du vi- tellus contiennent moins d'eau que celles qui sont plus extérieures, et qui, ayant été les dernières formées, n'ont pas encore eu le temps de perdre la plus grande partie de l'eau (pii les tenait en dissolution ou en suspension, en la cédant aux parois de loviducle qui, sans doute, la ré- sorbent aussitôt. Enfin, c'est dans l'extrémité inférieure et la plus large de l'oviducte qui s'ouvre dans le cloaque, que l'œuf reçoit la dernière couche d'albu- mine, qui est très mince et coagulée, de même que la première, qui se dépose d'abord à la surface du vilellus. Nous voyons donc que les deux extrémités supérieure et inférieure de l'oviducte sécrètent de l'albumine coagulée et non point gélatineuse, comme toutes les autres parties de cet organe. C'est sur la dernière couche d'albumine coagulée enveloppant tout l'œuf que se forme la coquille , qui apparaît d'abord h sa surface comme des rugosités d'aspect cristallin. Des deux couches d'albumine coagulée qui enveloppent le blanc d'aaif. DE I.'OELF PENDANT L'INCUBATION. 183 la pi'pniière, celle qui s'applique sur le vitellus et (jui porte les clialazes, doit s'être produite par le détaclieiiieiit de l'épiderme des parois internes du haut de l'oviducte, sous ririflueiice de la pression exercée sur elles par le passage du vitellus entraîné dans cet organe par son niouvemeiit péristaltique. Le vitellus. continuant sa route tortueuse au travers de l'o- viducte, s'enveloppe de cette tunique épiderniique, dont les deux extré- mités se ferment ei\ se tordant sur elles-niénies. Quant à la dernière couche fibreuse d'albumine coagulée dont la pro- duction précède celle de la coquille, elle doit avoir un autre mode de formation (|ue la première. Cette membrane suit tellement bien toutt-s les sinuosités de la coquille, elle se glisse avec une telle ])réoision dans toutes ses aid'ractuiisités , entre toutes ses molécules, que la formation de ces deux parties de l'œuf doit être tout à fait simultanée et dépendante d'une même action chimique que nous n'essaierons pas d'expliquer, puisque nous ne pourrions la baser que sur des hypothèses. Mais la ponte des œufs sans coquille semble être en opposition avec cette prétendue forma- tion simultanée : nous ne le pensons pas ; car nous sommes convaincu que la formation de la membrane albumineuse est due à la première action de la force chimique , dont la seconde , lorsqu'elle a le tem/js de s'e/fecluer, est le dépôt de la substance calcaire. On a vu que le vitellus est forjné d'un réseau albumineux, dont les mailles enlérment une matière grasse. On se convainct facilement que l'albumine exisie bien sous cette forme dans le vitellus, lorscpron exa- mine les premiers stades du développement du système circulatoire du Poulet, dont on voit les d'erniers embranchements veineux s'épanouir à la surface du vitellus en mailles rouges , de la plus grande beauté , qui enveloppent des espaces remplis d'une hude jaune et lluidé. Il faut donc que les tilets d'albumine qui constituent le squelette du vitellus devien- nent, sous l'intluence de la vie (fermentation vitale ou organisante), les chemins d'exploitation de cette vaste mine de combustible, destinée à servir tant directement qu'indirectement a la formation du Poulet. Quant au blanc d'œuf, il est formé d'une combinaison d'albumine avec de la soude caustique. Les intéressantes expériences de M. Wurtz ayant prouvé que l'albumine pure déplace l'acide carbonicjue des carbonates alcalins, on peut donc adopter en toute sécurité l'opinion que la soude se trouve à l'état caustique dans le blanc d'œuf. Le blanc d'oeuf est formé de plusieurs couches superposées et distinctes; chacune d'elles est en- veloppée dans un réseau membraneux de la plus grande ténuité, qu'on isole facilement en battant le blanc d'œuf avec de l'eau. C'est ce même réseau membraneux de l'albumine qu'on trouve au fond de la coquille, sous forme de gâteau jaune, accompagné d'acide uriquc, lors de la nais- sance du Poulet. Le blanc d'œuf est donc une espèce de filet dont les 18/t SACC. — SUK LES JIODIKICATIONS mailles emprisonnent de l'albiiniinale sodiqiie gélatineux. Cette combi- naison est si facile à détruire, qu'elle doit favoriser singulièrement toutes les actions nécessaires au développement du Poulet. L'albumine contient une si forte proportion d'alcalis, qu'on est sur- pris d'y rencontrer autant de phosphate calcique, dont la présence sous forme soluble est incompatible avec celle des alcalis. Il est probable que les fonctions de l'albumine sont : ]" de fournir au jeune Oiseau le phosphate calcique de ses os, et une partie des autres sels terreux et alcalins nécessaires à sa formation ; 2° ensuite, non seulement de lui donner de l'eau et la plus grande partie de l'albumine destinée à la production de sa fibre musculaire, mais aussi de retenir l'acide carbo- nique exhalé par l'embryon, dans les premières heures ou même aussi dans les premiers jours de sa vie. Cet acide carbonique agit sur l'albumi- nate sodique, et s'empare de sa soude. Il se passe alors , sous l'inlluence des forces vitales et d'un grand excès d'acide carbonique, une action dif- férente de celle qui a.lieu ordinairement , puisque cette fois c'est l'acide carbonique qui déplace l'albumine, tandis que, dans nos laboratoires, l'inverse a lieu. L'albumine devenue libre peut donc se liquéfier et parti- ciper à la formation du l'onlet. Une autre question , tout aussi importante que celle que nous venons de discuter, est celle de l'état sous lequel existe le soufre dans le blanc d'œuf : nous l'y avons vainement cherché, de même que dans le vitellus, sous forme de sulfocyanure. L'odeur et toutes les propriétés chimiques du blanc d'oeuf donnent à penser que c'est sous forme de soufre libre qu'il y est uni. On trouve en général des matières susceptibles d'oxyda- tion dans tous les corps au sein desquels doit se développer une vie nou- velle. Il est facile de se convaincre de la vérité de cette assertion, en étu- diant la composition des graines ainsi que les transformations qu'elles subissent sous l'inlluence de la germination. Or, comme l'œuf est la graine destinée à reproduire les animaux , il est logique de penser que sa composition et ses métamorphoses ressemblent à celles des graines des végétaux; mais comme l'œuf doit résister à des forces oxydantes, de beau- coup plus violentes que celles qui agissent sur la graine, on doit croire que ses parties constituantes sont aussi désoxydées que possible. Il est donc probable que l'œuf ne contient point des sulfates, mais des sulfures, et point de phosphates, mais des phosphures ou même du phosphore libre et dissous dans l'huile du vitellus, ainsi que le donne à penser la forte odeur de poisson qui la caractérise , et la facilité avec laquelle sa solution éthérée s'enflamme, pour peu qu'elle soit concentrée et que la température ambiante s'élève. En pnrlantdo la composition îles coquilles d'œufs, nous avons dit que les œufs des Poules nourries par Vaucjuelin dans des chambres fermées , nii i.'œuI'' pendant i.'i.\cuii\Tio\. l'as et avec de l'avoine seule, étaient, de tous ceux qui ont été analysés, ceux dont la coquille était la plus légère. Qu'en conclure, d'après les faits connus? c'est que si Vauquelin avait continué plus longtemps son expé- rience, il n'aurait pas tardé à avoir des œufs sans coquille, parce qu'il ne donnait pas de calcaire à ses Poules. On sait que les Oiseaux ne pondent des œufs avec leur coquille que lorsqu'on leur fournit toutes les sub- stances inorganiques nécessaires h la formation de cette dernière. Nos analyses des œufs donnent , pour la coquille avec ses membranes ainsi que pour le vitellus, des nombres beaucoup plus forts que ceux qu'on trouve dans toutes les analyses d'œufs faites jusqu'ici. Cette difl'é- rence ne peut provenir que du mode d'alimentation de nos Poules , qui avaient à leur disposition autant d'orge et de calcaire qu'elles en vou- laient. La pesanteur si extraordinaire de la coquille des œufs de nos Poules a cependant aussi une autre cause: c'est qu'il est bien avéré que, de toutes les espèces do Poules, c'est celle sur laquelle nous avons expé- rimenté qui pond les œufs les plus durs ; il ne faut donc pas êti'e surpris que leur enveloppe soit si pesante. Dans l'étude du développement de l'œuf, le fait le plus saillant, celui qui doit frapper le plus vivement le chimiste, est la présence de ces deux circulations qu'on voit se succéder chez l'embryon. La première, incom- plète, ne s'étend pas au-delà du vitellus, à la surface duquel on la voit apparaître ; la seconde, répondant à un besoin plus impérieux d'oxigène, dépasse le blanc d'œuf et vient s'épanouir sur la face interne de la co- quille, à travers les pores de laquelle se fait, par son intermède, une ab- sorption d'oxigène, et une sécrétion d'acide carbonique et d'eau. La co- quille est, au Poulet d'un certain âge, à la fois l'organe des sécrétions gazeuses pulmonaire et cutanée. Il est absolument indispensable de s'assurer si , durant l'existence de la première circulation, il y a sécrétion d'acide carbonique, et, si c'est le cas, de déterminer aussi ce que ce gaz devient. Nous le répétons : nous croyons qu'à cette époque il est absorbé par l'albuminate sodique du blanc d'œuf, dont il met en liberté l'albumine, qui, pouvant alors obéir à l'at- traction du vitellus, est engloutie par lui. Le sang est incolore, au moment où on le voit circuler pour la pre- mière fois au milieu des ilôts graisseux du vitellus : jouit-il déjà de toutes les propriétés qu'il aura plus tard , ou bien n'est-ce qu'une espèce de chyle destiné à produire bientôt après le fluide vital , sous l'influence d'une action aussi mystérieuse que difficile à étudier'? C'est le troisième jour qui est le plus intéressant de tous ceux du déve- loppement embryonnaire. L'embryon s'enveloppe alors de l'amnios, qui est une espèce de ve.ssie remplie d'eau, au milieu de laquelle il nage, libre dans tous ses mouvements. Enfin c'est dans la seconde moitié du 186 SAfC. — SLIK LES MODIFICATIONS troisième jour qu'apparaît la première trace de la seconde circulation qui doit remplacer la première, trop imparfaite pour suffire aux besoins actuels du jeune Oiseau. Pendant le développement de l'embryon , le t'ait de la disparition du blanc d'œuf est fort remar(|uable. Cette partie de l'œuf devient de plus en plus visqueuse à mesure (|u'elle cède davantage de son eau au vitellus qui s'accroît k ses dépens. On sait que le blanc d'œuf linit par être ab- sorbé en totalité , et qu'il ne reste de lui que le réseau membraneux qui enveloppait l'albuniinate sodique. Le blanc d'œuf n'est point briilé , comme l'huile du vitellus ; il s'unit directement à l'albumine de ce der- nier, pour contribuer avec elle à la formation du Poulet. Conmip, du sixième au septième jour de l'incubation , l'amnios prend de plus en plus l'aspect d'un sac fermé de toutes parts, excepté sur un seul point au travers duquel passent les vaisseaux sanguins du Poulet, ce n'est qu'alors seulement que l'embryon cesse d'absorber et de sécréter par toute sa surface. C'est donc à cette époque que tous ceux des organes de l'embryon qui peuvent agir déjà, dans l'intérieur de l'œuf, remplis- sent les fonctions spéciales auxquelles ils sont destinés , et que la vraie circulation alimente la vie. L'allantoïde, dont le développement est aussi complet que possible, apparaît , sillonné dans tous les sens par des vaisseaux gorgés de sang. Cet organe joue le nMe de poumons par sa face externe , tandis que sa face interne est en contact direct avec les excrétions du Poulet, auquel il sert de cloaque. L'allantoïde est donc cliargé à lui seul , pendant les derniers temps de la vie embryonnaire, de la double fonction de recueillir les produits solides, liquides et gazeux, des sécrétions pulmonaire, cu- tanée et uriuaire. Si, dans les conditions défavorables qu'on vient d'examiner, le Poulet se développe cependant, cela tient à une force toute spéciale. Efïective- ment , nous ne voyons arriver du dehors à l'embryon que de l'oxygène, donc un agent de destruction: aussi le poids de l'œuf diminue-t-il jus- qu'au moment où le Poulet en sort. Pour résister à un agent de destruc- lion aussi énergique, il fallait un vaste magasin de combustible, qu'on trouve dans l'huile du vitellus : voilà la part de l'oxygène de l'air. i\Iais le Poulet se forme et grandit; l'embryon nait de l'albumine du vitellus; plus tard il absorbe celle du blanc d'œuf; enfin nous trouvons encore , au moment de son éclosion, les intestins du Poulet remplis de substances alimentaires. Il y a donc dans l'œuf plus que les forces nécessaires pour résister aux puissances qui tendent à anéantir la vie qui se développe en Ini ; il contient encore tous les éléments nécessaires à la formation des organes que doit animer le feu de la vie. L'étude du développement du Poulet ramène il dire , avec les grands Pli L'fJELI- PIîNDAM 1,'|NCUB,\TI0N. 187 ciliniistes (le l'époque, que pour le soutien île la vieil faut aux animaux : 1" Des aliments de la respiration, tels que les graisses et |)eut-ètrft aussi les sucres et autres principes de cette nature ; 2" Des aliments capables d'être assimilés directement, pour faire partie de l.i masse du corps, savoir: des inatières albumineuses, qu'on voit tou- jours accompagnées do principes alcalins, terreux, sulfureux, phospho- res, et de traces de fer. Les conditions du développement de l'o-uf de Poule sont absolument les mêmes que celles du développement do l'ueid' végétal : tous les deux ont besoin pour cela do chaleur, d'eau et d'oxygène; seulement le pre- mier exige beaucoup plus de chaleur, d'eau et d'oxygoue que les graines. L'oeuf des Oiseaux a plus d'une frappante analogie avec celui des plantes; il suffit de citer dans l'un et dans l'autre la présence de l'albumine oii du gluten nécessaire à la formation do l'ond^ryou , de la graisse ou do Is fécule indispensable il la combustion qui accompagne tous les phéno- mènes vitaux. L'étude des caractères et des modes do combustion des substances inorganiques que la nature appli(]ue exclusivement à la for- mation des êtres organisés, est donc l'étude de la vie proprement dite. Le temps de la vie embryonnaire étant écoulé , le Poulet va rompre ses enveloppes, comme le Papillon brise sa chrysalide et s'en échappe, puisque le Poulet est à l'embryon ce (]ue le Papillon est à la Chenille. 11 est probable que ce qui force le Poulet à quitter son enveloppe, c'est qu'elle est trop petite pour lui; car ce n'est point le manque de nourri- ture, puisque ses intestins en sont encore garnis. Il y a peut-être une autre cause bien plus grave de la sortie du Poulet , c'est le transport aux poumons"des fonctions respiratoires, dont l'allantoide avait été chargée: aussi, du moment que les vaisseaux allantoidiens sont oblitérés, le Poulet étouffe-t-il , ou bri.se-t-il sa coquille en taisant des efforts si dé- -sespérés qu'il nail trempé de sueur, et souvent si affaibli qu'il ne se dé- barrasse qu'avec peine des fragments de son enveloppe qui restent atta- chés à ses téguments soyeux, et qu'il entraine avec lui. L'asphyxie imminente est donc la cause la plus probable de la naissance du Poulet. Si , dans l'expérience faite sur le développement des œufs, on a donné à la Poule des œufs d'àne fort différent, c'est qu'on voulait savoir s'ils étaient à tout âge également susceptibles de se développer. Nous avons vu le contraire, puisque tons les neufs pondus le mois pi'écédent , à l'exception de celui du 1.3 avril , ont avorté, tandis que tous ceux du mois de mai S(jnt éclos. On ne doit donc donner aux couveuses que des œufs frais; les plus âgés ne doivent avoir que deux semaines. En leur donnant de vieux œufs, on s'expose à les voir pourrir ou se dessécher; ce qui arrive, ou parce (|ue les parties constituantes de l'œuf obéi.ssent aux forces chimiques (jui les engagent à se décomposer pour rentrer 188 SACC. — SUR LES MODIFICATIO.NS dans le cercle des substances inorganiques, ou bien parce que la vie ne trouvant plus de matières à brûler détacliées du Poulet, elle consume l'être même qu'elle devait animer. Les pesées faites pendant l'incubation nous prouvent qu'en représen- tant l'œuf avant l'incubation par 100, il perd pendant la première se- maine 5 pour 100 de son poids primitif. Pendant la second, 9, et enfin , pendant la troisième, 3 ; donc en tout 17 pour 100, ainsi que Prout l'a- vait remarqué déjà. Voyons à présent quelles sont les substances qui, en disparaissant de l'œuf, lui ont fait éprouver une perte aussi notable. La première détermination à faire des principes de l'œuf était celle de l'huile du vitellus , puisqu'on admet que les corps gras sont essentielle- ment employés par l'organisme à alimenter la respiration. En traitant le vitellus d'un œuf frais par l'éther , on en extrait : huile, gr. 5,7045 et l'on n'en trouve plus que 1,9946 dans le Poulet et les substances organiques de l'œuf par- venu à terme. 11 faut donc que 3,7999 d'huile se soient métamorphosés en substance insoluble dans l'éther, ou, ce qui est plus possible, qu'ils aient été brûlés en partie , ou, en totalité, par la respiration du Poulet. Comparons donc , dans le tableau ci-des- sous , la composition des œufs éclos, afin de savoir laquelle de ces deux manières de voir est la vraie. EN centièmes: Pallies cooslituantes. OEiiffrais. OEiifcotivê. OEiif frais. OEuf couve. Coquille et ses membranes . . 3,2834 3,0811 10,6713 10,0136 ^'''"--îduv'i'llk 2;l32lh-"" ■^>"9* ''■'''' ^«."34 Matière grasse 5,7945 1,9946 18,8323 6,4825 Eau 16,2126 14,4833 52,6903 47,0704 Perte » » » 17,0001 gr. 30,7692 25,5384 100,0000 100,0000 On voit que la perte de 17 pour 100' qu'éprouvent les œufs pendant l'incubation n'est pas due tout entière, ainsi qu'on le croyait , à l'eau qui s'en évapore , puisque les œufs ne perdent que gr. 5,6194 de ce principe. H faut donc qu'une autre substance ait dis- paru de l'œuf ; or ce ne peut être qu'une partie de l'huile, puisqu'on ne retrouve plus dans le Poulet celle qui exis- tait dans le vitellus. En comptant que l'huile brûlée par la respiration du Poulet s'élève à 11,. 3806 on remplit le cadre 17,0000 de la diflérence existant entre l'œuf fiais et l'œuf couvé. Le reste de nii I.'ORUF PENDAM I. 'INCUBATION. 189 mile qui a disparu gr. 0,9692 nt à la perte éprouvée par la coquille et ses membranes 0,6577 Tiplit la perte 1,62G9 liquée dans le poids de ces deux corps , et, d'autre part, explique ugmentation du poids de l'albumine, lors de sa transformation en ulet , d'une manière assez complète pour qu'il ne puisse pas rester noindre doute sur la part que prennent la coquille et l'huile du vitel- à la formation du Poulet. 1 est donc nécessaire que l'embryon respire déjà dans l'intérieur de ■oquille, et qu'il y forme de l'acide carbonique et de l'eau , aux dépens la matière grasse accumulée dans le vitellus ; absolument de même : cela arrive aux animaux hibernants , qui perdent presque toute leur isse pendant leur sommeil léthargique. •e reste de la matière grasse du vitellus , qu'on ne trouve plus dans *oulet en le traitant par l'éther, peut avoir servi, en s'oxydant, à 1er le duvet qui couvre le Poulet pendant les premiers jours de son tence. Ce qui nous fait penser que cette matière peut bien avoir servi t usage , c'est que ce duvet a la plus grande analogie avec des la- es minces d'huile siccative desséchée à l'air ; aussi brillant et fragile 'les , il ne tarde pas à tomber pour faire place aux plumes. lUS pensons avoir bien établi que, pendant l'incubation , la coquille une partie des substances minérales qni lui appartiennent , et qui , doute , servent à former les os du Poulet. Ce transport de matières ;aniques est facile à expliquer à l'aide de l'albumine et de l'acide car- que , qui tous les deux les dissolvent. oeuf perd pendant la première semaine de l'incubation , 5 ; pendant 30nde, 9; et pendant la troisième, 3 pour 100 de son poids initial, eus savons que pendant ce temps l'œuf perd 5 pour 100 d'eau, et )ur 100 d'huile. En admettant , comme cela doit être en effet , que emière action de l'incubation soit essentiellement physique , l'œuf lit guère perdre que de l'eau pendant la première semaine de l'in- tion , où le Poulet n'est point encore assez développé pour être en 'on directe avec l'atmosphère , et où l'acide carbonique qu'il forme ians doute , mais en petite quantité , est probablement retenu par la i du blanc d'œuf. ndant la seconde semaine de l'incubation , le Poulet se développe lement ; et comme la combustion, de laquelle dépend son évolu- , doit être en rapport direct avec elle, il est tout naturel que l'œuf 3 alors 9 pour 100 de son poids. rant la troisième semaine enfin , le poids de l'œuf ne change que parce que le Poulet étant presque entièrement achevé il cette ue, la diminution du poids de l'œuf doit être essentiellement at- ée à l'acide carbonique, et aux traces d'eau qui proviennent uni- 190 SACC. — SLR LES MODIFICATIONS quement de la respiiaLion du Poulet, et non plus aussi, comme durant la seconde semaine, de la raétaraoïphose des éléments de l'œuf destinés à la formation de son corps. Toute imparfaite que soit cette ébauche du développement du Poulet elle permet cependant de saisir les rapports qu'il a avec les phénomènes de nutrition des Poules adultes. Dans l'un et l'autre cas , on voit une substance azotée (albumine, pour le Poulet; gluten, pour la Poule) se changer en fibrine, pendant qu'une autre substance combustible non azotée {huile, pour le Poulet; fécule, pour la Poule) se brûle en produi- sant de la chaleur, de l'acide carbonique et de l'eau. La vie est un feu ardent, auquel il faut sans cesse des aliments; son activité est telle qu'il dévore jusqu'au foyer qui le porte, lorsqu'il ne trouve plus d'autre combustible. Voila la raison pour laquelle cette même sagesse , que nous admirons dans toute la nature, a rais à la por- tée de la vie, dans l'œuf, cette huile si abondante, dont la destruction prévient celle de l'albumine. Sans cette huile, qui remplit le vitellus, parce que c'est en lui (jue se forment les premières traces de l'embryon , l'albumine serait brûlée par l'oxygène de l'air, en sorte que le dévelop- pement du Poulet ne pourrait pas se faire. Dans le Poulet éclos, on retrouve la totalité de l'albumine que conte- nait l'œuf, et qui s'est changée en fibrine, plus une petite quantité d'huile du vitellus non altérée, et une autre résinifiée, ainsi qu'un peu des sub- stances inorganiques de la coquille, et beaucoup d'eau. Parmi les œufs qui ne sont pas éclos , on a vu que : L'œuf du 1 2 avril pesait : gr. 2S,5384 — du IG — 26,96.45 — du S — 20,8290 — du 10 — 22,9100 Si l'on se rappelle qu'an commencement de l'incubation tous ces eeufs pesaient en moyenne 30 grammes, on verra que c'est l'œuf du 16 avril dont le poids a le moins diminué. Mais cet œuf est précisément le seul ((ui ait été pourri; le seul , par conséquent, ou aucune trace de vie ne soit venue s'opposer à l'effort destructeur des puissances chimiques et physiques ; or , si l'œuf ne perdait pendant l'incubation (]ue la quantité d'eau qui correspond à l'évaporation produite par la chaleur nécessaire au développement de l'embryon , il est clair que cet œuf pourri devrait avoir perdu au moins autant que les œufs éclos. Comme il n'en est rien, il est clair que la dimiimtion du poids qu'éprouvent les œufs pendant l'incubation est due non point essentiellement aux forces physiques (pii agissent sur l'œuf, mais aussi aux phénomènes chimiques qui se passent dans son sein. Si le poids des œufs des 8 et 10 avril a diminué d'une manière aussi surprenante , c'est que , pour eux , la perte due aux forces physiques ex- ni; 1,'OF.UP PENDANT 1,'lNCimATION. 191 térieures s'ust ajoutée à celle qui résultait d'un comnieiiceiiifiiit dedéve- loppiiineiit du Poulet , qui, s'étaut bieiitiU arrêté, n'a pu s'opposer plus tard à elles, et n'a fait (]ue rendre leur aetion plus facile. Il est bien connu (|ue les conditions nécessaires à l'engraissement de tous les animaux sont : de la nourriture en excès, de l'immoliilité et de la chaleur ; or les l'ouïes couveuses se trouvent dans ces trois conditions , et cependant elles maigrissent considérablement. Nous croyons pouvoir en conclure que la chaleur développée ])ar les Poules, pendant l'incuba- tion, est due à une combustion anomale qui se trahit jjar cette forte di- minution de poids. La Poule couveuse doit être en proie à une espèce de fièvre. Le poids des Poulets diminue beaucoup dans les premières heures qui suivent leur sortie de l'œuf, parce qu'ils rendent une grande (luantité d'excréments. Nous avons dit que l'éducation à l'air libre des Pouh^ts nés des œufs de notre Poule n'a pas aussi bien réussi que celle que nous avojis fait faire une semaine plus tard, en cage. Nous avons attribué la grande différence existant entre les deux couvées comparatives, à la nourriture qu'on leur donnait. Effectivement, et c'est une règle générale pour tous les Verté- brés, il faut à ces animaux pendant leur jeunesse des aliments très azotés; plus ils en ont, plus aussi leur développement est rapide et complet, plus ils supportent facilement toutes les maladies dépendantes de leur âge. Dans les deux couvées comparatives , dont on a parlé plus haut, se trouvaient des Poulets fauves, de la couleur du C(i([, et'des Punlels blancs, de celle de la Poule. Connue parmi les Poulets de l'une et de l'autre de ces couleurs il y avait des mâles et des femelles, nous n'avons rien pu conclure de positif sur l'intluence qu'exercent les parents sur la couleur et le sexe de leurs descendants , et nous sommes tentés de croire qu'elle est de même intensité chez l'un et chez l'autre. En échange, nous avons vu avec étonnement que plusieurs des Pou- lets avaient des huppes et non pas une crête, connue leurs parents. De plus, ceux des Poulets qui avaient aux pieds des plumes d'une longueur extraordinaire avaient encore le doigt extérieur de chaque patte mutilé et réduit à un bourrelet plus ou moins allongé. Pendant tout le temps que les Poulets ont été en expérience , nous avons remarqué que, chaque fois qu'ils étaient en mue, ils cessaient de prendre un accroissement rapide, et que même leur poids diininuait, ainsi (pie le tableau de leur accroissement le prouve. De plus, nous dirons encore (|ue la balance annoni/ait la moindre indisposition d'un des Pou- lets en expérience, en accusant une perte de poids ou un accroissement moins rapide ipie celui de ses frères. Dans les premiers jours de leur vie, il est impossible de peser séparé- Il 192 SACC. — MODIFICATIONS DE l/OElF PENDANT l'iNCUBATION. meut chacun des Poulets, à cause du mouvement continuel qu'ils se don- nent. Plus tard cela devint facile , et on le fit dans le but de découvrir si l'individualité avait quelque influence sur la croissance de ces Oiseaux; mais on ne découvrit rien à cet égard. Alin de pouvoir tirer quelques conséquences des résultats numériques fournis par la pesée des Poulets et de leur nourriture, nous allons en donner le tableau. Diilt; lies pesées. Poids îles Potilcls. Orge coiisomme'e. Premier jour gr. 97,801 gr. n Première semaine 155,978 » Deuxième — 263,270 » Troisième — 393,977 » Quatrième — 535,710 » Cinquième — 636,246 » .Sixième — 734,297 705,252 Septième — 941,640 816,841 Huitième — ' 1012,803 937,686 Neuvième — ' 1109,281 897,784 Dixième — ' 1211,575 786,404 Onzième — ' 1332,850 986,472 ^°".''''™ - i 1412,523 1850,743 Treizième — > Quatorzième— 1538,338 712,493 Quinzième — • 1600,692 1029,428 Somme .... gr. 1600,692 gr. 8723,103 Poids des Poulets avant l'alimentation à l'orge gr. 036,246 Augmentation du poids des Poulets pen- dant l'alimentation avec de l'orge. . gr. 964,446 De ces nombres , on conclut qu'il a fallu gr. 9,044 d'orge nomale pour produire une augmentation d'un gramme dans le poids des Poulets. Ceci prouve combien la force assimilatrice est plus puissante dans ces jeunes Oiseaux que chez leurs parents , puisque ces derniers consommaient 42 grammes d'orge pour produire 1 gramme de matière organisée. En examinant le tableau de la nutrition des Poulets, on voit combien leur croissance a été plus rapide dans les ciiKi premières semaines de leur vie que pendant toutes les suivantes : ceci n'a pas d'autre cause que la différence dans la proportion de matière azotée contenue dans les ali- ments. Pour se convaincre de la vérité de cette assertion , il suffit de se rappeler que, pendant la première partie de l'expérience, les Poulets ont reçu des œufs durs avec de l'alpiste, tandis que, dans la seconde, ils n'ont eu que de l'orge. Ior. des neiges. Schwabhorn et du Faulhorn, ils sont extrêmement communs , et rappellent ce que les voyageurs racontent de ces nombreuses co- lonies de Chincliillas , qui occupent certains points des Andes du Chili. En résumé , le Campagnol des neiges habite de préférence dans les Alpes une zone comprise entre 2,100 et 2,700 mètres, c'est-à-dire depuis la limite du lihododendron (1) jusqu'à celle des neiges éternelles. L'exception que semble présenter le Saint- Gotthard est plus apparente que réelle , car le décroissement de la température est très rapide le long des pentes de ce massif (2). On rencontre ensuite quelquefois VArvicola nivalis dans ces oasis de végétation , qui surgissent çà et là au milieu des champs de neiges éternelles , à des hauteurs qui dépassent quelquefois 3,000 mètres au-dessus de la mer. Forme des terriers. — Ils sont simples ou composés, et s'ou- vrent par un ou plusieurs trous circulaires de deux centimètres de diamètre, devant lesquels on voit souvent de la terre rejetée de l'intérieur des galeries avec les crottes des animaux qui les ha- bitent. Les terriers eux-mêmes sont rectilignes , et terminés en un cul de-sac évasé, dans lequel on trouve un peu de foin ou des débris de racines et de feuilles, surtout du Siletie acaulis haché très menu. Ces terriers ont en général de 20 à 25 centi- mètres de long ; le plus souvent , ils sont ramifiés, et se divisent en un grand nombre de galeries irrégulières qui pénètrent entre les pierres, et présentent plusieurs orifices éloignés les uns des autres. Jamais je n'y ai trouvé de provisions, même au commen- cement d'octobre , immédiatement avant les premières neiges de l'hiver. Mode d'existence pendant l'hiver. — Dans une course au gla- cier de Grindelwald , le 8 janvier 1832, M. Hugi a constaté le premier que ce Campagnol ne tombe pas en léthargie pendant (1) Voy. Kaemtz. Cours enmpicl t/p mrli-nrnloijic , tnidiiclion française, noie C, p. 489. (2) IbM. nAR'I'IKS. — SLIl LE CVMPA(;^OL DES NEIGES. 197 l'hiver. En entrant dans le clialet delà Stieregg , ce voyageur rait en fuite plus de vingt de ces animaux. Ce fait a été confirmé par l'aubergiste du Fauihorn , qui abandonne chaque année sa mai- son en automne pour descendre dans la plaine. En 18/i5 , il monta pour la visiter au milieu de l'hiver, et il y trouva plu- sieurs Campagnols aussi vifs et aussi alertes que pendant l'été. Je ne saurais donc partager l'opinion de M. Oswald Heer, qui suppose que , pendant l'hiver , ils descendent dans les régions subalpines (1). Ces voyages seraient en particulier bien diffi- ciles pour les Campagnols , qui habitent des rochers isolés au milieu de vastes glaciers. Les bergers des hautes Alpes auraient remarqué ces migrations; et j'ai constaté sur le Fauihorn, en 18/|1 et 18/i4, que les premières neiges d'octobre trouvent encore tous ces animaux sur la montagne. Ils n'émigrent donc pas en hiver, et ne s'endorment pas pendant les froids épouvantables qui régnent sur les sommets qu'ils habitent. Leur pelage ne change point et ils n'amassent pas de provisions comme plu- sieurs de leurs congénères. Je suis donc porté à penser qu'ils continuent à vivre dans leurs terriers , et circulent entre la neige et le sol, comme les Lemmings (2). Ils y trouvent des plantes herbacées qui se conservent sous la neige ; le docteur Nager d'Ur- seren (3) a même observé qu'ils creusent souvent de longues ga- leries pour gagner les places où le fumier des vaches a fait croître une herbe plus tendre et plus touffue. Ainsi, tandis qu'un autre rongeur, la Marmotte, qui habite la même région que le Campagnol des neiges, tombe pendant l'hiver dans une pro- fonde léthargie, celui-ci, soumis aux mêmes influences extérieures, conserve toute sa vivacité. Deux Campagnols, l'un mâle et l'autre femelle, que j'ai rapportés à Paris, en 18/|4 et '18/i6, ont vécu à la ménagerie du Muséum pendant la moitié de l'hiver. Jamais ils n'ont présenté le moindre symptôme de torpeur, de sommeil ou ()) ,1n die Ziircherischc Jugend aufdas Jahr 1 843. — Ueber die nberslen Gren- zen des thierischen wid pllacnzliclien Lebeiis in unsereii Alpen, p. 6. (2) Observations sur les migrations et les mœurs (les LemmiDgs [Revue zoolo- 'ji'lite, juillol 18 40). l':ij .1/1 die Ziirclieriichc Ju'jeiui aiif ddi Juhr 1844, \i. 9. 198 MARriKs. — son le campaginol des neiges. de lenteur dans les mouvements , signes avant-coureurs et con- comitants de l'état léthargique (1) chez tous les animaux. Le Campagnol des neiges trouve sa nourriture sous la neige ; et j'ai déjà fait voir dans ma première note que la température de ses terriers ne descend pas au-dessous de zéro pendant l'hiver. Depuis, nous avons trouvé, M. Bravais et moi, qu'au Faulhorn, à 2,675 mètres au-dessus de la mer, et sur une pente exposée au midi, un thermomètre, enfoncé à la profondeur de 0'°,25 , s'était tenu en moyenne à 5°, 63 , du 25 septembre au 1" oc- tobre IS/iZi. Un autre thermomètre, placé à demeure dans un trou vertical de 1°,30 de profondeur, et à la même hauteur au- dessus de la mer, marquait, au 1" octobre, 4°,0. C'est dans cette zone de terre que les Campagnols creusent leurs terriers. Or le 2 du même mois , une neige abondante couvrit le Fau- Ihorn pour ne plus disparaître , et acquérir pendant l'hiver une épaisseur de plusieurs mètres. Sous celte épaisse couverture , le sol, échauffé par les chaleurs de l'été, ne saurait geler ; et on conçoit très bien que les Campagnols puissent y vivre en se nour- rissant de plantes et de racines qu'ils trouvent entre la neige et le sol. Pour m' assurer si ces animaux étaient sensibles au froid , je fis l'expérience suivante : Un Campagnol récemment pris et fort vif fut placé , à sept heures et demie du soir, dans im vase en zinc de 1 mètre de haut sur 5 décimètres de large ; une planche placée au fond garantissait l'animal du contact immédiat du métal. La température de l'air au fond du vase était de — 1°,0 ; le ciel par- faitement serein. A minuit, l'air dans le vase était à 0",1 , et à l'extérieur à 1°,8. L'animal se tenait blotti dans un coin, mais courait, quand on l'effrayait, de tous côtés. A quatre heures du matin , le thermomètre à l'air libre marquait 0°,1 ; le Campagnol vivait encore, quoique fort languissant; à cinq heures, il était mort. Ce résultat ne me surprit pas. En Laponie, trois Lemmings qui avaient été exposés , sous un abri pendant la nuit, à une tem- pérature de quelques degrés au-dessous de zéro , étaient aussi (l ) Bartiow, Der Winlrr Sclilnfnach scinc/i Erschcimmijen im Thicrreich, p. 1 1 . — 1846. MABTI^S. — SLll Li; C.V.Ml'AGNOI, DUS NEIGES. 199 morU de froi.d pendant la nuit (1). Voilà donc deux petits Ron- geurs habitant tous deux des climats très rigoureux , et qui ne résistent pas à l'abaissement de la température au-dessous de zéro. Nouvel exemple de la témérité des jugements , dans les- quels on fait intervenir les causes finales en supposant que les animaux qui habitent les régions glacées sont précisément ceux qui supportent le mieux le froid (2). Température propre. — La température propre du Campagnol des neiges est assez élevée. Un petit thermomètre enfoncé dans l'abdomen d'une grosse femelle resta stationnaire à 36°,9. En Laponie, j'avais trouvé 39°, 5 pour la température moyenne de quatre Lemmings. Habitudes. — Réunis dans une cage, ces Campagnols se blot- tissent dans un coin serrés les uns contre les autres , même lors- qu'il fait assez chaud, 14° par exemple. Ayant placé la cage de façon que l'une des moitiés fût au soleil et l'autre à l'ombre , ils parurent se porter de préférence du côté non éclairé. Le plus souvent , ils se cachent sous la mousse, et font entendre un petit grognement accompagné de grincements de dents très fai- bles , en se frottant souvent le museau avec le côté radial des deux mains. Quand ils dorment, le ventre se dilate prodigieu- sement à chaque inspiration. Leur humeur n'est point belli- queuse comme celle des Lemmings , qui se battent entre eux jus- qu'à ce que mort s'ensuive. Un seul Campagnol attaqua son compagnon ; il se tenait sur son train de derrière, et mordit son adversaire au cou. Je compris qu'il voulait l'empêcher de man- ger ; quelques brins d'herbe introduits dans la cage firent cesser le combat, les deux guerriers s'étant mis à brouter de compagnie. (I) Observations sur les mœurs et les migrations des Lemmings [Revue :oolo- ijique, juillet 1840). ;2) Xous trouvons un exemple du même genre et non moins frappant dans une Hutrc classe du régne animal. Le Podurclle désigné par M. Nicolet sous le nom Iksoria ylijoialis, et qui habite dans les ^usures de Ig. jiacf .de.s glaciers, pjprit dès (lu'on l'expose à un froid de I 8" au-dessous du zéro. 200 iWABTIXS. — SUll LU CAM1'A(;N0L DES AEICES. Jeté dans l'eau, le Campagnol des neiges nage très bien en s'é- lançant par saccades. Genre de nourriture. — Comme l'indiquent son système den- taire et son estomac qui présente des traces de divisions de celui des Ruminants (1) , VArvicola nivalis est purement herbivore. M. Bravais ayant voulu nourrir les premiers qu'il avait pris avec du fromage , de la viande et du lard , ils se laissèrent mourir de faim. Ils sont, au contraire , très friands de miel et d'avoine, et mangent toutes les plantes alpines, excepté les Carex, les Lu- sula , les Jrbuhts , etc. , dont les tiges et les feuilles sont trop coriaces. Cette circonstance nous explique pourquoi ce petit ani- mal peut vivre aux Grands-Mulets, rochers isolés au milieu des neiges du Mont-Blanc, où j'ai trouvé cependant, dans trois visites comprises entre le 28 juillet et le 2 septembre , dix-neuf plantes phanérogames (2). Celles que le Campagnol des neiges mange avidement sont : Silène acaulis , Poa alpina, Potentilla grandi- flora, Geutn montanum , Gaya simplex , Cerastium tatifolium, Trifolium pratense , Lrpidium alpinum, AnlhylUs mdneraria, Chrijsanthemum alpinum, Genliana campe sir is , G. bavarica, Arahis alpina, Campanula linifolia, C. pusilla, Saxi fraya ai- zoides , Sedum atratum , et les feuilles du Cirsium spitiosissi- mum. Ils ont des préférences pour certaines parties de la plante, les fleurs de Geum ou de Potentilla par exemple. Rien de plus joli que de les voir couper d'un coup de dent le pédoncule de la fleur ; la saisir des deux mains comme les Écureuils , et la faire tourner rapidement en rongeant les pétales les uns après les autres. Quand ils tiennent un corps mince, tel qu'un pétiole ou un pédoncule , c'est souvent d'une seule main, en opposant leur moi- gnon de pouce aux autres doigts. Se sont-ils emparés d'une grosse (1) Voy. Ann. desSc. nat., Zoologie, i° série, t. XIX, pi. 5. — 1843. (2) C'étaient : Draba (ladnizensis Wulff., Cardamine bellidifolia L., Silène acaulis L., Polentithi friç/ida Vill., Phylnnim hem'.sphcricum L., Erigcron uniflo- rus L., Pijrclhrum itipimm W'illd., Siixifraria bnjoides L. , S, groenliindicu Lap., S. muscoides Auct., Androsace helvelica Gaud., A. pvbescens DC, Genliana venia L., Luzula spicnta DC, Fesluca Halleii Vil., Poa taxa Haencke, P. caesia 8mith, Aijroslis rupestris X\\. , Carex nigra AU. IMARTiniS. — SI K Lli C.\M1'A(;^0L DES MiKiKS. 201 racine ou d'une tige un peu forte, ils la fixent avec les deux mains rapprocliées du museau. En mangeant , ils sont toujours assis sur leur train de derrière , et le corps penché en avant. Parmi les plantes préférées par notre Campagnol que nous ve- nons d'énumérer, les unes sont insipides, les autres aromatiques, quelques unes amères. Mais ce n'est pas sans surprise que les ai vus ronger avec la même avidité les racines des liantinculus alpestris et R. (jlacialis qui sont d'une âcreté extrême, et l'un d'eux mangea les feuilles de sept tiges à'Aconitum napellus de 2 à 3 décimètres de haut , sans rien perdre de sa vivacité. En descendant du Eaulhorn avec trois Campagnols dans une cage , j'avais emporté une provision de plantes alpines pour les nourrir ; mais lorsque je mettais simultanément dans la cage ces plantes et de la Laitue, de la Chicorée, de Voisine média, de la Dent de Lion , de l'Avoine , des morceaux de Pomme , ils préfé- raient ces produits de la plaine h ceux de leurs Alpes , et les deux individus qui vécurent plusieurs mois à la ménagerie du Jardin des Plantes avaient acquis , sous l'empire de ce régime , un em- bonpoint remarquable. Le beau dessin de M. Werner , qui fait partie des vélins du Muséum , représente l'animal dans cet état. Condiiions d'existence. — Quand on résume toutes les circon- stances que nous venons d'énumérer, on se demande pourquoi l'y^r- vicola nivalis, seul de son genre, s'est ainsi multiplié dans le voi- sinage des neiges éternelles , tandis que ses congénères habitent tous la plaine, et recherchent le voisinage des champs cultivés. Ce n'est point la nécessité de se nourrir de plantes alpines qui le retient dans les hautes régions; il préfère celles de la plaine. Ce n'est point la crainte de la chaleur ; deux d'entre eux ont parfaitement vécu dans la même atmosphère que les Singes d'Amérique, et son pelage n'est pas plus fourré que celui des autres Campagnols. .Serait-ce le besoin de la solitude? mais lors- qu'on a bâti des auberges sur le Faulhorn et sur le Rothorn, ils s'y sont introduits , et ils creusent leurs terriers à quelques pas des maisons. Ils n'ont pas été attirés par les nombreux fromages qu'on fabrique dans les chalets , car ils n'y touchent jamais. Je 202 MABTIRIS. — SUll LE CAMPAGNOL DES NEIGES. crois que le Campagnol des neiges liabite les sommets élevés des Alpes parce qu'il est plus frileux que ses congénères, et que le sol dans lequel il creuse ses terriers est plus chaud pendant l'hiver sur les montagnes que dans la plaine (1). Je n'aurais pas osé hasarder ce paradoxe , si je n'étais en mesure de prouver qu'il est également vrai pour les végétaux. Quant à YJrvicola nivaiis, je me contenterai des réflexions suivantes. En été , le sol s'échauffe relativement moins dans la plaine que sur une haute montagne. En effet , nous avons trouvé, M. Bra- vais et moi, que, sur le versant méridional du Faulhorn , à 2,675 mètres, un thermomètre , enfoncé à la profondeur de deux .décimètres, se tenait en moyenne beaucoup plus haut qu'un ther- momètre suspendu librement à l'air. Dans la plaine, au con- traire, la moyenne de ce thermomètre hypogée sera inférieure à celle de l'air, comme le prouvent les nombreuses observations de M. Quetelet (2). Sur la montagne , cette chaleur du sol se con- serve pendant tout l'hiver : car, dès le commencement d'octobre, avant que la température de l'air descende au-dessous de zéro, une épaisse couche de neige recouvre les sommets. Dans le cou- rant de l'hiver, cette couche atteignant l'épaisseur de plusieurs mètres, la terre ne saurait perdre sa chaleur par rayonnement. Il n'en est pas de même dans la plaine : non seulement le sol s'é- chauiïe relativement beaucoup moins pendant l'été , mais souvent il reste exposé sans défense aux premiers froids de l'hiver, soit qu'il ne tombe pas de neige , soit que les premières couches dis- paraissent sous l'influence de quelques jours de chaleur. Il en résulte que, dans la plaine, le sol gèle souvent, et les plantes her- bacées ne sont pas enterrées vivantes sous la neige , comme elles le sont sur les Alpes ; mais elles sont tuées et desséchées par le froid. Sur la montagne, un animal fouisseur a donc pour demeure en hiver un terrier plus chaud que dans la plaine, et pour nourri- ture des plantes encore vertes. Au printemps , même différence ; en plaine, presque toujours un soleil hâtif fait fondre les neiges dès le commencement de mars , et la terre reste exposée aux retours (I ) Voyez plus haut, page 198. '2) Sur le climat de la Bclijiquf, p. 7G et iOO. p. UEBVltK. — MAllMlKÈllES l'OSSILES. 203 de froid des mois de mars et d'avril. Sur les hautes montagnes, ^ neige ne disparaît totalement qu'en juin , à une époque où ces retours de froid n'ont plus lieu. D'ailleurs , dans ces régions éle- vées , dès que le thermomètre s'approche de zéro , même en été, on est siîr de voir tomber la neige , qui s'étend sur le sol comme un manteau protecteur. Si vous ajoutez à ces circonstances que, sur les hautes Alpes, ces peuplades animales n'ont point d'enne- mis, et trouvent de vastes tapis de verdure qui ne leur sont dis- putés ni par la charrue ni par les troupeaux, vous ne vous étonne- rez plus qu'elles se soient multipliées dans la zone qui s'étend entre les forêts et les neiges éternelles, tandis que les espèces congé- nères sont rares et dispersées dans la plaine, où le froid, l'homme et les animaux carnassiers, leur font une guerre acharnée. OBSERVATIONS SUB LES MAMMIFÈRES FOSSILES DU MIDI DE LA FRANCE; Far M. PAUL GEHVAIS. DEUXIÈME PAKHE (1 ). § VII. Sur les Mammifères voisins des Dugongs , que l'on a nommés Halitherium , Mctaxytherium , etc. I. ■ — ■ Sur les Siréniens fossiles en général. Les mers d'Europe n'ont actuellement aucun représentant de la curieuse catégorie des Mammifères aquatiques , que l'on a nom- més Cétacés herbivores ,Gravi(/ra(les aqualiques , Siréniens, etc. Les espèces peu nombreuses de ce groupe remarquable vivent dans (1) Voyez Ann, des Se. nul., 3" série, t. V, p. 248 (1846). 204 p. tiEBVAlS. — MAMMll'ÈUliS FOSSILES la mer Rouge, la mer des Indes et le grand Océan, tels que le Dugong et le Stellère , ou dans les parties équatoriales de l'océan Atlantique, comme les Lamantins, soit sur les côtes d'Amérique, soit sur celles d'Afrique. Les Lamantins et les Dugongs sont des animaux essentiellement littoraux, et ils affectionnent les archipels abondants en récifs ou les baies dans lesquelles débouchent de grands fleuves. En quel- ques endroits, ils vivent même fort loin de la mer, soit dans des lacs, soit dans des rivières. C'est ce que plusieurs voyageurs ont constaté de la manière la plus positive en Amérique. Les mers ou les eaux saumàtres sous lesquelles se sont déposés, aux époques tertiaire moyenne et tertiaire supérieure, certains terrains actuellement à nu en Europe, possédaient aussi des Mam- mifères Siréniens. C'est sur le trajet de nos grands cours d'eau actuels, mais dans des foi-niations soulevées et par conséquent d'une autre époque que la nôtre , que l'on trouve les débris de ces animaux. Ils semblent avoir été déposés dans le sol d'autant de golfes depuis longtemps abandonnés par les eaux. Avec eux sont les restes de beaucoup d'autres animaux , les uns marins, les autres terrestres ou fluviatiles. Ce sont des os de Mastodontes, de Pachydermes ordinaires, de Ruminants, de Dauphins en gé- néral comparables à ceux qui fréquentent aujourd'hui les embou- chures des grands fleuves , et remarcjuables par le grand allon- gement de leur bec (i). 11 y a aussi des os de Baleines et de Cachalots mêlés à ceux de ces animaux et des Siréniens; ils ont été laissés par les Cétacés qui visitaient les golfes plus habituel- lement fréquentés par les Siréniens et les Delphinorhynques. Les ossements des animaux terrestres ont été charriés par les fleuves dans ces gisements , que l'on pourrait appeler, ainsi que nous l'avons fait, des dépôts mixtes, puisqu'ils nous fournissent un mé- lange complet de Mammifères géothérienset thalassothériens. Les nombreux ossements de Siréniens que l'on y a trouvés (1) M. D'Orbigny ot moi avons fail connaiire et figurer dans son Voyage en Awèriqiio{M(iinm., p. 30, pi. 23) une nouvelle forme (le ces Dauphins du p:roupe des Delphiiiorluiiiques. C'est notre UleituJeliihis Blainoillei. Ce Uaujihin est do l'eniboueliure de la l'Iala T)V AUDI DE I.A FUAXr.K. "205 consistent principalement en eûtes, remarquables par leur nature compacte ; en vertèbres, fort semblables à celles des Dugongs ; en débris de crânes d'abord comparés par G. Cuvier à ceux des La- mantins, et en quelques autres ossements ou dents , que les na- turalistes ont quelquefois attribués , mais à tort , à des animaux dilTérents, tels que des Hippopotames, des Morses, des Pho- ques, etc. Grâce aux travaux récents de M. de Christel et surtout de M. de Blainville (1), ainsi qu'aux fouilles actives que l'on a faites dans plusieurs parties de l'Europe, et aux publications qui en ont été la conséquence, nous connaissons mieux l'organisation des Siréniens fossiles que n'avait pu le faire G. Cuvier. Nous pouvons également rectifier la synonymie des espèces fictives, à l'admission desquelles une première et incomplète observation avait d'abord conduit. Les circonstances au milieu desquelles on rencontre les os fossiles des Siréniens d'Europe nous montrent aussi que ces animaux avaient les habitudes de leurs représen- tants actuels. Les ossements de Siréniens, lorsqu'on les a reconnus pour être ceux d'animaux de ce groupe , ont été successivement considérés comme appartenant à des animaux plus voisins des I-amantins, ou plus rapprochés, au contraire, des Dugongs. G. Cuvier a été conduit à la première de ces opinions ; M. de Christol a soutenu la seconde dans un Mémoire spécial (2). Le même naturaliste et M. Marcel de Serres (3) ont aussi admis, d'après des os recueillis à Montpellier, l'ancienne existence d'un Dugong et d'un Laman- (1) Ostéographie. Genre Manatus. (2) Aun. Se. mit., 2' série, t. Il, p. 2S7 (1834). (3) lialkhore médius, Marcel de Serres, Cav. à ossem., 3' édition, p. 238 (1838). — [Mmiinlin , id. ihid., et dans le travail qu'il a publié sur la Caverne de Lwiel-Viel. M. de Christol avait , de plus , admis , en 1 832 (I ) la présence à Monlpellier du pelil Hippopuliime de Cuvier, d'après une mâchoire inférieure qu'il a décrite plus tard , dans les .innnlcs des Sciences naturelles, comme de Sirénien, et cette fois avec raison. Le Dugong et le Lamantin de Montpellier ne sont aussi qu'un seul et même animal. (1) Ann. Se. ri hâvstrie du midi de la France, t. II, p. 1^.. Marseille, 1832. 206 p. GERVJtlS. — MAMMIFERES FOSSILES tin dans le petit golfe où se sont déposés les sables marins de cette localité. Depuis lors, M. de Christol a jeté le plus grand jour sur l'histoire difficile de ces animaux, en rapportant le Lamantin fos- sile de Doué , décrit par G. Cuvier ; le moyen Hippopotame d'An- gers , du même auteur ; son Hippopotame douteux de Blaye , et rtiême son Phoque de Doué , c'est-à-dire quatre espèces fictives fondées par G. Cuvier lui-même , au même animal déjà nommé par Cuvier Lamantin fossile. M. de Christol donna dès lors à ces curieux Mammifères la dénomination A'HaUchore Cuvieri; mais bientôt après il les regarda comme le type d'un genre nouveau qu'il appelle Mcta.Tijtherium (1). F. Cuvier (2), dans le rapport qu'il fit sur le premier Mémoire de M. de Christol , avait en effet indiqué la nécessité de fonder un genre à part pour le Dugong fossile. Voici comment il s'ex- primait à cet égard : « Quant aux Lamantins , les deux espèces (iiii nous sont bien connues ont absolument les mômes molaires. Ainsi , pour les es- pèces de ce genre, comme pour celles du genre Dugong, il n'y a point d'exception à la règle , et M. de Christol ne doit pas craindre de la violer en considérant son animal comme le type d'un genre nouveau, et en lui imposant en conséquence le nom qu'il jugera à propos de lui donner. » C'est ce que M. de Christol fit en 1840 , en proposant ce nom de Melaxtjtherium , qui a été einployé depuis en France ]3ar M. Laurillard (3), par M. Marcel de Serres et par nous-même (4). Cependant ce nom générique n'est pas le premier que l'on ait imposé aux Siréniens d'Europe. M. Kaup avait, en 18.'J8, fait connaître quelques débris de ces animaux comme indiquant deux (1) De /iETot^u, inter ; 9nciov, fera . H pour rappeler que le Meiaxylherium est intermédiaire au Dugong et au Lamantin. (2) Comples-remlus de V Acaûémie des Sciences , et .l)i». .S'c. nat., 2" série, t. I , p. 288 (1834). (3) Article Metaiïtheriu» du Dict. univ. d'Hist. nal., t. VIII , p. 171 . (i) Zoologie de la France, dans l'ouvrage intitulé Pallia, p, 517. — Ann. Se. nat., 3" série, t. V, p. 270. DU MIDI DE LA FRAKCE. 207 genres distincts, qu'il nomme Pugmeodon et Ilalilherium (1) ; M. Hermann de Mayer avait créé pour des fossiles analogues le genre Ilalianassa (!2), et M. Bruno celui de Cheirolherium (3). Le nom de Metaxytherium {h) n'a donc pas la priorité, car les genres dont il vient d'être question, loin d'être distincts du Siré- nien fossile en France, reposent sur des espèces peu ou point dif- férentes des nôtres, et leurs noms doivent par conséquent être ajoutés à la liste donnée par M. de Christol des synonymes du Lamantin ou Dugong fossile, qii"ûa.ppc\\e Metaxytherium. Exem- ple remar(]uable des difficultés que présente la détermination des vertèbres fossiles et des erreurs inévitables auxquelles donne souvent lieu leur inscription dans les catalogues méthodiques! II. — Des diljërcnls gisematls d'Halillierium. On a cependant réuni un assez grand nombre de pièces carac- téristiques pour appuyer, jusqu'à un certain point, l'opinion qu'il y avait plusieurs espèces dans ce genre. M. de Blainville (5) a publié des détails fort circonstanciés sur ces fossiles. Ainsi qu'il l'a fait, nous en rapporterons les diverses localités connues aux grands cours d'eau dont elles sont plus ou moins rapprochées. Ces rivières, dont il va être question, semblent toutes porter leurs eaux h la mer dans le point où vivaient autrefois ces ani- maux, ou bien traverser les anciens golfes abandonnés par celle-ci, golfes dans lesquels ont vécu les Halitherhim. Elles versent dans la mer du Nord, dans la Manche, dans l'A,. Ianti(iuc, dans la Méditerranée , dans l'Adriatique et dans la mer Noire ; leur embouchure donne dans un golfe plus ou moins con- sidérable. En voici l'énumération avec les noms assignés aux fos- (1) Jai-buch fur minerai. (1838), — M. Fitzinger, M. Owen [Odontography) et quelques autres naturalistes ont préféré avec raison le nom à' Hdiitlierium à ceux qu'on a proposés depuis. (2) Ibid. {Z)Mem. di Torin. 1839. (l) LlnslHut , 1840, el Ami. Se. nat., 1" série, t. XV, p. 307 (1841). [5) Oslro(jrnphie . Genres Phoque el Muncilus. ■2flS p. eERTAI««. — MAMMIFKRIÎS F0RSIM:S silos de chaque localité par les auteurs qui ont publié des docu- ments à leur égard. 1° Bassin du Rhin ou de ses affluents : A Zurich : Halianassa Studeri , Mayer, 1839. A Rœdersdorf (Haut-Rhin) : animal voisin des Dugongs et. des Lamantins, Duvernoy, 1836. A Eppelsheim, dans la Hesse : Halilherium dubium, Kaup ; Pugmeodon Schinzii , Kaup, 1838. 2° Bassin de la Seine : A Jeurre , près Étampes, par Guetlard, etc. A Étrechy, près Étampes : Manaivs Gvellardi , Biainville. Dans la plaine de Lonjumeau, près Paris. A Belleville, près Paris. A Marly, près Saint-Germain. 3° Du bassin de la Loire et ses dépendances : C'est le Manatus fossilis ou Cuvieri, de Blainv. ; Halichore Cu- vieri, de Christ., parlim ; Metaxytherium Cordieri , de Christol. Dans les faluns de la Touraine. A Doué : Manatus fossilis, G. Cuvier. A Angers : Hippopotamus médius, G. Cuvier, d'après un frag- ment de mâchoire inférieure ; Trichecus, G. Cuvier, d'après une côte; Phoca fossilis, G. Cuvier, d'après un humérus. Auprès de Rennes. 4° Du bassin de la Gironde : Dans quelques localités des environs de Bordeaux, dont M. Pe- droni donne l'indication dans les yî des de la Société litinéenne de cette ville , pour 1845. Il en rapporte les ossements à deux es- pèces : Manatus fossilis et Manatus Guettardi , dont chacune , d'après ce que nous a dit notre collègue M. Raulin , professeur à la Faculté de Bordeaux, caractériserait un des étages des forma- tions tertiaires marines du bassin girondin. C'est aussi l'opinion de M. Pedroni. T)V MTni ntî T,\ FRANCE. 209 A Blaye : Ilippopolamus ditbius , G. Cuvier, d'après quelques dents. A Dax. 5° Du bassin du Rhône : A Saint-Paul-Trois-Châtcaux , dans le d(''partement de la Drôme. A Beaucairc, dans le calcaire grossier pliocène ou la mollasse à moellon : Metaxylherium Tieawnonlii , de Chrislol. A Montpellier, dans les sables marins : Manatus et Halichore, de Christ, et Marcel de Serres; H ippopolamus nimor, de Christ., non Cuvier ; Halichore médius, Marcel de Serres ; Melaxylherium Cuvieri, de Christ.; Metaxt/therium , P. Gerv. et Marcel de Serres, 1845. A Saint-Jean-de-Védas, près Montpellier, dans un calcaire analogue k celui de Beaucaire. A Pézénas, débris rares, d'après M. de Christel, 6° Du bassin du l'ù : Des collines du Mont-Ferrat : Cheirotherittm Brocckii, Bruno ; Manatus lirocchii, Blainv. 7° Du bassin du Danube : A Linz , en Autriche : Halitherium Christolii, Fitzinger, On a également cité des débris de Siréniens : à Prague , sur le cours de l'Elbe; dans la vallée de Bouik, versant au Dniester, à 37 lieues de la mer Noire, et même en Egypte , sur le cours du Nil. Les deux dernières indications sont dues à M. de Blainville. 11 est digne de remarque que tous les gisements connus de Siré- niens, animaux que M. de Blainville nomme Gravigrades aqua- tiques , et qu'il considère comme une famille du môme ordre que les Proboscidiens ou ses gravigrades terrestres , il est à remar- quer, disons-nous, que ces animaux appartiennent à la fin des ter- rains miocènes et à la mer pliocène, comme les Proboscidiens fos- siles sont aussi des terrains miocènes ou pliocènes. Aucun d'eux n'a encore été fourni par les terrains de l'époque éocène. Ce fait 3' série Znoi,, T. VIU (Otobrf ISIT.).. U 210 p. tlJRVAlS. — MAMMIKÎCRES FOSSII.F.S acquiert un nouvel intérêL si l'on se rappelle que l'absence des (Iravigrades terrestres ou des Proboscidiens est aussi l'un des caractères des terrains éocènes. Dans la nature actuelle, les Pro- boscidiens n'ont, conune les Siréniens, qu'un [lelil nombre de représentants. L'Angleterre, l'Espagne et les parties du continent européen situées au nord de la France, de l'Autriche et de la Confédération germanique n'ont point encore montré de débris fossiles de Siré- niens. Sans accepter comme i)nsitivcs toutes les espèces du genre Ha- litherium qui oui été signalées jusqu'ici , nous croyons devoir ad- mettre, avec M. de Blaiiiville, qu'il en a existé plusieurs. Celles de France et d'Italie , que l'on a nommées Fossilis ou Cordieri , c'est-à-dire l'espèce de la Loire ; (înettanii ou celle d'Étrichy, et Brocchii ou celle du Pô, nous paraissent surtout devoir être dis- tinguées comme telles. Nous avons vu que M. de Christol admet- tait aussi comme dilférente des autres celle de Montpellier {Mel. 6'«r(er(", Christol, non aurtorum), et celle de Beaucairc (;l/e/. Beavmonlii, de Christ. \ On a aussi conservé comme espèce dis- tincte celle de Blaye (Hippnpolamns dubius Cuvier) ; mais il nous semble que celte dernière, sans parler de plusieurs autres encore, ne pouvait être admise comme différente de celle dite de Guet- tard qu'après un examen comparatif plus complet , et qu'on n'a- vait pas encore été h même de faire. Nous croyons devoir rendre aux Siréniens fossiles leur pre- mier nom A'Halitherium. III. — Sur un cnlne ilf i Halitherium de Monipellier Les travaux de G. Cuvier, ceux de M. de Christol, et surtout ceux de M. de Blainville , ont bien fait connaître les caractères osléologiques de ces races et espèces éteintes dont on a fait le genre Halitherium. Quelques particularités de leur système den- taire , qui les rapprochent ou les éloignent, à divers égards, des Dugongs et des Lamantins vivants ; la forme de leurs vertè- bres; la structure et le nombre de leurs côtes; leurs membres nt MIDI nn r.A l■RA^^.l■;. 211 antérieurs ont été également décrits avec soin. On sait aussi que leurs dents, quoique très analogues à celles des Dugongs par la formule, paraissent avoir une certaine analogie avec celles des Lamantins par leur Ibi'me. Cependant il reste encore beaucoup de notions à rccuL-illir à l'égard des Ilalitherium. Deux points nous occuperont de préférence dans ce chapitre : ainsi le crâne n'était encore connu que d'une manière insuflisante, bien que l'on sût, depuis les recherches de MM. de Christol et de Blain- ville, qu'il a une bien plus grande ressemblance avec celui des Dugongs que ne le supposait (1. Cuvier; d'autre part, il était également h. désirer que leur système dentaire fût examiné de nouveau , principalement dans sa partie incisive. L'étude que nous avons pu faire d'un crâne presque complet de ÏHalithe- rium ou Metaxylherium de Montpellier et de quelques pièces de la même portion du squelette provenant de divers individus, nous permettra d'ajouter, sous ce double rapport, aux notions dcijà introduites dans la science, quelques faits qui nous ont pai'u intéressants. Ils achèveront, ce nous semble, de faire connaître les alTinités zoologiques de ces animaux, et permettront de mieux caractériser l'espèce enfouie dans le terrain pliocène du dépar- tement de l'Hérault. Ainsi que l'ont admis MM. de Christol et de Blainville, et comme nous l'avons déjà rappelé dans ce Mémoire, le crâne des Ilalitherium ressemble bien plus à celui du Dugong qu'à la tête osseuse du Lamantin. Sans la particularité de forme , plutôt que de formule, qui caractérise leurs dents, il serait dilTicilc de les distinguer génériquement du premier de ces animaux. Un crâne du Sirénien fossile de Montpellier que nous nous sommes pi'ocuré en 18/i7 , et que nous avons déposé dans la riche collection paléontologique du Muséum de Paris, démontre d'une manière irrévocable toutes les affinités de cet animal avec le Dugong. Cette tète, qu'on nous a apportée brisée en un nombre considérable de morceaux, mais dont, avec de la patience, nous avons réussi à réunir les divers fragments les uns aux autres, est presque entière : la vertèbre occipitale est à peu près la seule pièce qui lui maneiue. (Quelques os crâniens provenant d'indivi- •212 p. GF.RVAIS. — MAMMIFÈRRS KOSSILES dus différents, et que nous avons pour la i>lupart représentés dans nos planches , nous permettront de compléter la description du crâne par l'inspection de toutes ses parties. Le dessus de ce crâne ressemble beaucoup pour la forme à celui du Dugong ; mais il est évidemment plus allongé , et cepen- dant il est assez large entre les crêtes sagittales. Sa taille était à peu près la même que chez le Dugong. Le caractère de l'étroitesse de la face supérieure existe à un plus haut degré dans les portions de crânes recueillies sur le cours de la Loire; il avait empêché Cuvier de réunir l'espèce observée par lui aux Dugongs. Cuvier avait cru y reconnaître un animal plus voisin des Lamantins. h'Halitherium de Montpellier a les crêtes temporales moins distantes entre elles que celui des bords du Pô , nommé Cheiro- Iherium; de plus , le dessus de son crâne a une longueur propor- tionnellement plus considérable. On remarque cependant entre des Dugongs de même espèce, mais d'âge très différent , des dis- semblances à peu près aussi considérables. L'ouverture nasale a exactement la même forme, à part le développement considérable des os propres du nez, os qui manquent chez les Dugongs. Les os intermaxillaires ont le même développement ainsi que la même direction. Ce caractère est important , car on ne le retrouve dans aucun autre groupe d'animaux. La face inférieure du crâne de VHalitherium est aussi fort analogue à ce que l'on voit chez le Dugong ; les cavités sensoriales ou musculaires , ainsi que les arcades zygomatiques , ne présentent non plus que des différences tout à fait secondaires , et dont la valeur paraît plutôt spécifique que générique. Les crânes de ces deux genres d'animaux ont donc la plus grande analogie entre eux , et si quelques autres diffé- rences ne nous venaient en aide , il serait difficile de voir dans les HalUhorium et les Dugongs autre chose que des espèces d'un seul et même genre ; c'est ce que va nous démontrer une analyse détaillée de ces parties. Nous commencerons par la vertèbre occipitale la description de VHalitherium. Cette vertèbre se détache facilement du reste du crâne, soit par fracture du basilaire et de l'occipital supérieur chez les individus adultes, soit, dans le jeune âge, par la ma- I m MIDI Di: lA ri'iV.Ncii. 'lia nicre làclic doul elle s'articule avec la vertèbre sphéno-pariétale. Le trou rachidien est ample comme chez le Dugong, et les autres perforations , ainsi que l'insertion des pièces de l'oreille , ont la même position ([ue dans ce genre. A l'étranglement du basilaire succède pareillement une gibbo- sité au point de son ankylose avec le sphénoïde ; celui-ci diffère à peine du sphénoïde des Dugongs. La surface externe de l'occipital supérieur est en plan sub- vertical dans le fossile , avec des saillies osseuses d'insertion musculaire; elle est intimement soudée au pariétal, qui est unique ; à leur point de jonction est la crête occipitale , limitant carrément en arrière la surface supérieure du crâne. L'os parié- tal est presque d'un tiers plus long que dans le Dugong et le Cheirolherium ; il est bordé bilatéralement par les crêtes tempo- rales, et sa surface est plus large que dans les Ilalilherium de la Loire, ce que nous avons pu constater sur quatre exemplaires différents. Cette largeur est sensiblement la même dans les dessus de crânes provenant de la môme localité : elle est à peu près de 0,070 en arrière, et au milieu de 0,055. L'articu- lation du pariétal avec les frontaux qui restent doubles se fait comme à l'ordinaire par une suture dentée . irrégulièrement curviligne, empiétant sur la surface du pariétal. L'os zygomatique est conformé comme celui du Dugong ; il diffère autant que chez ce dernier de celui , tout à fait caractéristique , des Lamantins ; peut-être est-il même un peu moins fort que dans le Dugong ; il en est ainsi de l'apophyse zygomatique du temporal et du tem- poral lui-même. L'articulation de l'os zygomatique avec les apo- physes temporale et maxillaire a également lieu par simple con- tact. Le trou sous-orbitaire est un peu moins largement ouvert que celui du Dugong, mais il a la même disposition générale. Ainsi que nous l'avons déjà dit, l'ouverture nasale est ample, et placée à la face supérieure de la tête , comme chez les autres Siréniens fl) ; c'est une grande fosse ovalaire , longue de 0,10, [\] Le To.rudmi , dont nous parlerons plus loin, est aussi dans ce cas. M. Owen dit, en parlant de la cavité nasale de cet animal ; « Les os qui la constituent 214 p. «ERVAIS. — MAMMIFÈIIICS FOSSII.KS et large de 0,055. Son ouverture est limitée à son bord postérieur par les os propres du nez, bilatéralement par la braiiche montante du maxillaire et par celle des os incisifs, et en avant par les os incisifs dans leur portion symphysaire supérieure. Son plancher, en avant des trous olfactifs et de leur communication avec la fosse zygomatique , est constitué par le vomer et les os maxil- laires. Le cercle orbitaire était ouvert en arrière et incomplet comme dans le Dugong. Cette particularité, que l'on retrouve à un moin- dre degré, il est vrai , dans les Lamantins d'Amérique , n'existe plus chez l'espèce du Sénégal ; celle-ci a le cercle complet. Les os propres du nez , que M. de Blainville dit être « fort pe- tits, à peine distincts, et semblant la continuation du frontal, » dans le Manahts Brocchii (1) , et qui paraissent , dans le Dugong et les Lamantins (2). se confondi'e, d'après M. de Blainville, avec le bord antérieur des frontaux , sont bien distincts au con- traire , et même assez grands dans la tète que nous décrivons. Ils ont 0,OZiO de long sur 0,055 de largeur transversale pour les deux , chacun mesurant séparément environ 0,027 dans ce sens. Ils s'articulent avec les frontaux par leur partie postérieure , dont le contour est parabolique ; latéralement en dehors , ils s'applU quent contre la partie orbitaire des mêmes os , au point où elle continue la crête pariétale, pour aller se joindre à la masse sus- orbitaire, qui est ici bien plus développée que dans le Dugong , et même que dans le Lamantin. A leur bord antérieur, les os du nez ont une petite saillie angulaire qui forme le bord postérieur de l'ouverture nasale , comme le fait chez le Dugong , qui a le dessus du crâne plus court, le bord antérieur du frontal lui-même; » circonscriveni une grande ouverture ovale, dont le plan esl dirigé en dessus et 11 un peu en avant, comme dans les Cétacés herbivores et en particulier dans le » Lamantin, n (1) Peut-être avaient-ils été perdus; ce qui pourrait être aussi le cas des Dugongs. (2) Il y en a un très petit dans un des Lamantins rapportés du Sénégal et figurés par M. de Blainville. Sa forme était celle d'une olive allongée irréguliè- rement. UL MIDI DE I \ 1 ll.WCI!. 215 enfin ces os nasaux sont en rapport l'un avec l'autre par leur bord interne. I^es intermaxillaireç ou incisifs, qui bordent, par leurs apo- physes fronto-niaxillaires , la fosse olfactive , sont très développés dans leur portion syniphysaire , qui est rostriforme , et qui its- scinble d'une manière à peu près complète aux mêmes os chez les Dugongs. Cette partie est de même prismatique , formant un angle obtus, presque droit , avec le plan supérieur du crâne, un peu excavée à sa face buccale , et en voûte obtuse à la face opposée ou palatine. La plus grande largeur de leur face infé- rieure égale 0,065. Ils continuent inférieurement la face pa- latine , mais avec plus de largeur , et leurs trous incisifs sont un peu plus largement ouverts que ceux du Dugong. Les al- véoles des défenses occupent dans les incisifs la même place que celles du Dugong ; mais elles ne remontent pas aussi haut dans le corps de ces os. Leur cavité mesure 0,060 en hauteur dans ceux de l'exemplaire que nous avons fait figurer, et dont la cavité était vide , tandis (jue dans notre crâne entier leur cavité est occupée par les défenses elles-mêmes. Le palais est très étranglé dans l'espace placé en arrière de l'élargissement incisif, et en avant des os malaires , c'est-à-dire vers l'endroit où nais- sent les apophyses zygomatiques du maxillaire. Sa largeur y est de 0,020 tout au plus. Il est un peu moins étroit entre les molaires. L'échancrure palatine postérieure est plus étroite aussi, mais plus longue, que celle du Dugong ou des Lamantins; le palais est surtout plus étroit que chez ce dernier. Dans une Note que M. Marcel de Serres et moi avons publiée sur les Fossiles des sables marins de Montpellier, nous avons déjà décrit (1) la mâchoire inférieure du genre Halillierium. MM. de Christol et de Blainville en avaient également parlé ; . aussi nous paralt-il inutile d'y revenir ici, si ce n'est pour rap- peler son extrême ressemblance avec celle du Dugong. La forme du crâne et celle de la mandibule est donc presque complètement la même que dans le genre vivant , dont nous avons dû répéter si souvent le nom. fl) Ann. Se. mit., V série, t. V, \t. 27). "ilO V. UEKtAlii. - AlAWAIUÈllJiS» lOSSlLI'.S IV. — Sur les dents des HaUlherium . M. de Christol et M. de Blainville ont décrit la forme des dents molaires de notre animal fossile ; et nous n'ajouterons guère à ce qu'ils en ont dit qu'un mot sur la formule dentaire. Notre crâne a trois molaires en place de cliaque côté de la mâ- choire supérieure, comme celui de M. Bruno, et déplus les al- véoles de deux autres paires de molaires qui n'ont pas été con- servées par la fossilisation. Une voûte paktino et maxillaire (l) de la même espèce, appar- tenant à la collection de M. Marcel de Serres, mais provenant d'un individu plus vieux que le crâne que nous avons décrit, n'a plus que deux paires de molaires en place ; elle montre seulement en avant les alvéoles de deux autres paires de dents molaires; les alvéoles de la paire la plus antérieure avaient disparu. 11 y avait donc dans la série des âges , et peut-être simulta- nément lorsque l'état adulte commençait , cinq paires de dents molaires. Il faut remarquer que ce nombre est aussi celui qui caractérise les jeunes Dugongs. La forme des trois paires anté- rieures des dents molaires est encore inconnue. La mandibule , que nous connaissons en nature d'après divers fragments, ne porte, dans les morceaux que nous avons sous les yeux , que les deux arrière-molaires et les alvéoles des deux dents, également molaires, qui les précédaient. M. de Christol a figuré une mandibule qui montrait trois de ces dents encore en place et l'alvéole d'une quatrième. M. de Blainville a constaté, par les dents en place ou les alvéoles vides de Vllalitherium de Giietlard , recueilli à Etrichy, cinq paires de molaires. Ainsi c'est encore le même nombre de dents inolaires inférieures que chez les Dugongs. A'^oilà donc une nouvelle et importante affinité entre les Siréniens fossiles et leurs représentants actuels dans (I) Zoologie fmnraise , pi. 5, fig. I . — 11 y en a maintenant des modèles au Muséum de Paris, ainsi que pour un assez, grand nombre d'autres fossiles re- marquables du département de l'Hérault, que nous avons communiqués à M. de Blainville pour être moulés. UL MlUI Uli I.A ll'.l.NGli. 217 la mer des Indes: c'esL la similitude de la Ibrmule dentaire, du moins pour les molaires. Il est vrai que la forme de ces dents durerait un peu : celles des Halitherium ont en effet l'émail delà couronne disposé inférieurement en collines transverses et supé- rieurement en mamelons qui rappellent assez bien certaines dents de Mastodontes. Les racines de ces dents sont plus dilTérentes encore, et elles fournissent le meilleur caractère générique par le- quel on pourraséparer les Halitherium des Halichores ou Dugongs. Celles de la mâchoire supérieure, sauf très probablement la pre- mière , ont trois fortes racines, et les inférieures en ont deux , tandis que la racine est indivise chez les Dugongs aux deux mâ- choires (l). Les dents des Halitherium ont de l'analogie avec celles des Lamantins par la forme et le nombre de leurs racines. Le nombre des dents est, au contraire, fort différent chez les Hali- therium et les Lamantins comparés. Les dents de la région incisive soflt, au contraire , très semblables chez les deux genres Halithe- rium et Dugong. Les os incisifs de l'animal fossile logent aussi deux fortes inci- sives en défenses, cachées par l'alvéole, comme celles des Du- gongs , dans la plus grande partie de leur étendue. Leur portion exserte n'a que trois ou quatre centimètres ; elle esl , comme c'est l'habitude chez les Dugongs, en cône un peu apointi. Celles de notre crâne sont en place; leur bout n'était pas encore entamé. On sait maintenant que le Dugong a aussi des dents incisives inférieures, et que chacune des cavités alvéoliformes du plan an- térieur de sa symphyse mandibulaire, loge, sous la plaque cornée ([ui en recouvre la surface, une dent grêle et aiguë. Ces dents, que l'on ne possède pas encore toutes, et qui manquent constamment aux vieux crânes de nos collections , ne nous sont pas connues en nature chez les Halitherium. Mais la mâchoire inférieure de ceux-ci montre les mêmes alvéoles sur la même partie de la région symphysaire que celle du Dugong. On y voit même cinq paires de ces alvéoles au lieu de quatre, et l'on doit admettre par con- séquent cinq paires des petites dents. ( 1 ) Les dénis des Dugongs n'ont pas la môme forme que celles des Toxodons ; mais elles sont, comme elles, sans racines distinctes. 218 p. 6EBVAIS. — MAM.MIFÈllES FOSSILES V. — Beiiinifiufs sur le genre Toxodnn. Nous ajouterons à ce Mémoire quelques remarques sur les af- finités naturelles qui nous paraissent exister entre les Siréniens (plus particulièrement les Dugongs) et le genre remarquable de fossiles sud - américains auquel M. Richard Owen a donné le nom de Toxodon. Depuis assez longtemps nous avions été conduit à, comparer entre elles les dents incisives inférieures si peu développées des Dugongs et celles que le loxodon présente à la même place sur la mâchoire inférieure, mais qui ont, dans cet animal, un développement considérable. IJHalitherium, le Dugong et le Toxodon sont les seuls Mam- mifères qui aient des dents ainsi implantées : il y en a trois paires chez le Toxodon , quatre chez le Dugong , et cinq dans le genre Halilhermm. Celles des Toxodons , qui sont les moins nombreu- ses, sont aussi les plus fortes (\ ). Le Toxodon, il est vrai , montre deux paires d'incisives supérieures, et les animaux auxquels nous le comparons ici n'en ont qu'une. L'une des alvéoles qui ont fait admettre ces deux paires d'incisives ne serait-elle pas l'al- véole de la défense de lait, et l'autre ou l'externe, celle de la se- conde dentilion? On voit quelque chose d'analogue, à un certain âge, chez les Dugongs. D'ailleurs la présence réelle de deux pai- res d'incisives supérieures ne serait pas une raison pour éloigner le Toxodon des Siréniens (2) auxquels il ressemble sous tant d'au- tres rapports. ^ Le Toxodon a sept paires de molaires, et ces molaires sont sans racines distinctes, comme celles des Dugongs. Il serait cu- (1) On sait que les Gravigrades terrestres ont, dans beaucoup de cas, une paire d'incisives inférieures. Le Dinallterium , qui a bien quelques uns des carac- tères des Siréniens dans l'osléologiede son crâne, avait ces deux dénis au maxi- mum de développement. C'était le rroboscidien le plus rapproché des Siréniens. (2) On doit regretter de ne point connaître encore les incisives supérieures du Dinotlierium; elles pourraient peut-être fournir, pour la question que nous trai- tons ici, d'utiles renseignements. IJU MIDI Dli 1,\ lltANCIi. !219 lieux de comparer leur structure à celle des molaires de ces ani- maux. Les molaires supéi^ieures du Toxodon sont séparées des incisives par un espace vide , et la direction de celles-ci rappelle une particularité distinclive des Dugongs. Le crâne lui même du Toxodon , quoique plus long que chez le Dugong et les Lamantins et différant génériquement de celui des uns et des autres, a cependant de nombreuses analogies avec celui de ces animaux, et M. Owcn indique sous ce rapport divers points de ressemblance très remarquables dans le travail qu'il a publié sur le Toxodon (1). On se les démontrera facilement en com- parant, ainsi que nous l'avons fait plusieurs fois , avec une tète de Lamantin, et mieux encore de Dugong, les excellentes figures que M. Owen a publiées. Ces figures représentent le très beau crùnc de' Toxodon ({uc l'on conserve au Collège des Chirurgiens à Londres, où nous avons pu le voir. Plusieurs des particularités qui distinguent le crâne du Toxodon et celles qui caractérisent le système dentaire manquent aux Pachydermes, etc. IV'ous croyons donc que c'est avec les Siréniens qu'il faut placer le Toxodon. En In mettant avec ces animaux , on explique ses rapports avec les Pachydermes, les Édentés et les Rongeurs, puisque le Du- gong lui-même nous en montre de semblables. La formule dentaire de ces remarquables fossiles était celle-ci: ^ molaires, ^ canines ' incisives. Ces animaux, paraissent avoir . été moins aquatiques que les autres Siréniens, et l'on ne saurait encore assurer s'ils avaient quatre pieds ou deux seulement ; mais l'on doit se rappeler à cet égard que le même doute a été émis à propos des Dinotherium d'Europe. (I) Voyage du vaisteau anglais le Bcagle, volume des Mammifères fossiles. — ■ Ce travail a été reproduit , ainsi que les figures qui l'accompagnent , dans les An- nales des Scietices nnlurelles, V série, l IX, p. 25, pi. 2 et 3 , sous le litre suivant : « Description du crâne du Toxodon pliitensis , grand Mammifère perdu , que Ion doit rapporter à tordre des Pachydermes . mais qui offre en m^me temps des affinités avec les Kongeurs, les lïdenlés et les Cétacés herbivores. » ft 220 p. «EKVAIS. MAMMlKÈRiiS FOSSILES RÉSUMÉ. Pour formuler les observations et les opinions que nous avons consignées dans ce Mémoire , nous dirons : 1° (Jiie tout , dans le crâne , dans la formule dentaire, aussi bien que dans le squelette des membres , du tronc et de la queue, démontre qu'il existe la plus grande analogie entre les Halithe- rium, fossiles enEurope, et le Dugong vivantdans la mer Rouge et dans l'Océan indien ; 2° Que les animaux que l'on a nommés Pugmeodon , Halia- 7iassa , Halichore fossile , Manalus fossile , Cheirotherium , Me- taxythehum , et quelques autres encore, sont des animaux d'un seul et même genre ; 3° Que ce genre doit reprendre le nom d'Halilherium que lui avait donné M. Kaup et que plusieurs auteurs ont même accepté. 4° Que les Halitherium étaient, comme le sont les Dugongs, des mammifères thalassothériens de l'ordre des 5iVeniœ d'Illiger, ordre qui répond à la famille des Cétacés herbivores de Ci. Cu- vier et aux Gravigrades aquatiques de M. de Blainville. 5° Qu'ils doivent être réunis aux Halichoridœ ou Dugongs, dans la famille desquels ils forment un genre distinct, et non aux Manatidœ. 6" Que les caractères génériques des Halitherium , c'est-à-dire ceux par lesquels ils se distinguent des Dugongs, sont les suivants : Dents molaires ;: comme chez ces animaux, mais à tubercules mastodontiformes beaucoup plus développés et plus persistants ; les postérieures à deux collines , avec un talon plus considérable aux inférieures, qui ont deux racines seulement, qu'aux supérieu- res, qui ont trois racines; une paire d'incisives supérieures en dé- fenses, comme chez les Dugongs, et inférieurement cinq paires d'alvéoles mentonnières, au lieu de quatre. Ce qui donne la formule suivante : molaires | , canines -°, in- cisives ^. 7" Qu'il y avait évidemment, comme on l'a admis, plusieurs espèces européennes du genre Halitherium , quoique leurs carac- tères distiuctifs n'aient encore pu être indiqués que d'une manière incomplète. mi MIDT DE I.V FRANCE. 521 S" Que l'espèce d'Haliteviiim dont les ossements sont ensevelis dans les sables marins de Montpellier [Halivhore médius , Marcel de Serres, Halichore Cuvieri, deChristol, partim, Melaxytherimn Ctivieri , iti. in Blainv.) dilTérait très probablement de celle de la Loire {lialith. fossilis owVuvieri des auteurs), de celui de la Seine {H. Guellardi) décrit par M. Blainville, et de celui du Pô {Huli~ Iherium Brocchii), connu par ce qu'en ont dit MM. Bruno et de Blainville. 9° Que l'espèce fossile à Montpellier devant prendre un autre nom que celui de Cuvieri, qui appartient plus spécialement à l'animal de la Loire, nous l'appellerons H. Serresii, du nom de M. Marcel de Serres, qui a publié un grand nombre de travaux relatifs à l'histoire naturelle du midi de la France. 10° Que les Haiichoriilœ. et les Manalidœ ne sont pas les seuls mammifères que l'on doive rapporter à l'ordre des Siréniens , et que le Toxodon, animal fossile dans l'Amérique méridionale, ap- partient aussi à ce groupe par son système dentaire et par la forme de son crâne. 11° Que le Toxodon formera parmi les Siréniens une nouvelle famille sous le nom de Toxodontidœ , laquelle est plus voisine des Halichoridœ que des Manalidœ. 12° Que les Toxodontidœ paraissent devoir prendre place à la tête des Siréniens, tandis que les Dinotherium, qu'on avait éga- lement rapportés au même groupe qu'eux, semblent former le dernier genre de la série des Gravigrades Proboscidiens. § VIII. Sur un Bouquetin fossile dans les cavernes , et sur quelques autres Ruminants. Les ossements fossiles qui appartiennent à des Ruminants voi- sins de nos Chèvres et de nos Moutons sont encore très rares dans les collections , et ils sont pour la plupart si incomplètement con- servés et si peu connus qu'on a, dans plusieurs cas , de l'incerti- tude sur leur véritable genre ; quelques uns même n'ont pu être distingués suflisamment de ceux des Aniilopes. Occupé depuis quelque temps de l'étude des Vertébrés fossiles f|ue l'on trouve enfouis dans les foimations tertiaires et dilii- 222 p. ftERVAIS. — MAMMIFÈRES FOSSH.ES viennes du midi de la France , j'ai dû nécessairement accorder une attention toute particulière aux Ruminants du groupe que je viens de signaler. En effet , il ne serait pas sans intérêt d'en com- parer les espèces avec celles, en petit nombre, qui ont résisté à la destruction dans nos contrées, ou aux espèces plus multipliées et distinctes de celles-là qui constituent nos animaux domestiques. Nous ne connaissons dans les terrains tertiaires, du moins dans ceux du Languedoc et de la Provence , aucun débris osseux c[ui puisse être rapporté sûrement aux genres Chèvre ou Mouton. Ainsi que nous nous en sommes assuré, le prétendu Mouton ter- tiaire de Cucuron est une Antilope (i), et la Chèvre indiquée dans les sables marins de Montpellier n'a pu être démontrée. M. Pomel (2) cite sous le nom de Capra Rozeli un Bouc fossile à Malbattu, près d'issoire, en Auvergne; il l'a reconnu d'après quatre dents molaires encore en place sur un fragment très mutilé de maxillaire ; il indique aussi (3) , mais sans les décrire , deux espèces de Chèvres fossiles dans le Pliocène d'Auvergne , et une Antilope ou Chèvre des terrains supérieurs de la même province. Une de ces deux Chèvres du Pliocèneest sans doute le Capra Rozeli, dont M. Bravard nous a donné un modèle en plâtre. Nous avons également signalé le genre (Aipra parmi les fossiles des terrains supérieurs d'Auvergne. [>a collcclion de l'abbé Croizet possède, en effet , une faible portion de crâne avec un reste de cornes qui indique un animal voisin des Bouquetins. Nous avons encore si- ( 1 ) Celle espèce , qui a été indiquée parmi les fossiles du dépôt tertiaire supé- rieur d'eau douce de Cucuroii , par M. de Cliristol , et dont nous avons nous- méme parlé dans le lome V de ces Annales , p. 261, est une Antilope et non un Mouton. C'est ce que nous a récemment démontré la structure pleine de ses cornes. La taille de cette espèce était à peu près celle de la Gazelle [Anlilufe Dorcas), et ses cornes paraissent avoir eu la même force et probablement aussi la même forme que celles de la Gazelle mâle. Des dents dont la grosseur paraît propor- tionnée à la taille de l'-Vntilope dontccs cornes proviennent, sont assez communes dans le même gisement. Ce sont des molaires, évidemment celles d'un Ilumjnant, et ayant, comme cellesde r.-iii(i/opt' Chrisloiii, des colonnettes d'émail. Nous avons donné a l'AnUlope inconnue dans la nature vivante, dont les restes .sont enfouis à Cucuron avec ceux de VHyœna hippanonum , de VHipparion ou Hippotherhim , et de quelques animaux dont nous avons déjà parlé, le nom d'A'nlihpe deperdila. (2) Cimiples-reiidus de l'Académie des Sciences, t. XIX, p. 225 (1844). (3) Hidl. de In Soc. géologique de France, 184i. ni MIDf DR l.\ lltANCr.. 228 gnalp. rjuniquo avor C|ucl((iic doute, le BniK|iietin {('apm œf/afirus ou 6'. ibex}, d'après des os recueillis dans uue caverne du départe- ment de l'Isère, par M. Charvet, professeur à la Faculté des Sciences de Grenoble (1). Nous avons, au contraire , la certitude que le genre Bouquetin, et non celui des Moutons ou même des Chèvres, a laissé des débris fossiles parmi ceux qu'on a trouves enfouis dans la caverne de Mialet , à quelque distance d'Anduze et d'Alais, dans le dé- partement du Gard (2). Ces ossements du Bouquetin de Mialet devront être soigneuse- ment comparés à ceux que M. Charvet et M. Croizet ont recueillis. Plusieurs sont assez bien conservés , et la comparaison que j'en ai faite avec des os en nature ou hgurés du Bouquetin des Pyré- nées, de la Chèvre, de l'iEgagre , du Mouflon et du Mouton, ainsi qu'avec ceux dedivcrses Antilopes, m'a montré qu'ils appar- tenaient bien au genre du premier de ces animaux , et qu'ils dif- féraient des mêmes parties chez la Chèvre , et surtout chez le Mouton et les Antilopes. La forme du crâne , la direction , la coupe et l'épaisseur des cornes, les phalanges, tout, en un mot, démontre qu'ils provien- nent d'un Bouquetin (3). Je n'ose pas même affirmer que l'espèce à laquelle ils ont appartenu dilTérait de celles qui vivent aujour- d'hui en Europe , et plus particulièrement dans les Pyrénées et dans les Alpes. On sait combien les exemplaires empaillés , et à plus forte raison les squelettes de ces animaux , sont encore rares dans les Musées ; aussi quelques éléments de comparaison nous manquent encore pour décider cette question. Nous proposerons, en attendant que cette comparaison ait pu avoir lieu (4), de désigner le Bouquetin fossile sous le nom à'Ibcx (1) Zoologie de Patriu. p. 515 et 516. — Nous aurons plus tard l'occasion de revenir sur ces ossements. (2) Voir dans Marcel de Serres, Cawrnex à osxemenis. 3* édit., p. \ 49, la des- cription de cette caverne. (3) Le sous genre des Bouquetins doit être distingué de celui des Chèvres, et si l'on laisse à ce dernier le nom de Oipra, on pourra donner aux Bouquetins celui à Ibex. (4; De nouvelles recherches ont montré que le Bouquetin des Alpes, celui des Pyrénées et celui de la Sierra-Nevada consliluenl autant d'espèces différentes. 224 >*■ CKRVAIS F.T MARCEL UF. SERRES. Cehennarum, et nous publierons la figure des principales pièces que nous en possédons, en même temps que celles des autres fos- siles dont il est question dans nos différents Mémoires. Les ossements de notre Ibex des Cévennes ont été recueil- lis , il y a une quinzaine d'années, avec des débris à'Ursus spelœus , de Felis de la taille des Panthères , d'Hyœna spelœa, et de quelques autres animaux mammifères, tous de la faune des cavernes diluviennes de l'Europe centrale. Ces ossements, d'après lesquels le genre Antilope avait été indiqué parmi les fossiles de la caverne de Mialet, appartiennent à la collection de la Faculté des Sciences de Montpellier. Les débris fossiles des petits Ruminants à cornes creuses trou- vés dans les autres localités ont été , comme ceux d'Auvergne , attribués au genre Capra, sans qu'on ait fait de distinction entre les Bouquetins et les Chèvres , ou bien au genre Mouton. Quel- quefois on est resté indécis entre les différents sous-genres. Ceux de Gaylenrculh , Liège , Plymouth , Caunes près Carcas- sonne, Pondres près Sommières, Villefranche, Nice, Cette, etc., sont principalement dans ce cas. Nous n'en avons vu aucun. Les auteurs (1) de la description des ossements recueillis à Lunel-Viel ont cilé, d'après l'inspection d'nn canon , VOvis tra- yelaphus , comme fossile dans cette caverne. Cet os est, en effet, du genre Ovis , et sa forme ne diffère qu'assez peu de son ana- logue dans le Mouton domestique ordinaire. Il y a donc parmi les animaux si curieux de Lunel-Viel une espèce du genre Ovis. S 'X- Nouvelles Observations sur les Mammifères dont on trouve les restes fossiles dans les sablfn murois di: Mun/p/'/lier (i); Par MM. FAUX. CERVAIS et MARCXI. DE SERRES. Depuis que les observations de M. de Christel , celles de ^^ de Blainville et les nôtres ont prouvé que les Rhinocéros, dont les (1) MM. Marcel de Serres, Dubrueil el Jeanjean. (2) La première partie fie ce Inivail a paru dans ces Annales, .1' série , I. V, p. 266. MAMMIFÈRES FOSSII.KS DE MONTPELI.IEK. ' 225 restes ont été enfouis dans les sables des environs de Montpellier, dilTèrent spécifiquement de ceux des terrains miocènes (Rhinocé- ros iiicisicus) et de ceux du diluviuni {Rhinocéros tichorhinus), l'étude des Mammifères contemporains de cette grande espèce de Pachydermes a acquis un nouvel intérêt. Déjà nous avons démontré, dans une première notice, que le Proboscidien de ces sables, appelé par nous Mastodon brevirosire, dilïérait aussi de ceux des époques géologiques antérieure et pos- térieure à celle qu'il caractérise , et qu'il en était de même de quelques autres Mammifères. Les nouvelles recherches que nous avons faites nous ont fourni plusieurs remarques de même genre que celles que nous venons de rappeler. En voici l'énumération : 1° Une canine supérieure, recueillie dans nos environs, a cer- tainement appartenu à une grande espèce de Chat (genre Felis), de taille égale à celle du Lion et du Tigre. Elle approche surtout par sa forme de celle du premier de ces animaux. 2° Une espèce du genre Sus, dilïéi'ente de celle que nous avons précédemment signalée, nous est indiquée par une dent molaire supérieure, dont la forme annonce plus d'analogie avec les Pé- caris et les Cho'ropotames qu'avec les Sangliers. 3" La mer dans laquelle ont été portes tant d'ossements d'ani- maux terrestres nourrissait également , outre les Cétacés herbi- vores et les Souffleurs que l'on y a constatés, une espèce de la famille des Phoques. Nous en avons la preuve dans une dent inci- sive supérieure externe fort semblable à sa correspondante chez le Phoca leptonyx des mers australes. Nous donnerons à cette nouvelle espèce le nom de Phoca occitmia (1). h" Les Mammifères déjà signalés dans d'autres publications soit par M. de Christol , soit par nous , nous ont aussi fourni quelques remarques encore inédites. (I) J'ai reçu en communication de M. Requien , d'Avignon, une dent canine de Phoque , trouvée dans la mollasse à Uchaux (déparlement de Vaucluse) entre Orange et Saint Paul-Trois-Chàleaux, qui est une des localités où l'on a recueilli des cotes d'Halitherium. Cette dent ressemble beaucoup à son liomologue chez les Otaries. P. G. V Sérii'. Z.HH.. T. VUI. ((Iclolire I Si7.) r. 15 226 p. UERVAK Hl MAUrEL DE SERRES. Ainsi nous avons la certitude que VOurs fossile dans les sables tertiaires de Montpellier était bien d'une autre espèce que ceux des cavernes. Il ressemblait davantage, par sa taille et par la forme de la dent caractéristique que nous avons pu en voir (la mo- laire postérieure d'en bas), à VUrsus arvernensis , fossile en Au- vergne, et aux Ursus malayanus el ornatus de l'époque actuelle. 5° Le genre des Hyènes a bien réellement laissé des débris dans la formation qui nous occupe. Plusieurs dents canines que nous avons observées ont tous les caractères de celles de ces ani- maux : toutefois, il nous est encore impossible de rien décider sur l'espèce dont elles proviennent. 6° Nous nous sommes procuré de nouveaux débris du Castor, soit dans le dépôt sableux marin , soit dans le banc fluviatile qui en dépend. 7° L'Antilope, que M. de Christel a nommée Antilope Cordieri, et qui est aussi V Antilope recticornis (Marcel de Serres), appro- chait par sa grandeur et ses caractères de l'Antilope chevaline {Antilope equina), du sous-genre Egocère. Elle possédait , comme celle-ci, une particularité dans la forme de ses molaires, que l'on croit à tort spéciale aux genres des Cerfs et des Bœufs ; nous vou- lons parler des petits cylindres d'émail (un pour chaque dent), qui sont placés à la face externe des molaires inférieures et à l'in- terne des supérieures. C'est sans doute à V Antilope Cordieriou recticornis qu'U faut attribuer les dents des mêmes terrains, que l'on a signalées d'abord comme des dents de Bœufs, parce qu'elles présentent les caractères que nous venons d'indiquer. En effet, rien ne nous autorise encore à admettre la présence du genre Bœuf dans les sables de Montpellier. Nous en dirons autant pour celui des Chèvres, qu'on avait supposé s'y rencontrer aussi. É. BMKCHABO. — SIR I.E (JENRË GAI.KODIi. 227 OBSERVATIONS SUR l'organisation d'un type de la classe des arachnides, LE GESHE GALÉODE {GALEODES Latb); Far M. ÉMIX.E BULNCHARD (|). Si l'organisation des Crustacés et des Insectes a été l'objet de recherciies considérables , il n'en est pas de même, à beaucoup près, pour la troisième classe de l'embranchement des animaux articulés. Sous le rapport anatomique , on s'est borné , pour les Arachnides , à l'étude souvent fort incomplète d'un petit nombre de types. Après les faits introduits dans la science par Treviranus, c'est surtout à Dugès, puis à MM. Brandtel Ratzeburg, et dans ces derniers temps à M. Newport , que sont dues les recherches les plus importantes sur l'organisation de diverses Arachnides. Je dois mentionner encore les observations de M. Milne Ed- wards et celles plus récentes de M. de Quatrefages (2) sur un groupe très singulier (les Pycnogonides) , regardé par Latreille comme appartenant à la classe des Arachnides, et considéré par M. Milne Edwards comme devant plutôt prendre place dans celle des Crustacés. Les Pycnogonides peuvent en effet fournir un terme de comparaison avec le type qui fait le sujet de ce Méjiioire. Les Galéodes, sur lesquelles j'appelle actuellement l'attention des zoologistes, constituent, dan.sla classe des Arachnides, un petit groupe de l'ordre des Trachéennes, très nettement séparé de toutes les autres divisions. Par leur aspect général, elles ressem- blent un peu à certaines Araignées. Mais, comme on lésait, les caractères fournis par les yeux et par tout le système appendi- culaire les en éloignent beaucoup. Ces animaux sont répandus seu- lement dans les parties les plus méridionales de l'Europe, en Afri- que, en Asie et dans quelques parties de l'Amérique méridionale. (1) Un extrait de ce Mémoire a élé publié dans les CompU-s-rendus île l'Acadé- mie des Sciences, séance du 22 décembre 1815, \>. 1383. (2) AimalfS des Sciences nalurelles, 3" série (1845), l. IV, p. 6!), pi, 1 et 2. 228 É. BLA^THARD. — SI R I.E GEMiE GALÉODE. Encore ils paraissent être peu communs dans les régions où on les rencontre habituellement. J'avais cherché depuis longtemps à me rendre compte des rapports naturels existant entre les Galéodes et les autres Arach- nides. Les formes extérieures pouvaient m'apprendre peu de chose de nouveau à cet égard. Je n'avais pu rencontrer ces cu- rieuses Arachnides dans les parties de l'Europe méridionale que j'ai visitées. Les individus conservés dans l'alcool me paraissaient devoir offrir peu de ressource pour les investigations anatomiques. Cependant M. Lucas, attaché au Muséum d'histoire naturelle et membre de la commission scientifique d'Algérie, ayant mis à ma disposition des individus plongés dans la liqueur, mais dans un très bon état de conservation , j'ai examiné leur organisation in- térieure. Ces Galéodes [G. barbara Lucas (1)) ont été rencon- trées par M. Lucas aux environs de Sétif en Algérie. J'ai dû de toute nécessité renoncer à étudier le mode de circu- lation chez ces animaux. J'ai cru devoir aussi m'abstenir de représenter la disposition des trachées et les organes de la géné- ration. C'est seulement sur des individus vivants qu'on peut observer ces parties délicates. Le canal alimentaire et le système nerveux n'ayant pas subi d'altération bien sensible, je me suis attaché spécialement à l'é- tude de ces deux appareils. Si le résultat de ces recherches et le but de ce Mémoire étaient seulement de signaler les particularités qui nous sont offertes , chez les Galéodes, par le tube digestif et le système nerveux, il eût été sans doute préférable d'attendre d'autres observations sur les Arachnides pour les joindre à celles-ci. Il eût été en effet plus facile alors d'apprécier les aflinités naturelles que présentent entre eux les divers types de cette grande division zoologique. Aussi ne les discuterons-nous pas actuellement. Nous nous réservons de nous étendre sur ce sujet dans un prochain travail. Mais le fait principal , en apparence isolé, que j'apporte ici se (I) ExplurdliuH scii'iitifiquv de l'Algi'ric (Arliculés) , pari, I , p. 279 (Arach- nides). ]il. 18, (Ig. 7. É. BL*1\IH.»BD. — SUB I.E GENRE GALÉODE. 229 rattache à des faits tr^s giînéraiix, et de plus il me paraît de na- ture à fixer ou à modifier l'opinion des zoologistes sur certains points de l'anatomie des Articulés. Kn un mot, mon but essentiel en ce moment est de montrer tout le parti qu'on peut tirer de l'étude du système nerveux pour la détermination des diverses pièces du système appendiculaire, et par suite, de donner une détermination exacte des appendices des Arachnides. Ce point , sur lequel je suis le premier à appeler l'attention , fournira certai- nement par la suite plus d'un résultat. D'après les recherches déjà publiées sur l'organisation de cer- taines Arachnides , on sait que leur tube alimentaire est ordinai- rement pourvu de prolongements ou cœcum. Chez les Galéodes , ces expansions acquièrent surtout un assez grand développement. C'est à cette disposition déjà observée chez divers animaux inver- tébrés que .M. de Quatrefages a donné le nom de phlébentérisme. Elle a paru coïncider ordinairement avec la dégradation de l'ap- pareil respiratoire, ou même avec la disparition totale d'organes spéciaux pour cette fonction , comme, par exemple, chez les Vers de la classe des Anévormes. Dans les Arachnides qui nous occupent en ce moment, les tra- chées se ramifient dans toutes les parties du corps et reçoivent l'air par trois paires d'ouvertures bien observées, et représentées pour la première fois par M. Milne Edwards dans les planches qui ac- compagnent la nouvelle édition du Règne animal de Cuvier. Les Insectes , dont le mode de respiration est analogue , ne nous ont jamais présenté le phlébentitrisme. Sa présence dans les Arach- nides, et surtout son développement dans les Galéodes, doit nous faire penser qu'il existe là une raison physiologique particulière et néanmoins très difficile à expliquer d'une manière tout à fait certaine. L'existence de prolongements ou diverticulum de l'intestin, comme le fait remarquer l'auteur d'une notice sur le Phalangium, M. Tulk (1) , se voit particulièrement chez les animaux qui se (I) Ammls and Magazine ti( Saturai histonj. vol. XII . p. 1o3, 213 et 31 8. pi. 3, 4 el a (1843). 230 É. BLAKCUARD. — SIU I.K (JEMIE (JALÉODE. nourrissent de fluides contenus dans le corps d'autres animaux. En effet , c'est le cas pour les Galéodcs , comme pour la plupart des Arachnides. Les cœcuni seraient destinés à retenir les ma- tières nutritives, et à les transporter dans réconomie pour les faire servir plus complètement à la nutrition. Dans les Galéodes, le canal intestinal (1) débute par un œso- phage assez court , s'élargissant bientôt en un estomac , qui oiTre en avant deux paires de cœcum (2); La première paire se ter- mine à la base des antennes-pinces, et la seconde à la base des grands palpes. En outre , il existe de chaque côté deux autres de ces prolongements qui se bifurquent après un court trajet , de manière à former quatre appendices qui pénêlrent dans chacune des pattes (3). La longueur de ces diverlivnhim est donc plus considérable ici que dans les Aranéides; mais elle l'est beaucoup moins que dans les Pycnogonides. En arrière de l'estomac , le canal intestinal se rétrécit , de ma- nière à former un intestin , qui se rend directement à rextrémité du corps, sans décrire ni circonvolutions, ni sinuosités. Ainsi qu'on l'a observé chez un grand nombre d'Arachnides , la portion terminale de l'intestin des Galéodes présente latéralement un cœcum (i) de forme ovoïde et d'une ampleur considérable. Je . ne décrirai pas ici les organes hépatiques, car, vu l'altération de ces parties dans mes individus, j'ai conservé du doute relative- ment à plusieurs points. Le système nerveux offre un degré de centralisation remar- quable , mais comparable du reste à ce qui existe chez la plupart des représentants de la même classe. Les ganglions thoraciques constituent une seule masse. Le cerveau , ou le centre nerveux cérébroïde , repose directement sur la masse médullaire thora- cique. En arrière , on trouve seulement une petite ouverture donnant passage à l'œsophage (5) , et représentant le collier (1)PI. 6, fig. 1. (2) PI. 6, fig. i, d.e. (3) PI. 6, fig. i.r.gXi. (4) PI. 6, fig. 4,(. (5) PI. 6, fig. 2 a,b. É. BLAKC'llitRn. — SLII I.K GliMIli (lALUODK. 231 qui se voit ciiez tous les animaux articulés. De la partie posté- rieure du centre nerveux llioracique naît un cordon abdominal , olïrantà la base de l'abdomen un très petit ganglion (1). Ce serait peu sans doute de signaler cette disposition géné- rale de l'appareil de la sensibilité, si elle ne nous devait ser- vir à éclairer un des points encore les plus douteux touchant les appendices des animaux articulés. Jusqu'à présent , on le sait , il a été impossible de démontrer clairement la nature des appen- dices antérieurs des Arachnides. Toutes les opinions se sont pro- duites tour à tour. Je ne crois pouvoir mieux faire, pour donner une idée exacte de l'état de la question au moment où je l'ai étudiée d'une manière nouvelle, qu'en rappelant les lignes suivantes empruntées au travail récent d'un naturaliste qui s'est beaucoup occupé de l'é- lude des animaux articulés (•2). " La détermination des pièces de la bouche des Arachnides, dit «M. Brullé(3), doime \ieii k des interprétations différentes , en » raison du caractère particulier qu'elles alïectent dans cette ). classe d'animaux. Ainsi les pièces que les uns désignent sous » le nom de mandibules, et qu'ils regardent comme les analogues » des mêmes parties dans les autres Articulés, sont nommées par >' d'autres antennes-pinces, et par d'autres encore forcipulcs , la » première analogie ne leur ]mraissant pas suffisamment établie. » Cette divergence dans les opinions traduit évidemment une » conformation nouvelle dans les organes , et il est peut-être aussi >. peu exact de dire que les premiers appendices des Arachnides )) sont des mandibulesque de les appeler des antennes. D'un autre » côlé, il est peut-être aussi facile de justifier l'une de ces déno- « minations que l'autre; il suffit pour cela d'inlci-préter dilférem- .) ment les parties qui viennent à la suite de cette première paire M d'appendices, c'est-à-dire celles qui se trouvent placées entre » elle et les mâchoires. » (1) PI. 6,fig. 2, /. (2) Brullé , Recherches sur les transfurinniions des appendices dans tes Articu- lés [Ami. des Sciences naturelles), V série, l. II, p. 271 (I84i). (3) /.oc. cit., p. 3 1 i ( Décembre 1!i44). 232 É. BLANCHARD. — Slll l.li OENKK GALÉODE. Ces paroles, je le répète, résumaient parfaitement l'état actuel de la science relativement à la question qui nous occupe. Aujour- d'hui, je le crois, il ne pourra rester le moindre doute; nous verrons bientôt qu'il n'y a pas pour les appendices des Arach- nides une conformation nouvelle dans le sens attaché à ce mot. Quand Geoffroy Saint-Hilaire voulut identifier les diverses parties du squelette des Vertébrés ; quand M. Savigny dirigea son attention , au même point de vue , sur les appendices des ani- maux articulés , ces illustres naturalistes s'attachèrent spéciale- ment à l'examen des connexions. C'est à l'aide des rapports des parties entre elles qu'ils ont déterminé rigoureusement, dans une foule de circonstances , des pièces dont la forme comme les usages pouvaient varier presqu'à l'infini. M. de Savigny sut ainsi montrer de la manière la plus évidente que toutes les pièces buc- cales de l'Insecte broyeur se retrouvaient chez l'Insecte suceur. Leur forme , le degré de leur développement , leur usage , seuls différaient ; leurs rapports de position persistaient. On a pu ainsi aller très loin en suivant cette marche, comme l'ont fait beaucoup de naturalistes. On est parvenu généralement à reconnaître, dans chaque grand type zoologique, une uniformité de plan fondamen- tal vraiment bien remarquable ; cependant , parmi les animaux articulés , il y a des cas où l'examen des connexions ne suffit plus pour déterminer exactement toutes les pièces du système appen- diculaire. Cette loi, si générale, ne se trouve pourtant pas en défaut, pour les types sur lesquels nous voulons appeler l'atten- tion des zoologistes. Nous le verrons , les parties restent encore les mêmes ; Ieui"s rapports entre elles n'ont pas varié. Mais les avortements de certaines pièces , les chevauchements , les sou- dures de diverses pièces entre elles, peuvent devenir si consi- dérables que les connexions sont pour ainsi dire masquées. L'observateur alors hésite , devine plutôt qu'il ne précise , et le plus souvent il s'égare. C'est réellement ce qui est arrivé à l'égard du système appen- diculaire des Arachnides. Or , aujourd'hui , dans bien des circonstances , et notanmienl dans celle-ci , nous aurons un moyen sûr de vérifier les faits déjà É. lll*KtllARI». — SI 11 l.li (jK.MIli (.Al.iiODK, Û?>1\ observés d'une autre manière , et de les mieux constater quand ils auront échappé d'ailleurs. Le système nerveux sera notre guide. Cet appareil se modifiant moins profondément dans chaque grande division zoologique que les autres parties de l'organisme, pourra nous éclairer d'autant plus; c'est ce que nous avons déjà eu l'occasion de faire remar- quer dans une autre circonstance et dans un autre but. Je n'ai pas besoin de rappeler aussi les résultats importants obtenus par M. Serres, par la comparaison du système nerveux dans les différentes divisions du règne animal. Les pinces des Arachnides ont été considérées comme l'analo- gue des antennes des Insectes : de là le nom d'antennes- pinces que leur donne Latreille (1). D'autres zoologistes, au contraire, les considèrent comme des mandibules, et moi-même j'ai long- temps partagé cette o])inion (2). D'autres enfin , comme M. Sa- vigny , leur refusant toute analogie soit avec les antennes , soit avec les mandibules des Insectes ou des Crustacés, leur ont donné un nom particulier, celui de forcipules. D'après les rapports de position seulement, cela doit paraître évident aujourd'hui , il était impossible d'arriver à une détermi- nation rigoureuse des pièces de la bouche des Arachnides. Comme le dit avec raison M. Brullé , on pouvait soutenir égale- ment les opinions les plus diverses. En effet , si les pinces sont des antennes , où seront les mandibules ? si les pinces , au contraire, (1) Ce naturaliste avait instinctivement très bien jugé de la nature de ces appendices, sans toutefois être à même d'apporter une preuve à l'appui de son opinion. _ , La têle , dit-il, ordinairement confondue avec le thorax , ne présente à a » place des antennes que deux pièces articulées , en forme de petites serres di- » dactylos ou monodactyles, qu'on a mal à propos comparées aux mandibules » des Insectes et désignées de même , se mouvant en sens contraire de celles-ci. » ou de haut en bas, coopérant néanmoins à la manducation, et remplacées, dans » les .\rachnides, dont la bouche est en forme de siphon ou de suçoir, par deux • lames pointues, servant de lancettes.» (Latreii.le, Bègne animal , t. IV, p. 207.) (2) Dklmnnnirc unie, d'hist. mit., publié par M. d'Orbigny, art. Abachsides, l. Il, p. 56(1840). 235 É. BLAKl'HAKU. — SUU Lli UliMiK GAl.ÉODE, sont les mandibules, il faut admettre nécessairement que les Arachnides n'ont rien qui puisse représenter les antennes des autres Articulés. En outre , les pinces étant regardées comme l'analogue des mandibules , on devait remarquer l'absence totale de lèvre supérieure, et en même temps l'impossibilité qu'olTrent ces appendices de se mouvoir dans le sens ordinaire des mandi- bules. C'était li, en effet, l'objection présentée par Latreille. L'anatomie vient lever toutes les incertitudes. L'observation de la Galéode ne pourra laisser le moindre doute dans l'esprit d'aucun anatomiste , ni d'aucun zoologiste. On était générale- ment porté à croire que les Arachnides se liaient très étroitement avec les Insectes ; elles ont , au contraire . des rapports beaucoup plus frappants avec les Crustacés. L'anatomie de la Galéode et de diverses Arachnides ne permet aucune incertitude à cet égard. Dès lors, les caractères des Pyc- nogonides , qui nous montrent ce groupe couime tenant à la fois aux Crustacés et aux Arachnides , devront paraître moins étranges. Ainsi , je serai conduit à comparer les appendices des Arach- nides et surtout des Galéodes plus spécialement avec ceux des Crustacés. Comme chez ces derniers, le cerveau des Galéodes fournit une première paire de nerfs se rendant aux yeux : ce sont les nerfs optiques (1). Ceux de la seconde paire, beaucoup plus vo- lumineux que les précédents, vont se ramifier dans les antennes- pinces ("2). Ce fait montre clairement que ces appendices ne sont ni des mandibules , ni des organes qu'on pourrait leur com- parer. Dans aucun animal annelé, les mandibules, les mâchoires et la lèvre inférieure ne reçoivent leurs filets nerveux des gan- glions sus-œsophagiens; c'est le centre médullaire placé exacte- ment au-dessous de l'œsophage, qui seul fournit des nerfs à ces pièces buccales. Les antennes-pinces ou forcipules des Arach- nides, comme le pensait Latreille, comme le croit aussi M, New- (I,)P1. 6, fig. 2, c. (2) PI. 6. fig. 2, d. É. BLANCHARD. — S( Il I.K (.KMIE CALËODE. 235 port (1), sont donc des antennes modifiées , quant à leur forme et à leur usage. Mais je dois faire remarquer une différence assez grande entre ces antennes des Arachnides et celles des Insectes , et, au contraire , une analogie très grande entre ces appendices et les antennes des Crustacés ; en effet , dans les Arachnides , comme dans les Crustacés, les nerfs internes naissant du cer- veau se portent aux yeux. Dans les Insectes , ils se portent tou- jours aux antennes. Les nerfs externes se rendent aux yeux chez les Insectes; dans les Arachnides, ils se rendent aux antennes comme chez les Crustacés. Néanmoins, il y a une remarque à faire ici : certains Insectes présentent des yeux simples ou des ocelles; chez ceux-ci, les nerfs les plus internes , naissant des ganglions cérébroïdes , se rendent directement à ces organes ; mais dans tous les cas , les nerfs des yeux composés sont externes par rapport à ceux des antennes. D'après ce fait , on est conduit à se demander si les yeux des Arachnides et des Crustacés ne sont pas les représen- tants des ocelles des Insectes ; dans ce cas , les véritables yeux des Insectes n'existeraient pas dans les deux autres classes. Si l'on ne devait tenir compte que des Arachnides, ceci paraîtrait extréûiement probable pour ne pas dire certain, ces Articulés ayant seulement des yeux simples. Mais les Crustacés n'offrant , en général , que des yeux composés comme ceux des Insectes , et leur situation n'étant pas la même, on éprouve alors un certain embarras , et je n'oserais même pas chercher à trancher la dilTi- cnlté. Dans la Galéode , comme dans les Insectes, où j'ai récemment signalé ce fait, il naît de la partie inférieure des ganglions céré- broïdes deux filets nerveux fort grêles passant sur l'œsophage entre les nerfs optiques , pour se ramifier dans les muscles de la lèvre supérieure ; cependant ici cet organe est très rudimentaire (2)i (1) Philonophical Transactions of the rayai Society of London , 1843, part. II , p. 2<3-24ri. — On the Structure, Relations and Développement of tlie nervous and circulalory Systems and on the existence of a complète circulation of the Blood in Vessels in Myriapoda and Macrourous Arachnida. (2) Hl. 6, fig. 2, g. 23G É. BLAXCHAB». — SUll LE GENKE GALÉODE. L'anatomie va encore nous éclairer pour la détermination de petites pièces auxquelles on ne paraît avoir fait presque aucune attention ; elles sont plus développées chez les Galéodes que chez beaucoup d'autres Arachnides, 11 sera d'autant plus facile de re- connaître leur véritable nature (1). Au-dessous du rudiment de la lèvre supérieure, on observe distinctement deux paires de petites pièces ; l'une est supérieure à l'autre ; cette dernière porte des palpes. Examinons les nerfs qui se rendent à ces organes ; ils prennent leur origine à la partie la plus antérieure du ganglion sous-œsophagécn , exactement comme on l'observe chez les Crustacés et les Insectes. Leurs re- lations entre eux sont les mêmes. Dans la Galéode , l'œsophage aboutit entre ces quatre pièces. Qui ne reconnaîtrait maintenant les mandibules dans la première paire d'appendices , et les mâ- choires dans la seconde, celle qui est munie de palpes. Là, comme chez les autres Articulés , le ganglion sous-œsophagicn fournit une paire de nerfs mandibulaires (2) , une paire de nerfs maxil- laires (3), dont l'origine est un peu au-dessous ; et enfin une paire de nerfs labiaux (4), dont l'origine est encore inférieure. Chez les Galéodes cependant , la lèvre inférieure avorte presque entière- ment, on en retrouve un simple vestige ; toutefois, nous retrou- vons les nerfs de chaque pièce prenant leur origine exactement dans les mêmes rapports que chez les Insectes. Néanmoins , le ganglion sous-œsophagicn des Arachnides est en grande partie confondu avec les centres médullaires thoraciques. Ces pièces buccales des Galéodes , déjà très petites , très rudi- mentaires , dans ce type , deviennent plus rudimentaires encore, et pour ainsi dire nulles , dans les Araignées proprement dites. Mais les déterminations auxquelles nous sommes parvenu ici ( I ) Ces petites pièces buccales des Galéodes ont été représentées avec exactitude par M. Savigny dans l'Atlas zoologique de la Description de l'Egypte (Arach- nides), pi. 8, fig. 7, 8, 9, et par M. Milne Edwards dans les planches qui accom- pagnent la nouvelle édition du /ligne animal de Cuvier (Arachnides), pi. 20 bis. (2) PI. 6, fig. 3, c. (3) PI. 6, fig. 3, d. (i) PI. 6, lig. 3, c. i:. BLANCHARD. — SI T, I.R nENRK GAI.IiODE. 237 pouvaient être faites également chez les Aranéides ou Arachnides pulmonaires ; c'est ce que nous aurons l'occasion de montrer dans un procliain travail. Quant aux appendices pédiformes et à leurs analogues dans les autres Arachnides, non seulement la détermination que nous ve- nons de faire des mandibules et des mâchoires , mais aussi l'ori- gine de leurs nerfs indiquent encore leur nature avec toute cer- titude. Ce sont des pattes modifiées , entrant plus ou moins dans la composition de la bouche ; elles me paraissent être ainsi tout à fait analogues aux pattes-mâchoires des Crustacés. Ces appen- dices bien certainement n'ont pas du tout l'analogie qu'on leur supposait avec les mâchoires et les palpes maxillaires des Insectes. Les nerfs des pattes (1) naissent delà masse médullaire thora- cique ; ils ont un volume considérable. De chaque côté, ils émettent au moins deux branches principales qui se ramifient dans les muscles du thorax, et dans les muscles moteurs des pattes. 11 serait difficile de donner une description de chacun de ces filets et de ses divisions ; mais la figure jointe à ce Mémoire représente tous ces rameaux nerveux avec la plus grande exactitude. En arrière de la masse médullaire thoracique , il naît de chaque côté un nerf volumineux (■î) , qui se ramifie dans le premier an- neau abdominal ; ce fait nous indique ici la réunion de ganglions abdominaux avec les centres nerveux thoraciques. La chaîne abdominale (3) est grêle, et ne présente qu'un seul ganglion isolé. Ainsi, lorsque l'on considère anatomiquement les Arachnides et les Crustacés, on ne tarde pas à remarquer une analogie très grande dans l'organisation des animaux de ces deux classes. L'ap- pareil de la sensibilité ne se modifiant pas profondément, même quand les parties extérieures subissent des changements considé- rables dans leurs formes et leurs usages , on pouvait arriver à des déterminations qui ne soulTrent aucune incertitude. En résume, l'anatomie des Galéodes nous montre la disposition (1) PI. 6, (îg. 2, i,î,/i,i. (2) PI. 6, llg. 2, k. 13] PI. r, fiK. 2, /. 2S8 É. BLAMCHAHD. — SU H I.E GENRE fîAI.ÉOUE. très prononcée de l'appareil alimentaire qui a reçu le nom de phlébentérisme , coïncidant avec un appareil de respiration ex- trêmement développé. Elle nous a conduit à reconnaître la nature des appendices, sur lesquels les zoologistes n'avaient nullement d'opinion arrêtée ; elle nous a conduit encore à apprécier mieux qu'on n'avait pu le faire les affinités des Arachnides , en général , avec les Crustacés. EXPLICATIOIV OKS FIGURES rLANCUE 6. Organisation des GALÉODES [GAIEODES BARBARA. Li'Cas). Fig. 1 . Appareil digestif. a, œsophage. — 6, ouverlurc au-dessus de laquelle s'élève le cerveau. — c, région stomacale — d, cœcums antérieurs des antennes-pinces. — e, cœcums des pattes-mâchoires. — f.y.h.i, coecums des quatre paires de pattes. — /.■ , in- testm. — I, cœcum intestinal. Kig. 2. Système nerveux. a, cerveau. — 6, muscle médullaire thoracique. — c, nerfs optiques — rf, nerfs antennaux. — c, nerfs des pattes-màohoires. — f,g,li,i, nerfs pédieux. k, nerfs abdominaux antérieurs. — /, chaîne abdominale et son ganglion. Fig. 3. Portion antérieure du système nerveux vu de prolil , ainsi que les appen- dices buccaux. u, cerveau. — b, masse médullaire thoracique. — c, nerfs mandibulaires. — d, nerfs maxillaires. — e, nerfs labiaux. — 3, lèvre supérieure. — h, man- dibule. — i, mâchoire. — f, vestige de lèvre inférieure. Dans les deux premières figures, le grossissement est de trois fois environ; dans la troisième, il est beaucoup plus considérable. sicnEi.. — scn i.e pigmektdm. 2S9 NOTE SUR UN nAPPOBT DEMAnQUABLE ESTnE LE PIGMENT DES POILS ET DE LIBIS ET LA FACULTÉ DE LOU'lE CHEZ CERTAINS ANIMAUX ; Par le M. Docteur SICHEIi. Il y a vingt ans environ, j'ai fait unesingulièie remarque physiologique, dont une observation attentive, continuée pendant quelque temps, m'a prouvé l'exactitude. Les chats qui ont le poil enticrement blanc, sans mé- lange d'une autre teinte, sans aucune tache d'une autre couleur, et chez lesquels l'iris est bleu ou bleu-grisàtre , sont constamment sourds. On peut, dans leur voisinage le p'us rapproché, produire tous les bruits qui d'ordinaire les effraient, tels que de faire claquer un fouet, imiter la voix d'un chien , battre des mains avec force , etc. : ils ne s'en aperçoi- vent point, pourvu toutefois que le bruit produit ne soit pas de nature à ébranler le sol et à leur transmettre des vibrations, comme, parexemple, lorsqu'on frappe le plancher avec les pieds ou avec un marteau. Pour peu que la robe ait la moindre tache ou nuance noirâtre, grisâtre, bru- nâtre ou roussàtre ; pour peu que l'iris, au lieu d'être bleu ou gris- bleuâtre , soit jaunâtre ou mêlé d'une teinte foncée , tirant sur le roux , le brun , les fonctions auditives sont normales. La teinte bleue de l'iris est assez rare chez l'espèce féline , et ne se trouve en général (]ue chez les individus très jeunes. Celte teinte aussi devient plus foncée avec l'âge, et alors, bien que la couleur blanche du pelage ne change point simul- tanément, l'ouïe se rétablit. Après avoir répété un grand nombre de fois ces observations sur des chats que j'avais rencontrés par hasard , je les continuai en 1S28, pen- dant six mois environ , sur un jeune chat (|ue j'avais élevé dans ce but, et dont la robe était entièrement blanche et l'iris d'un beau bleu. Ce chat , qui se sauvait à toutes jambes dès qu'il voyait des chiens, ne don- nait aucune attention à leurs aboiements. Il était complètement sourd; c'est ce qu'a pu constater avec moi M. Heusinger, alors professeur d'ana- tomie et de physiologie à la Faculté de Wurzbourg , et actuellement professeur de clinique interne à celle de Marbourg, à qui j'avais parlé de mes observations, et qui a bien voulu observer cet animal chez lui pendant plusieurs jours. Au bout de quatre mois , l'iris devint plus foncé , et en même temps l'animal commença à donner des signes d'at- tention, lorsqu'on agitait une sonnette d'un timbre très aigu à la hauteur de sa tête et à peu près à un mètre de lui. Je m'étais proposé de l'élever, pour observer les changements ultérieurs que le temps produirait dans la couleur de l'iris et dans les fonctions auditives ; mais un jour, s'étant échappé dans la rue , il fut tué par un gros chien de boucher qu'il n'a- vait pas vu s'approcher, et dont il n'avait pas entendu la voix. J'ai bien encore fait, depuis ce temps , quelques observations acci- 2^|0 sicHEL. — srn le pio»[e\ti:m. dentelles sur ce sujet, et entre autres une, bien concluante, dans les premières années de mou séjour à Paris ; mais je n'ai pas eu le loisir nécessaire pour reprendre mes expériences régulières et suivies. M. Heu- singer, lorsque je lui communiquai mes remarques, m'avait parlé de quelques observations semblables publiées dans un journal anglais ou américain , dont il ne se rappelait pas le titre et que je n'ai pu trouver. Il serait peut-être intéressant pour un physiologiste de l'aire cette recherche et d'examiner, par des observations nouvelles, jusqu'à quel degré les miennes sont fondées. Je dois ajouter que , dans les nombreux cas de leucose complète ou d'albinisme que j'ai eu occasiond'examiner sur l'homme et les animaux, je n'ai rencontré aucun défaut de l'ouïe, et que tout ce que j'ai dit ne s'applique absolument qu'aux chats blancs à iris bleu ou bleuâtre. On sait que dans l'albinisme véritable les poils ou cheveux sont incolores, la pupille est rouge plus ou moins foncé et l'iris rosé. Chez l'homme, dans l'albinisme incomplet , cette membrane conserve quelquefois une cou- leur d'un bleu extrêmement clair, remplacé seulement dans les inter- stices de ses fibres , et surtout près de sa circonférence, par une nuance d'un rouge tendre un peu violacé. Ses fibres elles-mêmes sont en grande partie blanches , et tranchent sur le fond bleuâtre et partiellement rougeàtre. Or, chez les chats blancs que j'ai reconnus sourds dans mes observations, Viris est d'un bleu de ciel pâle ou grisâtre, mais très uniforme et nulle part interronqiu , soit par des fibres blanches, soit par des teintes plus claires, semi-transparentes , rosées ou violacées, oc- cupant les interstices. Le fond de l'œil et la pupille ne sont pas non plus rouges. Ici donc , avec le manque de pigment des poils, il ne coïncide point un manque complet de la matière colorante des membranes ocu- laires internes ; mais cette matière , de brune ou noirâtre , semble seule- ment être devenue bleue ou avoir pris une autre teinte plus ou moins pâle. La dissection , que jusqu'ici je n'ai point encore eu occasion de faire dans de pareils cas, fera probablement trouver le pigment de la choroïde et de l'iris d'une teinte beaucoup moins foncée que d'ordinaire, brun clair dans l'une , bleuâtre dans l'autre , mais non pas une absence totale de ce pigment ; tandis que , chez les animaux et les hommes com- plètement leucotiques , ni l'iris ni la choroïde ne présentent de trace de leur matière colorante ordinaire. Dans un article sur l'action di/forente de certains agents extérieurs sur des animaux di/féreuimeiit colorés , qu'il a récemment inséré dans un journal de médecine allemand (Cusper's ]]'iichcnsclirift , 1846, n» 18, extrait dans Sclmudt's Julirbuecher, 1847, U' 3, p. 281) , M. Heusinger a réuni un nombre d'anomalies pathologiques assez curieuses, résultant de la coloration blanche totale ou partielle du poil. Ainsi , certaines plantes ont manifesté des effets vénéneux seulement sur des animaux à A. n'ORBiGXY. — SI P. i.p.s DR vr.iiioponi-s. ■2I[\ poil Miinr (111 taclietr de blanc (iiioulons , porcs, chevaux), à l'excliisiini (les iiidiviilus noirs de la mi}mc espèce. Sur des vaclies pies , la calvitie et d'autres maladies de la peau n'ont occup(; que les eniiroils blancs , sans iiil(!resser aucunement les portions noires de la surface cutan(je, etc. Dans sa note, ce professeur ne mentionne pas la particularité qui fait le sujet de ma communication actuelle, et qui certainement n'est pas la moins intéressante. Après un laps de près de vingt ans, il ne se rappelait sans doute plus mes observations et la V(''rification qu'il en avait faite, ni celles qu'il avait lues antérieurement. En tout cas, sa publication vient à l'appui de la mienne : toutes deux prouvent que l'absence ou la modification du pigmentum, chez les mammifères, n'est pas toujours une simple variété physiologic|ue de l'ordre de celles qu'on appelait au- trefois un jeu de la nature [/tisim tiuturw) , mais qu'au contraire elle exerce souvent une influence réelle et profonde sur les fonctions, non seulement de la peau , mais encore d'autres organes , tels que celui de l'audition. Elles démontrent que cette influence peut aller jusqu'à l'al- tération ou même l'abolition de ces fonctions , et qu'elle peut modifier d'autres états pathologiques et l'action des substances toxiques. On sait d'ailleurs depuis longtemps que, chez l'homme, à l'état normal autant qu'à l'état morbide, d'autres systèmes organiques , en dehors de celui de la peau et du système pileux, se comportent autrement chez les sujets blonds que chez les bruns. CO\SIDKn.\TIO\.S ZOOLOr.lOLIiS KT OÉOI.OniQUE.S SUR LES BRACHIOPODES; Far M. AlCIDE S'ORBIGSriT. (Mémoire lu h l'Académie des Sciences le 2 août 1 847 ) l'n savant justement célèbre a souvent émis l'opinion que , par la répartition des genres et des espèces dans les couches ter- restres , les restes organisés fossiles appartenant au.x Mollusques lirachiopodes et Céphalopodes , dont il s'est le plus occupé , pou- vaient suffire à la parfaite reconnaissance des divers étages géologiques. Nous ne négligeons aucune des séries animales , dont , à nos yeux , l'application n'a pas moins de valeur ; mais les recherches auxquelles, depuis un bon nombre d'années, nous n'avons cessé de nous livrer sur les Céphalopodes, ainsi que le travail sur les Brachiopodes que nous avons l'honneur de sou- 3' série. Zooi.. T. Vllt. (Oclolirc ISIT.) /, Ifi '■2I\^1 A. i»*oRBiGXY. — si;n i.i:s brachiopores. mettre aujourd'hui au jugement de l'Académie, nous paraissent oflVir la preuve évidente que nous partageons les idées de l'illustre géologue prussien. Des zoologistes et des géologues sesont particulièrement occupés des Brachiopodes. Les premiers ont cherché à fixer, au moyen de l'organisation intime de quelques unes de leurs espèces vivantes, la place qu'ils doivent prendre parmi les autres animaux ; les autres , s' appuyant sur ces mêmes recherches , ont tenté de grouper les espèces fossiles d'après des caractères pris, le plus souvent, dans les formes extérieures des coquilles. 11 est à re- gretter que les hommes éminents qui ont étudié les espèces vi- vantes n'aient pas aussi, dans leurs importantes recherches, donné leur attention aux coquilles fossiles; car, possédant des éléments incontestables de vérité, ils auraient sans peine reconnu , sur ces nombreux restes des anciennes faunes, des traces non équivocjucs de leur organisation éteinte. Ils seraient, sans doute, parvenus alors à rapprocher ces formes perdues des formes encore vi- vantes, en nous présentant une bonne classification zoologique. Malgré toute la sagacité de quelques uns des observateurs géologues qui , à la place des anatomistes , ont cherché à s'en occuper , il est impossible que des finesses de détails zoologiques ne leur soient pas échappées, et que leurs travaux ne laissent pas sur ce point quelque chose à désirer. D'ailleurs chacun a em- brassé séparément soit l'étude des espèces vivantes, soit l'étude d'une partie des genres et des espèces fossiles , sans qu'il résultât de ces efl'urts un travail d'ensemble susceptible de coordonner tous les faits et de grouper tous ces êtres , suivant leurs rapports réciproques. Nous avons en elTet, en étudiant les animaux vivants et les coquilles, reconnu que , bien qu'elles soient le produit de recherchesconsciencieuses, les classifications admises n'étaient pas toujours d'accord avecles caractères organiques ; et, de ce moment, nous avons pensé qu'il devenait indispensable , autant pour la zoologie que pour la géologie, de se fixer enfin sur les aflinités ou sur les différences qui existent entre les nombreux genres fossiles et les animaux de cette classe, dont un si petit nombre nous reste encore. Nous nous sommes donc livré sans relâche à l'étude A. n'ORBIftKT. — SI;R I.iiS BRAr.IIIOl'ODKS. :2/|3 comparative des uns el des autres, afin de nous faire une juste idée des détails et de l'ensemble. Ce sont les résultats de nos longues recherches que nous désirons soumettre au jugement de l'Académie, nos observations nous ayant amené à découvrir beau- coup de faits, de détails d'organisation et de succession des genres perdus , qui nous paraissent de nature h intéresser à la fois les anatomistes , les zoologistes et les géologues. Nous diviserons notre travail en trois parties : la première comprendra des considérations zoologiques géni-rales sur les or- ganes comparés , dans toute la série , des espèces vivantes et fossiles ; la seconde sera consacrée à la classification de ces es- pèces, déduite de la valeur relative des organes et des carac- tères zoologiques ; la troisième renfermera la répartition de ces formes zoologiques ou des genres dans la succession des couches de l'écorce terrestre. PREMIÈRE PARTIE. CONSIDÉRATIONS ZOOLOGIQUES. Bien que MûUer (1) eût, dès 1788, décrit et figuré une Or- bicule sous le nom de Patella anomala ; que Pallas eût décrit l'a- nimal d'une Térébratule (2), et que Poli eût décrit et figuré une Cranie (3\ on n'en doit pas moins k Cuvier les premières notions positives sur l'anatomie de l'un des genres qui lui servit à l'éta- blissement d'une classe, que la présence de bras contractiles ailés fit nommer Bracliiopodes. C'est , en elïet , ce premier Mémoire qui dévoila le système de respiration de ces animaux placé sur la paroi interne du manteau, et qui fixa la place qu'occupe encore aujourd'hui cette série animale. En 18-2/I , M. de Blainville (4) admit les caractères établis par Cuvier , c'est-à-dire les branchies à la face interne du manteau , et les bras, qu'il regardait alors comme des appendices buccaux, et appela cette série Palliobranche. Plus tard , en 1828 , à l'ar- (1) Zoologia Duiiica, etc., p. 4, tab. 5. (2) Miscellaneu Zoologica, p. 182. ' (3) Tcaiarca utriusque SiciUœ, II, p. 16, n° 2. (4) Dirikinnaiiv ilci Si\ miliiivllex, t. XXXII, p. 20S. '2llk »• D'OKBIGI^Y. — SUR LES BRACHIOI'ODES. ticle TiîRÉBRATULE (1), il l'cvint à l'idée de Pallas , en admettant que les bras ciliés de ce genre sont des brancliies. L'une de nos célébrités anatomiques actuelles, M. Richard Owen , reprit ensuite la question relative aux Brachiopodes (2) , et , dans un savant Mémoire sur les Térébratules , les Orbicules et les Lingules , il compare entre eux les organes de ces genres, et constate l'intimité de leurs rapports. 11 en déduit : 1° que les organes de la respiration sont toujours, à l'intérieur du manteau, formés par des appendices vasculaircs étroits , allongés , fixés k la face interne des lobes , ou simplement formés du manteau vasculaire , dont on voit de gros vaisseaux ramifiés ; 2° que les bords de ce manteau sont épaissis et ciliés par des cils charnus ou demi-cornés , peut-être propres à exciter les courants respira- toires ; 3° que les bras sont libres chez les Lingules , chez la Te- rebratula psiltacea ; qu'ils sont fixés en spirale chez les Orbicules, ou placés sur des anses testacées ou charnues chez les Terebra- tula chilensis et vilrea, mais libres seulement à leur extrémité; que ces bras sont garnis de cils longs , destinés à retenir et à rapprocher de la bouche les particules alimentaires. M. Owen , avec le talent d'observation que tout le monde lui reconnaît , poursuit ses considérations anatomiques sur les autres organes intérieurs; mais nous ne le suivrons pas plus loin en ce moment, n'ayant besoin que des organes qui laissent des traces sur les espèces fossiles. Nous aurions désiré pouvoir faire nous-même un travail d'en- semble sur les animaux connus des Brachiopodes ; mais n'ayant à notre disposition que des collections restreintes , sous ce rap- port , nous avons dû nous borner à comparer avec les travaux de M. Owen les animaux de quelques Térébratules [Terebraiula cornea, truncata, caputMedusœ), deVOrbiculalamellosa,eic., et nous avons reconnu la justesse des descriptions du savant ana- tomiste anglais. Nous avons pu voir, de plus , l'animal de notre genre Megathiris et celui du Tliecidea mediterranea , qui offrent avec les Térébratules des différences d'organisation très remar- quables , dont nous nous occuperons en passant successivement {^) Ihkl., l. LUI, p. .I3t. (2) Tmiisacl. of Ihe Zoolngiail Sociely, vol. 1, ■>■ partie, pi. 22 et 28. A. II'OKBIUIM. — SLli LES lîllAClIlordlJKS. 2/l5 en revue les diverses modifications que subit cliacun des or- ganes chez les espèces vivantes , pour chercher les moyens d'en retrouver les traces dans tous les genres fossiles. Des bras. La présence des bras des Lingules ayant déterminé le nom de Brachiopodes que porte toute la série , nous commencerons par cet organe. D'après les travaux de Cuvier et de M. Owen , les bras des espèces vivantes sont , ou entièrement charnus, libres et extensibles dans toute leur longueur, ou fixés sur une partie de leur longueur et libres seulement à leur extrémité. Des bras libres extensibles. Les bras de cette nature ont été reconnus jusqu'à présent chez le Lingnla et le Terebrahda psittacea. Chez le Lingvia, les bras sont proportionnellement peu allongés, charnus, pourvus de cils assez courts ; ils sont fixés à la masse vis- cérale, et ne sont point, dans l'intérieur des valves de la coquille, soutenus par des appendices tcstacés ; ou, pour mieux dire , ils ne laissent , dans l'intérieur des valves , aucunes traces auxquelles on puisse les reconnaître sur les genres perdus dans les couches terrestres. Nous insistons sur ce fait, qui nous autoriserait à croire que les genres fossiles comprimés comme les Lingules , et sur lesquels on ne trouve pas de trace de support de bras, pour- raient néanmoins en avoir de charnus comme ceux du Lingula; ainsi les genres Oboliis, Productus , Chonefes , Leptœna, Stro- phomœna et Orthi.s , pouvaient avoir des bras charnus, contrac- tiles , analogues à ceux des Lingules. Chez le TercbraiuUi psittacea (PI. 7, fig. 1), on voit deux bras entièrement libres, charnus, dont le bord extérieur est frangé de cils courts. Ces bras contournés en spirale oblique dans le repos , susceptibles de se dérouler , jusqu'à s'étendre en dehors à deux fois le diamètre de la coquille , sont soutenus , en dedans de la petite valve non perforée , par deux longues apophyses libres , arquées , qui partent en divergeant des côtés de la charnière , et se recourbent vers le milieu de la grande •2kf} A. U-ORBIUKY. SLUi I.KS ISllAClHOl'ODliS. valve percée (PI. 7, fig. 2). Celte espèce étant, dans la na- ture vivante, la seule qui soit munie de bras libres , sou- tenus par des apophyses testacées internes libres et de cette forme, il s'agissait de savoir si elles existaient dans la nature morte. En examinant les premières Térébratules fossiles , à test non perforé , renflé , à crochet non entamé par l'ouverture , dont les caractères intérieurs se rapprochent le plus de l'espèce vi- vante , il nous fut facile de reconnaître que toutes, sans excep- tion, avaient intérieurement l'apophyse caractéristique des bras libres. En poursuivant nos recherches ,' nous avons successive- ment découvert les mêmes apophyses des bras charnus chez les genres Hemithiris , Rhi/nchonella, Strigocephahis , Poranhonites . Uncites, Atrypa et Pentamerus. Ces apophyses même sont peu variables , suivant les genres que d'autres caractères font adopter. Dans le genre Hemithiris , qui renferme le T. psiUacea chez les Rhynchonella , les Uncites , les Atrypa , elles sont en tout identiques de forme, quoique ces coquilles soient les unes libres, les autres fixes par un muscle; chez les Strigocephahis , elles sont seulement plus longues et plus rapprochées, tandis que chez les Pentamerus , une lame verticale les soutient au fond de la coquille. En résumé , nous devons croire par analogie , d'après la présence de l'apophyse particulière et si caractérisée, destinée à supporter les bras libres , que tous les genres fossiles que nous avons cités avaient des bras charnus , extensibles , analogues à ceux du T. psiUacea. (Voyez PI. 7, fig. 4, 5, 6.) Des bras non extensibles. D'après le Mémoire de M. Owen , et d'après nos observations personnelles, il existe deux sortes de bras non entièrement libres ; les uns, ceux des Orbicula, contournés en spirale; les autres, ceux des T. chilensis, reployés on coude sur eux-mêmes , con • tournés seulement à leur extrémité. Chez les Orbicules, les bras , bien qu'ils soient de contexture musculaire, ne sont plus conformés pour saillir entièrement au- dehors. Comme ceux du T. psitlacea, ils sont réunis par leur tige au-dessous de la bouche , et y forment une portion basilaire *. D'ORBIUM. -- SI li l.i;S niiACIIlOl'ODES. 247 commune, transversale , d'où partent des bras qui se recourbent brusquement sur eux-mêmes , vers la bouche . au devant de la- quelle leur portion terminale décrit un tour et demi de spire ; ses parties recourbées adhèrent intimement entre elles, et n'ont plus de libre que leur extrémité. Cette sorte de bras des Orbiculcs ne laisse aucune trace de support testacée interne. On doit néan- moins croire que ces bras existaient chez les genres fossiles que d'après l'analogie évidente de forme extérieure , et le manque complet de traces intérieures, on ne peut éloigner des Orbicules, comme les Siphonotreta , les Orbicella , les Orbieuloidea , à test mince , à coquille conique, l'eut-être ces bras étaient-ils soutenus intérieurement , chez les Crania , par les deux apophyses sail- lantes du sommet de la valve libre, comme on le voit chez le Ci-aniaparisiensis: néanmoins, ces bras ne s'étant montrés, jus- qu'à présent, que chez les deux genres vivants Orbicula et Crania, d'une forme de coquilles coniques tout exceptionnelle dans la série , nous n'osons en rapprocher les genres de la famille des Producfùlœ et des Orthisidce qui n'ont pas d'apophyses, mais dont la coquille n'a aucun rapport de configuration extérieure avec les Orbicula. Chez le Terebralula chilensis disséqué par M. Owen , et type vivant de notre genre Terebratella; chez les T. Soirerbiji , fon- lainei et vilrœa, appartenant au type vivant des véritables Téré- bratules, comme chez les T capui Meditsœ, type du genre Tere- bralulina, nous trouvons une disposition analogue dans la forme des bras. Au lieu d'être libres sur toute leur longueur, comme chez les Lingules, ou en spirale, mais fixes , sur une portion de leur longueur, comme chez les Orbicules, ceux-ci montrent une dispo- sition toute particulière ; ils naissent au milieu , se dirigent de chaque côté en avant jusqu'à peu de distance du bord 'le la co- quille , se retournent brusquement en arrière, en formant , avec cette première branche , un coude , dont les deux parties sont réunies par une membrane, reviennent ainsi jusque vis-à-vis leur premier point de départ , et là forment un second coude pour re- venir entre les deux ])remiers se recourber en spirale au-dessus 2^8 A. WOKBIGl*!. !>LU LliS lillACllIOl'ODES. de la bouche (PI. 7, fig. 7-12). Ue tout l'ensemble l'extrémité est seule libre ; mais toutes les parties sont couvertes de très longs cils iiilîoiment plus allongés que ceux des bras libres , et qui , comme l'a judicieusement pensé M. Owen , remplacent, parleur lon- gueur , le mouvement d'allongement , dont les autres bras sont susceptibles. Les seules dilTérences que nous ayons pu remarquer entre les bras de ces types , c'est que l'extrémité médiane de cha- cun reste libre chez les T. chilensis et cornea , tandis qu'elle est encore réunie au milieu par une membrane commune chez le T. caput serpentis, ce qui ôte encore à leurs bras un degré de liberté. Ces bras coudés chez les espèces qui en sont pourvues, suivant (ju'ils sont soutenus par une charpente testacée ou cartilagineuse, donnent naissance à un système apophysaire pair, tout dilTérent. Chez le T. chilensis ' genre Terehratclla) cette apophyse testacée est très compliquée CPl. 7, fig. i;^) ; elle part de la base interne de la charnière de la valve non percée , s'avance et s'arque en anse en avant, oii elle se divise en deux branches ; l'une continue on avant, forme un coude, revient en arrière, où elle va rejoindre la branche du côté opposé. La seconde branche s'arque vers le centre , où elle va se réunir au fond de la valve, à une crête lon- gitudinale médiane qui reçoit également l'autre côté. Cette char- pente testacée est très cassante , tout en conservant un peu d'é- lasticité. Chez le Tei-ebralnln Fontanei (gcmo TcrelmUtUa.', la charpente osseuse diffère en ce qu'elle manque de la branche qui s'attache à la crête médiane du fond de la valve , laquelle n'existe plus , et se trouve réduite à la seule branche coudée en anse de chaque côté , alors libre dans toute sa longueur (PI. 7, fig. 14, 15). Lorsque les bras sont soutenus par des charpentes cartilagi- ncmses , l'appareil apophysaire est restreint, chez le T. Iruncata , qui appartient, parla forme, au même groupe que le T. chiletisis ( genre Terebraiella) ; il y a deux apophyses qui partent toujours de la base interne de la charnière , s'avancent un peu vers le milieu de la valve , où elles forment un anneau tubuleux, toujours soudé à une côte médiane du fond de la petite valve , d'où partent les rudiments dos anses (PI. 7, lig. '10). .1. H'MKIIMiitVI. — Stil Ll-,î> liliACIllOPOUIiS. 2Ù0 Lorsque les bras sont cartilagineux chez le T. vitrwa , appar- tenant aux vraies Térébratules, ou chez le?', capul serpenlis, type (les Terebrafulina , l'appareil apophysaire forme bien un anneau, mais cet anneau n'est soudé qu'avec l'apophyse de la base de la charnière , pt n'a aucune adhérence au milieu et au fond de la valve non percée (PI. 7, fig. 17). On voit par ce qui précède, malgré les différences de formes des apophyses , apportées par la charpente testacée nu cartilagi- neuse des bras coudés, qu'on peut encore, par l'examen minutieux des apophyses qui restent , reconnaître quand ces bras devaient exister dans quelques genres perdus. A la charpente osseuse des Magas, pourvue d'une grande crête médiane à la petite valve , nous avons , en effet , reconnu qu'ils devaient avoir des bras cou- dés. II en est de même de la crête interne et de l'apophyse non arquée qui part de la base de la charnière dans nos genres Tere- briroslra et Fissirostra. Si l'analogie nous autorise à croire que toutes les espèces fossiles des véritables Térébratules ou des genres Terebratella et Terebratulina , dont nous avons étudié compara- tivement des espèces vivantes et des espèces fossiles, avaient des bras analogues , nous croyons pouvoir établir encore, par la forme des apophyses, que les genres Terebrirostra et Fissirostra, dont nous n'avons que des espèces fossiles , avaient des bras de même forme (PI. 7, fig. 18, 19). Des bras spiraux non extensibles. On a depuis longtemps reconnu, chez quelques Brachiopodes fossiles, des bras spiraux très compliqués, qui ont déterminé Sowerby à former, dès 18!20, son genre Spirifer. Ces bras re- marquables se sont conservés jusqu'à Jios jours par suite de leur charpente testacée , quoique les animaux qui les portaient appar- tinssent aux faunes les plus anciennes. En effet, au lieu d'être char- nues comme ceux des Lingules et des Orbicules , ces bras étaient soutenus intérieurement par une lame testacée, contournée en spi- rale, montrant jusqu'à dix-huit tours de spire (PI. 7, fig. 20-23). Si nous n'aviuns pas connu l'appareil apophysaire des T. chilensis elFunlainei, nous aurions pu faire des suppositions gratuites; mais 250 A. d'orrig:vy. — sur i.ks khachiopodes. quand nous voyons que les lames coudées et en anse dont elles se composent sont destinées à soutenir les bras ciliés, nous pouvons en conclure avec certitude que les lames spirales analogues du Spirifer remplissaient les mêmes fonctions. On a quelquefois sup- posé que ces bras avaient la faculté de se dérouler et de se projeter au dehors de la coquille ; mais l'étude de l'appareil testacé des ïérébratules nous prouve le contraire. Lorsqu'on appuie un peu dessus, les lames en anse montrent bien un peu d'élasticité , mais elles se brisent comme du verre, si la pression est trop forte. Cette expérience , que nous avons plusieurs fois répétée , nous porte à croire que les bras spiraux des Spirifer, bien qu'ils se contour- nassent en spirale , comme les bras du T. psittacea , s'en dis- tinguaient par leur centre testacé qui s'opposait à toute espèce d'extension. On doit supposer que ces bras spiraux étaient entiè- rement dépourvus de mouvements érectiles; mais il paraît certain qu'ils donnaient naissance à des cils destinés à remplir les mêmes fonctions que les cils des bras coudés des Térébratules ou de tous les autres Brachiopodcs. Ces bras fixes et spiraux des Spirifer sont, du reste , soutenus par une apophyse libre qui part de la base de la charnière de la petite valve , et s'arque vers la valve opposée , comme celle de la T. psittacea (PI. 7, fig. 20, a). Ces bras spiraux n'appartiennent pas seulement au genre Spirifer , mais ils existent encore chez d'autres coquilles lérébra- tuliformes, pourvues de caractères zoologiques différents sur les- quels nous reviendrons plus tard. Il nous sullu'a, pour le moment, de parler de la place occupée par ces bras dans l'intérieur de la coquille. Chez les Spirifer et chez les Spiriferina , ces bras con- tournés verticalement forment deux cônes opposés horizontaux, dont la base regarde le centre de la coquille , et dont le sommet se porte vers les côtés , mais inclinés vers la région cardinale. Chez \esSpirigera, ces cônes, placés de même, ont leur sommet non incliné vers la région cardinale de la coquille, mais dirige dans leur grand axe transversal. Chez les Spirigerina , les bras ne sont plus enroulés vertica- lement; ils le sont, au cohtraire, horizontalement, et les cônes A. It'ORBIUKl. — SI li l,i:s FlHA(;iIl()l>()DKS. 251 spiiaux ont leur base tournée du côté de la grande valve, leurs sommets vers le fond de la valve non percée, c'est-à-dire dans uric position diamétralement opposée à la position des bras des Spirifer. Nous ferons remarquer que ces trois directions des cônes dans l'enroulement spiral, et surtout les deux premières, placent toujours l'extrémité des bras à la partie de la coquille la plus éloignée de la bouche de l'animai ; ce qui porte à croire que les mouvements , s'ils pouvaient exister dans cette sorte de bras , n'étaient au moins, d'aucune utilité à la préhension des particules alimentaires. On doit alors supposer avec plus de raison que les cils qu'ils supportaient étaient seuls destinés à faciliter l'approche de ces particules vers l'organe buccal. En résumé, nous avons vu, parmi les Brachiopodes pourvus de bras, deux modifications bien distinctes : l'une , la plus parfaite, montre des bras entièrement libres, susceptibles d'érection et de saillie en dehors de la coquille, tandis que dans l'autre, les bras ne sont plus libres, ne peuvent plus sortir de la coquille, car ils sont soutenus par des charpentes testacées ou cartilagineuses , qui les empêchent de se dérouler ou de s'étendre. Parmi les bras libres, comme ceux de la Lingule, ils ne lais- sent aucune trace de leur adhérence à la coquille , tandis qu'ils sont , au contraire, soutenus par une apophyse testacée de forme arquée, comme chez le Terebralula psittacea , à laquelle, sur les genres et les espèces éteints, on pourra toujours reconnaître l'existence de cette sorte de bras. Parmi les bras non susceptibles d'allongement, nous voyons trois modifications : dans la première , les bras contournés , char- nus, comme chez les Orbicula, ne laissant, il est vrai, aucunes traces ; mais la forme exceptionnelle de la coquille peut en faire rapprocher les genres perdus. Dans la seconde, comme les bras des Terehralvla , des TerchratuUna et des Terebratella, les bras sont coudés et soutenus par des charpentes osseuses , de la petite valve , qui , sur les genres et les espèces perdus, mon- trent toujours des apophyses testacées caractéristiques. Dans la troisième , ce sont des bras spiraux attachés sur des apophyses spéciales et soutenues par des lames testacées spirales , qu'il est 252 A. D'ORBiUKl. SLR I.KS BU.VCllIOl'OUliS. facile de retrouver encore chez les genres perdus. On voit donc ([uc , dans presque toutes les circonstances , on peut , sur les nombreux Brachiopodes enfouis dans les couches terrestres, reconnaître, à la disposition des apophyses ou autres saillies testacées internes , 1° s'ils avaient des bras ; 2° quelle était la nature de ces bras ; 3° enfin s'ils appartenaient aux genres encore existants , ou bien s'ils doivent constituer de nouvelles coupes génériques. Des genres dépourvus de bras. Nous avons vu successivement les bras perdre de leurs pro- priétés érectiles, jusqu'au point de devenir fixes. 11 nous reste à parler de quelques autres genres que leurs formes extérieures et même leurs caractères zoologiques rapprochent de ceux que nous venons de décrire , et qui pourtant manquent de cet organe. IVous voulons parler des Thecidea et de la Terebratula delruncala , Gmelin , type vivant de notre genre Met/athiris , dont nous avons été assez heureux pour voir les animaux. Un grand nombre d'individus du Thecidea mediterranea nous ont toujours montré, dans la grande valve fixe, un manteau adhé- rent à la coquille, renfermant les troncs des vaisseaux branchiaux ; sur l'autre valve, au-dessous de la petite cavité occupée par les viscères , on voit un système apophysaire faisant partie intégrante de la valve même , formé d'une large bordure testacée , dans la- quelle sont creusés, en dehors, deux arcs latéraux sans issue , et deux autres plus petits en dedans (PI. 7, fig. 24) , donnant nais- sance , non à des cils fermes comme ceux des ïérébratules , mais bien à une espèce de membi'ane charnue, ramifiée, bordée de cir- rhes inégaux, contractiles dans le repos, et devant s'étendre pen- dant la vie entre les deux bords épaissis des valves , de manière à y laisser ces ramifications si remarquables du limbe. Si l'on peut, jusqu'à un certain point , croire que ce système apophysaire interne , dépendant de la valve même , n'est qu'une modification fixe des apophyses libres des Térébratules , il n'en est pas moins vrai qLi'il ne reste plus ici de tige de bras, et même plus de partie qu'on puisse réellement leur assimiler. On sait , du reste, (juu les Thécidées fossiles (ï\ hicruyli/pliica) , au lieu ». D'ORBieNV. — Slip. I.KS BRACriIOPOnES. -253, d'avoir toujours la d(5pres.sioii de l'appareil en arc , les ont en un nombre variable de digitations obtuses , qui s'éloignent encore plus de la forme des bras, mais qui servent à faire reconnaître que la conformation des espèces fossiles était absolument iden- tique à celle des espèces vivantes. li'animar du Terebratula detruncata, dont nous formons le genre Megathiris , nous a montré une organisation encore plus éloignée des véritables Bracliiopodes que celle des ïhécidées. On n'y \oit plus aucune trace des bras, et les régions où ils devaientse trouver ne montrent plus, sur la petite valve, que trois fortes apophyses verticales , saillantes, qui occupent toute la cavité intérieure de la coquille, et séparent le manteau en quatre lobes pairs, bordés de petits cirrhes charnus, extensibles (Pi. 7, fig. 'iG). L'autre valve offre, comme tous les autres genres, sur le manteau adhérent, les troncs des vaisseaux ramifiés des branchies (fig. 27). On reconnaît toujours très sûrement cette nouvelle modification sur les espèces fossiles à la disposition si particulière des trois apo- physes verticales qui s'élèvent sur la petite valve. En comparant ces deux genres vivants avec les genres pourvus de bras , on voit qu'ils ont le même mode de respiration , que le manteau de la valve creuse est identique , et que , d'après tous leurs caractères zoologiques et conchyliologiques, ils ne peuvent être séparés. Les bras y sont pourtant remplacés , sur Is, petite valve, par les bords lobés et épaissis du manteau pourvus de cirrhes charnus, modification qui exclut, pour eux, le nom de Bra- cliiopodes. Lorsque nous comparons les caractères des Thécidées des Mefjalhiris , dépourvus de bras, ou même des Crania qui en sont munis, à toute une série de genres perdus, ballottés par les auteurs dans les diverses séries zoologiques, nous voyons qu'on peut encore joindre à ces deux genres sans bras les genres Hip- purites , liadiolitea , Caprina , Caprinella et Caprotina, que des considérations d'une autre nature, relatives au manteau, nous au- torisent à placer non loin des Thécidées et des Mégathiris. 11 en résulte que le nombre des genres dépourvus de bras est assez élevé , sans que pourtant , avant ce travail , on en ait signalé un seul. Ûblx A. D'ORBIGl«T. — Srn I-IÎS BliACHlOI'ODES. Du manteau même. D'après ce qui précède , on voit que la l'orme , la disposition des bras , et même leur remplacement par un plus grand déve- loppement du manteau, sont toujours traduits, sur la coquille, par les apophyses internes des valves , et que ces apophyses peuvent faire retrouver , chez les genres perdus , les traces de leur plus ou moins de développement. Voyons maintenant où pourront nous conduire des considérations tirées du manteau. Le manteau, comme Cuvier l'a reconnu chez la Lingule, est le siège de l'organe de la respiration; W. Owen l'a confirmé sur les Orbicules , les IJngules, et sur plusieurs espèces de Téré- bratules. Nous avons constaté le même fait chez les genres Tere- bratvla , Terebralella , Terebralulina , Orbicula , et même chez les Thecidea et les Megathiris , dont personne n'avait parlé avant nous. Le manteau est donc, dans cette série animale, d'une im- mense importance zoologique ; car, indépendamment de ce qu'il sert à la respiration , il sert encore à déposer soit les couches lestacées intérieures des coquilles, soit les couches externes très singulières de certains genres. Considéré comme organe de respiration, le manteau, ainsi que l'a reconnu ^L Owen, montre, chez les Térébratules à la valve perforée, quatre, et à l'autre valve deux gros vaisseau.x , qui réunis pénètrent dans les deux cœurs ou sinus dilatés situés en dehors du foie. « Ces vaisseaux naissent au bord du manteau par » des branches nombreuses , dont la réunion produit les gros » vaisseaux. On distingue à l'aide du microscope beaucoup de « petits vaisseaux qui correspondent aux veines branchiales, et » qui paraissent être des veines branchiales. Ils marchent paral- )) lèlement à la veine branchiale , médiane , et se terminent dans " le bord palléal , d'où naissent les veines. Ces bords , vus avec » un grossissement considérable, paraissent froncés à des distan- " ces régulières , et cette disposition semble due à des cils qui » naissent à une distance du bord du manteau , égale à celle dans » laquelle ils le dépassent ; dans les espaces situés entre ces cils, » le boi'd du manteau est finement frangé , et en dedans de cette \. U-ORBI6KT. — SI II l.F.S liRACHIOPODliS. 255 )) frange , on voit un canal qui iiarcourt toute la circonférence du » manteau , et qui paraît donner naissance aux veines bran- w chiales. " Considéré dans ses rapports avec la coquille, et avec les traces qu'il imprime sur sa face interne, lemanteau nous donnera, comme les apophyses du bras, des moyens de reconnaître, sur les genres perdus, des caractères de composition intime et de formes zoolo- giques très curieux à constater. Contexture île la coquille. Les coquilles des Bracliiopodes vivants sont de trois natures différentes, de composition cornée , de contexture fibreuse ou de contexture perforée. Les coquilles île contexture cornée se rencontrent chez les gen- res vivants Lî'n^u/a et Ori/f «/a. Ces genres ont pour rapports communs d'avoir le manteau non adhérent à la coquille , et d'être pourvus au bord de très longs cils cornés et subcornés. Quand nous trouvons celte même coquille cornée ou subcornée chez \esObolus, si voisins des Linijula par leurs caractères, et chez \esOrbiculdiJes , également voisins des Orbicules par leurs formes extérieures, nous sommes autorisés à penser que ces genres avaient les mêmes caractères, quant au manteau non adhérent et aux longs cils du bord. Comparés aux bras, on voit que cette contexture de la coquille se rencontre seulement chez des genres pourvus de bras spiraux entièrement libres, ou en spirales, mais presque fixes. Les coquilles leslacées Je contexture fibreuse ne sont actuelle- ment représentées ((ue par le Terebralula psittacea , type de notre genre //em(7/iîm. Cette contexture, indiquée par Carpenter, diffère de la contexture cornée par sa composition, plutôt que par son mode de dépôt; car, dans l'un ou dans l'autre cas, la coquille est formée de fibres longitudinales droites ou onduleuses, appli- quées les unes sur les autres, et constituant un tissu serré. L'es- pèce vivante pourvue de ce caractère ne paraît avoir eu , si du moins on en juge par les coquilles , aucune adhérence avec le manteau. Nous insistons sur ce fait, car il nous sera facile de 25G A. n-oRBifiXY. — si'R tes llH,Vr.IIIOI'ODF.S. constater d'où provient cette adhérence chez les espèces où elle a toujours été observée. Nous trouvons cette même contexture chez tous les genres fossiles qui , comme le Terebratula psiUacea, devaient avoir des bras charnus libres, portés par des apophyses {^\es Rhyiichonella, les Stritjocephalus , les Uncites, les Atrtjpa , les Pentamerus), chez quelques uns des genres que nous suppo- sons avoir des bras libres sans apophyses (les Stropliomena , les Oiihisima, les Ort/u"*), chez presque tous les genres pourvus de bras spiraux fixes ( les Spirifer , les Cyrthia, les Spirigera et les Spirigerina) ; mais nous ne la connaissons pas encore chez les genres pourvus de bras spiraux charnus fixes (^\es Orbicvlidœ et les Cranidœ) , et chez les genres pourvus de bras coudés ( les Magasidœ et les Terebralulidœ), pas plus que chez les genres réguliers sans bras, tels que les Thccidea et les Megathiris. C'est même cette constance dans le rapport de ce genre de contexture avec la disposition des bras , qui nous a fait y attacher plus d'im- portance ; car elle nous a paru dépendre d'une coïncidence de caractère d'une valeur zoologiquc d'autant plus grande , que ce manteau, qui l'orme la coquille, est en même temps un organe de respiration. I^es coquille!; testacéex de contexture perforée se retrouvent encore chez les genres vivants, Terebratula, Terebratella , Tere- hratulina , Thecidea, Megathiris. En étudiant l'animal du T. chi- lensis , M. Ow en a remarqué que les lobes du manteau s'adaptent si exactement à la surface interne des valves correspondantes , et y adhèrent si fortement, qu'on ne les détache qu'avec quelque peine ; mais le savant anatomiste ne savait pas alors que le test de cette Térébratule est entièrement perforé dans sa substance même par des pores transverscs communiquant de dedans en dehors (PI. 7, fig. 34-37). Cette circonstance vient expliquer l'adhérence ; car le manteau qui forme ces petits trous dont la coquille est cri- blée , ne peut les pratiquer qu'avec des parties intrantes de ce même manteau. Nous avons étudié sous ce point de vue quelques coquilles vivantes des genres Terebratula, Terebratella, Terebra- tidina, Thecidea et Megathiris, et nous avons remarqué que le manteau adhère d'une manière intime, et même fait tellement A. U-ORBIGKV. — S( Il LES BltACIllOPODES. 257 corps avec la coquille , (lue les rameaux des vaisseaux branchiaux y sont attachés. On trouve même sur les espèces fossiles des exemples où ils sont incrustés dans la matière même du test (1). Nos observations nous porteraient à croire que dans ce cas la coquille n'est pas , comme on Ta souvent cru de la coquille de beaucoup de Mollusques, un simple corps protecteur, mais qu'elle l'ait partie intégrante de l'animal , en constituant , ainsi que Ta reconnu M. Milne Kdwards, pour certains genres de Bryozoaires, une portion tégumentaire de l'animal, encroûtée de carbonate de chaux. Ce qui nous confirmerait dans cette opinion, c'est que cette même contexture perforée des Térébratules proprement dites ne se retrouve dans la série des Mollusques que chez quel- ques espèces du genre Escharina, parmi les Bryozoaires, où elle a le même aspect terne de composition et la même régularité dans les porcs extérieurs. Nous en serons d'autant plus certains qu'en poursuivant nos comparaisons, nous arriverons, plus tard, à des genres dont une des valves ou les deux valves de la coquille sont entièrement formées de cavités ramifiées ou inégales qui en oc- cupent toute l'épaisseur. On voit, du reste, que cette contexture perforée, par nous également reconnue sur un nombre considérable de Brachiopodes fossiles , caractérise toutes les coquilles térébratuliformes sans bras (les genres Thecidea el Megathiris) , quelques genres des coquilles à bras spiraux testacées fixes ( le genre Spiriferina), et, sans exception aucune , tous les genres de coquille pourvues de bras coudés fixes {Magas , Terebratulina , Terehratula, Terebra- lella. Terebriroslra et F issirosLra) ; tandis qu'elle n'existe jamais chez les coquilles pourvues de bras spiraux soutenus par une apophyse. Elle suivrait , pour ainsi dire , les modifications de for- mes des bras. I^a coquille perforée se trouve plus particulièrement chez les genres où les bras avaient le moins de mouvement , et où ils manquaient tout à fait; ce qui nous porterait encore à croire que (() Ctiez le Tercbralula fli/p/itn (PI. 7, fîg. 3S), le Leptena depressa et XOrtliit slrialulu (fig. 30, 33). 3'série Zoou T VU! (Novembre 1847 ) i J7 258 A. D'ORBIUXl. — SI II lus ISliACUIOl'ODES. la conimunication de dedans au dehors de ces pores , en contact immédiat avec l'organe de la respiration , devait avoir pour fonc- tions de permettre à l'animai de respirer, même sans ouvrir sa coquille, comme peuvent le faire les Haliotis et quelques genres fossiles voisins pourvus d'ouvertures à leurs coquille, soit au moyen de l'eau pénétrant jusqu'au manteau par «s ouvertures , soit avec des filaments branchiaux du manteau sortant au dehors. Il est un genre de perforation inconnu parmi les genres actuel- lement vivants, mais que la présence de la perforation des Téré- l)ratules nous permettra d'expliquer. Nous voulons parler des tubes creux capillaires qui couvrent toute la surface de la coquille des Siphonotreta, de ceux qui sont placés près de la r(''gion cardi- nale des Chonetes et des tubes groupés ou épars des Prodvctus. Nous avons vu que les perforations des Térébratulcs et des autres genres sont en rapport avec l'adhérence du manteau , nous devons donc supposer que ces tubes servaient également à favoriser l'or- gane respiratoire , comme chez les Térébratules et les* autres genres dont la coquille est simplement perforée. Des bords du niaiiteaii. En étudiant les espèces vivantes, nous avons reconnu que le bord du manteau est pourvu de cils de dilférente nature. Les cils des Orbicules sont longs, serrés, subcornés, garnis de petites soies qui leur donnent l'aspect brillant ; ce genre de cils appar- tient seulement aux coquilles cornées et sans charnières. Chez les Lingules à coquille également cornée, ces cils sont longs et assez fermes. Les Térébratules et les autres genres voisins en montrent de charnus et courts, tandis que les genres Thecidea eïMer/alhiris paraissent également les avoir charnus mais très extensibles. Si . dans toute la série, nous comparons les cils du manteau au bord de la coquille , nous verrons que ces cils jouent un rôle d'autant plus important que les fondions des bras sont plus limitées ou que l'animal est plus complètement privé de mouvement. Chez toutes les coquilles dont 1ns animaux connus ont les bras entièrement libres , comme chez la Terebratvla psittacea et tous les genres fossiles qui s'y rapportent . nous voyons le bord de la *. u'OitBi«;XY. — SI II i.i:.s liHACiiioi'ODiis. i5îl coquille mince et tranchant. Nous trouvons la tnème chose chez les genres pourvus de bras presque libres ou de longs cils au bord du manteau, et ce n'est même qu'exceptionnellement (|ue nous avons remarqué , parmi les coquilles à bras coudés , un épaissis- sement et des dentelures dans le labre du Terchmiula truncata. Si nous cherchons cependant des exemples d'un grand dévelop- pement (lu bord (lu manteau chez des coquilles fossiles voisines des plus parfaites en organisation , nous le trouverons marqué chez ksi'roductus, oii la région palléale de chaque valve se pro- longe en lame très étendue , et même quelquefois en rligitations étendues, comme chez le l'roihœlus médusa de M. de Koninck. Les Choncles , les Leplœna sont dans le même cas. Les dépôts formés par les cils du manteau sont surtout visibles dans les ramifications bifurquées qu'on aper(;-oit sur le bord intérieur des \aL[\es da Sliophomena (PI. 7, fig. 33). Chez les coquilles fixées au sol par leur matière même , comme \esCrnnia, et chez les genres dépourvus de bras, comme les 7'Ac- cidea (PI. 7, fig. 39, 40) et \es M eyntliiris, ces ramifications, ces- sant d'être exceptionnelles, deviennent au contraire constantes. Nous trouvons sur le bord de la coquille un limbe épais testacé, sur lec|ucl sont toujours marquées les empreintes de ramifica- tions qui partent de l'intérieur, se divisent de plus en plus en approchant du bord externe, et sont sans doute formées par les ramifications charnues du pourtour du manteau. Ces genres, moins complets que les autres par rapport au manque de bras ou à leur fixité au sol , avaient donc un développement plus grand du bord du manteau , pour remplacer peut-être, par des mouve- ments de vibration des cils, l'action des bras qui leur manquait. Lorsqu'on veut comparer ces ramifications des bords épaissis de la coquille des Crania aux bords de la coquille des Radioliles. qui , fixée comme les Crania , en a la forme générale , seulement plus irrégulière, on acquiert la certitude que les Radioitles de- vaient nécessairement appartenir à la même classe d'animaux, mais i)robablenient à la série sans bras. Quoi qu'il en soit, ce caractère des ramifications des bords du manteau, inconnu chez les coquilles acéphales , est ici caractéristique de cette forme ani- *iCO A. D'ORBlttKl. — SU II I.KS ISIlACIlIOPODliS. maie , et aucun ne la montre aussi développée que les Radiolites, qui ont quelquefois (/{. Uœnmçjhausm) leurs bords simplement épaissis et marqués de ramifications plus grandes et plusdistinctes encore , mais de même nature que chez les Crania (PI. 7, fig. il) ; tandis que d'autres espèces, les R. foliacea et craten formes, offrent des ramifications immenses, s'étendant en longueur à deux fois le diamètre de la partie occupée par l'animal , en gros rameaux plusieurs fois divisés, entre lesquels sont des empreintes striées filiformes et rayonnantes (PI. 7, fig. 42:. De plus, toutes les par- ties de la coquille forn)ées par les ramifications du manteau sont d'une contexture poreuse très remarquable , qui doit . nous le croyons , donner, autant que les perforations de la coquille de la Térébratule , la preuve que la coquille fait partie intégrante de l'animal. Si l'on en doutait encore, les faits qui nous restent à ex- poser relativement aux bords du manteau le prouveraient jus- qu'à la dernière évidence. Une des observations auxquelles nous attachons le plus d'im- portance dans ce Mémoire, est sans contredit l'organisation si exceptionnelle que nous avons découverte chez les Ilippurites et les autres genres que nous en rapprochons. En étudiant les rami- fications des bords épaissis de la coquille , laissées par les cirrhes charnus des bords du manteau, nous avons trouvé, sur le bord de la valve inférieure, les mêmes impressions superficielles des CVanm, des Thecidea et des Radiolites (fig. 43) ; mais, lorsque nous avons étudié l'autre valve, nous avons trouvé une disposition toute dif- férente. Au lieu de n'occuper que l'intervalle des deux valves , les ramifications pénètrent par des ouvertures de diverses grandeurs du bord de la valve supérieure . et vont, en s'étendant toujours, occuper toute l'épaisseur de la coquille jusqu'au centre (PI. 7, fig. 44, ll^\ Chaque rameau convergeant vers le centre occupe une plus ou moins grande longueur du rayon, projetant vers l'exté- rieur, sur toute son étendue, de petites branches qui se font jour et pénètrent extérieurement par de petites ouvertures égales, ou par des ouvertures très inégales en diamètre. Voilà donc un animal dont les cirrhes charnus ramifiés du bord du manteau pénétraient dans des canaux également ramifiés, occupant le tissu même de t. U-OKHICiNf. — Stn l.lsK UUACIIIOI'ODES. 261 la valve supérieure, et cuiriiiiuniquaieiil immédiatement avec l'élément aqueux par de nombreuses ouvçrtures extérieures. Si nous n'avions pas recoiuiu les ramifications superficielles des bords du manteau des genres Cranta et Thecidea , et surtout si nous n'avions pas eu l'exemple du test perforé des genres vivants, tels que la Térébratule , nous aurions sans doute cher- ché longtemps à expliquer celte singulière organisation ; mais la comparaison de ces faits acquis nous en donne naturellement l'explication. Nous voyons dans ces canaux ramifiés du bord et de l'intérieur du tissu même de la valve supérieure, la réu- nion de deux caractères séparés chez les Terebratula , les Craniaei les Theculea, par exemple. C'est, en effet, un dévelop- pement considérable des cils , ou mieux des cirrhes charnus du bord du manteau , qui entrent dans des ouvertures du bord de la valve supérieure , pénétrant ainsi partout . en donnant des ramifi- cations qui , comme les perforations des Térébratules, commu- niquent avec l'extérieur, mais sur une plus grande échelle. Nous pourrions croire également que ces ramifications , qui pénètrent dans la matière même de la coquille et communiquent avec l'eau, devaient , ainsi que le bord du manteau des Térébratules , faire partie des véritables branchies, car il serait sans cela difficile de s'expliquer leurs fonctions dans l'économie animale { l'I. 7, fig. 46-50). Cette organisation des Hippurites nous donne la preuve que ces animaux respiraient, comme les autres familles pourvues de bras , par des dépendances du manteau, et qu'ils appartiennent bien zoologiquement à la même série d'êtres, dont ils n'avaient été rapprochés que par des caractères de forme extérieure pure- ment empiriques. Une fois entré dans cette voie d'observations, la connaissance des caractères des Hippurites nous a conduit naturellement à leur comparer, d'après des caractères d'organisation intime , des genres que leur faciès et quelques autres caractères conchyliolo- giques nous en avaient, depuis longtemps, fait rapprocher. Nous voulons parler des Caiirina, desCapiinulael des Ichlliyosarrolites nu (uijrinella. 262 A. D'ORBICiKY. SlJi l.liS BllACIIIOl'ODIiS. Les Caprina nous ont montré une valve inférieure lise , ana- logue de forme à la même valve des Hippurites, tandis que , con- tournée en spirale et dccontexture fibreuse , la valve supérieure en est très différente. En limant le bord très épaissi de cette der- nière valve, nous avons reconnu . non sans étonnement, que sa contexture fibreuse qu'on remarque à l'extérieur provient de ca- naux comprimés longitudinaux, les uns grands, placés près du bord interne, les autres de plus en plus petits en approchant du bord externe , qui pénètrent dans presque toute l'étendue du test, et sont séparés les uns des autres par de simples cloisons verti- cales (PI. 7, fig. 51). Ces canaux, que nous avons rencontrés, soit vides, soit remplis de matière étrangère , devaient sans doute, connne les canaux ramifiés des Hippurites , recevoir de très longs cils ou cirrhes chariiiis inégaux des bords du manteau, qui pé- nétraient sous presque toute l'étendue de la valve supérieure, dans sa matière nicme. Comparés aux canaux des Hippurites. ceux-ci s'en distinguent en ce qu'ils n'ont aucune communication avec l'evtérieur. Les résultais obtenus pour les Hippurites et les Caprina nous ont servi à expliquer la complication plus grande encore que nous avons reconnue chez les genres Caprinula et Capri- nella. Le prenricr, dont la valve inférieure a la forme exté- rieure de la même valve des Hippurites, et dont la valve supé- rieure est contournée en spirale, comme dans le Caprina, nous a montré les deux valves pourvues des mêmes canaux intérieurs que nous avons remarqués sur une seule des valves chez les 6'a- prina ; seulement ces canaux sont presque ronds et très inégaux en grosseur , les plus gros étant, comme aux Caprina , plus près du bord interne, et les plus peiils près du bord externe (fig. 5"2). Le second , que le moule intérieur a fetil nommer Jclitliyosarcolites , tout en ayant la valve inférieure contournée en spirale, fixe, l'autre conique, et différant complètement de forme, ne nous a pas moins montré la même organisation interne. Ce ne sont plus des canaux d'un diamètre inégal qui pénètrent le tissu des deux valves par une ouverture placée au bord de cette coquille : ce sont des canaux capillaires égaux en diamètre , fjui percent longitudinaleineni .*. U-OKBIUIVV. - SI l\ I.KS ISltACIIlOl'ODKS. -JoS luule la grande épaisseur de la coquille , sans avoii' de commu- nication extérieure avec l'élément aqueux (PI. 7, llg. 55). Si nous chei-chons à reconstruire par la pensée l'animal qui devait habiter la coquille des Caprina , des Caprinula et des Ca- prinella, nous pourrions croire que, pour les Caprines, des cirrhes charnus, comprimés, très longs et très inégaux, partaient du hord du manteau, et pénétraient dans les cavités du test de la valve supérieure; que, pour le genre Caprinula, des cirrhes charnus cylindriques , très inégaux en grosseur , et pour le genre Caprinelle , des cils déliés capillaires égaux, occupaient te pourtour du manteau de l'animal , et là se divisaient en deux séries : les uns pénétrant dans les canaux de la valve supérieure, les autres en- trant dans les canaux de la valve inférieure. Dans les deux cas, ces cirrhes bordant, ainsi que pour les Hippurites, le pourtour du manteau, siège de la respiration chez les genres vivants, nous devons penser qu'ils étaient placés près de l'ouverture des valves pour se trouver plus immédiatement en contact avec l'élément aqueux, et qu'ils devaient, dès lors, être de véritables organes de respiration. Nous pensons encore , avec plus de raison que pour les Térébratules, que ces canaux pratiqués dans l'épaisseur même du test de ces genres sont une preuve évidente que ce test était, non pas un simple corps protecteur, mais une dépendance intime de l'animal. En nous résumant sur les caractères zoologiques, et sur les fonc- tions déduites du développement et de la forme des bords du manteau , procédant du connu à l'inconnu , nous sommes arrivés à reconnaître que , d'abord simplement cilié sur ses bords chez les Térébratules , cet organe prend un développement d'autant plus grand que les bras des genres deviennent plus incomplets, et que, chez les genres qui manquent de bras, il devient l'or- gane le plus compliqué , et celui qui occupe le plus de place dans l'ensemble. Le manteau, dans cette série animale , est donc, avec les bras, l'organe le plus important. Il est, avons-nous dit, le siège de la respiration ; mais , en lui voyant prendre un développement d'autant plus grand que les bras perdent da- vanlage do liMir pcrfeclioii . ne pourrions-nous pas croire encore 264 *. d'orbig:«y. — sur les uhaciuoi'Odus. qu'il sert à entr'ouvrir les valves chez des coquilles dépourvues deligament, et remplace dès lors cet agent mécanique, qui chez les autres bivalves contrebalance l'effort des muscles. M. Owen a pensé qu'une partie des fonctions des bras pouvait être expliquée de cette manière. Il ne serait donc plus extraordinaire que les cils du manteau, toujours placés au bord des valves, ne fussent appelés à remplir ces fonctions, surtout lorsque les bras manquent tout à fait , et qu'aucun autre organe n'arrive au bord de la co- quille. On doit au manteau les perforations h peine visibles du test des Térébratules, qui, chez ]es Ilippurites , les Caprina et les CaprineUa , forment ces canaux si compliqués et si remarquables de la matière testacée. C'est par les ramifications de ses bords , à peine sensibles chez tes Térébratules, plus marquées chez les Crania et les Thecidea , que nous arrivons graduellement à ces immenses ramifications des bords des Radiolites . et enfin aux cils charnus qui pénètrent dans les canaux intérieurs de la co- quille des H ippurites et des Caprinidées. Là encore l'étude com- parative des organes chez les êtres vivants et fossiles, et des traces qu'ils laissent sur les parties solides, nous amène à définir les formes zoologiques des genres perdus, et à restaurer, pour ainsi dire , cette nature morte des temps passés , qui existait peut-être sous l'influence de conditions vitales dilïérentes des conditions actuelles. Des muscles. Les muscles, et surtout ceux dont nous pwuvons retrouver des traces chez les genres fossiles , sont loin d'avoir , à nos yeux, une valeur zoologique égale à celle des bras et du manteau ; néan- moins , nous devons en parler, parce que, dans quelques cas, des faisceaux musculaires traversent la coquille, sortent par une ouverture pour fixer l'animal aux corps sous-marins , et, dès lors , jouent un certain rôle dans les modifications que subissent les coquilles qui en sont pourvues. Les muscles, dans cette série animale , encore exceptionnelle sous ce rapport, sortent où non à l'extérieur de la coquille et par des points dilïérenls, suivant les diverses modifications de forme. *. D'ORBIGKY. — Sdfi I.ICS lillACrilOl'ODKS. 265 Des muscles extérieurs. Les nuiscles cl)ez la Terebraluta Chilensis , comme l'a décrit M. Oweii, se composent, sur chaque valve, de deux paires. Sur la valve imperforée, ils ont leur origine à une certaine distance les uns des autres. Ceux de la paire antérieure s'élèvent immédiate- ment en arrière du milieu de la valve ; ils sont charnus, se ré- duisent à de petits tendons , qui se séparent de nouveau pour aller se fixer dans le pédicule. Les muscles de la paire postérieure naissent des dépressions latérales de l'apophyse centrale de la charnière , et vont s'insérer dans le pédoncule. Les muscles de la valve perforée sont placés très près les uns des autres; ceux de la paire antérieure se terminent bientôt par de petits tendons, qui se fixent à la base de la valve imperforée ; les postérieurs se rendent aux pédicules. Ainsi, dans cette espèce, les deux paires de la valve impcrforée donnent des fibres vers, le pédicule, qui reçoit aussi la paire postérieure de muscles de la valve perforée. Tous ces muscles réunis forment un faisceau musculeux , cn- toin'é d'un prolongement tubulcux du bord du manteau , qui con- stitue ce qu'on appelle un pédicule, dont l'extrémité opposée s'épanouit , et se fixe aux corps sous-marins. Chez les Orhicules, il y a huit muscles distincts, dont une par- tie sort par l'ouverture extérieure de la coquille , s'élargit im- médiatement après en un disque qui s'étend aux parties externes de la coquille , et se fixe aux corps sous-marins ; alors, il n'y a pas de pédicule proprement dit. Entre ces deux modes de fixa- tion presque mécanique de l'animal aux corps sous-marins , il y a diverses modifications , mais qui ne sont pas en rapport direct avec les autres caractères des bras et du manteau ; ainsi l'on trouve des coquilles munies de pédicules chez les genres pourvus de bras libres, de bras fixes, en spirale ou coudés , et même chez les genres sans bras , tandis que , dans chacune de ces mêmes séries . on trouve des genres qui n'avaient aucun muscle exté- rieur. La présence ou l'absence de ces muscles extérieurs ne peut (!onc être qu'un caractère d'une valeur secondaire, passant après les bras et le manteau. Bien que la présence ou l'absence des 2(56 A. D'ORBICiKV. — SUK LliS BlUCUIOPODES. muscles extérieurs serve de limite entre les animaux libres et les animaux fixes, cette limite paraît d'autant moins importante que nous trouvons des coquilles qui étaient fixes dans le jeune âge, comme les Thecidea et quelques Orlhisina, les Strigocephaius , tandis qu'elles paraissent avoir aussi bien vécu lorsqu'elles étaient libres dans l'âge adulte. Sans attacher, comme nous venons de le dire, une trop grande importance organique à l'existence ou à la non-existence du pé- dicule , nous pensons que cet organe donne un excellent carac- tère générique encore en rapport avec les caractères organiques ; ainsi nous avons remarqué que , si la présence ou l'absence de pédicule n'est pas en rapport avec les grandes divisions données par les bras , la place de ce pédicule lorsqu'il existe est , au con- traire, dans des rapports presque constants avec les divisions déduites des bras. Chez les Lingulcs pourvus de bras libres , le pédicule passe entre les crochets des deux valves, qui , pour cette raison, ne peuvent pas avoir de charnière. Le genre Hemithiris {T. Psillacea) , et les autres munis de bras libres portés sur une apophyse , montrent un pédicule sortant par une ouverture va- riable placée au-dessous d'un crochet entier. I es Spirifer, h bras spiraux testacés et fixés, ont le pédicule presque toujours à la même place que les Hemithiris. I>a Terebratula et les autres genres munis de bras coudés laissent passer le pédicule par l'ex- trémité même du crochet de la grande valve de la coquille. Les Orbicules, dont les bras spiraux charnus sont peu libres, font sortir le muscle, pédoncule ou non , par une ouverture placée entre le crochet et le bord d'une coquille subconique. Parmi les animaux sans bras, le Megathiris, seul genre qui soit pourvu d'un pédicule, le laisse sortir par une ouverture qui entame le crochet. Nous sommes entré dans ces détails pour faire sentir qu'en étudiant avec soin la place de l'ouverture de la coquille propre à laisser sortir le muscle , on pourra s'en servir comme d'un excel- lent caractère générique ; car chaque modification de place ou de forme de l'ouverture est encore en rapport avec les autres carac- tères. Nous ne pousserons pas plus loin ces considérations qui rentrent dans les détails de classificaiioii, sur lesquels nous rc- A. U-ORBIUXI. -- SI II l.l;S lillAClliOl'ODUS. 2G7 viendrons plus tard ; il nous sudll de dire que tous les caractôres relatifs aux muscles extérieurs qu'on observe chez les genres vi- vants se retrouvent parmi les espèces fossiles , et que , de toute manière, on peut les rapporter aux types vivants, ou constater parfaitement les différences organiques qu'elles peuvent olTrir. Nous terminerons ici les considérations zoologiques. Tous les auti'es caractères cessant d'être généraux, pour devenir de plus en plus exceptionnels , et tenant souvent à la coquille , nous les dis- cuterons en parlant de ceux qui doivent être employés dans la clas- sification des genres. KXPMC.tTIOX DES FIGliKIiS PLANCHE 7. I''lg I . Valve inférieure àeVHemilhiiis psitluceu vue en ded;ins, pour montrer; u, les apophyses qui soutiennent les bras charnus libres; b, un bras déve- loppé; c brasronlourné sur lui-même, dans le repos. Kig. 2. La mi^mc valve sans les bras, montrant u les apophyses. Fig. 3. Coupe longitudinale de la même valve, pour montrer la saillie de l'apo- physe (i. Kig. 4. Coupe dune lllujiiclionclla. — a, l'apophyse destinée à soutenir le bras charnu. Kig. 3. Coupe des deux valves do Slrigoceplutlus Burlini , montrant a l'apophyse des bras charnus. Fig. 6. Coupe longitudinale des deux valves du Pentnmerus Knigluii, Sovv., pour montrer u l'apophyse brachiale soutenue par une lame 6 et les lames e de la grande valve. Fig. 7. Valve inférieure, vue en dedans, de la Terebralulimi ciipul scrpcntis , afin de montrer II la base de l'apophyse brachiale; b.h. les deux bras coudés au point d, se réunissant en c pour ne former qu un .seul bras recourbé vers la bouche. Fig. 8. La même valve vue de profil, pour montrer les mêmes parties. Fig. 9. Valve inférieure, vue en dedans, du Terebmlula corneii. — a, la base de l'apophyse brachiale : b.b, les bras coudés, qui se recourbent vers la bouche c, sans se réunir. Fig. 10. La même valve vue de profd . montrant les mêmes parties. Fig. 1 I . Valve inférieure, vue en dedans . ilu Trrrhnili-Un Inmi-alu , pour mon- friT les bras coudés h 268 A. D'ORBIGNV. — SUR M!S BliACIilOl'ODliS. Fig. 12. La même valve vue de profil. Fig. 13. Valve inférieure, vue en dedans, du TerebratellaChileiisis, afin de mon- trer, a, l'appareil apophysaire coudé des bras non extensibles , qui se fixe sur une crête b au fond de la valve. Fig. 14. Valve inférieure du Terebratuln Fontainei, d'Orb. — a, l'appareil apo- physaire des bras coudés , resté libre , e.xcepté sur son point d'attache c. On voit en x,x, l'empreinte intérieure des vaisseaux branchiaux ramifiés. Fig. 15. La même valve vue de profil, portant a l'appareil libre des bras coudés. Fig. 16, Valve inférieure, vue en dedans , du Terebratella truncata, montrant u l'apophyse des bras coudés charnus Fig. 17, Valve inférieure , vue en dedans, du Terebralulina caput serpentis. — a, appareil apophysaire tubuleux des bras coudés charnus. Fig. 1 8. Valve mférieurc, vue en dedans, du Magas pumilus, afin de montrer son appareil apophysaire brachial destiné à supporter des bras coudés charnus. Fig. 1 9. Coupe longitudinale des deux valves réunies , afin de montrer 6 la lame verticale de la valve inférieure, sur laquelle a sont les apophyses des bras coudés charnus. Fig, 20. Valve inférieure de Spirifer. — a. l'apophyse brachiale; d, 6, 6, l'appareU spiral des bras fixes contournés Fig. 21. Coupe des deux valves, pour montrer la place de l'appareil spiral des bras contournés fixes. Fig. 22. Valve supérieure d'un Spiriferina. — u, l'appareil spiral des bras con- tournés fixes Fig. 23. Coupe des deux valves, pour montrer a l'apophyse; b, le cône formé par l'appareil spinal fixe des bras. "Fig. 24. Valve supérieure du TItecidea nmliterranea. — a, appareil fixe incrusté dans la coquille, destiné à soutenir des cirrhes charnus. Fig. 2S, Valve inférieure de la même coquille, — a, limbe ramifié du bord du manteau; b, tubercules laissés par le manteau. Fig. 26. Valve inférieure du Megalhiris detruncata. Ce genre n'a plus de bras; mais entre trois apophyses saillantes, a,a,a, sont les bords, du manteau décou- pés en trèfles et pourvus de cirrhes charnus contractiles. Fig. 27. Valve supérieure du même, montrant a les vaisseaux ramifiés du réseau branchial. Fig. 28. Valve supérieure d'un Spirifer, pour montrer a les doux lames verticales qui partent de la région cardinale, et b la troisième lame médiane. Fig. 29. Valve inférieure d'un Spiriferina. — a, lame verticale interne; b, lame médiane également verticale. Fig. 30. Valve supérieure d'une espèce à'Orihisina, pour montrer le limbe ra- mifié. Fi;;. 31. Valve supérieure , vue en dedans, ilo \'Orlhix furtnami . pn\ir niontriT A. D'ORBICIVT. — SLIi I.ICS liRACIlIOPODES. 569 qu'elle n'a pas d'apophyse inK'rieure comme les Lingiilu , et que . dès lors, ce genre peut avoir des bras libres charnus. Fig. 32. Valve inférieure, vue en dedans, du Leptagoni» dcpresm , également sans apophyses brachiales. Fig. 3.'î. Valve inférieure, vue en dedans, du Leptrrnn Mailisonensis aussi sans apophyses, montrant a des canaux ramifiés du limbe formés par les ramifica- tions du bord du manteau. Fig. 34, 35. Perforations grossies du test des Térébratules. Fig. 36. Perforations et tubercules extérieurs du test du Spiriferina du lias. Fig. 37. Partie grossie du bord intérieur des valves du Tcrebratella truncata , montrant les tubercules laissés par les cirrhes charnus des bords du manteau. Fig. 38. Terebralnla ibjphia dont on a enlevé une partie du test, et dont le moule mlérieur montre les canaux formés par les vaisseaux branchiaux du manteau. (De ma collection.) Fig. 39. Partie grossie du limbe ou bord intérieur d'une valve du Theciden pi- pillaia , pour montrer les canaux laissés par les cirrhes charnus du bord du manteau. Fig. 39'. Valve de grandeur naturelle. Fig. 40. Partie grossie du bord inlérieur d'une valve de Cnmia antiqua. mon- trant les canaux bifurques et ramifiés laissés entre les tubercules par les cir- rhes charnus du bord du manteau. Fig. 40'. Valve de même grandeur naturelle. Fig. 41. Bord intérieur, de grandeur naturelle, d'une valve supérieure du /înd/o- liles Hœninghaussii , ayant les mêmes sillons ramifiés, entre des élévations, qu'on remarque au bord des Thécidées, des Cranies, des. Leptœna, etc ,etc. On volt clairement qu'ils ont élé formés par des cirrhes charnus Fig. 42. Lames extérieures , réduites, du bord de la valve inférieure d'une Ba- rtiolites cralprifnrmis, montrant ena.n,a, des canaux ramifiés et bifurques di- vergeant de l'intérieur à l'extérieur, comme les canaux intérieurs des Téré- bratules (fig. 38). Ils ont sans doute été formés par des cirrhes charnus susceptibles d'extension jusqu'aux limites extrêmes du bord de la coquille , entre les deux valves. Fig. 43. Bord intérieur grossi d'une valve inférieure & Hippurilea hioculnla . ayant les mêmes ramifications tuberculeuses que les Cranies st les Thécidées. Fig. 44. Bord intérieur grossi d'une valve supérieure d'Hippurites bioculatn , montrant les ouvertures des canaux intérieurs de divers diamètres , qui pénè- trent dans l'épaisseur même de la valve. — a, orifice des grands canaux. Fig. 4o Coupe verticale, dans le sens d'un rayon qui part du centre à la circon- férence, d'une valve supérieure du Radioliles liiocuUiUt , afin de montrer la direction et les ramifications des canaux intérieurs. — a,a a, canal principal qui part du bord externe (a, fig. 44) et s'étend jusqu'au centre, en projetant, vers l'extérieur, des ramifications c.c,r,e — b. canaux compris entre le bord 270 *. »'ORBI«\V. — Slll I.KS liUAClllOl'ODIiS. interne et le bord -externe , se ramiliant comme le cdnal principal , et formanl de petits canaux qui vont s'ouvrir à la partie supérieure de la valve. — Les lignes d accroissement de la partie testacée de la valve qui sépare les canaux, nous ont donné la preuve que ces canaux s'avancent vers l'extérieur au fur et à mesure de l'accroissement de la coquille On pourrait croire dès lors que le cirrhe charnu qui y pénétrait pouvait résoudre la matière calcaire du côté in- térieur, tandis qu'il déposait des matières en arrière, de manière a n avoir que le même diamètre de canal. La figure 49 le montre suffisamment. On voit que ces canaux se sont avancés de « en b, en laissant ce, les limites successives du canal d à mesure qu'il s'avançait vers b. Fig. 46. Partie supérieure des deux valves de VHippurites cornu-vaccinum, mon- trant a,a, des parties non altérées de la superficie externe de la valve supé- rieure percées de petits pores correspondant aux canaux internes; b, partie usée, montrant alors des canaux plus grands; c les grands canaux, visibles par suite de l'enlèvement d'une partie du test ; d, le bord de la valve infé- rieure. Fig. 47. Partie supérieure de VHippnrilex bioculata. — u, partie supérieure du test, avec ses perforations intactes; fc, partie plus altérée, montrant des canaux plus gros; c, les grands canaux rayonnants figurés en coupe (fig. 45, a): d, bord de la valve inférieure. Fig. 48. Partie supérieure grossie d'une valve de VHippuriles bioculala , pour montrer l'orifice des canaux, Fig. 49, Voyez figure 43. Fig. 50. Partie externe de la valve supérieure de VHippurites Toucnsianus. pour montrer les ouvertures extérieures. Fig 51 . Coupe transversale des canaux intérieurs de la valve supérieure du Cn- prina Aguilloni. ~- a, bord interne; b, bord externe. Fig. 52. Coupe transversale des canaux intérieurs des deux valves du Capriniila lioissiji. — II, bord interne ; b, bord externe. Fig. 53. Coupe transversale d une valve du CuprineUu Itiangularia, pour montrer les canaux capillaires dentelle est pourvue intérieurement. 271 RECHERCHES suit L(IRG AN ISATION DES VERS Far M ZMII.I: BLANCHARD. fSnilp- vny.l. Vil, p. 87, el t VIII, p ll'l.) Genre Polycems (Polycelis Ehrenb.). PoLTCÈLE TIGRÉ (^Pohjcelis tigtiiius Blanch,] (1). Corpore lato postice attenitato , punctis seu maculis minutis fuscis adsperso; oculis numerosis. Le corps de cette espèce est très déprimé, large, par rapport à sa longueur, mais notablement rétréci vers la partie postérieure; ses dimensions varient entre 30 et iO millimètres de long sur 15 à 20 de large. Il est d'une teinte uniforme , blanchâtre , avec f[uelques nuances grisâtres; mais en dessus il est tout parsemé de points , ou plutôt de très petites taches brunâtres extrêmement rapprochées les unes des autres, particulièrement sur la partie moyenne de l'animal. Exactement au-dessus des ganglions céré- broïdes, on distingue une petite tache noirâtre, bilobée, ayant entièrement la forme de ces centres médullaires. Les yeux , qui se présentent sous la forme de petits points noirs, sont situés de chaque coté de cette petite tache (2). La bouche est située vers le quart antérieur du corps (3); l'orifice des organes mâles {h) vers le milieu . et celui des organes femelle= (5) notablement en ar- rière. Cette espèce paraît être assez commune dans le port de Gênes. Je n'en ai étudié que le système nerveux d'une manière détaillée. Du syslème nerveux. — Les ganglions cérébroïdes sont situés vers le cinquième antérieur de la longueur du corps, un peu en (1) PI. s, fig. I (2) PI. 8, fifî. 1", (3) PI. 8, fig \" — Znui. T VIII t NiiM'inhir l.si; ., , «S ■21 II \wY\'.i; i;\ SICILE. notablement en avant de la bouche et des organes mâles, forment une masse bilobée , d'où l'on voit naître deux paires de nerfs principaux , et en avant les nerfs optiques qui sont d'une brièveté extrême. Les deux chaînes latérales passent sous les organes gé- nitaux et de chaque côté du tube intestinal au-dessous des bran- ches qui en dérivent. Appareil digestif {\). — I/estomacse trouve placé exactement au-dessus de la bouche ; il est suivi d'un intestin droit s'étendant jusqu'à l'extrémité du corps , où il arrive en se rétrécissant gra- duellement. De chaque côté de l'estomac et du lube intestinal , il eu naît une vingtaine de diverticidum qui atteignent presque les bords latéraux du corps. Toutes ces branches, assez épaisses, sont digitées vers leur extrémité d'une manière en général assez irrégulière Appareil circulatoire. — Chez cette espèce, j'ai pu voir avec la plus parfaite netteté tout le réseau vasculaire. Sur un individu que je conserve encore actuellement, on distingue dans une grande partie du corps les plus fines ramifications, dans lesquelles l'in- jection a pu pénétrer. C'est après avoir fait mourir des l'ianaires, en empoisonnant l'eau de mer au moyen d'un liquide salin hy- drargyré, que j'ai ri^ussi à pouvoir disséquer et à injecter de ces animaux sans que leurs tissus vinssent à ditïluer, et sans que la contraction fût très sensible. Comme je l'ai dit déjà dans les généralités, les noyaux céré- broïdes sont logés dans une petite lacune, à laquelle viennent aboutir les principaux troncs vasculaires : ce qui explique les mouvements de contraction vus sur ce point par divers observa- teurs, et notamment par Dugès, par Mertens , etc. Si nous con- .sidérons cette lacune comme centre , nous en voyons partir anté- rieurement de chaque côté un tronc principal , qui se divise et se subdivise bientôt dans la portion antérie.ure du corps ; et en ar- rière , les deux vaisseaux les plus considérables qui s'étendent jusqu'à l'extrémité postériem'e du corps, en présentant sur leur trajet des branches nombreuses elles-mêmes extrêmement rami- (I) l't 8. fi" .>■. A. Bi.t^t'HARD. — SI 11 i."or(;amsatio\ des vi;r.s. '275 liées, et offrant entre elles une foule d'anastomoses , de manière à constituer un véritable réseau d'une délicatesse extrême, comme nous l'avons représenté avec la plus grande exactitude , d'' après notre individu le mieux injecté (11. OBSERVATIONS Ainsi (|ue j'ai déjà eu soin de le faire remarquer, les Aporo- réphales ou Planariées ne figurent dans ce travail que pour les faits relatifs au système nerveux et au système vasculaire , ces points m'ayant paru indispensables à éclaircir pour apprécier ri- goureusement les rapports d'organisation existant entre ce type et les autres groupes de Vers , particulièrement les Trématodes et les Bdellomorphes. Je n'ai point eu l'intention de donner un travail d'ensemble sur les Planaires. Après le Mémoire qui venait d'être publié par M. de Quatrefages , après la Monographie zoologique publiée assez récemment par M. Œrsted (2) , il faudrait étudier profon- dément un très grand nombre d'espèces, et, autant que possible, les espèces déjà décrites et réparties dans divers genres , pour arriver à établir parmi ces animaux les caractères propres à cha- cune des divisions établies par les auteurs , souvent d'après des caractères extérieurs , dont on n'a pu , en général , suffisamment contrôler la valeur par l'élude des parties internes ; or, c'est ce que je ne me suis point trouvé en position de faire. Dans la Monographie de M. Œrsted, on trouve mentionnées assez exactement les espèces de Planaires décrites jusqu'à lui. Depuis, M. de Quatrefages en a fait connaître quelques autres ; et M. Darwin (3 adonné la description succincte de quinze espèces exotiques provenant surtout du Brésil , du Chili et de la Tasmanie. (I)PI 9. fig. i (2) Enlicurf eiuer xvxtemalischer Eiilheilung uiid Speciellen Bcschreibung ricr l'iallwilrmer. Copenliagen, 1844 (3) Brief Descripliuns of seeenil lerrexlrial Pldnariœ (tnd o( some remnrkable marine species icilli au nccoiiiH nf Iheir habits. (Tlip Annais und Magaz . ufnal. hislory. vol. XIV, p. 211, pi. v, fig. 1-4 11844].) iJ70 \(ivu;r i;\ sic.ii.e. ORDRE DES TRÉMATODES [THl-JMATOIiA Hldoipim) Caractères. — Corps aplati , plus ou moins large , mais tou- jours assez court, sans annulations, pourvu de ventouses ou organes d'adhérence. Bouche située à l'extrémité antérieure. Système nerveux consistant en deux chaînes latérales , prenant leur origine dans deux centres médullaires petits , et notablement écartés l'un de l'autre. Les rendements ganglionnaires des chaînes latérales toujours extrêmement petits, surtout vers la partie posté- rieure. Canal intestinal débutant par un bulbe musculeux et un œsophage court, suivi d'un intestin bifurqué ou ramifié, terminé en rœcum, et ne présentant jamais d'anus. Système vasculaire consistant en un ou plusieurs vaisseaux principaux , fournissant de nombreuses branches qui s'anastomosent ordinairement entre elles. Organes de la génération des deux sexes réunis sur chaque individu ; les orifices plus ou moins rapprochés, toujours distincts. Les testicules multiples. Pénis faisant ordinairement saillie au dehors. Ovaires eu forme de grappes et de canaux décrivant de nombreuses circonvolutions. Oviducte tubuleux. L'ordre des Trématodes est certainement l'un des plus remar- quables parmi les Vers. On en a décrit de deux cents à deux cent cinquante espèces appartenant h des types différents, mais toutes néanmoins conformées d'après un plan général assez uni- forme. Malgré quelques diversités d'organisation , ce groupe est eu elfet extrêmement naturel et parfaitement distinct. Les Tré- matodes sont en réalité de fort jolis animaux qui varient nota- blement d'un type à l'autre par le nombre des ramifications de l'appareil digestif, par le trajet-, les anastomoses, la multiplicité des vaisseaux , comme par la disposition qu'affectent les organes génitaux ; mais le système nerveux offre un degré de constance bien l'emarquable. Entre toutes les espèces soumises à mes in- vestigations , je n"ai observé, sous ce dernier rapport, que les plus légères différences. Les téguments de ces Vers sont assez résistants : ce qui per- uict de les étudier plus facilement quand on y apporte le soin É. BLilKt IIAKII. — SUli l'organisation DES VEHS. "277 convenable. C'est ce qui permet d'injecter le système vasciilaire de très petites espèces , comme quelc[ues Distomcs, comme l'Ho- lostome du Renard , par exemple , dont la taille est de 3 à h milli- mètres. J'ai étudié un certain nombre d'espèces de l'ordre des Tréma- Iodes ; sur plusieurs de très petite dimension , je n'ai pas réussi à injecter entièrement les vaisseaux. Je ne m'arrêterai qu'à celles qui de ma part ont été plus particulièrement l'objet d'études ap- profondies; je ne parlerai point, au contraire, de celles sur les- quelles j'aurais trop peu de chose à ajouter à ce qui est déjà connu. M. Dujardin a établi dans cet ordre trois divisions qui me pa- raissent assez naturelles; ce sont les Distomiens , Tistomiens et OcTOBOTHtuENS. On peut les reconnaître aisément d'après la dis- position ou la nature de leurs ventouses. V'enlouses inermes ; ces organes n'accompagnant jamais la bouche. Intestin divisé en deux brandies simples ou ra- '■ Distomiens. mifiées ' ■Ventouses inermes : deux de ces organes situés de chaque- côté de la bouche. Intestin ramifié, dont les deux bran-' Tristomiens. cbes principales réunies en forme d'anse ' Ventouses situées à la partie postérieure du corps et munies ( ^ de crochets t Tribu .les DISTOMIENS {DISTOMII Dujard. . Caractères. Bouche terminale. Une ou deux ventouses inermes. Les ganglions cérébroides situés de chaque côté de l'œsophage ou du bulbe œsophagéen. Cette tribu me paraît susceptible d'être divisée en plusieurs tainilles : l'une comprenant les Distomes, et tous ceux établis aux dépens de ce grand genre des anciens helminthologistes , et de plus les Monostomes. La l'aniille des Distomides serait distinguée par le corps aplati , et l'absence de ventouse pos- térieure ; une seconde, comprenant les Amphistonies, la famille des Ainphislomides , serait distinguée par l'épaisseur du corps, et la |)résence d'une grande ventouse postérieure; une troisième 278 vova(;e i;n sicilk. alors compreiidiait les Holostomes, dont la partie antérieure du corps est élargie , ou plutôt bordée par des expansions membra- neuses ; ce serait la famille des Holosloniides. Je n'ose qu'indiquer ces groupes ; des caractères organi- ques paraissent devoir les appuyer: mais, mes observations n'ayant pu porter que sur un nombre d'espèces assez liiriité com- parativement à ce qui existe, je ne voudrais pas généraliser des caractères qui n'appartiennent peut-être pas à tous les représen- tants de ces familles. FAsirLLK DES DISTOMIDES {DISTOMID.E). Genre Fasciomî [Fasciola Linné). Planaria Gœze. — Distoma Retzius Rudolphi, Bremser. Melilis, Dujardirt. Sous-genre Cladocœlium Dujard. Caractères. — Corps oblong , étranglé antérieurement. Deux ventouses, l'une contenant la bouche, et l'autre située un peu en arrière. Intestin divisé en deux branches très rameuses. Orifice des organes génitaux on avant de la seconde ventouse. Ovaires occupant les parties latérales et l'extrémité du corps. Utérus situé vers la partie antérieiue. Organes testiculaires divisés en branches nombreuses se terminant en cœcum. .Système vasculaire consistant en un canal médian, donnant naissance à des branches nombreuses très ramifiées et très anasto- mosées. On ne connaît qu'une seule espèce de cette division ; c'est l'une des plus grandes, et i>eut-ctre la plus commune parmi les Tré- matodes : aussi est-elle considérée comme étant en quelque sorte le type de l'ordre tout entier. C'est une de celles qui ont été le mieux décrites; cependant son système vasculaire n'a jamais été ni décrit ni représenté dans son ensemble. Les organes de la gé- nération ont même élé figurés très imparfaitement. Il m'a paru juste de rendre à ce type le nom générique de Fasciola appliqué par Linné, principalement en vue de celte espèce , et néainnuins abandonné par les helminthologistes ([ui lui ont substitué la dénominalion de Distoiiia. É. BI.;t!Vt'll Kasciolk du KOli; [Douve ilu foie] [Fdsciola heimliai) (I). Linné, Stjitvmu iialura-, edil. xii, l. 1, pari, ii, p. 1077, n" 1 (1767). Egelschnecke, Scheffer, Abhcmdlungcn von Insecteu Bd. 1, laf. 1 (1764). Planurin Idtiusculd Gœze , Verfuck einer IVaturgeschichle der Eingeweide- iciirmer Ihierischcr Kœrper, p. 160 (1782). fUxioma hcpiiliaim Zcder, Nnchlraij zur naturg. der EingeiveidetoUrmer . p, 163 (1800). Itudolphi, Eiitoz. Iiist . l. Il, p. 352 (1809). Fasciola hepatica Brera, A/emorit; sopru i principali vermi dd corpure iimaiio, p. 92 (1811). Fasciola lu'iintka Kanidohr. Analoinisclw Benwrkunycn iibcr dm i'gel in der SchitafJeber (in Der (n'Uftlschnft \tiliirfurscli. freunde za Berlin Mttgazin. 6 Jahrang. p. 128, lab. m, fig. 5, 6 (I 81 4). — (Observations inexactes.) Otto , Ueber das nervensyslem der EingeweideicUrmer ( in Der Ges. A'u- turf. fr. Muguz. 7 Jahrang. S. 228, lab. vi, fig. 7, 8, 9. 10 (1816).— 'Observations inexacles.) Distoma hepaticum Olfers , Cunim- de vegetativis et aninuilis eurporibus in corpore animali reperiundis, t. I, p. 44 (1816) Gœde , Diss. hist observât, qudsddm de insect. verniiumgue struclurd. De Distomutis hepatici structura, p 8-13 (1817). Rudolphi, Entoz. synops., p. 92, 363, 576, 383, 588 (1S19). Eremser. Ueber lebende Wurmer m lebenden Menschen, p. 229-233 (1819). Bojamisin Isis von Oken 1 821 , I. p 170, 173, tab. 2, fig. 20-23. p. 303- 307, tab. 4, fig. a.b.c (1821) Mehiis. Obsercationes iinalomicœ de Distomate liepatico et /n«ceo/u(o( 1825). Layer, Dissert. hist. Entoz. corp. hum., p. 47 (1833). Gurlt, Lehrb. d. puth. anal, der Haussntigelhiere, pi. 8, fig. 29-33. Dujardin. Hist nul. des Helminthes (Suites à Butfonj, p. 389 (1845). Descnpiion. — Cette espèce atteint jusqu'à 30 à 35 millimètres de longueur. Son corps est mince, aplati, rétréci ou étranglé anté- rieurement, et légèrement atténué vers la partie postérieure, d'une forme ovale ou oblongue. Les bords latérau.x sont presque droits, et l'extrémité arrondie présente , ordinairement , une très petite échancrure. I,a partie antérieure du corps, ou la partie étranglée, est un peu conique et en forme de cou. La ventouse antérieure, dans laquelle est située la bouclie, est petite et arrondie; la ventouse postérieure, beaucoup plus grande, est très saillante, avec une ou- \\] llnjiii- iiiiiiiiiil, niiiu elle édition (Zoophyles). pi. 36, lig 1, I h. ^80 VOÏAGE UN SICILE. verture triangulaire. Le pénis, très prolongé au dehors, et tou- jours courbé sur lui-même , fait saillie en avant de la ventouse. L'orifice des organes femelles, très peu sensible extérieurement, s'aperçoit à droite de la verge. Les branches de l'intestin sont très ramifiées. Tout l'animal est d'une couleur gris-brunâtre , et les branches intestinales se dessinent sous les téguments en brun-verdâtre quand elles sont gorgées de nourriture. La Douve du foie est l'une des plus grandes espèces de l'ordre desTrématodes, et c'est en même temps l'une des plus communes. Elle présente en quelque sorte l'exagération des caractères du groupe par le nombre des branches de l'intestin , et par la multi- plicité des ramifications et des anastomoses vasculaires ; c'est donc avec beaucoup de raison qu'on peut la considérer conmie un des types principaux parmi les Trématodes. La Douve vit dans les canaux hépatiques de tous les Rumi- nants; elle a été également trouvée chez le Cochon, le Lièvre, et même plusieurs fois chez IHonnne. On la trouve en très grande abondance dans le foie des Moutons; la plupart de ces animaux en sont littéralement infestés. Il s'agit, le plus ordinairement, d'acheter un foie de Mouton , dont on a respecté les canaux bi- liaires pour se procurer la Douve en grande quantité. 11 m'est arrivé fort rarement, sur bon nombre de foies visités, de ren- contrer les canaux hépatiques ne contenant aucun de ces Vers. Dans quelques cas , du reste assez rares , ces. Trématodes se logent dans le parenchyme du foie , et il en résulte une véritable altération de cet organe. On distingue à sa surface des parties profondément attaquées , dont l'aspect est celui de poches vési- culeuses. La Douve n'est pas rare , non plus dans le foie de Bœuf ou de Vache. Je l'ai rencontrée également dans le Cheval. Tous les in- dividus qu'on oblient de ces divers Mammifères sont complète- ment semblables. Cette espèce de Trématode, contrairement à ce ijui a été observé pour la plupart des autres Vers, paraît vivre indifféremment chez plusieurs Mammifères appartenant à des groupes esscnliellement différents. Envdoppe léyidiieiUaire el muscles. — Les téguments des É. RL,t;vi'H.tiiD. — sua i.'oiicamsation nus \eiis. 281 Douves ont une consistance très ferme, et résistent parfaitement à l'action de l'ammoniaque. La peau , vue à un grossissement de 80 à 100 diamètres, se montre comme légèrement ridée, et couverte de tubercules assez rapprochés les uns des autres et illégalement espacés (1). Vers la partie antérieure du corps , ces tubercules sont en général très arrondis ; dans la partie médiane , ils sont , au contraire , plus allongés et plus irréguliers ; à la partie postérieure, ils deviennent de moins en moins sensibles, et Unissent même par s'elïacer très notablement. Malgré tous mes elTorts pour isoler ou pour distinguer , sous le microscope , les couches qui entrent dans la composition des téguments de la Douve , je n'ai pu en apercevoir que trois : l'une superficielle , ayant l'apparence d'une membrane extrêmement mince : c'est une sorte d'épiderme; l'autre plus épaisse, résistante, et formée de cellules allongées, qui peuvent , jusqu'à un certain point, donner passage au liquide dans lequel l'animal est plongé. Melilis s'était déjà assuré de cette absorption en plongeant des Fascioles dans un liquide coloré. Au-dessous on distingue une couche com- posée de fibres entre-croisées, extrêmement minces, et générale- ment assez mal délimitées. Les muscles de la Douve , comme ceux de la plupart des Tré- matodes, sont très difficiles à isoler ; cependant on suit assez bien les fibres longitudinales qui, fixées aux téguments, régnent à la face dorsale et à la face ventrale du corps. Dans la portion anté- rieure , celle où se trouve logé le bulbe œsophagéen , les fibres musculaires sont beaucoup plus serrées que partout ailleurs , et un grand nombre d'entre elles servent à maintenir et à mouvoir ce bulbe. Au dessus de l'orifice buccal, on distingue encore plu- seurs fibres circulaires qui constituent 'la petite ventouse anté- rieure. La seconde ventouse est solidement fixée dans les téguments l)ar des fibres circulaires; elle est elle-même composée de fibres très serrées , et formant , comme le dit avec raison Mehlis , une .sorte sicii.e. dans leur orgaiiisalion , on éprouve souvent un embarras très réel au sujet du type auquel on doit les rattacher. DisiOME LANCÉOLÉ (^Distomu liinceolaium) . Jiijelschnecke Schœffer , D. Egelsclm. in iler Lebern der Sclmafe , p. 20-43, fig. 9, 13, 16. Regensb. (1753). PIcmaria laliusaila Gœze, Nalurijeichichle drr Ehuji'irridrwnrmer, p. 171 (178i). Frisciola hepatica Bloch, Ablmndl. von der Erzeugunq drr Eingeweideinh-- mer, p. 1, lab. 10, fig. 3 et 4 (1788). Disloma hepalicum Zeier, Nachlrag.. p. 167(1800). Fasciola hepatica icBrâeas , Eniomol. vnd llelminlh. der Mensch. Kœrpers , L II. p. 64, lab. 7, fig. 1t. Fiiaciola lanceolata Rudolplii , Wiedeynann's Archir fiir die Zool. uml Anii- lomie, t. III, p. 24(1802). Uistoma hepaticum Rudolphi, Entozoorum hist . nul.. 1 I. p 326, et t II, p. 3.52 (1809). — EiUozoor. synops. p. 72(1819). ÛEIfers, Comm. de Vegel. et Anim. (1816). Bojanus, his, p. 173-176, pi. 3, fig. 24, 27(1821. Bremser, Ueber ieh. Wiirmer in leb. Menurh , p. 229, lab. iv. fig, 11, 14 (1819), Uistoma lanccokttnm Mehiif . Observ. de Distomate liepat. el lanccolalo (1825). Gurll, Lehrb. der puthol. Aiutt. d. Hauss.. pi. 8, fig. 34, 35. Creplin, Encyclop. von Ersch. und Gruber, t. XXXII, p. 228 (1839). Dujardin, Hist. des Helminthes, p. 391 (1845). Description. — Le corps de ce Trématode est long de 6 à 10 mil- limètres environ, très plan, atténué vers les deu,\ bouts, mais surtout à la jjartie antérieure du corps, sans être rétréci en forme de cou. Le tégument est blanchâtre, assez transparent. La ven- touse buccale assez large , beaucoup plus large proportionnelle- ment au volume de l'animal que celle de la Fasciole. La ventouse ventrale est de la même largeur ou à peine plus large que la ven- touse buccale. Le bulbe œsophagéen est globuleux et l'œsophage assez long. Les ovaires forment deux petites grappes placées sur les parties latérales du corps. L'utérus est très long, très sinueux, occupant toute la partie centrale et postérieure du corps, et se dessinant sous les téguments en fauve , en brun ou en noir, selon le degré de développement des œufs. Il descend ainsi jusqu'à Tex- É. BI.AiVCUARU. — suit l.'oiVC AMSATION DliS VEltS. "293 Irémité postérieure du corps, puis i! remonte en décrivant des sinuosités de la même nature. Le pénis est long , très saillant et peu contourné. Cette espèce habite en quantité prodigieuse dans les canaux biliaires des Moulons. f)n la trouve presque constamment avec la Fasciula hepalica. Aussi la plupart des helmintliologistes la considéraient-ils autrefois comme le jeune âge de cette dernière. Mais depuis le travail de Mehlis, il a été reconnu que le Disloma lanceolaliim était un animal adulte. Ce ïrématode a été observé non seulement chez les Moutons , mais encore chez la plupart des Ruminants , le Bœuf, le Cerf, le Daim, ainsi que dans le Chat, le Lièvre et le Lapin. On l'a vu également dans l'Homme, mais fort rarement. Système nerveux. — L'appareil de la sensibilité, chez le Dis- loma lanceolatum , est tout à fait semblable à celui de la Fas- ciole; seulement les deux ganglions cérébroïdes sont un peu plus écartés l'un de l'autre (1). appareil digestif. — Le bulbe a^sophagéen est court et exacte- ment en forme de cupule (2). Il est suivi d'un œsophage, de quatre à cinq fois plus long , se bifurquant en deux branches intestinales un peu au-dessus de l'insertion du pénis. L'œsophage est d'une ténuité extrême ; mais les deux branches de l'intestin qui descen- dent le long des parties latérales du corps sont sensiblement plus larges, et leurs parois deviennent surtout plus épaisses vers leur extrémité. Ces deux branches, terminées en cœcum, s'arrêtent un peu au-delà des trois quarts de la longueur du corps. Elles ne présentent aucune trace de ramifications, ce dont je me suis assuré en les injectant plusieurs fois. Appareil circulatoire. — J'ai vu peu de chose de cet appareil chez le Distoma lanceolatum, les injections étant d'une très grande difïïculté chez un animal aussi mince : cependant j'ai réussi à en suivre quelques parties. J'ai reconnu dans ce type la présence d'un vaisseau principal de chaque côté, régnant fort près des branches intestinales, et très semblable dans sa disposition à celle qui existe ()) l'I^ 12, fifi. |... (i) PI. 12, (ii,'. 1—/. 294 voYA(;ii KA srcii.ii. chez le Monosloma verrucosum , envoyant de même à la partie dor- sale des branches excessivement ramifiées ; en sone que les vais- seaux supérieurs forment un réseau des plus serrés. C'est à la partie antérieure du corps que j'ai pu rendre distincts de ces vais- seaux, dans une petite étendue; mais d'après ce que j'ai aperçu ensuite par transparence , il me paraît évident qu'ils doivent ré- gner ainsi au-dessus de tous les viscères. Organes de la yénéralion. — L'appareil mâle est très différent de celui de la Fusciole. Les testicules se montrent sous la forme de corps prescjue sphériques (1), situés s^ur la ligne n"»édiane et vers le tiers antérieur de la longueur du corps (2;. Ces organes, au nombre de deux, placés à la suite l'un de l'autre, sont presque égaux en volume ; le dernier cependant l'emporte un peu k cet égard. La forme de celui-ci est un peu moins sphérique que celle du premier, et généralement assez irrégulière. Les testicules com- muniquent avec le canal éjaculateur au moyen de deux conduits déférents indépendants l'un de l'autre. Le pénis est légèrement contourné et ressemble à celui de la Douve. L'appareil femelle affecte aussi , dans cette espèce , une dispo- sition très particulière. Les ovaires , rejelés sur les parties laté- rales du corps, en dehors des branches de l'intestin, se présentent comme deux grappes allongées , mais n'occupant pas une lon- gueur supérieure au tiers de celle de l'animal tout entier (3). Ces ovaires sont pourvus, comme ceux de laFasciole,d'un conduit qui les met en rapport avec une petite capsule placée en arrière des testicules, dont elle se distingue aisément par sa nuance plus dia- phane ; cependant elle a été considérée souvent par les helmin- thologistes comme un troisième testicule. Cette vésicule oviduc- tale est en communication directe avec Vutérus, qui consiste en un long tube sinueux et très contourné sur lui-même dans toute la largeur comprise entre les deux ovaires. Il s'étend ainsi jusqu'à l'extrémité postérieure du corps, puis il remonte en décrivant de nouvelles sinuosités au-dessous des premières; atteignant la partie fl) PI \i (ij; l"-.i..ï (2) l'I. M. fiR. 1—./,./ (3) PI l.î, (i- I—.'. \ » É. KI.ANriiAKII. — Slli l.'oïK.AMS.VIIOiN 1>ES VliUS. 295 antérieure du corps, il passe ^ous Ins testicules et plus ordinaire- ment entre eux, et enfin il se termine en un oviducle dont l'ou- verture se fait remarquer un tant soit peu en arrière de la bifur- cation de l'intestin. Il débouche contre la base du pénis, exacte- ment comme dans la Douve. Au commencement de l'utérus, les œufs ont une coloration d'un blanc jaunâtre ; ils deviennent en- suite bruns, et dans la portion terminale ils sont presque noirs. denre Blacuylème [ Brachylœmus Dujardin). Caractères. — Corps allongé généralement assez renflé. Deux ventouses, l'une contenant la bouche, l'autre, ventrale, située plus ou moins en arrière Intestin divisé en deux branches sans ramifications. Organes testiculaires au nombre de deux , généra- lement très gros . de forme arrondie ou ovoïde. Ovaires formant des grappes ou des bouquets , disposés peu régulièrement vers les parties latérales et dorsales du corps. Utérus très développé , plusieurs fois replié dans toute la longueur du corps. Selon toute probabilité, un assez grand nombre d'espèces devra être rattaché à ce genre ; mais pour arriver à les classer avec toute certitude, il faudra auparavant les étudier dans leur ensemble, comme je l'ai fait pour celles que je regarde comme types du genre BrachylcPimis ; ce sont les Distoma cylindraceum et varie- yatum Rud. , des ("irenouilles verte et rousse. Je me suis attaché à étudier ces deux espèces avec tout le soin possible , de manière à offrir des termes de comparaison bien précis pour les recherches ultérieures. Je dois faire observer que ces deux Distomiens des Grenouilles ont entre eux les plus grands rapports d'organisation. M. Dujardin les a placés dans deux sous-genres distincts, d'après quelques considérations tirées de la longueur de l'œsophage et de la position des ventouses; mais ces caractères ont évidemment fort peu d'importance , comme l'indique la grande ressemblance qu'on trouve dans la forme et la disposition de la plupart des autres organes. UnArintEMi; cvundhacé i lirdditjiiPmus rtitindruceus]. Diilonid nihinlrini'iiin Zeiler, .Vr/c/ilrai/, |i, 188, |)l. 1, lig i-6 (I8II0I. (J29 VOYAGE li.N SICILK. Fa&ciula cijliiidiiicca lUidolphi in ^Vicdem. Arcliio. fur Anul. cl JCuul., Bd. 111, S. 83 (180-2). Enlozoor.hisl.. l. 11, i, p. 393 (1809). — Ejusd. Enio- zoor. synops., p. 106, n" 66 (1819). — Dujardin, Hist. des Helminthes, p. 393 (1845). Description. — Le corps de ce Distome est long de 6 à 12 mil- limètres, et d'une épaisseur très grande, ce qui le rend presque cy- lindrique ; sa partie antérieure est ordinairement un peu redressée. Le tégument est blanc ; mais sous cette enveloppe transparente on distingue les œufs , dont la coloration est brune ou noirâtre. La ventouse buccale est orbiculaire ; la ventouse ventrale plus petite. L'œsophage est assez large , de médiocre longueur , se divisant en deux branches intestinales.- Les ovaires sont latéraux et dorsaux. L'utérus, contourné et replié sur lui-même , occupe la partie médiane et la partie la plus considérable du corps. Ce Distome se trouve communément dans les poumons de la Grenouille rousse {liana tempomria). 11 y a, à l'égard des Vers qui se trouvent dans les Grenouilles, un fait assez remarquable. Les Grenouilles verte et rousse , si voisines l'une de l'autre, ne nourrissent pas les mêmes espèces de Trématodes , mais des es- pèces qui semblent se remplacer. Ainsi , dans les poumons de la Grenouille rousse , on trouve seulement le Dislonia cylindra- ceuni; dans la verte seulement, le D. variegatum; dans la vessie de la rousse , le Polystoma inlegerrimum ; dans celle de la verte , le Distoma cygiwides. Le Disloma endolobum Dujard. de la Gre- nouille verte paraît dilférer aussi de celui qui se l'encontrc dans la Grenouille rousse. Le Distuma naja Rud., qui habite les pou- mons de la Couleuvre à collier, semble représenter chez ce type d'Ophidiens les D. cylimlraceum et varieyalum des Grenouilles. Système nerveux. — Cet appareil est ici très semblable à celui des espèces précédentes. Les deux ganglions cérébroïdes sont situés bien exactement en arrière du bulbe œsophagéen, de chaque côté de l'œsophage (1), Appareil digestif . —Le bulbe œsophagéen est cupuliforme, plus large que long [■T. L'(Psophage qui lui succède n'est guère plus (i)pi. 12. ng i-b (2 V\ 12, ng. 2— . fiL'. i 298 vova(;e iîn sicii.e. bouquets , dont quelques uns s'étendent même à la partie supé- rieure du corps, notamment en avant des testicules. Là, les deux grappes de l'ovaire communiquent avec la vésicule oviductale placée exactement au-dessus de la ventouse ventrale ; cette cap- sule, que M. Dujardin a supposé être une vésicule séminale, est suivie d'un utérus qui descend , en décrivant quelques sinuosités, jusqu'à l'extrémité du corps où il se replie sur lui-même , et vient s'ouvrir un peu en avant de la ventouse. 11 est extrêmement large , mais près de l'orifice il est rétréci en un tube étroit ou ovi- ducte débouchant contre le pénis, un peu à la gauche de cet organe. Bbachïlème vabié [Braclujlœmus variegatus). Distoma variegulum Rudolphi , Enlozoor. sijnops.. p. 99 et 378, n° 33 (1819).— Crcplin, Enajclof. von Ersch. tind Grilher, t. XXXH, p. 282 (1839). — Dujardin, Ilisl. des HelmiiUlws. p 416 (1848). Descriptions. — Le corps de ce Trématode , d'un blanc tirant sur le gris de perle, est généralement long de S à 12 millimètres ; il est allongé, oblong, avec le tiers antérieur, au moins, rétréci en forme de long cou. L'extrémité postérieure est très légère- ment atténuée et arrondie. Les ventouses sont orbiculaires ; la ventrale plus petite que la buccale. Le bulbe œsophagéen ovale suivi d'un œsophage se bifurquant en deux branches qui descen- dent jusqu'à l'extrémité du corps. Les testicules très gros et très visibles au travers des téguments. Le pénis très saillant. Les ovaires d'un beau blanc, formant une vingtaine de touffes à la partie supérieure du corps. L'utérus consistant en un long tube six fois replié , et dilaté antérieurement en un oviducte débou- chant en arrière du pénis. Cette espèce , rendue si élégante par la couleur des organes de la génération , se trouve assez communément dans les poumons de la Grenouille verte {Ranaesculenla). Système nerveux. — Cet appareil est tout à fait semblable à celui des espèces précédentes , et notamment à celui du D. c}/- lindrareum (1 ). (I) PI 13, lii: r. É. Bi..%>(HAi(u. — Mi; i.'or,(;AMSArio\ dics \i;iis. '299 Jppareil digestif. — Le bulbe œsopliagéen est ovale (I), d'un quart environ plus large que long. L'œsophage, assez grêle, est à, peu près de la même longueur. En avant des orifices génitaux , il s'élargit très sensiblement, et se bifurque en deux branches in- testinales. Ces deux branches , légèrement ondulées , descendent presque jusqu'à l'extrémité du corps. D'abord parallèles , et rap- prochées l'une de l'autre dans la portion rétrécie de l'animal, elles s'écartent très notablement dans la portion élargie pour se rapprocher ensuite davantage vers la partie postérieure. Leurs parois sont épaisses; mais elles le deviennent surtout près de leur extrémité. Les branches intestinales ne présentent aucune trace de ramifications. Appareil circulatoire. — J'ai peu de chose à en dire ; jusqu'ici, je n'ai pu réussii' à l'injecter dans son ensemble ; j'ai constaté seulement la présence d'un vaisseau principal et médian entre les branches de l'intestin ; j'en ai vu naître plusieurs rameaux, mais il m'a été impossible de les suivre plus loin avec toute la netteté désirable. Organes de la génération. — L'appareil mâle occupe une assez grande portion de la cavité générale du corps. Il existe deux tes- ticules placés à la suite l'un de l'autre, d'un volume très consi- dérable (2). Tous deux, d'une forme à peu près ovoïde, sont d'é- gale dimension; le postérieur l'emporte peut-être, toutefois, un peu sur le précédent ; ils sont précédés de conduits déférents très longs et très grêles , aboutissant à un canal éjaculateur fort long , assez étroit, et suivi du pénis; celui-ci, fort rapproché de la partie antérieure du corps, est long, très saillant au dehors, et un peu contourné sur lui-même (3). L'appareil femelle est aussi très développé ; les ovaires fornient une vingtaine de bouquets épars dans toute l'étendue du corps , se rattachant à deu.x blanches qui sont unies vers la partie moyenne de l'animal par un canal transversal, en communication avec une grande capsule bilobée , située en avant du testicule an- (I) l>l. 13. lifr I ■ lij l'I. I.i, lig. I el (ip !'■— H,«. (:i) PI. 1! lig. !'■— rf 300 VOYAGE liN SICILE. térieur. Celle capsule, regardée par M. Dujardin comme un troi- sième testicule, est la vésicule oviduclaie (1); elle est suivie de l'utérus; celui-ci (2), l'animal étant observé par la face ventrale, descend presque jusqu'à l'extrémité du corps ; puis il remonte du côté droit jusqu'à la base de la partie élargie de l'animal ; il redes- cend ensuite le long du bord marginal , contourne l'extrémité du corps pour remonter le long du bord opposé, pour redescendre de nouveau, et remonter entre les deux branches de l'intestin jusqu'à l'oviducte, situé en arrière de la bifurcation de l'intestin. Les ovaires sont d'un beau blanc. La coloration de l'utérus due à la présence des œufs varie suivant leur degré de maturité ; aussi ce long cordon , d'abord d'un jaune pâle , devient ensuite fauve, puis d'un brun assez foncé. Bbachïlème du Hérisson (Brnchijlœmiis erinacei Blanch.) (3). Description. — Le corps de cette espèce est oblong , assez épais , un peu plus aminci à sa partie postérieure qu'à sa partie antérieure ; sa longueur est de 5 à 6 millimètres environ , et sa largeur de 1 millimètre à 1 millimètre un quart. La ventouse buc- cale est assez large , avec le bulbe œsophagéen presque aussi large que long. L'œsophage est extrêmement court, et l'intestin, divisé en deux branches simples, s'étend presque jusqu'à l'extré- mité du corps. La ventouse ventrale est très grosse, très saillante, située environ vers le tiers antérieur du corps. Les ovaires for- ment deux grappes principales rejetées sur les parties latérales. . Je n'ai rencontré qu'une seule fois cette espèce dans l'intestin d'un Hérisson commun ; cinq ou six individus se trouvaient fixés à la muqueuse. Depuis, j'ai cherché ce Distomien dans un grand nombre de Hérissons sans pouvoir en retrouver un seul. Mes ob- servations sur cette espèce sont donc incomplètes. Je n'ai pu étu- dier les organes de la génération comme j'aurais désiré le faire , comme cela eût été nécessaire , pour établir nettement sa place (1) PI. 13, fig. !■'— Il et fig. I«— r (2) PI. 43. fig. I et ng. f— r. (3) PI. 9, fiix. 2 É. BI.AN('ll.%Rlt. — SLR I.'ORCAÎNISATION DES VEIiS. ."^01 jiar rapport aux autres espèces qui viennent cl'(Mre décrites : car c'est encore avec un certain doute que je la place dans le genre Brachylœmus. Par cela seul , j'atu'ais renoncé à faire figurer le Distomien du Hérisson dans ce travail, si la parfaite netteté avec laquelle s'est injecté le système vasculaire dans la plupart des individus qu'il m'a été donné d'observer , ne m'avait engagé îi faire connaître au moins les particularités se rattachant à cet appareil vasculaire. Plusieurs helminthologistes, Braun (l), Rudolphi (2), MM. Cre- plin (3) et Dujardiu (4), ont trouvé chez le Hérisson un Distome, Planaria pusilla Braun , Distoma pusillum Rud. , un animal d'une extrême petitesse n'ayant guère plus d'un demi-millimètre. Peut-être est-ce le jeune de notre Brachylœmus erinacei ; mais, à cet égard , on le conçoit , je ne puis faire qu'une supposition ; car je n'ai pas pu même comparer à mon espèce des individus de la nature de ceux décrits par les helminthologistes que je viens de citer. Jppareil digestif [b). — 1-e bulbe œsophagéen est court et ar- rondi postérieurement. L'œsophage n'a pas en longueur plus du tiers du bulbe. Les deux branches inteslinales []ui lui succèdent forment d'abord un demi-cercle en s' écartant l'une de l'autre ; puis elles descendent le long des parties latérales du corps en dé- crivant de légères sinuosités. Ces branches intestinales, assez volumineuses, s'élargissent un peu vers le bout; elles se termi- nent très près de l'extrémité du corps. appareil vasculaire (6). — Chez cette espèce , il règne dans la moitié postérieure du corps un vaisseau médian , sensiblement rétréci d'avant en arrière. Antérieurement, ce vaisseau principal se divise en deux branches encore très volumineuses , qui , fort écartées l'une de l'autre , passent très près de la portion interne (1) Schrift tli-r Beii. naturf., l. X, s. C2, laf 3, Bg. 6 el 7. (2) Enloz. Hist., t. II, :, p. 384. ef.Syn.. p lOi, n" .d6, (3) \ov. 06s. de Enloz.. p. 53. (4) Hist. des Helminllies. p. 438. (5) PI. 9, fig. 2. (fi) PI '.I, fig 2. 1^02 VOYAGIÎ liN SICILE. de chacune des branches intestinales. Sur tout le trajet du vais- seau médian et des deux vaisseaux antérieurs qui en dérivent, il naît une foule de branches divisées et subdivisées en rameaux extrêmement déhés s'étendant jusque sur les bords latéraux , et régnant surtout au-dessus de l'intestin. Des branches semblables, mais en moins grand nombre, pénètrent aussi plus profondément, et se font remarquer a la partie inférieure du corps. Si nous comparons le système vasculaire du Brachylœmus erinacei avec celui de la Fasciola hepatica, nous appercevons un grand rapport , et en même temps certaines différences dans la disposition générale. La principale de ces différences consiste dans la bifurcation du vaisseau médian chez le B, erinacei, ce qui n'a pas lieu dans la Douve. En outre, dans chaque espèce, les branches et les rameaux secondaires ont leur aspect particulier. Genre Apoblème [Apoblema Dujard.). [Disloma aulor). Caractères. — Corps allongé. Bulbe œsophagéen oblong. In- testin bifurqué en deux branches exactement en arrière de ce bulbe , c'est-à-dire sans œsophage analogue à celui des Fascioles et des Distomes. Partie postérieure du corps en forme de queue épaisse rétractile , et s'invaginant plus ou moins dans la portion du corps qui la précède. Testicules globuleux. Utérus occupant la portion médiane du corps. Apoblf.me APPENDiciiLK (^Afohlrma nppcndirulntum). Dislomn nppiiidinilnlum Rudolplli . Eiiluzonr. Iiisi . I. 11. i. p. iOO. pi. 5. lig. 1, 2(1810). — Ejusd. Enlo:.synops..p. MO et 104 (1819). — Dujardin. HisI ilcs Ihlminllws, p. 420 (1845). Description. — Ce petit Trématode est presque cylindrique , long de 5 à 6 millimètres environ , d'un blanc assez transparent , mais offrant une teinte d'une nuance rosée par suite de la colora- tion des œufs, f.a partie antérieure du corps est brusquement at- ténuée en forme de cône ; la partie postérieure rétractile , moitié moins large que le reste de l'animal , forme environ le quart de sa longueur totale. I,a ventouse buccale est petite; la ventouse. É. BLAKt'UAKD. — SUR L'onGAMSATION DES VERS. 303 ventrale est deux fois plus grande et située vers le cinquième an- térieur du corps. Celte espèce est très commune dans l'intestin de divers Pois- sons : les Cliipm harengiis , Scomber scombrus , etc. Je ne mentionne ici cette espèce que pour l'observation que j'ai faite de son système nerveux. Relativement au système muscu- laire, elle présente cette particularité que la portion du corps, dans laquelle s'invagine la partie terminale , présente des libres circulaires très distinctes, dont le nombre m'a paru être d'une quinzaine. J'ai suivi dans cette espèce le système nerveux jusqu'à l'extré- mité du corps ; les deux ganglions cérébroïdes (1) , qui reposent complètement ici sur le bulbe œsophagéen , sont plus rapprochés l'un de l'autre que ceux de la plupart des Distomes; ils émettent plusieurs filets très distincts. Les deux chaînes s'étendent jusqu'à l'extrémité du corps , où elles se terminent par un très petit ren- flement ganglionnaire. Près de leur origine, elles présentent aussi deux ou ti'ois petits ganglions très apparents. Le bulbe œsophagéen est oblong (2). Les deux branches intes- tinales, conlluentes à sa base, s'écartent aussitôt l'une de l'autre, et descendent dans l'appendice caudal où elles se terminent en cœcitm , un peu au-delà de la moitié de sa longueur. Ces deux branches sont légèrement tlexueuses. Je n'ai pu suivre le système vasculaire de cette espèce avec la certitude nécessaire pour en donner une description. Genre Monostome (Monostoma Rudolphi). Corps aplati , plus ou moins élargi. Une seule ventouse an- térieure contenant la bouche ; point de ventouse ventrale. Un bulbe œsophagéen musculeux, suivi d'un œsophage et d'un intestin divisé en deux branches. Orifices génitaux contigus . placés exactement au-dessous de la bifurcation de l'intestin. Testicules de forme un peu irrégulière , situés de chaque côté , (I) PI. 12. fig. 3. .i] V\ 12, lifj. »3... 304 VOYAGIi EN SICILE. vers la partie postérieure. Ovaires formant deux grappes latérales. Utérus très replié sur lui-même dans le sens de la largeur. La disposition des organes génitaux permettrait seule de distin- guer les Monostomes des genres précédents; mais le caractère extérieur, qui se fait remarquer tout d'abord, se trouve dans l'absence d'une ventouse ventrale. Du reste, par l'ensemble de l'organisation , tous ces types sont fort rapprochés. Dans le genre Munostoma , nous avons surtout étudié l'espèce la plus commune , celle qui se trouve liéquemment dans l'intestin de plusieurs espèces du genre Ànas. MoNosTOME DU Canabd [Mottostoma verrucosum). Fasciola verrucosa Frœlicti, \alurforcher, t, XXIV, p. 112. tab. 1 . 5-7 (1789). Fasciola anseris Gmelin Linn , Si/.sl. nal., p.. 3055, n" 14 (1789). Festucaria pediita Schranck, Sammlung naiurhisl. und Pliysik Aufsœ:e , p. 335 (1796). Monnsloma verrucosum Zeder, Nnclilrag, p. 153 (1800). Rudolplii. EiilozoorumUisl., t. II, p. 331, n" 7 (1809). Ejusd. Synopsis, p. 92 et 344 (1819;. (xeplin, Alhjemeinc Encyclopédie \'on Ersch und Gniber, I. XXXII, p, 28-ï (1839). Dujardin, Histoire des Helminthes, p. 335, pi. 8, fig. 13 (1843). Notocotijliis triserialis Diesing. .Jnnal. der ]Viener Atvseiim, t. II, p 23/i, laf 15, lig. 22-23 (1840). Description. — Cette espèce est d'un blanc rosé ou rougeàtre , longue ordinairement de 5 à 6 millimètres ; sa largeur équivalant ' presque à la moitié de sa longueur quand l'animal est vivant. Le corps, néanmoins, est toujours notablement aminci en avant, arrondi en arrière , et fortement déprimé dans toute son étendue, ayant sa face ventrale hérissée de i>etites papilles, disposées sur trois rangées La bouche circulaire , très évasée. Le bulbe œso- phagéen court. L'œsophage, à peu près de la même longueur, est suivi d'un intestin à deux branches, écartées graduellement l'une de l'autre , puis rapprochées assez brusquement vers le bout. Les testicules sont situés de chaque côté de la portion rentrante de l'intestin. Les ovaires forment deux grappes latérales peu étendues. La vésicule oviductale est petite. L'utérus , replié sur É. UI,«!V('II«RI>. — Sin l.'oiUiAMSvriON DRSi \|;ns. 'M)?> lui-mènip, occupe la portiuii cenirale du corps, cl de là se dirige presque en droite ligne jusqu'à son orifice en arrière de la bifur- cation de i'inlestin. Comme on peut en juger, ma description et mes figures du Monostoma verrucosum sont assez différentes de celles qui ont été données par d'autres lielniinthologistes. Cette espèce a étédécfile et représentée comme infiniment plus allongée par rapport à sa largeur. Cependant, il n'y a pas sous ce rapport une véritable inexaclilude ; seulement, on a représenté l'animal après la mort, et je l'ai représenté d'après des individus vivants; alors , tous ont la forme reproduite dans mes figures faites sous le microscope , et au moyen de la chambre claire. Sur les nombreux exemplaires (|ue j'ai observés, je n'ai pu apercevoir, à cet éga;d, aucune différence sensible ; mais à peine sont-ils morts et immergés dans un liquide, qu'on les voit s'allonger, et prendre la forme qui leur est donnée dans plusieurs des figures publiées dans les ouvrages d'helminlliolngie. H en est de même des tubes intestinaux ; ils deviennent linéaires par suite de l'allongement général du corps. Sans vouloir blâmer la précisio)i qu'on a cru apporter en donnant ordinairement pour chaque espèce les mesures des diverses par- ties , il est bon de faire remarquer ([ue ces dimensions devien- nent bien facilement inexactes chez des animaux dont les tissus sont si contracliles : or ce qui est si évident ici pour le Monostome l'est plus ou moins pour la plupart des Trématodes. Système nerveux. — Les ganglions cérébroïdes sont situés exactement en arrière du bulbe a'sophagéen , conmne chez les Braclnjkpnms njlimlraceus et variegalus. Ils émettent aussi en dehors quatre nerfs principaux. Les deux chaînes latérales présen- tent peu de trace de renflements ganglionnaires sur leur trajet. Appareil (iigestif(\). — Le bulbe œsophagéenest très évasé(2) ; sa largeur excède sa longueur. L'œsophage est moins long que le bulbe. Les deux branches intestinales (3) qui lui succèdent s'é- cartent d'abord graduellement l'une de l'autre: puis, parvenues (1) PI. 9. fig. 3. et l'I 13. fig. 2. (2) PI. 13, fig. 2—'/, (3) PI. 13, fig. 2—6. 3'bérie Zmi. T. VIII (Novembre 1817 )i 20 306 vovAci-; i;n sic.ir.i:. vers la partie postérieun: du curps , elles se recourbent en dedans, etse terminent par une portion presque droite, (les deux brandies, sensiblement plus larges à leur extrémité qu'à leur origine, sont cependant grêles dans toute leur étendue par rapport à la largeur du corps. Pendant la vie de l'animal , on les distingue aisément au travers des téguments , les matières alimentaires qui les rem- plissent leur donnant une coloration brune ou rougeâtre. Mais chez presque tous les Trématodes, il est si facile de pousser une injection colorée par la bouche, qu'on peut encore parce moyen suivre plus sûrement le trajet des branches intestinales. appareil vasculaire (Il — Chez le Monostome du Canard, il existe deux vaisseaux principaux qui longent les branches de l'in- lestin , et viennent se recourber, puis se joindre en arrière. Au-dessus des replis de l'utérus , c'est-à-dire dans la portion cen- trale et un peu postérieure du corps . il existe une quinzaine de vaisseaux transverses, communiquant avec les troncs principaux: ces vaisseaux fournissant sur leur trajet un certain nombre de branches. En outre, les troncs principaux émettent intérieure- ment dans leur portion antérieure , et extérieurement dans toute leur étendue, des rameaux vasculaires extrêmement ramifiés, et formant un réseau d'une extrême finesse. Toutes ces branches et tous ces rameaux sont même plus serrés dans le Monostome que chez beaucoup d'autres Trématodes. (Juand l'animal est vivant , on distingue sous le microscope les . vaisseaux principaux. Profitant de cette première observation , j'ai pu , à plusieurs reprises, les ouvrir avec la pointe d'une ai- guille, et faire pénétrer une injection dans les branches les plus déliées. Malgré la petite dimension de cette espèce , cette opéra- tion m'a réussi d'une manière assez complète sur plusieurs indi- vidus. Orfianes de la (jénération (2). — 1/appareil mâle occupe sur- tout la partie postérieure du corps. Les testicules fS), au nombre (je deux, situés de çha(|iie cnli' ilc la poi'tion rentrante des ('() Pi 0, fi^'. 3. lî) l'I. 13, fig. i ■il) IM. 13, iig i-c É. RLAIVl'UARU. — SIH I.Ouc AMS \ I ION IllCS MillS. 307 liraiiclies intestinales, sont volumineux. Leur l'orme est irrégu- lirie ; principalement en dehors, ils olTrent des éciiancrures plus ou moins priin(jneées. Ilsontcliacun un conduit déférent grêle, s'unissant au canal éjaculateur (1;., qui, d'abord lenllé , se ré- trécit ensuite, et vient se terminer avec le pénis, taisant saillie exactement au-dessous de la bifurcation de l'intestin. Les organes femelles occupent un espace beaucoup plus consi- dérable. Les ovaii'cs (2) forment de chaque cùté , imi dehors des branches intestinales, une grappe assez irréguliére, n'occupant pas plus du tiers de la longueur du corps. Les deux conduits ovariens se recourbant sous l'inteslin viennent aboutir à la vési- cule oviductale qui est très petite , mais en communication di- recte avec une vésicule plus considérable située entre les deux testicules. L'ulérus (|ui suit la- vésicule oviductale est d'abord assez grêle : puis il s'élargit bientôt d'une manière très sensible, et forme , dans l'espace compris entre les branches intestinales , des replis nombreux sur lui-même. Je me suis attaché à les re- présenter avec une scrupuleuse exactitude. L'utérus n'est ainsi replié sur lui-même que dans la moitié environ de la longueur ((u'il occupe ; il se dirige ensuite presque en droite ligne (3), décrivant seulement de légères sinuosités ; puis il se rétrécit en un oviducte s'ouvrant un tant soit peu en arrière de l'orifice des organes mâles. OBSERVATIONS. Les Distomides forment le groupe le plus nombreux de tout l'ordre des Trématodes. J'en ai étudié plusieurs espèces avec le plus grand soin possible. Le système nerveux , le système vascu- laire ensuite , puis le système^ digestif , nous ont fourni des faits généraux aux leprésentants de cette famille. Ces appareils orga- niques nousolfrent ici des modifications trop minimes dans la plu- part des circonstances , pour caractériser les genres et même les espèces avec la netteté convenable. Au contraire , relativement à re dernier point de vue, les organes de la génération fournissent (1) PI, l:i, fig. i — ir (2) PI. 1H, fif.'. i—e '3) PI. i:f, Hg. î—f. ftflS VOYAOE lîN SICILE. des indications précieuses ; ils diffèrent très notablement d'espèce à espèce , tout en présentant des ressemblances plus manifestes entre les espèces les plus voisines. J'ai pu m'en convaincre par l'observation approfondie de celles dont j'ai donné une descrip- tion détaillée , et par l'observation moins complète de beaucoup d'autres. La dissection des organes de la génération présente de grandes difficultés, quand il s'agit de les suivre dans tous leurs détails , les observations devant porter alors sur un nombre énorme d'individus. Un travail de cette nature absoii)e un temps immense; j'ai été obligé par cela même de me borner à l'étude sérieuse d'un petit nombre d'espèces , et de choisir de préférence les plus communes, celles qu'on peut se procurera peu près dans toutes les saisons. Mais , on peut le dire , comme il est impossible de se contenter de l'examen des caractères extérieurs pour ap- précier les affinités naturelles , les Distomides ne seront bien connus dans leur ensemble que lorsqu'on aura étudié leurs or- ganes de reproduction avec le soin que j'ai voulu apporter à l'é- tude de ceux de la Fasciole et des Brachylèmes des Grenouilles Alors seulement on pourra avoir une idée nette sur les divisions génériques, et sur toutes les divisions naturelles établies ou qu'on devra établir dans ce groupe (1). (I) Outre les observations mentionnées dans les ouvrages généraux deGœze, de Zeder, de Rudolphi , de Bremser, de Dujardin , les observations de Nordmann, de Creplin iObservationes de Entoz.), les articles de l'Encyclopédie de Ersch et Grûber (Allgemeine Encyclopédie), etc., il faudra encore consulter, pour les des criptions zoologiques et pour les observations plus ou moins complètes sur l'ana- tomie des Distomides, les Mémoires suivants : Eysenhardt (O/sfomn), l'cr/i. d. GcscH. nnl. [r. zu Berlin, S. 144 (1821). Jurine, la Douve à long cou [Fascioln lucH Muller. Dixloma lerelimllc Rud.), Ann. desSc. mit., \" série, t. II, p. 489 (1824) Froelich, in Nulurforcher. t. XXV. Mehiis, in his. p. 68 et 166 (1831). Deslongchamps , Monosloma pelasatum. Eiicyclop mélhnd , Vers, p. 551. Diatoma clalhrutum , 1. c. p. 2. Burmeister (Dislomum globiporum. Descript. anat. organes génitaux), in Arcliiv fnrnalnrijescliirlde, von Wiegmann, Bd. Il, S. 187, tab. 11 (1835). Sii'huld Hflminllwlnrjisclie Bciirmir in Anhir pirnaturgencltichte, \onWiegmeinn. t. BL4!\l4'UitRD. — SVl\ l.'OI\(;A.MSArlO> DliS MiUS. .'iO',) FAHiLLt DES AMPHISTOMIDES {AUPHlSTOMID£). Nous lie pouvons encore rattacher à cette famille avec certi- tude aucun autre genre que celui d'Jmphistome. Genre Ami'Uistome {Amphistoma Rud.). Strigen Abilg, Cuv. Caractères. — Corps épais, généralement conoïde ; ventouse antérieure terminale. La bouche située au fond de cette ventouse. MoHostovui mK(«())te (Descripi anatoni, el embryogénie), Bd. I, S 45, lab. 1 (1835). Distoma ylobiporttm, et diverses observations sur les organes génitaux des n. IwjKilkum, lerelicotle nodvlosmn, Bd. I, S. 217, taf. VI, 18.36 ; etMuller's, Archiv. 1836, S. 233 Owen (Dixloma clavutum), in Traiisiict. ol lhe:;ool. soc ,1. 1-4, p. 31.'), lab. 41, el Proceediiujs of the zool. soc, p. 23. Ehrenberg [Distoma globiporum), Abhandtung der Akadem der Wissenschafl , t. XXII, S. 167 et 179, taf 1, fig. 1 (1837). Leuckart [Disloma], Froriep's neues nolisen, n" 46, p. 88. Doyère, Observations sur les Dislomes, journal V Institut, p. 398 (1838). Miescher (^Beschreibung und untersuclmng der Monostoma bijugum , 1 band) (1838). Creplin [Monostonnim faba.M. bijugum Miescb), Archiv. fur naturgeschichte, von Erichs, Bd. I, S. 1, taf. 1 (1839), Monostomum expansum , de l'intestin du Aquila haliœtus et Disloma veliporum. Nouv. esp. atteignant trois pouces de longueur du Squalus griseus, 1. c. Bd, I, S. 315, taf 9 (1842). Miram, Distoma dilatalum , Bulletin de lu Soc. impér. des naturalistes de Moscou, p. 158 (1841). Délie Chiaje (Monostoma thellnjdis, U. tolari, M. sepiolœ, M. octopodis, Distoma carinariœ, D. octopodis. D. totari] [descriptions fort imparfaites], Descrizione e Xotomia degli Anim. inverlebrati del regno di Xapoli , l. V, p. 126-127 (1841?). .Meckel [Distoma des reins de VHelix pomatia). Sur une prétendue glande excré- toire des Trémalodes, Micrographie ciniger Driisen apparate der niederen Thiere. — Die Excernirnidr Drnsr (1er Tremiiloden . Muller's , Archiv. S. 1 , laf. I, 11, III (1846). .'ilO V()VA(jii i;\ sicii.ii. Ln bulbe œsophagéen nuisculeux , suivi d'un œsophage droit se divisant en deux grosses branches intestinales sans ramifications, et terminées en cœcum un peu avant l'extrémité du corps. Ori- fices génitaux conligus situés au-dessous de l'œsophage. Le pénis saillant , assez court et conique. Les testicules conglobés. Les ovaires, en forme de grappes , rejetés sur les parties latérales du corps. L'utérus sinueux, occupant presque toute la longueur du corps. La ventouse postérieure très grande , ce qui fait paraître le corps comme tronqué postérieurement. Les espèces de ce genre sont peu nombreuses. J'en ai étudié avec soin une déjà assez bien connue sous beaucoup de rapports, et qu'on peut considérer comme le type du genre. J'ai observé encore certains détails sur une autre espèce qui habite le rectum des Grenouilles, et dont M. Desing a formé, peut-être avec rai- son, un genre particulier sous le nom de Diplodiscus. Abpîiisiosif, du B(i;uf [ Ampliinluiini lunicum] (Ij- Daubenton, Histoire génénile de lu miture. l. il (I^Si) Feslucaria cervi, Zeder in Schrift ilcr Berlin Gcsclls ual. freuiKl., B. X, S. 65. tab. 3, fig. 8-11. Fdsciolu Cervi, Sctirank in Vetcnslc. Akiniem Ai/» hundl. (Mém. de I Aca- démie de Stockholm), 1790, p. 123, n- 23. h'dsaolii eluplii, Gmelin, ,S)/s(. util , l. 1, pars 6, p. 3054, n' 7 (1789). Monosloma conicum Zeder, AiUeitung sur NiiUirrjoschiclUe der Eingeicei- dewurmer, 1803, S. 188, il" I (1800). Amphistoma conicum Rudolphi, Eiilozoor. Iiisl., L II, p. 34'J (1809). Nitzsch. Allgem. Encijchp. der Wissensch voii Erscli. und Gruber, t. 111. p. 398 (1819), Kudolphi, Enlo:oorum Synopuis. p. 91 , n" 1 7 (I 8 19). • Westrumt). /,S(.s, \on OWen, t. IV. p. 397 (1824) Laurer. Disquisitiones anatomicœ de Amphislnmo conico Grypliia; (1830). Gurit. Lehrb. der Palh Anal drr HausmiigeUiiere . t. 1, p'369, lab vin. lig. 25 il 28 (1831). Diesing, Monogriiphic der Gatlungen Amphixtumii und Diplodiseiis in Ann((len lier ]Viener Miisciims der Wilurgeseliiehle , I. l. S 246. lab \xiii, lig. 1-i (1836). {\)^Itégne animal, nouvelle édilion (Zoopliyles), pi, 28, lig, 2. 2 u. É. Bi.iKiiiiKn. — sni i/()ii(;A.MSATio.N niis viiiis. .il l Crep\in,Allij Encijclopi'd ihr W'issmsch. \on )irsc\\ unrt Uniber, l XXXll, S. 286 (1839). Dujardin, Ilisl. d.s Ilrlmhillu^s, p 33 2 (1845). Description. — Le corps de cette espèce est long de 10 à t'2 milliinèli'es, très épais, presque cylindrique, fortement atté- nué vers la partie antérieure , élargi progressivement d'avant en arrière Tout l'animal est d'une même couleur de chair, plus pâle vers le milieu , mais beaucoup plus teinté de rougeàtre vers les extrémités, et surtout à la partie postérieure. La ventouse buccale est très petite ; mais la ventouse postérieure a , au contraire , une grande largeur, et de plus elle est assez profonde. Cette espèce a été trouvée dans l'estomac d'un assez grand nombre de Ruminants, tels que le Bœuf, la Brebis, le Cerf, le Daim, etc. J'ai obtenu tous les individus que j'ai étudiés de la panse ou premier estomac des Bœufs. On les rencontre souvent en assez grand nombre fixés entre les papilles de la muqueuse par leur ventouse postérieure; tout leur corps se trouvant ainsi re- dressé. On doit à Laurer une monographie anatomique de cette es- pèce. Je regarde ce travail comme le meilleur qui ait été publié jusqu'ici sur un Ver intestinal quelconque. Je ne m'étendrai donc pas sur les parties déjà bien décrites par cet anatomiste. Mes ob- servalions n'ajouteront aux siennes rien de notable , si ce n'est pour ce qui est relatif à l'appareil vasculaire. TégiimenLs el muscles. — La peau de Whnphistoma conicum , vue sous un grossissement de 50 à 60 diamètres , se montre hé- rissée de petits tubercules, nettement représentés par Laurer. Si l'on vient à examiner avec soin les diverses couches entrant dans la composition de la peau, on observe d'abord un épidémie d'une minceur extrême (1) ; au-dessous, une couche formée de gra- nules ou de très petites cellules Jl). Sur un troisième plan, on I louve une couche de fibres musculaires longitudinales d'une il) lictjiu- iniitiKil, nouv éili! fZoophvles). pi. 28, lig. 2'' — (/. (2) hir. i;it , Hj: i" - li. 312 voYAcii i;i\ sic.ii.ic. assez grande largeur (1) ; ce sont ces fibres qui paraissent sur- tout déterminer les mouvements tégumentaires. Enfin, au-dessous de cette couche musculeuse , on remarque un tissu mince formé de f'bres très grêles et entre-croisées (2). Chez l'Ampliistome, ces diverses couches sont infiniment plus distinctes que ciiez les Fascioles et la plupart des autres Trématodes. Tout autour du bulbe œsophagéen , on remarque des fibres musculaires qui maintiennent ce bulbe et le fixent aux tégu- ments (3) ; mais les muscles principaux se voient suitout autour de la grande ventouse postérieure. A sa partie antérieure et de chaque C(jlé, elle est maintenue par un faisceau très considérable; plus en ai-rière, elle est maintenue aussi par des fibres muscu- laires encore très puissantes, mais plus séparées les unes des autres (4). Système nerveux. — J'ai trouvé dans l'Amphistome du Bœuf cet appareil plus facile à mettre en évidence et plus dictinct peut-être que chez tous les autres Trématodes soumis à mes investigations. Laurer, du reste, l'a décrit assez exactement, mais cependant tous les helmijithologistes n'ont pas eu foi entière en ses observations. Les deux ganglions cérébroïdes (ô), plus gros proportionnelle- ment au volume du corps que dans les Distouiides, ne sont pas placés, comme chez la plupart de ces derniers, sur le bulbe œso- phagéen ou sur les côtés de cet organe. Ils sont situés de chaque côté de l'oesophage, complètement en arrière de ce bulbe œsopha- géen. Ces deux centres médullaires sont unis l'un à l'autre par une large commissure qui repose directement sur l'œsophage. Antérieurement ils émettent quatre filets nerveux aboutissant au bulbe œsophagéen et aux muscles ([ui l'entourent. Les deux chaînes qui naissent de ces centres nerveux sont très distinctes. Elles pré- sentent sur lem- trajet plusieurs petits ganglions, dont deux ou (1) Loc. cit., Og. î''—c. (2) Loc. cil., fig. 2'' — ((. (.'i) Luc. cil , lif;. î'' — ». (i) Loc. cit., fig. 2"—/;. (5) Règiw animal, nouvelle édilion (Zoophytes), pi iS, (ig 2 d-d. É. Bi.,\!\t'ii.4K». — siii i.' rordiroiMiir, est (lil;il(''(Mlc cli.aqiii' côté de la bouche en uni' |)ointe formant mie soi'lc de corne à droite et à gauclie. l.a portion laté- rale repliée, assez large, linit en pointe vers la partie antérieure du corps. La partie postérieure est très épaisse et cyliiidi'oïde. I/cesopliage, assez court, se divise en deux branches intestinales peu écartées l'une de l'autre, et se terminant peu au-delà de la partie renllée du corps. Les organes de la génération sont con- tenus en partie dans deux lobes allongés, contigus, situés entre les ailes latérales. Cette espèce paraît se trouver assez rarement. J'en ai obtenu une fois une douzaine d'individus du duodénum d'un Renard. Mais des investigations faites ensuite sur une vingtaine d'autres Renards n'ont donné aucun résultat. Aussi n'ai-je pu compléter l'étude de ce Ver, en ce qui concerne les organes de la giMH'- ration. Système nerveuse. — Les ganglions cérébroïdes sont situés exactement de chaque côté du bulbe œsophagéen, très petits et assez difliciles à distinguer chez un animal aussi petit que l'Ho- lostome. Néanmoins j'ai pu suivre aussi les deux chaînes dans une assez grande étendue. Du reste, il n'y a ici rien de particulier; c'est une disposition tout à fait semblable à celle qui existe chez les Distomes. .appareil digestif (\). — Le bulbe œsophagéen est très petit etcupuliforme. L'orifice buccal est exactement terminal. Ce bulbe est suivi d'un œsophage court, extrêmement grêle, qui se divise en deux branches intestinales se terminant dans le quart antérieur de la partie épaisse du corps. Ces branches, d'abord très grêles à leur origine, s'élargissent un peu ensuite, mais leur volume n'est jamais considérable. Appareil circulatoire (2). — Malgré l'extrême petitesse de l'Holostome du Renard, j'ai pu reconnaître la disposition de son système vasculaire en l'injectant sur huit ou dix individus, au moyen d'un liquide coloré. Dans la partie postérieure du corps, (I) PI m, fis. I . f2) PI m, fip: 1 et 1", ;Vi() \OVA(;ii EN SICILK. il existe un vaisseau principal donnant des branches nombreuses qui se ramifient et s'anastomosent entre elles, de manière à figu- rer des mailles irrégulières. Sur les ailes latérales , ce réseau se montre très clairement quand il est bien injecté , et sur la figure accompagnant ce travail, je l'ai dessiné sous le microscope à la chambre claire, d'après un individu très favorablement préparé pour l'observation de ces vaisseaux. On distingue au bord interne des ailes un vaisseau principal partant directement du grand vais- seau postérieur, il fournit sur son trajet de nombreuses branches, dont la direction et les anastomoses ne suivent pas une marche ré- gulière; néanmoins le réseau qu'elles constituent présente bien toujours la même disposition générale. Entre toutes les mailles, on observe encore des ramifications extrêmement fines, ainsi que sur le bord interne môme des ailes. A leur côté externe, les vaisseaux, plongeant davantage vers la partie profonde, communiquent à ceux de l'aile opposée par des vaisseaux transversaux et paral- lèles, parfaitement distincts quand on observe l'animal par sa face ventrale, .l'ai compté douze de ces vaisseaux transversaux (1). Vers la partie antérieure du corps, on distingue le commence- ment d'un treizième, qui fournit bientôt une branche re.nontant de chaque côté de l'intestin et de l'œsophage, en présentant des ramifications très déliées, mais cependant très nombreuses et très serrées. Si l'on considère en dessus les organes de la génération , on voit trois vaisseaux régnant dans toute la longueur de ces orga- nes; ces vaisseaux, dont l'origine est aussi dans le gros tronc postérieur, ofl'rent chacun de nombreuses ramifications transver-' sales qui s'anastomosent avec les deux autres. Dans la partie pos- térieure du corps, c'est-à-dire dans la portion renflée , le vaisseau médian présente des branches qui s'anastomosent entre elles et constituent un réseau analogue à celui qui existe sur les ailes la- térales. C'est surtout par la face ventrale qu'on les observe aisé- ment ; car elles deviennent plus rares du côté dorsal. (I) PI. lO.fig. I a. È. BLAKCRAIin. — SUIl r.'oiir. ANISATION' DKS VKflS. 321 Tritiu lies TRISTOMIENS (TIUSTOMII Dujard). Caractères. — Bouclie inférieure non terminale. Deux ven- louses antérieures de chaque côté et un peu au-dessus de la bou- che. Une grande ventouse postérieure et inférieure. Les ganglions cérébroïdes situés un peu en avant de l'orifice buccal. Ainsi que les zoologistes pourront s'en apercevoir par les ca- ractères assignés ici à ce groupe ; ainsi que jo l'ai déjà indiqué dans les considérations générales, les ïristomienssont, de tous les Trématodes, ceux qui se rapprochent le plus des Aporocéphales. La position de leur bouche, et surtout celle des ganglions céré- broïdes, est un acheminement vers cette disposition si remarqua- ble et si caractéristique chez les Planariées. Toutes les espèces connues acluclloment sont rattachées à un seul genre. Genre TnisTOiUti [Trisloma Cuvier). Capsula Bosr., Phiilliiie Oken. .Xilzurhia Baër Caractères. — Corps aplati, généralement élargi. Bouche large, formant un bulbe buccal suivi d'un ccsophage très court, suivi d'un intestin divisé en deux branches réunies postérieurement, de manière à former un cercle complet. Les branches de l'intestin très ramifiées. Les ventouses antérieures petites. La ventouse pos- térieure très grande, plus ou moins pédonculée et iîordée d'une membrane plissée. Orifices génitaux situés un peu de côté , au- dessous et à droite du bulbe buccal. Le pénis antérieur ; l'oviducte postérieur à celui-ci. Vaisseaux anastomosés, peu nombreux, sur- tout à la partie supérieure du corps. J'ai étudié plusieurs espèces de ce genre, dont une avec beau- coup de détails, celle que l'on peut considérer comme le type du genre, le Trisloma coccineuin. Malgré les observations nombreuses dont les Trislomes avaient été l'objet, il était peu de groupes plus mal connus, sur lesquels on eût commis des erreurs aussi graves. C'est ainsi qu'on a décrit même l'appareil digestif de ces Vers de la manière la plus inexacte. y série. Zooi,. T. VIII (Décembre 18.17.) , 21 32'i vo^Acn i:\ sicii.ii. TmsTOMt RurtiE {^Trinlumu forciiifum) (I) C.uvier, Rétjiieimiimil, l"édit,, t. IV, p. 62.tab. lo.lig. 10(1817). Figure reproduite in Guériii , Iconotj. du règne niiimal , Zooph,, pi. 10, fig. 10, el Gray, Atiimal h'ingdom , Zoophyles, pi. 9 fig. 10. Costa, Diario de! congresso diGenova, 1846. (Observations inexactes. L'au- teur considère la ventouse postérieure comme une bouche , et la bouche comme un anus.) Ce Tristome, d'une couleur rouge tirant sur le vermillon, est long de 20 à 25 millimètres, ne présentant jamais d'écbancrure postérieure. Sa forme est quelquefois presque orbiculaire , mais souvent aussi un peu plus ovoïde , avec la portion antérieure tou- jours légèrement atténuée. H est remarquable de voir de ces dilférences assez sensibles d'un individu à l'autre dans la forme générale du corps. Toute la surface dorsale est couverte de gra- nulations espacées, dont les marginales plus fortes et plus régu- lières que les autres. Les ventouses antérieures sont petites, à bords onduleux. La ventouse postérieure grande, présentant sept rayons, est bordée par une membrane garnie de petites côtes régulières ; son diamètre équivaut à peu près au cinquième de la longueur totale de l'animal. La bouche est située notablctnenl en arrière du bord terminal. Cette espèce se trouve abondamment sur les branchies du Xi- phias gladius. Je l'ai étudiée sur un grand nombre d'individus, à Gènes, où l'on apporte journellement au marché l'Espadon. Téguments et muscles. — Chez les Tristomes , on peut isoler assez facilement l'épiderme; la couche inférieure se montre toute celluleuse. Au-dessous, on distingue encore une couche de gra- nules très serrés. La peau est parsemée de petits tubercules rares et assez petits dans la portion antérieure , mais beaucoup plus nombreux et notablement plus gros vers la partie postérieure. Ces tubercules, qui se présentent sous la forme de vésicules, sont terminés par une petite pointe. Quand on les exprime, on en fait sortir un peu de matière liquide. Tout le long du bord marginal, (I) liiijne ammid (Zoopbylcs), pi 36 Lis. fig. t , I a. *. BI.AKCUARW. — sni l.'OUGAMSATION DICS VERS. ;^23 OU ()l)sc'rve encore une série de tubercules, mais disposés ici beau- coup plus régulièrement, et offrant chacun trois ou quatre petites pointes obtuses d'apparence cornée. Sous le rapport des muscles sous-cutanés , les Tristomes res- semblent à la plupart des autres Trématodes ; mais ceux qui ser- vent à maintenir et à mouvoir les ventouses, et principalement la ventouse postérieure, offrent ici un développement considérable. Celle-ci est soutenue par des fibres très fortes et très serrées, dis- posées en rayons; mais au-dessous du tégument ventral, on en suit plusieurs au-dessus de ces dernières, dont la disposition est tout à fait circulaire. Système nerveux (1). — Les ganglions cérébroïdes sont situés ici , non pas sur l'œsophage ou sur le bulbe œsophagéen , mais en avant même de la bouche. Ces ganglions, de forme un peu al- longée, sont unis l'un à l'autre par une commissure assez large passant exactement au-devant de la bouche. Ces centres médul- laires fournissent extérieurement trois nerfs principaux se rami- fiant dans les muscles, et dont le plus considérable ou l'intermé- diaire se distribue dans les ventouses antérieures. Du côté opposé, ils émettent un filet nerveux qui se rend surtout au bulbe buccal et à l'œsophage. En arrière prennent naissance les deux chaînes gan- glionnaires qui passent sous le tégument ventral. A leur origine, elles fournissent deux nerfs, dont l'un suit la direction de l'in- testin. Sur la plus grande partie de leur trajet , elles ne présentent que des traces très peu sensibles de ganglions. Mais près du point où les branches intestinales se rejoignent, on voit très distincte- ment plusieurs de ces petits centres médullaires. f>e plus con- sidérable est celui qui se trouve à la base et de chaque côté de la ventouse. Ces ganglions donnent leurs principaux filets aux muscles qui fixent cet organe ; mais ce qu'ils offrent de remar- quable, ce sont les commissures qui unissent ceux des deux chaî- nes. Au côté externe, ils présentent encore des filets très déliés qui s'anastomosent aussi avec de très petits ganglions placés sur le trajet du nerf longeant l'intestin , et d'où naissent des filets très (I) Itàjrie animal, nouvelle édition (Zooptiylcs). pi :i& Us. fig. 16. 3'2/i VOYAGE VA SICILE. grêles, qui se disIribiiPiil aux muscles sous-eulaiiés et aux tégu- ments eux-mêmes. Jppareil (lifjestif {\). — Le bulbe buccal est large, bombé, prolongé en pointe de chaque côté, mais complètement uni au tégument, en sorte qu'on l'isole difficilement. 11 est suivi d'un œsojjhage extrêmemcni court, qui se sépare bientôt en deux grandes branches intestinales, qui s'écartent beaucoup l'une de l'autre , et se rejoignent au-devant de la ventouse postérieure , de manière h former un cercle. Ces branches intestinales four- nissent des rameaux extrêmement nombreux qui se divisent et se subdivisent en ramifications très fines, s' étendant tout autour du corps presque jusqu'au boi'd marginal. On compte de chaque côté une douzaine de rameaux principaux ; mais du côli' interne , chaque branche intestinale en fournit plusieurs encore, dont deux principaux. M. Diesing a décrit le système digestif des Tristomes comme consistant en quatre branches ramifiées terminées en cœcum. Tous les helminthologistes ont l'épélé ce qui avait été avancé par cet anatomiste : or rien de plus inexact que sa description et sa figure de l'appareil digestif du Tristome. Il a fallu qu'on se soit contenté d'un examen très superficiel fait au travers des tégu- ments, sans s'être attaché à rien suivre avec soin , et en sup- pléant à ce qu'on ne voyait pas. J'ai étudié le canal intestinal de ce Trémalode sur plus de cent individus , en l'injectant avec un liquide coloré. Rien alors n'est l)lus distinct que toutes ces ramiiications. que je me suis attaché à reproduire bien exactement sur ma figure. Appareil vasculairf {'2). — liCS vaisseaux sont beaucoup moins nombreux et moins considérables que chez une infinité d'autres Trémalodes. Les plus gros régnent surtout du côté de la face ventrale. 11 en existe deux qui, suivant presque le trajet des branches intestinales, s'étendent en décrivant quelques sinuosi- tés, depuis la portion antérieure du corps jusqu'à la base de la ventouse postérieure. Ces deux vaisseaux fournissent du côté (l)/d., ibid. (2^ PI. 10. lig. 2. I É. ULAIVtUAKD. — SUH l.'olK; AMSATIO.V OES VlillS. 325 exlenic |)lusieurs branches rameuses ; mais les plus considérables sont du côté exierne, où ils présentent des anastomoses sur divers points. Quelques rameaux ayant également leur origine dans les deux troncs principaux s'étendent sous le tégument dorsal ; mais ceux-ci sont toujours plus rares et plus grêles. Organes de la génération (^l). — L'appareil mâle occupe toute la partie centrale du corps. 11 existe un nombre énorme de cap- sules spermatiques se présentant sous forme de petites masses, dans l'espace compris entre les grandes branches intestinales. Toys ces organes sont rattachés les uns aux autres par un con- duit sinueux , qui se divise et se subdivise en rameaux nombreux. Ce conduit spcrmatique se contourne sur lui même en passant au- dessus des organes l'emelles, et il vient se continuer avec un canal éjaculateuf situé en arrière de la bifurcation de l'intestin. Le pé- nis, très long, conoïde, est quelquefois très saillant au dehors; mais il est rétractile jusqu'à un certain point. Son réceptacle est en forme d'aveline. 1/animal considéré par sa face ventrale, cet organe s'ouvre du côté droit en passant par-dessus la bifurcation de l'intestin (-2). L'appareil femelle est aussi très développé : ce sont deux grappes rameuses, ondulées, suivant presque exactement le trajet des branches intestinales en passant un peu au-dessus. Les tiges principales de l'ovaire sont même tout à fait parallèles aux bran- ches de l'intestin. Les œufs non développés encore occupent donc tout le contour du corps, et quelques ramifications s'étendent, en outre , au-dessus des capsules spermatiques. Les branches de l'o- vaire se contournent , et aboutissent l'une et l'autre en arrière du canal éjacuiateur dans une portion fortement élargie, se terminant à une petite capsule arrondie, la vésicule oviductale , qui est ici très peu considérable. L'utérus qui naît de la vésicule oviductale est ici très court et légèrement onduleux. Il se continue avec l'o- viducte ; c'est un tube cylindrique qui vient s'ouvrir au dehors , un peu en arrière du pénis (3). (1) PI li, fig 2. (2) (M U. fig. 2— d. ,:i; l'I li, fig.2— {■. 326 VOWC.P, EN SICILE. TnisToME DF. LA MoLE [Tristuntu MoUe [ilanch. (1)]. Tri^toma coccineum Rudolplii , Si/)i"/)S/s. p. 123 et il 8. |il I. lig. 7-8 (1819) Bremser, Icônes Helminlimm, pi 10, fig. 12-13 (1824). Nitzsch Allgem. Encyclopœdie der Wisseiischiifl., von Erscli und Gruber, l. XIV, p. 150 (art. Capsala) Diesing, jYov. Acta Academ ctirios nai., t. XVIH , p 1. pi 1, fig. 1-1 :î (1836). (Traduction) Ann. des Se. nat.. i' série, t I\. p 77, pi. I (1»38). Yarrel, A History of British fishes, vol. 11, p. 468(1841). Uujardin, Histoire des Helminthes, p. 322 (I 843). Description. — Ce Trislome, d'une couleur rouge tirant sur le vermillon , est long de 15 à 20 millimètres. Toujours profondé- ment échancré postérieurement, sa forme est presque orbiculaire avec la portion antérieure très légèrement atténuée. Toute la sur- face dorsale est à peine granuleuse avec les bords légèrement plissés. Les ventouses antérieures sont petites, à bords onduleux. La ventouse postérieure, très grande , présentant sept rayons, est bordée par une membrane garnie de petites côtes régulières ; son diamètre équivalant à peu près au tiers de la longueur totale de l'animal. I-a bouche est située notablement en arrière du bord antérieur. Cette espèce n'a jamais été trouvée que sur les braucbies de la Mole {Orthragoriscus Mola) ; elle a été confoudue par tous les hclmintliûlogistesavec le Trisloma coccineum; cependant, si l'on compare les deux descriptions , on saisira bien vite les différences considérables qui existent entre les deux esf)èces. L'échancrure ou l'absence d'échancrure à la partie postérieure du corps , la dimension de la grande ventouse par rapport à la taille de l'ani- mal, sont des caractères qui les font reconnaître au premier abord. Les granulations de la peau les en distinguent encore. Le Tri- stoina de l'Rspadoii ne paraît pas avoir jamais été trouvé sur la Mole , ni celui de la Mole sur l'Espadon. (1) Rèijnc animal, nouv. édit, (Zoopliyles), pi, 3(i bis, fig. 2. 2 it. É. BLAxcn,»RD. — sim l'organisation des viins. 3'27 Je n'ai pu exaiiiinur lu Tristoma Moke que sur des individus conservés dans l'alcool; mais j'ai réussi néanmoins à en suivre le canal intestinal , après y avoir t'ait pénétier par la bouche un li- quide coloré. L'appareil digestif de cette espèce ressemble beaucoup à celui du T. coccineum; mais les grandes branches intestinales, qui se rejoignent comme chez ce dernier, s'étendent moins en arrière. Le cercle formé par ces canaux se termine en avant de la ven- touse et de l'échancrure postérieure du corps. Les rameaux fournis par les blanches principales sont aussi très semblables à ceux du T. coccineum; mais leur nombre est moindre , et les ra- meaux postérieurs , par le fait même du peu d'étendue du cercle intestinal , ont une longueur plus considérable. J'ai pu distinguer encore chez le T. Moke les vaisseaux prin- cipaux ; ils sont au nombre de quatre , comme dans l'espèce pré- cédente; seulement plus réguliers, et moins flexueux. Ceci, du reste, pourrait tenir . jusqu'à un certain point, à l'état de con- servation des individus que j'ai observés. Ils font partie de la collection helminthologique du Muséum de Paris. M. Valenciennes a eu l'obligeance de me les communiquer. Tbisto»e dc Socale [Trislomn .Sf/im/i Blanch.. Valenc. Coll du Muséum (I)]- Description. — Cette espèce , d'un gris jaunâtre , est couverte de taches nombreuses et assez serrées d'une nuance brunâtre, très affaiblie vers la partie moyenne du corps ; en dessous , ces taches ne sont distinctes que sur les bords. Ces couleurs, au reste, ont pu s'altérer , comme cela a lieu pour les espèces précédentes, quand elles sontplongées dans la liqueur. Le Tristoma Squali est long de 25 millimètres environ , et fortement échancré posté- rieurement. Sa forme est presque ronde , aussi large en avant qu'en arrière ; seulement , la portion antérieure est un peu sépa- rée du reste par un étranglen)ent de chaque côté. Toute la sur- face dorsale est couverte d'une granulosité très régulière. Les ventouses antérieures sont petites et très arrondies. La ventou.se ,M Rrijne iinima], nous édil (Zonpin les), pi !6 //i.«. fif;. 3. 3". 328 voYA(;i'. E^ sigile. postérieure est extrêmement grande, présentant sept rayons , et garnie de petites côtes régulières; son diamètre équivaut à peu près aux deux cinquièmes de la longueur totale de l'animal. La bouche est sensiblement moins éloignée du bord antérieur que dans les espèces précédentes. Ce Tristome a été trouvé par M. Jules Verreaux sur les bran- chies d'un Squale dans les parages de la Nouvelle-Zélande. J'en dois la communication à l'extrême obligeance deM. Valenciennes. Cette espèce paraît très voisine du Tristoma maculatum (1), observé sur les branchies d'un Diodon , près des cotes de la Cali- fornie ; mais chez cette dernière, les taches sont plus grandes, moins nombreuses, par conséquent plus esjmeées. La forme du corps est aussi moins arrondie. La ventouse est moins grande proportionnellement; son diamètre, à en juger au moins d'après les figures. publiées, n'équivaut pas au tiers de la longueur totale de l'animal. Chez les quelques individus du T Squali que j'ai été à même d'observer , il m'a été possible de suivre aussi le trajet des bran- ches intestinales après les avoir injectées. L'appareil digestif ressemble beaucoup à celui des espèces pré- cédentes, et plus particulièrement à celui du T. Molœ. Seulement, le cercle intestinal est plus court encore, l'cchancrure postérieure du corps étant plus profonde. Les rameaux qui en partent se ra- mifient comme chez les autres Tristomes ; les rameaux posté- rieurs ont ici une très grande longueur. J'ai parfaitement distingué aussi les ([uatre vaisseaux princi- paux, et les nombreuses anastomoses transversales qu'ils présen- tent. Leur régularité est infiniment plus grande ici que chez le T. corcineum où j'ai représenté le système vasculaire. (1) Lamarlinière. Journal de Pliijsiqite , 'i787, p. 207 pi 2. fig. 4, 5 ; et Voijage de Liipérouse. t. IV, p. 77, pi. 20, fig. 4-5. — Capsalii Marlinieri Bosc. Bulletin delà Sociélé philomatique , 1811, p. 38 i. — Phylline Diodonlis Oken,' Lehrbuch der NalunjeschiclUe, t. lU-l, p. 182 et 370, pi. 10, lig. 3 (1815). — Tri:ili}m,i mm-iiUiliim Uuddlphi, Sij}wiisis, p. 1 23 et 430, pi. 1 , (ig 9-10(1819): et Diijardin, llisi des llelminllus, p 322 (1845). É. nL«:\'ciitRn. — siii i.'oiu;\msviion uks veiis. 320 Tbisiomk de l'Estubceon [TnnioiiKi Slitrionis) (I), Jliiudu Sliirioiiis Abilgaard, Skrivler af mtlursf. Selsluibcl., t. 111, ii, p 55. pi. 6, fig. I (1794), et Irad. in Gmeliii's Gwttinschen Joum. der .\iilui- ii'issaiscliiift., Btl. I (1797). riiijlliiK hyimjhssi Oken, Ltlirb iler Nulurg.,l. III, i p. 371 (iSlS). Trislumii l'Ioiigaium Nilzsch., Allgem. Encycl. von Ersch. und Gruber, t. XV, p. 130 (art. Capsala). Trislumu ehmjiitiim Diesiug, Nuv. Actu Acail. nat. Curios. t. XVIII, i, p. 12 (I83C). Nitzschiu olcijnns Baer, A'od. AcUi Acad. luii. Curius., t. XIII, p ii. p. 6(i0, pi. xx.tii, lig. 1-4 (18-27). Dujardin, Hisl des Helminllics, p. 323 (1846). Ce Tristome est long de 12 à 15 millimètres , et d'une nuance rougeàtre. 11 est allongé avec ses côtés parallèles , seulement un peu élargi en avant, et arrondi en arrière. La bouche est notable- ment éloignée du bord terminal. Le bulbe est épais avec ses bords légèrement prolongés en pointe. Les ventouses antérieures sont très étroites, et linéaires. La ventouse postérieure pédonculée, ex- trêmement grosse , et en forme de clochette profonde , est bordée d'une membrane plissée , et comme festonnée. Le pénis est situé notablement en arrière de la bifurcation de l'intestin, presque sur la ligne médiane. L'oviducte débouche un peu en .irrière. Je n'ai étudié cette espèce que sur deux individus, conservés dans l'alcool, trouvés en Ecosse sur les branchies d'un Estui'geon [Accipenser aculirostris Purnell) , et que je dois à l'obligeance de M. le docteur Melleville, conservateur du Musée d'anatomie comparée d'Oxford. Je ne mentionne ici cette espèce que pour l'observation que j'ai faite de son appareil digestif; car, pour des animaux tels que les Vers, les observations sont toujours très incomplètes sur des in- dividus conservés dans l'esprit de vin. Mais ayant vu chez les Trisloma coccinewn, molœ et squali une disposition si particulière des branches intestinales, il était important, selon moi, de recher- cher si les Tristomes d'une autre forme présentaient une disposi- lion gi''ncrale analogue ; alors c'est ce dont j'ai pu me convaincre (1) I\i(jnc animal, nouvelle édition (Zoopliyles), pi 36 bis, fijj. 4, 4 a. 330 VOYAGE EN SICILE. de la manière la plus certaine à l'égard du Tristoine de l'EsLur- geon. Après avoir plongé les individus en ma possession dans un liquide salin hydrargyré pour raffermir leurs tissus, j'ai poussé par la bouche un liquide coloré dans l'intestin ; alors j'ai pu suivre après le bulbe buccal . comme dans le Tristoma coccineum , un œsophage court, se divisant bientôt en deux longues branches, qui se rejoignent en avant de la ventouse , et forment ainsi une ellipse. Ces branches fournissent des rameaux nombreux; les uns, très serrés , se divisent élégamment sur la portion antérieure et élargie, et sur les parties latérales, et en arrière, au-dessus de la ventouse, on observe une semblable série de tiges très ramifiées. Du côté interne , les deux grandes branches de l'intestin présen- tent encore plusieurs rameaux , comme chez le Trislome rouge. 11 résulte donc de cette observation que les Tristomes sont des Vers à intestin rameux , dont les branches principales forment une anse en se réunissant. Les Tristoma coccineum et shirionis sont assez dill'érents l'un de l'autre par la forme générale du corps, pour qu'on puisse supposer que les autres Tristomes , dont les difl'ércnces extérieures ne sont pas plus considérables , présen- teront la même disposition générale. Tout porte à croire aussi que, s'il en était autrement, il se présenterait d'autres caractères pour les en séparer. Outre les cinq espèces de Tristomes que j'ai mentionnées , on en connaît encore deux autres dont on doit la description à M. Diesing (1). Ce sont les T. papillosum Diesing, des branchies dviXiphias gla(lius,e\.T. Itibiporum Diesing, d'unTrigla hirundo. Il serait d'autant plus intéressant d'étudier ces espèces que leur forme extérieure, si dilTérente de celle des autres Tristomes, peut faire supposer des différences d'organisation assez importantes. Tribu (les OCTOBOÏURIENS {OCTOBUTIIIUI Dujanj.). Camclcres. — Bouche terminale. Corps pourvu de ventouses postérieures, munies de crochets, ou présentant entre elles de ces (I) Nov. Acta Academ. air., t. XVIII, p. 1i, pi. I. fig. 14-16; et p. 313, pi 17, lip 13-16 (1836), Pt (tracluction) Ami. des Se. uni . 2' série, t. IX, p. 77, pL I, fis l!;-iri(lt*3S) niijanlin, His(. des Helminllies. p 323(1845). É. BLAKCIIARD. — SI 11 l.'ollC V MS ^TION Di:S VERS, 331 appendices cornés. Inlcslin divisé en deux branches rameuses. Ganglions cérébroïdes situés de chaque côté de l'œsophage ou du bulbe œsophagécn. M. Dujardin comprend dans celte tribu , je crois avec raison , les genres Polystoina , A.cine , Diporpa , Diplozonn et Oclobo- llinum; mais, selon toute probabilité, d'autres genres viendront s'ajouter quand on connaîtra mieux les espèces. Plusieurs divi- sions établies par certains auteurs ont été rattachées aux l'oly- stomes, sans que nous puissions savoir réellement si ces rappro- chements sont fondés. Tels sont les Hexacotyle, Hexalhruhim. denre Poi.vstomiî [Polystoina Fiud.). Caractères. — Corps oblong , généralement aplati , atténué antérieurement, pourvu en arrière de six ventouses portées sur une même saillie musculaire. Bulbe œsophagéen musculeux , suivi d'un intestin à deux branches écartées, se réunissant en avant des ventouses. I^es deux branches intestinales exti'émement ramifiées. Appareil circulatoire consistant en vaisseaux nombreux. Orifices génitaux situés en arrière du bulbe œsophagéen. Je n'ai étudié qu'une seule espèce de ce genre. PoLïsTOME DES Gbe.souilles [Polijsloma integerrimum). Rœsel, Hialor. nat. Itananim, p. 24, tab. 4, fig. X (1738). Linywilula iiitcyerrinut Frœlicli, Natwfursch., l XXV, p. 104 (I7'JI), Plaiiiiiia tinciniilalu liraun , ScAci/t. der Berlin Gesels. Xalurf, freuiide , t. X, p. 58-KI, pi. 3, fig. 1-3 (I792j. Polijsloma RaïuE Zeder. Nadxtrag. p. 203, pi. 4, fig 1-3 (1800). Pvlijsluma iiilogerrimum Rudolphi, Enlozoor hisr, I. II, p. i, p 451, pi. 6, fig. 1-G (1809); et Enlozoor. synops.. p. I2,t (1819). Bremser, Icônes Helminlli.. pi. 10, fig. 23, 26 (1824). Baer, Nov. Aclu Acad nat. Curios., t. XIII, ii, p 679, |il. 32, lig. 7-9 (1827). Dujardin, Hist. des Hehnin: lies, p. 320 (1845). Ce Trématode , long de 8 à 12 millimètres , est d'un blanc jau- nâtre , avec les ramifications de l'intestin qui se dessinent en brun-foncé au travers des téguments. Il est nulablemcnl atténué en avant. En arrière, sur une saillie inférieure , sont situées les 332 VOYAGlî EN SICIt.K. six ventouses , disposées sur trois rangées , deux un peu écartées sur la première , deux très écartées sur la seconde , et deux rapprochées l'une de l'autre sur la troisième ligne. Entre ces deux dernières , on distingue deux crochets assez saillants. Cette espèce se trouve assez communément dans la vessie de la Grenouille rousse , Bana temporaria. .Sur plusieurs centaines de Grenouilles vertes disséquées , je ne l'ai jamais rencontrée une seule fois. C'est sans doute par erreur qu'on l'a indiquée comme ayant été trouvée dans la Grenouille verte. Elle est remplacée chez cette espèce par le Distoma cyynoides. Système nervevx. — Cet appareil ne présente rien ici de bien particulier. Les deux ganglions cérébroïdes sont situés, comme chez la Easciole, exactement de chaque côté du bulbe œsopha- géen. Les deux chaînes qui en dérivent s'étendent jusqu'aux ventouses, près desquelles elles offrent quelques traces de renfle- ments ganglionnaires. Appareil digestif ({). — Le bulbe œsophagéen est petit et ovoïde ; il est suivi d'un œsophage d'une extrême brièveté , se di- visant bientôt en deux grandes branches intestinales qui s'é- CcV'tent beaucoup l'une de l'autre , et se réunissent près de l'ex- trémité postérieure au-dessus de la saillie musculaire portant les ventouses. Du côté extérieur, tout le long de leur trajet, les branches intestinales présentent des rameaux , au nombre de vingt à vingt-cinq, qui se divisent et se subdivisent eu s'étendant jusqu'au bord marginal. Du côté intérieur , les deux branches de l'intestin présentent aussi des rameaux considérables, dont trois principaux qui s'anastomosent sur la ligne médiane. Postérieure- ment, elles en fournissent encore plusicui's très rapprochés les uns des autres , et régnant au-dessus des ventouses. Bien que le Polystome des Grenouilles ait été observé par plusieurs helminthologistes, son système digestif n'avait jamais été ni décrit , ni représenté bien exactement. Sous le rapport de la réunion des deux branches de l'inteatin , il ressemble notable- ment aux Tristomes , bien qije la forme générale du corps ail plus d'analogie avec celle des Fasciolcs. (i)Pi. 9,ng. 4. t.. ni.wvu.xKU. — sim i.'okgamsaiion des veiis. 333 .Ijifiareil vasivuktire ( 1 :. — Chez le l'ulystuiiie des (ireiiouillcs, il existe deux vaisseaux principaux, dont le trajet suit celui des branches intestinales. Ces deux vaisseaux fournissent des branches nombreuses qui se ramifient à l'infini , et constituent sous le tégu- ment dorsal, comme sous le tégument ventral, un réseau extrême- ment serré ; ces rameaux vasculaires s'anastomosent sur une in- finité de points. A leur cxl rémité , beaucoup d'entre eux n'ont plus de parois propres , et ils se terminent alors sous le tégument en petites lacunes , mais toujours moins bien circonscrites que celles de l'Amphistome , les tissus des Polystomes étant beaucoup moins résistants. Organes de la génération. — Si les Polystomes se rapprochent des Tristomiens par la disposition générale de leur appareil ali- mentaire , ils ne leur ressemblent pas moins sous le rapport des organes de la génération. L'appareil mâle occupe une médiocre étendue chez le Polysloma inlegerrimum. Les testicules se font retnarquer. à la partie inférieure du corps, sous la forme de cai^sules spermatiques en nombre assez considérable (2). 'foutes ces capsules sont petites et de forme irrégulière ; cependant beau- coup d'entre elles sont ovoïdes ; elles sont unies les unes aux autres par de grêles conduits spermatiques, qui eux-mêmes viennent se confondre en un canal commun constituant le canal éjaculateur. Le pénis (3) est très gros, très volumineux, de forme un peu cono'i'de , avec l'extrémité légèrement contournée. Il occupe toute l'iîpaisseur comprise entre la face dorsale et la face ventrale de l'animal ; aussi cet organe , qui se dessine sous le tégument, principalement en dessus, se fait remarquer par l'espace blanc et lisse qu'il forme en arrière de la bifurcation de l'intestin. L'appareil femelle est dispersé par tout le corps : les ovaires occupent la partie supérieure et la partie inférieure du corps, les œufs sont interposés même entre toutes les branches de l'ap- pareil digestif; ils sont généralement si serrés, qu'on ne saurait (i; PI. 9. ng. 4. {2i PI. U, fi;;. Z-tl. (:)] l'I 11 Ik' 3— c. 3S/| VOÏAGE EN SICILE. dire qu'ils l'urment des grapjjcs ou des bouquets ; néanmoins ils ne sonl pas répandus d'une manière uniforme, mais plutôt par' masses. Tous les œufs se rattachent , de chaque côté , à deux grandes tiges , Tune ascendante et l'autre descendante. A la hau- teur de la base du pénis, ces deux tiges se réunissent en un canal commun (1) qui vient aboutir à la vésicule oviductale. Celle-ci est très petite et ne consiste , pour ainsi dire , qu'en un élargissement des deux conduits ovariens. L'utérus {'!), qui s'a- bouche à la partie antérieure de la vésicule oviductale, est court, légèrement sinueux ; il s'ouvre à la droite du pénis et un peu plus en avant, c'est-à-dire exactement en arrière de la bifurca- tion de l'intestin , l'animal étant considéré par la face ven- trale. OBSERVATIONS. Sous le rapport de l'appareil vasculaire , j'ai étudié , dans la famille des Octobnthricns, outre le Polystome des Grenouilles, rOctobolhrium de l'Alose ,Qctobolhriwn alosœ) (3\ Chez ce der- nier, les vaisseaux sont très semblables, quant à leur disposition et quant cà leur nature , à ceux du Polystome ; on distingue éga- lement deux troncs principaux fort près des branches intestinales, et un réseau très serré et jusqu'à un certain point lacuneux. Les vaisseaux , dans les Octobothriens qui ont été l'objet de mes re- cherches , n'ont pas , comme ceux de la plupart des autres Tré- matodes , des parois qui les délimitent complètement dans toute leur étendue; mais, dans leur intérieur, on observe un mouve- ment ciliairc bien plusdistinct que partout ailleurs. Les Diplozoon me paraissent être dans le même cas ; je^n'ai pas été assez heu- fl) PI. 1 i. Bg. 3— f. (2) PI. U. Sg. 3—f. ['i) Mazocrœs alosœ Hermann in Xaturfnrcbcr. t. XVII, p. IS2, lab. 4, fig. 13 et 11 (1782). Oclobolhrium alosœ Leuckarl, Drev. unim. dcscript. (1828). Mayer. Beiirage zur Aualomieder Eiitozoen.^onn,p. 19, pi. 3, fig, 1 8(1841). Octosloma alosœ Kutin, Mémoires ilu Mus. dhist.. t. XVIII, p. 358 (1829), Oclobolhrium lanccolalum Leuckarl, Zooingische Bruchsliickc, p. 29 (1842). Dujardin, flisloirc (1rs Hrlmlulhcs p 313 (184o'l É. Bl.»\« IIAUD. — SUIS L'oUGAIVISATION DES Vl-liS. 335 veux pour inc piocurer respècu étudiée par M. Nordmann , 1^, le Diplozoon paratloxuiii. Mais j'ai observé sous le microscope le petit Diplozoon des branchies duCothisyobio (2), et tout me porte à croire que le système vasculaire des Trématodes de ce genre ressemble beaucoup à celui des Polysloma et des Oclobotlnium. Chez tous ces vers , le sang n'est certainement pas transporté , d'une manière régulière, d'arrière en avant par certains vais- seaux , et d'avant en arrière par d'autres , comme l'a pensé M. Nordmann. Dans les Trématodes en général , le fluide nour- ricier est transporté et ramené alternativement et plus ou moins irrégulièrement par les mêmes vaisseaux : c'est un mouvement de va et vient plutôt qu'une véritable circulation. Les Octobothriens ont un nombre de représentants peu consi- dérable ; mais plusieurs d'entre eux sont si imparfaitement connus qu'on ne saurait préciser leurs rapports avec les espèces mieux observées. Le Polystome des Grenouilles doit être considéré comme le type du genre ; c'est l'espèce la plus commune et la plus connue ; cependant jusqu'ici son organisation intérieure n'avait pas été étudiée. Le Polystome du Thon (Polysloma r/i2/nn{) (3) paraît devoir se placer piès de l'espèce précédente, si l'on en juge par la position des ventouses ; mais son organisation n'est nullement connue. Le Polystome de l'Esturgeon (Polystoma armatuin Duj.) (4), dont M. Leuckart a formé un nouveau genre sous le nom de Diploljotlirium , est plus mal connu encore. Le Polystome des Tortues (Polystoma ocellalum Rud.) (5) n'ap- (1) Mikrogrnpii. Bcilrœge, 1. 1. p. 5 et 6 (1832). et traduct. Ann. des Se. »i) .Si/iio/wi.ç, p 12.J et 146 S2>(> VOYAr.E i;\ SICII.H. parlienl pciil-rlrc pas à ce geiii'c . ni môme ù la famille des Oc- tobollirieiis.' l^ePolystome des Squales (Po/)/«toî;iaa/j/)en(/iCM/afM?n Nord. )(1) n'est décrit que sous le rapport de la forme extérieure. Quant aux deux espèces si imparfaitement décrites , dont Treutler a formé son genre llexathyridmm rattaché aux Polystomes jiar la plupart des helminthoiogistes , les //. pitKjukola et venarum (2), il est impossible dans l'état actuel d'avoir une idée nette sur leur véritable nature. Tous ces animaux sont extrêmement rares. Plusieurs n'ayant été trouvés que par hasard, ils n'ont pas été étudiés sérieusement. Le type étant mieux connu aujourd'hui dans son organisation inté- rieure, il deviendra plus facile d'observer les caractères anatomi- ques de tous ces Trématodes quand on les rencontrera de nouveau. L'espèce qui constitue le genre Axine d'Abilgaard ou Helera- lanllms de M. Diesing , et qu'on trouve sur les branchies de l'Or- phie [Esox belone) , n'est même pas bien connue dans ses carac- tères extérieurs. Le Cyclocotijla bellones (3), trouvé sur la peau de l'Orphie {Esox belone), est également à peine connu ; il est impossible d'appré- cier ses rapports intimes d'organisation avec les Polystomes, par exemple. L3 genre Oclobothrium, dont on connaît zoologiquement quel- ques espèces , forme certainement une division très naturelle , bien rapprochée des Polystomes , par l'ensemble des, caractères zoologiques et anatomiques. Le genre Diporpa de M. Dujardin n'a pu encore être sufTi- sanuiient étudié , pour qu'on puisse avoir une opinion arrêtée sur la véritable nature de l'espèce signalée par M. Dujardin. Il y a peu de groupes de la division des Vers qui réclament en- core des observations de détails aussi nombreuses que les Octo- (1) mhotj. Beitr., l. I, p. SO, pi. 5, fig. 6-7 (1832). (2) Observalimes path. anatomicœ , p. i 9-22, lab. H I , fig 7-1 I , et p 2.'î, lab. 4. fig. 1-3 (1793). (3) Olto, Nov. Acl. Aaiil. mil. Cur., t. XI, part. ii,p. 300, pi. .il, fig. 2, n.b.c. (1823). É. BLA:\c'iiARit. — siiii l.'onoANlSA■rlO^ nus viiiis. 3S7 bnihriens; mais il y en a peu aussi dont les espèces soient pour la plupart aussi difficiles à rencontrer (1). Observations sur les Tiématodes un général. La description détaillée des divers organes dans une série d'es- pèces de Trématodes nous conduit nécessairement aux conclusions suivantes : Le système nerveux offre chez tous exactement la même disposition générale. Les modifications de cet appareil d'un type à l'autre sont toujours extrêmement secondaires. Néanmoins les légères différences de position des ganglions cérébroïdes nous indiquent des tendances vers d'autres types ; tendances sans doute médiocres, mais qu'il importe de remarcjuer, et dont l'ap- préciation constitue un des points les plus philosophiques de la Zoologie. C'est ainsi que nous avons pu reconnaître, chez les Tri- stomes, un rapport beaucoup plus frappant que pour les autres Trématodes avec les Planariées, et chez les Amphislomes une analogie plus réelle avec les Hirudiuées. L'appareil vasculaire oiTre aussi constamment la même dis- position générale, mais ses modifications secondaires sont infini- ment plus considérables. Il en est de même à l'égard de l'appareil digestif. Les organes génitaux , cependant caractéristiques aussi du groupe entier, offrent néanmoins des différences assez grandes (IJ Pour les descriptions des divers Octobolhriens menlionnés parles helmin- tliologisles , voyez , outre les Mémoires déjà cités , les ouvrages généraux et les articles de MJl. de Btainville [Dicl. des Se. nat., art. Vers, etc.), de Creplin et fi\es\ng{Allgem. Eucijclop. von Ersch und Griiber), les Mémoires suivants : .Sars, Neue Hex*cot%le. — Sur les branchies du Lanipris guUatus in MuUer's Archiv, p. 388 (1837). Creplin, Axine belones, Fruiiep's neiie Notizen, Bd. Vil, p. 83. — Diri.ozoos, |). 88 et 89 (1838). Délie Chiaje, HEXAiHïmniuM vESAiiiiM.Treutler in FriLe iind Oppeiilieim's Zeit- sehrift fur die gesammle Medizin, Bd. Vil. S. 99, und Froriep's ueue Notizen , Bd. IV, S 2i5 (1838). — Polïstoma loliginis, Descrizioue e Notomiti degli Anim. invert, del neijnodi Xnp.. t. V. p. 126 (1841). Vogt, DiPLozooN, Zur .inatomie der fiarasilen MuUer's .Ircluc. S. 33, fig. 10- J5(l8i1). 3«série Zool T Vill (Décembre 4 847 ) i 22 338 vo.A(;i' i'.\ sicii.ii. d'un genre à l'autre, d'une espèce même à l'autre. Les variations dans la forme et la disposition secondaire des organes sont même si nombreuses, que je ne sais encore s ils pourront servir à carac- tériser des genres, quand on connaîtra mieux ces parties chez toutes les espèces qui les composent. Néanmoins , si , chez tous les Trématodes . nous trouvons des ovaires plus ou moins diffus , une vésicule oviductale de dimension variable , un utérus jilus ou moins considérable terminé eu un oviducte ; si nous trouvons chez tous aussi des testicules de l'orme variable , des conduits défé- rents , un pénis plus ou moins saillant au dehors , les orifices gé- nitaux toujours distincts, et situés à la partie antérieure du corps; si nous trouvons chacune de ces parties variable dans sa forme , suivant les genres et même les espèces, nous saisissons déjà des caractères coïncidant parfaitement avec des divisions naturelles. Ainsi , chez les Tristomiens et Octobothriens , les orifices géni- taux sont moins rapprochés que chez les Distomiens. Dans ceux- ci , l'utérus et la vésicule oviductale ont constamment un déve- loppement qu'on ne leur trouve point dans les précédents (1). EXPLICATION DES FIGl lilS PLANCHE 8. Fig. 1 . FoLïCELis TiGMKus, de grandeur nalurelle. vu en dessus Fig. 1". Les yeux grossis environ iO diamètres Fig. 1''. L'animât entier, vu en dessous n, tdrifice buccal — h, lorifice des organes géniUiux mâles — c, l'orifice des organes femelles Fig. 1'. Le système nerveux, — ii, les nerfs optiques Fig. 2. PnocEBOs velutinus, de grandeur naturelle . Fig. 2°. Les yeux grossis environ 20 diamètres. F'ig. 2''. L'animal entier, vu en dessous. (1) Outre les genres de Trématodes mentionnés dans ce travail, on en compte plusieurs encore dont les espèces incomplètes dans leur développement , ou trop peu éliidiées , ne sauraient être classées quant à présent. Tels sont les (iregarina L Dufour (Ann. des .Sr. no/.. 2' série, I. VII, p. !j). Diploslounim, Cijrudaclyhis Nordm. {Mikrotjr. Heilrœge], etc. Le genre Aspidoriaster de Baér, placé par la plu- part des lielmintliologislesdans le voisinage des Ampliislomes , paraît s'éloigner beaucoup des autres types do Trémalodes Malgré de nombreuses reclicrclies , je n'ai pu me procurer cet aiiimnl pour l'étudier comme il eût été ilésirable de le faire t.. DI„tKru*RW. — SDI\ l'OnGAINISATION DliS VliltS. S39 .1, l'orifice buccal. — /), I orifice des organes génitaux mSles — r, l'orifice fies organes femelles. Fig. i'. L'appareil digeslif grossi, vu en dessus u, les ganglions cérébroides. — b, les organes génitaux mâles. l'LANCHE 9. Fig. I . Système vasculaire du I'rocebos velitincs, les vaisseaux principaux avant leur origine dans la lacune où se trouvent logés les ganglions cérébroides. Fig '2. .Appareil digestif et système vasculaire du BiiAcnvL.KMrs rriisACEi, obser- vés par la face dorsale Fig. 3. Appareil digestif et système vasculaire du Monosioma vf.briicosum , ob- servés par la face dorsale. Fig. 4. Appareil digestif et système vasculaire du Polvstoma iNTrfiEnnimM , ob- servés par la face dorsale. Fig. 5. Appareil vasculaire des Némertiens [Ccrehraluhifi liijuriciis). (1, lacune entourant la trompe. — b, les centres nerveux logés dans une la- cune recevant les principaux troncs vasculaires. PLANCHE 10. Fig. I. Appareil digestif et système vasculaire de I'IIolosiome du Renard (Ho- lostomum atatum). observés par la face dorsale. Fig. 1". Appareil digestif et système vasculaire du même, observés par la face ventrale. Fig. 2. Système vasculaire du Tristome Roi'CE (rri.ç(omncofciHeHi7iCuv ), observé par la face ventrale. Fig. 3. Système vasculaire du C.ABvoi'inLLÉE cuangeast ( Oiri/op/iy/toi/s muta- bilis}. observé par la face dorsale. — La partie postérieure du corps a été re- tranchée. Fig. 3". Le système vasculaire du même, observe par la face ventrale PLANCHE H. Fig I Appareil générateur m.'ile de la Doeve nu foie (Fnseiota hepatica], dissé- qué par la face ventrale. a, le pénis. — 6. la gaine formant le réceptacle du pénis et contenant le canal éjaculaleur. — r, les organes testiculaires ( la vésicule séminale et les tubes séminaux). Kig. 2. Appareil générateur femelle de la Douve , disséqué par la face ventrale a, la bouche. — b, le pénis. — c, la gaine contenant le canal éjaculateur. — g. la vésicule séminale — Ces portions des organes mâles ont été repré- sentées sur celte figure pour montrer leurs connexitésavec les organes femelles. — rf, les ovaires. — ■ e, la vésicule oviductale. — f, l'oviducte. Fig. .■) Fragment de la peau vu sous un grossissement de 200 diamètres S/lO \OVA(;iî li.N SICILE. ri.ANCiii-; 12. Fig, I- DisioME LANCÉOLÉ (iJisfoiHu lunceuliUum disséL|ué par sa face ventrale, a, la bouche. — b, l'œsophage. — c. les branches intestinales. — ((,((. les testicules. — e, les ovaires. — f, la vésicule uvidiiclale. — g, l'utérus. Fig. 1 ". Portion antérieure très grossie. Il, le bulbe œsophagéen. — /), l'œsophage. — c, les ganglions cérébroïdes. Fig. 1». L'appareil mâle. a,a, les deux testicules. — fc, les conduits déférents. — c, le conduit éjacu- lateur suivi du pénis. Fig. 2. Brachïlème cïlindbacé ( Brucinjhcmus cylimlniceus ) disséqué par la face dorsale. Le? organes mâles ont été enlevés, à l'exception du pénis. a, le bulbe œsophagéen. — b, les ganglions cérébroides. — c, les ovaires. — d, la vésicule oviductale. — e, l'utérus. — f, 1 utérus se repliant sur lui- même à l'extrémité du corps. — <;. l'oviducte. — h. le pénis laissé en place , pour montrer sa connexité avec l'oviducte. Fig. 2". Le même, disséqué par la face ventrale. a, la bouche. — 6, l'œsophage. — c, les branches miestinales. — ri.rf, les testicules. — e, les conduits déférents. — f, le conduit éjaculaleur suivi du pénis. Fig. 3". Apoblème APPEBDicuLÉ ( .Ijjoft/emii appeniticululuin). portion antérieure très grossie. o, le bulbe œsophagéen. — b, les branches intestinales — c, les ganglions cérébroides. PLANCHE 13. Fig. 1. Brachïlème varié (/?nir/iiy/(Pniii.s l'iiî-icgii/us Uud.) observé en dessus, tous \cf organes étant laissés dans leur position naturelle. II. le bulbe œsophagéen. — h. les brandies mieslinales. — c, les ovaires, — il. l'ulérus. Fig. 1". Le même , observé par la face ventrale , tous les organes étant laissés dans leur position naturelle. CI, la bouche. — b, la ventouse ventrale. — c, les testicules vus par trans- parence. — d, l'utérus, — e, l'oviducte et l'orifice des organes génitaux. Fig. 1*. Le même ouvert par la face ventrale, pour montrer les organes mules. 11,11, les testicules. — b, les conduits déférents. — c. le conduit éjaculaleur. il. le pénis. — e, la vésicule oviductale, indiquée dans sa position naturelle — f. I origine de l'utérus. Fig !•'. Portion isolée de l'appareil femelle vue en dessus. II, la vésicule oviductale. — 6, les liges ovariennes. — i, loriginede l'u- lérus. L. DLFOLR. — SUR UNE I.AUVK D UVDROPSICllK. o/|l Fig. I' Portion antérieure 1res grossie. a, le bulbe œsophagéen. — b, l'œsophage. — c, les ganglions cérébroïdes. Fig. 2. MoNOSTOME DU Cakabd [Moiwsloma l'ecrucosum) disséqué par la face dor- sale. Il, la bouche et le bulbe œsophagéen. — b. les branches intestinales. — c, les te. 1res pi'u cornée. Je la considère comme 3/l/| L. DLFOUR. — SUll UNE I.VliVL u'il VDliOl'SICIIi;. une lèvre, quoique j'aie vainement cherché à lui découvi'ir des palpes labiaux. M. Pictel lui donne le nom de filière. Je vais à l'instant faire connaître des pièces qui me semblent mériter à plus juste titre cette dénomination , et dont M. Pictet n'a pas fait men- tion. En arrière de tout l'appareil buccal vu par la région ventrale, et immédiatement contre l'échancrure de la table inférieure du crâne , se voit une couple de pièces cornées , séparées des mâ- choires par une cloison coriaceo-membraneuse, une sorte de dia- phragme échancré au milieu, et muni, soit à sa base, soit près de son extrémité , d'un faisceau de quelques poils (iivergents. Ces pièces brunes , et largement tronquées en avant , oii le mi- croscope découvre trois ou quatre soies raides, sontcontiguës ou f>eut-étre soudées, excepté près de leur extrémité, où if existe entre elles un court espace linéaire. A partir d'un petit angle rentrant qui limite en dehors leur bout antérieur, elles se dilatent en s'arrondissant. Malgré leur large troncature , je n'hésite point à voir là de véritables filières ; sans doute, qu'envisagées par leur région supérieure, elles offrent quelque disposition qui justifie ce nom. Ce qu'il y a de sur , c'est que les conduits elïérents des glandes sérifiques ne confluent pas en un seul tube excréteur, comme ceux des glandes salivaires , et j'ai vu les deux canaux excréteurs s'enfoncer directement vers ces deux pièces. Les branchies sont placées symétriquement à la région infé- rieure ou ventrale du corps. Je ne m'occuperai ici que de leur nombre et de leur disposition générale , réservant pour le cha- pitre de la respiration , ce c|ui concerne leui' texture mtime et leurs fonctions : elles ont la forme de petites houppes de filets tubuleux resplendissants. Ces branchies se divisent en abdomi- nales et en thoraciques. Les six premiers segments ventraux de l'abdomen ont chacun trois de ces houppes de chaque côté : deux latérales qui débordent le corps , et sont réunies en une souche commune ; la troisième simple, isolée, plus rapprochée de la ligne médiane. Le septième segment n'en a que deux, simples et placés vers son milieu, et ne débordant jamais. Le huitième et le neuvième n'en ont pas du toul. L. uii'oiJit. — siK iJMi i.Ai'.vi; d'iiviuioi'siciii;. 345 M. Piclel ne détermine point dans son texte le nomi^rc de ces branchies abdominales , et ses figures présentent sous ce rapport des anomalies inexiîlicahles. Peut-être faut-il les attribuer ou à l'inadvertance du graveur ou à celle du collaborateur iconographe de l'auteur; ain.~i les larves de Valoinaria , du Icnuicorni.s , du variabills, sont représentées avec sept houppes de char|ue côté de l'abdomen : celles du (jullata et du Icpida , avec six ; celle du Icpla , avec cinq seulement. J'ai constamment trouvé des branchies Ihoraciques dans mon espèce, dont des individus sans nombre ont passé sous mes yeux. On voit deux paii'es de houppes simples entre les insertions des pattes postérieures, et une paire entre les pattes intermédiaires. Le segment pédigère antérieur ou prothorax en manque absolu- ment. Je me persuaderais dilTicilement que les branchies thora- ciques n'existent point dans les espèces précitées de M. Pictet. Cependant cet auteur (/. c. , p. 39) dit formellement : ■•< Le thorax ne porte pas d'autres appendices que les pattes. On n'y voit ja- mais d'organes respiratoires externes, car ils sont toujours situés sur l'abdomen. » Si ce trait négatif est réel dans les six espèces de M. Pictet . ce qui serait fort extraordinaire , vu la grande con- formité des autres parties du corps et du genre de vie avec ma larve, celle-ci constituerait, dans cette division naturelle des Hydropsiche, une espèce très exceptionnelle , et j'ai de la peine à admettre cette exception. Ma larve porte au bout de l'abdomen , ainsi que les espèces analogues de M Pictet, deux appendices caudales terminées par une belle aigrette de poils bien fournie. Chacune d'elles est une tige coriaceo-cornée , allongée , un peu élargie vers son extré- mité, fixée par une articulation au dernier segment de l'abdo- men, et bien mobile; elle est garnie de petites aspérités, et armée, au-dessous du bout dilaté, d'un fort crochet corné très ar- qué. L'insertion tout à fait inférieure de celui-ci le rend invisible dans la situation normale de la tige caudale envisagée par des.sus ; mais pour peu (]ue cette tige s'incline d'un côté ou de l'autre, le crochet peut déborder au bord interne ou à l'externe; c'est là ce qui explique les divers aspects , sous lesquels il se présente dans U's ligiii(!s de M. Pictet. Ces appendices caudales sont en même 3/|6 L. DLFOl'R. — Sim IMi LVRVE d'iIVDROI'SICHE. temps un organe d'ambulalioii, une nageoire el un gouvernail. Ces crochets se meuvent d'un mouvement propre, parce qu'ils sont fixés par une articulation sur une espèce d'apophyse de l'ex- trémité dilatée de la tige caudale. Comme la larve se tient à la face inférieure ou sur le plan incliné des pierres battues par le torrent, elle deviendrait infailliblement le jouet des flots, si elle n'avait pas la faculté de jeter l'ancre , de s'accrocher non seule- ment pour résister à la turbulence de ceux-ci, mais encore pour se tenir suspendue, lorsqu'avec les pattes elle saisit quelque corps. L'aigrette de son gouvernail lui vient admirablement en aide pour diriger cette reptation aquatique. Les pattes ont aussi . une structure appropriée à cette ambulation rampante ; elles sont assez- courtes , composées d'une hanche de deux articles, de la cuisse , du tibia , d'un tarse d'une seule pièce , et d'un ongle ter- minal médiocrement arqué , muni à sa base d'un petit ergot mo- bile sur une articulalio]i propre. Les Réaumur , les de Céer, nous avaient dès longtemps appris que les larves des Phriganes se construisent, se bâtissent, avec des matériaux très diversifiés et agglutinés, des fourreaux porta- tifs, des maisons qu'elles transfèrent comme le Colimaçon. L'heureux pinceau de M. Pictet a enrichi la science des fidèles portraits d'un grand nombre de ces larves et de leurs domiciles. Mais ce dernier auteur a le premier fait connaître, dans cette nombreuse tribu d'Insectes, des espèces qui se fabriquent des tentes à demeure , des cocons ouverts dont elles peuvent à leur gré sortir pour y rentrer ensuite. Ma larve d'Ihjdropsiche est dans cette dernière catégorie. Bien qu'elle soit aquatique , elle nage pourtant fort mal. C'est pour elle un accident que d'être immergée ; on la voit alors avancer péniblement en serpentant par saccades. 8a spécialité d'habitat est non pas dans le sein des eaux , mais contre la sur- face des pierres incessamment irrigées par la vague vive et bruyante du torrent. Tout cela s'applique, je pense, à toutes les Hydropsiche. Ma larve est fort commune à Saint-Sever , dans les moellons d'un bari'age qui traverse l'Adour. !.. Di'Forit. - sLit L\i; I. M!vi: ii'nvnrsoi'SiciiK. 3ù7 CUAPITRE II. A^ATOMIE. Article I. — Appareil respiratoire. Quoique essentielieiiieiit aqiiali(|ue , la larve d'Hyrlropsiche a, comme tous lus Insectes en général, un système de circulation aérienne servie par des ti'achées. Un grand canal trachéen règne de chaque côté de la cavité splanchnique , et il envoie de toutes parts des branches et des rameaux nutritifs. Ce canal est pen- dant la vie d'un bel argent nacré , et n'a rien de cette couleur violet-bronzée ou purpurine qui caractérise celui des larves de Libellules. Lorsqu'on ménage cette dissection , on voit dans la cavité abdominale sept ou huit brides trachéennes, qui partent du grand canal aérilëre pour aller épanouir leurs broderies ar- gentines sur le canal digestif, et autant de trachées simples qui vont recevoir l'air des poumons aquatiques. Or , comme notre larve ne peut pas puiser directement l'air dans l'atmosphère , puisqu'elle est privée de ces bouches respi- ratoires appelées stigmates , la nature toujours conséquente à ses créations, et aussi féconde en ressources qu'ingénieuse en moyens, l'a dotée d'un appareil spécial , qui lui permet d'extraire de l'eau ambiante , l'air nécessaire à, l'entretien de la vie. Cet appareil de respiration aquatique se compose dans notre larve, comme dans les Poissons, de branchies. J'ai déjà fait connaître le nombre et la disposition de ces organes ; j'ai dit qu'ils se présentaient à l'ex- térieur sous la forme de petites houppes ; celles-ci dans la larve immergée, et dans le jeu de l'acte respiratoire, ou s'étalent en aigrettes , ou se resserrent en pinceau. Elles se composent d'une double rangée irrégulièrement ailée de filets tubuleux lins, souples, d'un gris perlé ou nacré, pendant la vie de l'animal , parfois d'un jaune paille. A la simple loupe , ces filets ne semblent que des brins de soie ; mais à l'aide du mi- croscope , ce sont des gaines allongées , des tubes toujours simples, fermés ou borgnes à leur bout flottant, et s'aboucluuit isolément par l'autre à un axe commun . tubuleux aussi. Cet axe âi8 L. OUFOUR. — SUli UMî I.AHVE d'uy DROPSICllE. n'en est point garni à droite et à gauche , dans toute son étendue, dans les deux liouppes qui confluent à une même souche. Le côté par lequel elles se i-egardent en est en partie dépourvu , en sorte que celles-là sont presque unilatérales; c'est ce que j'ai exprimé tout à l'heure en disant irrégulièrement ailée. Généralement , la houppe simple et isolée est plus régulièrement distique. Malgré leur aspect nacré à l'œil nu ou à la simple loupe , ces filets tubuleux , non plus que leurs axes et la souche extérieure, ne partagent en rien la texture des trachées ; ils ne sont point formés comme celles-ci par un fil élastique roulé en spirale serrée. Leur enveloppe est une membrane fine, hyaline , et ils présentent la plus parfaite analogie avec les franges élégantes des lames des branchies rectales de certaines larves de 1-ibellules , dont je don- nerai ailleurs l'histoire. Ici comme là, le microscope nous montre, après la mort, ces tubes tantôt uniformément obscurs, tantôt tout à fait translucides, tantôt mi-parti diaphanes et rembrunis , comme si une matière de cette nuance était renfermée dans leur cavité. Dans quelques circonstances , la même lentille amplifiante révèle des espèces de traits plus obscurs , ramifiés , qui rampe- raient dans la membrane , et qui en imposeraient à un œil trop prompt pour de subtiles ramifications trachéennes , lorsque vrai- semblablement elles ne sont que des plissures accidentelles. D'ailleurs, jamais on n'aperçoit dans ces tubes un tronc tra- chéen axai qui serait l'aboutissant des trachéoles . comme il est facile d'en constater de semblables dans les branchies tubulaires extérieures de la larve du Sialis, et dans les branchies laminaires de celles de quelques Agrions et Éphémères. Les axes des trois houppes latérales des segments abdominaux aboutissent à un tronc trachéen , lequel va s'ouvrir, ainsi que je l'ai déjà fait pressentir plus haut , dans le grand canal aérifère latéral du corps. Ces connexions , malgré la petitesse d'organes qui ont moins d'une ligne de longueur , ne sont pas dillicilesà mettre en évidence , quand on est assez heureux pour enlever le panicule musculaire assez fourni qui revêt la paroi ventrale. Une figure qui représente fort grossie ces trois houppes rend facile l'intelligence de ces connexions, et me dispense d'autres détails. Si l'on compare cette figure à celle qu'a donnée M. Pictct de ce 1,. UUFOIIt. — SUn l'Nli LAKVK D'ilYDIiOPSICUE. oli\) mcine organe dans la larve de son Hijdropsiclie atuinaria , qui , je le répète , est peut-être une espèce identique à la notre , on verra combien la structure , et surtout les connexions , bien com- prises, je crois, par l'auteur, ont été défectueusement rendues par le burin. Article II. — Appareil sensitif. La parfaite ressemblance du système nerveux de notre larve avec celui qu'a si bien figuré M. Pictet me dispense d'en produire le dessin ; il est d'ailleurs fort analogue , au cerveau près , à ce- lui que j'ai représenté dans l'anatomie de la larve du Sialis luta- rhis. insérée dans ces mêmes Jnnales. Le cerveau ei une chaîne rachidienne de onze ganglions con- stituent les centres nerveux de ce système. L'organe encéphalique , loin d'être ici rudimentaire comme dans la larve du Sialis, est formé de deux sphéroïdes assez grands pour remplir toute la capacité crânienne; ils sont unis par un plancher inférieur, au-dessous duquel passe l'œsophage. De ces sphéroïdes paitent les nerfs optiques et buccaux. Les trois ganglions thoraciques fournissent et les nerfs cruraux , et plusieurs autres paires de nerfs destinées aux tissus du voisi- nage. Le premier est presque cordiforme , et de ses angles anté- rieurs partent les deux cordons , entre lesquels s'engage l'œso- |)hage avant de passer sous le cerveau. Des huit ganglions abdominaux, le premier, plus grand que les autres, et presque du volume des thoraciques, est placé sur la limite des deux cavités. Le dernier ovalaire , et grand comme à l'ordinaire , émet trois ou quatre paires de nerfs. Article IIL — Appareil digestif. J'exposerai dans ce même article et le canal digestif et les vaisseaux hépatiques. 11 n'y a point de glandes salivaires, car il ne faut pas prendre pour telles les glandes sérifiques dont je traiterai plus bas. Le canal digestif ne dépasse pas en longueur celle du corps de la' larve ; il est droit . ain.^i que dans la plupart des larves à bran- chies. \.'(i'.'iiYDROi'Sic.ni;. .'i53 depuis un quart de siècle, j'ai appelé ventricule chylilique. Cette dénomination est justifiée par ses fondions qui sont les mêmes que celles de cette portion du canal alimentaire, que, dans riinnime et les grands animaux , on a si improprement désignée sous le nom (ïintestin grêle. Oui , c'est dans le ventricule cliyji- fique . ainsi que dans ce dernier organe , que se versent la bile et les autres sucs digestifs ; c'est là et là seulement (|ue s'opère la formation importante du chyle. J'ai depuis la même «'poque ré- servé le nom d'intestin exclusivement à celte continuation du tube digestif, séparée du ventricule chylifique par une valvule ana- logue à Viléo-cœcale des quadrupèdes. C'est dans l'intestin que le résidu excrémentitiel de l'acte digestif, que la matière fécale doit séjourner jusqu'à son expulsion au dehors. M. Picteta, par mégarde , pris la première partie de l'intestin pour un gésier. Article IV. — Glandes sériliques. Quand on sait que les larves cVHydropsiche , tout aquati(|ues qu'elles sont , se fabriquent d'informes cocons avec de la soie, on est en droit d'en induire l'existence d'un organe sérifique. Le scalpel change en fait anatomique cette induction physiologique. Cet organe n'avait pas échappé à Ramdohr dans la larve du Phryijanea grandis ( /. c. , tab. 16, fig. 1), et M. Pictet l'a con- staté dans toutes les larves de la famille des Phryganides. 11 con- siste, pour chaque côté du corps, en un long vaisseau tubuleux , simple, filiforme, presque diaphane, flottant par un bout, ployé en trois grandes anses, et ayant environ trois fois la longueur du canal digestif. 11 s'atténue, en avant, en un col d'une finesse capillaire , qui devient son conduit elTérent ou excréteur. Ce col conserve sa ténuité et va s'ouvrir dans la bouche à sa fiiière cor- respondante. A un fort grossissement, il offre un tube inclus comme dans beaucoup d'autres canaux excréteurs des Insectes. L'humeur contenue est visqueuse , filante , et se coagule en un flocon blanc aussitôt qu'elle s'épanche dans l'eau. J' sA-ip Znnr. T VIK { ppc^mbre < S47.) 2J '6bli L. DL'FOL'R. SUli LNIi LAliVIi l)'u VUHOI'SICllli. iOXPLICATlOIM DKS FIGUliËS (fort grossies). FLANCHE 15. Fig. I , Larve A' Hijdn>iisiche vue par sa face ventrale, pour mettre en évidence le nombre et la disposition des branchies. Fig. 2. Mesure de sa longueurnaturelle Fig, :S. Mandibule détachée. Fig. 4. Appareil buccal vu par sa face inférieure — a,a, mâchoires avec leur lobe garni de soies; b.b. palpes maxillaires: c, lèvre; d,d, diaphragme mem- braneux qui sépare les mâchoires et la lèvre, des tilières ; f ,f , lilières; f, sorte de bourrelet à l'insertion des filières Fig. 5. Tarse détaché, et ongle à deux crochets inégaux. Fig. 6. Portion de l'appareil respiratoire isolée. — a, portion du grand canal aérifèrc; b,b, branchies mises à nu avec leurs trois houppes ; c.,c. axes et cols de ces branchies; d, tronc de la trachée qui porte lair dans le grand canal trachéen ; e, trachée destinée au canal digestif. Fig. 7. Trois gaines branchiales isolées, pour mettre en évidence leurs différents états après la mort Fig. 8. Têle, appareil digestif, glandes sérifiques et appendices de la queue, chez cette larve. — a, tête vue en dessus, pour faire voir les mandibules, le labre, lé- pistome, les yeux, les quatre poils latéraux, l'espace parabolique à cinq taches pâles, les aspérités marginales; b,b,b,b, glandes sérir;ques à trois anses ; c,c, cols excréteurs de ces glandes ; d, œsophage et jabot ; e, gésier ; [, ventricule chylifique; g,g.g,g, vaisseaux hépatiques; h, rectum précédé d'une portion grêle de l'intestin, et suivie d'un col; i,f, vessies natatoires; j,j, appendices de la queue cachant le crochet qui est au-dessous de leur extrémité. Fig. 9. Portion détachée du conduit excréteur de la glande sérifique, pour faire voir son tube inclus. Fig. 10. Gésier détaché et ouvert, pour mettre en évidence sa structure mté- rieure. Fig. H. Une des colonnes cartilagineuses qui garnissent l'intérieur du gésier. Fig. 12. Portion du rectum vue en dessous, pour mettre à découvert le col et le mode d'insertion des vessies natatoires. Fig. 13. Portion du ventricule chylifique et de l'intestin de la larve de Vllydropsi- che moHlana, pour faire voir par la face inférieure les six vaisseaux hépatiques, cl li'ur insertion latérale trois par trois. 355 CATALOGUE UAISONNK DKS KSPÊCES, nik GENRES ET DtS FAMILÏ.KS D'ECIHNIDKS; Par MM I.. AGASSIZ et E D£SOR. — Siule et fin (1). — UiMlril)iilM»ii (GT^utsi'apliiqive des ICfltiiiUleM «i%ai|lM. FAUNE ARCTIQUE (Enil.iiisMiiil vci» le sud k'sîles Féioc-s, lu GiuuiihtFi.l el 1j l>jit; d'Iliid^n ). Echiiiiis iie^îterlus. FAUNE TEMPÉRÉE. ( l,i-s côtes .l'Ecu^se, lie S. ji .i.».,%u-, ..-lU-s df T.-i i «-Neiive, les C..miiu-s, les lÙics de Fiance. L. iikm dx N^kI. I.i M^iK'iiL- vl la MëdJIfi'iaii.e.) (^iilaris Hystrix. Echiniis miiTOtuberculalus. — p-'ipillata. — Korenii. — Stukesii. Echinarai-hnius parma. Diadema eurnpicuin. — allaiitirus. Echinocidaris lorulaïa. Arachnoïdes placenta. — sequitiiberciil.ittt Ediinocyanius angulosus. Echinus escnleiilus. — lareniinus. — Melo. Spatangus purpureus. — acutus. — spinosissimus. — Flemingii. — nieridionalis. — elegans. Amphidelus cordaïus. — brevispinosus. — gibbosus — granularis. — ovatus. — Drobachensis. — mediterraiieiis. — albidus. Brissus Scillae. — lividus. — dimidialiis. — Diibeiiii. Brissopsis lyriTera. — Norwegicus. Schrzaster canaliferns. — miliaris. — fragilis. FAINE ATLANTIQUE AFRICAINE. ( Cùles du Sc>.<-<;.,l. de la Giimk'l- el d'Angob. > Eehinonielni lobaïa. Rotula digitala. Clypeaster Rangianus — Augustii. Encore subclausa. Echinolampas Ricbardii Ci) — tetrapora. (I) \vyez, piiur lu (iremièie pni lie île ce truviiil, t.Vl, p. Su5 ; puni I.i ileuxitmi-, \ Vil . p. IrJîl ; el pour hi lioisicme. I VllI, p. 5, ôe sirip. 12' Dans une \eHre adipssce h MM. Agits^iz el Mesor, <>l dulée de L)inqiiuts.16m;iis <8i7, M. Ucsniuu- hns (uit l'oIiscrviihcMi snivanlf; : ■ C.'esl. dil-il, ù VEchinolnmpns H.ssile (pir M Desnmrest ;i dunné le nom lie Clyfieasler Rithitnlii ; dn moins c'esl un erhunlilluii fus^iU- de ni>rdi.-anx qu'il m'a iiiuiiiiie uiiisi, Ini-riiême. il y u eiivirun vingt-cinq uits. C'est moi seul qui jÎ assimila, ilix ans plus laid , l'espèci- vivante dit S.-ncg,il à l.i (iisiile. Doue il nie seinhle que c'est celle derMiêie qui duil etmserver le nom de ftir/iitniu . t'\ qiie i eliii de /..iiirilluri/i iloil i'-he n-pinleii liNpLi e viv.mte. • Celle noie . non^ fl.ii.l pjiveiiup .iprè> ledep.Ml lir MM. Aga^M/ cl [lesut pnui l'Antenque, n'a pu leui èlic sumni»e^ J. M. 35(i AGASSI7. DESOR. ( Oiimpietianl loutp lii AUNK ATLANTIQUI--. A.MÉltïCAINE (■puis Rio iIp Jiineiio jiii , le g.iiri- lin Mpxiqoc). iirt (li's Caiiiibe Ciilnris tnhuloides. Diadeniii Turcarum. Kfhiiiofidaris punctulata. — DuPresnii. — pnstulosa — gratidiiiosa. Tri|tripnsies veiitrirosiis. Echinus grannlatus. — variegalus. — excavaltis, Helincidaris variolaris. — rnexuana. Kchiiiometra lucunter. — aouTera. Michelini. Clypeaster rosaceus. — parviis. I.aganum Lesueurii. Knnipe Valencîennesii. — subclausa . — grandis. Kncope Mkhelini. cmargitiala. — - mirropora?. — obhiign. Rnlnla Augustii. Mellita qnjnqiicrnrn. — leslmliiiiiia. — hexapora. — similis. Moiilinsia cassidiilina. Kchinoneus cydostomus. — mi 11 or. — orbicularis. Cassidulus aiislralis. — Gtiadeloupensis. Brissus venlricosus. — columbaris. — pertnralis. Schizaster Cubensis. — Atropos. FALNE DU CAP U\l BONNE-KSPÊRANCE. rCrhiniis siibangniosus. FAL'NE DE LA CO I E ORIENTALE D AFRIQUE , ltoi).i^us jitsr;ii\'i lu Nuuvelle-Giiîtiiie et l.i NoiivcHc-EIuILukIp.) l Cidaris Thouarsii. — impe}-iaiis . ' — iiH'luIaria. — amuilirera. — verlicillaUi. Goniocidaris geraiiioides. — yuoyi. Echinoi-idaris siellala. — nigra. — grandinosa. — spaLuligera. Mespilia globulus. Temnopleurus bothryoides. AniblypneusU's giiseus. — pallidus. — scalaris. Ecbiiius gibbosus. — Uelaluridi. — albus. — lubcrcuIaUis. — seiiii-luberculatys. — margariiaceus?. Hetiocidaris ûTiialosLorna. — ■ eurytbrugramma. — mart-'aritacea. EchÎDOineLra Matltœi. — lucunler. AiTocladia tvigonaria. — viamitlata. Pudophora pediTera. Laganurii Peruiiii — liunaiii. — tonganciisc. — fiiignljlnru. Erhinaracbriiijs parma. Arachndides piucenla. Encupe SLuki'sii. — tel m para. Echinocyaiiius auslialis. NucleoliU's rerens. Eobinolariipas uvifortnis. Spatangus plauulalus. Eupatagus Valciicicriiiesii. Agassizia scrubiculala. FAUNE DE LA NOUVELLE-ZELANDE. Heliocidaris chlorotÏL-a. — omaloslorna. Laganuin rostratum. Ecbinoneus veniricosus?. FAUNE DE l'extrémité AUSTRALE DE L'aMÉRIQUE. izia cxravala. tïrissûpâiscavcrnosa. aiistralis. J^âéric. ZttoL. T, N'III. (Décembre 1817.) r. 23 »58 ACiASSIK ET DEliiOR. FAUNE PACIFIQUE TEMPÉRÉE (Du 35° lie lalituJe N. iiii île ti oit de Behring, — Califoi nie, îles Sandwich, Kunilchulku). Cidaris Thouarsii. — Danae. Ileliocidaris variolaris. Acrocladia hastifera. Acrocladia Blainvillei. Echinaraohnius parma. Encope ohlonga ?. Dendrasler eicenlricus. Espèces iHcank's dont l'origine est inconnue. Astropyga radiata. — pulvinata. Mycrocyplius niaculatus. — zigzag. — Girardi. Salmacis globator. Amblypneustes ovum. — textilis. — serialis. Bolelia bizonala. Holopneustes porosissimus. Eclûnus foncavus. — romplanatus. — longispinus. Echinus taganoides. Ileliocidaris pauci-lubercnlala. Laganum elongaliini. — ellipticuni. Lobophora truncala. Encope perspecliva. — cyclopora. Rotula Riimphii. Mellita lobaïa. — nummularia. Fibularia ovulum. — trigona. Echinoneus serialis. nistriliiilioil ^•'ologique des KeliinUies fossiles. TERRAIIS'S TERTIiiIRES. 1° Pl.IOr.ÉiNE. — 'Inlhiirc dr Sicile, de Home et d'Asli [Marneu xidiopenniiies) (Cidaris Desmoulinsii. Arbacia Spada'. Salinacis Pcpo. Teninopleurus Woodii. Ecbinus Marii. — asLeiisis. — coslaLus. Clypeasler Folium. Runa Comptoni. Echinocyamus siculus. Ecbiiiolainpai HolTiiiamii. Spatangus siculus. — Philippii. — Pareli. Ampliidelus Sarlnrii. lîrissus cyliiidricus. Brissopsis Koniuli. — Borsoni. Hemiasler major. Schizasler Scillje. 2° MYOCÈNE. — Molasse, Cnig d'Angleterre, Tertiaire de la coltine de Turin, de Bordeaux, de Blinde, de Cassel, de Malle, de Rliodes, de Morée et de Corse. Cidaris Avenionensis. — incurvata. — MùDSteri. — Zea-Mays. — hirta. — signala. — variota. Diadema pusillum. Arbacia monilis. Tripneusles planus. — Parkinsoni. Echinus dubius. — Serresii. — W'ioilwaidi. r.\T\i.or;uE raisonne diîR eciiinides. mj Clypeaster laganoides. — lauricus. — • l'mbrella. — dilalatus. — allus. — scutellalus. — Scillîp. — inarginalus. — crassicostatus. — crassus. — Michelotli. — Bcaumonli. — acuininaliis?. Sculella siibrouinda. — slrialiiln. — • proUiiota. — Iruncata. — - paulensis. — patagonensis. - — Faujasii?. — Smithiana. — subtetragona. Lobophora elliplioa. — perspkillata. — bioculala. — Darwinii. Bchinocyamus o\aius. — surTulriensiF. — StuiJeri. PygorhyDchus subr.iriiiaLus. Echinolampas sculirormi^. — hemisphuricus. — Laurillardi. Echinolampas semigtobus. — Kleinîi. — angulatus. — Hayesiana. Conoclypus Borda'. — plagiosomus. Spatangus Desmarestii. — corsicus. — Delphinus. — Asterias. — ocellaïus. — HofTmanni. — simpicx. — ('hilonosiiit. M;nTupiieiisles Marniors. Kiipaln^us laleralis. Aniphiiletns depressiis. Brissus Cordieri. — cruriatus. Brissopsis Genei. — Sismondae. Hemiaster cor. — ncuininalus. — Graleloupi. — latus. — EdwardJiM. Scbizasier eurynolus. — Bellanli. — rorsiciis, — Parkinsoni. — Haulini. — gra-ous. 3° ÉOCkNE. — Calcaire yi'oasicr, Tertiaire des environs de Bruxdles. I Cidaris Belone. Diadema Heberli. Ecbinopsis eîegans. — Garheli. Cœlopteurus radiatus. — spinosissimus. Echinus GrnvesiJ. Laganum tenuissimuni. — marginale. Echinarachnius incisus. — porpitn. Scutella Brongniarti?. Scutellina iiummularia. — placentula. — Hayesiana. — complanata. — elliptica. Echinocyamus occitaiius. — inriatiis. — pyriformis. — stibcaudalus. Lenila paiellari<:. — laba. Nucleoliics Lamarckîi. Catupygiis coiiformis. Pygorhynchus grignnnensis. — Ciivieri. — siibcylindricus. — Uesrnniilinsii. Echinolampas Blninvillei. — sieltiferus. — Francii. ovalis. — similis. — arnnis. Spalangiis Archiaci. — grignoiicnsis. Macropneustes Dcshayesii. Eupalagus nummulinus, — minor. — Duvalii. Brissus dilatalus. Hemiaster subglobosus. — inflatiis. — l'orniirii. Sflii7-'mlpr jaltis. 3G0 AG;»SM7. ET DKSOR. 6« Terrain NUMMUMTIOUE. — Terliain- de h'resseubcrg et de Vvrone [assimilé un calcaire pisoli tique de Paris). Ciiiarisserratis, — rosaria. — prioiiota. — lirnaria. — acicularis. — serraïa. — semiaspera. — subulatis. Diadenia arcuatuni. — dilatalum. Echinopsis elegans. Cœtopleutiis equis. — Agassizji. — inrulalus. Salmaciâ Vandeneckei. Lobophora bisperforata. Kuna decenifissa, Kebinocyatnus annonii. — alpinus «• plaoulatus. •* profundus. — criisluioïdes. Cassidulus (esludinarius. Pygorhyiichus Desorii. — tumidus?. — sculella. — Delbosii. — sopilianus. — heptagoniis. — crassus. — Brongiiiarti. Pygurus coarctatus. lù'hiiiolampas polilus. — eliipsoidalis. — dorsalis. — ariiygdala. — curtus. — brevis. — Beaumoiili. — Studeri. — Esi'heri. — subsimilis. — eurysomus. Amblypygus apheles. — dilatalus. Conoolypus Osiris. — ovum. Conoclypus marginaliis. — îequidilalaiiis. — conoideus. — coslellatus. — Ilouei. — Dubois. — anachoreta?. — subcylindricus. Spatangus depressus. ■ — pendulus. Macropneustes pnivinatus. — Bpaiifiiniili. — Aniiiion. Fupatagus nniuius. — iiavirella. — eloirgatus. — >eroneiisis. — bryssuides. Gualtierii Oihignyuna. Amphidelus subcenlralis Brissus antiquus. — subacuius. — belvelicus. Brissopsis elegans. — • anf;uslus. — oblonga. — i'oiitraclus. Hemiasler altissiinus. — ubesus. — fovealus. — verlicaiis. — a.*quifissus. — curiiplynatus. — lalisulculus. — suborhicularis. — brevisulcatus. Scbizaster Sluderi. — vitinalis. — subineurvalus. — ■ Djulfensis. — ainbulacrurn. — rimosus. Micrasler aqiiitanlcus. — gibbus. Holaster italicus. Anancbytes tuberculata. Espèces du terrain tertiaire dont rétoge est inconnu. Arbacia alatacea. Ecliinus boinocyphus. — palagonensis. Rchinarai'hiiius Juliensis. Ecliiiiurvamus niaxiiiiti'i. Ecbinocyamus coslulatus. Echinoiampas Linkiî. — rolumbaris. — itilermcditis. Amblypygus Arnoldi. CAl.U.UCaii HAlbO.N.NE DES ECHl.MDIiS. 361 Conoclypus crassissimus. — Lui-ie. ^paUngus Requicni. Spatangus petaloides. Marropneusles gibbosus llemiaster stellatus. TEBRAIKS CRÉTACÉS. 1° DA^1IE^. — Calcaire de Faxœ , Mai'slriclil , Ciply, l'isoldique lic l ij/iy, Paris cl Laversiitc. Cidaris regalis. — venulosa. — Forsihharnnieri. Salenia minima. — heliophora. Glypticus Koniiickii. Echinocyamus placenla. Fibularia subglobosa. Discoidea Faba. Pyrina Kreachenii. Glohator nucleus. Caralomus avellana. — hemispheriouÀ. — sulcato-railialus Nucleoliles scrobRulaïus. Nuciciiliies analis. Cassidulus Lapis-CaoïTi. — Marmini. Catopygus feneslralus. — lavis. — pyriformis. Pyguriis apicalis. Cniiorlypus Leskci. Heiniasler Prutielta. Hotasler granulosus. — triinca'.us. Ananchytes scniiglobui'. — sulcata. Hemipiieusles radiatus. î° Craii; blanche. Cidaris clavigera. — sreplrifera. — (.'olocynda. — pleraraniha. — Strobiliis. Hemicidaris la-vis. Saleniu areotal;i. (^yphosoma Millert. — Tiara. — rugosum. — perfecturn. — ornalissimutn. — lenuistrialum. — regulare. Polycyphus arenalus. Discoidea inTera. Galerites albo-galerus. — pyramidalis. — vulgaris. — conica. Galerilcs subrotunda. — globulus. — abbreviata, — angulosa. — lœvis. — Lesitel. — obloDgus. r.aralonius peltirormis. Micrasler ror-anguinum. — Michelini. — cordatus. Holaster Trecensis. — planus. — Pillula. Ananchyles ovala. — gibba. — striata. — Gravesii. — coDica. 3° Craie CHLORITËE ou Craie nuimeuse. Cidaris vesiculosa. Pellasles acanlhoides. — velifera. — tnarginalis. — gibberiila. Goniophorus luiiulalys — spinosissima. — apiculaliif. — spiniilnsa. Goniupygiis Meiianli. Salpiiia personnala. ~- lïronnit. — gibba. IMadcnia "iiiatuiii r,G2 Diadema Michelini. — tenue. — annulare. — Archiaci. — granulare. — subnuduni. — Roissyi. — diatretuni. Cyphosoma snlcattim. — radiulum. — diniidialutti. Arbacia granulosa. — conica. Codiopsis Doma. Discoidea subuculus. — niinima. — pisum. — cylindrica. Galerites niixlus. — subsphferoidalis. — Caslanea. Pyrina ovulum. — ovala. — Desmoulinsii. Caratomus orhiciilaris. — roslratus. — lalirostris. Diadema Kleinii. — Malbosii. Cyphosoma Delamarroi. Holectypus serialis. Discoidea pulviiiata. NucleoliLes rostnialiis. — Hcquieiii. /liCiAJKMIZ l^i UEïiOR. Caratomus trigonopygus. — Rœmeri. Nucleolites parallelus. — cordatus. — lacunosus. — LTUfiferus. Catopygus rarinatus. Fygaulus pulvinatus. — depressus. — macropygus. Pygurus Irilobus. Hemiasler Bufo. — l'isum. elalus. — liucklandi. Micraster acuius. — dislinctus. — brevis. — breviporus. — undulalus. Holasier suborbicularis. — finolus. — subglobosus. — carinatus. — iiasutus. — Iransversus. Dysasler excenlricus. (( Hippurites. Hemiasler l'ourneli. Micraster Renouiii. — tro|iidotus. — brevis. — Malheronl. Ilolaster integer. Silex de Doriiuijiiv, Cruk Infini, Cniie do Itoyan, Talmonl, Tuurniiw. Cidaris vesiculosa. — pyalhifera. — Jouannetir. Salenia rugosa. — trigonata. — geomelrica. Cyphosoma corollare. — circinalum. Holectypus Turonensis. Discoidea la;vissima. Galerites Orbignyana. Globalor petrocoriensîs. Nucleopygus minor. — cor-avium. Nucleolites Collegnyi. ()alcipygus elongâtus. rygaulus subseqiialis Pygurus Faujasii. Conoclypus Leskei. — acutus. Hcmiaster Prunella. — Leymerii. — ■ niicleus. — Verneuilli. Micraster eor-anguinum. Toiaster semistriatus. Holaster ananchytis. — Greenoughi. Pyrina Goldfusii. Hemiaster Bucardiuni. — amplus. Cniic d'Aix-la-Chapelle. Holaster amygdala. Ananchytes gibba. — sli'iala. GiTALOf.Lli KA1S()^.^K DliS liClHINIDJiS. 363 4° gault. Saienia sculigera. — Sluderi. Diadema Lues. — Rhodani. — variolare. — Brongniarti. lleniidiâdema rugosum. Echiiius Caillaudi. Pjgaster costellalus. — truncatus. Discoidea turrita. — Rotula. — Favrina. — conica. — decorata. — excisa. Pyrina deprcssa. Caratomus Faba. Nucleoliles Cerceleli. Catopygus cylindricus. — columbarius. Pygaulns ovalus. — affinis. Archiacia sandallna. Pygucus conicus. — Meyeri. Hemiaster minima. — Phryiius. — lumidus. Micraster Irigonalis. — polygonus. Toiaster oblongus. — Coliegnyi. — nicœensis. Holasler Greenoughii. — latisiimus. — laevis. — Sandoz. — marginalis. — Perrezii. — bicariaatus. 5" NÈOCOMIEN. (Argile de Hills et de Speeton.) Cidaris punctata. — hirsuta. — cydonifera, — corn i fera. — clunifera. — neocomensis. — punclalissima. — Phillipsii. Hemicidaris Palella. Saienia folium-querci. Pellasles siellulata. — punctata. <')Oniopygus pellatus. Diadema rotulare. — lîourgueti. — macroslonia. — Grasii. — Picleii. .\ibacia depressa. — Pilos. Echinus Tallai. Holectypus niacropygus. Pyrina pyga?a. Nucleopygus incisus. Nucleolites subquadratus. — Olfersii. — Nicoleli. — Renaudi. Nucleolites neocomensis. — Gressiyi. — alpinus. Pygaulus Desmoulini. — cylindricus. Pygurus produclus. — Montmollini. — rostratus. — coIumbianusV. — obovatus. — minor. Toxasler complanatus. — Couloni. — gibbus. — Verrany. Holaster L'Hardyi. — cordatus. Dysasler anasteroidcs. — ovulum. Espèces du terrain crétacé dont l'étage est inconnu. Cidaris Vendocinensis. — calenifera. — subnuda. — leptacaolha. — filamenlosa. Hemicidaris Libyca. Saienia scripta. Goniopygus heteropygus. — major. Diadema dislinctum. 3()/i Diadema humile. — Sinaicum. — RUppcllii. — Nysli. Cyphosoma Beaumonli. — difficile. — cribrum. — subgranubtuni. Ecbinopsis talipora. — contexla. — pusiila. Arbacia conjuncta. — giobulus. Echinus carantonianus. Pedina Sinaica. Discoidea maxima. Nucleolites minimus. Cassidulus aquoreus. Catopygus lenuiporus. — parvulus. A6;Aft»^»IX: l::! DESOK. Catopygus oblusus. Archiucia cumula. Pygurus florealis. — geometricus. MacropneusLes crassus. llerniaster Nucula. — globosus. — subalpinus. — cubicus. — par.istalus. — slella. Micrasler ungula. Tunaslcr Itoulini. Holaslcr indicus. — placenta. — cor-avium. — inflalus. — fitnbrialus. Hemipneu.sies afhcanus. Dysaster Mùnsleri. Hemicidaris milra. Acrosalenia aspera. Diadema conformis. TERRAIIMS JURASSIQLES. I" PORTLANDIEIV. Diadema planissimum. Holeclypus inOatus. Pygurus jurensis. 2" klMMERIDIEN. { Argile (iv llonflcur Cidaris Oibîgnyana. Hemicidaris Kœnigii. — Thurinaiiui. — diademata. Diadema Uruntrutana. Glypticus affinis. Pygasterdilatatus. — palclliformis. Holeclypus speciusus. Nucleolites major. Clypcus acutus. Pygurus tenuis. 3** SÉQUANIEN, ou yrouin' des Cnkaires et Marnes à Asiarles. Cidaris bacuIiTera. — alsatica. Hemicidaris Stramonium — angularis. Acrocidaris formosa. Diaileitia bcmisphiericum. Pygaster Gresslyi. Cidaris Blumenbachii. — marginala. — coronaïa. — giganlea. — maiima. — miranda. — occulata. — clegans. — nobilJs. — siialulu. — pustnlifcr;'. — cu'-uniifeni. 4" CORâLLlElN'. {Terrain à C ko aies.) Cidaris subspinosa. — filograna. — ciadiTera. — megalacanlha. — ineandrina. — cristata. — tricarinala. — aspera. — spino>a. — coTi.stricta. — gl.nidifera. — ccivicalis. (:\ivi.o(Jit: niiso.NMi dks ecui.mdes. 365 Hcmk'idaiiÀ crcuulahs. — ni<'iiriniosa. — ûvifera. — iintiiilal;!. Acrocidaris nubilis. Acropeltis œqiiitubciiiilala. Acrosaletiia iuhi'r(.ijli)>j. Diadeina priscutn. — plarenta. — niarnniilalutti. — floresceiis. — complannti.iin. — suiianfîiilare. — pseudoiliadema. Giyptjcus siilcatiis. — hierunlyphicus. Ecbinus perlaïus. — gyratus. — disiinclus. Echiiius serialis. Pcdina sublœvis. Hclioiidaris mirabilis. Pygaster laganoid^s. — umbrella. — lenuis. — pileus. Holeclypus depvcssus. — Maiiileisbthi. — puiiclulalus. Hyborlypus slellalus. Nucletililes scuialiis. — planulalus. — dimidialus. Pjgurus Blumenbacbij. — Hausmanni. Dysaster granulosus. — carinatus. — Buchii. Cidaris spatula. Diadema «squale. Echinus peiiatui. Cidaris copeoides. — spatula. — filograna. — hastalis. — aciiminifera, Hemicidaris Lamarckii?. — graciosa. Acrosalenia spinosa. Diadenia superbum. — complauntuiii, — te\ium. o*^ AllGOVIE\. Pedina sublœvis. Dysasler ovalis. 6" OXFORDlliiN. [AnjUc do Diccs.) Echinus Caumnnti. Pedina sublœvis. Huleclypus depressus. — planus. — arenaïus. — puticlulalus. Nucieoliles clunicularis, — micraulus. Dysasler c^pistratus. — Voilzii. 7" Kellovien. — Forent- mit rbh: de M. Dcslomjchamps. Calcaire a puhjptcrs de lUnivHlr et Coritbrash. Cidaris copeoides. — haslalis. Hemit-'idaris radians. — crenularis, — depressa. Arrosaienia spinosa. Diadema superbum. — complanatum. — inajqualc Polycyphus texldis. — nodiilosus. — sleilaiiis'/. Echinus bi^raiiularis. — Caiiniomi. — exrav.niis. Pedina (jcrvillii. Pedina pranulosa. Pygaster umbrella. — laganoides, Huleclypus hemisphîericus. Nutieolites elongalus. — clu7iicuiaris. — latiporus. — erepidula. — Thurnianni. Pygurus depressus. — orbiculalus, — Marmoiiii.. Dysasler elliplicus. — ovalis. — dursalis. — Mithelini. 3t)G .t<;.\lï»»IZ Li ULI^OK. H" Marnes VÉSULIENNES. — OoUte infrrirun'. Hemicidaris puslulosa. Acrocidaris striala. Acrosalenia coiiiplaiiatu. Diadema homoslignia. — depressuni. Echinopsîs depressa. Ecbinus la?vis. Pedina arenala. Holeclypus anliquus. Hybocljpus gibberulus. — canaliculatus. IJyboclypus clatus. Nucteolites Terqueuii. Clypeus patella. — Hugii. — solodurinus. — rostratus. Pygurus acutus. Dysasler bicordatus. — anatis. — riogens. — œqualis. Cidaris horrida. Holectypus concavus. Hybûclypus Marcou. Kucleoliles gracilis. *J° OOLITE FERRUGINEUSE Nucleolites amplus. Dysaster Eudesii. — Avellana. 10^ Lias. Cidaris liasina. Hemicidaris buccalis. Diadema seriale. Diadema globulus. — minimum. Diadema microporum. Espèces du terr/n'n Jurassir/ue dont l'étage est inconnu. Cidaris Blainviltei. — Schrniedeii. ■ — heleropleura. — c'inamomea. — trigonacaniha. — carinifera. Hemicidaris alpina. — niini)r. *— grannlata. Acrocidaris tuberusa. Diadema affine. Diadema teiragramma. Eucusriius decoratus. Ecbinus arenalus. — polyporus, — pulcher. Pedina gigas. Clypeus angustiporus. — rimosus. Holaster iniermedius. DysasLer semiglobus. MUSCHELKALK. Cidaris subsimilis (1). — Liagora. — venusia. — r:eraiia. — pentagona. — subpentagona. Cidaris subnobilit:. — Bucbii. — remifcra. — Hausmanni. — Wissmanni. — cingulata. fl) J'.ii conservé il.ins le Miischelkalk tous les Ciil;ii t.lcs de Suint'Ca^siau, m'cD rapportant au comte (le Munster; mais il est plus que probable, d'après les dernières observations de M. Klipslein, qu'ils jp|lt-s daus ce Catalogue (l ). Acrocidaris minor Agass Aciocidaris foiniosa Agasf. Aciosalenia conforiiiis Agass Diadema conformis Agass. — laevis Agass .\crosalcnia spinosa Agass, Amphidetus losetis l'oibcs Ampliidetiis ovatiis Agass. Ananchytes caiinala DpIV Anancliytcsslriaia Lamk. — caiinala Lamk Holaster caiinattis Agass. — cincltis Mon — cinctus Agass. — conoideus Coldl. Ananchytes striata Lamk. — cor avium Lamk Holaster cor-aviiim Agass. — cordala Lamk "Micrasler coi datus Agass. — ciassissima Agass Ananchytes semiglobiis Lamk. — crnciferns Mon .Nucleoliles crucifenis Agass. — limbriatiis Mon Holaster fimbriatns Agass. ( I ) Voyeï ci-aprts ta lalile dis genres ]>oui l'indicaliou de 1» page. 368 AfiiAS»»!^ El UEISOU. Auaiidiylosliemispliciica iSiongn. . . . Anancliylesbliiiila Laïuk. — Monardii Defi' Dysaster elliplicus Agass. — ovata Agass Anaiichytcs coiiica Agass. — Pilliila I.amk Ilolaslor Pillula Agass. — nislica llefr Anaiicliytcs gibba Lamk. Aiiasler .Sluderi Sism Ecliinocyamus Sliideri Agass. Aibacia globosa Agass Arbacia monilis Agass. Albacia hieroglypliica Agass Clypiiciis bieniglyphiciis Agass. — iiodiilosa Agass l'olycypbus nodulosiis Agass. Brissus l'xpausus Koibcs llciniastei- expaiisus Dcsor. — fragilis Diib. l'I Kor. . , . . . Scbizasler fragilis Agass. — iniequalis Korbus Ilcmiasler ina-qualis Agass. — lyrifci- Forbes Biissopsis lyiifeia Agass. — placenlœ Pbibppi lîiissus scilla: Agass. — Ilana Forbes Ilcmiastci- Itana Desor. t Caialormis Gebrdensis liœm Caialomus ptltifoiinis Agass. Cassiduluscomplanalus Lamk .Sculelliiia cnni]ilaiiala Agass. — diibiiis Dell- — plaicniiila Mer. — clatus Forbes. . • rygorliynchiis elalus Agass. — faba Dell- Lciiita faba Agass. — faba Agass Kuclefiliies faba Agass. — fibularioides Desml .Sculellina placentula Mer. — Ilayesianus Dtsnil — llayesiana Agass. — oblongus Uefr l'ygoiliyncbiis grignonensis Agass. — poipila Desml Ecliiiiaiacbnius poipila Agass. — sculclla Larak rygorhyncbii.s stulella Agass. — nnguis Defr Lenila paiellaris .'\gass. Calopygus alpiiuis Aga.ss Nucleolilcs alpinus Agass. — Avellana l)iib Caialdimisavellana Agass. — caslaiica Agass Galei'iles caslanca Agass. — di'piessiis Agass Pygaiiliis depressiis Agass. — Gresslyi Agass Nucleolilcs Gies.slyi Agas.s. — iiiinor Agass Pygurus minor Agass. — iicoconicnsis Aga.ss Piucleobles neocomensis Agass, — obovatiis Agass Pygunis obovauis Agass. — l'icnaudi Agass .Nucleolilcs r.enaudi Agass. — suba.'qiKilis Agass Pygaiiliis afiinis Agass. Oidaiis admeto Bronn Ileiiiicidaiis admelo Desor. — aiigulosa Leske Tripiieusies pentagonus Agass. — nrcolalus VVahlb Salenia areolata Desor. — baculifera Miinsl Cidaris firannii Desor. — Basteri Leske Kuliinus livjdus Lanik. — Blimienbachii E. Sisin Cidaris Desmotilinsii E. SisDi. — borealis Diib. el Kor — papillala l'Iem. — botbryoides I.eskc Temnopleuriis bolliryoides Agass. • — calamaria Lanik Asiropyga calamaria Agas.s. — ralcnifera Miinsl Cidaris Braunii Desor — crueifera Agass — Clumenbacliii Miinsl. — cypliacaiilba Agass — spalnla Agass. — diadenia l.anik Oiadeina l'urcarum l'iumpb. — dorsaUis P>ii>ui] Cidaris niala Agass — ouryiiacanlba Agass — Joiianuelii Desinl. — geranioidcs Lanik fîoniocidaris geranioides Desor. CATALOGUE RATS0\M': DES ÉCIIIMDES, 369 C'diiris cr.iniiliila Loskc Mcspjli'a slol)iil(is IVsor. — Ia?viiiscula Agass Cidaris clcsiiis Miiiisl. — liiicaiis Miirist lleiiiiciiiaris linvaris Dcsor. — niamillala llœm Diadeina.nianiillalum Agass. — margai-ilifera Auct Cidaiis clavigeia Kœd. — marginala K. Sism — MiinsliTii K. Sism. — moiiilifeia C'ioldf. — cornnala Coldf. — Nerci Miinsl l'ala'ocidaiis Nciei Desor. — nobilis E. Sism Oidans liirla K. Sism. — d'OrbisyiaiLi Klipsl — Klipsieini Marcoii. — l'aiandiiM-i Agass — lilunn-nljacliii iMiiiist. — peisoiiiiata Itelr Salonia pei.'^oniiala Agas^. — pisifera Agass Cidaris velifcia Bronii. — pi'isca Miiiisl Pala-ocidaris piisca Desor. — piopinqua Agass Cidaris coronata lloldf. — l'roloi Miinsl l'alieucidaris l'rdl.i Dcsor. — pidvinala Lamli Astropyga pnivinala Afiass. • — piislulifora K. Sism Cidaris variola E. Sism. — pyrifera Agass. ...••... Ilcmicidaris 'l'iiiirmannl Agass. — radiala liCsIii? Astropyga radiata Cray. ■ — reguiaris Miinsl Mcinicidiris regiilaris Dcsor. — liossiciis ISiirli l'aia'ocidaris l'iossica Desor. — sardica l.cslcc ïripncnstes sardiciis Agass. — scutiger Miinsl. Salcnia sculigera Agass. — spinosa Miinsl Cidaris Wissmanni Desor. — sleinm;ic.inllia Agass — avcniiinensis Desml. — siiljaiigniaris Coldf. Tliadema subangniare Agass. — 'i'iara llagen Cyphosoni.i l'iara Agass. — loreunialica Klein Temnoplcurus lorcurnalicus Agass. — Iriplerygia \gass Cidaris Orbigiiyana Agass. — variabilis Kocli et D — pimclala llœm. — vesicnlosa Agass — pnnclata liœm. — vcsiculosa IC. Sism — incnrvata E. Sism. Cidariles coronalis Klein Ileinicidaris ciennlaris Agass. — crcijolaris Eamk Cœloplcnriis equis Agass, — diaireliiin Mon Diadema diairetum Agass. — gi.iniilosiis Coldf. Cypliosoiii.i Milleri Agass. — llollinanni [Uem Ilemicidarjs siramonium Agass. — Kli'inii Dcsmar Diadenia Kleinii Auass. miliaris d'Aicliiac — Kleinii Agass. — orn.iiiH lloldf. — ornaluni Agass. — psiudodiadcnia Lamk .... — pscudodiadema Agass. — radialus Ikcningli Cypbosoma ladialnm Agass. — variolaris lirongii Di.idcma variolare Agass. — variolaris Ccddf. Cjpljosoma ornalissimmn Agass. Clypcasicraflinis Coldf. Ecliinolanipas aflinis Dcsml. — Agassizii Sism Clypeaster aliiis Lamk. — ambigcna Sism — laganoides Agass. — Bouei ColdL Conoclypcis Bouei Agass. — Brongniarli Ciddf. Pygorlivnchns Brongniarli Agass. — coiioidciis Coldf. Conoclypus conoideus Agass. — Cinicri Ccjldf l'ygorliyncluis Ciivieri Agass. — dnbins Di'fi- l'yguriis irilobns Agass. — ellipliciis Miinst Echinolampas polilus Desml. — cxceniricus Lamk — Kleinii Desml. — cxceniricus l.acnk. ... . Asleroslojna exceiitriium Agass. — Ilorealis Mon l'yguriis tlorealis Agass. foriiicalns Coidf Ecldnolampas siellifenis Desml. ■— Caimardi Urongii Clypi'asler umbrella Agass. ;^70 A»(>sml. — aliilaccus Gokll , . . Aibaci,! aliilaii'.i A^ahS. — aiigiiiler Desriil Ileliocidaris vaiiiilaiis Dcsiiil, — aiuiiiuiis Dcfr licliiiuis bigramiiaris Lanik. — atralus Laiiik l'odopliora aliata Agass. — amamiacus Bl — esculcnuis L. — hizonalii'i Bl Biilctia bizoïiata D.'sor. — Bucliii Sleinig l'ohcypliiis Butliii Agass. — cadomoll^is Agass Kcliinns bigraïuilaiis l.amk — calaphracliis Brug Pygiinjs di'picssus A^.'ss. — chlorolicus Val Ileliocidaris cliloiolica DoMnI. — coi'ollaris Laiiik Cypiiosoiiia cornllaie AKass. — complaiialiis Lin 'l'oxasler idiiiplanaliis A^ass. — decoralus Agass Ecliinus inicroiidK'rculaUis Bl. — dclpliinus Defr — Seiresii Dcsml. — depressus ISl Boletia maculata Uesor. — rioma Desmai- Codiopsis Doma Agass. — Dulïesnii lil Kcliinocidaiis llufi-esnii Desml. — elegans Desnil Ecliinopsiselegans Agass. — equis Val Ciuluplfiuus l'qiiis Agass. — esculenliis Aiicl Echiiuis brcvispinosiis l'.isso. — eurylbrogrammiis Val Ileliocidaiis eiiiylliiograimna Desor. — fascialiis Laink Tripneustes sardicus Agass. — Cacbeli Dcsml Ecbinopsis Gadieli Agass. — Gaiiiiardi Bl Ecbiiius iiiiliaris Ltski'. — germinans l'Iiill Diadema pscudodiadema Agass. — globifoiniis Lamk Echinus escidriitiis Linn. -- globulus Linn Mespilia globul is Au'ass. — grandinosiis Val Ecliinocidaris grandinosa Agass. — graiiiilosus Miinsl Aibacia gianulosa Agass. — giiscus Bl Aniblypnciisles grisous Agass. — liieroglypbicns Miiiist Glyplicus bieioglypliicus Agass. — inleimediiis Agass Echinus bigraiiiilaris l.amk. — lineatus (jiildf — peilaUis llfsiiiar. — llneaUisSisni — aslcnsis .Slsui. — lilhopliagus Leafli — lividns Laink. — locnlalus Bl Echinocidaiis loculala Dcsml. — longispina Bl Ecliinns lividns Lamk. — maculaUis Lamk Boletia macnlala Desor. — inargarilacens Val Ilelincidiiris inaii^aiilari'a Lamk. — Menardi Desniar (ionirqiygns Menanli Agass. — miliai'is llisso ■ Ecliiiius micioiubiMculaUis Bl. — Millci'i Dcsmar Cypliosoma Millori Agass. — minulusLin Echinocyamus angukisus Le^ke. — minutus Bl Echinus niiliaiis Leske. — mirabilis Agass Ileliocidaris mirabilis Agass. — monilis Di'smar Arbacia inoiiilis Agass. — neapolilanus Dclle Chiaje. . . . Echinocitlaris a'quiiuberculala Dcsml. — negleclus Biib cl Kur Ecliinus Drobachcnsis Aliill. — niger IMolina Echinocidaris nigra Agass. — nivcruensis licfr IKiIcclypns dcprcssus Desor. — nodulosus Miinsl Polycypbus nodidosns Agass. — oblusangulus '_Lamk Bniclia l'ili'olus Desor. • — omaiostonia Val Ileliocidaris omakistoma Desor. — ovum Lamk Amldypneuslcs ovum Agass. — pallidus Lamk — pallidns Agass. — parvitubercnkiliis Bl Echinus microtubiMcnlalus Bl. — pauciuibcrcnlaïus lîl Ileliocidaris pauciiubercnlala Dcsml. — pcliatus Desud (k.niopygus peP.alos Agass. r.ATAI.OfaJE lUISO.NMÎ DES ÉCHlINIDIiS. 37^^ Kt'Ilinus peliilifrriis Flesail Salonia peisonnaia Asiass. — peiilanDiius Lanik. ...... Tripueu.sle» penlaBOims Agiiss. l'eionii lîl — venlricosus Aj;a>>. — pilfoliis Lamk liolilia Pileolus Des«r. — planus Agass Tiipneusles planiis ARass. — polyzonalis Lamk Bnletia pileiilus Agass. — poiosus Val Ecliinus aihus Muliiia. — psainmoplionis Agass Ecliiniis peilaliis [)esiiiar. — pseudomelo Kl — esciilenitis Liiiii. — pcilcliclliis Agass - mici'otubeiciihitiis Bl. — punclalus Lamk Kchiiiociilaiis piinclala Dcsml. — piiipureus lïisso Kcliiiius lividtis L.iink. — piisillus Miiiist Diaderiiii pnsilluni Agass. — pusiulosus Lamk Kcliincicidaiis piisliilosa Agass. — ruitilai'is Lamk Glyplicus sulcalus Agass. — saidicus Lamk Tiipiifiistes sardii us Agass. saxatilis Ticd Echiniis lividiisi,amk. — saxatilis Miill ~ rniliaiis l,t'>k('. scnlptijs Lamk Timnoplcuriis loiciimaticus Agass. — serialns Agass Kchinus bigi anulans Lamk. — spaluli;;ei- Val Kcliinocidaris spatuligera Agass. — spha?i'a Midi Ei liimis esculenlus Lirin. — slellalns Bl Ecliinocidaris sicllata DesmL — siellatus Defr Crelo|ileiirus eqiiis Agass. — sulicrendeiis Lamk Tiipneiisles SMbcœridéus Agass. , — siibglobiformis Bl Echiniis grannlaris Lamk. — siibglobosiis Liiin Hfilasler subglobosiis Aaass. — subrotuiidiis Gmcl .Scuiclla subrolund^ Lamk. — subuculiis Lin Discoidea subuculus Leske. — sulcatn.'. (îoldf. Glypticiis .sidcalns Agass. — Ii'xlilis Miiiist Polycypliiis textiiis Agass. — iiizoïialiis Bl Boletia bizonala Desor. — liibeiculosus Defr. Cypliosoma corollare Agass. — variolai'is Lamk Ileliocidaris variolaris Desiid. — ventricobiis Lamk Tnpneustes venlricosus Agass. — veisicoldL- Val Mcspilia globulus Agas.s. violaccus Bl Ecbinus fsculenlus Linn. — virens Diib l't Knr — miliaiis Leske. — vnlgaiis Bl — lividus Lamk. F Idmlaria afliiiis Pesml Echinocyamiis snbcaudalus Agass. — alpina Agass — alpiniis Agass. — ausliahs Desml — aiistralis Agass. — Kiaiicii llesml — inflaliis Agass. — ovala Desml — pyrifftrnits Agas*;. — laientina Lamk — larenlinus Agass. — .Sludcri Sism — Scuderi Agas.s. — subcaudala Desml — snbiaudalns Ag;is<. G <:alci'iU's alibi evialiis Citildl. Galcrilesoblongus Dcsnr. — iiiiliquns Defr Holeclypns aniiquns Desor. — r.iirdie Crai Conoclypns Borda' .Agass. — I iiualirulalus Goldl Discoidea cylindriea Agass. ronoideiis Lamk Conoclypns ■ imoidcus Agass. — cylindriea Lamk Discoidea lylinlrica Agass. T série Zooj, T VIII f nécembre 4 8 47. ) < 2i Ôlli AUUSSIW. E'{ DE)40n. (iiileriios (lepiessiis (ioldl lloleclypiis ilepiessus Desor. — deprcssa Biongii Pygaiiliis depressus Agass. — Uawkinsli iManlell Discoidea cyiindiica Agass. — Iieinispliœrica I amk Holeciypiis hemispliaTirus Desor. — Iiimisphaeiica Lamk Caratonius lirniispliiericus Desor. — ovala Lamk Conoclypus Leskei Agass. — ovum Oral — oviim Agass. — palella Lamk Clypeus paloll.i Agass. — pygœa Agass l'yrina pygea Desor. — rliolomagensis Agass Galeriles Casianea Agass. — rotularis Lamk Discoidia subuculus Leske. — semiglobus Crat Erhinolampas semiglobiis Desml. — speciosus Miinsl [loleclypus speriosus Desor. — sulcato-radialiis Goldf. . . . Caratonuis sulcato-radialus Desor. — luroneiisis Ucfr. ...... lloleclypiis liirimensis Desor. — nnibrella Lamk l'ygaster iiinbrella Agass. • ioniopygtis intricalus Agas.s Coiiiopygus pcllauis Aga.ns. — globosiis Agass — Menardi Agass. H llolasier altus Agass Ilolaslcr siibi:lobosus Aga.ss. — romplanaltis Agass Toxasier romplanains Aga.ss. — Couloni Agass — Cuiiloni Agass. — iiodulosus Agass llolaster carinalus Agas,s. — rosiratus Desli — F'illula Agass. — ISoiilini Desb Toxasier noiilini Agass. L La);ana profiinda Agass Ecliinoryamus prol'iindlis Agass. — Hogersi Agass Sculella liogersi Mon. Lagaiium ioluml)iaiuiiii il'Orb l'ygurus columliianiis Agass. — Marmoijti lleaiidniii — Mamioiili Agass. — nllexiMii Agass Laganum marginale Agass. \lier:isler arenaliis Agass. . . — Beaumonli Auass. . — brevisuleatiis Agass. — Bufo Agass — cor angiiiniini Agass — cor-lesiudinariiitii Agi — Deshayesii Agass. . — Edvvarilsii Agass. . — gibbus Agass. . . . — gibbus i;oldf. .... — globosiis Agass. . . . — belveticiis Agass. . . — latiis Agass — lalusSism — major Aga.ss — miiiimus ;\gass . . . — l'runella Aga.ss. . . — piilvinaUis (IVAirh. . — subaciilus d'Artb. . Micrasier cor-angiiinum Agass. -MacropiiiMislcs l'.e.iumonli Agas.s. Ilemiasler brevisiilcaliis Desor. liiifo Desor. Micrasier Micbelini Aga.ss. — cor-an;;uiMum Agas.s. Macropneiisies Deshayesii Agass. Hemiaster lùlwardsii Desor. Micraslor brevis Desor. — brevis Desor. Ileiiiiasler aliissimus Desor. Brissiis belvelicus Aga.ss. Herniasler latus Llesor. Micrasier brevis Desor. Macroprieusles Desbaye.ssi Agass. Hemiaster miiiima iiesor — l'ninella Desor. Macropneiisies piilvinatiis d'Orb. Bri.ssiis siil>aciiliis Desor. I r.ATAI,0(;i)E IIAISONMÎ l)liS l'XUlMDIiS. 375 Nucleolites biilanna Uefr Catopygus carinatus Agass. — canaliculaïus (iolUf .... Hyboclypus canaliculatus Desor. — carinatusGoldl Calopy^'iis carinatus Agass. — castaiiea 13>ongn (lalciilfs Casianea Atjass. — coluinbaj'ia Lamk CaU>p)giis coliimbarius Agass. — coi-avium Di'fr Nucleiipygus cor-aviuni Agass. — depeitiiiis Dcfr l'ygorhyncbus gii^noncnsis Agass. — dcpicssa Hroiigii l'jiina deprcssa I3esml. — (b'pii'ssa liroiign l'ygaulus depressus Agass. — dfpressus Miiiisl l'yriiia (ioldfusii Agass. — dilalatiis Agass ,\iicleoliles Lamarckii Defr. — excentiiciis (ioldf Dysasler excenlricus Desor. — Imirasensis dAich Calopygus columbaiius Agass. — C.oldfiisii Desnil Niicleolitos cluniculads Pbillips. — Kiaiiiilosus Miiiisi Ilysa^tcr granulosus Agass. giignonensis Hefr. . , . . Pygorhynolni'i gi'ignoncnsis Agass. — bpplagDua (iiat — licplagonus Oesor. — lacunifera Mer Clypeus llugii Agass. — lacunosas Agass Nucleoliles Nicoleli Agass. — lœvi» Oefr Cainpygiis tevis Agass. — lapis-caiicri ('■(ildf Cassidulus lapis-caiicri Lamk. — Marniiul Oesnil — !\lariiiini Agass. — Miinsleri Desml l'ygorhyncbus scuiella Agass. — obovata Desml l'ygurus obovatus Agass. — orbiculiirisGrat l'ygaslei' ciistellauis Agass. — oviiliim Lamk l'yrina ovuliim Agass. ' — ovuluiu Defr Calopygus carinatus jVgass. — ovuliim (ioldf — lievis Agass. — paraple.sius Agass Nucleolites dimidiaitis Phillips. — palellaris lioldf Lenita palellaris Agass. — p>rifoiiiils Goldf. Calopygus pyrifcirmis Agass. — seiuiglobus Miinst Dysasler semiglobus Desor. — scuiella Goldf. l'ygorliyucluis scuiella Agass. — sciilalus (;oldf. Nucleolilci micraulus Agass. — Sowerby Defr — clunicularis l'hillips. — sidjcarinalus Goldf Pygorhynclius subcarinalus Agass. — lesludiiiaria Desml Cassidulus tistudinarius Brongn. — lesludiiiarius Aliiiist. . . . l'ygorhynclius scuiella Agass. — iruiiculalus Hœiii Pyrina pygaea Desor. P Pediua oriiala Agass Pediua sublaevis Agass. — roiala Agass — sublaevis Agass. — subnuda Agass — Gervillii Agass. Pellasles pulcbellus Agass Pellasies acanthoides Agass. Pygaster uinbiella Agass Pygasler dilalatus .Agass. Pygorliyncbus ininor Agass Pygurus miuor Agass. — obipviilus Agass — obovalus Agass. l'ygiuus fcingifoimis Agass — .Marmonli Agass. — pulviualusd'Arch Pygaulus pulvinalus Agass. Pyriua Casianea Desml (ialeriles Caslauea Agass. — depressa Desml Pygaulus depressus Agass. - ecliiiioiiea Desml l'yrina ovala Agass - pelroioriensis Desml Globalor peirocoriensis Agass. 37(3 ACASSIX Kl DE»«OR. B Itoliila Itumpliii Agiiss Ilolula digilala Aiiass. Salenia areolata Agass Pellasies piiiiclaiiis Agass. — pc'liala Agass. . . , G. — Giuleloupi Sism llemiasler T. raleloiini Desor. — intermedius Sism. ..... Bri.ssupsis geiiei Desor. — ovalus Sism — geoei Desor. — slellauis Diib llemiasler sl'-llaliis Desor. — verlicalis Agass — veilicalis Desor. Scalella altavillensis Difr ICcliinor.vamuA occiianus Aga'-s. — ambigena Lamk. Clypasler pUcmiarius Lamk. — ainbigua Val Kcliiiiocyamiis occiianiis Agass. — cassidulina Desml Moiilinsia cassidiilina Agass. — crustidoides Mort Kcliinocyamiis crtislulnides .\gass. — decemlissa Desml Kiiiia deceiiilissa Agass. — elliplica Desml Sculelliiia elliplica A^ass. - gil)ercuhi M. de S Scutella subrotiiiida l.amk. — gibl)osa Risso Clypeasier iimbri'lla Agass. — Iiispanici Defr Kchinocyamus occilaiios ,\ga.ss. — iiiflata Defr . . — inllaliis Agass. — lalissima Lamk Laganum latissimiim III. — luimmulaiis Bl Sculellina iiunimiilaria Agass. — obovala .\gass — illiplica Agas.s. — occilana Defr Kcliiiiocyamus oi'citaïuis Agass. — p.irma Lamk Ecliiiiarai liniiis painia Cray. — piilygona Desml Laganiim leiuiissimiim Agass. — pyramidalis KisM) Miciasler cordatus Agass. — qiiinqiiefora Lamk Mellita quiiujueiura Agass. — siellala Agass . Sciilella Irunc.ala Val. — siibrotimda Gral — siriala M. de S. Sculellina leiilicularis Agass .Sculellina nummiilaiia Agass. Spalangus acuiiiinaliis iloldl. .... Heniiasi> r acumiiiaitis De.sor. -- ;icutus Desli Micrasier aciilus .\ ass. — ambulairiim Desli .Scliizasler aiTibiilacriim Aga-s. — amygdala Coldf. Ilolasiei amygdala Agass. — ananchylis Le^ke — aiianchytes .4gass. — anaocliytoides Desml Micrasier brevis Desor. . — aiiiicus Di'fr — cur-anguinum Agass. — aquilaniciisliral — aquilaniciis Agass. — arcnarius Lamk .Impliidelus cordalus Agass. — airiipos Lamk .Scliizasler ahopos Agass. — bicordalus lioldf. Dysaslcr Miiusicri Desor. CATALOGUE llAiSOINNÉ DES ÉCllIMDIiS. 377 SpalariKus billlric^■n^is Def,- Micnisler coidutiis Ajjass. — hnssoiilcs Uesnil KiipaiaKiis brissoides Agass. — liiicardiuiu (jolilf. Uejiiiaslei- Uucardiuin Desor — ISiicklandi Goldf. _ Biicklandi Desor." liufo lîningn _ |ii,f„ |,es,„. — canaliferus Liiink Scliizaslei- caiialiferus Awss — cupistralus Goldf. OysaMer capislralus Agass. — carinaliis Lamk Biissus cantialiis \Kass. — caiinaliis Goldl. Oysaster cali^atu^ Agass, — cidiinib.His Lanik Biissus cohiiiibaris Agass coluiiibans Drend — ililaiiiiiis [)csnr. — coiiiplanaluslil Toxasier loinplanalus Agass. — ciimpiessus l,aiiik Brissus cciinpicssiis A^jass. — cor-aiiguiiiiiiii Laiiik. . . . Miciaslercoi-anguinum Agass — cordalus IVnnani Ampliidetiis cordaliis Agass — conliforniis lOeIr Dysasler capisiralus Agass — cm-inarlriurn l'aik Micrasirr cor-anguiiiiim Agass — c"i-t.stiidHiariuiii Goldf. . — cor-aiiguiniim Agass •^'assi^siiiiiis Ueir _ disiiiicius Agass. cnix An.lra; l.aiiik Breynia ci ux-Aniliœ Agass — di'k'iiis Defr llolasler suborbicidaiis Agass. — elaïus DeSiiil Ileiiiiasler elaliis lli-sor — flongaliis Agass Eupalagus clongatus Agass — gilibus l,aiiik Allcr.isk-r gibbiis Agass. — globosus BiSM) Memiastcr ;;lobosiis Desoi. — graiiulo-Mis Golilf. llolasler giaiiiilosiis Agass. — grignoiiensis Ucsiiiar. . . . Brissopsis elegaiis Agass. — Iielveli.iiuis Deir Toxasier tomplaiiatiis Agass. — inlermediiis Miiiisl llolasler iiUerincdiiis Agass. lœvis DHiic _ |a;>'i, Agass. — laciinosMs (,oldf. Ileiiiiasler ampiiis Desor. — laleralis Agass liupaiagus laleialis Agass. Leskei DesDil Mitraster breviporiis Agass. — Nicoleli Agass Spalaiigiis ocellan.s Defr. — iiodiilosiis Goldf llolasler suborbicularis Agass. — obesus Leyiii Henilasler obesus Desor. — ubiongus Deluc Toxasier obloiigus Agass. — ocillalus Agass Spaïaiigus l'areli Agass. — oinaïus Agass _ Desinareslii Mûnsi. -^ onialus Defr Eiipalagus ornaliis Agass. — ovalib l'ark Dysasier ovalis Agass. — ov.iiusLeske Ampbideuis malus Agass. — ovalHs, ^, L..mk Brissus scillae Agass. — oviformis Defr Dysasier MUuslpri De,sm-. — parasialus Muii. .... Ileuiiasler parasialiis Desor. — l'arkinsoni D.fr Scliizaster l'arkiusoni Agass. — plaiiiis Maui Holasler planiis Agass. — l'iuiiell.i b.iiiik Hemiasler l'ruiiella Desor. puncialiisGrat Eupalagus brissoidfs .\'.;ass. — piisillus .\lull EcbinocyaniusaiigulosusLeske. — radjaius Lamk Uemipueusies radialus Agass. — lieqiib'ni nisso Micraster cordants Agass. relusrjs Lanik Toxasier complanalus Agass. — rosiralus.Maijl Micrasler cordalus Agass. .scillae Hesinl Scliizasler euiyuolus Aga.ss. ~ "'«^'la ^'"'l Hemiasler slella Desor. _ slernalis Brissus slernalis Agass. subalpinus liisso Hemiasler subalpiiius Desor. siibglobosiis Laiiik — subglobusiis Desor. 378 AGASSIZ ET DESOR. Spalaiigus subglobosus I.cske llolasler suhglobosus Agass. — suborbicularis r.oldf Ilemiasler suborbicnlaris Desor. — suborbicnlaris Defr Holasier sdbnrbicularis Agass. — suhorbicularisr,oltlf. .... — carinalus Agass. — tnincaliis Goldf. — iruncalus Agass. — Uiberculatus Agass Eupalagus ornalus Agass. — iingula Mon Micraster iingula Agass. — veronensrs Mer Eupalagus verononsis Agass. T Tripjlusauslralis Phillppi Brissopsis australis Agass. — cavernosus Philippi _ cavernosa Agass. — exciiv.ilus Philippi Agassizia excavala Plesor. TABI.E DES GENRES. Tome,. l'oR.-». Acrocidaris VI — 339 Acrocladia » — 373 Acropeltis. » _ 340 Atrosalenia » — 3i3 Agassizia VIII — 20 Amblypneustes VI — 31)1 Arnblypygus VII — 166 Ampbidelus VIII — 11 Anancbytes » — 29 Aracbnoides VII — 134 Arbacia VI — 355 Archiacia VII — 159 Aslerosioma n — 168 Astropyga VI — 345 Boleiia » — 362 Breynia VIII — 12 Brissopsis — 14 Brissus 1. — 12 Caraiomus VU — 151 Cassidulus .. — 157 Calopygus. ....... » - 157 Cidaris VI — 325 Clypeaster Vil — 129 Clypeus Vil — 156 Codiopsis VI — 357 Cœlopleurus i — 356 Coiioclypus VII — 167 Cypliosoma VI — 351 Dendrasier VII - 135 Tomes. rapci. Diadeiu;i, VI — 346 Disroidea VU — 146 Dysaster VIII — 31 Echinaradinius VU — 133 Echinocidaris VI — 353 Ecliinocyamus f^VII — 140 Echinolanipas » — 163 Echiiiomi'lra VI — 372 Ecliinoneus VII — 143 Ecliinopsls VI — 354 Echinus — 364 Encope VII — 137 Eucosmus. . .) VI — 356 Eupalagus. VIII — 9 Fibularia VII — 142 Galeriles .. — 148 Globator > — 150 Glypticus VI — 360 lîoniocidaris — 337 Goniophorus i — 343 Goniopygus » — 34û Gualleria VIII — 10 lleliocidaiis VI — 371 Hemiasiei- VIII — 16 Hemicidaiis VI — 337 Ilemidiadema « — 351 Hemipneustes VIII — 31 Holaster « — 26 llolecrypiis VII — 145i 1 (;M\l.or.llK IIMSO^MC DES ECIIIMDES. .•i7«J llulopncuslcs VI — llyboclypus VII — l.aganiim » — l.enila •< — Lobophorii " — Lovenia Vlll — Macropneiisics » — Mellita Vil — Mespilla VI — Micrasier Vlll — Mirrocyphus VI — Moulinsia VII — Niideolites >. — NiicleopyRiis » — l'alieorldalis VI — Peclina » — Pellaslps ). — Podopliora — 364 Piilyrypliiis. . . 152 Pygaster. ... 131 l'ygaiiliis. . . , 1/|2 l'ygorliynchus. 136 Pygurijs. . . . 10 Pyiina. . . . 8 Roiula. . . . 138 liiiiia 357 Salenia 23 Salmacis. . . . 358 .Scllizasier. . . 139 Scutella 153 Sculeijina. . . . 152 Spatangus. . . 340 Temnopleiirus. 370 Toxasier. . . . 342 Tripneusies. . 374 .. — 361 VII — 144 II — 158 » — 160 1) — 161 II — 149 II — 138 » — 139 VI — 341 .. — 358 Vlll — 20 vu — 134 - — 139 VIII — i • — 353 353 » — 3*1 » — 368 „ 368 VU — 137 l> — 158 „ — 139 VIII — 6 DL'CH«SSAI!«U. — Sl'K I.'OUIBASIA S1AG^AL1S. 381 NOTE SUR l'ORIBASIA STAGNALIS, nouvelle ESPÈCE DE bryozoaire; Par M. SUCHASSAINC , MéJei in ii li Gniiiluloitpe. Le polypier ((lu'oii nie permette ce mot) auquel je donne le nom d'O- ribasin stngnalis se trouve à la Guadeloupe, dans les mares d'eau douce. Dans la classification de Lamarck , il appartient aux Polypes ciliés , et doit être rangé à coté des Vorticelles. Dans la méthode d'Ehreiiberg , il doit être rangé parmi les Phytozoaires Polygaslriques, légion des Ente- rodelées, ordre des Anopistes nus. Dans la classification de M. Edwards, il appartient aux Bryozoaires. Quel que soit, du reste , le genre de clas- sification, il doit être rapproché des Vorticelles et des Vorticellides. Le polypier, ou pi jtôt l'agrégation d'animaux que nous voulons faire connaître, est d'autant plus intéressant qu'il n'existe guère d'exemple de pareilles réunions d'individus ayant, comme celle dont nous parlons, deux mouvements bien distincts, l'un de translation de la masse, et l'autre de rotation de cette même masse autour de son axe principal. En effet, les Stépliaiiomies ne sont fort probablement que des animaux simples et isolés : les pennatules ont peut-être un mouvement de trans- lation; mais la chose n'est pas positive. Parmi les Infusoires, le Vo/oox globator a un mouvement de rotation sur son axe; mais peut -on le con- sidérer comme étant une réunion d'inrlividus? Chez les Bipliores , nous rencontrons des chaînes mobiles d'êtres qui se déplacent dans un sens déterminé; mais ici nous avons affaire à de véritables Mollu.sques. Pour en revenir à notre polypier, ajoutons que, pour se le procurer en assez grande quantité, il suffit de prendre l'eau des mares dans les endroits où croissent les Clmra; alors en examinant le liquide dans un vase en verre , on y aperçoit à l'œil nu VOribasia stagnnlls; elle est de la grosseur d'une jeune Daplinée, et a la forme d'un ellipsoïde, dont l'une des extrémités serait plus renflée que l'autre. Si l'on observe davantage, l'on voit que VOribasin slmjnntis a deux mouvements bien distincts, dont l'un consiste dans une rotation de l'el- lipsoïde autour de son grand axe, et l'autre en une progression dans la- quelle elle s'avance, la grosse extrémité sans cesse en avant. Nous avons après cela soumis les Oribasia à l'examen à la loupe , et nous avons vu que ces corps étaient translucides , gélatineux et hérissés de villosités (pii se contraelaient de temps en temps et d'une manière fort irréguliere. Aloi-s nous en primes un, et l'ayant soumis au micros- cope, nous avons trouvé que chacune de ces villosités étaient des Polypes saillants a la surface d'une partie commune de substance gélatineuse. :i'5crii> 7.«>\. T VIII (nécimilire 18i7.) 1 24* S82 nrCUASSAIXG. — SUi; 1.'0I\11îASIA STAG^AI.IS, (Miiuuiii des animaux était ooiitiactile d'après le mode propre aux Vortt- celles, et était implanté sur uti pédicule rétraclile; la bouche de chacun d'eux était garnie d'une couronne simple de cils vibratiles. Une différence existe entre la partie renflée du polypier et l'autre ex- trémité, car dans la première les Polypes sont moins nombreux, moins serrés (]ue dans la seconde; mais les Polypes de la partie antérieure, quoicjue semblables aux autres par leur organisation , sont plus gros et ont presque toujours leurs cils en mouvement, ce qui n'existe que bien plus rarement chez les autres. Ce fait ne pourrait-il pas expliquer pourquoi la progression n'a lieu que la partie renflée du polypier étant en avant ? Le mouvement des cils des Polypes de cette partie ne serait-elle pas la cause de cette progres- sion ? Quant au mouvement de rotilion continuel du polypier sur lui-même, il est possible de concevoir que tous les organes vibratiles des Polypes agissant sur l'eau comme instruments d'impulsion, le Polypier soit forcé d'obéir à cette action. Ajoutons à la description des Polypes de YOvibasin stagnnlis que cha- cun d'eux est muni de deux points oculiformes, et possède un appareil digestif dans lequel nous avons vu circuler les corps ingérés; cet appa- reil est indépendant de la cavité qui le contient, car il y est libre et flot- tant, ainsi qu'on peut le voir par ses contractions. La bouche des Polypes nous a offert un mouvement alternatif de dila- tation et de resserrement; elle est armée de dents à peu près comme celle des animaux que Bory Saint-Vincent a rangé dans son genre Méga- lotroque. Nous n'avons pas vu l'anus; mais d'après la complication des animaux de XOribasia, et surtout d'après la complication de la bouche, nous ne pouvons mettre en doute l'existence de deux ouvertures pour le canal intestinal. Nous terminerons cet exposé par les caraolèies du genre. Genus Oribasia. (Oeniîs \ nrticdlis afiine.) Corpus ovoideum , gelatinosum , liberum , vagans et circa axim rotato- rium, polypis retractilibus adopertum. Polypi bioculati, pedunculo retractili ; apcrtura terminali, craleriformi, ciliorum rotatoriorum corona instructa. Os dentigprum. Orihaxia stngnnii.i (species unica) in Guadelupa TABLE DES MATIERES CONTE.NLES D.WS CE VOLIME. AIVATOMIE ET PHYSIOLOGIE. Recherches sur la slructure intime des corps swrénanx chez l'Homme et dans les quatre classes d'animaux vertébrés ; par M. Al. Eckeb. , 102 Recherches sur les modifications qui s opèrent dans l'œuf pendant iincu- baliun; par M. Sacc 150 Noie sur un rapport remarquable entre le piytnetit des poils et de l'iris, et la faculté de l'ouie chez certains animaux ; par M. SiCBEL 239 A^'l!nAt]X VERTÉBRÉS. Deuxième Note sur le Campngiio/ dfs licigcs ,■ par M. Ch. Martins . 193 Observations sur les Mammifères fossiles du midi de la France: par M. P. Gebvais 203 Nouvelles Observations sur les Mammifères dont on trouve les restes fos- siles dans les sables marins de Montpellier ; par MM. P. Gekvais et Marcel de Serres . 22 i JlMnAllX AKIVELÉS. Description et anatomied une larve à branchies externes d/Zi/t/ropsic/ie , par M. L. DcFoiB 341 Observations sur l'organisation d'un type de la classe des Arachnides, le genre fid/poJe,- par M. Blascuard 227 Recherches sur l'organisation des IVrs,par M. BLANcyARD. (Suite.). 119 et 271 Note sur l'emi/i-i/ogenie des .Ijuip/idcs; par M. A. DE QiATBEFAGEs ... 99 Note sur des. 4nne/ïdes sa.ricavt's ; par M. A. de Quatrefages .... 99 Note sur l'anatomie des Sangsues et des Lombrics; par M. A. de Qlatre- F.tGES 36 raoi.LrsQtES. Observations sur la circulation chez les Mollusques. — Mémoire sur la dé- gradation des organes de la circulation chez les Patelles et les Ualiolides ; par M. MiLNE Edwards, . 37 — De l'appareil circulatoire du Calmar; .53 — id. de VAplysie ; 59 — id. des Thétis; 6i — rd. du Colimaçon; 71 — id. du Triton; 7.5 — id. de la Pinne marine 77 Considérations zoologiques et géologiques sur les Brachiopodes ; par M, Al. D Orbigst , 241 Note sur VOrihasia stnrjnalis, nouvelle espèce de Bryozoaire ; par M. Dd- CHASSAlXi; 381 ZOOPHTTES. Catalogue raisonné des familles, des genres et des espèces de la classe des Kchinodermes : par MM. L. Acassiz et Desor. (Suite, et suite et fin.) 5 et 3-53 (tbscrvations ;ur le mécanisme et les phénomènes qui accompagnent la furrnaliori de \'cmhryon chez VOnrsin cowi'Stihlc ; [jar M. DrRRÈs. , . SO TABLE DKS MATIÈIIKS PAR IVOMS D'AUTEUKS. Agassiz et Desor. — Catalogue rai- sonné des ft/imides. . . Sel Blanchabd. — Sur l'organisation du genre Galéode .... — SurlorganisationdesKecs. 1 1 9 et Derbès. • — Sur la formation de l'embryon chez ['Oursin comes- tible DucHAssAiNG. — Sup l'Oribasio sla- gnalis. nouvelle espèce de Bryo- zoaire . . DuFouR (Léon). — Description et anatomie d'une larve à bran- chies externes d' Hydropsiclw . EcKER. • — Sur la structure in- time des corps surrénaux chez l'Homme et dans les quatre classes d'animaux vertébrés. . Edwards (Milne) — Sur la dégra- dation des organes de la circula- tion chez les Patelles et les Ha- liotides — De l'appareil circulatoire du Calmar — id. de VAphjsie . — id. des Thélys. — id. du Colimaf;on . — id. du Triton . 355 227 271 80 381 341 102 37 — id. de lâPinne marine 77 Gervais (Paul). — Sur les Mammi- fères fossiles du midi de la France 203 — et Marcel de Serres. — Nouvelles Observations sur les Mammifères dont on trouve les restes fossiles dans les sables marins de Montpellier . . 224 Marcel de Serres. — Voy. Ger- vais Martins (Ch.). — Deuxième Note sur le Campagnol des neiges . 193 OnBiGNY (.\l. d'). — Considérations zoologiques et géologiques sur \tii Brocliiopodes 241 QuATREFAGEs (Dc). — Surl'anato- niie des Sangsues et des I.Mm- brics 36 — Su? ddè Annélides saxicaves . 99 — Sur l'embryogénie des Annôlides 99 Sacc. — Sur les modiBcations qui s'opèrent dans l'œuf pendant l'incubation 150 SiciiEL. — Sur un rapport remar- quable entre lep/jmoiides poils et de l'iris, et la faculté de l'niiïï' chez certains animaux . . 239 TABLE DES PLANCHES RELATIVES AUX iMÉMOIHES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planches 1. Appareil circulatoire do r//ii//o(i'dc. 2. — di^ la l'a telle. 3. — des Thélys. 4. — de la Pinne miirine. 5. Développement des Oursins. 6. Organisation des Gn/foffc.5. 7. Recherches sur les Brac/i/oporfc.'.. 8. Organisation des PdiiiniVcs 9. 10. Système vasculaire des l'ers. 1 1 . Organisation du Fasciola hepatica. 12, 13, 14. Organisation Agi Trémntodcs . 15. Structure des larves d' Hydropsiclw. EHIbiTA. Page 238, explication des figures, fig. 2, au lieu de //, muscle, lisez, b, masse — — — f.gJ'J. — ; !),''.'■ ri.\ Dl' lUUIIE.MR VOLlJIli 1=3 Q O fcd < ê; ^ -' ~V^i. P^'3- I Deoe/o/f/^e/JiPfU c/o.r Ûu/\i'o A'./fMw/td unp .innn/es t/es Snr/taxr na/ . ir.fertc /unr V/ff /'/ ti Û/i/t/Jii.fi'^'O// //rs (rti/f(ji/rs. sliiR^ lit 2i^àiè>'^«^ '.cherches sur les Bracliiopodes y Zm/Jû/z/J/jo/.-. -^^^ , / h /— , .\ 27 '/'\ X an: mmêj L>-^ il « icherches sur les Brachiopodes . Ann.tii^ Jrw'if , /urf. ,'fi' ,l}''rff Zool. Ton,, à. FI. » llr,ianurr tSciefW nat .?* -.lerie . Zool. Tom. H. /Y- ^4 I Organ((i'a(ion di\c f'rëniahn^i'tr . .V R^in.nJ m,f .l'/riirùifv d,:i- /iin>iv J'/h/dio/hnc/w