'"^f^' ^"^z .5?^ i^>^ ,3?-- 'ivÇj." -'.•;■; V ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. TROISIEME SÉRIE. ZOOLOGIE. IMPRIMERIE DE l. ni. J.ifol., :)j ANNALES DES SCIENCES NATURELLES COMPRENANT I.A ZOOLOGIE, LA liOTANIQl'E , l'ANATOMIE et la l'IlYSIOLOGIE COMPARÉES DES DEUX RÈGNES , ET l'histoire des CORPS ORGANISÉS FOSSILES ; POia LA ZOOLOGIE PAR m. ]»lIil%'E EDMARUS, ET l'OUn LA BOTANIQUE PAR IflIU. AU. RROlVeiKIART ET JT. »ECAIS]V£. ZOOLOGIE. TOME SEPTIÈME. ■^V'!^;^. VICTOR MASSON, LlUnAIIlK UF.S SOCIÉTÉS SAVANTES PKKS LE MIISISIÈRE DE L'iNSTHUtTlOS fUBLIQUE, PLACE DU L'iiCOI.E-DE-MtDEC.lNE, 1. 1847. '.<. \" ANNALES U£S SCIEI\CES MTLREILES. PARTIE ZOOLOGIQUE. HISTOIRE DES MÉTAMORPHOSES DU SUDULA CITRIPES ET DE QUELQUES AUTRES ESPÈCES DE CE CENKE DE DIPTÈRES, Far M. LÉON DUFOUR Les archives de la science ne sont pas tout à fait muettes sur les métamorphoses des jolis et élégants Diptères que Megerle sépara des Xylopliages de Meigen et de Latreille pour en consti- tuer le genvc Subvla. M. Macquart nous apprend que Von Rosena décrit, dans les Annales d'histoire naturelle de Tubingen, la larve et lapupe AviSubula, varia, mais ce que cet auteur en dit est si succinct, si incomplet, qu'il ne saurait satisfaire aux exigences de la science , vu surtout qu'il n'en existe pas de figure. Ce S. varia ressemble, par la longueur des antennes , à notre 5. ci- tripes, espèce nouvelle dont j'ai étudié avec soin les métamor- phoses. Avant d'aborder celles-ci , disons, dans le sens d'une applica- tion générale, que les larves des Xylophagus et Subula vivent dans le détritus , la vermoulure , la décomposition de la fibre végétale des vieux troncs d'arbres, ce qui justifie la dénomination de A'y- lophagiens , donnée par Meigen et Latreille à cette tribu de Dip- tères. Rosen a rencontré celles du Suhjita varia dans la crevasse d'un tronc de chêne, où vraisemblablement il y avait du détritus. 6 I^. DUFOUK. — SlIB I,E SUBULA CITRIPES. et Latreille son Xylophar/us ater , qui n'est peut-être que le S. varia, dans la marmelade de l'ulcère de l'ormeau, où moi- même j'ai trouvé en abondance le 5. cilripes. J'ai observé dans la pourriture du peuplier les larves du 5. marginata, que j'ai élevées avec succès , et j'ai sanctionné ainsi par un fait positif la présomption de feu mon ami Lepeletier de Saint-Fargeau , qui, ayant découvert sur une vieille souche de cet arbre un grand nombre d'individus de ce Subula , avait dit qu'ils cherchaient à y déposer leurs œufs. Enfin Baumhauer a aussi trouvé la larve véritable du Xylophagus ater ; mais dans la pourriture d'un vieux arbre , en se bornant toutefois à cette seule indication. Voilà encore une classe de larves qui, dans l'intérêt du main- tien des harmonies de la nature, tendent à diminuer, en la trans- formant en éléments nutritifs , la quantité de la matière orga- nique morte et putrescible. Revenons aux métamorphoses du Subula citripes. 1" Larve. Larva apoda, pseudo-cephala, undecirn segmentata, subcoriacea, oblonga , subtus plana , gramdoso colliculosa, nigro griseoque. variegala ; segmenlis abdominalibvs iilriiu/ue (ripilosi.t ; iiltimo semicirculari , apice utrinque iuberculis duobus piliferis. — Long. 12 millm. Hab. in idceribns nlmi. Son habitat au milieu d'une boue ulcéreuse, sa surface cha- grinée , ses poils roides , ses U'guments opaques et coriaces la disposent à être souillée , incrustée d'ordure , et ce n'est qu'après l'avoir soigneusement lavée et relavée au moyen d'un léger pin- ceau qu'on peut bien constater sa texture. C'est après une sem- blable toilette que j'en ai esquissé le portrait et fait la description. Elle se compose , non pas de douze , mais seulement de onze segments, la tête non comprise. Je ne vois non plus que ce nombre dans une larve aquatique de Slratiomijs que j'ai présentement sous les yeux , et dans la même larve représentée par Réaumur (t. IV, PI. 13). Ces segments se dessinent sur les côtés par un seg- ment bien prononcé. On remarque, justement au milieu du bord L. DUFOL'R. — SUR LE SUBULA CITBIPES. 7 postérieur du dernier segment , une sorte de tubercule arrondi et saillant placé au-dessous de ce bord, qu'on pourrait croire un petit segment rudimentaire , et que j'avais pris même pour tel dans la première supputation segmentaire de la larve ; mais des recherches ultérieures m'ont prouvé que ce tubercule se rattache , comme nous le verrons bientôt , à l'appareil respiratoire. La tête , ou le pseudo-céphale , est plus étroite que le protho- rax, mais de la consistance et de la couleur tégumentaires. Il faut une patience éprouvée pour en bien mettre en évidence la composition et la structure , et pour cela il est indispensable d'é- tudier la larve bien nettoyée et immergée. De chaque côté , on voit une légère saillie circonscrite, ovalaire, que sur le dessin on pourrait prendre pour des yeux , que Réaumur a désignée sous cette dénomination dans des larves analogues de Sarcjus , mais qui dans le l'ait n'ont rien d'un organe visuel ; ce sont tout sim- plement des éminences tégumentaires. A droite et à gauche se voient trois soies roides , aiguës , lancéolées à un fort grossisse- ment. Le bord antérieur, dans des circonstances opportunes, émet une sorte de museau rétractile tronqué , et parfois comme échancré , muni de chaque côté de deux courtes soies roides. Dans ces mêmes circonstances , j'ai vu sortir de l'échancrurc du mu- seau ou promuscido deux mandibules adossées et légèrement ar- quées , deux crocs semblables à ceux que Réaumur a décrits dans une larve de Sai-yus qui appartient à la même classe que la nôtre (1). Des trois segments qui représentent le thorax , le premier ou prothorax est plus grand que les deux suivants , un peu rétréci en avant, avec deux ou trois poils latéraux dans sa moitié antérieure, et une seule rangée transversale de points saillants pâles située près du bord céphalique; les deux autres égaux entre eux , ainsi qu'à ceux de l'abdomen ^ n'ont qu'un poil unique sur le milieu de (1) Réaum., Afém., t. IV, p. 178, pi. 13, fig. 19, 20 ; pi. U, fjg. .5.— C'est la larve du Stinjus Reaumurii , Fabr., genre de la tribu des Stratiomydes qui suit immédiatement celle des Xylophagiens. Lyonet (Œuvr. post.) a aussi fait connaître les métamorphoses du Sargus cu- prarius, L. 8 I.. DBFOl-R. — SUR LE SUBULA CITRIPES. chaque bord latéral et une série de six points pâles en travers du milieu du segment. Les sept segments qui succèdent au thorax, et qui dépendent de l'abdomen , sont égaux et parallèles. Ils ont de chaque côté trois poils rapprochés , dont l'intermédiaire est plus long. Ce traita en apparence minutieux et insignifiant , les distingue des segments thoraciques. Leur région dorsale a une série transver- sale antérieure de fort petits granules, et vers le milieu un autre de six points , plus grands , où une forte lentille microscopique découvre un petit poil central. Le onzième ou dernier segment du corps est notablement plus grand que ceux qui le précèdent, et demi-circulaire. Il offre de chaque côté de son bord postérieur deux tubercules ronds , granuleux au microscope , avec une soie centrale. La même lentille amplifiante , qui met en évidence la structure granuleuse de ces tubercules, décèfe cette même texture au tégument général , surtout sur les bords libres de celui-ci , et les granules, par les contractions des muscles peauciers durant la vie de l'animal , se groupent souvent en petites éminences très dif- ficiles à constater qui servent de pseudopodes. Les mouvements ambulatoires de cette ktrve (et de celles de sa tribu) sont si obs- curs , si lents, qu'il lui faut une minute pour s'avancer de deux millimètres. Le dessous du corps est plus pâle que le dessus , mais une loupe scrupuleuse y constate les granulations, et celles-ci contribuent évidemment à la reptation de l'animal. Ce n'est point chose facile que de découvrir les stigmates dans la larve de notre Subula, et j'avoue que, malgré des explorations multipliées à l'infini , mes convictions sur ce point ne sont pas tout à fait aflranchies d'incertitude. De chaque côté du segment prothoracique , un peu au-dessous du bord latéral , j'ai aperçu , à une forte loupe, un point rond, sessile, de couleur rousse, que je regarde comme les stigmates antérieurs , et qui ne sauraient être que cela. Les segments suivants , avec le même moyen op- tique , ne m'en ont pas offert la moindre trace. J'oserais affirmer qu'il n'en existe point à ces segments. Mais j'ai vu à diverses re- prises des bulles d'air s'échapper de ce tubercule sous-marginal qui termine le corps en arrière, et dont j'ai déjà dit quelque chose en parlant de la composition segmentaire. La considération L. IH FOI R. — SI li I.K SUr.LLA Cm'.IPKS. 9 de la texture extérieure de ce tubercule m'a surtout déterminé à ne pas le compter parmi les segments du corps. La même lentille qui m'a permis de constater à ceux-ci un chagrine , des granula- tions, m'a démontré dans ce tubercule une surface unie et parfai- tement lisse. Sa position , sa couleur rousse, semblable à celle des stigmates thoraciques , sa faculté légèrement rétractile et l'ana- logie, me le font regarder, sinon comme un stigmate postérieur, du moins comme une capsule stigmatique. Sa face inférieure présente une ligne médiane plus claire , peut-être membraneuse, qui pourrait bien indiquer une cavité biloculaire. La manière dont j'ai vu l'air s'échapper pendant l'acte respiratoire m'a fait penser qu'il existait à celte capsule une fente transversale. En invoquant l'analogie, j"ai voulu faire allusion à ce que Réaumur a observé , décrit et figuré dans la larve du Sarrjus (/. c), genre de Diptères qui , comme je l'ai dit , est voisin du Suliula , et que Latreille avait compris dans la même famille. Or Réaumur dit posi- tivement, en parlant deces larves: «C'estparleur partie postérieure que se fait leur respiration ; le bout de leur derrière s'entr'ouvre en certains temps; on croirait que la fente qu'il laisse voir alors est celle qui doit donner issue aux excréments ; mais il est aisé de reconnaître ensuite qu'elle n'est faite que pour donner passage à l'air. C'est dessous le corps qu'on trouve le véritable anus. «Cet observateur modèle a aussi signalé l'existence des stigmates an- térieurs au prothorax de sa larve. J'en tire cette conclusion géné- rale, que les larves de la tribu des Xylophagiens et de celle des Stratiomydes n'ont que deux paires de stigmates, l'une antérieure et l'autre postérieure, ainsi que les Syrphides et la plupart des Muscides. Je me suis assuré que notre Suhula , avant sa transformation définitive , passe une année révolue , soit sous la forme de larve, soit sous celle de pupe. J'avais recueilli, en avril 18/|5, la mar- melade ulcéreuse peuplée par un grand nombre de ces larves , dont j'eus le bonheur de voir réussir l'éducation. C'est en mars 1S46 que je constatai les pupes, et j'en vis éciore une quaran- taine d'Insectes ailés à la fin d'avril et dans la première quinzaine de mai de cette même année. Le célèbre Lyonet , dans son œuvre 10 L. DUFOUR. — SDR 1.1! SUBULA CITRII'ES. posthume (1) , avait aussi fait la même observation pour le Sar- giis cuprarius , dont les larves vivent dans la bouse de vache. Il les y avait étudiées en septembre , et il n'avait obtenu les Diptères qu'à la fin de l'été de l'année suivante. 2° Pupe. Pupa nuda, larvœ suhconformis, at paulo angiistior, subelongaki , rif/ida, colliculosa, segmentis uirinque tanlum unipilosis. — Long, \2millim. Lorsque la larve, arrivée au terme de sa croissance , est ap- pelée à subir sa métamorphose en pupe , elle quitte son foyer de pourriture pour se placer à l'air libre dans le voisinage. Celles que j'élevais avec une si vive sollicitude dans un bocal vinrent s'établir, ou sur les parois du vase, ou mieux encore dans les an- fractuosités des chiffons de papier que j'y avais placés à dessein. Dans cette mutation , la pupe hérite de tous les traits extérieurs de la larve, de sa forme, de sa taille, de sa couleur, de sa texture. La loupe intelligente retrouve au tégument la même disposition, la même teinte des granulations ; seulement il n'existe plus qu'une soie isolée et flexueusc aux côtés des segments , et les quatre tubercules pilifôres du segment terminal sont plus ou moins oblitérés. La nymphe incluse est emmaillottée , oblongue, courbée sur elle-même , glabre , avec une teinte enfumée aux ailes et à la tête , tandis que l'abdomen et les pattes sont d'un jaune vif. Les antennes sont arquées et placées en travers des yeux. Le segment anal est comme tridenté , et la première paire de pattes déborde un peu la raquette rabattue de l'aile. Ayant eu sous mes yeux un grand nombre de ces pupes au moment de l'éclosion de l'Insecte ailé , j'ai pu me rendre témoin des manœuvres qui précèdent et accompagnent cette éclosion. La nymphe à terme vient en quelque sorte frapper à la porte de son étroite prison. Les trois segments du thorax s'ouvrent aussitôt à (I ) Rcehcirlwx sur l'iinnl. et les miHitnwrph, d'Iiis. , ouvrage posthume de Lyo- net, publié par De Haen en 1832, p. 189, pi. 17. L. nUFOUR. — SUR LE SUBDLA CITRU'ES. 11 la ligne nnklianc par une fente droite et nette qui se continue parfois jusque sur le premier segment de rnijdomcn. Le pseiido- céphale n'est nullement intéressé dans la rupture médiane , il conserve son intégrité. Alors apparaît à la syiiipiiyse dessoudée la tête de la nymphe, qui , par d<^s mouvements successifs presque insensibles , auxquels le bout tridenté de l'abdomen fournit sans doute un point d'appui , s'y engage progressivement jusqu'aux deux tiers de la longueur du corps. A son tour la tunique nym- phale s'éraille à la région dorsale du corselet par un large hiatus où l'on voit poindre le front intumescent du Diptère. L'impres- sion de l'air et de la lumière, le besoin de la liberté, semblent activer le travail de sa délivrance. Il dégage ses antennes de leurs fourreaux arqués, qui demeurent en place; petit à petit il sou- lève, déploie ses ailes encore tendres, et retire ses pattes de leurs six gaines linéaires; il se débarrasse de ses langes , frotte ses yeux avec les brosses tarsiennes, lisse ses ailes, essaie une promenade et finit par hasarder le vol. Si, après l'essor de l'Insecte , vous ramenez vos regards sur son berceau , vous trouvez , à la fenêtre thoracique de la pupe , le domino de la nymphe avec sa textm-e membrano-scarieuse qui lui donne une certaine roideur. Vous y reconnaissez la vaste anfrac- tuosité qui a donné issue au Diptère, et votre œil pratique sait y distinguer l'ébauche de toutes les parties du corps. Mais là ne se bornent point toutes les inspirations ?uggérées par le miraculeux déroulement de cette triple vie. Ces dépouilles inanimées de la pupe et de la nymphe ont aussi une destination providentielle ; elles vont payer au sol leur mince mais positif tribut d'engrais, concourir à la formation de l'humus , source de toutes les existences , et ce tribut va s'accroître bientôt du ca- davre du Diptère lui-même; car celui-ci, dans sa vie passagère, doit avant tout satisfaire à sa mission innée de propager l'espèce , de fonder une progéniture qu'il est condamné âne pas voir pro- spérer. O inconcevables décrets de la création ! c'est ainsi que pour le perpétuel maintien, pour l'éternel renouvellement des har- monies universelles, la prévoyante nature sait mettre à contribu- tion et la vie et la mort. 12 L. DiroUK. — SI;R I.E SUBULA CITRU'ES. 3' Insecte ailé. Subuin cUripes, Nob. Subule aux pieds cilron. Nigra, albido-sericeo-pubescetis , ore, palpisjinea latéral i Ihoracis, scutello, halteribus, pedibusquc cum coxis (lavu-citrinis ; abclo- mine penilus nigro ; larsis apice nigrescentibus , antennis atris capite longioribus ; ijenilalibus leslaceis; alis immaculalis. — Lotig. 8-10 milliin. IJab. in sylvaticis Gallici' meridionalis occidentalis. (Saint-Sevcr.) Tout 1g corps noir, à duvet gris-blanc , soyeux , plus dense or- dinairement sur les côtés du corselet qu'à la ligne médiane, plus fourni au bord postérieur des segments abdominaux, où il simule parfois des bandes. Aucune trace de traits jaunes h l'abdomen. Antennes plus longues que la tète, avec les deux premiers articles courts cupuliformes. Un trait jaune bordant le corselet depuis l'o- rigine de l'aile jusqu'à l'épaule. Ecusson jaune à bords basilaires noirs. Cuisses postéiieures non sensiblement renflées. Couleur jaune citron prenant une teinte roussàtre après la mort. Mâle un peu plus petit; bout des branches du forceps copulateur en cuil- leron arrondi. Oviscapte de la femelle termine par deux tenta- cules vulvaires ovalaires , velus. Cet Insecte, quand on l'inquiète , relève son abdomen comme les Staphylins , mais sans le courber. Quelque chose sur la pupe du Sulmla morginata. J'ai fait pressentir que la pupe des Subula et de quelques genres voisins donnait une assez juste idée de la larve. Lorsqu'en mai 18Û0 je découvris, dans le bois décomposé d'une vieille souche de peuplier, les larves du Subida iiiarginala, Meig. , j'omis d'en consigner dans mes notes la description et le croquis, et je me vois aujourd'hui obligé d'y suppléer par l'étude de la pupe que j'ai sous les yeux. Quand il s'agit d'établii' des différences entre de petits objets, et que pour ces différences , qui ne résident pas dans les formes générales, il faut interroger des détails de texture intime , on est excusable d'être scrupuleux et même minutieux dans ce parallèle. La pupe du Subula marginala a une taille, une forme, une L. Dl'FOL'R. — sur. I.F. SCBIJF.A CITniPF.S. 1 S rompositioii scgmcntaire , une stnicturo d'ensemble qui lui donne une grande conformité générique avec celle du cilripes. Mais rentoniologie bien comprise deviendra dorénavant plus exigeante, et le temps n'est pas loin oii il faudra donner le signalement spé- cifique des larves et des chrysalides comme celui des Insectes pai'faits. Ce sera là le complément de leur histoire. La pupe du S. marginala est lisse , glabre , d'un brun clair uniforme. Ses segments n'oflVent pas sur leurs côtés ces soies qui existent dans le cilripes. Une boime loupe, bien éclairée, con- state an tégument une fine et très légère réticulation à mailles ])leines arrondies, sans aucun relief. Nulle trace de granulations. ]>e pseudocéphale, uni sur ses bords, oITre de chaque côté une ligne enfoncée , un sillon qui ne se voit pas dans le citripes. Les segments thoraciques sont tout à fait lisses, tandis que les sui- vants ont, tout près de leur bord antérieur, une série transversale de fort petites aspéril(''s sous formes de poinis. Le dernier segment liréscnle de cliaque côté, en arrière, comme une petite dent à laquelle aboutit un sillon latéral. Rien de semblable ne se voit dans la pupe du citripes. EXPLICATION DES Flf.lT.ES ( Les figures rehilives a ce Mémoire se trouvent à la l'I, 17 du précédent volume.) Fig. ii. Larve grossie du SubuUi citripes. Fig. 12'. Mesure de sa longueur naturelle. Fig. 13. Portion antérieure de cette larve, considérablement grossie. ((,(!, éminences tégumentaires du pseudocéphale, simulant des yeux , avec les soies lancéolées de celui-ci. b, mandibules adossées sortant du promuscide; celui-ci avec ses deux paires de soies. c, stigmate antérieur ou protlioracieiue. Fig. 1 4. Portion postérieure de cette même larve considérablement grossie. a,a,a,a, les quatre tubercules pilifères du dernier segment avec leur texture granuleuse. 6, capsule renfermant les stigmates postérieurs. c, pénultième segment, pour mettre en évidence la lexUire granuleuse du tégument et les séries transversales des poinis saillants. Fig. 15. Pupe grossie du SubiUa citripes. Fig. 16. Mesure de sa longueur naturelle. Fig. 17. Nymphe grossie retirée de cette pupe. Fig. 18. Celle-ci plus grossie o, dépouille de la nymphe resiée, après l'essor du Diplere , à la fenle llio- racique de la pupe. Fig. 19. Pupe grossie du Sububi murginiitii. ill L. DllFOlIB. — sur. LE CASSIDA MACUI.ATA. Fig. 'iîO. Mesure de sa longueur naturelle. Fig. '21. Portion plus grossie de cette pupe, pour mettre en évidence et la sur- face Enement réticulée du tégument . el la série des petites aspérités poncti- formes. HISTOIKE DES MÉTAMORPHOSES DU CASSIDA MACULATA; Far M. I.ÉOJN DUFOUH. 1" Larve. Larva hexapoda, cephala, ovata, depressa , virescens , capilc soin niijro; appendicibus marginalibiis liirsutis, ùithoracis seginentis lentis, in ahdominalibus itnico, posticis duobusmiillo lomporibus merdifieris, — Lotuj. 8 millim. Hab. in summitalibus imdœ dysentericœ. Tous les entomologistes savent que Réaumur a fait connaître les métamorphoses du Cassida viridis , de Géer celles du C. ligriiia Latreille en partie celles d'une Casside de Saint-Do- mingue ; mais tous ne savent pas que Geoffroy et même Lyonet ont trrs défectueusement décrit et figuré celles du C. maculata, qui fait le sujet de mon écrit. .Te ne prétends donc pas enrichir la science d'une découverte, je veux seulement servir ses exigences actuelles en lui offrant une révision d'un fait mal compris et sur- tout mal représenté. L'historien des Insectes des environs de Paris, en étudiant les métamorphoses de sa,Casside panachée {C. maculata. Un.), s'est laissé entraîner à des négligences ou à des méprises graves, qui ont permis à l'erreur de se glisser dans la science et dont celle- ci réclamait le redressement. Un coup d'œil comparatif jeté sur les figures de la larve et de la nymphe dans la planche de Geof- froy et dans la mienne , met en évidence palpable une si énorme différence, qu'ajuste titreon pourrait regarder ces portraits comme n'appartenant pas au même type, quoique l'insecte parfait, fidè- lement représenté par cet auteur , soit identiquement l'espèce dont j'ai suivi les métamorphoses. Après avoir nnlreméiit réfléchi sur cette singulière dissemblance, j'ai acquis la conviction intime que le dessinateur auquel Geolfroy aura pu donner pour modèle r,. DUPOUR. — si;u i.e oasstdv maculat/v. . If) les figures de la larve et de la nymphe du Cassula viridis dans l'ouvrage de Réaumur, loin de chercher à imiter la nature qu'on avait sans doute mise sous ses yeux, aura trouvé plus facile , plus expéditif de copier servilement ces figures gravées sans en indi- quer la source. Dans le dessin de Geolïroy comme dans celui de Réaumur, le prothorax de la nymphe, d'une configuration très incorrecte, est bordé de cils fascicules ou ramcux, ce qui n'existe nullement dans les nombreux individus du maciilala qui ont passé sous mes yeux. L'iconographe de Réaumur a aussi bien mal saisi ces cils dans la nymphe du viridis , où je les ai trouvés tout à fait simples. Je n'insiste pas davantage sur ce qu'il y a d'évi- demment défectueux dans les figures, qui dans l'ouvrage de Geoflroy représentent la larve et la nymphe attribuées à sa Cas- side panachée, qui, je le répète, est bien la même que celle dont je vais essayer l'histoire. C'est encore cette même espèce dont le célèbre Lyonet dans ses œuvres posthumes (1) a, contre son ordi- naire, si mal exposé les métamorphoses. Je crois donc rendre un véritable service à la science, en substituant à ces descriptions in- complètes , vagues et erronées , des faits rigoureusement établis. Je ne reviendrai pas sur ce que j'ai déjà exprimé dans le signa- lement aphoristique de la larve du Cassida maculala , signale- ment en partie applicable à d'autres espèces du même genre. J'ajouterai que la tète , la seule partie noire de la larve , ne dé- borde le thorax que par un segment de cercle. Un ou deux traits longitudinaux obscurs s'observent souvent à la région dorsale et dépendent des ingesta du canal digestif. Les trois compartiments thoraciques sont difficiles à distinguer, et ils n'ont été ni men- tionnés ni figurés par les vénérables auteurs dont j'ai parlé , mais une loupe attentive et pratique parvient à les constater. Le prothorax est plus grand que les suivants , et tous trois ont de chaque côté trois pointes hérissées, tandis que les segments abdo- minaux , peu marqués aussi , n'en ont qu'une seule. Outre ces pointes marginales, il y a sur la région dorsale quelques petits poils roides disposés en séries transversales. Enfin le corps se ter- mine en arrière par deux filets fort longs, que Réaumur désigne sous le nom de fourche, et dont je ferai bientôt connaître la cu- (I) l'ai-'c I Kl, |]l. I-', li;r. 7-12. IG L. ni;Foi;R. — suiî i.f. cassida mvciii.ata. rieuse destination physiologique. Après celte esquisse des princi- paux traits extérieurs^ abordons des considérations d'un ordre plus élevé, exposons les actes de cet organisme, et sachons leur appliquer une physiologie rationnelle. Ces larves, ainsi que leurs congénères, ont la singulière habi- tude d'entasser au-dessus de leur corps leurs excréments supportés par un pivot tégumentaire mobile, et c'est là un trait qui les dis- tingue de celles des Crioceris, qui, elles, sont salies par l'applica- tion immédiate des excréments. Ceux-ci, au lieu de constituer une masse informe comme dans les Cassida viridis et tUjrina , sont , dans le maculata, filiformes et groupés en un faisceau ou en un buisson plus ou moins relevé. La larve exotique si bien décrite par Latreille (1), et qu'il soupçonne appartenir à son Cassida. H maculata, est encore plus recherchée pour la fabrication de ce manteau, puisque ses déjections, d'une Iniesse presque capillaire, sont disposées en deux faisceaux réunis formant des ovales con- centriques. Vous allez voir combien la nature est ingénieuse, féconde et conséquente dans ses créations. Puisqu'elle avait destiné notre larve de Casslde à se fabriquer avec ses excréments un manteau soit pour protéger, abriter son corps, soit pour masquer sa pré- sence à ses ennemis , soit pour atteindre je ne sais quel autre but, il fallait bien que tout, dans ce petit organisme, objet de ses sol- licitudes conservatrices , concourût à servir cette faculté instinc- tive de l'animal, conséquence irrécusable d'une organisation donnée. Ainsi, elle a voulu que l'échafaudage excrémentitiel eîit pour axe mobile les deux filets postérieurs du corps , et dans ce but elle a créé ceux-ci bien plus longs que les autres. Et voyez comme leur forme, leur structure, sont adaptées à cette distination fonctionnelle ! ils sont effilés par leurs pointes pour s'insinuer avec facilité au milieu du buisson , et peut-être pour diriger par leur souplesse intelligente les matériaux de cette construction. Leur base insensiblement épaissie, pour maintenir et serrer le faisceau, est garnie de poils destinés aussi à retenir, k fixer ces matériaux. A l'insertion de ces filets au panicule tégumentaire, sont des mus- cles spéciaux qu'un Lyonet seul pourrait mettre en évidence , et (1) Hist. Crusl. et Ins., t. XII, p. Hi. I,. DL'FOl'R. — SUR LE CASSIDA MACUIATA. 17 qui donnent à ce double axe la faculté ou de se projeter d'arrière en avant pour couvrir le corps, ou de se redresser perpendiculai- rement pour laisser à celui-ci , dans les moments de sécurité , le bénéfice de l'air et de la lumière , ou de se renverser en arrière, en un mot , de jouir d'une mobilité soumise au vouloir de l'in- secte. Mais vous n'avez pas fini d'admirer. La construction de ce manteau si insolite , de ce buisson protecteur, avait besoin , pour établir et fixer les premières assises stercorales, d'une fondation, d'une base favorables. Prenez une simple loupe, et vous trouverez que cette base est formée par la peau fouillée, ratatinée de la pre- mière mue de la larve. Ne dirait-on pas que les pointes hérissées des côtés du corps, qui ne semblent aux regards inexpérimentés qu'une élégante frange, un simple ornement, mais qui, dans le fait, sont des prolongements tégunientaires servant ou de tenta- cules , ou d'armes défensives, ne dirait-on pas que la nature dans ses prévisions a eu pour but secondaire de faire servir les aspé- rités de cette dépouille à la construction du manteau? Ce qu'il y a de sûr, c'est que ces dernières s'adaptent à merveille à la forma- tion de l'édifice. Et que seraient devenues ces sages , ces savantes précautions , si l'animal eîit eu des déjections liquides, s'il eût été exposé à la diarrhée, ou même, comme on le voit si souvent, si la pâte sterco- rale se fût à sa sortie divisée en crottins libres? Mais vit-on jamais la nature inconséquente ou en défaut? Elle a donc doué l'insecte de cette trempe de tempérament , de cette faculté digestive , qui devaient donner à l'excrément une mollesse propre à se mouler, à son passage à l'anus, en cylindres filiformes ; et ces cylindres, par leur exposition à l'air, devaient, sans nuire à la cohérence de leurs éléments, perdre l'humidité qui, jusque là, avait été indispen- sable pour acquérir une solidité devenue nécessaire. Et comment diriger sur un échafaudage placé au-dessus de la région dorsale du corps, ces moellons stercoraux, si l'anus dirigé en arrière, comme dans la plupart des animaux , eût seulement consisté dans une ouverture munie de son muscle constricteur, de son sphincter pour l'expulsion de la matière fécale? Telle n'était pas toute la destination physiologique de cet organe. L'anus n'est ^' série. Zdul. T. VII. (.lanvier 1S17.) 2 2 IS L. MJFOIJR. — SUR LE CASSIDA IIACIILATA. point , comme le croyait Réaumur, placé entre les branches de la fourche, maisloien, ainsi que l'avait viiLatreille, en arrière et en dessous de la base de cette fourche. Il faut observer vivante nôtre larve Onthophore, il faut la surprendre à l'œuvre , en se ména- geant des conditions opportunes , pour juger de ce qui se passe au moment d'une défécation destinée au double but, et de débar- rasser le rectum du résidu fécal , et de faire servir celui-ci à la construction du buisson ou manteau stercoral. Pour atteindre ce dernier but, le rectum a été organisé de manière à franchir ses limites ordinaires, à sortir en partie du corps, à former un pro- lapsus, à exécuter des mouvements soumis à l'empire de la vo- lonté , à se porter d'arrière en avant vers la région dorsale pour pousser, implanter le cylindre stercoral au point du faisceau qu'il doit occuper. Et quand l'animal sent qu'il y a adhérence conve- nable du cylindre, le rectum rentre en lui-même, se retire dans le corps pour en ressortir plus tard avec un nouveau fil stercoral, jusqu'à conclusion de l'œuvre. Admirez , je vous prie , combien d'actes, combien de manœuvres se combinent pour l'érection dé- finitive de ce monument friable et fugitif! 2° Nymphe. Nympha nuda, affixa; prothorace magno, semicirculari , clypei- formi,cilialo, ciliissimpHcissimis, !i intermediis majoribus, as- periilis; abdomiiiis scgnientis qvinque, utrinque in laminam aru- minalam cilialuiii produciis ; larvœ spolio poslice recalcalo ; stigmatibus abdoininalibus ulrinque quatuor orbiculatis. — Long. 5-6 millim. Hab. in summilatilus inulœ dysenlericœ. Après quelques jours d'une alimentation active et d'une lente ambulation sur les feuilles de la plante qu'elle habite, l'heure de la métamorphose en nymphe sonne. La larve cesse de manger, s'arrête, se fixe , se débarrasse de tout l'échafaudage stercoral par la rétraction de l'axe fourchu. Pour la seconde fois elle se déshabille , mais non pas complète- ment; elle se contente de refouler sa dépouille vers la partie pos- térieure du corps, oti elle demeure chiffonnée avec tout le luxe de ses appendices frangés , qui contribuent encore h assurer une L. MForR. — SIR m; rAssjn\ imacilata. 1î) fixation devenue nécessaire à la métamorphose définitive. Dans cet état de iiymplie immobile . sa tète a disparu sous un large bouclier en hémicycle bordé de petits cils simples, dont quatre plus longs occupant le milieu de son bord antérieur ont seuls de fines aspérités. A sa région ventrale, les fourreaux des futures an- tennes de la Casside se dessinent par deux filets articulés, droits, couchés le long des cùtés du corps, et ses six pattes par des reliefs peu distincts plus ou moins ployés. Les segments qui suivent le bouclier ont revêtu des formes particulières, un ornement nouveau. Au lieu des pointes hérissées et bien plus nombreuses de la larve, cinq d'entre eux se prolongent latéralement en autant de lames triangulaires et acérées, ciliées aux deux bords ; et à la base dor- sale des quatre premières, se font déjà remarquer, sous la forme de points ronds, quatre paires de stigmates dont la première semble se (lerdre dans une tache noire. Kniin , sous cet élégant domino s'élabore dans le silence et le mystère , se crée de toutes pièces , dans le court espace d'une semaine, l'insecte parfait, le coléoptère appelé Casside. Pour sa mise au monde, le bouclier de la nymphe s'ouvre de bout à fond par une fente médiane bien nette, une véritable dessoudure dont la Casside écarte les panneaux, le plus souvent sans les déchirer. Cette dernière enveloppe fœtale, ce singulier amnios d'une finesse et d'une consistance pelure d'ognon , d'un lilanc subdiaphane, d'une propreté parfaite, demeure en place, et la loupe y reconnaît encore, non sans admiration, les appendices et les franges de la tunique iiymphale. 3° Insecte parfait. Cassida viaculala et C mitrrœa. Lin.. Syst. iiat., H, p. 575. — Fabr., etc. La Casside panacliée, (Jeoiïr.. tns. Par., I, 31 4, pi. 5. fig. 6. Scarabée voltigeur n° 2 — Lyonet, CEuv. poslh., p. t 19, pi.12, fig. Il, 12. 11 serait superllu de décrire une espèce , connue depuis un siècle et inscrite dans tous les ouvrages d'entomologie. La cou- leur foJid vert passe au roussàtre dans le même individu ; ainsi c'est là une variation sans valeur. Dans ses trois âges, la Casside tachée se trouve sur Yinula dyseiitericn, plante des lieux hu- mides de toute l'Europe. (îyllenhal l'a abondamment rencon- trée en Suèdi' sur Viiuila salirino , niiiuellr pi'euNP do l'instiml 20 L. nUFOlR. — SIP. LE CASSIDA MACll.J^TA. botanique des insectes dont j'ai déjà fait connaître plusieurs exemples. Noie sur un Eulophiis parasite des larves du Cassida maculata. Quel enlomologiste, adonné à la recherche et à l'éducation des larves et des chrysalides, n'a pas remarqué qu'elles étaient déci- mées par des parasites? C'est presque une loi générale que le pa- rasitisme , une loi de pondération pour maintenir les espèces dans de justes limites. Lorsque la larve du Cassida mandata , à même de subir sa transformation en nymphe, prend une teinte rembrunie et de- vient immobile , c'est qu'elle est piquée par des parasites , qui , pressés eux-mêmes par le besoin de leur métamorphose, ont porté une atteinte mortelle sur les viscères et les tissus intérieurs de la Casside. Celle-ci cesse donc de vivre, et au bout de peu de jours on voit éclore par les érosions, les déchirures du tégument, un très petit hyménoptère de la famille des Pupivores de Latreille , ap- partenant au genre Eulophus, et que je caractériserai de la ma- nière suivante : Eulophus cassid;E , Nob. Nigro-cœruleus, nitidus, tibiis tarsisque pallidis ; antennis piceo- nigri.s , seao articulatis , arliculis duobus primis glabris , céleris villosis , itllimo in mare elongato, in fœmina rolundalo; alis enerviis, villosis, calo rufescente, capilellatu. — Limy. l 1/2 //////. llab. in hirris Cassidœ rnacxdatœ. FAPLICATIOK DES FIGUISES. (Lesfiguresrelalivesàce Mémoire se Iroiiventii laPt 17 du volume précéflent.) Fig. 22. Larve de Caxsida macutola, recouverte du faisceau ou buisson stercoral. — a, anus et prolapsus du rectum, lorsque celui-ci pousse le cylindre stercoral pour la construction du faisceau. Fig. 23. Mesure de la longueur naturelle de celte larve. Fig. 21. La même larve encore plus grossie et débarrassée du faisceau stercoral. — a. tête. — b,b,b,b.b.b, les six pâlies et les trois pointes hérissées latérales de chacun des trois segments du thorax. — c,c, les pointes hérissées, solitaires, des segments abdominaux. — d,d, les deux longs filets postérieurs destinés à former le double axe du faisceau ou manteau stercoral. Fig. 21), Nymphe fort grossie de cette Casside. — ii.n, prothorax en hémicycle. — b,b, les deux paires de cils plus longs, garnis d aspérités. — c,c, les seg- ments abdominaux, avec leurs prolongements latéraux en lames ciliées et les stigmates. — d.d, la dépouille tégumenlaire de la larve, refoulée à la partie postérieure du corps de la nymphe. 21 OBSERVATIONS SDR LA PÉTBIFICATION DES COQUILLES DANS LA MÉDITERRAINHE; Far MM. MAUCEI. DE SE&RES et L. FIGUIER. Toutes les recherches de la géologie moderne semblent prouver que rien n'est changé dans l'ordre de la nature , et que les mêmes causes ont présidé aux faits accomplis dans les premiers âges du monde , et à ceux que nous voyons aujourd'hui se réaliser sous nos yeux. Cependant quelques faits ont paru jusqu'ici devoir échapper à cette communauté d'origine, et la pétrification des débris organisés, au milieu des terrains géologiques, est journel- lement présentée comme un argument des plus sérieux contre cette loi générale. Peu de personnes accepteraient , en effet , sans difficulté , ce fait, incontestable cependant, qu'il se forme aujourd'hui,, dans le sein des mers , des pétrifications des coquilles qui , sous le double rapport de la composition chimique et du mode de pétrification, sont entièrement analogues à celles qui se sont formées dans le bassin de l'ancienne mer. L'objet de ce Mémoire est de démontrer ce fait général et d'étudier les phénomènes à l'aide desquels il s'accomplit. Nous espérons prouver en même temps que les grès chargés de débris de Mollusques qui couvrent, comme on le sait , de si vastes étendues dans les terrains tertiaires, trouvent leurs ana- logues dans des roches coquillères de formation récente, qui prennent naissance , de nos jours , au milieu de la Méditerranée. I. Du mode de pétrification des corps organisés dans les temps historiques et géologiques. .Si l'on raisonne d'après les faits qui s'accomplissent de nos jours , certaines conditions semblent nécessaires pour produire la pétrification des corps organisés , ou , si l'on veut , ces pétrifi- cations ne s'observent que là où ces conditions sont réunies. On peut admettre , sans trop d'invraisemblance , que les mêmes cir- ±2 MARCEL DE SERRES ET FICiUIER. constances ont été nécessaires à l'accomplissement de ce phéno- mène pendant les époques géologiques. Pour que les débris organiques se pétrifient, c'est-à-dire pour que la matière organique qu'ils renferment se trouve remplacée par une matière minérale qui en retrace la forme et les linéaments les plus délicats, il faut selon nous : 1° que ces restes se trouvent plongés dans de grandes masses d'eau ; 2° que les eaux contien- nent, avec une certaine abondance, des sels calcaires ou siliceux. Il est facile de concevoir que la première de ces conditions a dû se présenter constamment pendant les temps géologiques, aussi bien pour les espèces organisées déposées dans le sein des mers, que pour celles qui se sont précipitées dans les eaux douces. Il suflit, pour s'en convaincre, de comparer l'étendue que pré- sentaient les mers dans les temps qui n'ont eu aucun homme pour témoin, avec celle qu'elles occupent aujourd'hui. En effet , les eaux qui remplissaient le bassin des mers des temps géologiques , non seulement occupaient de plus grands es- paces, mais encore jouissaient d'une propriété dissolvante plus énergique , à en juger par la grande quantité de matières qu'elles ont déposées à la surface des terrains. Une pareille comparaison , entre les eaux douces de l'ancien monde et celles qui remplissent maintenant les lacs et les points les plus abaissés des continents , amènerait à la même conséquence. Il ne paraît pas, en elfet, que les eaux douces actuelles puissent produire des dépôts aussi considéi'ables que ceux <|u'ont laissés les eaux flu- viales ou lacustres de l'ancien monde. Le l'Ole important que le carbonate de chaux et la silice ont joué dans le phénomène de la pétrification ressort du simple exa- men des faits. La plupart des pétrifications géologiques ont été ])roduites à l'aide du carbonate de chaux. Ce phénomène est tou- jours plus complet lorsque les eaux, dans le sein desquelles il s'est produit , contenaient ce sel en abondance. Lorsque les for- mations gypseuses renferment des débris organiques , ce qui est fort rare pour ceux des Mollusques, ces débris s'y présentent dans un état de pétrification incomplet, comme il est facile de s'en assurer en ex9,minant les ossements que l'on y rSHCojîtye. J'iiTlilKlCATION DES COQUILLES. 23 11 en est de même pour la plupart des terrains arénacés et les dépôts argileux , où les coquilles conservent aussi bien leur têt que dans les terrains gypseux. C'est, en elTet , au milieu des marnes et des sables que les débris de la vie des temps géo- logiques se sont le mieux conservés et se trouvent le plus fré- quemment. La silice est, après le carbonate de chaux, l'agent le plus fréquent de la pélrificaîtion ; elle l'emporte même sur le carbonate de chaux par la fidélité et la délicatesse avec laquelle elle repro- duit jusqu'aux derniers linéaments des débris organiques. Du reste, certaines particularités de ces corps organisés ne paraissent pas avoir été sans inlluence sur les pseudo-morphoses siliceuses. Ainsi les parties des corps qui ont présenté assez de consistance pour conserver leur forme durant le temps nécessaire à la pétrification sont presque toujours à l'état calcaire , et celles dont la consistance est moindre sont passées à l'état siliceux. On voit souvent les ligaments des Gryphées métamorphosés en silex , quoique leur têt soit pétrifié en calcaire. La plupart des Alcyons et des Éponges fossiles sont presque toujours transformés en silex. De même les noyaux de ces coquilles sont plus souvent métamorphosés en silex que leurs têts. Les Ananchites et les autres Échinides du grès vert , dont le têt est presque toujours calcaire, ont dans leur intérieur un noyau siliceux , qui souvent en remplit toute la capacité. On dirait quelquefois que la matière animale en est sortie comme exprimée par une pression mécanique. Enfin des Zoophytes siliceux se montrent souvent disséminés au milieu des roches calcaires, ce qui semble indiquer l'espèce d'attraction élective de la matière animale pour la silice. Le carbonate de chaux et la silice ne sont pas les seules sub- stances qui ont concouru à la pétrification des corps organisés de l'ancien monde. Le peroxide de fer anhydre ou hydraté et le sulfure de fer sont dans ce cas. En elTet, les Ammonites sont quelquefois transformées en oligiste ou en limonite ; plusieurs de ces Ammonites, en partie ferrugineuses, n'en sont pas moins calcaires , comme les terrains dans lesquels on les rencontre; sou- vent même elles sont pyritisées. 2A. IHARCEi> DE iSEBRES KT riCi|]IER. A cette explication de la pétrification des débris des corps or- ganisés par voie de dissolution préalable , on objectera peut-être que le carbonate de chaux et la silice , qui sont les agents les plus habituels du phénomène , sont naturellement i)isolubles dans l'eau. Mais l'on sait que le carbonate de chaux se dissout dans un excès d'acide carbonique, surtout à l'aide d'un accroissement de pression , et le bicarbonate de chaux se rencontre dans les eaux de la mer en proportion notable. Quant à la silice , l'action des alcalis , l'élévation de la température , l'état gélatineux ou naissant, en provoquent, comme on le sait, la dissolution. La so- lubilité qu'elle acquiert dans ces circonstances permet de conce- voir la formation des zéolithes et des amygdaloïdes , que l'on rencontre si fréquemment dans le voisinage des roches ignées. Enfin , dans certaines circonstances , la silice est enlevée aux roches qui la contiennent par la chaleur seule des eaux. C'est à un elfet semblable qu'il faut rapporter l'origine de ces dépôts si- liceux qui s'opèrent en si grande quantité en Islande au pied des Geysers. M. Dumas admet que , dans ces cas particuliers, la si- lice est dissoute par le choc réitéré de la vapeur d'eau qui s'é- chapj)edes sources chaudes. Les sources thermales de cette con- trée contiennent, en effet, une quantité très notable de silice à l'état de dissolution , maintenue par le double effet de la chaleur et des alcalis. L'augmentation de |)r(>ssion n'est p;is peut-être non plus sans iniluciicc sur la solubilité de celte terre. On est tenté de le croire, lorsqu'on voit la silice exister en dissolution dans la plu- part des eaux souterraines , telles que les sources minérales ap- pliquées à l'usage médical. Rnfin , quand on remarque qu'un grand nombre de végétaux présentent dans leurs tiges et dans certaines de leurs membranes des quantités notables de silice, et lorsqu'on retrouve la silice en dissolution dans les eaux de plu- sieurs fleuves ou rivières , on est amené à croii-e que la plupart des eaux douces doivent contenir de faibles quantités de cette substance. Si d'ailleurs on se refusait à admettre le fait de la dissolution i-éelle de la silice dans les eaux qui ont pétrifié les coquilles aux PKTllIIlCAlIOiN l)i;S COQlilLl.liS. 25 temps géologiques , il suflirait , pour rexplication du phénomène, d'admettre son état gélatineux. En elTet , s'il est nécessaire que la silice se trouve à l'état de dissolution pour produire le cristal do roche, c'est évidemment en se solidifiant à l'état gélatineux qu'elle a produit les silex et surtout les agates et les calcédoines. Les observations qui précèdent nous autorisent donc à rappor- ter le phénomène de la pétrification des débris organisés pendant l'époque géologique et pendant l'époque historique, aune substi- tution minérale opérée au moyen de substajices dissoutes dans les eaux, ou s'y trouvant à rélal gélatineux. JI. Des faits qui prouvent qu'il s'opère dans le sein des mers actuelles des pétrilicalioiis aualogues à celles des temps géologiques. Les coquilles abandonnées dans le sein de la Méditerranée par les animaux qui les avaient construites , y rencontrent les condi- tions indiquées plus haut comme indispensables à leur pétrifica- tion. En elfet , elles se trouvent plongées dans des masses d'eau considérables, qui tiennent en dissolution des quantités notables de carbonate de chaux. Ainsi, au carbonate calcaire qui compo- sait la coquille, dans l'état frais, il peut s'en ajouter ou s'en substituer une nouvelle quantité fournie par les eaux de la mer, et qui vient remplacer la matière animale et le carbonate de chaux primitif. C'est aussi ce qu'on observe, et dans des degrés différents, suivant ipie la pétrification est plus ou moins avancée. Nous étudierons plus loin, avec les détails nécessaires, l'en- semble et les divers degrés de ce phénomène ; bornons-nous pour le moment à la simple énonciation du fait qui sera bientôt exa- miné de manière à lever tous les doutes. Mais ce n'est pas seulement sur nos côtes que l'on a pu re- cueillir des coquilles amenées dans notre époque à l'état de pé- trification ; nous avons reçu de l'Algérie des amas de coquilles transformées en un calcaire cristallin d'un blanc et d'un éclat particulier, analogue à celui de l'albâtre. On trouve , dans ces sortes de roches coquillères, de très petits cailloux roulés, en- croûtés par un glacis stalaginilique et cristallin. Le même glacis "2(i MARCEL DE SEBBES ET FIGUIER. paraît être le ciment qui a agglutiné les divers cailloux roulés, si- liceux ou calcaii'es. Parmi les coquilles qui composent ces magma, on voit uniquement des genres ou des espèces de notre épo- que , surtout des Pectonçles et des Bucardes , plus rarement des Univalves. Les oQiciers du génie qui nous ont 3,pporté ces pétrifi- cations coquil 1ères des environs d'Alger, nous ont asguré qu'elles s'y forment de nos jours et qu'elles appartiennent à l'époque his- torique. Cependant, PotnnfïP nous n'avoi)s pas observé nous- mêmes ces amas de coquilles dans les lieux où ils sont disséminés, nous n'osons pas assurer d'une njanière très positive que telle soit réellement leur origine. Nous ajouterons que ce ne sont pas seulement les coquilles qui peuvent être ainsi amenées à l'état de pétrification au milieu des eaux salées. Il est facile de fournir des exemples de pétrification de végétaux accomplis dans les temps actuels, Nous rappellerons d'abord l'observation si curjeuse de M. Lyell. Ce géologue are- connu que les graines de la Châtaigne d'eau (Chara) se pétrifient aujourd'hui en calcaire dans les lacs d'Ecosse , cpmme les graines de ces mêmes végétaux se sont pétrifiées en calcaire dans les eaux lacustres de l'ancien monde. M. le capitaine Baux a ob- servé à l'île de Mogador un l'ait du mèn^e genrg. Pes tiges de Fucus, dont les mêmes espèces vivent dans la mer environnante, sont devenues comme des centres d'attraction pour les sels cal- caires et siliceux. Ces substances se sont précipitées sur les tiges autoui' desquelles elles se sont moulées. Quelques unes de ces tiges, encore incomplètement pétrifiées, conservaient quelques traces du tissu végétal. M. Baux a pu les comparer avec les Fu- cus qui vivent aujourd'hui dans la même mer, et cet examen lui a démontré l'identité des Fucus pétrifiés avec le Fucus nulans. M. Balst de Bombay (1) a découvert , dans les environs du Caire, une forêt qui était tout entière convertie en silex ; les vais- seaux , les rayons médullaires , et même les fibres les plus ténues y sont encore distincts. Les arbres pétrifiés ont jusqu'à IG et 18 mètres de longueur. Ce phénomène s'étend sur une surface (I) L Institut, avril 1846, page 116. l'liTBU•'ICA■^o^ dus coQUiLLua. il de plusieurs centaines de milles. Tout le désert qui traverse le chemin du Caire à Suez est parsemé de ces arbres , qui semblent s'être pétrifiés sur place et dans Tépoque actuelle. Du moins cetie forêt n'est recouverte que par des sables et des graviers. Ceux- ci et les arbres qui y sont ensevelis reposent sur des calcaires qui contiennent des Huîtres dont la texture et la couleur sont si peu altérées , qu'on les croirait abandonnées tout récemment par les eaux de la mer. H est donc probable que ces matériaux appar- tiennent à notre époque , et l'on peut invoquer ce fait intéressant comme une preuve à l'appui de la transformation des cof|uilles vivantes en carbonate calcaire nouveau (1). Nous pouvons ajouter enfin que les eaux de la mer ne sont pas les seules qui puissent réaliser la pétrification des coquilles dans l'époque actuelle. 11 existe dans l'Inde, sur le territoire de Kurneel, une source thermale qui forme des dépôts calcaires abondants, et dans laquelle on découvre de nombreuses coquilles d'eau douce du genre des Mélanies et des Planorbes. Ces coquilles, dans di- vers états de pétrification , en présentent quelques unes entière- ment converties en calcaire spathique, d'autres ne conservent que leur moule intérieur ; il en est enfin qui sont recouvertes par des cristaux de quartz, tandis que chez d'autres ces cristallisations sont à l'état rudimentaire. Les dépôts coquillers formés par la source thermale de Kurneel ont une consistance analogue à celle que présentent les tufs siliceux des sources chaudes des Geysers de l'Islande. Quoi qu'il en soit , la transformation des coquilles des Mélanies et des Planorbes vivantes en matière siliceuse , est un fait bien plus surprenant que la conversion des coquilles de la Méditerranée en matière calcaire différente de celle qui les con- stituait primitivement. (1) A colé de ces fails, que nous n'avons pu conslater par nous -mômes, nous ajouterons les deux suivants, qui ont une grande valeur pour l'objet qui est en question ici. Le Ciirdium edule pétrifié forme , dit-on , des bancs considérables à l'embou- chure de la Somme. A Cancale, les coquilles d'huitres qui sont rejetées a la mer, après avoir paru sur les tables, s'y pétrifient comme le font nos coquilles dans la Méiliterranée. Si ce dernier fait est exacl, il est évident qu'il répond à toutes les objections. 28 IHAKIEL DU SERBES lil FIGLIEK. Les faits que nous venons de passer en revue démontrent sufli- samment , nous le croyons , la réalité du phénomène de la pétri- fication des coquilles dans les temps actuels , et lui prêtent de plus un caractère de généralité remarquable. Nous devons main- tenant examiner de plus près le phénomène , en suivre la marche et signaler les différences qu'il peut offrir, selon la diversité des espèces. III. De la marche et des différents degrés de pétrification des coquilles. La condition indispensable pour que les coquilles se pétrifient à notre époque , c'est qu'elles restent pendant très longtemps sub- mergées dans la mer. Simplement abandonnées sur le rivage , elles s'exfolient et se désagrègent , mais ne se pétrifient pas. Tout se réduit alors à une destruction lente, mais totale , dont la promptitude dépend des circonstances extérieures dont ces corps ressentent l'impression. Mais les phénomènes sont bien diffé- reirts pour celles qui restent plongées dans les eaux. Les coquilles aba)idonnées par les animaux qui les habitaient, et principalement celles qui s'arrêtent à la proximité du rivage , roulent longtemps ballottées par les vagues. La première modifi- cation qu'elles éprouvent consiste dans l'altération de leurs cou- leurs. Ainsi décolorées , elles sont souvent rejetées sur les côtes , où elles abondent après les gros temps et les vents violents. La perte de leurs couleurs naturelles est la première impression res- sentie par les coquilles et les tuyaux solides et calcaires des An- nélides, enfin par les masses pierreuses des Polypiers ; la se- sonde et la plus ]irofonde consiste dans l'altération de leur substance. Cette altération se manifeste d'abord d'une manière évidente sur les coquilles qui présentent des arêtes ou des côtes élevées. Les cannelures, les parties saillantes disparaissent , et la surface devient unie. C'est ce qu'on observe particulièrement sur les Bucardes à grosses côtes, tels que les Cardium album, trebe- rea , tnberculatmn et aculatum. Les côtes saillantes et les inter- valles osseux dont l'apparence est si manifeste chez ces espèces dans l'état frais, laissent des traces à peine sensibles de leur existence , quand l'altération est un peu avancée. Cette première PKTriIFICATION DES COQLILI.ES. g 20 modification est surtout sensible chez les l'ectoncles, où elle met souvent à nu la singulière structure c[u'elles présentent au-des- sous de leur lame externe. Les Cithérées perdent aussi leur couche externe , et laissent également apercevoir la structure de leur lame intérieure. A mesure que ces modifications font des progrès, il se précipite, dans l'intérieur des valves des Mollusciues concliyfères, dessables qui s'y agglutinent et s'y durcissent , en retenant parfois enclavés dans l'intérieur de leurs masses des débris plus ou moins considé- rables de coquilles de petite dimension. La matière calcaire qui , par l'effet de cette substitution minérale, se précipite dans la sub- stance même des coquilles , y devient souvent comme une sphère d'attraction pour les sels de toute nature en dissolution dans les eaux de la mer ; par suite de cette attrar/ion , le carbonate de chaux se précipite sur la surface extérieure et dans l'intérieur des coquilles , et y forme une cristallisation souvent très nette et par- fois d'une assez grande régularité. La forme de ces cristaux se rapporte pour la plupart à la variété inverse de Haiiy. Nous avons recueilli un assez grand nombre de coquilles dont le têt a presque entièrement disparu , et qui se trouve remplacé par un carbonate de chaux cristallin , dont l'aspect, la couleur et la transparence n'ont aucun rapport avec celui qui composait primitivement la coquille. La différence est si grande, que, si le carbonate de chaux cristallin n'avait pas conservé la forme géné- rale de la coquille , il serait impossible de reconnaître l'origine de ces nouveaux corps. Nous avons trouvé également un Tri- ton , le rnodifcrum de Lamarck , qui présente des circonstances remarquables. Toutes les inégalités qu'il présente à sa surface extérieure , dans son état frais , ont complètement disparu , et il est devenu presque entièrement lisse; il est transformé en entier en calcaire cristallin. Il présente dans un de ses côtés une perte de substance , et cette ouverture semble avoir livré passage aux sucs lapidifiques qui ont ainsi pénétré dans l'intérieur de sa cavité,et lui ont donné, en s'accumulant, une densité et une dureté très grandes. Nous possédons encore un échantillon curieux d'un amas de coquilles pétrifiées et agglutinées ensemble , recueilli aux 30 MARCEL l>E SERRES ET FIGUIER. environs d'Alger. On dislingue parmi ces coquilles les Murex tranaclus et arenlinus, le i\alica cruentala, les Venus verriicosa, yassina , les Canlium tuberculalum et edule , le Pecten (jlaber, les Peclunculus glycimeris. On y aperçoit également un Lucina pas assez entier pour être déterminable , enlin une Moule assez rap- prochée du Mylilus afer qui vit, comme on le sait, sur les eûtes de la Barbarie. Parmi les individus les plus remarquables de ces dernières localités , et qui , comme ceux dont nous venons de par- ler, ont été transformés en albâtre cristallin , nous signalerons d'une manière toute spéciale un Triton modiferuvi d'une grande dimension; sa taille est presque le double de celui de nos côtes; de nombreux cristaux de carbonate de chaux inverse sont déposés dans son intérieur. Nous possédons enlin un autre fragment d'environ /lO centimètres en carré , composé à peu près entière- ment de valves agglutinées de Pectoncles, lesquelles sont égale- ment transformées en albâtre cristallin. Les valves sont collées les unes aux autres par un gluten de la même nature, tout aussi solide et brillant que celui qui compose les valves elles-mêmes. Cet échantillon , dont nous ignorons l'origine , paraît pourtant provenir de nos côtes , car il existait dans la collection de la Fa- culté des Sciences bien avant que nous eussions formé des éta- blissements en Algérie. Toutes les coquilles n'éprouvent pas dans le sein des mers les mêmes genres d'altération. Le plus souvent les Huîtres et les l'ectens reçoivent seulement, entre les feuilles de leurs lames, des sucs lapidilîques qui les rendent plus solides et plus pierreux que dans leur état frais. Souvent les espèces de ce genre dont les valves sont peu épaisses, telles, par exemple, que VOstreacrislata, s'imprègnent d'un gluten calcaire qui en pénètre la substance, et en colle les valves l'une contre l'autre, de la même manière que cela est arrivé à un grand nombre d'espèces fossiles , surtout à celles des formations secondaires. Quelquefois les valves pierreuses des grandes Huîtres , particulièrement celles de VOstrea edulis de la Méditerranée , se recouvrent extérieurement de cristaux de carbonate de chaux. Lorsque cette quantité est considérable , elle rend ces Huîtres aussi denses que celles des temps géologiques. PKTRIFICATIO'V DKS 0001 riI.KS. " 81 Les valves supérieures des Peignes se revêtent égcâlemênt de petits dépôts calcaires ou sablonneux ; mais ceux-ci n'y sont ja- mais abondants, les valves de ces coquilles n'offrant pas une grande épaisseur. Lorsque la pétrification est arrivée à son dernier terme, le car- bonate de chaux qui composait la coquille dans son état frais a totalement disparu. FI a été remplacé assez généralement par un calcaire cristallin, qui conserve- plus ou moins la forme et la structure de la coquille dont il rap|)elle l'existence. On voit assez souvent les coquilles ainsi métamorphosées en calcaire nouveau, encroûtées par une couche de sable plus ou moins épaisse et constamment durcie. Tous les genresde coquilles ne paraissent pas susceptibles de se pétrifier au même degré ; nous n'avons observé jusqu'à cejour k cet état que très peu d'espèces du genre Vénus. Il en existe cepen- dant un Certain nombre dans la Méditerranée , parmi lesquelles nous citerons comme les plus communes, les Venus (Iccussata , virginea , rvgosa et fjalinea. Cette circonstance est d'autant plus remarquable que ce genre est extrêmement fréquent dans les ter- rains tertiaires , où il est pétrifié, comme la plupart des espèces de cette formation. Il en est de même des petites Tellines, si nombreuses dans la Méditerranée, et qui s'y rencontrent cepen- dant très rarement empierrées (1). Il est enfin un autre genre d'altération que présentent les (1) Noos croyons que les faits contenus dans ce chapitre répondent suffisam- ment à une objection qui nous a été présentée par quelques géologues, et que nous allons reproduire. On a prétendu que les coquilles pétrifiées dont nous avons indiqué l'existence sur les bords de la Méditerranée pouvaient provenir des ter- rains géologiques ; les flots auraient détaché ces coquilles des terrains tertiaires dans les endroits oii ces terrains composent le fond de la mer, et les auraient ensuite rejetées sur le rivage. 11 suffit , pour détruire cet argument , de faire les deu\ remarques suivantes ; 1» On trouve dans la Méditerranée des coquilles affectant tous les degrés de pétrification, depuis leur simple décoloration jusqu'à leur transformation complète en carbonate de chaux cristallin. 2° La structure moléculaire des coquilles pétrifiées dans les temps actuels est très souvent différente de la structure des coquilles fossiles. Les premières offrent Ô'2 MitRCEI, RE KERRRM I:T FIGUIER. coquilles, et dont nous ne dirons que quelques mots, parce qu'il ne se rattache pas assez directement à la question qui nous occupe, et que d'ailleurs il a lieu aussi bien chez les coquilles fraîches que chez les coquilles pétrifiées. Quand les coquilles ou les roches coquillères séjournent pendant longtemps dans la vase, ou dans les flaques d'eau salées qui se rencontrent très souvent auprès des rivages de la Méditerranée, elles y prennent une couleur noire ou d'un bleu foncé plus ou moins intense. Ce changement, dans la coloration des coquilles , ne se réalise guère que sur leur surface extérieure. Il suffit , pour s'en convaincre , de casser une Huître ou autre coquille ainsi noircie , pour reconnaître que cette nuance ne s'étend qu'à quelques millimètres au-dessous de la sur- face ; le reste de la coquille présente la couleur blanche du carbo- nate de chaux. Cette altération est due au sulfure de fer qui s'est formé aux dépens de l'oxyde de fer faisant partie de la coquille, et de l'hydrogène sulfuré , spontanément dégagé lui-même des vases au milieu desquelles les coquilles ont séjourné. En efl'et , si l'on racle la partie noire des coquilles, et qu'on les traite par de l'acide chlorhydrique étendu, en ayant le soin de suspendre dans la fiole où s'opère le dégagement gazeux, un papier imbibé d'acé- tate de plomb , le papier noircit au bout de quelques instants. IV. De la composition cliiniiqiie des coquilles, considérées à l'état frais et à l'état (le pclrificiitioii pendant les temps historiques et géologiques. 11 était nécessaire, pour compléter les observations précédentes de soumettre à l'examen chimique les coquilles pétrifiées pendant les deux grandes époques de l'histoire de la terre. Pour rendre nos résultats comparables, nous avons dû examiner les mêmes espèces qui se trouvent pétrifiées à la fois dans les ter- rains géologiques et dans les mers actuelles , car il n'eût pas été le plus souvent une texture cristalline ; les secondes affectent toujours l'état com- pacte. D'ailleurs , les faits que nous développerons plus tard , à propos des grès co- quillers modernes qui se produisent de nos jours dans la Méditerranée , ne per- mettent pas de conserver de doutes sur la réalité du phénomène important que nous signalons et que nous étudions dans ce Mémoire. PÉTRIFICATION DES COQLILLES. 33 logique de comparer, au point de vue de la composiliou chimique, une Bélemnile ou une Ammonite, par exemple, avec unMactra, un Buccin , ou tout autre genre d'un terrain moderne. Parmi les genres pétrifiés dans les temps actuels, nous avons choisi parti- culièrement ceux qui se présentent le plus souvent à cet état, c'est- à-dire, les Huîtres, les Pectoiicles et les Bucardes. Lnlin, comme à l'exception de l'Ostrea de l'Océan, toutes ces coquilles n'avaient pas été jusqu'ici soumises à l'analyse, nous avons cru devoir analyser chimiquement.toutes ces espèces prises à l'état frais. Voici quels procédés on a suivi dans ces analyses. La matière animale a été déterminée de la manière suivante : on a pris 1 grammes de la coquille réduite en poudre, et privée de l'eau qu'elle contenait par une exposition prolongée à une cha- leur de lûO degrés environ, jusqu'au moment où le poids de la matière restait invariable. Ces 10 grammes de matière, parfaite- ment privés d'eau , ont été calcinés au rouge dans un creuset de porcelaine, pour détruire la matière organique. Comme la cha- leur rouge avait nécessairement décomposé une partie du carbo- nate de chaux de la coquille, on humectait ensuite la matière cal- cinée avec une dissolution concentréede carbonate d'ammoniaque; ensuite, on chaulfait avec ménagement au-dessous du rouge , afin de recomposer, aux dépens du carbonate d'ammoniaque, le car- bonate de chaux détruit. En pesant de nouveau la matière après ce traitement, la perte éprouvée par les 10 grannnes de ma- tière employée, représentait la matière organique détruite. Nous avons essayé de déterminer la matière animale par un autre pro- cédé, car la difficulté de dessécher exactement la coquille sans al- térer la matière animale pouvait laisser quelques doutes, l.a co- quille, séchée seulement par une chaleur de 100 degrés, a été dissoute dans l'acide hydrochlorique en ayant la précaution d'a- jouter cet acide par petites portions , afin d'empêcher la liqueur de s'échauffer. La coquille se dissout , en laissant seulement la matière animale insoluble sous forme de filaments ou de mem- branes déliées, absolument comme quand on traite les os par l'acide hydrochlorique pour en retirer la gélatine. En opérant ainsi , nous avons constamment obtenu une quan- 3' série. Zool. T. VII. (.lanvicr 1 847.) 5 3 3/| MARCEL DE SERRES ET FIGL'IER. tité de matière animale plus faible qu'en faisant usage de la cal- cination, probablement parce qu'une partie de la matière or- ganique a dû se dissoudre dans l'acide chlorhydrique. On sait, en effet , que dans la dissolution de la gélatine des os par les acides , il est impossible d'empêcher la dissolution d'une petite quantité de la substance organique. Toutefois , ce moyen nous a servi à contrôler les résultats de la première méthode et à recon- naître que les rapports des nombres obtenus par les deux modes suivis dans ces expériences étaient les nTêmes. Nous ferons ce- pendant observer que le dernier procédé ne peut pas toujours être mis en pratique pour les coquilles dont la pétrification a lieu dans les temps actuels. En effet, celles-ciretiennent souvent entre leurs lames un peu de sable dont il est impossible de les débarrasser. Ce sable reste donc, après l'action de l'acide, mêlé à la matière animale qui s'y trouve d'ailleurs en très faibles proportions (1). Le phosphate de chaux a été dosé en évaporant à peu près à siccité la dissolution des coquilles dans l'acide chlorhydrique, re- prenant par l'eau, évaporant de nouveau et calcinant légèrement alors le résidu. Repris par l'eau , celui-ci laisse un mélange de phosphate et de sulfate de chaux. Comme le sulfate de chaux au- rait exigé , pour être enlevé au phosphate de chaux , des lavages trop prolongés, on a pesé le mélange , on l'a dissous dans l'acide chlorhydrique , et l'acide sulfurique en a été précipité par un sel de baryte. Le poids du sulfate de baryte a indiqué la quantité de sulfate de chaux, et la différence entre le poids du sulfate de chaux trouvé à celui du mélange primitif, a indiqué la quantité du phos- phate de chaux. Les autres principes constituants des coquilles ont été déter- minés par les moyens ordinaires, en agissant sur la dissolution dans l'acide chlorhydrique. (1) La matière animale retirée des coquilles est azotée et présente les carac- tères de l'albumine coagulée. l'r.TI'.IFICMION DES C.OOl II.I.ES. Èh Tableau des analyses des coquilles vivantes et pétrifiées dans le» temps géologiques et historiques. Matières animales . Carbonate de chaux . ■ — ■ (le magnésie Sulfate de chaux . Phosphate de chaux . Oxyde du fer . . . jiTRES. i Ostivti etlt Laniartk , vu Moauen lis. .le iiiit Ostren eduUs. VarietttsC pet^lli>e^ dans la Méililei lant-i*. Osirêa ùssrz liipprorhée ilc VOilren hif/po- ftus de :i le rruius («■ilmires mmins «iipprieuis ijiliocèue). 3,9 1,5 0,8 93,9 96,3 96,3 0,3 «,l 1,4 1.4 0,7 0,5 0,3 )> » (traces) 1,4 0,8 100,0 100,0 100,0 Matières animales . Carbonate de chaux . — de magnésie Sulfate de chaux . . Phosphate de chaux . Oxvde de fer. . pi;r.TENS. P&vlen g/uber dans Ib Mt'ilileti-ancc. M.. ■ten ^Itiher p.liilie J.i.lS la Pfclcn lie» tcii. » )» 0,4 0,3 » 0,i 0.4 100,0 100,0 100,0 CAUDIUMS. Canliiiin liil'fri iilatiint viviiiil >I.IIIS !.. M.Miluiraiice. Ciintiinit titlfer- cttl'iliiin liL'Iiifii- S. 45 pourvu qu'on mette quelques uns des points de leur membrane testacée en contact avec une gouttelette de semence et de l'eau de mer suffisamment renouvelée. Ce fait, qui me paraît intéressant sous plus d'un rapport, prouve, entre autres choses, que les parties de l'ovaire que les œufs traversent depuis le lieu où ils se sont fonnés jusqu'à leur sortie de l'oviducte, n'ajoutent à leur surface externe aucun enduit, à leur composition aucun élément indispensable à la vie de l'embryon. La durée de la vie embryonnaire de l'Oursin m'a ])aru varier beaucoup (de vingt-quatre à quarante-deux heures) suivant la température et d'autres circonstances. Du reste , les limites de temps entre lesquelles se sont accomplis sous mes yeux les di- verses phases du dé\ eloppement de ce Zoophyte, limites dont j'ai noté ici quchjues unes, ne doivent être considérées que comme des approximations. De treize à quinze minutes après l'imprégnation, j'ai vu, dans plusieurs œufs , la sphère vitelline s'ébranler, puis osciller sur son centre et s'animer bientôt d'un mouvement de rotation assez prompt pour exécuter en quarante-cinq secondes une révolution complète. Dans beaucoup d'autres œufs, le globe vitellin n'a offert à mon observation que de lentes oscillations, qui ont cessé au bout de quelques instants pour ne plus se reproduire. Enfin , dans un bien plus grand nombre d'œufs que j'ai eus constamment sous les yeux pendant les deux premières heures qui ont sui\ i le moment où la fécondation avait eu lieu, la masse vitelline ne m'a présenté aucun mouvement. Je dois ajouter que chez ces derniers le travail génésique ultérieur n'a pas marché moins rapidement que chez ceux où il avait manifesté son activité par le tournoiement de la sphère vitelline. De la quatrième à la sixième heure, le vitellus commence à se fractionner. La première période de ce phénomène s'opère ici comme MM. Prévost et Dumas l'ont décrit les premiers chez la Grenouille, et comme Baer l'a observé, après eux, chez le même animal. Plus les segments qui résultent du fractionnement du globe vitellin deviennent petits , plus ils perdent de leur aspect graisseux pour devenir hyalins, et au bout de douze heures ils se iO Dl'FO<«!i»È. — DÉVELOPPKMENT DES OURSINS. présentent sons l'orme de globules d'une grande transparence et d'un volume assez gros, comparativement à la masse totale du vitellus. C'est à cette époque qu'il se produit une foule de petits globulins h la surface libre, etaux dépens de ceux de ces gros glo- bules qui, par leur assemblage , constituent la superficie de la masse vitelline. Ces globulins forment en peu de temps une couche épaisse, qui entoure assez rapidement les gros globules du centre de la sphère vitelline. Dès que cette couche globuleuse , qui est le rudiment de l'enveloppe tégunientaire, s'est étendue à toute la surface de la masse vitelline , l'embryon a acquis la forme qui lui est propre et qui est à peu près celle sous laquelle il sor- tira de l'œuf. La membrane vitelline, qu'on voyait très nettement durant la première période du fractionnement du vitellus, a com- plètement disparu, et l'albumen dont la teinte opaline se dégra- dait déjà pendant la première phase des phénomènes génésiques, est maintenant d'une transparence égale à celle de l'eau de mer. Quelques heures après, la surface de l'enveloppe tégumentaire de l'embryon se couvre d'appendices filiforme? d'une telle ténuité, qu'on ne les distingue bien que lorsqu'ils exécutent quelques mou- vements, ce qui a lieu quelque tetaps avant l'éclosion. Enfin, vers la Vingl-quatrîème heure, quand le développement s'est opéré dans des circonstances favorables ou seulement verS la quarante-deuxième heure dans d'autres cas , l'embryon fait mouvoir avec plus de force et de vitesse ses appendices filiformes, qui sont devenus assez longs et assez robustes pour lui servir d'or- ganes locomotelli's. En les agitant, il commence à tourner sur lui- même dans le liquide que contient la membrane testacée. Par suite de ses mouvements , il brise cette mince enveloppe , s'en débarrasse et s'élance dans le monde extérieur. A sa sortie de l'œuf, la larve de l'Oursin a une forme tellement semblable à celle de l'animal adulte, que je ne saurais mieux faire, pour en donner une idée exacte , que de la comparer à la confi- guration d'une pomttiè. En effet, son corps, irrégulièrement ar- rondi sur tous les autres points, est lin peu aplati ou même légère- inent concave d'uh côté, au Centre duquel est située l'ébauche de l'orifice biiccal. Les parties du tégument les plus voisines de ce DL'FOSSÉ. — DKVELOPPEME'NT DES Ot;nSI\S. !{" rentre , quoique n'offrant encore que les pi'emiers linéaments d'une structure organique, sont néanmoins à un degré de forma- tion plus avancé que le reste du corps et méritent déjà d'en être distinguées par un nom particulier. On peut nommer pôle oral l'ensemble des parties plus développées qui entourent l'orifice buccal , quels qu'en puissent devenir le nombre et l'étendue du- rant les différentes phases des phénomènes génésiques. A l'oppo- site du centre de ce pôle , la place qu'occupe l'anus peut être re- connue par l'arrangement de la portion de tégument qui l'envi- ronne. La peau globuleuse est très épaisse, à surface inégale; parsemée de lignes qui paraissent enfoncées; assez transparente pour laisser voir les gros globules qui e.xistent encore au centre du corps; assez souple dans son ensemble et d'une texture telle- ment délicate, que le moindre choc, la plus légère pression sulfit pour l'entamer; et dès qu'elle est lésée, les globulins constituants se désagrègent dans une étendue assez considérable autour de la solution de continuité. Les appendices filiformes, qu'on entre- voyait avec peine au travers de l'enveloppe testacée, sont main- tenant bien distincts; ils sont longs, minces, distribués sur la plus grande partie si ce n'est sur la totalité de la surface du tégu- ment. Ils paraissent plus nombreux en certains endroits et princi- palement au pôle oral, .l'ai cru en voir quelques uns d'une forme particulière, dont l'extréminé m'a semblé renflée. A l'aide de ces appendices, la larve se meut avec assez de facilité, mais pres([ue toujours en roulant sur elle-même et le plus souvent d'une ma- nière tout à fait irrégulière. Parmi les positions variées presqu'à l'infini qu'elle peut prendre pendant la progression , il en est une qu'elle affecte assez fréquemment pour que je croie devoir la dé- crire : cette position est telle, que l'anus est porté en avant et en haut , et que par conséquent le pôle oral se trouve en bas et en arrière, lorsque l'animal , par exemple , avance suivant une ligne droite horizontale. De plus , pendant ce mouvement de translation, le corps exécute un mouvement d'oscillation rotatoire, comme s'il roulait sur un axe droit qui traverserait l'aninial de la bouche à l'anns (l'axe bucco-anal). Lorsque la larve se tient en repos, elle Û8 nilFOSSÉ. — DÉVEr.OPPEMEM DRS OURSINS. a liabiluellemeiU la bouche tournée en bas. C'est dans celle si- tuation qu'elle a le plus de stabilité. A aucune autre phase de sa vie, l'Oursin ne possède un appa- reil locomoteur qui lui permette de déployer plus d'agilité qu'il n'en a au moment oii nous l'examinons. Celle agilité n'est pas grande, et n'est remarquable que comparativement à l'extrême lenteur avec laquelle l'animal à l'état adulte se traîne sur les fonds herbeux où il vit. Toutes les larves dont j'ai suivi les mouvements ■ dans une petite auge en verre où je les avais placées , parcou- raient avec une médiocre vitesse la paroi plane qui formait la partie inférieure de ce petit vase, et ne la quittaient guère pour nager en pleine eau que lorsqu'elles rencontraient un brin d'herbe ou un autre corps s'opposant à leur marche ; encore dès qu'elles étaient parvenues à le franchir, elles regagnaient le fond, sur le- quel elles reconmiençaient à rouler avec quelque légèreté. Au sixième ou au huitièmejour, la forme de l'animal s'est mo- difiée. La moitié supérieure du corps, celle où se trouve l'anus, s'est un peu allongée. J-es globulins composant l'enveloppe tégu- mentaire ont des contours moins distincts; ils commencent à former un tissu dont les éléments organiques sont mieux liés entre eux. La surface de celle enveloppe est plus unie et ne présente plus que de petites facettes peu prononcées. Sans avoir rien perdu de son épaisseur, le tégument a acquis plus de transparence et permet de mieux voir les parties qu'il recouvre. Les gros globules qui étaient au centre du corps ont disparu. On aperçoit les pre- miers rudiments du canal intestinal , dans lesquels on peut recon- naître : un œsophage court , rentlé dans son milieu ; un estomac sous forme d'une grosse ampoule, et un intestin très court, aussi élargi à sa partie moyenne. Ces trois renflements du tube digestif sont situés sur une ligne presque droite se dirigeant de la bouche vers l'anus. Les mouvements de l'animal sont plus lents. Au douzième ou au quinzième jour, la configuration de la larve a considérablement changé. Son corps est complètement pyriforme. L'anus occupe le centre de la petite extrémité. Le pourtour de cet orifice, maintenant bien distinct, présente de petits disques^ui DVFOSSÉ. — DÉVEI.Ol'PEMKNT DES OURSTNS. 49 paraissent comme découpés dans l'épaisseur du tégument, et qui, circonscrits dans une petite circonférence et se touchant par leurs bords, offrent dans leur ensemble l'aspect d'une rosace. Par des motifs semblables à ceux qui ont fait distinguer un pôle oral, on peut désigner sous le nom de pôle anal les parties concourant à former cette rosace. L'organisation de l'enveloppe tégumentaire a généralement fait des progrès. On remarque , sur plusieurs points de la portion de cette enveloppe située entre les deux pôles, des lignes circulaires qui semblent pénétrer à une certaine pro- fondeur et séparer du reste du tissu de petites pièces en forme d'écusson. Les dimensions du pôle oral ont beaucoup augmenté. Toute la partie aplatie de la grosse extrémité du corps se trouve à présent contenue dans les limites de ce pôle. J'ai cru apercevoir autour de la bouche des appendices analogues à des tentacules labiaux. L'anitnal a perdu presque toute son agilité ; il ne peut se mouvoir qu'avec une grande lenteur. Du seizième au dix-huitième jour, il se produit, dans la manière de vivre de la larve, un changement des plus remarquables. Elle perd toute faculté locomotrice et demeure attachée par le pôle anal au corps submergé, près duquel elle s'est arrêtée. Un point d'attache, un pédicule assez gros, cylindrique, long d'une fois et demie le diamètre du corps, se développe très promptement. L'a- nimal , ainsi fixé sur une tige flexible , suit ordinairement les mou- vements que les ondulations de l'eau lui impriment , en un mot , flotte comme une plante aquatique, et, par cette particularité au- tant que par sa forme extérieure, donne encore une fois gain de cause aux naturalistes qui, ignorant le fait que je signale ici, mais guidés par des considérations zoologiques d'un autre ordre , lui ont imposé le nom de Zoophyte. Sa position habituelle est à pré- sent l'opposé de ce qu'elle était au temps où il vivait en liberté. Sa bouche est la partie de son corps qui se porte en avant dans les mouvements de déplacement partiel que lui permet la longueur de son pédicule. Le tégument de tout le pôle oral offre de petits mamelons disposés en rangées régulières. Des éminences sem- blables, mais e'i plus petit nombre , et moins bien accusées que les précédentes , se montrent au pôle anal. Le tégument qui s'é- 3 série. Zool. T, VII (Janvier 1847 ) 4 i 50 DUFOSSË. — DÉVELOPPEMENT DES OtJR8I^S. tend d'un pôle à l'autre , en est complètement dépourvu ; il a de plus conservé une souplesse qu'on ne remarque plus ailleurs. Au vingtième jour , des piquants d'une grande longueur, com- parativement au volume de l'animal, se sont produits au sommet des mamelons dont je viens de parler. Dans la composition de ces appendices spiniformes, la matière calcaire entre déjà en quantité tellement grande, proportionnellement à la quantité de la sub- stance organique, que le plus léger frôlement sullit pour les briser, sans qu'ils aient plié avant de se l'ompre. Ceux qui environnent la bouche sont les plus longs et les plus épais. Le pôle oral a main- tenant une grande étendue ; il comprend toute la moitié anté- rieure , toute la ]iartie la plus large du corps. Quoique le pôle anal se soit agrandi , sa surface est bien plus petite que celle du pôle opposé. Le tégument de la région moyenne du corps, de celle qui est comprise entre les deux pôles , ne porte pas de piquants. Son tissu est plus mou, plus flexible et moins épais que celui des deux pôles; tout en lui indique qu'il n'a pas atteintle degré de dé- veloppement auquel est parvenue l'enveloppe tégumentaire des deux extrémités du corps. C'est sur ce tissu que porteront les mo- difications génésiques qui compléteront le test, dont les deux pôles composent déjà la plus grande partie. Je n'ai pas observé jour par jour le progrès de ces modifications, mais j'en ai vu le ré- sultat en constatant qu'au moment où l'animal se détache de son pédicule pour commencer à vivre comme il le fera durant le reste de son existence, la configuration de son corps est un peu plus arrondie qu'elle ne l'était au vingtième jour des phénomènes gé- nésiques. Quelque incomplètes que soient, sous plus d'un rapport, plu- sieurs des observations dont je viens de vous soumettre un précis bien écourté , je crois qu'elles suflisent pour donner une idée gé- nérale du développement de l'Oursin comestible. En les considé- rant seulement au point de vue qui fait l'objet principal de cette lettre , on peut en tirer les conséquences suivantes : Dès que l'embryon a une forme qui lui est propre , toutes les parties de son corps sont disposées presque symétriquement au- tour de l'axe bucco-anal. et par conséquent il porte au plus haut DI'FOSNJ:. — DKVEr.OPPEMRAT DES OimSlNS. 51 degré tous les caraclères du type de rembrancliemeiil zoologique dans lequel il a été classé , c'est-à-dire du type rayonné. C'est autour de l'axe bucco-anai que l'activité du travail géné- sique se manifeste dès l'origine, et se maintient constamment plus grande durant tout le cours du développement, et c'est principa- lement des deux extrémités de cet axe qu'il rayonne, qu'il s'étend de proche en proche aux autres parties de lenveloppe légumen- laire. (ju'on cherche tant qu'on voudra dans la disposition des di- verses parties de V Eclwms esculentus une tendance au développe- ment bilatéral semlilable à celle signalée par M. Sais chez une Astérie, et l'on n'en trouvera pas la moindre trace, même pendant la plus courle durée d'une des phases des phénomènes génési- ques. Chez la larve de l'Oursin, lorsque le corps s'allonge aussi bien que lorsqu'il se raccourcit |)our revenir à peu près à sa con- figuration initiale , ces changements s'opèrent suivant l'axe bucco- anal , de sorte que sa forme radiaire n'en reçoit aucune atteinte. En résumé, dès que l'on peut distinguer les premiers linéa- ments organiques de cet être, c'est déjà un eiubiyon radiaire , et l'animal dans toutes les autres phases de sa vie demeure inva- riablement radiaire. Quanta l'ordre de primogéniture des organes de quelques unes des principales fonctions physiologiques , mes observations four- nissent des données positives sur le derme et ses annexes, sur l'ap- pareil digestif et quelques documents sur deux autres appareils. La formation du derme précède celle de toutes les autres parties du corps. N'est-ce pas un fait bien digne de remarque que de voir ce tégument et ses annexes, à la fois instruments de défense et ap- pareil passif de locomotion , qui seul a fourni aux classilicateurs les meilleurs caraclères, et le nom môme de l'ordre zoologique dans lequel l'animal a été placé, devoir, dis-je, cet appareil être précisément celui qui apparaît le premier dans l'embryon , celui dans la constitution duquel les progrès de l'organisation s'exécu- tent le plus rapidement. Après l'enveloppe cutanée, on voit l'ap- pareil digestif se produire. Comme la peau d'une part, et de l'autre les parties de sarcode qui sont groupées autour du canal intes- tinal , deviennent opaques d'assez bonne heure pour rendre très 52 KHOHX. — SI I! iiF,i:\ NOivi:vr\ nnMsiîs difficile Pexamen du développement des autres organes internes, je n'ai recueilli sur l'époque exacte de leur apparition que des notions peu précises; aussi m'abstiendi'ai-je de vous en faire part. Ainsi , vous le voyez , les faits ci-dessus décrits fournissent de nouveaux et puissants arguments à l'appui d'une des propositions fondamentales des principes zooiogiques, que vous avez posés de- puis longtemps et développés dans votre remarquable mémoire qui a pour titre : Considérations sur quelques principes relatifs à la classification naturelle des animaux; cette proposition peut être énoncée comme il suit: la distinction établie par la nature entre des animaux appartenant à des embranchements dilïérents est une distinction primordiale. OBSERVATIONS SUR DEUX NOUVEAUX GENRES DE O AS T É RO PODES {LOBIGËR ET WPHOCEliCUS); Far M. KaoHiir. Pendant mon dernier séjour h. Messine , j'eus occasion d'étu- dier deux Gastéropodes qui me paraissent constituer deux genres nouveaux, très voisins l'un de l'autre; du moins je n'ai trouvé dans aucun auteur rien qui put me faire douter que ces genres eussent été observés. Je décrirai d'abord les deux Mollusques sur lesquels je fonde chacun de ces deux genres; puis je rapporterai mes observations sur leur structure, et enfin je présenterai quel- ques réflexions sur leurs rapports avec des genres déjà connus. I. Lnlii//i'r (1) /Viilijipii. (PI. 2, fig. 1 et 2.) Le corps de ce bel animal est allongé, et mesure un peu plus d'un pouce. Pour rendre la description plus facile et plus claire , je distinguerai trois parties : une tête, une région moyenne, une région postérieure. La tête est pourvue de deux tentacules volu- mineux , qui ressemblent à ceux du genre Actœon Oken {Elysia Risso), chaque tentacule représentant un appendice élargi, enroulé (1) De IdIhis, (jei-'i. DIC i.ASTKIliJl'ODIi.s. 33 sur lui-même en forme de tube ouvert par en bas. La tête se conti- nue avec la région moyenne par une sorte de cou, sur chaque côté duquel se montre un œil noirâtre , que l'on voit par transparence à travers les téguments et à quelque distance des tenta-cules. La ré- gion moyenne est plus large et plus épaisse que les deux autres parties ; elle contient la plupart des viscères, est protégée par une coquille et munie , de chaque côté, de deux appendices con- sidérables. Chacun de ces appendices ligure un lobe arrondi , élargi comme le limbe d'une feuille, et attaché au corps par une base rétrécie. L'animal peut mouvoir ces appendices dans difîé- rentes directions, les recourber isolément ou plusieurs ensemble au-dessus de la face supérieure du corps , ou bien les étendre horizontalement. La région postérieure est la plus longue du corps , se termine en pointe émoussée , et est formée tout entière par une masse compacte de tissu charnu. La surface du corps est jiarsemée de papilles coniques qui se trouvent en plus grand nombre sur les régions moyenne et posté- rieure et sur la face extérieure des appendices; on en rencontre de plus petites et de moins nombreuses à la face supérieure des tentacules. La couleur générale de l'animal est jaune-citron lé- gèrement verdàtre , à l'exception du pied, oîi la couleur est plus délayée. Les appendices sont bordés de deux lignes très rap- prochées l'une de l'autre ; la plus extérieure d'un blanc de craie, la plus intérieure rouge écarlate ou carmin. Cette même distribu- tion de couleur se retrouve à la pointe des papilles du corps. Au devant de chaque œil on voit en outre un trait délié , couleur de rouille, et une ligne semblable, mais un peu plus longue, se montre aussi derrière chaque œil. J'indique la forme toute particulière de la coquille dans deux figures (PI. 2, fig. 3 et h ) que j'ai essayé de rendre le plus exactes possible. Cette coquille est recouverte d'une envelopfie épidermique de consistance cornée , comme on l'observe chez le Bulln hyriatis ; elle est aussi extrêmement mince, transparente, très bombée ; elle ne présente d'autre trace de spire qu'une pro- tubérance dirigée à gauche, en arrière et en bas, et terminée en une pointe mousse , représentant le sommet dos autres co- quilles. Le bord extérieur du péristome de la co(|uille [labnun) 54 KROIIK. — SUR DliUX NOUVEAUX GENRES est tranchant; le bord intérieur [labium) se retourne vere la pointe de la spire en une sorle de parement. Sous le bord droit de la coquille se trouve l'ouverture de la cavité branchiale ; cet orifice a la forme d'une l'ente qui longe la moitié postérieure de ce bord , et conduit à un demi-canal très court , formé par les parties molles , et représentant le siphon res- piratoire. La cavité branchiale n'occupe , sous la coquille, qu'un espace assez restreint ; elle s'étend en forme d'arc de la droite vers la gauche, se rétrécit et se recourbe enfin vers la sjiire rudi- mentaire. Labranchie est composée d'une série transversale de feuillets simples , isolés , peu saillants et attachés au plafond de la cavité respiratoire. Ces feuillets se rapetissent progressivement vers l'extrémité gauche de la branchie. L'orifice externe des organes femelles se trouve sur une éminence, au côté droit et au-devant de la fente branchiale ; l'orifice des organes mâles est placé à la base du tentacule droit. L'anus n'est pas perceptible au dehors, parce qu'il est situé sur le plancher de la cavité branchiale, du côté droit aussi, dans le voisinage du siphon respiratoire. Quant aux particularités que jirésentent les api)endices, je ferai les remarques suivantes. Ils se détachent du corps avec une grande facilité . et c'est poui-quoi on rencontre rarement des in- dividus qui les présentent tous quatre. En outre , il ari'ive que ces appendices sont très inégalement développés, de sorte qu'on en trouve un ou plusieurs sous la forme de minces rudiments, tandis que les autres ont atteint leur entier développement. Cette disposition me paraît indiquer la possibilité d'une régénération de ces appendices; les plus rudimentaircs seraient alors destinés à remplacer ceux qui viennent de tomber. Du reste, je dois avouer que la fonction de ces organes m'est restée tout à fait incoiuiue. Quand ils ont été séparés du corps, on les voit encore s'agiter pendant (|uelque temps, et réagir avec énergie contre toutes les atteintes; signes d'une irritabilité qui finit par s'éteindre (1). (1) Les organes dont il s'agit présentent une analogie frappante avec les ap- pendices du corps des Tétliis. On sait en effet que cliez ces derniers Mollusques CCS appendices se détachent facilement et conservent encore pendant quelque iL-nqis leur irritabilité. D'après M. Nardo, ces appendices des Tétliis pourraient OK liASlÉKOPOUiiS. • » 38 II. Lojihocercm (1) SMoIrlII. (PI. 2, tig. 5 et 6.) Bien que ce Gastéropode priisente, de prime abord, peu de ressemblance avec le précédent, toute différence entre eux ne consiste néanmoins qu'en une différence générique ; la comparai- son suivante, et mieux encore l'étude de leur structure, confirme- ront ces vues. Le corps est un peu plus long et aussi plus élancé que celui du Lobiger. La tête et la portion cervicale sont proportionnellement plus développées ; les tentacules présentent la même configura- tion ; les yeux sont situés aux mêmes endroits. La région moyenne du corps se distingue aussi des deux autres régions par une lar- geur et une épaisseur plus considérables; au contraire, la co- quille qui la recouvre a une autre conformation ; elle est involvée, et me )iaraît présenter , sous tous les rapports , les caractères de \a. co(\m\\e AwBidlœa aperla (PI. ^, fig. 7, 8, 9). Comme celle du Lobiger, elle est mince, quoique d'une consistance plus solide. De chaque côté de la région moyenne du corps, s'élève et se re- courbe une sorte d'aile semi-discoïde cachant les parties latérales de la coquille. Les bords supérieurs ou libres de ces deux ailes se rencontrent dans la ligne médiane à l'origine de la région posté- rieure , où ils se confondent avec une crête ou arête qui règne tout le long de cette région (fig. 5, c). L'animal peut réti'écir et dilater ces ailes, qui me paraissent être les analogues des appendices du genre précédent ; ces mouvements sont toutefois fort restreints. La région postérieure du corps est proportionnellement plus longue que chez le Lobiger, plus nettement séparée de la région moyenne et se termine par une pointe plus acérée. La crête dont j'ai parlé se trouve à la rencontre des deux faces latérales de cette partie du corps, convergeant l'une vers l'autre sous un angle aigu. C'est de cette conformation particulière de la région postérieure prolongée en queue, que j'ai cru devoir tirer le nom du genre dont il s'agit. Le corps du Lophocercus est aussi muni des papilles qui se aussi se régénérer. — Voy. llacri, Actes de l'Académie de Naples, 1 8 25, p. 1 70 et 17S. pi. IV ; — Verany, Isls, 1842, p. 252 ; — ma Note sur le prétendu Vertnmnus lethi dicola {Archiv. d'Anatomie de Millier, 1812, p. 418) ; cl Sie- bold, Arrldoes de Millier, 1843, pi. XLIV. (1) De XtKfi;, crête, el um;, queue. 56 KBOHRI. — SUR DEUX NOUVEAUX GENRES trouvent , comme chez le Lobiger, à la face supérieure des tenta- cules, sur la région postérieure du corps et sur la face extérieure des ailes. L'animal est d'un vert clair, excepté le pied, cjui est jaunâtre. Le bord de ce dernier organe montre des taches d'un rouge pâle, alternant avec des taches d'un bleu noir. Un ourlet semblable borde aussi les tentacules et les ailes , et se prolonge sur l'arête jusqu'à l'extrémité du corps. La face supérieure de la coquille est recouverte d'une enveloppe épidermique , comme celle du Gastéropode que nous avons d'a- bord décrit. La cavité branchiale , l'orifice de celle-ci et la bran- chie, se présentent absolument comme chez ce dernier mollusque; aussi renconlre-t-on un siphon respiratoire tout à fait semblable. Enfin ranimai correspond parfaitement au Lobiger sous le rap- port de la situation des deux orifices génitaux et de l'anus. Les deux Gastéropodes semblent vivre bien près l'un de l'autre dans les mêmes parages ; tous les deux laissent suinter de la surface de leur corps une quantité considérable de mucus transparent ; le Lopliocercus rampe beaucoup plus lentement que le Lobifjer. Anatoniie. La structure des deux genres nouveaux de Gastéropodes est tel- lement analogue , que les différences les plus saillantes ne se rap- portent qu'à la niasse buccale et aux parties qui se trouvent en connexion immédiate avec celle-ci. La masse buccale du Lobiyer est moins développée ffig, 10, a); et paraît dépourvue de mâchoires; sur le plancher de sa cavité se trouve l'émincnce connue sous le nom de langue , dont la sur- face est lisse, au lieu d'être muniede crochets, comme on le voitchez les autres Gastéropodes. Cependant les crochets ne manquent pas, seulement ils occupent l'intérieur de l'éminence, c'est-à-dire une cavité de celle-ci ; au moyen d'une petite ouverture placée au sommet de cet organe, la cavité communique avec celle de la masse buccale. Les crochets sont peu nombreux , et forment une rangée simple , courbée en ogive , et disposée de manière que ses deux branches sont dans un plan vertical , tandis que son som- met se dirige vers l'orifice de l'éminence et le dépasse (1). A l'en- (l)CoUe ïlrucUire de la langue, qui s'écarte du lype ordinaire des autres DU GASTKKOl'ODUS. 57 droit où commence l'œsophage débouchent les canaux excréteurs de deux glandes sah'vaires. A la masse buccale est annexé un sac en ccecuni, d'un volume considéniblc, et plusieurs l'ois coudé dans un même plan (fig. 10, ce) ; je ne puis rien allirmer sur la fonction de cet organe. Sa cavité est très étroite , sa paroi d'une épaisseur considérable et d'ime texture musculeuse. Les glandes salivaires sont composées d'un grand nombre de lobules arron- dis, en forme de grappe de raisin. La masse buccale du Lophocercu.s est d'un volume plus consi- dérable (fig. 11, «) ; la langue ressemble à celle du Lobifjer; au contraire , l'organe sacciforme diffère. De prime abord, il repré- sente un disque situé sous la masse buccale (fig. 11, ce); exa- miné plus attentivement, il olfre la forme d'un croissant dont les cornes figureraient deux prolongements en ciecum dirigés en avant. Les deux glandes salivaires , dont cliacune possède un canal excréteur considérable qui va se rétrécissant, sont compo- sées d'un grand nombre de culs-de-sac déliés et dichotomiques. L'œsophage des deux (lastéropodes est assez long et très étroit ; il traverse les ganglions de la masse centrale du système ner- veux , et , avant de pénétrer dans le foie , il envoie un diverticu- lum assez long, quelque peu contourné, et dont la surface est rendue raboteuse par une multitude de mamelons résultant d'en- foncements correspondants de sa paroi. Les organes que je viens de décrire , aussi bien que la verge , dont je parlerai plus bas , sont placés dans la partie cervicale de la tète, tandis que les autres portions de l'appareil digestif et gé- nital sont contenues dans la région moyenne du corps. Le foie est très volumineux; il forme la moitié latérale droite et toute la portion inférieure de la masse viscérale, et enveloppe l'estomac et l'intestin , dont je n'ai pu complètement déterminer la disposi- tion. La portion terminale de l'intestin est au contraire très ap- parente, et se montre comme un tube court , se dirigeant sur le plancher de la cavité branchiale , vers le siphon respiratoire. Au- dessus de la portion infi'rieure du foie, et du côté gauche, se Mollusques, senilile être celle du même organe chez VAmphorina Albert! Qua- Uef. ; peutêlre même la retrouvera il- on dans le genre Actéon. — Voy. de Qua- Irefages, Ànit. des Se. ml., 1814, t. I, p. t iO et 1 i6. 58 KKOHN. — • SUK DlillX .>OUVliAUX OKINKKS trouve l'ovaire, qui, cliez le Lop/focercw*, remplit tout l'enroule- ment de la coquille par sa portion terminale , et , chez le Lobiger, se piolongi; jus(iuedans la pointe de la spire rudimenlaire. Quoi- que je n'aie pu me procurer les renseignements suffisants sur la disposition de l'appareil générateur dans son ensemble, il m'a paru cependant que cette disposition ne s'écarte pas de celle qu'on rencontre chez la plupart des Gastéropodes hermaphrodites. Je remarquerai seulement , à ce sujet , que le prétendu utérus est situé devant l'ovaire , et que probablement il est en connexion intime avec un canal long et llexueux ( vas deferens ) , qui se dirige vers la verge. Ce dernier organe est placé, comme je l'ai annoncé, dans la portion cervicale de la tête , immédiatement derrière le tentacule droit , et renfermé dans une gaîne particulière assez vaste. Le cœur est situé près de la ligne médiane du côté droit et devant la branchie. La masse centrale du système nerveux est composée de trois paires de ganglions jaunâtres , très rapprochés et réunis en partie par des commissures. La paire la plus volumineuse fournil des nerfs à la tête el aux tentacules, et envoie aussi les deux nerfs optiques. Au-dessous est située la seconde paire , de laquelle naissent les nerfs destinés aux régions moyenne et postérieure , et au pied. La troisième paire de ganglions, la plus petite de toutes, est placée derrière les iiremières et fournit quelques ra- meaux aux viscères , outre ceux qu'elle donne aussi à la région moyenne du corps. Les nerfs de la masse buccale , de l'œsophage et des glandes salivaires naissent de deux petits ganglions sous- buccaux , comme chez tous les Gastéropodes. Chaque gan- glion est uni par un filet à la paire la plus volumineuse de la masse nerveuse centrale. De nombreux filets pénètrent dans les appendices du Lobiger, et se divisent en ramuscules fréquem- ment anastomosés entre eux. Avec des grossissements suffisants, on distingue de très petits ganglions à, l'origine des filets anasto- motiques. Hapports zonlogiques. Après avoir décrit la forme et la structure des Mollusques des deux nouveaux genres , il me reste à examiner leurs affinités avec les genres connus. vSi nous apprécions d'abord les rapports du DK (iASTÉllOPODES. 59 genre Lophocercus comme celui qui possède la conformation la plus simple, nous reconnaîtrons facilement que tout son faciès le rapproche des Aplysies. Ainsi , les ailes du corps ressemblent aux lobes natatoires des Aplysies; la feule braiieliiale et le siphon respiratoire, par leur forme et leur position, correspondent aux parties analogues chez ces derniers Mollusques. On pourrait même rapporter jusqu'à un certain point la forme des tentacules à celle des tentacules aniérieursdes Aplysies. Enfin la forme de la coquille, si semblable à celle des Bullées, genre que tous les zoolo - gistes, depuis Guvier, considèrent, ainsi que les Acérés etles Bulles, comme les plus voisins des Aplysies , justifie encore le rappro- chement que j'indique ici. Mais si nous tenons compte en même temps de la structure intérieure , il se présente de grandes diffé- rences. Sans parler de particularités très importantes, je rappel- lerai seulement la structure de la branchie et la disposition de l'appareil de la génération. Il me semble que la branchie , dans son ensemble, décèle une plus grande analogie avec celle de plu- sieurs Pcctinibranches [Jnnihina, Pnludina , par exemple) qu'avec celle des Aplysies; ses feuillets, isolés et disposés en séries, la distinguent profondément de l'organe respiratoire de ces der- nières. Quant aux organes génitaux , les suppositions que j'ai été conduit à faire sur la disposition de la verge , montrent que cet organeades rapports tout différents; on sait, en effet, que la verge des Aplysies est tout à fait isolée des autres organes de la géné- ration. Cette circonstance expliquerait chez nos deux Mollusques l'absence de la rainure que l'on rencontre, à la surface du corps des Aplysies, d'un orifice génital à l'autre. D'après toutes ces considérations, je suis porté à croire qu'il faut former, pour les deux nouveaux genres que je viens d'établir, un groupe spécial dans l'ordre des Tectibranches. EXPLICATION DES FlGtlSES. PrVNCHE 2. Fig. I. Le l.nbiger Philippii, un peu plus grand que nature, vu par la face dor- salp. Fig. i. Un auln; individu vu par la face ventrale. L'appendice postérieur du côlé droit est rudimentaire. 60 RIICOLEI'. - SlJli l,A CIRCULATION' DU SAING Fig. 3. Coquille du Lobiger, vue par la face supérieure ou extérieure, grossie 4 fois. — a, spire rudimenlaire. Fig. 4- La même coquille , vue par la face opposée. — a, comme dans la ligure précédente; b, le bord extérieur du péristome: c. bord intérieur. Fig. 5. Le Lophocercus Siebnldii, un peu plus grand que nature, vu par la face dorsale. — a, éminence sur laquelle se Ir.iuve l'orifice des organes femelles; b,b, ailes du corps ; c, l'arMe ou créle de la région postérieure du corps. Fig. 6. Le même, vu par la face ventrale. Fig. 7. Coquille du Lophocercus, vue par la face supérieure, grossie plus du double. — a, sommet de la coquille. Fig. 8. La même coquille, vue du coté opposé. — «, comme dans la figure 7. Fig. 9. La même dans une position verticale, son sommet dirigé en haut. Fig. 10. Esquisse de la masse buccale et de ses annexes dans le Lobhjer. — a, masse buccale; b,b, glandes salivaires; c,c, organe sacciforme; d, pre- mière portion de l'œsophage ; c, c, les deux ganglions sous-buccaux ; [,(, masse charnue placée immédiatement derrière la bouche. Fig 1 1 . Les mêmes organes chez le Lophocercus. — a, b,o,{, comme dans la figure précédente; d, œsophage; g, diverticulum de lœsopfiage. NOIE SUR LA CIRCDLATION DU SASC CHEZ LES COLEOPTERES; Par M. NICOLET. On sait que les élytres des Coléoptères paraissent compost-es de deux membranes solides, d'apparence écailleuse, plus ou moins fragiles, disposées en ju.xtaposition Tune au-dessus de l'autre , et n'olTrant dans bien des cas aucune trace de séi)ara- tion. — Au premier aspect , leur composition intime paraît iden- tique ; mais une coupe transversale soumise au microscope nous montre bientôt une dillerence notable dans l'organisation de cha- cune d'elles ; la lame , ou membrane supérieure , généralement plus épaisse , est composée de couches parallèles , à peu près d'égale puissance, qui, dans l'inférieure, sont presque toujours remplacées par des stries longitudinales ayant l'aspect de fibres irrégulièrement ondulées , qui se croisent et forinent de nom- breux plexus. — Quelquefois les couches de la lame supérieure renferment de petites cellules rondes; d'autres fois la matière de ces couches est parfaitement homogène , transparente , et sem- blable à du succin très pur ; d'autres fois encore , comme dans la Cûccinclle à deux points, des couches à cellules alternent régu- lièrement avec d'autres qui en sont dépourvues. Du reste , il est inutile de dire que cette disposition stratifiée des élytres reste soumise aux modifications apportées par la forme inètne de ces organes ; les épines , les poils , les fossules , les côtes , les ondu- lations de toutes sortes , sont autant de causes qui viennent chan- ger l'aspect de ces couches , et en modifier le parallélisme. On peut considérer une élytre comme un sac ou plutôt une vessie fortement déprimée ou aplatie , dont les membranes supé- CHEZ I.F.S COI.l';OPTÈRIîS. C>\ rieure rt inférieure oH'reiU une organisation un peu diflerente, et dont l'orifice ou l'ouverture est au point d'attaciie de Télytre au thorax ; mais l'aplatissement ne peut être considéré comme par- faitement égal sous le rapport des deux surfaces , c'est-à-dire que les plis latéraux de la vessie ne se sont pas formés sur le plan même du grand diamètre longitudinal, mais un peu au-dessus, de façon à rendre la membrane supérieure de l'élytre plus étroite que la membrane inférieure ; il en résulte que cette dernière forme sur ses côtés une espèce de bourrelet creux , qui con- stitue les nervures latérales interne et externe ; en effet, en exa- minant les parois inférieures de ces nervures , on voit qu'elles sont constituées absolument comme la membrane inférieure de l'élytre , à cette dilférence près que les plexus y sont moins appa- rents. Si nous portons notre attention sur la membrane supérieure , nous apercevons bientôt une couche externe extrêmement mince , et la seule colorée dans une coupe transversale , mais intimement soudée à la couche suivante ; à elle seule appartient la couleur de l'élytre, et si on l'examine à un très fort grossissement , elle semble offrir une apparence squamiforme, qui laisserait supposer que cette couche extra-épidermale se renouvelle sans cesse aux dépens des couches inférieures , comme l'épiderme des aniinaux d'un ordre supérieur. La lame , ou membrane inférieure de l'élytre , oiïre égale- ment une couche externe très mince , mais de nature toute diffé- rente ; ici cette couche est une pellicule parfaitement distincte , toujours blanche et transparente quel que soit l'insecte , et qui peut se détacher très facilement de la membi'ane à lar[uelle elle est adhérente , mais seulement lorsque l'animal est vivant ; sa surface interne ou supérieure est lisse ; sa surface externe ou in- férieure, et qui touche immédiatement aux ailes, toujours cou- verte de papilles spiniformes, plus ou moins apparentes selon les Coléoptères , mais qui ne manquent dans aucune des espèces que j'ai pu observer ; elle s'étend sur toute la surface inférieure de l'élytre , embrassant en dessous les nervures latérales , et s'arrête au bord même de la membrane supérieure. Cette mince pellicule paraît destinée à protéger les vaisseaux aériens de l'élytre ([ui , chez tous les Coléoptères, sont situés entre elle et la face inférieure de la seconde membrane ; quant aux papilles spiniformes qui hérissent sa surface externe, j'ignore leurs fonctions. Les vaisseaux aériens dont je viens de parler sont toujours au nombre de quatre ; ils sont grêles , sétiformes, et s'étendent en 62 MCOLET. — SUR LA CIRCULATION DU SANG lignes assez directes de la base de Télytre à son extrémité oppo- sée , en projetant latéralement de nombreux filets plus ou moins subdivisés ; deux sont médians , ou occupent toujours la partie comprise entre les deux nervures latérales , mais pas constam- ment à la même place, même chez les individus de môme espèce ; les deux autres sont latéraux , et occupent chacun-une des ner- vures creuses, dont j'ai parlé plus haut. En enlevant la membrane transparente et épineuse qui re- couvre la face interne de l'élytre , on amène presque toujours , soit en totalité, soit par portions, ces vaisseaux trachéens, ce qui prouve qu'ils sont plutôt adhérents à celte membrane qu'à la partie solide de Télytre (1). Quant à leur structure, elle est la même que celle des trachées du corps ; ils se réunissent à leur base , et s'unissent par un tube commun aux organes de la respi- ration situés dans la partie antérieure du thorax, I.a description des diverses modifications ((ue subissent les couches, tant supérieures qu'inférieures des élytres, par suite de la structure générale de ces organes, est ici parfaitement inutile ; il en est de même de celles des pièces qui composent le pédon- cule qui sert à les unir au corps de l'animal , et qui depuis long- temps sont parfaitement connus ; disons seulement que ce pédon- cule est percé de deux canaux qui correspondent à l'entrée des nervures latérales ; disonsencore que les poils, lorsqu'ils existent, ne paraissent dépendre que de la membrane supérieure , et que leur racine ne s'étend jamais jusqu'à la face supérieure de la membrane interne, quelle que soit sa proximité ouïe nombre des saillies qui souvent unissent les deux lames ; ajoutons que les diiïérentes couches qui composent la membrane supérieure s'in- lléchissent brusquement à la base des poils pour former une espèce de sac tubuiiforme enveloiipanl la racine du jioil. — Quant à l'épaisseur relative des différentes parties de l'élytrc, voici celle que j'ai trouvée dans le Coccinella bipvnctala : En prenant pour unité un centième de millimètre , L'épaisseur totale de l'élytre vers son milieu est représentée par 4 La lame supérieure, couclie colorée comprise 2 La lame inféneurt' 1,67 L'espace interméfliaire ou libre dans lequel circule le sang . . . 0,33 La couche colorée 0,20 La membrane a papilles, environ 0,02 Diamètre vertical de la partie creuse de la nervure externe, au point le plus large i:t niamètre vertical de la nervure interne (i (il La facilité avec laquelle cette membrane se détache, f.iil supposer qu'un CHEZ LES COLÉOPTÈKES. 63 Si au foyer d'un microscope on dispose une Coccinelle (j'ai pris pour l'aire mes recherches le Corcinella bipunclala) , de ma- nière à isoler les élytres sans les détacher du corps , on aperçoit bientôt , même à un faible grossissement, un mouvement molé- culaire , peu apparent à la vérité , mais qui le devient davan- tage lorsque , au moyen d'un héliostate , on l'ait pénétrer au travers d'elles un vif rayon de lumière ; ce mouvement n'est pas indécis, comme celui des molécules de Broun, mais translatif et continu, comme celui du sang chez les larves d'une foule d'In- sectes ; c'est par des corpuscules sphériques que ce mouvement est rendu apparent , et si , toujours sous le microscope , on fait la section de l'élytre , on aperçoit se former de petites goutte- lettes d'un liquide jaune d'ambre très transparent, au milieu du- quel nagent un grand nombre de ces corpuscules. Ce liquide est donc du sang, et ce mouvement moléculaire n'est autre chose que celui du sang dans les élytres rendu apparent par des corpuscules fort gros , comparativement au peu de volume de l'animal. Une fois l'attention fixée . on aperçoit bientôt dans l'intérieur de la nervure externe un fort courant se dirigeant de la base à l'extrémité de l'élytre ; d'abord compacte à sa partie antérieure , ce courant projette bientôt de petits courants latéraux , s'étcn- dant en nombreuses ondulations sur toute la surface de l'élytre , et se divise à son extrémité postérieure en plusieurs branches , qui toutes, en décrivant des lignes très sinueuses , vont se rendre à la nervure interne , où elles forment de nouveau un courant longi- tudinal , mais ascendant , et qui reporte le sang dans l'intérieur du corps. Ce mouvement n'est pas saccadé, mais lent et uniforme, et cela se conçoit du reste : éloigné du centre d'impulsion , le sang des élytres ne peut plus être soumis d'une manière bien directe aux mouvements de diastole et de systole du vaisseau dorsal ; d'ailleurs cette même uniformité de mouvement s'observe déjà chez plusieurs Insectes dans la partie des courants latéraux éloi- gnés des deux extrémités du corps. Un peu d'attention suffit pour connaître bientôt que tout ce liiiuide en mouvement est contenu entre les deux lames solides qui composent l'élytre ou dans l'espace à peu près libre laissé entre elles, et que les deux grands courants descendant et ascendant sont contenus dans l'intérieur, ou la partie creuse , des nervures latérales , tandis que les cou- rants internes et transversaux, qui toujours sont très étroits et très liquide quelconque! existe entre elle et la face intérieure de l'élytre et maintient sa souplesse ainsi que celle des tubes aériens. 64 î^irOI.ET. — CIRCtI.VTIOX CHEZ LES COr.ÉOPTÈRES. irrégulicji's , sont limités par les saillies de la face inférieure de la membrane supérieure. Lorsqu'on détache subitement une éiytre, et qu'on la place immédiatement sous le microscope, la circulatioii du sang peut encore s'observer pendant plusieurs minutes; mais bientôt le mouvement devient intermittent , et présente alors un phénomène fort curieux. A des intervalles très réguliers, le sang reprend tout à coup , comme par suite d'une commotion électrique, et avec une vitesse extrême comparée à sa vitesse normale, le mouve- ment qu'il n'avait plus. De nouveaux courants transversaux se forment dans les parties où l'on n'en apercevait aucun aupara- vant , et leur ensemble forme bientôt un réseau serré embras- sant toute l'étendue de l'élytre. Serait-ce qu'en mourant cet organe est soumis à une espèce de contraction nerveuse ? (^ela est probable; le fait, que de nouveaux courants s'établissent tout à coup, laisserait supposer qu'une contraction subite s'opère dans la nervure latérale externe , et que la pression qui en résulte force le sang à s'échapper par le côté interne de ce canal. Quoi qu'il en soit , au bout de quelques secondes , le sang s'arrête de nouveau pour reprendre ensuite le même mouvement à des intervalles de plus en plus éloignés. Bientôt tout mouvement cesse; l'impulsion étant détruite, le sang ne peut plus atteindre le sommet de l'élytre ; il s'arrête dans les parties basses où il se décompose , et s'agglomère en flaques plus ou moins grandes, et semblables à de larges gouttes d'huile ; mais auparavant il s'est séparé de ses corpuscules , et ceux-ci forment à leur tour de petites aggloinérations sous forme de masses granuleuses de plus en plus brunes et compactes. Les vaisseaux trachéens, de bleus et cylindriques qu'ils étaient aupa- ravant, deviennent pâles et déprimés ; la membrane à papilles s'affaisse, et s'attache à la face inférieure de l'élytre, de manière àne plus pouvoir se détacher. L'élytre elle-même modifie un peu ses couleurs; ses extrémités pâlissent et se maculent : elle est morte. En l'ouvrant alors , on trouve les nervures latérales presque entièrement pleines d'une matière compacte, molle , granuleuse, et assez semblable , à la couleur près , au pollen que les Abeilles s'attachent aux pattes postérieures ; ce sont les corpuscules du sang qui l'ont abandonné pour se réunir en masses serrées dans les endroits où les deux membranes ont laissé le plus d'espace , mais qu'on retrouve encore en petite quantité sur tous les points de l'espace interne, et que l'on pourrait prendre pour la matière colorante , si le microscope ne nous montrait que la couleur des élytres n'est due qu'à celle de leur surface. 6f NOUVKLLF.S nnCHF.RCHES SLR LEMBRVOOÉNIE DES POISSONS; Par M, le D' PH. DE FII.IPPI. ( Lcllro ailrcssée à M. le Professeur Albert Kœlliker. ) Avant, de vous exposer le résultat de mes dernières recherches sur le développement des jioissons osseux, cl de soumettre à votre examen le désaccord qui règne entre mes observations et celles deà auteurs qui m'ont précédé , je devrais commencer par une histoire de cette partie de la science. Mais ce n'est pas à vous qu'il faut une telle digression ju-éalable ; d'ailleurs l'esquisse historique publiée par M. Duvernoy rappelle déjà les points les plus importants des observations de Baér, de Carus , de Ratlike et de M. Vogt, quoiqu'elle ne soit pas aussi complète qu'on pour- rait l'attendre. 11 a oublié, par exemple, les observations de Cavolini, antérieures de beaucoup à celles de M. Prévost de Ge- nève, sur la génération du Séchot, et qui forment son point de départ. Il cite aussi les miennes sur le Gohhis jluvialilis , mais, à ce qu'il ])aratt, seulement d'après ce qu'en a dit M. Yogt. Il me suffit de rappeler deux lois admises jusqu'à ce jour dans le développement des Poissons : 1° que le liquide vitellin passe tout entier dans l'intestin au moyen d'un canal (duclus vilello- inleslinalis', et qu'il y est digéré ; 2° ([ue le foie se forme par une évolvure de l'iniestin. Or , j'ai démontré que dans les Poissons osseux ces deux lois sont bien loin de se vérifier ; et mes dernières recherches m'ont fourni de nouveaux arguments à l'appui de cette conclusion. Cependant, entraîné par les faits bien nouveaux et bien curieux que présente l'histoire de l'évolution du Boule- reau , j'ai dit que c'était la substance même du vitellus qui se transformait dans le foie , après avoir donné des matériaux pour les autres organes de l'individu. Je viens de reconnaître que cette expression est inexacte , et que tout le liquide qui remplit le sac vitellin est absorbé. Les faits sont toujours les mêmes ; mais des observations plus prolongées , et qui ont porté sur différentes espèces, m'ont conduit à une nouvelle interprétation , que je regarde comme la vraie. Toutefois , si l'on veut domier le nom de théorie à l'ensemble de mes raison ne- V -(M-ic 7.1)'».. T. vil. (l-rvriiM- IM17 ) I .'i 60 DE FiMPPi. — sur. l'embryocéme df.s poissons. ments, je n'ai pas à la changer de fond en comble. Il y a quelques unes de mes anciennes conclusions qui ont paru hasardées et môme étranges , et qui pourtant ne sont pas contestables. Ainsi, par exemple, lorsque je disque , dans l'embryon du Boulereau, le globe vitellin correspond au foie, je dis une vérité ; mais elle n'est pas également appliquable à d'autres genres de Poissons. Cependant , le Boulereau ne forme pas une exception particu- lière dans sa classe ; le plan du développement des Poissons osseux est toujours le même ; il n'y a de variations que dans les détails, suivant les espèces. J'espère maintenant pouvoir indiquer ce plan et ces variations , et éclairer par là quelques points im- portants de l'embryologie. Dévcloppenienl des Clupées. J'ai observé pour la première fois au mois de juin de celte année les phases successives de l'œuf fécondé dans les Fintes (Agoni des Lombards) aux boids du lac de Cùme. Ces Poissons fraient en grand nombre pendant la première moitié de la nuit , et les œufs sont abandonnés près du rivage à la merci des eaux, parce qu'ils ne contractent pas d'adhésion aux pierres. Ces deux circonstances sont d'accord avec d'autres caractères, pour rap- procher les Clupées des Saumons , et les séparer des Cyprins. La fécondation a lieu conmie dans la plupart des autres Pois- sons, c'est-à-dire, elle est extérieure; toutefois, une grande partie des a'ufs est lécondée dans le ventre même de la femelle, sans doute par absorption de l'eau , dans laquelle le tluidc sémi- nal a été préalablement épanché. Le sillonnement du germe commence bientôt , et finit au bout de six heures. Douze heures après la fécondation , on aperçoit déjà les premiers rudiments de l'axe cérébro-spinal. A deux jours, l'embryon fait des mouve- ments ; la partie postérieure du corps se développe , de manière que l'anus s'éloigne toujours plus du globe vitellin. Les pulsa- tions du cœur connnencent. i.c liquide du vitellus est par- faitement limpide , sans cellules , sans gouttelettes huileuses. Plus tard quelques globules se réunissent pour former à sa sur- face des îles irrégulières qui disparaissent de nouveau. Quelques embryons quittent l'œuf au troisième jour. Leur corps est transparent et filiforme ; ils nagent avec beaucoup de vivacité. DE FILIPPI. — SJ'R I.'RMBnVOOKNIE DES POISSOVS. Cu On n'y voit pas oncore de circulation, parce que ni la matière colo- rante, ni les globules du sang ne sont formés. A cette époque , le sac vitellin présente deux adhérences : l'une au diaphragme mem- Ijraneux, qui sépare la cavité du thorax de celle de l'abdomen ; l'autre à l'intestin, par un pédoncule qui s'est détaché vers le tiers antérieur de l'intestin lui-même. Au-devant de ce point , le sac vitellin est parfaitement libre de tonte connexion avec l'intestin. Seize heures après l'éclosion, il se forme, là où le sac vitellin est adhérent à l'intestin , un petit renflement, qui ne tarde pas k devenir une vessie remplie d'un tluide iimjjida , incolore ; cet or- gane n'est autre chose que la vessie biliaire. Le pédoncule du sac vitellin s'environne d'une substance molle, transparente, dans laquelle on ne voit pas le moindre indice de cellules. Dès le mo- ment de la formation de celte substance, l'absorption du liquide vitellin conmience avec activité, et les globules (|ui nageaient à sa surface disparaissent. Quand enfin cette nouvelle substance a atteint un accroisseinent assez considérable , le vitellus se trouve refoulé vers le diaphragme , et réduit à une goutte de liquide clair et diaphane. Il est bien évident que cette substance de nou- velle formation doit appartenir au foie ; mais alors il est évident aussi que le canal vitellin n'est autre chose que le conduit cholé- doque. En ell'et, ce canal n'est pas destiné à transmettre le liquide du vitellus dans l'intestin ; car , malgré les mouvements de dé- glutition assez vifs qui ont lieu dans le tube o'sophagien , on ne voit pas la moindre goutte de liquide vitellin passer par le canal qui aboutit k l'intestin. Neuf join-s après la fécondation , le dernier résidu du vitellus étant réduit presqu'à rien, tous mes embryons, au nombre de plusieurs centaines , moururent , sans doute par di'-faut d'ali- ment. Ils étaient à un point très avancé de développement, et malgré cela, ils ne présentaient pns la moindre trace de globules du sang ; phénomène extraordinaire! Si je réussis, je renouvelle- rai l'année prochaine mes efforts pour prolonger la vie des petites Clupécs, afin de découvrir où et comment se forment ces globules, qui, dans le Poisson adulte, sont si gros. Pour le moment, je ne saurais faire autre chose que de proposer l'hypothèse sui- vante, qui me paraît la meilleure de toutes. En étudiant l'em- bryogi'nie d'autres espèces de Poissons , je me suis convaincu que 68 DE FILIPPI. — SLR l/lîMRliYOCl'iMF. DES rOT?SO\S. cesl du liquide viteilin que se forme le sang ; ce liquide est ab- sorbé par les vaisseaux du sac vilellin, et mis en circulation pour donner enfin origine aux globules du sang , qui se forment dans l'iiitérieur même des vaisseaux. Mais celte formation des globules du sang n'a pas lieu avant que la sécrétion de la bile ait com- mencé, comme je le démontrerai ailleurs. Or , il est naturel que mes embryons de Clupées, dont le foie n'était pas encore en fonction, ne possédassent point de globules de sang. Si, l'année prochaine, je parviens à étudier de nouveau l'embryogénie des Clupées , je m'attends à voir paraître la couleur rouge et les glo- bules du sang dans les embryons , bientôt après que la bile aura occupé son réservoir. Achèvement de l'organisation du Gobius fliiiHaiilis. Dans mes travaux antérieurs , j'ai déjà donné une esquisse du développement de l'œuf de cette espèce. Sauf les interprétations que je dois modilier d'après mes nouvelles recherches , l'essen- tiel, c'est-à-dire l'ensemble des faits , reste toujours le même. Je parlerai seulement de l'embryon qui vient d'éclore, et que l'on dirait presque complètement développé d'après son organi- sation (^voyez la figure dans mon Mémoire inséré dans le Journal de r Institut de Milan , novembre 184?) , et reproduit dans Fro- riep's Nolizen, n"" 815, 81G, avril I84(J) ; et j'examinerai parti- culièrement 1° le pédoncule vitello-inteslinal ; 2° la surface , 3° l'intérieur du vitcllus. T.e pédoncule qui unit le sac viteilin à l'intestin s'est formé vi- siblement par évolvure de l'intestin lui-même, comme dans les Clupées. Il correspond exactement au canal cholédoque et à ses divisions ; la vessie biliaire qui lui est adhérente en est une déri- vation : elle est donc une évolvure d'une évolvure. Les autres par- tics du foie se forment indépendamment de l'intestin : d'où il suit qu'il y a erreur de la part des physiologistes qui ont voulu appliquer à la formation du foie tout entier une loi qui regarde seulement un de ses éléments , c'est-à-dire le système des canaux biliaires. La surface du sac viteilin n'est pas enveloppée par une couche particulière de cellules, à laquelle on pourrait appliquer le nom de couche hématogène. On y voit des vaisseaux , que j'ai dits (je crois le premier) être les mêmes que ceux du foie. Ces vaisseaux »E FILilMM. — SUll L'EMBHVO(ilLMIi DES POISSONS. 09 n'ont pas de parois \isibles ; le sang sillonne la substance du sac vitellin, comme feraient des ruisseaux dans une plaine sableuse. Le vitellus lui-même est composé de trois substances : 1° de gouttes huileuses ; 2° d'un liquide clair albumineux qui , tiré au dehors, se partage en globules aplatis, et qui, avec les progrès du dévoloppement , perd sa solubilité dans l'acide acétique; 3° d'une substance à demi opaque , sans structure particulière, qui forme une espèce de nuage dans le vitellus , près du point où s'attache le pédoncule du sac vitellin. A cette époque, c'est-à-dire chez l'embryon à peine éclos, l'on trouve déjà, depuis quatre jours au moins, de la bile dans la petite vessie biliaire ; donc le foie fonclionne, et il est véritable- ment représenté par le sac vitellin. J'insiste sur cette proposition ; mais en même tenjps , je dois tirer une autre conclusion de mes travaux antéi'ieurs , savoir que le vitellus ne disparaît pas, mais qu'il se convertit en grande partie en fuie , après avoir fourni des matériaux pjour la formai ion des autres organes. De nouvelles observations faites celte année même m'ont prouvé que le Boulereau possède aussi une formation analogue à celle qui , dans les dupées , prend part au développement du foie, et que chacune des trois substances du vitellus est absorbée à son tour, (luant à ces dernières , le liquide clair albumineux disparaît le premier ; la substance opaque qui forme le nuage et les gouttes d'huile sont les dernières. L'ordre devrait être inverse, si le contenu du sac vitellin passait dans le tube intestinal ; donc ce passage n'a pas lieu. Les premiers rudiments de la substance mentionnée ne se montrent dans le petit Boulereau que trois jours après l'éclosion, près de l'endroit oii l'artère hépathique se détache de la céliaque, et ils ne se forment pas par une évolvure de l'intestin. Peu à peu cette substance enveloppe une partie de l'intestin , descend le long du conduit cholédoque , et va enfin envelopper aussi le sac vitellin. Dès que cet enveloppement a fait des progrès, l'absorp- tion du vitellus déjà mentionnée commence d'une manière très évidente dans l'ordre que j'ai indiqué. Quant à la structure de cette partie, qui est la même dans tous les Poissons, elle est tout à fait particulière , et très difTicile à décrire. Je n'y ai pas vu de cellules. i\]. Vogt lui-même n'a pas pu faire mieux (juc de la 70 UE riLlPPI. — SUK L EMBRYOffEMIi UES POISSONS. représenler lidèlement dans ses planches. Ce qui esl certain, c'est que l'absorption du vitcllus a lieu par son intervention, puisque ce pliénoniène commence toujours en même temps que la forma- tion de celte substance, ce qui se passe de bonne heure dans cer- taines espèces . bien tard dans d'autres. Voilà la source du désac- cord apparent dans riiistoire ovologi([ue de différentes espèces de Poissons. Lu partie de cette substance qui enveloppe le sac vitellin porte dans les ouvrages de MM. Rathke et Vogt la dénomination de foie, l'our apprécier au jusie l'exactitude de cette détermination , nous n'avons qu'à observer les embryons du Gubiiis fhivialilis, dans lesquels nous apercevons les fonctions du foie , c'est-à-dire la sécrétion de la bile , bien longtemps avant l'apparition des premiers rudiments de cette substance. Je ne veux pas dire ])ar là qu'elle ne prend aucune part à la formation du foie; bien cer- tainement, elle en constitue, d'après mon opinion, un ('li-ment ; mais cet élément ne paraît pas être le plus essentiel, du moins dans h'S ])remiers temps , puisqu'il n'est pas nécessaire pour la sécrétion de la bile. Kn envahissant le sac vitellin elle s'appro- prie les vaisseaux qui le sillonnent, et va lem' former une enve- lo|)i)e particulière. C'est ainsi que l'on doit interpréter rex|)res- sion peu exacte de M. Vogt, lorsqu'il dit (jiu^la cirruhiliim viU'I- liiie p'i.ssc entièrement au foie. Mais cv n'est pas seulement le toie que cette substance va envelopper ; elle descend aussi peu à peu sur l'intestin jusqu'à sa terminaison à l'anus, et forme par la suite le mésentère, lorsque l'intestin lui-même, en se développant davantage , fait des inflexions. Je suis même parvenu dans le (îobiiis jluviatilis à la déchirer et à en tirer l'intestin. . D'après cela , il me paraît impossible de voir autre chose dans cette nouvelle production que le péritoine. Cette sup|K)sition , que je crois pour le moment laplusTaisonnable , a l)esoin d'èlre con- firmée par des observations nouvelles , faites sur des espèces plus propres à ce genre de reclierclies. Ainsi, je n'ose pas m'aventurer davantage dans ce sujet. J'ajouterai seulement que ce que M. Vogt a dit sur la formalion du péritoine chez les Poissons me semble une conception théori(|ue pareille à celle de son sac vitellin in- terne , plutôt que le résultai d'observations positives. Je conclus de ces observations que : 1 DE FIMPPI. — SUli l'embryogénie DES POfSSOINS. 71 ■1° Le vitellus des Poissons ne se verse pas dans le tube intesti- nal ; 2° Le pédoncule du sac vitellin est le canal cholédoque ; 3° Le canal cholédoque , la vessie biliaire et les troncs des ca- naux biliaires, sont les seules parties du foie qui sont produites par évolvure de l'intestin ; 4" Le foie se forme successivement 1" par les organes men- tionnés sous le n° â ; 2° par la couche vasculaire du sac vitellin. Avec ces deux éléments, le foie peut déjà fonctionner, comme on le voit dans le Gobiiis fiicialilis ; W |)ar une substance qui prend son origine du même lieu , qui est le contre de formation du mé- sentère ; cette substance enveloppe le canal cliolédocpie et le sac vitellin, et a l'apparence d'une production membraneuse et vascu- laire. Cette partie seule a été appelée foie par les auteurs ; 5" Le vitellus est absorbé entièrement. Cette absorption se fait de bonne heure (par exemple dans les dupées et dans les Cy- prins) ou très tard (par exemjjle dans le Boulereau), suivant l'é- poque à laquelle se forme la production d'un aspect particulier, qui doit achever l'organisation du foie. Je termine en relevant encore deux faits : 1° On ne peut méconnaître qu'il existe dans le J'oulet , aussi bien que dans les Poissons, des rapports intimes entre le vitellus et le foie. Le célèbre professeur de l^eipzig , E. -II. \\ Cber, dit : « Die XIX et XX ab ovo primum incubato vitellus sacco >' contentus maxima ex pai'te a vasis sanguiferis sacci vilellarii " resorbetur. Qiio magis ha^c resorptio pertlcitur , eo magis ccjlor » hepatis rubro-fuscus in flavum colorem vitello similem muta- » tur Primum striae flavae orientur dexter lobus celerius » quam sinister flavescit. Contingit mihi vasa bilifera capillaria » flava materia turgoscentia a vasis capillaribus sanguiferis rubro » colore insignibus discernere; itaque structuram subtilissimam » hepatis cognoscei'e , et ea confmnare, quau in adulte liomine " injectionibus materiarum coloratarum in vasa bilifera et san- « guifera intellexeram Qurerendum enirn qua ratione in » illis pullis tam brevi tempore , ninn'rum uno die, vasa minima » bilifera hepatis globulis vitelli plane rcpleantur, ila ut hepar n colorem intejise llavum accipiat. Respondendum est maieriam » vitelli a vasis sanguiferis vitelli , id est a vasis omphalu-mesa- « raïcis rcsorberi, ad hepar deferri, atque in vasa bilifera minima » retc formantia , deponi Vulgo creditur globules vitelli, » sacco vilellarii) in abdomine recepto, per ductum vilello-intesti- « nalem, in intestina tenuia ellluere; id vero in pullis a mesectis " lieri non poluit : ductus vitello- inleslinalis cliam lani perfccte 7-2 MK I-'IUPI'I. SLii; I. IiJII!llVO- in intestina non propulsus sit. -. 2° Mon ami, le docteur Polli de Milan (1). a trouvé que l'hc- inaline et la matière colorante de la bile sont la même chose à un degré différent d'oxydation , puisque la première peut être chan- gée par un procédé de réduction dans la seconde , et que celle- ci oxydée prend la couleur rouge de la première (il croit que le fer qu'on a trouve dans la bile et dans l'urine est celui de l'hé- maline). 11 a aussi soupçonné des rapports entre les deux sub- stances indiquées et la matière colorante du jaune d'œuf. Or, suivant mes observations , on ne peut pas mettre en doute que les matériaux du sang des embryons des Poissons ne soient four- nis par le vitellus , et que la formation de la matière rouge du sang est contemporaine à celle de la bile. I^es choses se passent comme si une même matière du vitellus se partageant en deux , l'une plus oxygénée, l'autre moins, donnait origine à la matière colorante du sang et à la bile. Après avoir tant parlé du foie comme d'un organe influent ?ur la sanguification , peut-être n'est-on pas loin de découvrir le rôle véritable de cet organe dans une fonc lion si éminenuiient vitale. i;\PI,IC.\TIOX DES FIGLIIES. IM.ANCUli 1 . a, intestin.— b, vessie liiliaire. — e, vitellus. — d, tifc de la cavité buccale , avec Inquelle elle était d'abnrd confondue; et de ces particularités combin(''es avec celles que présentent les l'entes viscérales dans leurs transformations , naissent la tronijie d'Eustache , la caisse du tympan , et autres parties que je ne puis rappeler ici en détail. 11 est donc dilTicile de comprendre comment M. Serres n'a vu dans les arcs viscéraux des Mammifères qu'un arc maxillaire et des côtes. Si nous étudions le développement primitif des Oiseaux et des Reptiles proprement dits , nous voyons que les organes qui cor- respondent à ceux que nous venons de nommer, chez les Mammi- fères , se ijroduisent d'après un même mode, par suite des trans- formations de bourrelets semblables , laissant aussi entre eux des interstices ou fentes. .J'essaierai de suivre ce parallèle dans une autre circonstance ; les l'ésultats auxquels il nous conduirait sont inutiles au but que je me i)ropose en ce moment. ,Ie me contente- rai d'indiquer un fait qui me paraît n'être pas sans importance pour la comparaison du développement embryonnaire dans les dilférents types, (iomme je viens de le rappeler, le nombre des arcs viscéraux primitifs est de quatre chez les Mammifères ; il est de cinq chez les Oiseaux et les Reptiles , deux classes qui présen- tent de si grandes affinités dès les premiers temps de la forma- lion des animaux qui les composent. Pour s'expliquer les varia- lions que^l'on trouve dans les dillérents auteu)'s à cet égarti , il faut se souvenir que les ai'cs viscéraux ne se montrent pas tous ensemble , mais bien l'un après l'autre , d'avaiit en arrière , de la capsule cérébrale vers la région lhoi'aci(|ue , de sorte que le pre- mier formé ou même plusieurs des plus antérieui's peuvent avoir disparu , c'est-à-dire s'être transformés , alors qu'apparaissent les derniers. Dans l'énuméralion que je donne ici, j'embrasse l'en- semble des arcs produits successivement dans clia(|tie type, sans tenir compte du temps. Les phénomènes que nous otTre le développement des arcs vis- céraux chez les Mammifères et dans les deux classes suivantes se présentent avec les mêmes caractères généraux , et se succèdent suivant les mêmes lois chez les Batraciens et les Poissons. Dans DE I.'l'.MniîYON DES VIÎRTICRRIÎS. 79 la dernière classe des Vertébrés , comme dans la première , la lace et les parties f[ui en sont primitivement les annc\ps résultent de révolution de bourrelets de substance formatrice, auxquels pourrait également s'appliquer la dénomination d'arcs viscé- raux , qui se produisent et se transforment de même d'avant en ai'rière. Nous retrouvons aussi un arc palalin, un arc 7naxillaire, un arc mamiibulaire, un arc In/oklien, dont le développement pro- gressif domie naissance, en général, aux oi'ganes correspondant à ceux que nous avons vu se produire, chez les Mammifères, des arcs de même nom. ^ Ainsi, de l'arc palatin des Poissons paraissent se former les os palatins, ptérygoïdicns et probablement l'os transverse ; — le déve- lo|)pement de l'arc maxillaire se rattache à la formation du sus- maxillaire et de l'os jugal; - l'arc mandibulaire est lié à la tVir- mation de la mâchoire inférieure , de l'os carré , de la caisse du temporal et de l'os tymjiano-malléal, et semble correspondre ;i la fois aux deux arcs que nous avons nommés malléen et mandibu- laire chez les Manmiifères, aussi bien qu'au blastème de la [)i'c- mière fente viscérale ; — l'arc hyoïdien chez les Poissons paraît être en même temps l'analogue des arcs stylo-stapédien et hyoï- dien des Mammifères. Si l'objet que je me propose maintenant me le permettait , et si mes observations étaient d'ailleurs assez nombreuses et assez précises dès ce moment , je voudrais développer ici les rapports intéressants qui naissent de la comparaison des divers arcs dans les dilférentcs classes des Vertébrés ; je veux seulement indiquer que c'est dans l'étude comparée du développement de ces parties qu'il faut chercher le moyen d'établir une correspondance exacte et rigoureuse, ([ui est loin d'exister aujourd'hui , entre les diverses pièces qui composent la face du Poisson adulte, et celles que l'on comple chez l'adulte des Mammifères et des Vertébrés supérieurs. De même que l'observation des phases embryonnaires conduit à l'appréciation des alTmités zoologiques fondamentales; ainsi l'é- lude comparative du développement des divers appareils ren- drait l'vidents les caractères d'aliinilés des dilTérentes pièces de SO KM. BAl'nEMK\T. SIT. f.ES ARCS VISCHR MA ces appareils. Celle comparaison n'a pas lion d'une maniôre ajjsolue entre une pièce unique el une pièce ; il faut ([uelqucfois l'établir entre une pièce et un système composé d'éléments plus ou moins nombreux. C'est de la sorte que j'ai essayé de com- prendre , dans ce qui précède , les relations des arcs viscéraux des Poissons avec les mêmes organes chez les I\lammifèrcs ; mais un exemple fera mieux saisir encore ce point de vue nouveau. On sait que Cuvier désigne sous le nom général d'os sous-orbitaires le petit appareil osseux , qui complète par en bas le cadre de l'orbite chez les Poissons ; pour des motifs que nous n'exposei-ons pas ici , WM. Agassiz et Geoffroy donnent à l'ensemble de ces petites pièces osseuses le nom d'os jugal. Or, si nous suivons dans leur développement les deux arcs qui perlent le nom de maxil- laires chez les Mammifères et les Poissons , cette élude comparée vient donner raison à la manière de voir des savants que nous venons de nommer en dernier lieu , puisque l'os jugal multiple des Poissons, comme le jugal simple des Mammifères, est produit par une portion du bhistèine de l'arc correspondant. Il faut observer toutefois que les nécessités spéciales de l'or- ganisation des animaux de diiïcrcnts types, appellent quelquefois la création des parties dont on chercherait en vain les analogues; tel me paraît être l'os transverse des Poissons, que son origine rattache très vraisemblablement à l'arc palatin. Des pièces cor- respondantes reçoivent aussi parfois , dans les différents types, une empreinte toute particulière, comme cela a lieu chez les Pois- sons pour l'arc hyoïdien , dont les fonctions sont de prime abord spécialisées , en quelque sorte , par la formation de franges bran- chiales à ses bords. Cet arc hyoïdien n'est pas le seul qui soit ainsi bordé de franges -branchiales chez les Batraciens et les Poissons; il n'est lui-même que le premier terme d'une série d'arcs en nombre variable, qui présentent absolument les mêmes caractères, et qui apparaissent après lui , d'avant en arrière , en continuant l'ordre de succession conmiencé pai' l'ave palatin. I.e caractère primordial de ces arcs , et leur appropriation définitive aux fonc- DE I.'eMI!RVO\ DRS VF.RTÉniilîS. 31 lions de respiration , doivent leur faire conserver exclusivement le nomd'arcs branchiaux. Les variations qu'ils présentent dans leur nombre viennent de différences dans le nombre normal de bran- chies que possèdent les animaux des divers groupes ; chez les Poissons osseux , en général , on trouve quatre arcs destinés à re- cevoir chez l'adulte les ramifications des vaisseaux sanguins affectés à la respiration ; puis , chez tous les Poissons à l'état em- bryonnaire , on rencontre un dernier arc , Varc plmnjngien, qui, primitivement, porte aussi des branchies comme l'arc hyoïdien , et les perd ensuite , aussi bien que ce dernier, sauf les cas de pseudo-branchie. De l'ensemble des faits dont le résumé précède , il résulte qu'il existe de très bonne heure, chez les embryons des cinq classes de Vertébrés, un certain nombre de languettes ou bourrelets, pour lesquels j'adopterai dorénavant le nom général (Tares fa- ciaux, en raison des organes principaux qui dérivent de leur dé- veloppement définitif. Ces arcs faciaux diffèrent par le nombre , selon les classes dans lesquelles on les observe ; mais ils suivent, pour l'époque relative de leur apparition , une loi commune , en vertu de laquelle ils se succèdent d'avant en arrière, et commen- cent leur métamorphose dans le même ordre. Dans le groupe des Batraciens et des Poissons , cette loi n'a pas obtenu son entier effet après la production des arcs faciaux ; chez ces animaux , et seulement chez eux, elle préside encore à la formation progressive des arcs, pour lesquels il faut réserver le nom d'arcs brancliiaux, et qui sont appropriés temporairement ou pour toujours à une respiration aquatique. Est-il nécessaire maintenant que je tire la conséquence immé- diate qui découle naturellement des faits ? Dois-je insister sur l'impossibilité d'identifier deux ordres d'organes qui n'ont entre eux aucun rapport : la catégorie des arcs faciaux des A ertébrés supérieurs , d'une part , et la catégorie des arcs branchiaux des Vertébrés des dernières classes, d'autre part? Trouverait -on quelque raison qui put justifier le rapport que M. Serres établit entre les os pharyngiens des Poissons , et l'hyoïde et le maxillaire 3 série. Zool. T. VU. (Février 1847.) 2 G 82 ÉM. BAL'UEMENT. — SUR LES ARCS VISCÉRAUX inférieur des Mammileres (l)? Il me semble qu'il faut désormais rejeter toutes ces comparaisons qui ont un double tort , celui de rapprocher des parties qui ne sont point analogues, et celui d'ou- blier l'analogie réelle qui existe entre d'autres parties qui se cor-; respondent. Ces dernières sont évidemment les arcs faciaux , qui sont communs à tous les animaux de l'embranchement des Ver- tébrés , et qui constituent une création distincte de celle des arcs branchiaux ; ceux-ci se rencontrent seulement chez les Batraciens et les Poissons. Encore cette correspondance entre les arcs faciaux propres au grand type dont nous nous occupons n'est-elle pas tellement minutieuse qu'on puisse l'établir de point en point, de détail ;\ détail. Elle repose seulement sur le même mode de groupement , les mêmes connexions principales , et trahit , non pas une unité organique absolue, mais une uniformité typique générale. En nous révélant l'existence de deux créations distinctes, qu'on ne saurait assimiler l'une à l'autre, l'étude comparée du dévelop-. pement des arcs viscéraux des Vertébrés nous apprend encore que ces deux ordres de parties se relient cependant par la loi com- mune ([ui préside à leur formation ; loi remarquable, dont les zoologistes ont trouvé mille preuves, depuis que M. Milne Edwards l'a formulée. Cette loi consiste en ce que la nature ne crée pas de prime abord des éléments organiques nouveaux , mais emploie de préférence les matériaux que lui fournit le type, pour les adap- ter à un appareil ou à une fonction. Les arcs viscéraux fournissent un des exemples les plus frappants de cette sorte d'économie que s'impose la nature au sein de sa richesse , et qui rend plus écla-? tante encore l'admirable fécondité de ses ressources. Le fond pri- mitif que la nature doit exploiter ici, le matériel qu'elle doit mettre en œuvre, s'il est permis de s'exprimer ainsi , elle le trouve dans les arcs faciaux qu'elle a donnés à tous les êtres du grand type des Vertébrés. C'est du sein des mêmes éléments histogéniques fournis par les lames ventrales qu'elle tire les arcs branchiaux des Batraciens et des Poissons; le modèle de ces arcs, l'ordre (I) hir. cil. DE L'EJinRYON DES VKRTEr.P.ÉS. SS dans lequel ils apparaissent et se développent , le plan et le pro- cédé, elle les emprunte en quelque manière aux arcs faciaux. Comme ces derniers, les arcs branchiaux se suivent d'avant en arrière, et ils se montrent eux-mêmes après les arcs faciaux. Les parties qui préexistent sont les arcs faciaux ; les arcs branchiaux ne sont que secondaires , par le principe même de leur constitu- tion , aussi bien qu'au point de vue chronologique. Pour ce motif encore, on s'est donc trompé en considérant les arcs faciaux des Mammifères comme reproduisant les arcs branchiaux des Pois- sons ; on a méconnu la valeur essentielle de ces partiesaussi bien que leur rôle, et la comparaison inverse aurait été à certains égards plus exacte, puisque les arcs branchiaux reproduisent dans leur ensemble les arcs faciaux ; qu'ils en imitent la forme ; qu'ils en observent la loi. C'est seulement en vertu de celte loi que le quatrième arc vis- céral des Mammifères et les deux derniers des Oiseaux et des Reptiles correspondent par position aux arcs branchiaux des Anallantoïdiens; ils ne sauraient leur être comparés, ni pour le nombre, ni pour la destination. Ue cette conformit(; des arcs branchiaux avec les arcs faciaux , résultat d'une sorte de subordination des premiers aux seconds, dérive une différence importante entre le développement des Ver- tébrés des deux dernières classes et celui des trois classes supé- rieures. L'embryon de ces dernières est encore presque tout en- tier dans le plan de la membrane blastodcrmique , el son extré- mité céphalique vient à peine de s'isoler de cette membrane , quand les arcs faciaux commencent k se montrer. L'apparition des arcs faciaux a lieu à une époque correspondante , également très reculée dans la vie embryonnaire , chez les Vertébrés des deux dernières classes. Mais comme , chez ceux-ci , la série de formations rapides commencée par ces arcs faciaux se continue dans les arcs branchiaux, il en résulte que l'appareil de la respira- tion se montre de très bonne heure, après les premières traces des systèmes nerveux et osseux , avant le système de la digestion , en môme temps ou même un peu avant le système de la circulation ; tandis que, chez les Vertébrés supérieurs, les premiers indices (S4 KM. BAI'DEMEIVT. — Stn LES ARCS VISCIÎRALX du système de la respiration apparaissent après les systèmes ner- veux, osseux, vasculaire et digestif, puisqu'ils procèdent de ce dernier. Les Batraciens, qui deviennent plus tard pulmonés, et qui réalisent en partie les conditions organiques des Vertébrés à respiration aérienne api'ès avoir respiré comme les Vertébrés aquatiques, résument en eux, jusqu'à un certain point, l'image des successions que je trace ici : ils prennent leurs branchies à la même époque relative que les Poissons; ils reçoivent leurs pou- mons au même moment que les Mammifères. D'autres différences très remarquables, dont je ne puis m'occuper ici , existent, encore dans l'ordre chronologique suivant lequel se succèdent les diverses formations chez les Batraciens et les Poissons d'une part, et chez les Vertébrés plus élevés de l'autre ; elles trouvent leur explication dans l'emploi spécial dos enveloppes de l'œuf chez ces animaux. La particularité que je signale en ce moment, et que je rattache à la loi générale sur laquelle je viens d'insister, me paraît ajouter un caractère primordial de plus à ceux sur lesquels M. Milne Edwards a établi , avec tant d'autorité, le groupe secondaire des Vertébrés anallantoïdiens (1). Elle n'est point d'ailleurs isolée et, pour ainsi dire, arbitraire; et, bien qu'elle constitue une sorte d'interversion de certains principes qu'on a eu le lort de prendre pour des lois invariables, elle s'explique par l'application d'autres règles fondamentales , dont nous venons essayer de suivre la marche logique. Une des considérations qui ont le plus accrédité l'analogie qu'on établit entre les arcs viscéraux des Vertébrés supérieurs et les arcs branchiaux des Poissons, est celle que l'on tire des rap- ports primitifs qui semblent exister entre les arcs viscéraux et le système vasculaire , et qui paraissent absolument semblables à ceux que l'on observe chez les Poissons : les arcs aortiques se comportant envers les arcs viscéraux comme les artères bran- chiales à l'égard des arcs branchiaux. Je remarquerai d'abord que les arcs aortiques des Vertébrés h respiration aérienne ne présentent jamais la moindre trace de franges vasculaires, et que (1) Atm. lie; Se. nut., Z' série, I. I, p. fiO (1841). I DE L'EWIiinOiN DES VEUTÉBKÉS. 85 la distinction précédemment établie entre les. arcs faciaux et les arcs branchiaux exclut tout rapprochement entre les deux ordres de vaisseaux. J'ajouterai, à propos des connexions primitives sur lesquelles repose ce rapprochement forcé , que , dans l'étroit es- pace oïl se produisent coup sur coup, et où s'accumulent, en quel- que sorte, des formations si multiples et si variées, on ne saurait rigoureusement tirer de la contiguïté des parties, quelque induc- tion valable sur leurs relations vraies. Du chaos des éléments blas- tématiques fournis par les feuillets séreux, vasculaire et muqueu.v, sortent des productions nombreuses qui se différencient par les progrès de leur développement , pour appartenir, les unes aux appareils de la vie animale, les autres aux appareils de la vie or- ganique, sans qu'on puisse rien préjuger de leur accolement pri- mitif. La seule conséquence légitime qui ressort de la disposition primordiale de l'appareil vasculaire, c'est que cet appareil par- court successivement un certain nombre d'états semblables chez tous les embryons des Vertébrés, et que, parmi ces phases com- munes, la subdivision du bulbe cardiaque en arcs aortiques est une des plus remarquables. Mais l'importance qu'on a accordée aux prétendues connexions des arcs viscéraux avec les arcs aortiques pour conclure à une organisation branchiale , me paraît s'évanouir complètement de- vant une étude attentive du développement de l'appareil de la cir- culation chez les Vertébrés. On a commis , pour les arcs aorti- ques, la même confusion qui a conduit à la fausse interprétation des arcs viscéraux. De même qu'on n'a pas distingué les parties destinées à la production de la face, de celles qui devaient former les arcs des branchies, on n'a pas non plus reconnu les anses vas- culaires d'où naîtraient les vaisseaux de la tète, et celles qui por- teraient le sang aux branchies. Et cependant , quand on étudie le développement de l'appareil vasculaire dans de très jeunes em- bryons de Poissons, comme l'a fait M. Vogt pour la Palée, et comme je m'en suis convaincu moi-même , on observe que les premiers arcs aortiques sont affectés à la formation des vaisseaux qui se distribuent à la tète, spécialement aux carotides, comme cela se voit aussi chez tous les autres Vertébrés. Les ai'cs q.ui se 86 ÉM. BAUDEME^VT. — SUR LES AIlCS VISCÉRAUX, ETC. produisent ensuite , en nombre variable, se succèdent d'avant en arrière , absolument comme cela a lieu pour les arcs viscéraux ; et, chez les Poissons, les anses destinées aux branchies apparais- sent quand les arcs branchiaux sont déjà préparés, en quelque sorte, pour les recevoir. En tenant compte de la distinction im- portante qu'il faut établir entre les deux catégories d'arcs aorti- ques , comme entre les deux catégories d'arcs viscéraux , je cfoiS qu'il sera facile de concilier les différences qu'offrent les travaux des divers auteurs dans l'énumération des arcs vasculaires émanés du bulbe cardiaque, et notamment ceux de Baer sur la Brème, et ceux de M. Yogt sur la Palée. Toutes les réflexions que j'ai pré- sentées à propos des arcs faciaux, comparés aux arcs branchiaux, se lapportent également aux arcs aortiques que l'on trouve dans tout le type des Vertébrés, et à ceux qui sont spécialement créés pour les Anallantoïdiens. Pour la formation de cette partie primitive ilu système vasculaire , la nature met aussi en œuvre un fond commun à tout l'embranchement, et, de plus, la loi qu'elle a suivie pour la création des arcs viscéraux, elle l'observe dans la production des arcs aortiques, employant ainsi deux fois le même procédé pour arriver à des résultats si différents. C'est cette loi seule, je le répète, qui peut relier les arcs viscéraux les uns aux autres, et les arcs aortiques entre eux , aussi bien qu'avec les arcs viscéraux ;mais la distinction fondamentale et permanente que j'ai essayé de mettre en évidence, entre les arcs faciaux d'une part, et les arcs branchiaux d'autre part, interdit toute assimilation or- ganique. Ainsi cette prétendue ressemblance des arcs viscéraux, que l'on considérait comme un des exemples les plus frappants de la conformité primitive des Allantoïdicns avec les Anallantoï- diens adultes, ne consistait guère que dans un rapprochement de dénominations arbitraires , et n'a pu être acceptée comme réelle qu'en confondant des organes dilférents, et en négligeant les vrais rapports d'organes semblables; elle tombe, dès qu'on rend aux parties leur nom et leur valeur. 87 nECIlERCHES SUR L ORGANISATION DES VERS; Far ». XMIXX BIiANCHAIlO (I). CHAPITRE I. Considérations générales. Ces recherches , que j'ai commencées sur les côtes de la Médi- terranée pendant le voyage que j'y fis avec M. Milne Edwards , ne s'étendent pas à tous les animaux dont ce naturaliste forme son second sous-embranchement des Annelés. Il faut en excepter ici la classe des Annélides tout entière. Les Vers qui font le sujet de ce travail sont ceu.x dont M. de Blainville forme sa classe des Entomozoaires apodes, en en retranchant toutefois les Hirudi- nées, ou la plus grande partie de son ordre des Myzocéphalés. Il s'agit donc seulement , à peu d'exceptions près , des animaux rangés par Cuvier dans sa classe des Intestinaux , moins les Ler- nées , dont la place est parmi les Crustacés. Le nombre de ces Vers est immense ; mais , comme j'espère le prouver, on peut les rattacher tous à quelques types princi- paux parfaitement caractérisés. fl) Mes observations ont porté sur un assez grand nombre d'espèces de cha- cune des divisions du sous-embranchement des Vers. M. Valenciennes, avec une obligeance dont je ne saurais trop le remercier, a mis à ma disposition une grande quantité d'animaux qu'il avait obtenus pour y faire rechercher leurs Vers intestinaux, et j'ai pu ainsi étudier certains types que je n'aurais pu me procurer sans lui. Il a bien voulu encore me communiquer de la magnifique collection hel- minthologiquo du Muséum d'histoire nalurclle, entièrement formée par ses soins, une série d'espèces qui auront été souvent des termes de comparaison fort impor- tants pour mon travail. Mes recherches mont nécessité l'examen des viscères de bien des animaux, dans le but d'y rencontrer leurs Vers parasites. Pour un grand nombre de ces autopsies, j'ai été considérablement aidé par M. le docteur Young. attaché au labo- ratoire d'entomologie du Muséum d'histoire naturelle, et son utile secours m'a permis ainsi de consacrer plus do ten]ps au sujet même de mes observations. 88 VOYAGE EN SICILE. Ces êtres ont depuis bien longtemps attiré au plus haut degré l'attention des naturalistes et des médecins. Ils ont été l'objet de travaux considérables, de mémoires, de notices sans nombre, les uns contenant seulement la description et la figure des dilTé- rentes espèces qui habiteni le corps de l'Homme et des Ani- maux ; les autres plutôt destinés à faire connaître leur structure intérieure. Malgré de si nombreuses observations , tous les zoologistes , dans ces derniers temps , ont senti le besoin de recherches nou- velles entreprises dans une direction particulière ; car, jusqu'ici , on n'a pu apprécier nettement, ni les rapports, ni les différences qui existent entre les représentants des ordres composant cette grande division des Annelés. Il est réel que la connaissance des espèces est généralement assez avancée. Presque toujours il est facile de déterminer le Ver qu'on a trouvé dans le corps d'un animal indigène. Néanmoins, si l'on examine certains ouvrages d'Helminthologie, on trouve rangés dans les mêmes groupes des êtres qui diffèrent considéra- blement entre eux ; comme on rencontre aussi les types les plus voisins placés non seulement dans des familles séparées, mais même dans des ordres ou des classes particulières. Les caractères pris en général d'une manière arbitraire ; les affinités naturelles appréciées le plus ordinairement d'après l'aspect extérieur, ont dû de toute nécessité conduire à de sem- blables résultats. C'est avec toute justesse qu'un des zoologistes les plus distin- gués de l'Allemagne pouvait dire, il y a peu de mois encore : « La classe des Helminthes est extrêmement difficile à carac- » tériser, car elle renferme des anim;iux d'organisation différente. » A cause de cela, on a déjà voulu supprimer entièrement cette 1) classe, et l'on a essayé de répartir isolément les ordres mêmes » dans les autres classes d'animaux inférieurs. » Puis le même auteur ajoute : « Mais aussi il y a à cela divers inconvénients ; car , si , en )' effet, l'on ne peut trouver pour les Vers aucun caractère com- » mun dans l'organisation, on doit remarquer que les Helminthes K. BLAKCilABD. — SLR L'ORGANISATION DES VERS, 89 » se rapprochent tous par leur genre de vie. Les Helminthes sont » des Vers parasites qui , pendant toute leur vie, ou pendant une » certaine période de leur vie , habitent et cherchent leur nourri- » ture dans le coi'ps d'autres animaux vivants (1). » Ces paroles, en effet , résumaient assez bien l'état actuel de la science relativement à ces animaux. Mais, précisément, l'on ne tardera pas à voir que les zoologistes, qui ont attaché trop d'im- portance aux circonstances biologiques , qui s'en sont laissé im- poser par le genre de vie commun à tant de Vers, ont été con- duits aux groupements les moins naturels. D'une part , la considération de Vhabitql particulier à ces ani- maux , et , d'autre part , leurs formes considérées d'une manière superficielle, ont sans cesse entraîné vers de faux rapprochements. Les recherches anatomiques de divers'observateurs n'ont jeté que peu de lumière sur ces questions si intéressantes au point de vue de la zoologie , comme de i'anatomie comparée et de la phy- siologie. 11 est peut-être assez facile d'en apercevoir la cause. Les anatomistes étudiant ordinairement l'organisation de peu d'espèces à la fois, limitant le plus souvent leurs investigations à un seul type , ont dû nécessairement négliger les comparaisons. Ce n'est pas sans doute qu'ils n'aient introduit dans la science nombre de faits complètement exacts; seulement, à défaut de comparaison suffisante , ces faits ont été fréquemment mal inter- prétés, et même certains d'entre eux ne l'ont pas été du tout. Des détails d'organisation , qui, plus tard, devaient fournir les indices les plus utiles , n'étant pas observés avec tout le soin nécessaire, n'étant ni décrits, ni représentés assez complètement, ont laissé dans le vague et dans le doute , même relativement à ce qui était parfaitement réel. En passant rapidement en revue les travaux les plus impor- tants sur les Vers , on saisira sans peine la nature des progrès qu'a faits cette partie delà zoologie ; on sentira mieux encore peut- être le besoin d'observations, pouvant montrer en quelle mesure se ressemblent ou diffèrent ces animaux, et de quelle manière (1) Siebold , Lehrbuch der yercjleicheiulen Anatomie. Erste Abiheilung. Erstes Heft. p. 111 (184a). 9U VOYAfiÈ Ei\ SICILE. peuvent se modifier les caractères de chacun des groupes du sous- embranchement des Vers (1). Il est remarquable de trouver dans les anciens auteurs certains rapprochements heureux, certaines affinités justement appréciées, et qui depuis ont été de plus en plus méconnues. C'est un fait attestant au suprême degré qu'il faut avoir profondément étudié son sujet avant d'établir ou de modifier des classifications. Il ne me paraît pas utile de rappeler ici les premiers essais sur l'Helminthologie de Redi , de Linné, de Bloch , de Pallas, de Millier. Gœze est véritablement le premier zoologiste , ayant donné sur les Vers intestinaux un ensemble d'observations considé- rables. Son Essai d'une histoire naturelle des Fers (2), publié en 1782, a certainement servi de base pour les travaux ultérieurs. Cet au- teur adopte dix genres , ce sont : 1° les Ascarides , comprenant aussi les Oxyures ; 2" les Trichocéphales ; 3° les Gordius , avec lesquels il comprend les Filaircs ; 4° les Cucullans ; 5° les Stron- gles; 6° les Pseudo-Échinoihynques ; 7° les Kchinorhynques ; 8° les Planaires (c'est-à-dire Fasciola hepatica Lin., Holostomum alatum etÀmpliistoma subclavatum); 9° les Fascioles [Caryophyl- /«'«.?, etc.); et 10° les Tîfnias qu'il sépare en deux divisions, correspondant , l'une , aux Cestoïdes et l'autre aux Cystiquesdes helminthologistes modernes. Enfin , il réunit dans une onzième division , sous le tiom de Chaos, tcus les types qu'il ne sait où placer. Gœze a étudié un nombre considérable d'Helminthes , et il les (1) Je ne signale ici que les travaux qui ont pu étendre notablement d'une manière un peu générale le cercle des connaissances zoologiques et anatomiques ou des idées sur les rapports naturels de ces animaux. Dans le chapitre consacré à chacun des types particuliers, je donne autant que possible l'énumération de tous les ouvrages et de tous les mémoires publiés sur ces Vers. Les indications qu'on y trouvera rendront, je crois, plus faciles les recherches biographiques des zoologistes qui par la suite s'occuperont des animaux formant le sujet de ce travail. (2) Verstich eincr iXdlurgeschkhte dt!}' Kingeweiâeiviinuer thierÎKchcr Kœrper, von Johann August Ephraïm Gœze (mit il Kupfei'tafein), 1782. Blakenburg. É. BLANCHARD. — SL'K l.'onuANISATlUN DUS NiCKS. 91 a étudiés beaucoup plus exactement et plus profondéhient qu'on ne l'avait fait avant lui. Sous le titre de Supplément à l'histoiic naturelle des Fers in- testinaux de Gœze , Zeder a publié , en 1800 (V), un travail im- portant où les espèces sont mieux décrites que dans l'ouvrage précédent , et où pour la première fois tous les Intestinaux sont répartis dans cinq divisions principales ; ce sont : i" les Ascarides {Rundwiirmer), désignés plus tard par Rudolphi sous le nom de Nématoïdes ; 2° les Ëcliinorhvnques (Hakenwiirmer), Acantocé- phaies de Rud. ; 3° les Vers à ventouses (Saiigiiiirmer) , Tréma- todes de Rud. ; /i° les Taenias (liandu-urmer) , Cestoïdes de Rud. ; et 5° les Vers vésiculaires (Blasentnirjner), Cystiques de Rud. C'est dans cet ouvrage qu'on trouve la première véritable classifi- cation des Vers intestinaux , leur séparation en cinq groupes prin- cipaux étant fondée sur plusieurs caractères bien observés. Cet arrangement a été adopté jusqu'à nos jours par la plupart des lielniinthologistes. Ainsi , ce travail qui avait clé préparé par les recherches de Gœze, dont Zeder a su si bien tracer le tableau, a exercé , couime on le voit, une influence considérable sur cette partie de la zoologie. Rudolphi est en quelque sorte regardé comme le fondateur de la science helmiiithologique. On avait fait avant lui sans doute un grand nombre d'observa- tions importantes ; mais ce savant , qui consacra la plus grande partie de sa vie à l'étude des Vers intestinaux, en a décrit une quantité d'espèces vraiment prodigieuse. Pour la zoologie pro- prement dite, comme on l'entendait autrefois, son œuvre a rendu à la science un service immense : car , avec le secours seul de VEnlozoorum historia ou de VEntozoortim synopsis, il est géné- ralement assez facile de reconnaître les espèces , et d'en saisir les caractères les plus apparents. Mais sous le rapport anatomique , Rudolphi n'a pas fait faire de progrès bien sensibles. Dans son Histoire des Enlozoaires ou (1) Ersler NaclUrag ziir Naturgeschichle der EingeweideiuUnner, von Johann August Ephraim aœio, mil zussetzen und anmerkungen herausg, von. D' Johann (ieoTz. Heinrich Zeder (mit Kupfertafein) Leipzif;. 1800. 92 VOYAGE EN SICILE. Fers intestinaux, publiée en 1808 , il commence par l'énuméra- tioii de tous les écrits des naturalistes et des médecins relatifs aux Helminthes ; puis il indique ce qui a été publié sur chaque genre et sur chaque espèce. 11 traite assez longuement de l'organisation des Entozoaires , en rappelant avec soin les observations de ses prédécesseurs ; mais il ajoute peu de faits nouveaux. 11 se refuse à admettre chez les Vers l'existence d'un système nerveux , re- connue déjà , cependant , par plusieurs anatomistes. Rudolphi adopte pour les Intestinaux la division en cinq ordres, telle qu'elle a été proposée par Zeder ; ce sont les Nématoïdes , les Acanthocéphales , les Trématodcs, les Cestoïdes et les Cystiques. Il admet vingt- quatre genres , sans compter quelques types ran- gés parmi les Incertœ sedis. Une dizaine d'années plus tard , le célèbre helminthologiste fit paraître un Synopsis des Entozoaires (1), dans lequel on trouve la description succincte non seulement des espèces déjà décrites dans ses premiers ouvrages , mais encore de toutes celles qu'il avait découvertes en Italie , comme aussi de celles mentionnées par divers observateurs , ce qui forme un total de plus de onze cents. Rudolphi, ayant consacré un si grand nombre d'années à obser- ver les Intestinaux, avait voulu laisser sur ce sujet les travaux les plus importants. Et certes , la publication de son Enlozoorum hisloria naiuralis et de son Entozoorinn synopsis fait véritable- ment époque en helminthologie par la quantité de descriptions, et par le nombre de recherches synonymiques qui y ont été accu- mulées. Après les travaux de Rudolphi , on a déjà pu regarder les Helminthes comme bien connus et bien étudiés sous le rapport spécifique. A cette époque , on s'occupait beaucoup des Vers in- testinaux ; mais on en séparait complètement les autres Vers qui s'en rapprochent le plus, par ce fait seul qu'ils n'habitent point le corps des animaux. On ne supposait plus, comme Linné, Mill- ier, etc., le croyaient si judicieusement, qu'ils pussent appartenir à la même division du règne animal. (1) Entozooriim synopsis cui accedunt mantissa duplex et indices locupîetissiini, auctore C.-A. Rudolphi. Berolini, 1819. É. BLANCHARD. — SUR L'ORGANISATION DES VERS. 93 On ne doit pas omettre de citer parmi les travaux qui ont le plus contribué à faire connaître les Vers intestinaux, VIcones des Helminthes de Bremser (1) : c'est le plus bel atlas qui existe sur ces animaux. Les dix-huit planches qu'il contient représentent cent douze espèces de grandeur naturelle et souvent grossies, vues dans diverses positions , et accompagnées de détails carac- téristiques. Ces figures , en général très exactes et d'une belle exécution , ont été souvent d'une utilité incontestable pour bien faire reconnaître certaines espèces décrites par Rudolphi. Pendant une période d'un quart do siècle , on ne voit plus paraître aucun travail général sur l'Helminthologie ; mais récem- ment M. Dujardin a publié une Histoire naturelle des Hel- minthes (2). Ce zoologiste adopte les cinq ordres établis par Zeder, et déjà admis par Rudolphi, en leur adjoignant celui des Acanthothèques , dont l'établissement est dû à M. Diesing, et en réunissant aux'Nématoïdes l'ordre des Gordiacés, proposé par M. Siebold. M. Dujardin a' décrit les Vers intestinaux avec une précision plus rigoureuse qu'on ne l'avait fait avant lui ; il a donné les mesures des plis de la peau , et la dimension des œufs dans la plupart des espèces. Il s'est surtout attaché à décrire dans chacune d'elles la forme et le nombre des crochets et des spicules , et en cela il a beaucoup contribué à rendre les déter- minations ])lus certaines. Par ce genre d'observations, il a été conduit aussi, dans quelques circonstances, à séparer des espèces qu'on avait confondues. Il s'est servi souvent encore de la forme du canal intestinal et des organes de la génération pour carac- tériser un grand nombre de types ; il a apporté , relativement aux caractères des genres, le même soin dans la description que pour les caractères spécifiques. La plupart des divisions génériques qu'il a établies sont très naturelles. Ajoutons qu'un grand nombre d'espèces jusque là inédites sont décrites dans cet ouvrage, et l'on (1) /cônes Ilelmintliumnjslemœ liudutphii, entozooloijkum illustrantes, curavit. t.-G. Bremser. Viennao, 1824. (2) Histoire des Helminthes on Vers intestinaUT, par M. Féli.t Dujardin. Paris, 4 84.5. (Suites à Huffon. — Roret.) 94 VOYAGE EN SICILE. comprendra que le travail de M. Dujardin (1) est l'un des plus indispensables à consulter pour connaître et déterminer les nom- breuses espèces de Vers intestinaux. Tels sont les ouvrages qui ont véritablement marqué un pro- grès , relativement à la connaissance spécifique des Vers. A côté de ces travaux, il devient nécessaire de mentionner les observa- tions les plus importantes sur l'organisation de ces êtres ; obser- vations qui ont porté les connaissances des zoologistes au point où nous les avons trouvées. Je ne m'arrêterai pas au Mémoire de Otto sur le système ner- veux des Helminthes (■2), dont les observations si inexactes n'ont pu servir qu'à embarrasser certains zoologistes. Bojanus est réellement le premier qui ait donné des notions exactes sur l'anatomie de quelques Vers intestinaux ; il a décrit et représenté fidèlement l'organisation de V A mphisloma sublrique- trum Rud. (3). Non seulement il a fait connaître nettement le canal intestinal et les organes de la génération dans ce type , mais encore le système nerveux , comme consistant en un gan- glion placé de chaque côté de l'œsophage , et en deux cordons très séparés l'un de l'autre. 11 a décrit et figuré aussi le canal intestinal et les organes de la génération dans le Distoma hepaticum et dans le D. lanceolatum , qu'il regardait comme le jeune du précédent. Chez le D. he- paticum (h) -.W a reconnu l'existence d'un appareil vasculaire, qui consiste en un vaisseau médian, s'anastomosant avec un réseau régnant sur toute la partie supérieure du corps. On doit encore à Bojanus quelques observations plus impar- faites sur les Ascaris et V Echinorhynchus gigas. (1 ) On y trouve la description ou la mention de plus de 830 espèces. (2) Ueber den Nervemystem der Eingcweldewiirmer, von prof. A. Otto zu Breslau.In Der Gesellschaft Nalurforschendcr freunde zu Berlin. Magazin fiirdie neusten enldecknivjen in der gesummteii Xalurkunde. 7^" Jahrgang. S. 223, taf. v, VI. — 1816. (3) Enlhelminthica, von D' L. Bojanus. In his, von Oken. Jahrgang. 4 821. Erster Band. S. 162, taf. 2, u. 3. (1^ Td. S. 303, taf. 4. ( É. BLANCBAR». — SIR l'ORGAMSATION DES VERS. 95 En 1825, Mehlis a publié une monographie anatomique des Distoma hepaticum et lanceolalum (1), danslac|uelie il établit que ce dernier n'est pas le jeune âge du précédent, comme on le croyait généralement avant lui , mais bien une espèce très dis- tincte. Cet observateur a décrit et représenté le canal digestif de ces Vers avec plus de détails que ne l'avait fait Bojanus. En outre, il a assez bien vu le système nerveux dans le D. hepaticum. Les recherches de Mehlis ont été faites avec soin , et méri- taient toute l'attention des zoologistes. Mais cet anatomiste n'ayant pas comparé ces Distomes avec d'autres types de l'em- branchement des Annelés, la zoologie a peu profité de ses obser- vations. Après lui, Laurer a publié une anatomie assez complète de VAmphisloma conicuin (2). 11 a bien décrit et représenté non seu- lement les organes de la génération et l'appareil alimentaire de ce Ver, mais encore son système nerveux. Il a même soin de faire remarquer qu'après ses observations , ajoutées à celles de Bojanus et de Mehlis , on se refusera sans doute d'autant moins à admettre l'existence d'un système nerveux chez ces animaux. Cette prévision cependant, comme on sait, n'a pas été tout à fait justifiée. Les observations les plus précises sur l'appareil vasculaire de certains Vers sont dues à M. Nordmann (o). Ce savant a fait con- naître par l'examen microscopique un appareil vasculaire chez quelques très petits Trématodes , dont il a formé des genres par- ticuliers , désignés par lui sous les noma de Diplostomum et de Diplozoon. On lui doit encore la connaissance de quelques autres types du même ordre. M. Miram a donné une anatomie du Lingualula ou Pentastoma (1) Observaliones analomicœ de Distomale hepulico et lanceolato ad Enlozoo- rum humant corporis illustrandum , scripsit D. Eduardus Metilis. Gœtlingen , 1825. (2) Disquisiliones analomicœ de Amphislomo conico. (Disserlatioinauguralis. — 1830.) (3) Mirrogriiphischc Beilrœye zilr XaturgeSihiclite der wirbetlose» Thiere , von Alexander von Nordmann. Berlin, 1832. 96 ' VOYAGE EN SICILE. tœnioides Rud. (I). Cet observateur a moiUn; plusieurs des dif- férences qui éloignent ce type des Némaioïdcs et des ïrématodes avec lesquels il a été successivement confondu. 11 a décrit avec soin le canal digestif , les organes de la génération , et la partie inférieure du système nerveux chez cet animal. On doit aussi à M. Owen (2) des détails importants sur l'organisation du même Ver. A la même époque, M. Diesing a publié une intéressante mono- graphie du genre Penlasioma (3) , dont il propose de former une classe particulière sous le nom û'Jcantholheca. 11 en décrit onze espèces, et présente des observations sur l'anatomie des Pen- tastoma proboscideum et tœniokics; mais , comme les autres au- teurs qui se sont occupés de l'organisation des Linguatules ou Pentastomes , il n'a vu qu'une portion du système nerveux. M. Diesing a fait aussi diverses observations sur plusieurs Trématodes, notamment une monographie des genres Amphis- toma et Diplodiscux (4). Parmi les considérations anatomiques qu'il présente danè ce Mémoire, on trouve entre autres choses une dissertation sur le système vasculaire de plusieurs Tréma- todes, et particulièrement des Jmpliistoma; mais il reste toujours infiniment de vague sur la nature de ces vaisseaux , et sur leurs rapports avec les autres parties de l'organisme. Tout ceci ayant été examiné seulement par transparence , il est fort difficile d'en avoir une idée bien nette. Les observations que j'aurai encore l'occasion de citer le plus souvent sont celles de MM. Baër (5), Nitzsch , Sicbold (6) et Crepiin. On doit à M. Eschricht le travail le plus important sur un type (1) NovaAUa Curios. luit. Bonn, t. XVII 2» partie, p. 623, pi. i6 (1835); elAun. des Se. nal., 2" série, t. VI, p. 1 3.H. — 1836. (2) Tramact. of Ihe Zoological Society, t. I, p. 325, pi. 41 (1834). fS) Versuch einer Monoijraphie der Gntlung Penlasioma, von D. C.-M. Diesing, in Annalen der Wiener Muséum der Naturgeschiclite Erlcr Band. S. 1 .— ' 1836. (4) Honographie der GdtUmgen Ampliistonia und Diplodiscus, von D. C.-M. Diesing, in Annalen der Wiener Muséum, Bd. 1, S. 236, taf. 22, 23 u. 24. (5) Nov. Act. Cur. nat. Bonn, t. XIII, elc. (6) Wtegmann's Archiv. filr Naturgesclttehte (183S), etc. É. BI.AIVCHARI>. — Si;u I.'onGAMSAllO.N Dl-S VKRS. !)7 do Cestoïde, le genre Botliriocephalus (1); il a étudié avec le plus grand soin l'organisation de ce type; il a donné une description très détaillée et très bien faite de chaque organe ; mais il n'a pas réussi h. trouver le système nerveux. Après les travaux de Baer('2), de Dugis (o), de Focke (4), de Schulze (.j;, etc., M. de (Juatrefages a fait connaître l'organisation d'un assez grand nombic de Planaii'cs (G), d'une manière plus a|iprofondie qu'on ne l'avait fait avant lui. 11 a étudie compara- tivement dans ce groupe l'appareil digestif et les organes de la génération ; et, de plus, il a décrit et représenté la plus grande partie du système nerveux chez plusieurs espèces. J'ai signalé les recherches les plus importantes relatives à l'or- ganisation des Vers ; celles qui m'ont semblé de nature à avoir pu exercer une inlluence notable en zoologie. Cependant on s'a- perçoit facilement que tous ces travaux portant sur quehiues espèces étudiées isolément , où le système nerveux et le système vasculaire ne sont observés ni assez complètement , m d'une ma- nière suffisamment comparative, les analogies, comme les dill'é- rences essentielles entre tous ces animaux, demeurent impossibles à apprécier. Parmi les publications les plus utiles sur l'organisation des Vers, je ne dois pas omettre de citer encore le Manuel d\lnatoinie comparée de M. Siebold (7) , où tous les faits connus sur ces Annelés sont parfaitement exposés. Ce résumé montre clairement l'état des connaissances des zoologistes acquises sur ce groupe d'animaux jusqu'à l'année JS/iS. Maintenant , il n'est pas inutile de comparer les diverses clas- (1) AiialomiscU-physiologische tinleraiichungen iibrr die BoUiryocephalen , von D. F. Esctiricht. (Der Akad. Ucr Nalurforscher ubergebeu den 4 sept. 1S40.] (2) Nov. Act. cur. .\iit. Bonn. I. XIII, S. 691 (182G], (3) .1.111. .Se. mit., I" série, t. XV, p. 139, pi. 4 et 5 (1828;, et t. XX[, p. 87. (i) Uvber l'iaiiaria Ehrenborgii in den Aniuil des Wiener muséum der iVndir- ijeschiihle. M. 1, Abll). 2, p. 193 (l8iR). (o) De Planariarum Vivendi rat. et struct. penit. uoiin. Dissert. 183C. (6) /11.». '(f.'î.Sc. .ia(., H'série, t. IV, p. 129 (184S). (7J Lehrbucii der \'erijleichendeii Anatomie, von V. Siebold und Stannius. — Wirbellosen Thierevon V. Siebold, 1 Ablh., 1 Ueft. Berlin, 1845. 3' série. Zool. T. VII. ( Février I 8 i7.) 5 ^ 9(S VOYAfiE !•> SICU.K. sifications proposées sur les Vers. Comme je l'ai déjà dit, les iiehnintliologistes spéciaux , depuis l'époque à laquelle Zeder a présenté sa classification , ont considéré les Vers parasites , en- tozoaires ou intestinaux , comme formant un groupe naturel tout à fait séparé des autres Annelés. Néanmoins , d'autres zoologistes n'ont pas admis cette séparation complète. Cuvier, on le sait , n'adopta jamais les divisions établies par les helminthologisles. 11 séparait les Vers en deux ordres seule- ment, les Cavitaires et les l'arenchymateux ; le premier compre- nant les Nématoïdes , groupe très naturel, avec lesquels il plaçait les Linguatnles, si différentes des premiers par leur organisation, et les Lernées qui ont été reconnues par tous les zoologistes, sur- tout depuis les belles observations de M. Nordmann , comme ap- partenant à la classe des Crustacés. Dans le second ordre (les Parenchymateux) , Cuvier rangeait les Acanthocéphales, les Pla- naires , les Trématodes, les Cestoïdes et les Cystiques (1). M. de Blainville (2) admet une classe des EtUoinozoaires apodes, à laquelle il adjoint une sous-classe des Parentomozoaires ou SubantiiHiilaires. La première comprend quatre ordres ; ce seint : 1° les OcoNCiiruALÉs renfermant les genres Linguatule et Prionoderme ; '2° les Oxvcépiialés correspondant à l'ordre des Nématoïdes des auteurs ; 3" les PnOBOSciii'iiALiis , comprenant à la fois les Échinorliynques, les Caryophyllées et les Sipunculides ; et h° les Mvzociii'UAi.És, auxquels se rattachent les Bdellaires , c'est-à-dire la famille des Sangsues et les Polycotylaires, ou les genres Cyclocotyle, Hexacotyle et Hexathiridie ygenres de l'ordre des Trématodes). Le même zoologiste divise sa sous-classe des Parentomozoaires en trois ordres : 1° les Ai'Orocéi'ualés , dont il forme deux fa- milles : l'une (Térétulariés) comprenant les Borlasies , Bonellies, Prostomes, etc.; l'autre (Planariés), les genres Planaire, Dé- rostome , etc. ; 2° les Pokocépualés , correspondant à la plus grande partie des Trématodes ; â° les Botrociîphalés , compre- nant les Cestoïdes et les Cystiques des helminthologistes. Dans [\) Règne animal, r'édit.. t. IV, p. 26(1817); 2>é(lit., t. III, p. 245(1830). (2) Dict. dis Se tiiil,, t. LVII, p 530 et suiv. (Arlicle Vebs.) — 1828. É. BLAXCHARD. — SIR I.'ORGAMSATIUN DES VERS. \i^ cette classification , il existe véritablement plusieurs rapproche- ments heureux , ainsi que l'étude de l'organisation nous l'a mon- tré ; mais il n'en est pas ainsi pour tout l'ensemble. S'il était juste de réunir les Cestoïdes et les Cystiques dans un même groupe , et de laisser les Planariés dans le voisinage des Trématodes , la structure organique nous montre (ju'il n'était pas aussi naturel d'intercaler les Hirudinées entre les Nématoïdes, et les Planaires et les Trématodes; de former avec certains genres, appartenant bien évidemment à ce dernier type, une famille particulière dans le même ordre que les Hirudinées , et d'établir un ordre [Poro- céphalés de Bl.) avec la plupart des Trématodes, en le plaçant dans la même sous-classe que les Ta?nias et les Bolhriocéphales (ordre des Bothrocéphalés Blainv.). Mais à l'époque à laquelle parut cette classification , il est certain que les éléments néces- saires manquaient pour être à même d'apprécier la valeur des différences existant entre ces divers types. 11 y a environ une quinzaine d'années, M. Ehrenberg a établi parmi les Vers une nouvelle classe, à laquelle il a appliqué la dénomination de Turbellaria (1). Le zoologiste de Berlin a placé dans cette division tous les Vers qui, ne vi\ant jamais parasites d'autres animaux , ne lui paraissaient pas toutefois pouvoir être rattachés aux Annélides. 11 est facile de s'apercevoir que M. Eh- renberg s'est laissé guider dans l'établissement de sa nouvelle classe par le fait des circonstances biologiques ; car les carac- tères qu'il assigne aux Turbellariés sont tellement vagues, qu'au- cun d'eux ne permettrait de distinguer un animal de cette classe de tout autre Ver (2). Si ce naturaliste a attaché une certaine (\) Symbolœ plitjsicœ ( Phytozoa Turbellaria). (2) u Aiiimalia evertebrata, apoda, rarius caudala, repentia , nalandi aut pa- • rum aut non perlla , Duda aut setosa , ssepe sptis retractilibuâ vibrantia ; sys- » temate nerveo, ubi observalio non delicit , aperte nodoso, insectorum nervis » aemulo ; oceliorum vestigiis creberrimis, pigmenlo sœpius nigricante ; lubo inles- » linali dislinclo, aut simplici cum aperlura duplici.aut ramnsocuniapertura sim- > plici; nnindibulis nullis; excordia vasis discrelis, liumoruni pcllucidorum niolu » dislincto sine vasorum undulatione, rarius vase dorsali et abdoniinali mobilibus, » ftavicanlibus; brancliiis nullis, spu rpspir;ilinni« «r^iini-; specialibus nnnquam 100 V0\A3Ii EN SICll.i:. importance à l'existence de cils vibratilcs chez.plusieurs des repré- sentants de ce groupe , il a reconnu lui-même que ce caractère était loin d'être général. En outre, cette classe est composée d'éléments hétérogènes, comme l'ont reconnu tous les zoologistes. Aussi, M. Siebold , tout en l'adoptant, l'a-t-il réduite aux deux groupes des Rhab- docèles et des Planaires. Les Nemerlina, que certains zoologistes considèrent encore connue devant former un groupe dans le voi- sinage de celui des Planariées, me paraissent, au contraire, s'en éloigner considérablement ; et M. Siebold a même cru de- voir plutôt les rattacher aux Annélides , ce qui , du reste , ne sau- rait être admis; mais cet exemple montre combien jusqu'à pré- sent les caractères de tous ces animaux ont été peu étudiés et mal définis. Les Gordius et les Naïs , que M. Ehrenberg range aussi dans sa classe des Turhellaria , ont été reconnus par tous les zoologistes, je crois, sans exception, comme appartenant les pre- miers aux Helminthes , et les derniers aux Annélides (1). Ne ressort-il pas clairement de tout ce qui précède qu'une immense lacune reste à combler relativement au groupe des Vers? » inslructa; dislincle androgyna aut sexu discrela; ovipara et sponte dividua, » mucum copioso excernenlia. » Tels sont les caractères assignés par M. Ehrenberg à la classe des TiirbcUaria (Symî). p/ii/s.). (1) M. Ehrenberg établit deux ordres dans cette classe. Le premier, Dendbo- COELA, comprend une seule famille (['lasabiea) renfermant les genres Tiiphloplana, Ptanocvros , Moiwscelis Erh., riiiiKirki Linn., Triscelis , Tetrascclis , l'olijscelis el Slijlochus Ehr. Le second ordre , Khabdocoela , divisé en trois sections. La pre- mière , Amphistebea , subdivisée en doux familles : l'une , Vcbtici.sa , renfermant les genres Turbella et Vorlex Ehr. ; l'autre . Leptoplanea , les genres Lefitoplana et Eiinjlepla Ehr. La seconde section , Monosiebea , divisée en quatre familles : la première, Gobdiea, comprenant le seul genre Gnrdius: la seconde, Micbubea, les genres Disorius , Miciura et PoUjslemma Ehr.; la troisième, Chelopodina, le seul genre Derostoma; la quatrième, Naidina, les genres Cliœtoguster Baër., yElosoma , Pristina Ehr., Styktria et A'dVs. La troisième section, Amphipobina, divisée en deux familles : la première , GïnATnicisA , renfermant les genres Or- tliosloma , Gijratrix, Tetraslemma Ehr., Proslomma Dug., Hemicijcla , Ommato- plea et Amphiporus Ehr.; la seconde famille , NEMtniisA , comprenant les genres l\'emerles Cuv. et Xotogijmnus [Symb. plujs., Phytozoa turbellaria). Cette classilica- É. BLA\tllABD. — SUR I/ORGAMS.\TIO.\ DliS VERS. 101 Les espèces , avons-nous vu , sont assez bien connues , au moins les indigènes, et les caractères qui les distinguent les unes des autres sont énoncés avec assez de précision. Mais l'organisation fondamentale , les rapports existant entre les types des divisions principales, les rapports qu'ils présentent avec les autres classes de l'embranchement des Annelés , ne sont réellement appréciés nulle part. Rechercher avec le plus grand soin les analogies, les affinités et les dilTérences que présentent entre eux tous les Vers ; re- chercher les caractères de leur organisation , qui les rapprochent ou les éloignent des autres Annelés ; examiner avec détails toutes les modifications et les dégradations de chacun des appareils orga- niques chez tous les types essentiels du groupe des Vers; étudier surtout d'une manière comparative les systèmes organiques les plus importants, en général , dans l'écononiie animale, le système nerveux et le système vasculaire ; comparer tous les éléments fournis par de nombreuses observations ; tel était, à mon sens, le point capital ; tel était, ce me semble, le moyen d'arriver à re- connaître les groupes naturels, leurs affinités, leurs analogies , les tendances de leur organisation : c'est le but que je me suis efforcé d'atteindre. « Quand certains organes , quand certains appareils tout entiers viennent à se dégrader, à ne plus exister qu'à l'état rudimentaire, on était porté autrefois à ne plus y attacher d'importance. Dans les ouvrages de zoologie et d'anatomie comparée , les plus re- commandables sous une infinité de rapports, on peut lire, par exemple : « Chez ces animaux , le système nerveux est nul ou » rudimentaire; ils n'ollVent aucune trace de rra/e circulation , » et beaucoup d'autres caractères aussi peu précis. Mais, depuis une époque peu éloignée de nous encore , les sciences zoologiques ont fait un grand pas. lion a été reproduite, avec les caractères des divers groupes, par M. Nordmann, in Lomarcli, Hisl. des Animaux sans vertèbres, 2"édilion, revue et augmentée par MM. Desliayesel Milne Edwards, t. III, p. 609 (1840). Plus récennmcnt. M. Khrunberg a formé pour lo.< Naidint-s une classe particu- lière, qu'il désigne sous le nom de Somoluloma. — Abliandl. ikr KœnUj. AUad. tier Wisscnschap. :n Hrriiii ii-ix ih;n Jiilur \HV>. S 2li() (1837). 102 VOYAGK I;N SlClMi. Il faut se convcaincrc aujourd'hui que ces rudiments, que ces vestiges d'un appareil ou d'un organe, sont souvent les choses les plus propres à mettre sur la voie des affinités zoologiques , à montrer comment se dégradent, soit certaines portions de l'orga- nisme , soit l'organisme tout entier. Les appréciations de cette nature constituent bien évidemment un des points les plus élevés et les plus philosophiques de la science. Aujourd'hui on ne peut plus être admis dans les recherches à négliger les détails ; car, je ne crains pas de le dire , dans les sciences naturelles , ce sont bien souvent les petits sentiers qui conduisent le mieux aux grands chemins ; ce sont les détails qui conduisent souvent le mieux à bien connaître les parties fondamentales. Pénétré de cette manière de comprendre la zoologie, j'ai voulu étudier chez les Vers le système nerveux; mais j'ai cherché en même temps à en suivre tous les filets , et k en constater les plus petits ganglions, en comparant constamment les observations faites sur un type avec ce qui existe dans tous les autres types. Les helminthologistes avaient signalé des vaisseaux chez les Vers en les observant au travers des téguments. La dilTiculté pour les apercevoir tous , pour distinguer leurs ramifications et leurs anastomoses , était extrême. 11 y avait toujours place au doute , et dans l'esprit de l'observateur, et plus encore dans l'esprit de ceux qui voyaient le résultat de ses recherches. En un mot, il était et il devait être presque toujours impossible d'avoir une idée nette sur l'ensemble du système vasculaire dans un type quel- conque. N'ayant que fort peu de confiance dans ce moyen d'investiga- tion , je devais naturellement en chercher un autre. Alors j'ai tenté d'injecter directement avec un liquide coloré les vaisseaux de ces petits animaux. Après quelques elTorts seulement pour certains d'entre eux , après une multitude de tentatives pour d'autres , je suis parvenu à mettre en évidence , chez la plupart des types, la nature du système vasculaire, de manière à ce que la disposition des vaisseaux et le cours du liquide sanguin pussent se montrer clairement aux yeux de tout le monde. Dès ce moment , je crois avoir pu reconnaître facilement les É. RLAKCuiRD. — si'u i.ougamsatio.n di:s vers. 103 groupes naturels , apprécier avec netteté les modifications impor- tantes de l'organisation des Vers , et saisir les degrés de parenté, jusqu'ici si obscurs, comme l'ont constaté encore dans ces der- niers temps plusieurs zoologistes. Dans tous les types soumis à mes investigations, j'ai examiné également le canal intestinal et les organes de la génération. Ces points étaient déjà assez bien connus ; mais ils n'ont pas fourni tout ce qu'ils sont appelés à donner relativement k ces animaux. Comme je l'ai fait observer déjà à l'égard des Insectes et des Mollusques, ces appareils organiques se modifient facilement entre des types même très voisins sous une infinité d'autres rapports. A l'égard des Vers , les mêmes tendances se font remarquer. Au reste , le canal alimentaire et les organes de la génération ont été déjà décrits chez un grand nombre de types. Nous sa- vons que la disposition des organes reproducteurs fournit en gé- néral des caractères très propres h distinguer une petite famille d'une autre, ou plus ordinairement un genre d'un genre voisin ; mais peu d'indications bien précises à l'égard des giandes divi- sions , si ce n'est toutefois le fait de la séparation ou de la réunion des sexes sur chaque individu. Au contraire , le système nerveux et l'appareil circulatoire dans chacune des divisions principales du groupe des Vers oflVent une disposition très particulière et géné- ralement très constante chez tous les représentants de chacune d'entre elles. Par conséquent , examinant dans chaque groupe la disposition du système nerveux, puis la disposition vasculairc , puis la forme du canal alimentaire et la nalure des organes de la génération , puis comparant l'ensemble de l'organisation dans tous les types, on arrive à suivre pas à pas les changements d'un appareil organique quand les antres ne se sont pas encore modifiés , et ainsi successivement , jusqu'à ce que toutes les coïncidences , toutes les analogies, toutes les alTmités , toutes les difl'érences puissent être en quelque sorte mesurées par des comparaisons rigoureuses. Les recherches entreprises simultanément sur les principaux types d'une grande division du règne animal doivent amener né- ]{)k VOYAGB EN SICILK. cessairement à saisir, dans une limite assez large , la valeur des modifications et la nature des dégradations organiques. Loin de là, les observations limitées à l'élude d'une espèce ou même de plusieurs espèces d'un même genre ne produisent de résultats im- portants qu'autant que les faits observés jettent du jour sur des questions un peu générales. Ce qui n'est pas le cas ordinaire , vu \a difficulté d'interpréter clairement les faits, cjuand l'organisation des types voisins n'est pas suffisamment connue. Dans mes recherches actuelles, j'ai donc dû m'efforcer d'étendre le plus possible mes observations ; mais , malgré le nombre consi- dérable de Vers que j'ai étudiés , je dois m'attendra encore à laisser en arrière certains faits importants. Dans la recherche des Vers intestinaux , le hasard seul vous fait rencontrer certaines espèces. Dès lors il ne serait pas entièrement impossible qu'on découvrît par la suite des intermédiaires entre des groupes dont les limites me paraissent aujourd'hui nettement circonscrites. Quoi qu'il en soit à cet égard, ceci ne pourrait rien changer au fond des choses. Pour tous les zoologistes, les Batraciens et la classe des Pois- sons sont représentés par des types profondément caractérisés , et cependant les Lépisostécs et les Lépidosirens établissent un lien des plus intimes entre ces deux grandes divisions du règne animal. Donc, quand j'aurai démontré , prouvé j'espère, qu'il existe des difl'érences extrêmement considérables entre le groupe repré- senté par les Taenias et le groupe représenté par les Douves , les Planaires , etc., ou entre ce dernier et celui représenté par les Ascarides et les Pilaires , les grandes dilïérences , les caractères importants, en un mot les groupes naturels n'en existeront pas moins , quand bien même on viendrait à signaler des intermé- diaires inconnus aujourd'hui. Décrire d'une manière générale les divers appareils organiques de tous les Vers, même en en exceptant les Annélides, serait une tâche bien difficile , vu les différences profondes existant entre les divers types. Comparer l'organisation des uns avec celle des autres, sans É. BLAKCIIAR». — SUU L'ORGANISATION DES VERS. 105 l'avoir fait connaître d'abord d'une manière absolue dans chaque division primaire, serait lrii?fcr prubablement une certaine obscu- rité dans la description anatoniique. Je décrirai donc séparément ce qui est particulier aux groupes principaux avant de m' attacher à l'aire ressortir les ressemblances et les dilïérences. ].es Vers , après en avoir détaché tous les Annélides, me pa- raissent appartenir à trois types principaux , auxquels on devra sans doute en ajouter un quatrième et peut-être un cinquième. Un premier est représenté par un grand nombre des animaux consti- tuant, pour M. Ehrenberg, la classe des Turbellariés , auquel j'adjoindrai un ordre tout entier (celui des Trématodes), laissé dans la classe des Helminthes par ce savant et la plupart des autres zoologistes. Ce type principal doit évidemment être consi- déré comme une classe particulière. D'abord j'avais voulu lui conserver la dénomination de TiirhcUaria , employée par M. Eh- renberg; mais comme jilusieurs familles, placées dans ce groupe par le zoologiste de Berlin , en sont exclues, comme un grand nombre d'autres y sont rattachées, on donnerait une idée com- plètement fausse des limites que je crois devoir assigner à cette classe, en conservant une dénomination proposée pour une grande division dont la plupart des représentants ne sont pas les mêmes. J'abandonnerai donc le nom de Turbellariés , et j'appliquerai à cette classe , ainsi modifiée quant à l'ensemble des types qui la composent, le nom de classe des Anévormes [.4nevormi), déno- mination justifiée par un caractère très important, l'absence d'un véritable collier nerveux. Un second type principal , une seconde classe, par conséquent, sera représentée par des animaux confondus avec d'autres sous la dénomination d'Helminthes; ce sont les Taenias, les Bothriocé- plialcs , les Cysticerques , etc. , rattachés dans les ouvrages d'hel- minthologie à deux ordres , les Cestoïdes et les Cystiques. La première de ces dénominations me paraît pouvoir être adoptée pour désigner la classe entière. Notre troisième type, notre troisième classe, représentée par les Pilaires, les Strongles , les Ascarides, etc., conservera le 106 VOVAGÉ liN SICILE. nom d'Helminthes, pris jusqu'à présent dans une acception beau- coup plus étendue. Le quatrième type serait celui des Néniertines. Un cinquième nous est offert par les Linguatules ou Pentas- tomes. Celui-ci . si différent de tous les autres Vers , comme je le montrerai , ne m'est pas encore assez complètement connu pour que je puisse en saisir toutes les affinités naturelles. Nous allons maintenant développer les motifs qui nous font ad- mettre ces divisions ainsi posées avec les limites que nous leur assignons. CHAPITRE II. CLASSE DES ANÉVORMES {ANEVORMI hhmcn.). Turbelluria (ex parte) Ehrcnberg. — Intestinaux parencliymateux (ex parte, Cuvier. Tous les animaux que nous rangeons dans cette classe présen- tent des caractères généraux organiques qui jusqu'ici avaient presque totalement échappé. Récemment encore , quand je fis connaître le système nerveux chez les Malacobdelles (1), je remar- quai combien l'existence de cette double chaîne ganglionnaire s'élendant le long des parties latérales du corps, et jjrenant nais- sance dans deux centres nerveux cérébroïdes extrêmement écar- tés l'un de l'autre, constituait une disposition remarquable, dont on n'avait signalé de complètement analogue nulle part. Déjà je prévoyais que d'autres faits venant s'ajouter à cette première observation ne tarderaient pas à jeter du jour sur les affinités naturelles des Malacobdelles. La disposition du système nerveux devait bientôt amener non seulement à ce résultat, mais à un résultat beaucoup plus général. En étudiant, depuis, l'organisation d'une Planaire de très grande taille , rapportée du Chili par M. Gay, j'observai dans ce type , non pas un système nerveux semblable à celui des Mala- cobdelles , mais ayant néanmoins les plus grands rapports avec (1) Comptes-rendus de l'Acad. des Se, t. XI, p. 132, mai 1845; et AuH. det Se. nat., 3* série, t. IV, décembre 18io. É. BLAKCIIABU. — SUK L'on(;AMSAT10N DES MCnS. 107 ce dernier. Chez cette Planariée , les deux centres cérébroïdes sont infiniment plus rapprochés , mais ils doimcnt également naissance à deux longs cordons très espacés, et offrant sur leur trajet une série de petits ganglions. Ce fait bien constaté, l'alTmité entre les deux types que je viens de signaler me sembla dès ce moment mise hors de doute. On avait observé déjà le système nerveux chez des Planaires. M. Ehrenberg (1), M. Schulze (2), M. de Quatrefages (3) particu- lièrement, l'ont étudié dans diverses espèces; mais ces zoologistes, n'ayant eu à leur disposition que de petits individus , n'ont pu !e représenter tout à fait complet. Ils n'ont point signalé l'existence des petits centres médullaires sur le trajet des deux cordons qui s'étendent presque jusqu'à l'extrémité du corps. Si j'insiste ainsi sur des faits de détails, ce n'est peut-être pas sans raison ; car c'est en comparant rigoureusement chacun des détails du système nerveux de la Planaire et du Malacobdelle que j'ai saisi de nombreux points d'analogie. Comme on l'a vu , des observations dues à quelques anato- mistes ont mis en évidence , il y a déjà assez longtemps , des faits de nature à faire comprendre qu'il existait , chez plusieurs types des Vers intestinaux, des pailicularités d'organisation fort remar- quables. Mais deux ou trois observations , dont l'exactitude a été mise en doute dans les ouvrages les plus récents; quelques faits isolés , dont on n'avait pas compris la valeur réelle , ne devaient amener aucun résultat zoologique. C'est précisément ce qui a eu lieu à l'égard d'un petit nombre d'observations relatives à deux ou trois représentants de l'ordre des Trématodes. Ainsi que je l'ai rappelé précédemment, Bojanus, puis Mehiis et Laurer, et ensuite Uiesing, ont représenté le système nerveux des jimphis- loma subtriquetnim, conicum et fjiganleum, et du Distoma hepa- ticitm , comme consistant en une paire de ganglions situés l'un (l) Abandl. (1er Kœniij. M;ii(l.iley Wissenschaft. zu Berlin aus tiem Jaltre 1835. S. 243 (1837). (i) De Vhinariarum rir. riilione et striict.. p. 39 (1830). (3) Ami lies Se. nal., 3" série, t. IV (1815). 108 VOYAGE EN SICILE. à droite, l'autre à gauche de l'œsùpliage, dans lesquels prend naissance un cordon nerveux s'étcndanl de chaque côté du corps. Au début de mes recherches , ne tenant d'abord nullement compte des observations des zoologistes que je viens de citer, j'étudiai ces types de Vers intestinaux appartenant à l'ordre des ïrématodes , sans aucune opinion formée , relativement à leur organisation et à leurs atTinités naturelles. L'examen du système nerveux , d'abord , chez le principal re- présentant de ce groupe , la Douve du foie {Fasciola hepatica Lin.), et ensuite dans beaucoup d'autres représentants du même ordre, me montra une analogie frappante avec les faits déjà ob- servés chez les Malacobdelles et les Planaires ; seulement , je trouvai en général la double chaîne ganglionnaire dans un état d'imperfection beaucoup plus grand. Il y a donc une disposition générale du système nerveux, propre à la fois aux Malacobdelles, aux Planariées , et à tout l'ordre des Trématodes, rangé jusqu'ici par la plupart des zoolo- gistes entre les Helminthes nématoïdes et les Cestoïdes. Ayant constaté les mêmes faits sur un assez grand nombre de types dans cette classe d'animaux , je suis arrivé à reconnaître pour la première fois qu'il y avait dans cette disposition du système nerveux un caractère d'une hante importance , propre à tout un groupe fort considérable du sous-embi-anchemcnl des Vers. Ce fait mis eu lumière , on arrive alors à entrevoir raijideinent des rapports qui avaient dû de toute nécessité échapper avant cette observation générale. On trouve, par exemple, dans la classification de M. de Blain- ville (1) une classe désignée sous le nom de Mai.acopodes, et éta- blie sur un seul type fort singulier, quant à ses formes extérieures, à ses habitudes, et môme relativement à sou organisation, comme nous l'ont appris les observations de M. Milne Edwards (2). On (1) Dicl. des Se. nat. Supplément (art. A>mmal), (2) Ann. des Se. nat., r série, t. XVII, p. <26 (I8i2). É. BLAIVCHARD. — SLR I.'ORGAMSATION DES \ EUS. 109 se rappellera que ce dernier coustala chez ce type une disposi- tion du système nerveux , qui se rapproche exti-emement do celle que j'ai signalée chez les Anévormes. l'iécemmcnt encore, on ne pouvait rien préjuger d'après ce caractère ; mais aujourd'hui M. Milne Edwards n'iiésite plus h le considérer comme ayant de grandes atlijiités avec les Planariées et les Trématodes , et repré- sentant en quelque sorte dans ce groupe le type des Annélides errants, comme les Malacobdelles seraient, dans le même groupe, le représentant du type des Hirudinées. On voit combien l'étude profonde do l'organisation des ani- maux amène à saisir degré par degré toutes ces modifications de certains types pour se lier à d'autres groupes. Cette manière si philosophique de comprendre la zoologie n'est ici théorique en aucune façon ; c'est la simiile expression de faits , faciles à appré- cier pour tous ceux qui suivent attentivement ces questions. Passant maintenant à l'examen de l'appareil circulatoire, nous le voyons consister en un ou plusieurs vaisseaux principaux, oflVant de nombreuses ramifications s'anastoniosant sur une infinité de points ; en sorte qu'il existe là un véritable réseau vasculaire : c'est cette disposition qui exish; chez les Trématodes. Plusieurs zoologistes avaient signalé plus ou moins exactement quelques faits de cette nature. Bojanus a donné à cet égard une notice re- lative à la Douve du foie. Dugès a représenté aussi les vaisseaux d'une Planariée ; mais ce savant paraît avoir confondu le système nerveux avec les vaisseaux. M. JNordmann a, sous ce rapport, donné des détails plus précis à l'égard des Diplozoon et des Di- plostomum. Néanmoins, bien des doutes et des inexactitudes restaient relativement au système vasculaire. Au moyen de mes injections , je me suis assuré qu'il existait chez ces animaux un appareil de vaisseaux à parois propres , se ramifiant dans toute l'étendue du corps. On ne distingue ici ni veines , ni artères proprement dites ; les deux fonctions paraissent appartenir aux mêmes vaisseaux. Chez la Douve , par exemple , j'ai vu le vaisseau médian , que nous considéroiK comme un vestige de cœur, se contracler k l'une de ses extrémités ; ce (jui chassait le liquide sanguin dans les 110 VOYAGR F.N SICILE. vaisseaux latéraux , et détciminait sa rentrée par des troncs vasculaires , s' abouchant k l'autre extrémité du canal médian ; les mouvements de systole et de diastole ne s' opérant pas à la fois dans toute la longueur du vaisseau médian , mais seulement sur une partie de son trajet. Considéré d'une manière générale , ce système de réseau vasculaire paraît se rencontrer chez tous les Trématodes et les Planariées , tout en présentant certaines différences dans le nombre et la direction des vaisseaux. On comprend sans peine (ju'il était complètement indispen- sable de recourir à l'injection i)our s'assurer que ces vaisseaux ont des parois propres , et ne sont nullement de simples lacunes creu- sées dans le parenchyme même ; pour constater qu'ils n'ont au- cune communication directe avec le canal intestinal , comme cer- tains observateurs ont pu le croire, et enfin pour reconnaître leurs rapports avec les autres parties de l'organisme. Plusieurs des anatomislcs, (jui ont supposé que les vaisseaux des Trématodes s'abouchaient directement avec les ramifications de l'appareil digestif, ont ci-u voir un orifice terminal par où le vaisseau principal s'ouvrirait au dehors. Or, en injectant l'intes- tin et les vaisseaux avec des couleurs différentes , on voit de la manière la plus certaine qu'il n'y a aucune communication directe entre ces deux appareils; car les deux liquides ne se mêlent ja- mais sur aucun point , si l'on ne détermine des ruptures par suite d'une pression excessive. En injectant tout l'ensemble du système vasculaire d'un Trématode quelconque , on ne voit jamais le liquide s'échapper par l'extrémité des troncs principaux , si ce n'est sous l'influence d'une pression trop forte, et alors c'est par l'extrémité de tous les vaisseaux que le liquide peut venir à sortir. Lorsqu'ils sont bien remplis , il paraît presque sûr qu'il n'y a pas d'ouverture terminale. Le prétendu foramen caudale, comme l'ont appelé divers helminthologistes, est tout à fait probléma- tique ; dès lors le système excrétoire ou de vaisseaux absorbants, comme on l'a considéré tour à tour, serait simplement un appareil circulatoire. Certains observateurs ont cru que, chez les Tréma- todes , ce système particulier existait en même temps qu'un ap- É. BI..«\CHARn. — SIR I.'onr, AMSAilON r)ES \F.RR. 111 pareil sanguin (1 . ; mais partout on trouve des suppositions à la place de laits bien constatés. Il y a eu à cet égard la confusion la plus étrange. Le canal alimentaire offre entre les divers représentants de cette classe des différences considérables. Les uns ont un tube digestif droit ouvert à ses deux extrémités ; les autres , au con- traire, et ce sont les plus nombreux, n'ont pas d'orifice anal. Les Planariées et les Trématodes sont dans ce cas. Alors , dans la plupart de ces Vers, le canal intestinal se divise en plusieurs branches , et souvent même il présente un grand nombre de ra- mifications. Les organes de la génération chez ces animaux oflVent aussi des particularités importantes ; on trouve les deux sexes réunis sur chaque individu. Les ovaires sont généralement étendus dans une grande partie du corps; mais ils n'ont jamais qu'un seul pviducte. Les organes mâles sont aussi plus ou moins dilTus, sui- vant les types; mais toujours ils forment un ensemble, dont toutes les parties sont dépendantes les unes des autres. Chez tous ce." Vers , on ne trouve point d'organes particuliers pour la respira- tion ; cette fonction paraît s'effectuer seulement par la peau. Nos Anévormes ont donc des caractères communs tirés de la disposition de leur système nerveux , qui les sépare très nette- ment de tous les Annélides, où il existe une seule chaîne gan- glionnaire médiane, comme dans les Insectes, les Crustacés et les Arachnides. Ajoutons que la tendance générale du système vasculaire leur est particulière , en admettant toutefois que cet appareil pourrait se modifier davantage , et ne plus présenter tout à fait le même degré de constance. L'appareil digestif établit encore d'une manière irrécusable les affinités entre les Planariées et les Trématodes , sans offrir toutefois de caractères propres à tous les Anévormes. Les organes de la génération ont une constance assez grande ; ils permettent de distinguer les Anévormes des autres Vers. Les (l) Voy. Siebold, Lehrbuch lUr VerijU-ieluiideit Aii.ilomic. Ersie Ablh. Ersles llefl. S. 133 u 138(1 8 i;i). 112 VOYAGE EN SICILE. Hirudinées et les Scoléides (Lombricinées) sont les seuls qui s'en rapprocheraient bien notablement sous ce rapport. Considéré d'une manière générale , l'ensemble des caractères organiques n'est pas identique certainement chez tous nos Âné- vormes, et plusieurs de leurs caractères peuvent se rencontrer chez d'autres Aniielés. IN'en est-il pas ainsi presque pour chacune des classes du règne animal? Nous croyons donc que celle des Anévormes est extrêmement naturelle. La disposition du svslème nerveux la sépare nettement des Annélides , des Hirudinées et des Scoléides, comme des Cestoïdes et des Helminthes. Les caractères fournis par l'appareil vasculaire et le canal di- gestif sont communs aux deux ordres les plus considérables de ce groupe , l'ordre des Planariées et celui des Trématodes; les autres ordres se rattachent à ceux-ci par l'ensemble de leiu- orga- nisation sous des rapports plus ou moins nombreux. Remarquons encore , tout en attachant à ce fait une impor- tance fort secondaire , que généralement les Anévormes sont dépourvus d'annulations; leur corps ne présente même pas de rides transversales, comme chez beaucoup d'Hirudinées et d'Hel- minthes. Jusqu'à présent, à ma connaissance, les Péripates, dont les caractères paraissent assez importants pour les faire placer en dehors de la classe des Anévormes , feraient seuls ex- ception à cette tendance générale. Le rapprochement le plus intime sur lequel j'insiste , celui entre les Trématodes et les Planariées, n'est pas une idée neuve, penseront tous ceux qui s'attaclient bien plus aux mots qu'aux choses. En elTet, les anciens zoologistes les rapprochaient non seulement dans la même classe , non seulement dans le même ordre ou dans la même famille, mais dans le même genre. Linné désignait par la dénomination de Fasciola les Planaires et les Dùuves {Distoma, type de l'ordre des Trématodes). Othon Millier adoptait en cela la manière de voir de Linné. Gœze les réunissait également. M. de Blainville, dans l'article Vers du Dictionnaire des Sciences naturelles , place les Planaires et les Trématodes dans deux ordres distincts ; mais il les range dans une même grande division du sous-embrancliement des Vers. É. BLjtKCBARD. — SUll 1," ORGANISATION DES VEnS. H 3 Cuvicr dans son Règne animal signale aussi la parenté entre ces deux groupes. Cependant par quelles considérations avaient été guidés ces célèbres zoolugistcs? Évidemment ce fut par suite de cette habi- tude qu'acquièrent seuls les zoologistes qui ont vécu pendant longtemps au milieu de grandes eollections: habitude qui fait saisir des rapjjoi'ts , d'après l'aspect , l'apparence seule des Ani- maux. ■ ' Cela suffit-il à la science? Non certes ; et ce serait bien mal la comprendre que de se contenter de faits saisis pour ainsi dire par intuition , et nullement établis par des observations directes. D'ailleurs , ce qui alors a paru être la réalité aux yeux des uns, ne l'est point pour les autres. La preuve n'existe-t-elle pas posi- • llvemeiil ici ;i l'égard des Planaires et des Trématodes? A côté des naturalistes qui les ont crus voisins, n'avons-nous pas Rudol- phi et tous les hclminthologistes spéciaux qui rejettent bien loin de leur groupe des Vers intestinaux tous ceux qui ne vivent pas dans le corps des autres animaux ? N'avons-nous pas M. Ehren- berg proposant de former une classe parliculièrc pour les Vers qui , n'étant pas entozoaires , ne lui paraissent pas avec raison , pour la plupart au moins, devoir être rangés avec les Annélides? Ces vues, ne les voyons-nous pas adoptées dans les ouvrages les plus récents de plusieurs zoologistes : M. Dujardin , en France ; M. Siebold , en Allemagne ? Aussi, en adoptant l'opinion de Linné, d'Othon Mûller, de Cuvier, de M. de Blainville et d'autres encore, ce n'est pas mon opinion personnelle que je viens ajouter à celle de ces illustres naturalistes ; c'est d'après les faits observés sur chaque partie de l'organisme que je soutiens ce rapprochement, en montrant com- bien le système nerveux d'une Planaire ressemble à celui d'une Douve; combien le système vasculairo, l'appareil digestif, les organes de la génération des Trématodes et des Planaires ont de ressemblance. Ces points étant minutieusement comparés, riui pourrait se refusera l'évidence? Oui douterait alors ([ue le genre de vie, que les circonstances biologiques on fort peu d'inipovlancc, cl :)' srric Zuoi.. T. Vil (l'cviKT l.S'i7 )< s 114 Yovvnr, i:.\ sicn.i;. ne coïncident nullement avec des modifications profondes dans l'organisme? C'est ce que déjà je me suis attaché à montrer à l'é- gard des Insectes ; mais là encore il ne s'agissait guère que de dif- férence dans le choix de la nourriture. Ici, il y a plus: car l'animal vivant dans les mares , dans les étangs , dans la mer , est très voisin de l'animal vivant dans le foie , dans l'intestin , ou dans un autre viscère d'un Mammifère , d'un Oiseau ou d'un Poisson. Mais il est vrai d'ajouter , d'après les observations de M. Siebold et surtout de M. Steenstrup, que la même espèce est souvent aqua- tique pendant une période de sa vie , et parasite pendant une autre période. Il existe certainement plusieurs caractères pour séparer les Planariées ou Dendroccles de M. Ehrenberg des Trématodes ; mais ils reposent sur des détails , tels que la position de l'orifice buccal et des orifices de la génération , la disposition des ramifi- cations du canal intestinal, etc. Je les considère conmie formant deux groupes distincts. Ce sont les principaux représentants de notre classe des Anévormes ; ce sont surtout les plus nombreux. Les autres types ayant peu de représentants se groupent autour de ceux-ci , s'en rapprochent d'une manière plus ou moins intime. Bien que les Planariées et les Trématodes paraissent apparte- nir à deux types bien particuliers ; bien que la nature des tégu- ments et la position de l'orifice buccal et des centres nerveux cérébroïdes semblent être ici des guides sûrs pour déterminer au premier abord le groupe auquel doit appartenir un repré- sentant de l'un ou l'autre de ces types ; on éprouve néanmoins une certaine difliculté à préciser d'une manière générale les ca- ractères propres, soit aux Planariées, soit aux Trématodes. Dans ces deux groupes, cependant si naturels, on saisit de l'un à l'autre des tendances très appréciables. Ainsi, ciiez la plupart des Tré- matodes , les ganglions cérébroïdes sont situés de chaque côté du bulbe œsophagéen ; mais dans les Tristomes, ils sont au-devant (le la bouche , et celle-ci n'est point terminale. Ceci nous conduit tiiut à fait à la disposition regardée comme si caractéristique , (liez les Planaires. Dans ces dernières , un des caractères princi- paux est d'avoir la bouche située très loin de l'exlrémitc anté- É. BL;%\CBjtRD. — SI It i.'onCAMSATION DKS VKHS. 115 rieure du corps ; mais il y a pourtant des espèces où la bouclic tend très notablement à se rapprocher du bord antérieur. Le genre Prosthiostomum de M. de Quatrefages en fournit nn exemple. Les Planaires se font remarquer par le peu de solidité de leurs téguments, qui diffluent avec une facilité très grande. Dans les Trématodes , au contraire , ils sont en général très résistants et fort peu susceptibles de diffluer; c'est le cas pour les Douves, pour les Amphistomes, les Tristomes, etc. Néanmoins, plusieurs d'entre eux ont des téguments beaucoup moins solides , et , sous ce rapport, ils se rapprochent davantage des Planariées: tels sont les Polystomes et les Octobothriums. Les ventouses, ou organes d'adhérence, n'existent jamais dans les Planariées ou Dendrocèles, et semblent caractériser parfaite- ment les Trématodes ; mais chez quelques uns de ces derniers, ils disparaissent presque totalement. Dans les Monostomes , le seul organe d'adhérence est le pourtour de la bouche. Ainsi donc, tout en regardant comme utile de conserver la distinction en deux ordres établie pour les Planaires et les Trématodes, il est impos- sible de ne pas reconnaître entre divers représentants de ces deux groupes une sorte d'échange de caractères. Dans l'ordre des Trématodes, on observe, chez les Amphi- stomes, une tendance un peu opposée à celle qui nous est oflerte par les Tristomes. Dans ceux-là , qui se fixent par leur ventouse postérieure à, la manière des Sangsues , les ganglions cérébroïdes sont sensiblement plus volumineux que dans les autres représen- tants du même ordre , et placés en arrière du bulbe œsophagéen. Cette disposition indique bien évidemment un acheminement vers le type des Hirudinées. Le manque d'observations suffisantes nous oblige cà garder la plus grande réserve à l'égard de l'ordre des Rhabdocèies de M. Ehrenberg , ou des genres Prostomes , Dérostomes , etc. , placés par tous les zoologistes près des Planaires ou Dendrocèles. La difficulté de se procurer assez abondamment ces animaux dans notre pays ne m'a pas permis d'en faire une étude complète , comme je l'aurais désiré. Plusieurs de ces Vers ne sont sans 146 VOYAGE EN SICILE. doute , comme le l'ait observer M. Siebold , que des larves d'au- tres animaux. (Quanta ceux considérés commcélantùrétatadulle, la disposition de leur canal intestinal paraît montrer dans ce type un passage , un lien plus intime entre les Planaires et les Mala- cobdelles. CHAPITRE IH. CLASSE DES CESTOIDES (CFSTOJDEA). Cestoïdeset Cystiques Riulolplii, vie Inteslinaux parenchymateux (ex parte) Cuvier. Bothmcrplmlés de Blainville. Les animaux appartenant à cette classe affectent généralement une forme si particulière, si insolite, que la plupart des zoologistes ont peu saisi leurs rapports naturels. Ils n'ont pas constaté beau- coup plus la valeur des caractères qui les séparent des autres Vers. Quelques auteurs, au nombre desquels il faut citer Lamarck, ont pensé qu'un Ta3nia pouvait être l'assemblage d'un grand nombre d'individus, chaque anneau du corps offrant des organes de géné- ration indépendants les uns des autres. Cette opinion n'est ce- pendant pas fondée ; car ces Cestoïdes sont pourvus d'une tête dans laquelle se trouve logée la partie centrale du système ner- veux , et ordinairement des organes de succion. Les anneaux du corps sont seulement comparables à ce qui existe chez les Anné- lides. Les Cestoïdes cfnt un système nerveux très distinct quand on sait convenablement l'isoler ; et c'est bien à tort qu'on les a crus si généralement dépourvus de l'appareil de la sensibilité. Le système nerveux dans les Tœnias,dans les Uothriocéphales, dans les Cysti- cerques, et je citeàdessein les exemples sur lesquelsontparticuliè- rement porté mes investigations, consiste en une sorte de commis- sure transversale placée au centre de la tête , ayant aux deux extrémités un petit renflement ganglionnaire. Ces deux centres médullaires donnent naissance de chaque côté à un filet nerveux descendant dans toute la longueur du corps , et fournissent anté- rieurement un nerf s'anastomosant ici avec u:i petit centre ner- veux, situé à la base de chacune des ventouses céplialiques. Cette disposition mérite d'être remarquée ; il suffit presque de voir la É. BI..%1\C'ilARD. — SIH l/onOAMSMION D!;S VKI\.S. 117 lète d'un Ttunia pour la comprendre aussilùt. De quel([uc côté qu'on retourne l'animal , on ne distingue guère ce qui pourrait être la face supérieure ou inférieure de la tête. La disposition du système nerveux est en rapport avec cette conformation générale. Il n'y a plus rien ici de précisément comparable à des ganglions sus-œsophagéens et à des ganglions sous-œsophagécns. Pendant une période de la vie des Cestoïdcs , quand ces Vers n'ont pas d'organes génitaux , il serait impossible de déterminer ce qui est le côté dorsal et ce qui est le côté ventral. 11 y a plus, dans les espèces où les organes de génération ont leurs orifices exactement sur les parties latérales du corps, cette distinction semble ne pou- voir jamais être établie. Ceci me paraît un point capital au point de vue zoologique ; car les Tajnias , les Bothriocéphales , les Cys- ticerques, tous les Cestoïdes enfin appartiennent évidemment, par l'ensemble de leur organisation et par le mode de leur déve- loppement , au groupe des A'ers. Ils appartiennent incontestable- ment à l'embranchement des animaux annelés. Cependant , chez eux , le type- est notablement dégradé , et il nous montre une tendance sinon bien marquée , du moins très sensible vers un autre, celui des Radiaires. Cette tendance est nettement indiquée par le système nerveux , consistant en quatre centres nerveux di- vergents , et se rattachant à un point central. Jusqu'ici, le système nerveux du Tœnia et des autres Cestoïdes, si important à connaître pour la zoologie, avait totalement échappé. On trouve seulement à cet égard une observation incomplète due à M. Millier (1). Cet anatomisle a vu la bandelette centrale et les filets nerveux qui en partent pour se diriger vers les ventouses ; mais il n'a point distingué les ganglions existant à la base de ces organes. Une observation de cette nature ne pouvait, par conséquent , rien indiquer relativement à la constitution des Cestoïdes. Au- jourd'hui, après avoir examiné cette disposition dans plusieurs espèces de T;enias, dans le genre Tricuspidaire ou Trifcnopho- rus , dans plusieurs Cysticerques , et particulièrement dans les C. fasciolaris et pisiformis, j'ai toute certitude à l'égard de la (1) Mùller's ^rc/iti). 1836, p. 106. 118 \OVAC.E KN SICILE. disposition générale du système nerveux chez les divers représen- tants de cette classe. Le caractère que nous fournit cet appareil est de la plus haute importance , car il nous montre combien les Cestoïdes diffèrent des autres annelés , et combien ils sont distin- gués nettement des groupes auxquels on les réunissait sous la dénomination d'Helminthes. Depuis longtemps les anatomistes ont reconnu l'existence de deux longs canaux latéraux s'étendant d'une extrémité du corps ;i l'autre , et ofl'rant un canal de communication transversal dans chacun des anneaux du corps. C'est une disposition qu'il est bien facile de mettre en évidence en injectant ces canaux avec un liquide coloré , comme je l'ai fait plusieurs fois. Cette sorte de système gastro-vasculaire a été considérée tantôt comme un système vasculaire, tantôt comme un appareil alimen- taire dégradé. En effet, le Taenia est dépourvu d'orifice buccal ; il présente seulement quatre ventouses ou trompes, qui ne sont pas perforées , mais qui néanmoins paraissent propres à absorber les lluides destinés à nourrir l'animal. Exactement en arrière de ces ventouses, ou trouve une petite cavité à laquelle viennent aboutir les deux canaux latéraux. En poussant fortement une injection par l'une des ventouses , on réussit à remplir ces canaux , et en même temps on voit une partie du liquide coloré ressortir par les autres ventouses quand la pression devient un peu forte. Ceci me semble donc tout à fait de nature à montrer que l'absorption des matières nutritives peut s'opérer au moyen de ces organes. Cette disposition, nous la verrons au reste s'effacer, d'abord en partie, puis en totalité dans certains genres. Les Tœnias constituent la forme essentiellement typique dans la classe des Cestoïdes; mais cette forme peut venir à s'altérer jusqu'à un certain point. C'est ainsi que, chez les Tricuspidaires, on retrouve les deux canaux latéraux des Tsenias ; seulement ils n'ont plus , comme chez eux , de canaux transversaux les unissant l'un à l'autre. C'est encore au moyeu de l'injection que je me suis assuré de ce fait. Dans les Ligules , on le sait , il n'existe plus aucune trace de É. BI>;tIVlUAKW. SI II l.'01U,A.MSArKJ.\ DliS MillS. 119 cet appareil gastrique. Cependant , par l'ensemble de leur orga- nisation, ces Vers appartiennent encore bien évidemment au même type. Le système nerveux , les organes de la génération multipliés dans toute la longueur du corps , demeurent des caractères com- muns à tout le groupe. Pendant longtemps , partageant l'erreur commune , je pensais qu'il n'existait point de système vasculairc proprement dit chez les Cestoïdes. Les canaux gastriques, communiquant de l'un à l'autre dans chaque zoonite , étaient regardés très généralement comme destinés à remplir les fonctions des deux appareils. Mais récem- ment , dans les Tœnias du Chien et de la Fouine , j'ai constate , indépendamment de ces canaux gastriciues ou intestinaux , l'exis- tence d'un système vasculaire très complexe, consistant en vais- seaux longitudinaux pourvus de ramifications et d'anastomoses nombreuses. Il y a donc , sous ce rapport, une analogie très grande avec ce qui existe chez les Anévormcs. Ainsi ces animaux remarquables, considérés par les zoologistes les plus éminents comme desY ers parenchy7nateux complètement dégradés, sont au contraire des êtres dont l'organisation est loin d'être très simple. Sous le rapport des organes de la génération , les Cestoïdes diffèrent non seulement des Helminthes nématoïdes , mais aussi des Anévormes, des Hirudinées et des Scoléides; ils n'ont guère plus d'analogie avec les Annélides proprement dits. Dans les Taenias et dans les Bothriocéphales où le corps est net- tement divisé en une longue série d'anneaux, il existe dans chacun d'eux, soit en même temps, soit alternativement, un ovaire et un appareil mâle complètement distincts et complètement séparés de ceux de l'anneau précédent et de l'anneau suivant. Dans les Cestoïdes dont le corps n'est pas divisé , comme chez les précédents , les organes de la génération se multiplient néan- moins de la même manière dans toute la longueur du corps. Quant à l'annulation , il est aussi bien digne de remarque de vQÎr ce caractère , si prononcé dans les principaux représentants de la classe , disparaître chez des espèces qui, fondamentalement, s'éloignent peu des autres. Ceci suffit pour nous montrer à quel point il perd de son iiriportance chez ces Annelès inférieurs. J20 VOVAGli i;\ SlCll.K. Les lielminlliûlogislcs ont pour la plupaii considéré les ani- • maux de cette classe comme appartenant à deux ordres fort distincts : les Cestoïdes, représentés par tous ceux dont le corps est en forme de ruban ; et les Cystiques , représentés par| ceux dont le corps se termine par un renflement plus ou moins considé- rable ayant l'apparence d'une vessie. Cette distinction , d'abord faite par Zeder , a été adoptée par Piudolplii , et ensuite par la plupart des zoologistes. Quelques uns cependant l'ont repoussée ; de ce nombre se trouve M. de Blainvillc , etc. 11 me paraît tout à fait hors de doute que cette séparation doive disparaître ; l'organisation est positivement la même, et l'on trouve tous les intermédiaires entre la forme la plus vésiculcuse de certains Cystiques et celles des Ttenioïdes ; le Cysticerque du Rat (Cysti- cercus fasciolaris) en fournit l'un des meilleurs exemples. Récemment, MM. Miescher et Dujardin ont émis, sans s'y arrêter davantage , l'opinion que les Cystiques pourraient n'être autre chose que des Ta^nioïdes développés d'une manière anor- male ; en effet , les Cystiques sont constamment dépourvus d'or- ganes de reproduction , et on ne les rencontre jamais dans le ca- nal intestinal des animaux , comme les Teenias ; mais seulement dans des kystes se développant à la surface des membranes sé- reuses ou à la surface du foie et des poumons ; ce qui tendrait à faire penser que des œufs de Tœnias, ayant été introduits dans l'économie animale en dehors du tube digestif, ont pu éclore , et donner naissance à déjeunes individus, dont le développement demeure incomplet, et dont la forme du corps s'altère, parce qu'ils vivent dans une condition en quelque sorte accidentelle. Des expériences faites directement sur des animaux pourront seules amener à résoudre la question ; car , si les Cysticerques sont bien réellement de véritaijles Tajnias , c'est non seulement leur corps dont la forme s'atrophie , c'est aussi leur tête qui acquiert une grosseur beaucoup plus considérable. Cette modifi- cation amène beaucoup de doute , (juand on cherche à identifier spécifiquement le Cystiquc et le CcstoïJc vivant dans le même animal. Une considération vient, au reste, fortement à l'appui de l'idée fc. BLAM'UAR». — SI 11 l.'ullGAMbAïiO.N Dlh VI, US. 1:21 omise par MM. Miescher et Uujardin : c'est l'absence constante d'organes reproducteurs chez tous les Cystiques. Or, nous savons fiue les Vers sont de tous les animaux les mieux partagés sous le rapport du développement de ces organes. Dans la plupart d'entre eux, les ovaires occupent la plus grande partie du corps, et les œufs se comptent par milliers et centaines de milliers. Ce fait seul indique que les produits des Vers sont exposés à bien des chances de destruction , et qu'ils arrivent pour ainsi dire par hasard à être introduits dans le lieu où ils peuvent se développer. Mais , l'examen des Vers intestinaux , on le comprend facilement, d'après ce nombre incalculable d'œufs , doit laisser dans l'étonnement en pensant que ces animaux ont surtout servi d'exemples pour répandre les idées de génération spontanée. Signalons encore un fait vraiment digne d'attention , relative- ment à l'identité assez probable des Tieuias et des Cysticerques. Les Tricuspidaires , ou Trieenophores de Rudolphi , se rencon- trent le plus ordinairement dans le canal intestinal de plusieurs Poissons d'eau douce , et alors ils présentent des organes de gé- nération parfaitement développés. J'ai trouvé de ces Tria3nophores, spécifiquement identiques avec les précédents, dans des kystes, sur le foie de plusieurs Perches. Tous les individus retirés de ces kystes étaient complètement dépourvus d'organes reproducteurs , comme les Cysticerques. Selon toute probabilité , cette circonstance était due à la même cause ; mais la forme du corps n'ayant pas subi pour cela d'alté- ration sensible , il ne pouvait y avoir le môme doute à l'égard de la détermination de l'espèce. Ce fait , qui n'avait point encore été signalé , donne une valeur réelle à l'opinion très probable que les Vers existants dans des kystes ne sont que des individus incomplètement développés des mêmes espèces vivant dans le canal intestinal des Animaux ver- tébrés. Mais , aujourd'hui, c'est à l'expérience qu'il faut recourir pour lever toutes les incertitudes ; car, en zoologie, on ne peut s'arrêter cju'aux faits parfaitement constatés ; aussi ai-je déjà commencé plusieurs tentatives sur ce sujet. ['22 VOVAGK E.\ SIClLIi. Remarquons encore cependant que les Cysticerques devien- nent surtout abondants , et en quelque sorte ordinaires chez cer- tains animaux , dont le genre de vie particulier est pour ainsi dire dénaturé. Tous les Lapins domestiques nous présentent dans les replis du mésentère et du péritoine des kystes contenant des Cysticerques ; tandis que , chez le Lapin sauvage , la présence de ces Vers paraît fort rare. N'en faut-il pas conclure que la condi- tion dans laquelle vivent les Lapins domestiques est favorable à l'introduction des o^ufsd'où naissent les Cysticerques? CHAPITRE IV. CLASSE DES HELMINTHES {BELMINTHA). Intestinaux caviiaires (ex parte) Cuvier. — OxycophaUs Biainville. Nous conservons cette dénomination pour un groupe du sous- embranchement des Vers très nettement délimité. La dénomina- tion d'Helminthes se trouve par conséquent prise ici dans une acception infiniment plus restreinte que dans tous les ouvrages publiés sur cette matière , oii on retendait à la fois à la plupart des animaux compris dans la classe des Cestoïdes et dans la classe des Anévormes. Les Helminthes , comme nous les considérons ici. comprennent essentiellement l'ordre des Nématoïdesde Zeder et de Rudolphi , auquel nous adjoignons l'ordre des Acanthocé- phales des mêmes auteurs, et, de plus, celui des Gordiacés de M. Siebold. Le type principal est celui qui nous est fourni par les Néma- toïdes , dont les espèces sont si nombreuses. Le type des Acan- thocéphales , qui compte fort peu de représentants , en diffère à beaucoup d'égards ; mais il nous paraît toutefois ne pas devoir être fort éloigné du précédent. Considérons donc d'abord l'organisation des Helminthes dans les JNématoïdes. Ceux-ci peuvent être divisés en un assez grand nombre de genres, et rattachés d'une manière fort naturelle à plusieurs familles ou tribus. Néanmoins, l'organisation fonda- mentale varie .extrêmement peu entre tous les représentants de cet ordre. É. BLAIVCUAR». — SLll I.'OKGAMSATIO.N UliS VlillS. l^û Jusqu'à présent , l'organisation de ces Vers était à peine con- nue , dans ce qu'elle nous oITre de plus important. Les organes de la génération et le canal digestif ont été , il est vrai , vus exactement , et assez bien décrits dans la plupart des genres ; mais on avait à peine une vague notion de leur système nerveux, si vague qu'elle ne permettait aucune comparaison avec ce qui existe chez les autres Vers. A l'égard du système vasculaire , on avait des idées non seulement fort incomplètes , mais tout à fait erronées. Comme les Cestoïdes, dont ils diffèrent si essentiellement, les Nématoïdes sont des animaux annelés , chez lesquels il n'y a plus réellement ni face supérieure , ni face inférieure. Ceux-ci ne sont jamais aplatis comme les premiers : ce sont des animaux cylin- driques. L'orifice des organes de la génération indique peu de chose relativement à la détermination des parties dorsale ou ven- trale : car on peut admettre que l'oviducte s'ouvre un peu plus ou un peu moins sur le côté. II est facile de montrer combien cette détermination est vague ; car, dans les descriptions anatomiques des Ascaris, des Stron- gles, certains observateurs signalent chez ces Vers deux vais- seaux latéraux ; d'autres , un vaisseau dorsal et un vaisseau ven- tral. Certains, comme Cuvier, M. Serres, etc. , signalent deux nerfs latéraux; d'autres, comme Otto, Cloquet, etc., admettent chez les Ascarides un nerf dorsal et un nerf ventral. Ceci conduit à reconnaître aisément une erreur dans laquelle est tombé Otto en décrivant chez le Strongle géant une chaîne nerveuse , ventrale et médiane, analogue au système nerveux des Annélides. Cet anatomiste ayant ouvert le Strongle dans la position où les nerfs principaux se trouvent être l'un ventral et l'autre dorsal , ce der- nier s'est trouvé coupé quand l'animal a été ouvert , et le second a été considéré alors comme le seul représentant du système ner- veux. Cette divergence d'opinions dans la manière de désigner les parties latérales, dorsale ou abdominale, des Nématoïdes, prouve clairement que rien n'est plus vague. En efl'et, la bouche de ces animaux , située à l'extrémité anté- 124 VOYAGE liN SICILE. rieure du corps , est tout à fait médiane ; les deux nerfs princi- paux et les deux tubes vasculaires forment comme quatre bandes également espacées. D'après ces faits , il me paraît évident que les Helminthes nous offrent, comme les Cestoïdes, une légère tendance vers le type des Radiaires. Cependant, entre le système nerveux de ces deux types, il existe de grandes différences; celui des Nématoïdes peut être beaucoup plus facilement ramené à ta disposition du système nerveux des autres Annelés ; chez les Ascarides, les Strongles, les Sclérostomes , les Pilaires , les Trichocéphales , chez tous les représentants enfin de l'ordre des Nématoïdes , j'ai trouvé con- stamment une disposition tout à fait semblable dans l'appareil de la sensibilité. On a dit depuis longtemps qu'il existait deux gros nerfs par- tant d'un collier placé autour de l'œsophage. Pour le zoologiste qui a suivi les modifications du système nerveux dans les divers groupes des animaux invertébrés , rien n'est assurément plus vague. Chez les Annélides , comme chez tous les articulés , il existe un collier autour de l'œsophage , et ce collier est formé par les connectifs unissant les ganglions cérébroïdes aux ganglions sous-œsophagéens. 11 n'en est pas de même dans les Nématoïdes. Ici , le corps placé dans la position où les deux nerfs principaux se trouvent être latéraux , on observe de chaque côté de l'œso- phage deux très petites masses médullaires placées exactement sur le même plan , et unies à celles du côté opposé par une double commissure extrêmement grêle , l'une passant alors au-dessus de l'œsophage et l'autre au-dessous. Comparant cette disposition avec celle des autres Annelés , il faut admettre que , les centres nerveux sous-intestinaux se trou- vant rejetés sur les côtés , de même que les centres nerveux céré- broïdes , ils viennent à se rapprocher sur les parties latérales de l'œsophage , ou même à se confondre entièrement. En effet, dans les Ascarides et dans les Filaires , ces ganglions m'ont toujours paru très distinctement au nombre de deux de chaque côté ; mais chez les Sclérostomes entre autres, leur fusion est à peu près complète. Ces masses médullaires donnent naissance aux deux É. BLANCHARD. — SIJR I.OROAMSATION DïïS VERS. 125 longs cordons nerveux s'étendant jusqu'à l'extrémité postérieure du corps , et à quelques autres lUets infiniment plus grêles qui se rendent aux muscles , et d'autres à l'œsophage et aux tubes vasculaircs. Ces grands cordons nerveux des Nématoïdcs ont cl(; regardes par quelques zoologistes comme étant plutôt des bandelettes ten- dineuses ou fibreuses. On ne connaissait pas les centres où ils ont leur origine , et comme sur leur long trajet ils ne présentent point de renllements ganglionnaires , et ne fournissent que des bran- ches tort rares, extrêmement petites et difficiles à constater, leur nature n'a pas paru sufTisaniment démontrée. L'examen des fibres nerveuses qui les composent, et surtout l'existence des centres médullaires, ne permet de laisser aucun doute aujourd'hui. 11 ne faut nullement être surpris de ne pas trouver cliez ces animaux inférieurs des nerfs très ramifiés, comme dans les types plus élevés du règne animal. Dans les Vertébrés , les anastomes entre les nerfs sont extrêmement nombreuses. Dans les Invertébrés dont l'organisation est la plus parfaite, comme les Insectes, les Mollusques gastéropodes, etc., les anastomes deviennent rares, mais la plupart des nerfs sont très ramifiés. Quand on descend aux Mollusques moins parfaits , comme les Acéphales , ou aux Annelés inférieurs , la plupart des nerfs pré- sentent beaucoup moins de ramifications, et dans les Helminthes, où l'appareil de la sensibilité est si dégradé, les ramifications des nerfs non seulement deviennent très rares, mais encore celles qui existent sont fort grêles. Le système nerveux des Nématoïdes est réellement rudimen- taire, car les centres médullaires sont d'une extrême petitesse, et il faul une infinité de précautions pour les isoler. Cependant les deux nerfs principaux ont encore un volume assez considérable. C'est un fait et une tendance bien marquée , que la dégradation des centres nerveux comparativement à la grosseur de leurs nerfs. Il n'y a pas dans les animaux très inférieurs , chez les Helminthes entre autres , une diminution correspondante dans le volume des ganglions et des nerfs. Toujours , d'après la dimension de ces derniers , on est d'abord porté à croire que les centres médul- \"2(S VOYACR FA SICII.K. laires sont plus considérables qu'ils ne le sont en effet. Les foyers d'innervation se dégradent infiniment plus ici que les conducteurs de la sensibilité. Sous le rapport du système vasculaire , les Nématoïdes pré- sentent aussi une disposition qui leur est propre et qui leur est commune à tous. Depuis longtemps on a constaté l'existence de deux canaux ex- trêmement larges chez les Ascarides. M. Cloquet a décrit et repré- senté en outre, à la partie antérieure du corps , un vaisseau éta- blissant une communication entre ces deux canaux. Le volume de ces prétendus vaisseaux et l'absence de ramifica- tions apparentes devaient surprendre très naturellement : aussi me parut-il indispensable de bien reconnaître ici la nature de l'ap- pareil vasculaire. L'injecter était ce qu'il y avait de plus propre à faire mettre la réalité en évidence. Ce moyen , en outre , m'a- vait réussi ailleurs. J'en fis l'essai sur un grand nombre d'in- dividus de l'Ascaride du Cheval. Des tentatives cent fois répé- tées échouèrent d'abord complètement. En poussant une injection dans ces larges canaux , le liquide coloré transsudait de toutes parts. Cependant , à force d'essais , j'arrivai à un meilleur résul- tat. Comme le tube vasculaire s'aperçoit au travers des téguments, je mis à profit cette circonstance favorable ; soulevant la peau avec beaucoup de précaution , et passant un siphon bien exacte- ment au-dessous , je parvins à empêcher le liquide coloré de tom- ber dans le grand canal , et à remplir dans une certaine lon- gueur un vaisseau très grêle régnant au fond de ce canal. L'As- caride ayant été ouvert, le vaisseau injecté s'apercevait facilement. J'avais déjà remarqué, d'un côté du vaisseau transversal qui éta- blit une communication entre les canaux latéraux, un élargisse- ment très sensible , une sorte de petite poche. Je poussai encore une injection par ce point ; un vaisseau très distinct du premier, et régnant à la face interne du gros canal, fut aussitôt rempli du liquide coloré, et il devint ainsi très facile de suivre son trajet. Cette même épreuve, souvent répétée, donna toujours le même résultat. Ces vaisseaux ont des parois assez résistantes pour per- mettre de les isoler complètement. Ce que les anatomistes en if:. ui.AXC'H.titit. — siiii i.'om; \\is\ïii)\ inis \i:iis. 127 général ont pris puur deux simples vaisseaux sont des tubes en grande partie formés de tissu cellulaire, renfermant dans leur intérieur deux véritables vaisseaux parfaitement distincts l'un de l'autre. La poche ou la petite ampoule existant à la partie anté- rieure du corps nie paraît devoir être considérée comme étant véritablement un vestige de cœur ; quand on injecte par ce point, ce sont donc les artères qu'on remplirait aussitôt, si toutefois il n'y a pas quelque danger à distinguer les vaisseaux des Annelés en artères et en veines, celte distinction ne pouvant être établie dans la plupart des cas. Néanmoins, si nous ne la repoussons pas complètement à l'égard des Nématoïdes , on sera conduit à re- garder le vai.sseau régnant dans la partie profonde du tube, c'est- à-dire exactement au-dessous des téguments, comme faisant r office de veine. Cette disposition si remarquable et si singulière nous paraît jusqu'à présent appartenir exclusivement à ces Helminthes. A cer- tains égards, il y a quelques rapports dans le trajet des vais- seaux avec ce qui existe chez les Annélides ; mais , dans ces der- niers , il n'y a rien de comparable à ces tubes qui les renferment dans leur intérieur. L'appareil circulatoire caractérise parfaitement les Nématoïdes; car, ce que j'ai rendu si facile à voir chez les Ascarides au moyen d'injections, je l'ai vu et étudié avec le plus grand soin dans les types les plus diflerents de cet ordre d'Helminthes. J'ai examiné les vaisseaux chez les Trichocéphales, les Pilaires, les Scléro- stomes, les Oxyures, etc.; partout j'ai pu constater une disposi- tion exactement analogue. A l'égard du canal intestinal de ces Vers, j'ai fort peu de chose à dire ; il a été vu et décrit par divers auteurs dans un nombre considérable d'espèces. Chez tous les Nématoïdes, il occupe avec les organes de la génération toute la cavité générale du corps. L'orilice buccal est situé toujours à la partie antérieure , et il existe un orifice anal soit tout à fait à l'extrémité postérieure , soit un peu avant cette extrémité. Le canal alimentaire consiste sim- plement en un œsophage musculeux , plus ou moins renflé d'a- vant en arrière , et suivi d'un long intestin d'égale grosseur dans 128 YOyv(;E en sicii.i;. toute son étendue. Il n'existe jamais rien d'analogue h un foie ou à des vaisseaux biliaires , comme ceux des Insectes. Les modifications du canal intestinal des Nématoïdes sont donc très légères ; elles ne consistent guère que dans son volume et dans la forme et les proportions de l'œsophage et de l'intestin. Comme on l'observe généralement dans les divers groupes du règne animal , les organes de la génération présentent des diffé- rences un peu plus considérables entre des types voisins. Toujours les sexes sont séparés dans tous les animaux que nous rangeons dans cette classe des Helminthes ; c'est encore un caractère gé- néral qui les sépare des Anévormes et des C.estoïdes, Les Gordiacés se lient bien évidemment aux Nématoïdes par l'ensemble de leur organisation , tout en présentant des différences considérables. La forme générale du corps , la séparation des sexes, les organes de la génération occupant, avec le canal intesti- nal droit et filiforme , toute la cavité du corps , la texture solide des téguments , offrant aussi un véritable épidémie tout à fait sus- ceptible d'être isolé , nous indiquent des rapports incontestables ■ entre ces deux types. J'ajouterai que les nerfs principaux m'ont offert une disposition qui les rapprocherait encore des Nématoïdes ; maisje n'ai pu me procurer un assez grand nombre de Gordiacés pour être entièrement sur de la disposition qu'affeclcnt leurs cen- tres nerveux ; et cette lacune me laisse encore dans le doute rela- tivement au degré bien précis de parenté existant entre ces Hel- minthes et les Nématoïdes. Toujours est-il que ces deux groupes sont évidemment très voisins l'un de l'autre. Il n'est peut-être pas sans intérêt de faire remarquer qu'il se trouve ici quelque chose d'assez analogue à ce que nous observons entre les l'ianariées et les Trématodes, des dilTérences médiocres dans l'organisation coïncidant avec des différences biologiques de la même nature. Les Acanthocéphales se rapprochent surtout des Nématoïdes par leurs organes générateurs et par la présence des deux tubes vasculaires ; mais ces animaux, privés d'un véritable canal intes- tinal, semblent s'être atrophiés sous certains rapports, et il y a là des faits dont l'explication ne pourra être donnée que par l'étude de leur développement. {La svileit un prochain cahier ) tXTALOOlTE RAISONAÉ DES ÉCHINfDE?. 12'.) CATALOGUE RAISONNÉ DES ESPÈCES, DES GENRES ET DES FAMILLES D'ÉCHINIDES; Far MM. I.. AGASSIZ et X. DSSOH. — Suite (1). — FAMILLIJ DES CLYPEASTROIDES. Oursins de forme pentagonale, elliptique ou circulaire , .^ test épais, revêtus de petites soies uniformes portées par de petits tubercules très serrés et très uniformes sur toutes les parties du test. Bouche centrale pentagonale. Anus postérieur, marginal ou infra- marginal. Appareil masticatoire composé de cinq nnichoires placées horizontalement, et pivotant sur deux piliers qui correspondent à deux fossettes de la face inférieure des mâchoires. Dents simples, taillées en biseau .'i leur extré- mité , et insérées de champ dans une rainure au milieu des raAchoires. Cavité intérieure tantôt unique, tantôt divisée en compartiments par des cloisons ou des piliers. Ambulacres en forme de larges pétales ;i la face supérieure , rcctilignes ou anastomosés à la face inférieure. Cinq plaques génitales formant un cercle autour du corps madréporiforme. Cinq plaques ocellaircs intercalées entre les plaques génitales au sommet des ambulacres. wxviii. CLYPEASTER Lamk. Forme pentagonale , tronquée en arrière , rostrée en avant , renflée, quelquefois conique ou subconique. Face inférieure plane. Pétales ani- bulacraires très amples, quelquefois coslulés , arqués, et circonscrits par des zones porifères très larges. A la face inférieure, les ambulacres correspondent à cinq sillons étroits et rectignes qui aboutissent à la bouche. Anus petit, infra-marginal. Bouche pentagonale ouverte dans un creux profond. Mâchoires très fortes, composées de deux ailes fort hautes. Dents placées verticalement à l'extrémité des mâchoires. De nombreuses cloisons verticales dans l'intérieure du test. Cinq pores gé- nitaux placés au sommet des aires ambulacraires, et non contigus au corps madréporiforme. Les espèces connues appartiennent aux terrains tertiaires et à l'époque actuelle. ronaccos Lamk. Encyd. mcth. Zooph. PI. 144, fig. 7 et 8, et PI. 143, fig. 1, 2,5 (I) Voyez, pour la pretniiTC partie île ce travail, t. VI, p. 30.",. 3' sérif Zo,,i. T. VII, (.Mars ISiT.) , 9 430 AGASSIZ ET DESOR. et 6. Desml. Tabl. syn. p. 212. — Clypeaster incurvatus Desml. Tabl. syn. p. 212. — Espèce caractérisée par ses pétales très larges et fortement arrondis. Aiililles. Se trouve aussi, à l'dial de pétrification, à la Guadeloupe. — Partout. Var. à six ambulacres. — Uesmoulins , Mus. Paris. Var. à quatre ambulacres. - Mus. Paris. Rangianus Desml. Etud. Echin. p. 62, PI. 1. Ile du Prince (côte occidentale d'Afrique). — Desmoulins. pinounariuil Lamk. — Scutella ambigena Lamk. — Espèce plate. Pétales am- bulacraires courts; leur lon;;ueur égale tout au plus la moitié du rayon entre le sommet et le bord. Mer Rouge (RQppel , Botta, Lefebvre), Giebel-Reit, golfe de Mansoar (Rey- naud). — Mus. Paris. •ciilirorniiK Lamk. Encjcl. méth. Zooph. PI. 147, Cg. 3 et 4.— Petite espèce allon- gée, plaie, à bords très renflés. Var. minor : Clypeaster reliculatus Desml. Tabl. syn. p. 214. lie Karrak , golfe Persique (Leclancher), à l'état de pétrification dans la mer Rouge (Lerebvre). ' — Mus. Paris (gai. géot.), Desmoulins. parviis Uuchassaigne, Bull. Fr. soc. géol. Fr. 1847. - C'est la plus petite espèce connue; voisine du C. sctUiformis. Tuf blanc de la Pointe-des-Châteaux (Guadeloupe). — D'Orbigny, Michelin. Espèces fossiles. I nilira Agass. — Clypeaster Gaimardi Al. lirongn. — Scutella ijihlota Ris.so. — Clypeaster yibbosus M. de S. — Se reconnaît facilement à son bord très peu dilaté, ce qui lui donne un aspect très ramassé. La face inférieure est pulvinée. Tcrr. lert. île Bunifacio et Sanla-Monza (Corse), de Nice , Montpellier. — Mus. Paris, Neuchâtel , Marcel de Serres, Micbelin. dilaiains Desor. — R 61. — Espèce voisine du C. Umbrella , mais à bord plus étalé, et sans pulvinatioo. Pourrait n'élre qu'une variété du C. Umbrella. Tert. de Taurus, Ile de Crèie. — Michelin, Rauliii. ncuiuinacus Desor. — R 63. - Espèce presque circulaire , acuminée , abord aminci, à ambulacres saillants. Tert. Ipoly-Shag (Hongrie). — Michelin. «Uns Lamk. — 66. S 93. — Encycl. méth. Zooph. PI. 140, fig. 1 et 2. — Agass. Cat. syst. p. 6. — E. Sism. Mém. Ech. foss. Niïza, p. 46. Ech. foss. Piem. p. 40. — Knorr. suppl. Tab. 9d, fig. 1. — /î pcrtentosus Desml. Tabl. syn. p. 218. Tert. de Port de-Bouc, Saint-Miiiialo (Toscane), Nice, Turin , Ile de Crète, (Haulin), tte de Caprée, Malle, Bonifacio, Ajaccio, Cran (Deshayes). — Mus. Paris et Turin. Var. turrita : — Q 17. — Clypeaster lurritus Agass. Cat. syst. p. 6. Tert. de Dax. — École des Mines (jeune). Var. minor : Clypeaster Agassizii E. Sisin. Mém. Ech. foss, Nizza, p. 48, Tab. 2, fig. 5-7. Niée. — Mus. Turin. CATALOGUE RAlSONiSÉ DES ÉCHIMDES, 131 taaricas Desor. — R 62. — Très grande espèce allongée , pentagonale , à bord forlement renflé. Zones porifères 1res larges à leur extrémité. Tert. du Taurus, lie de Crète. — ilicbelin , Rauljn. Bculcllaïus M. de S. — P -28. R 11. R 12. — Agass. Cat. sysl. p. 6. — Knorr. ii, Tab. II E, V. — Clypeaster intermedius Desml. Tabl. sjn. p. 218. — Ctypeaster placenta Agass. — Clypeaster marlinianus Desml. Tabl. syn. p. 218. — Cly- peatter rosaceus E. Sism. (non Lamk.). Ech. foss. Piem. p. 39.J Tert. (molasse) deBuutuiiiieL près Montpellier, Lii (Couronne près de &Iartigues, plan d'Aran (Bouches-du Uhône) , Eiang de la Valduc (Bouches-duKhône) , Monsègur (Urôrae), Taurus, Cadenei (Vaucluse), Corse. Tert. moy. de la coll. de Turin. — Mus. Paris, Avignon et Turin, Michelin. crassicoslalus Agass. — Q 12. — Cat. syst. p. G. — E. Sism. Ech. foss. Piem. Tab. 3, fig. 1-3.— Espèce voisine du C. sculellatus, mais à ambulacres beaucoup plus renflés, en forme de grosses côtes. Tert. de la Superga, coll. de Turin. — Mus. Turin. crassus Agass. — 33. — Cat. syst. p. 6. — Clypeaster grandiflorus Bronn. — \ oisine du C. placunarius, mais les ambulacres sont plus grands. Tert. (ile de Corse). — Uesliayes. SciUœ Desml. — 59. 60. — Tabl. syn. p. 218. — Clypeaster latirostns Agass. Cat. syst. p. 6. — Espèce plaie, amincie au bord, renflée au sommet. Pétales ambula- craires larges. Tert. Villeneuve, Morée, Corse. — Desbayes, Michelin. nicheloiii Agass. — Q 13. — Cat. sysl. p. 6. — Très voisin du C. ScUlœ, mais un peu moins anguleux. Tert. d'Italie. — Michelin, Mus. Turin. laganoides Agass. — Clypeaster ambigena E. Sism. (non Lamk.). Ecbin. foss. Piam. p. 42. — Très plat ; voisin du C. Michelotti, mais plus plat et plus long ; le bord antérieur est plus arrondi. Tert. moy., carrière de Savonne. — Mus. Turin. marginatus Lamk. — 57. — Agass. Cat. syst. p. 6. — Clypeaster Tarbellianus Giatel. Ecbin. foss. de Dax, p. 40, Tab. 1, fig. S et 6. Tert. Touraine, Landes, Naros, Bonifacio, Dai. — Grateloup. Beaunionii E. Sism. Ech. foss. Piem. p. 44, Tab. 3, fig. 4 et 3. — Espèce très plate , aussi large que longue, pentagonale, à bord mince. Diffère du C. margi- nata par les contours du bord postérieur qui sont droits De la Superga de Turin. Tert. moyen de la carrière de Savonna. — Mus. Turin. Foliom Agass. — S 61. — Espèce très plaie, à bords tranchants. Tert. Palerme. — Deluc. XXXIX. LAGANUM Klein. Forme déprimée , pentagonale, subpentagonale ou ovoïde, tronquée en arrière , rostrée en avant. Pétales ambulacraires allongés , moins larges que dans les Clypéaslres, el moins arrondis à leur extrémité. Iâ2 - AGASSIZ ET DESOR. Quatre ou cinq pores génitaux couligus au corps madrépoiiforme. Point (le cloisons dans l'intérieur du test , si ce n'est près du bord. Bouche petite, ouverte ;i (leur de test. Mâchoires comme dans ics Clypéastres, mais plus plates. Anus inférieur. Diffère, en outre , des Clypéastres , en ce que l'intestin est situé entre les réseaux du test et l'appareil mastica- toire. Les espèces connues sont de la formation tertiaire et de l'époque actuelle. Premier type. — Quatre pores génitaux ; sinus cécaux du burd occupant une zone très large. Lesncurli Val. (Mus.) — Agass. Monogr. des Sculellcs , p. 110, Tab. 21, (ig. 3-6. Guadeloupe (M. Plce), Porto-Rkco. — Mus. Paris. rostratum Agass. Monogr. des Sculclles , [). 1 18, Tab. 25. Nouvelle-Z(!lande, Zanzibar (Rousseau).— Desliayes , Michelin , Mus. Paris. Pcronii Agass. Monogr. des Scutellcs, p. 123, Tab. 22,fig. 21-2'i. Mers australes (Pt'roii). — Mus. Paris. clongaliim Agass. Monogr. des Sculclles, p. 117, Tab. 24, lig. 1 et 2. Origine inconnue. — Stokes. nrliicnlare Agass. — V 4 — Monogr. des Sculelles, p. 120, Tab. 22, fig. 16-20. — Ecliinodicus orbicularis Lcsk., p. 208, Tab. 45, lig. 6 et 7. Var. : Layanutn marijinale Agass. Mouogr. des Sculclles, p. 121, Tab. 22. fig. 11-15. Batavia. — Mus. Ncuchàlel , Desmoulins, Michelin. Deuxième type.— Cini] porcs génitaux ; sinus cécaux du bord limités à vne zone étroite. Bonanl Klein. — Agass. Monogr. des Scutellcs, p. 108, Tab. 23, fig. 8-12. et Tab. 22, fig. 25-29. Nouvelle-Guinée (Quuy el Gaimard), Vanicoro. — Mus. Paris. dcprcssnni Less. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 110, Tab. 23, fig. 1-7. Ile de Bourou, Moluques (Lesson et Garnot). — Mus. Paris. decagonuni Less. — Agass. Monogr. des Sculclles, p. 112, Tab. 23, fig. 16-20. Ile Waigiou (Lesson et Garnot). — Mus. Paris. clliplieum Agass. Monogr. des Scutelles, p. 111, Tab. 23, fig. 13-15. Origine inconnue. — Stolies. lonj;anon!«c Quoy el Gaini. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 114, Tab. 26, fig. 7-19. Tonga (Quoy et Gaimard), Nouvelle-Guinife, Amboine, Vanicoro. — Mus. Paris. aticnnadim Agass. Très voisine du L, tonganense , mais déprimée au pourtour 1 CAlAI.OCt-K r.AISU.NMî DES liCIIIMUliS. 1S3 «les aiiibulacrcs. Diffère du L. ellipUcum par sa IViriiie plus anguleuse el par !>on anus circulaire, llortl poslcrieur laillé en biseau, lîouche petite. Subfossile de la mer Rnufje (Lefobvre), île KarraU, golfe Persique (Leclancher). — Mus. Paris (gai. gcol.). cinsiihxiiin Agass. l'elile espèce circulaire ou elliptique, plate, à bord rciillé. Èioile ambulacraire très petite. Ile Salornon (Honibron et Jacquinot). — Mus. Paris. latissiniiini lil- — Scutella lalissima Lanik. — Espice de 1res grande taille, à bord aminci, non renflé. Océan Indien. — Iklus. Paris. Espèces fossiles. tcnuiDNimum Agass. — M iO. — Monogr. des Sculclles, p. 113, Tab. 20, fig. 4 6. — Cal. syst. p. 6. — Sciilellapolygona Dcsnil. ïabl. syn. p. 23-i. Cale. gr. de Plossac, prés Blaye. — Desnioulins , Mus. Neuchàtel. niarginnie Agass. — V 9 — Sculdla marginalis, var. A. anijidata Desnil. ïabl. syn. p. 23-i. — Laijanum rejJcxum Agass. Monogr. des Scutelles, p. 113, ■ Tab. 26. (ig. 1-3. Tert. de)llaye, Noirmont. — Desnioulins, Mus. Paris, Michelin. XL. ECHINARACHNIUS Van Piiias. Forme discoïde, dépriiuée. Pétales ambulacraires ouverts; sillons aiii- bulacraires de la face inférieure droits, très peu ramifiés. Bouche petite, circnlaire, à fleur do test. !\làchoires hautes. Dents placées horiEontale- ment et de champ. Anus très petit, marginal. Quatre pores génitaux contigus il la plaque madréporiformc. Uiirère des Laganes par sa forme circulaire et par son anus marginal, et des Scutelles par ses pétales aiu- Lulacraires ouverts et non arqués. On ne connaît que des espèces ter- tiaires et vivantes. pnrma Gray. Altcmpt on Echin. p. 6. — Agass. Prodr. p. 188, el Monogr. des Scutelles, p. 89, Tab. 29, fig. 7-18. — Echinodiscus parma Bl. Zooph. p. 199. — Scutella parma Lamk. m, p. 284, n" 13. Canada (Lyell), océan Intiien , Kamlsehaka , Tonga-Tabou. — Mus. Paris. Si celle espèce se retrouve réellement identique dans toutes ces localités, elle pré- sente un mode de distribution bien dilTérent de celui de tons les autres l^ctiinides connus, qui ont en général une patrie restreinte. Rumiiliii Agass. Monogr. des Scutelles, p. 91, Tab. 21, fig. 1-6. ''Amboirie (Itumph). — Mus. Neuchàtel, prince d'Eslingen. allnnlicus Gray. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 92, Tab. 21, fig. 32-34. Tcrre-Ncu\e. — Mus. britannique. 13/l ASASSIZ ET DESOR. Espèces fossiles. jnliensis Desor. — T 94. — Bull. Soc géol. Fr. 1847. — Diffère des Eparma el Rumpfiii en ce que l'anus est sensiblement infra-marginal. Grès lert. du port Saint- Julien (Patagonie). — Darwin. incisu.>i Agass. — V 14. — Monogr. des Scutelles, p. 93, Tab. 21, fig. 29-31. Cale. gr. de Hauleville. — Mus. Paris, Deshayes et Defrance. porpSta Agass. — V 6. — Sculella porpita Expl. des pi. de l'Encycl. méth. Tab. 152, (ig. 3 et 4. — Cassidulus porpita Desml. Tabl. syn. p. 246. Cale. gr. de Terre-Nègre, près Burdeaux. — Desmoulins. XLI. arachnoïdes Klein. Forme circulaire, déprimée. Test très mince. Pétales ambulacraires largement ouverts. Tubercules linéaires sur les aires ambulacraires; sporadiques sur les aires interanibulacraires. Sillons ambulacraires de la face inférieure droits , non ramifiés. Bouche ronde. lUàcboires très plates. Anus supra-marginal. Cinq pores génitaux. Une seule espèce qui est vivante. Placenta Agass. Monogr. des Scutelles, p. 94, Tab. 21, fig. 35-42. Ile l'oulah (Shetland), (Forbes). Amhoine (Quoy et Gaimard) , île Salomon. Mus. Paris et Britannique. XLii. SCUTELLA Lamr. (Agass.) Forme subcirculaire , tronquée en arrière. Pétales ambulacraires arrondis, presque fermés. Sillons ambulacraires de la face inférieure si- nueux et ramifiés. Bouche circulaire, à fleur de test. Mâchoires moins hautes que dans les Clypéastres. Anus très petit, marginal ou infra-mar- ginal. Quatre pores génitaux. Les espèces connues appartiennent à la formation tertiaire et à l'époque actuelle. subrotnnda Lamk. — P 27. — Anim. s. verl. m, p. 284. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 76 , Tab. 17. — Cat. syst. p. 6. — Echinus subrotundus Gmel. — Scutella giberciila M. de S. (très vieil échantillon). Terl. de Bordeaux et de Dambert. commune de Gornac (Gironde). — Deshayes, Desmoulins, Michelin. striatnla M. de S. - S 78. - Geogn. p. 156. — Desml. Tabl. syn. p. 234. - Agass. Monogr. des Scutelles, p, 81, Tab. 18, fig. 1-S. — Scutella subrotunda Gral. Tab. 1 , fig. 1 . — N'est pcut-êlre que le jeune âge du S. subrotunda, Terl. moy. de Belleville. Terre -Nègre, Combes près Bordeaux. Baurech sur ta Garonne (jeune). — Desmoulins, Mirhelin. frnncata Val. — 33. — Expl. des PI. de l'Encycl. mcth. Tab. 146, fig. 4 et 5.— Agass. Monogr. des Scutelles, p. 78, Tab. 16, lig. 1-3 et 8-10, et Tab. 19. fig. 3-6. Cat. sysl. p, 6. Sainle-Maure, faluns de la Touraine ,^Sainl-Restitut (Vauduse). — D'Archiac, Deshayes, Brongniart, Mus. Paris. CVrALOGUK RAISONNÉ DiiS ÉCHINIDKS. 135 Var. propinqua Agass. — S 79. — Moiiogr. des Sculelles. p. 79, Tab. 16, fig. 11 16. Des faluns de la Touraine , Saint-Georges en Anjou, tie d'Aii (Char.-lnf). — Docteur Mayor, Brongniart. Var. maxima : Sculella stellala Xgass. — M 3. — Monogr. des Scutelles, p. 83, Tab. 19, fig. 1 et 2. - Cat syst. p 6 Faluns de la Touraine. — Desliayes. Brongniarli Agass. — X 62. — Monogr. des Scutelles, p. 80. Tab. 18, fig. i-3. — Cat. syst. p. 6. Tert. de Grignon?. — Michelin. l'aujasii Defr. — 32. — Dict. Se. n. Tom. 48, p. 230. — Klain». Zooph. p. 201. — Pesml. Tabl. syn. p. 224. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 81, Tab. 18, fig. 4-6. — Cat. syst. p. 6. Terl. du département de la Sarthe. — Eudes Deslongchamps. producla Agass. Monogr. des Scutelles, p. 82, Tab. 18, fig. 6-10. Faluns des environs de Saumur, Touraine, Saint-Georges-aux-Mines , Doué. — Valenciennes et Defrance, École des mines, Mus. Paris (gai. géol.), Dcshayes. paulenKis Agass. Monogr. des Scutelles, p. 83, Tab 19. fig. 8-10. Tert. de Sainl-Paul-Trois-Chàteaui, près de Dai, Saint Restitut. — Docteur Mayor de Genève. palagonpnsis Desor. Bull. Soc. géol. de Fr. 1847. — Espèce très voisine du Se. pautensis, mais moins large. Terl. du port Désiré (Patagonie). — Darwin. snhtetragona (Irat. Mém. Ours, foss., etc., p. 87, Tab. 1, fig. 4. — Desml. Tabl. syn. p. 234.— Agass. Monogr. des Scutelles, p. 84, Tab. 19, fig. 7. Faluns jaunes des environs de Dax. — Grateloup. SmKhiana Agass. Monogr. des Sculelles, p. 84, Tab. 19a, fig. 5 et 6. Tert. (molasse) des environs de Lisbonne. — Smith de Jordan-Hill. Rogersi Mort. — Q. 81. — Synops. des foss. de la craie des EtalsUnis. — Desml. Tabl. syn. p. 236, — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 85, Tab. 19i, fig. 1-4. — Larjana Rogersi Agass. Cat. syst. p. 6. Craie (?)de Géorgie (États-Unis , Alabama). — Mus. Lausanne et Strasbourg. XLiii. DENDRASTER Agass. Forme subcirculaire , dcpriniée. Étoile ambulacralrc exceutrique en arrière. Pétales arrondis, inégaux; l'impair plus long que les ambu- lacres pairs antérieurs. Sillons ambulacralres de la face iiiféiieure très ramifiés, empiétant môme sur la face supérieure. Anus inférieur, comme dans les Scutelles. Quatre pores génitaux. UitTùre des Scutelles par son étoile ambulacraire excentrique. exeentricuM Agass. — Echinaraclmius cxcentrîctts Val. Zool. Vénus, l'1. 10, Californie (Neboui). — Mus. Paris. 136 AGASSIX KT UEIÏOR. XLiv. LOBOPHORA Agass. Forme subcirculaire, aplatie, l'étalés fermés. Sillons ambulacrairesde la face inférieure oiuliileux et peu ramifiés. Bouche petite. Mâchoires plates. Auus inférieur plus ou moins éloigné du bord. Quatre pores génitaux contigus au corps madréporiforrae. Premier type. — Deux entailles ou lunules allongées dans le prolongemeut tles aires ambulacraires postérieurs. Les espèces connues appartiennent à l'époque actuelle. Iiifora Agass. Monogr. des ScutoUes, p. 61, Tab. 12. Madagascar, côte de CaTrerie. — Mus. Paris, Desmoulins. Iruncala Agass. Monogr. des Sculelles, p. 66, Tab. 11, fig. 11-16. Origine inconnue. — Mus. Paris. leniilssinia Val. Espèce très plate, à très petites lunules correspondant aux ambu- lacrcs postérieurs pairs. Waigiou (Lesson et Garnot). — Mus. Paris. blllxsa Agass. Monogr. des Sculelles, p. 67, Tab. 13, fig. 2-6, et Tab. 14, fig. 1 et2. Zanzibar (Rousseau), Mer Rouge (Roui , Savigny) — Mus. Paris et Genève. narlla Agass. Monogr. des Scutelles, p. 70, Tab. 13, lig. l,et Tab. 14, fig. 3-7. Mer Rouge (Guebliard). — Mus. Neuihàiel. Deuxième type. — Sous-genre Ampiuopf, Afrass. — Deux lunules circulaires dans le prolongement des aires mnhulacraires postérieures. Les espèces conmtes sont fossiles des terrains tertiaires bioculala Agass. — 30. X 99. — Monogr. des Scutelles, p. 73, Tab. 11, fig. 1-S. — Cat. syst. p. 6. Faluns de la Touraine, Saint-Paul-Trnis.ChAleau\, Bordeaui , Sure près Bollène (Vaucluse), Sainte-Maure (Indre-el-Loir). — Desliayes, Michelin, Desmoulins. Var. B.foraminibus transvers ovalis Dcsml. Tabl. syn. p. 232. Cale. gr. de Dambert, commune Gornac (Gironde). — Desmoulins. clli|>lica Desor. — T 93. — Grande espèce ayant lanus plus éloigné de la bouche queVAmpb. bioculala. Molasse de Saint Kestilut (Driime), Carry, près de Marligues. — Michelin. pcrspictilata Agass. — X 89. — Monogr. des Sculelles, p. 74, Tab. 11, fig. 6-10. Cat. syst. p. 6. Tert. de Rennes, Bollène (Vaucluse). — Michelin. bUperfarat» Desor. — Echinodiscus bispcrforutus ParV. Org. Rem. m, Tab. 2, lig- 6. Tert. Des environs de Vérone. C;AlU.O(ilili KAISO.NNlî OES ÉCIIIMDKS. 137 Troisième type. — Sous-gunne Monophoba Agass. — Lite seule luiiii/e iillun- (jre dans l' aire iiUerainbulacniin postérieure, (ne seule esjièce, fossile dus fenvins tertiaires. Uarwinii Agass. — ï 36 — Desor, Bull. Soc. géol. Fr. 1847. Terl. de Palagonie. — Darwin. xLv. EN C OPE Ag.vss. Foruie subcirculaire, tronquée en arrière. Six lunules , dont cinq cor- respondant aux ambulacres. et l'une à l'aire inierambulacraire impaire. Pétales fermés. Sillons ambulacraires de la face inférieure très raniiliés. Bouche centrale, ronde. Mâchoires plates. Anus inférieur, plus près delà bouche que du bord postérieur. Cinq pores génitaux contif,'us au corps niadréporiforme. Toutes les espèces sont de l'époque actuelle. Valcncicnnesii Agass. Moiiogr. des Sculelles , p. 54, Tab. 7 cl 8. Martinique, Rlo-deJaneiro. — Mus. Paris et britannique, Stokes. snbclausa Agass. Monogr. des Sculelles , p. 56, Tab. 5. Brésil, côte occidentale, golfe du Mexique. —Mus. Genève, Desraoulins , Desbayes. grandis Agass. — M 32. — Monogr. des Sculelles, p. 57, Tab. 6. — Cal. syst. p. 6. Martinique. — Michelin. Michclini Agass. Monogr. des Sculelles, p. 38, Tab. 6 ', lig. 9 et 10. Yucalan. — Micbelin. Slokesii Agass. Monogr. des Sculelles, p. 59. Tab. 6', fig. 1-8. Gallopagos, Guayaquil (Eydoui et Soulejel). — Mus. Paris, Stokes. cmarginata Agass. Monogr. des Sculelles, p. 47, Tab. 10. — Use pourrait que les Encope subclausa , micropora et perspectiva ne fussent que des variétés de cette espèce. Philippines?, Rio-de-Janeiro. — tcirapora Agass. Monogr. des Sculelles, p. 49. Tab. 10^ fig. 1-3. Gallopagos, côte occidentale d'Afrique (Rang). — Ch. Stokes, Pesmoulins. niU-ropora Agass. Monogr. des Sculelles, p. 50. Tab. IOû, lig. 4-8. cl Tab. 19 1, Antilles?. — Mus. Neuchâtel. ttcrNpeclita Agass. Monogr. des Sculelles , p. 31, Tab. 10'', fig. 1-3. Origine inconnue?. — Mus. Paris. ryclopora Agass. Monogr. des Sculelles , p. 52, Tab. 10i,, fig. 6-9. Origine inconnue?. — Michelin, Desbayes. oblongu Agass. Monogr. des Sculelles , p. 33, Tab. 9. Uio-deJjiieiro , Calirornic? (est-ce la même?). — Mus. de Genève. 138 AGASSIZ ET DESOB. XLVi. ROTULA Klein, Forme circulaire , fortement entaillée et digitée sur son pourtour. Sillons ambulacraires de la face inférieure ramifiés, mais peu onduleux. Ambulacres grands, ouverts. Anus .'i la face inférieure, plus près de la bouclie que du bord. Quatre pores génitaux contigus au corps madrépo- riforme. Les espèces connues sont de l'époque actuelle. Riinipliii Klein Disp. Echin. éd. Leske , p. 26, s 91, Tab. 22, fig. E, r. — Espèce à digitations courtes et larges. Origine inconnue. — Mus. Paris. di|;i(a>a Agass. — Rotula Rumphii Agass. Monogr. des Scutelles, p. 25, Tab. 1. — Diffère de la précédente par ses digitations étroites et allongées. C'est l'espèce que nous avons figurée sous le nom de il. Bumphii. Sénégal. — Mus. Paris, Michelin. .«ugnstii Klein éd. Leske , p. 26, 5 90, Tab. 22, fig. a, b, c, d. — Agass. Monogr. Scutelles , p. 28, Tab. 2, fig. 1-10, et Tab. 41, fig. 1-6. De l'embourchure de la rivière deGabar (côteoccid. d'Afrique). — Slokes. XLviT. MELLITA Klein. Forme subcirculaire, très plate, tronquée en arrière. Ambulacres fer- més. Lunules allongées, au nombre de cinq ou de six, dont une corres- pond ;i l'aire interambulacraire impaire. Sillons ambulacraires de la face inférieure très onduleux. Anus très rapproché de la bouche. Quatre pores génitaux. Diffère des Encopes par ses lunules toujours fermées , et par le nombre de ses pores génitaux qui n'est que de quatre. Les espèces connues sont de l'époque actuelle. <|ninc|ucrora Agass. Monogr. des Scutelles, p. 36, Tab. 3. — Smtella quinque- fora Lamk. 3' éd., m, p. 280. Caroline du Sud?, Ile de Cuba. — Mus. Paris, d'Orbigny. tf«lnilina(a Klein éd. Leske , p. 25, Tab. 21, fig. c, D ; ejusd. Maxillse , p. 36, Tab 33, fig. r et s. — Klein Gall. S 82, p. 92, Tab. 11, fig. c. — Monogr. des Scu- telles, p. 40, Tab. 41, fig. 7-9. Vera-Cruz. — Mus. Paris. hexapora Agass. Monogr. des Scutelles, p. 41, Tab. 4, fig. 4-7, et Tab. 4i, fig. 11 et 12. Martinique, Mexique. — Gray, Michelin, Mayor. Var. similis : — Mellita similis Agass. Monogr. des Scutelles , p. 43 , Tab. 4, fig. 1-3. Porto-Rico. — Agassiz , Michelin. CATALOGUE RAISONNÉ DES ÉCIIINIDES. 139 lobiiia Agass. Monogr. des Scutelles, p. 44, Tab. 4a, fig. 13, et Tab. 16, fig. 4-7. Origine inconnue. — Mus. Paris. nummularia Vai. Petite espèce très plate, à lunules arrondies. Origine inconnue. — Mus. Paris. xLvin. RUNA Agass. Petits oursins de forme allongée , renflée. Anibulacres divergents. Pores anibulacraires non conjugués. Aires inieranibulacraires profondé- ment entaillés. Quatre pores génitaux. Sillons anibulacraires de la face inférieure droits. Les espèces sont fossiles des terrains tertiaires. Comploni Agass. Monogr des Scutelles, p. 32, Tab. 2, fig. 11-19. Tert. des environs de Palerme. — Marquis deNorthampton. fleccmflssa Agsas. Monogr. des Scutelles, p. 33. — Scutella decemfîssa Dcsml. syn. p. 232. Terr. numm. de Terre-Nègre (près Bordeaui). — Jouannel. xLix. MOULINSIA Agass. Petits oursins déprimés, de forme ovale, à pourtour festonné. iTesl mince recouvert de tubercules très apparents. Ambulacres ouverts , à pores non conjugués. Anus inférieur. Une espèce vivante. casiiidniina Agass. Monogr. des Scutelles, p. 139, Tab. 22, fig. 1-6. — Scutella catsidulina Desml. Tabl. syn. p. 232. Des côtes de la Martinique (Rang). — Desmoulins. L. SCUTELLINA Agass. Petits oursins très plats, circulaires ou elliptiques. Pétales conver- gents , mais non fermés , à pores non conjugués. Bouche ronde. Mâ- choires basses. Des cloisons rayonnantes dans l'intérieur du test. Anus marginal ou supra-marginal. Quatre pores géuitau.x. Les espèces connues appartiennent aux terrains tertiaires. nummularia Agass. — X79. — Monogr. des Scutelles, p. 99, Tab. 21, fig. 8-14. — Scutella nummularîs de Bl. — Echinaraclinius nummularis Agass. Cat. syst. p. 6. Cale. gr. de Grignon ,Houdan, Blaye (Gironde), Ferme -de-rOriie, îles de Noir- mouliers cl de Boin, Fëcamp, Mauletie près Dreux. — Desmoulins. Var. elongala : Scutellina lenticiilaris Agass Monogr. des Scutelles, p. 101, Tab. 21, fig. 20-23. Cale, de Grignon, Blaye (Gironde), Amibes (Var). — Defrance. placeninla Mer. Mus. de Bâte. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 102, Tab. 21, 1/|0 AUASMX ET DE»>OR. fig. 1-7. — Cas&iâidiis duhius Défi". - CnssUliilus /ibtilarioides Desnjl ïabl, syii. p. 2'(6. Tert. de Chaurnont. Cylc. des environs de Paris^ Parnes, Montmirail, Nogent, Courlagnon, Chésy. — Mus. Bàle. Bronn , Duval , Defrance, Desmoulius. elliptica Agass, — Sculella elliplica Dcsml. Tabl. syn. p. 236. — SculeUa obovala Agass. Monogr. des Sculclles, p. 103, ïab. 21, fig. 24-28. Tert. de Grignon. — Desmoulins. Ha;»'esiana Agass. Monogr. des Scutelles, p. 103, Tab. 21, fig. 15-19 (sous le nom de Scutellina supera). — Cassidiiliis Uayesianiis Desml. ïabl. syn. p. 2i6. Cale. gr. de Grignon. — Desmoulins, Mus. Neuchàtel, Michelin. coniplanata Agass. — T 24. — Cassidiihts cotnplanatus Lamk. — Espèce allongée. Face inférieure enfoncée. Anus supérieur. Cale. gr. de Grignon. — Mus. Paris. Li. ECIIINOGYAMUS Van Fuels. Ouisins plats , de forme subciiculairc , elliptique ou subpenlagonale. Pétales fort longs, ouverts, a pores non conjugués. Test épais. Bouche ronde. iMàchoires hautes. Anus inférieur. Des cloisons intérieures. Quatre pores génitaux. DitTère des Laganes par ses cloisons et par son anus rapproclié de la bouche. Les espèces sont de la formation tertiaire et de l'époque actuelle. angulosus Leskc. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 130, Tab. 27, lig. 14-18 — Spalantjtis puslllus Mull. Zool. Dan. p. 18, PI. 91, fig. 5 et 6. — Echinocya- muspusilliis Flem. Bril. anim. p. 4SI. — Forbcs lirit. Starf. p. 175. — Agass. Monogr. des Scutelles, p. 128, Tab. 27, fig. 1-S. — Echinus minutus Lin. Gmel. p. 31-94. Mer du Nord, île Shetland. — Partout. tarcntiniis Agass. — Fibularia (arentina Lamk. Méditerranée. anstralis Agass. — Fibularia australis Desml. Tabl. syn. p. 240. — Espèce voi- sine de VE. angxilosiis , mais plus elliptique. L'anus est aussi plus grand et plus rapproché de la bouche. Mer du Sud (capit. Mallet). — Desmoulins. fspéces fossiles. occKanns Agass. — P43. P 45. 37. R 8. — Monogr. des Scutelles, p. 130, Tab. 27, fig. 48-58.- Cat. sysl. p. G —Sculella occilana Defr. Dicl. — Sculella hispanica Defr. Dict. — Sculella ambiijua Val. Encycl. mélhod. PI. 153, fig. .3-5. — Echinocyamus ambiijuus Agass. Monogr. des Scutelles, p. 133, Tab. 27, fig. 44-47. Cale. gr. de Pouillac et de Saint-Estéphe (Médoc), ITsp.Tgne. — Mus. Paris, Dcs- moullns, Defrance, d*Orhi;;iiy, Mus. lîâle. Var. minor : — X 67. — Ecltinoci/umus (ilhivillemis Agass. Monogr. dc« CATALOGDK RATSOWl'; DES KCniMDES. Hl Sculelles, p. 132, Tab. -27, fiE. 25-28. — Cat. sysl. p. G. - Sculella altavilUmis Defr. — Echinoneus scutatus Mtinst. in Goldl. Pelref. p. 136, Tab. 42, lig. 11- Terl. de Hauleville, Bordeaux, Orglande, Blinde. — Defrance. Var. clongata. — X 64. P 61. — Echinocyamus obtusus Agass. Moiiogr. de» Sculelles, p. 132, Tab. 27, fig. 29-32 — Cat. syst. p. 6. Terl. de Hauleville. — Michelin, Derrance. tnaxiiuns Desor. — V 28. — Espèce de très grande taille qui se rapproche un peu des Clypéaslres à bords renflés, tels que le C. scutiformis , mais qui en diffère par ses pélales ouverts. Terl. — Broogniart profundus Agass. — P 25. — Laganaprofunda Agass. Cat. syst. p. 6. — drande espèce voisine de \'E. maximus , mais à face inférieure plus concave. Bord renflé. Terr. numm.? Suisse. — Mus. Neuchàlel. plannlatiiK d'Arch. Espèce très voisine de \'E. occitanus, mais très plate. ïerr. numm. Biarilz. — d'Archiac. alpiniis Agass. Monogr. des sculelles, p. 134, Tab. 27, lig. 41-43. — Fibularia alpina Agass. Echin. suiss. i, Tab. 12. lig. 1-3. Terr. numm.?deBurgenberg prés Slanz (canton d'Underwald), de Bûrglen(can- ton d'Uri). — Mus. Bàle, Sluder. p^riforniiK Agass. — S 37. S 38. — Monogr. des Sculelles, p. 131, Tab. 27, fig. 19-24. — Cat. sysl. p. 6. ■— Fibularia ovata Uesml. — Anus œédio-margi- nal, un peu plus rapproché du bord. Cale. gr. de la rive droite de la Garonne et de la Dordogne, Cannel, Mnnlmi- rail , Cotenlin , Orglande, Bordeaux. — Desmoulins, Mus. Paris (gai. géol.). sicnins Agass. — S 36. — Monogr. des Scutcllcs, p. 133, Tab. 27. fig. 33-36. — Cal. syst. p. 6. Terl. de Sicile. — Deshajes. Annonii Mer.— Agass. Monogr. des Sculelles, p. 134, Tab. 27, fig. 37-40. Terr. pisool. de Vérone. — Mus. Bile. iuilalns Agass. Monogr. des Sculelles, p. 137. — Sculell» inflaia Defr. Dicl. Se. nat. 48, p. -230 — Fibularia Francii Uesnd. Tahl. syn. p. 244. — Petite espèce allongée, renflée, ayant l'anus infra-marginal. Cale. gr. de Grignon , de Damerj. — Defrance, Mus. Avignon, Grave.s. placenta Agass. Monogr. des Sculelles, p. 137. — Echinoneus placenta Goldf. Pelref. Tab. 42, fig. 12. Dan. (de Maéslricht). — Mus. Bonn. snHolc-iencif* Agass. Monogr. des Sculelles, p. 129, Tab. 27, fig. 9-13. Crag rouge de SuUon (SulTolk). — Woodward fils, Wood. ovalii* Agass. Monogr. des Sculelles . p. 137. — Ecttinojieus oiafus Miinst. in (■oldf Pelref. Germ. p. 136, Tab. 42, fig. 10. Marnes sableuses lert. d'Aslrupp prés d'OsnabriJck, et de Wilhelmsholie près Cassel. Ile de Rhodes. — Mus. Bonn, Michelin. lli^ ACASSIZ ET DESOR. siiitcandatDfi Agass. — Fibularia subcaiidata Desml. Tabl. syn. p. 244. — Espèce allongée , à anus au tiers de l'espace bucco-marginal , c'est-à-dire plus près du bord que dans les autres espèces. Côté postérieur acumiué. Terr. numm.? — Mus. Avignon. Var. afiinis : — Fibularia affinis Desml. Tabl. syn. p. 244. Cale. gr. de Blaye. — Desmoulins. Sluderi Agass. — Fibularia Studeri Sism. App. Ech. foss. Piem. — Anaster Studeri Sism. Ech. foss. Piem. p. 46, Tab. 2, fig. 8 et 9. — L'espèce la plus al- longée du genre, très plate et très étroite en avant. Tert. de la coll. de Turin. — Mus. Turin. costulatns Desor. - V 23. — Espèce renflée, à ambulacres costulés. Tert.? — Michelin. LU. FIBULARIA Lamk. Forme subsphérique ou ovoïde. Pétales arabulacraires ouverts, à pores non conjugués. Auus ii la lace iuféiieure, rapproché de la bouche. Point de cloisons intérieures. Mâchoires hautes. Dillère des Echinocyames par sa forme rendée et par l'absence de cloisons extérieures. Les espèces connues sont de l'époque actuelle. oviilam Lamk. Petite espèce de la grosseur d'un pois , de forme ovoïde. Origine inconnue. — Mus. Paris. trigona Lamk. Espèce renflée comme la précédente, mais subtriangulaire. Origine inconnue. — Mus. Paris, Duclos. sul>t;lolio«a — Echinoneua siibglobosus Goldf. Petref. p. 135, Tab. 42, fig. 9. Dan. de Maëslricht. — Mus. Bonn. Tolia Agass. Espèce allongée, accuminée aux deux bouts. Mer Rouge. — Mus. Paris, Michelin. LUI. LENIT.A Desor. (PI. 15 [tome VI], fig. 21.) Forme allongée, déprimée. Pétales ouverts , à pores non conjugués. Face inférieure eu partie lisse. Bouche ronde. Anus supra -marginal. Quatre pores génitaux. Les espèces connues sont fossiles des terrains tertiaires. palrllari.. 82, Tab. 11, fig. 8-10. — Petite espèce remarquable par sa forme tronquée et reirécie en arrière. Gault de l'île d'Aix et de t'ouias. — D'Orbigny. pilleiiN Agass. — T 74. — Très grande espèce , haute , hémisphérique, à pourtour subpcntagoual ; anus proportionnellement petit. Coral. bl. de Davy, de Cassé (Yonne). — Mus, Paris (gai. géul.). (nr\io(ai' p,\iso\\i-; ni;s i';c.iii\ini;s. l'iô i\i. HOLECTYPl S Di-sOR. Forme circulaire, conique ou sul)coiii(|ue. Boiitlic clécngoiialc. Anus très grand, marginal ou infra-marginal, occupant quelquelois tout l'es- pace enlre la bouclie el le bord. Tubercules perforés , crénelés cl di - posés en séries régulières. Quatre porcs génitaux forment, avec les plaques ocellaires, un anneau autour du corps niadréporifornie (pii oc cupe le sommet du test. Se trouve dans la formation jurassique et dans les terrains crétacés inférieurs. dcpressas Dcsor. — 1' 38. V 'i7. U W. — Discoidea depressa Agass. Cal. >y-l. p. 7. — Echiii. suiss. i, j). SS, Tab. 13'"% lig. 7-13. — Desor, Moiiogr. des (l^lér. |). Oo.Tab. 10. li(;. 4-7 0112. — Galerites depressus Go\d(. Pctrcf. p. 12!), Tali. 'il, lig, 3. — Ecliiniis nivcntcnsis Dpfr. Dicl. Se. nal. Ctiral, de I-ieiiliery. enviions île Barriberli. Mntionz, Melz. Oxford, de Vivuin cl ClianH'mir (S.irihe).d'.\lençun, linuln^iie , Slaniers , Cliàtillon snr-Seine. I.a- irec y ilIaiiie-M:irne). — Grcssly, Mus. Bàle et Paiis (gai. gcol.) , Michelin, Marcuu, t)esliayes. anCUfiius Desor. — X ."iy. Q 69. — Galentes anhijiius Dclr. (pro parle). — D.scoi- dea depressa Agass. Echiii. suis.s. i, Tab. 6, lig. 7-9. — Uesor, Moiiogr. des Galér. Tab. 10, fig. S-11. — Diffèredu H. depressus par ses lubercnles plu> gros, cl moins nombreux surtout à la face inférieure. Les pores sont par simples pairrs obliques, Marn. vésul. liii mont Terrible (Jura bernois), Plasne prés Puligny (Jura), Komange près Dulc. — Gressly, Goldfuss, Ttiurniann, Marron. Meriani Desor. — Discoidea Mer.ani Desor, Muiiogr. des (jalcr. p. 07, Tal. (I. lig. 1-3. Origine iiiconnue. — Mus. Bile. planii» Dcsor. — 1' 32. P 00. — Discoidea plana Agass. Cal. sysl. p. 7. — Di .or, Monogr. des (ialér. p. 64, Tab. 9, fig. 1-3. Oxford, de Vaches-Xgires (Normandie). — Michelin. urenalus Desor. — Discoidea arenala Desor, Monogr. des Caler. {>. fiS, Tab. 9, lig. 11-13. Oxford, du canton de Soleure. — Gressly. nandeKIolii Desor. — Discoidea Mandeslolii Desor , Monogr. des (Ialér. p. 68, Tab. 9, fig. 14-16. Coral. d'LIrach (Albe wurlcmbcrgeoise), l.icsberg (canton de Soleure). — Ma i- delslohe, Gressly. piin<-iiilntuN Desor. — Discoidea punclata Desor. Monogr. des lialér. p. 60, Tab.9, fig. 17-19. Coral. de Largue (i-anlon de Berne), Dellinjen (Wurtenih ). m.mt de Bnigille prcs Besançon. Oif.ird. de llani ville (Meuse). — (ire.sly. M.iudelslohe, Parandier, Desh-iyes. 3' s-rie. ZooL. T, Ml (Mars ISIT ) -> '" 1 /l6 ACASSIZ ET UESOR; liironcnsls Dcsor. - \ 13. — Galerites turonensit Defr. — K§pèce à bord Irés renflé et à tubercules peu nombreux. Craie? de Touraiiie. — nefraiice. troncavus Desor. — Q 70. — D'scoidea concava Aga.ss. Cat. syst. p. 7. — Desor, Monogr. des Galér. p. 70, Tab. 9, lig. 4 (1. Ool. feiTiip. de liayeux (Normandie), lîalh. — Deslongt-harnps. iiillatus Desor.— Q 76. — Discoidea inflain Agass. Echiii. suiss. i, p. 87, Tab. 6, fig. 4-G. — Cal. syst. p. 7. — Desor, M3. Marn. néiic, ïlampierre (Nièvre), Suhlit^ny, au Salève (Ijenéve), Le Theil (.Vrdèihe), l'aiilenil près (ire iiohle , liellarn imrl , Nozeroy (Jura) , lutnlé de Nii'e (iieor.). Argile de Mils de Wnireiiliiiiiel. — Mus. Neiii-liàlel ei Turin , Favre, Alb. (ir.is, Marciiil, Hiierner. ■crInISs Desh. (Eip. Alg.) ICspéce voisine de VB. macropynus. C.T. il llippiiriles , de iiisliara et d'Alianlra (Aliiérie). — Deshayes, Ilcauinont, Heqiiieii. i.vii. DISCOIDE.\ r.\\x\. Forme ciiciilaiic, sul)ronii|iH\ Doiii lie lirnilaire, légèrement enlalllée aux angles (les aiiil)iilacres. .Xiuisnllnngé, sKin' à la face iiiférieiiro enire 1,1 bnticlie cl le bord postérieur. Des cloisons tlans l'inlérienr ilu lest (jui déterminent des entailles sur le pourtour du inouïe. Tubercules crénelés et perforés , disposés en séries régulières Toutes les espèces connues appartiennent à la formation crétacée. siibiioiilu» Leske. — P 42.— nronu, (,elli. p. 615, Tab. 29, fig 19.-Desor, Mo- nogr. des Galér. p. S'i, Tab. 7, fig. 3-7. — .Agass. Cal. syst. p. 7. — Galerites roliilaris Lamk. — Kchinus subticuliis Mnn. Gm. p. 3183. Cr. marn. de Iraiicc, Angleterre, Allemagne. — Partout. CATALOGUE RAISONNÉ DES ÉCIIIMDKS, 1^7 miniinn Agass. — X81. — Cal. sysl. p. 7. — Desor, Moiiogr. (les (ialér. . |i. 5G. Tab. 7, lig. 11. Cr. Miani. de France?, dépait. de l'Urne. — Miclieliti. Iiisuiii Mer. — Desor, Monogr. desGalér., p. 37. Glanronify. — Mus. liàle. iiirrliii Desor, Monogr. des Galér. p. S7, Tab 13, fig. i-^. GiMill lie la perle ilu UliÙJie. — Gressly. f.iliiKli'M'a Agass. - X 85. M 41. (J Ki. S 88. — Ecliin. suiss. i, p. 92, Tab. fi, fig. 13-13. — Cal. syst. p. 7. — Desor, Monogr. des (Ialér. p. 58, Tab. 8, fig. 816. — Gnlerites Hawliinsii Mantill. — Galcrites cyiinitrica I.amk. — Ga- lerites canalmilatus (loldl'. l^elrel. p. 128, Tab. 41, fig. 1. Cr.chlor. de l'ranee.ile de Whigl. iiiuiitapne des I'is,;Maidvli)ne,Villars-de Sans (Isère), Meglisalp (SaliU-(iall), Plaener de Relheii , près' llildeslieint. Craie marn. des environs de Paderhorn (Gnidf.), les Koufiues (etixirons de Gre- noble).— Marquis de Norlhanipliin , Mus. Neuehàtcl, Miihetin, Rehsiciner, Roemer, Mus. Bniin, Alb. Gras. Rotiila Agass. — ()3. Q 31. — Kchin. suiss. i, p. 90, Tab. 6, fig. 10-12. — Cal. sysl. p. 7. — Desor, Monogr. des (îalér , p. 6J , Tab. 7, fig. tS et 16. — E. Sism. Méni. Ecb. foss. Nizza, p. Si. Cale rr(H. alpin de la Meglisalp (.\ppenzell), Saint-Paul -Trois-Cliùteaui , \il- liers, Rouen, Reposoir, Escragnolles , Grasse, Simbola près Nice (grès verl). — Rehsleiner, Desniarest, Sisinunda. Cuvitiia Desor. - S 89. — Monogr. des Galér. p. 62, Tab. 7, fig. 12-14. Craie alpine. Repusoir , Rouen, Grasse, Escragnolles, Sacconel. GauU de la Perte-du-Rliône, Simbola près Nice. — Brongniarl, l'avre-Bertrand, Gressly. coiilca Desor, Monogr. dci Galér. p. 62, Tab. 7, fig. 17-52. GauU, Monlagne des Fis, Escragnolles, Siuibola près Nice, Caslellane, Lour environs de Grenoble. — Mus. Turin. Alb. Gras. derorata Desor. — R 19. R 20. — Monogr. des Galér. p. 63, Tab. 8 , fig. 1-3. Gauli du Bas Daupliiné, Clansaves, Saint-Paul-Trois-Chàleaui , Le Tlieil (Ardèche), La Palarea près Nice. Cr. chlor. d'Escragnolles (Var). — Mus. Turin et Bàle, (gai. géol.). Mus. Paris et Neuchàtel , Michelin, Alb. Gras. maxinia Dub. — S 23. — \ oy. au Caucase (série géol.) , Tab. f , fig. 17-18. — Agass. Cat. syst. p. 7. Cr. de Crimée. — Dubois. iiifrra Desor. Très voisiii du D. mbnhUvi , dont il ne diffère qu'en ce que les gros tubercules ne sont apparents qu'à la base inférieure. Une granulation très fine re- couvre la face supérieure. Cr. bl. de Fécainp (Seine-luf.). — D'Orhigny. Iitiliinaiu DeNor. — T 11. — Espèce remarquable par son bord oblus et renllé , qui le distingue de ses congénères qui onl toutes l« bord plus ou moinw Iranclian I. Anus infra-marginal. Terr. crél. d'Egypte. »— Mus. Pari». i/lS AGASSIZ RT UESOR. Falia Desor. — T 96. — Pclile espèce à bords rciiHés. Anus siipra-mari;iiial, Iron- i]iié oblîquemeut. Cr. (le Ciples. — Deshajes. exei«a Desor. Forme haute, subconique , i bords renHés. Anus très grand , re- monlant presque au milieu de l'aire interambulacraire. Gault de Tours. — D'Orbigiiy. lioiNMiina Desor. — U 31.— Très voisin du I). crcisa par sa forme, mais à tuber- cules très peu saillanis. Cr. bl. lie Udjaii. — Dcsiiioulijis , Mus. Paris (gai. géol.). i.viii. GALRRITES Lamk. Forme renllcn, quelquefois tiiritée, subpeiUagonale, réti'écie en aiTièrc. Face inférieure plane. Bouche pentagonale. Anus marginal ou infra- marginal. Les tubercules principaux beaucoup plus rares et moins ser- rés ([lie clans les genres précccienls sont distinctement manimelonnés et perforés, sans cependant Olre disposés en séries comme dans les Discoï- dées. Toutes les espèces connues apparliemieiit à la formation crétacée. ulliu-galiTiiK Lamk. — S (iS). — Anim. s. vert, m, p. 30(i. — Desor, Monogr. des llalèr. p. ll,Tab. 1, lig. 4-11, et Tab. 13, lig. 7. Cr. bl. d'Aiiglclcrre , l'itardie, lie de liiiggcn, yuediinibouig cl Aii-la Cha- pelle. — Deluc, Craves , Isagenoir, Mus. Bonn. |>;r:>niiflnlis Desral. — X 87. — Tabl. syn. p. 248.— Lamk. m, p. 312. — Agass. (".al. syst. p. 6. — Desor, Monogr. des (lalcr. p. 13, Tab. 1, lig. 1-3. Craie de l'rance. — Miilielin. tiilKarls Lamk. — 68. P 4i. — Anim. s. vert, m, p. 307. — Desor, Monogr. des Caler., p. 14, Tab 2, lig. 1-10, et Tab. 13, fig. 4 6. — Agass. Cat. syst. p. 6. Cr. bl. de Rouen , Ile de Wight (Iliets), Dieppe. - Mus. Berne et Neuchàtcl , Brongniart. «•oiiica Agass. — S 66. — Desor, Monogr. des tjalcr. p. 10 , Tab. 1, fig. 12-19. - f onuliis albo-galerut Mant. (jèol. Susseï, Tab. 17, lig. 8 et 20. Cr. bl. d'.\nglelerrc, Ile de Wiglit. — Deluc, Mus. Ncucliàlel. kiiln'utunda Agass. — Q 78. — Cat. syst. p. 7. — Desor, Monogr. des tialcr. p. 18,Tab. 2, lig. 1114. Cr. bl. de l'Ile de Wight, Rouen, Tournay. — Mus. Neuchàtel. eloltulus Desor. — S 76. — Monogr. des Galér. p. 18, Tab. 4, lig. 1-4. Cr. bl. d'.Vngleterre. — Deluc, d'Orbigny. nUlirrvinia Lamk. — S 05. S 70. — Anim. s. vert, iir, p. 307. — Desor, Monogr. Nl:inea .\gass. — 62Ij. 64. 07. Q 42. — Cat. syst. p. 7. — Echin. suiss. i, p 77, Tab. 12, (ig. 7-9. — Desor. Monogr. des Galér. p. 23, Tab. 4, fig. 12-16. — E. Sism. .Mém. Echin. foss. Nizza, p. 50. — Gaterites rhotomagensis Agass. Cat. syst. p. 7.— E. Sism. Mém. Echin. loss. Nizza, p. 31, Tab. 2. fig. 810.- yucleo- îiles Castanea Alex, lîrongn. — Pyrina Castanea Desml. — Catopygus Castanea Agass. Prodr. Cr. chlor., lilscragnolles, Simbola prés Nice, Reposoir, Montagne-des-Fis et Sacconnet, Ilouen , Saint-Paul-Trois-Chàtcaux, Monle-Calvo dans le comté lie Nice (Sismonda) , Lour près Grenoble. — lîrongniart, Sluder, Desniou- lins, Mus. Turin, .Mb. Gras. UN. PYR1N.\ Di.s.Mi.. (l). Forme allongijc et l'cnfltie. Antis supra-ni;iiginal. Face inféileiiic plane oti pulvinée. Bouche pcnlagonale , oblique , sans bourrelets. Tubercules nombreux, unilormément répartis sur toute la surface tUi test. Les espèces connues jusqu'à ce jour appartiennent à la formation crétacée. (I) M. Desnioulins comprend dans son genre l'urinu les espèces allongées et les espèce^ circnl.iircs. J'en ai séparé les espèces circulaires, dont j'ai fait mon genre l'ilo- hatvi\ r.jttscr\,itil le nnuMiç l'irjne aux espèces alloPpCCs. 150 AGitSSIZ ET DESOR. ui-uliini Agass. — 72. M 95. — Cat. sysl. p. 7. — Dcsor, Monogr. ilca (jalér. p. 26, Tab. 5, fig. 33-37. — ISucleoUtes ovuium Lamk, Oesnil. Terr. crét. de France, Saint-Christophe, Tours. — Deshayes. ovata Agass. - P 4. — Cat. syst. p. 7. - Dcsor, Monogr. des dalér. p. 27, Tab. 3, (ig. 32 35. — Pyrina Ecliinonea Desml. Tabl. syn. p. i.SS. Cr. inf. (Je Saintes, Tours, P^rigueux. — D'Orbigny, Destnouliiis. deprcsiia Desml. — 66. — Tabl. syn. p. 258. — Desor, Monogr. des (ialér. p. 28. — Nucleolites deiiressa ISrongn. (iéol. Paris, p 400, IM. ix, fig. 17 (non Goldf.). Gault fie la montagne des l-'is et du Reposoir. — Alayor. p.>s;a-a Ucsor. - Q 31. Q 71. K 10. R 53. — Monogr. des (Ialér. p. 29, Tab. 5, fig. 27-31.— GalerilespyniBa Agass. Echin. suiss. i, p. 7.S. Tab. 12, fig. 3-6.— Cal. syst. p. 7. — NucleoHles truncaliilus Rcem. Nëoe. des eiivirnns de Neurh.'it(d. .^.iléve. t>nseau (Jura), Saiiit-Dizier, Argile de Hils (Hanovre), — Mus. Neuchàlel , Mareou, d't)rbigny, Hoenier. Uoidruasii Agass. — NucleoHles depressus Miinslr. in Ooldf. p. 137. Tab. 43, (ig. 1. Craie d'Aix-la-Chapelle. — Mus. Bonn. Uesinioulinsii d'Arcb. • T 86. — Méni. Soc. géol lu: Tom. II, 2= sdr.. Tab. 13, bg. 4. — Diftère du /'. ovala et uvuluin par sa lornie très allongée cl son anus exactement postérieur. Craie de Tourlia (Belgique). — Soriélé gi;ologii|iic de Irariee. Freuchenii Desor. Espèce renflée et plus courte que les autres. Anus large. Dan. de Faxoe. — Mus. Copeidiague, Fieurhen. i.\. (;i.0J5AT0R A(;\s>. Ce genre a tous les cafaclércs des l'jrliics, (IdiiI il ilillere sciileilieiil ()ar sa foniie qui est globuleuse ou subcoiiiqtie , au lieu drlic allongée. 1,'aiiMs est situé à la fare postérieure. I,a forme île la lioiiclic cl la ii sitioi) des liihercnles sonl les inéiiies ([lie il.iiis les f'\iiiics. I es deux espèces connues jusiiu'ici aiipailieniicnl à la roniialioii ciclacée. nuclciis Ajass. - M 48. — Cal. sysl. p. 7. — Desor, Monogr. dp> (Jalér. p. 30 , Tab. 3, fig. 14. Craie de Ciply (Tielj;ique). — Desh.iyes. pelroeoriefiNÎN Agass. — K 42. — Pyrina pttrocorieusis Desnd. Tabl. syn p. 25S. — Espèce circulaire, subconique, à très grand anus. Craie de Périgord , Suuleye. — Uesmouliiis. (;,\TALU<;Lli HAISIINNK IJIi.S jicill.MUliS. 151 i.M. CARATOMl S A(;ass. l'OÈÊiiL" ciiTiilaire , géiiéialuiiienl iosIiul' ou siibroblréc en anièic. Bouche anguleuse plus ou moins oblique. Anus infra-marginal, au lieu d'être situe au milieu tie la face postérieure, tomme dans le genre Globa- tor. Toutes les espèces connues appartiennent ;i la fornialion crétacée. ATcllaua A[;as5. — P 39. P fi2. (,) 72. H ,s(). — Cal. sy>l. p. 7. — Desor, Moiiogr. %ie> Galcr. p. 3(i, Tab. 5, lig. 11-13. — Catoiiyijus Avcllann Duli. Voy. au Cau- case, Tab I, fig. 19-21. Craie de Crimée, de Ciply (Belgique), Colenlin, — Dubois de Montpéreux , llesliayes, Bronii. Fiilta Agass. — Q 73. P S5. — Cat. sjst. p. 7. — Desor, Moiiogr. des Galcr. p. 37, Tab. 3, (ig. 8-10. Craie à baculiles de Bonneville (.Manche), Colcn'.inV. CîaiiU, Ile-d'Aix (Cha- raiile). — Michelin, d'Urhigiiy. lieiiiis|ili»erî4>iiM Desor. — R 5î. R 33. — Monogr. des (ialér. p. 37, Tab. 3, Kg. ii-WK — Galeriloshemispliœrica Laink. Faujas de Saiiit-Fond, Tab. 30, fig. 4. Cr. de Maëslrjehl. — Marquis de NorlhampUin , Mu>. Coppenha^ett. Miil<*a«4i-rnflîa(iis Desor. — Galcnlcs sulcato-radiatus Coldf. IVlref. p, 130, Tab. 41, fig. .'(. Dan. (de Maesirichl). orlùt'iilai'is Agass. — Q 75. P 36. — Cat. syst. p. 7. — Desor, Moiiogr. des Galcr. p. 3.S, Tab. 3, lig. 5-7. Cr. clitor. de Villers sur-Mer et de l'rcville iNonnandie). — Sliider, Michelin. rostratiin Agass. — 81. — Cat. syst. p. 7. — Desor. Moiiogr. des Galér. p. 38, Tab. o, fig. 14. Glauronnie du Havre. — Deshaves. laliroNlris Desor. Petite espèce de la taille du C. rostratus: mais le oôlé posU-- rieur, au lieu d'être rostre, est large et obtus, et recouvre l'anus. Cr. chlor. de Fouras. — D'Archiac. irijjonup.TKH't Agass. Se distingue par son anus triangulaire, légèrement rostre et iniero-posiérieur. t>. ctilor. du Mans (Sarlhe), Fouraît. — Michelin, Mus. Paris (tîal. géol.). Rflenierî Desor. Espèce voisine du C. hemisphwricus , mais un peu plus haute et subconique. Ou la prendrait pour une (jalërile, si Faillis irclait inlra-niarginai. Craie d'IlLen, près de Hanovre. — Roenier, Michelin. pcltirorniis AgaSs. — Echinites pelliformis Wahicnb. Act. Soc. Ups. viii. Tab. 3, fig. 4 et 3. — Clyjii:mter peltiformis Hising. l.eth. suec. Tab. 20, lig. 2. — Cara- tomus Gehrihnsis Kœni.— Espèce voisine du C. AyMana, mais plus convexe, et à face inlcriciire plus plate. Craie hl. de Scaiiie, Cr, de Cchnlcn. — Mu5. Stoclmlin et 8und , Michelin , jloemer, 152 ACiAS»«IX ET UKSOR. i.Mi. i\UCLEOPY(;i S A<;ass. Ce genre a la forme des vrais Nucléolites, dont il diffère par ses anibu- lacres simples. Côte antérieur, arrondi, flôlé postérieur tronqué. Anus logé dans un sillon profond à la face supérieure. Tubercules petits et s'jrrés comme dans les Pyrines et les Caraloraes. Les espèces appar- tiennenl à la formation crétacée. iilinnr Agass. — S 21. — Cat. sjst. p. 7. — Desor, Monogr. des Galcr. p. 33, Tab. 5. lig. 20-22. Tcrr. iTét. (Je France, Royan. — Desliaycs. incisHs Agass. — M 90. — Cal. sjsl. p. 7. — Desor, Monogr. des Galcr. p. 33, Tab. 3, fig. 23 26. Neuf.? — Mus. Neuehàtel. cor atiunt Agass. — T 28. — ]\'ucleotiles cor-avium Defr. — Kspicc allongée. Anus ou>ert à midislance entre le sommet et le bord postérieur. Point de sillon anal. Pores 1res diliiciles à voir. Craie de Touraine el d'Orglande. — Miehelin , Dcfrance. i.\iii. HYBOCLYPUS Auass. l'orme élargie et déprimée , rétrécie en avant. Anus situé dans un sillon à la face supérieure. Tubercules nombreux , serrés , perforés et crénelés. Ambulacres disjoints, les postérieurs ne se réunissant pas aux antérieurs sans cependant être aussi séparés que dans les Uysastcr. Les espèces connucsjnsqu'àce jour appartiennent à la formation jurassique. giliboruins Agass. - 73. 76. — Echin. suis*, i, p. 75, Tab. 12, fig. 10-12. — Cal. ^ysl. p. 6. — Desor, Monogr. desGalér. p. 84, Tab. 13, fig. 12-14. Marn. vesul. du Jura soleurois el argoyien. — Mus. Neucliâtel , Carisruhe et Bâie. Slrolimeycr, Mus. Paris. rnnniiciilalus Desor, Monogr, des Galcr. p. 83 , Tab. 4 ( de la monogr. des Dysaster), fig. 8 el 9. — yiicleoliles canaliculalus Goldf. Pctref. p. 140, Tab. 49, lig. 8. Ool. inf. de SlaHelbert", prés de Baml)erg. — Conilc de Munster. .>lui-oaii Desor. — T 77. — Espèce voisine de VH. canaliculalus ; mais les deux sonimels ambulacraires sonl moins éloignes. Point de sillon antérieur. Ool. ferrug. de la Rochc-Pourie (Salins). — Marcou , d'Ûrbigny. rlaiiis Desor. — \ 7. — Grande espèce à peu près circulaire. Sommets auibula- ciaircs peu éloignés. Ool. iiif.îdcs en>irons de Nani;. — l)e^llaye^■. «:<-l!a(ii> Dcsur." - T7I). — Diffère des //. canuUc'il'.tlin el Marcju, en ce ipic les I CATALOGUE KAISO.NMJ DES ÉCUliMDES. lôo nmbulacrcs poîstcrieurs sont rectiligncs au lieu d'élrc arqués en dehors. La forme csl la même. Etoile espacée. Coral. de Willshire. ^ D'.Archiac. Groupe des NCCLEOLIDES. .Viiibulacres pétaloïdes. I.XIV. NUCLEOLITES Lamk. Forme anguleuse subcarrée, élargie en arrière. Test uiiuce. Anus .supérieur taulol à fleur île test, tautôt logé dau.s un sillon plus ou moins profond. Bouclie i)entagonale non étoilée sans bourrelets. Ce dernier ( aractère distingue les Nucléolites des Catopygus et des Cassidules. Premier type. — Fomie snlicrirrrc nrcc sillon uinl. rceens Edw. Cuv. Bégn. anim. Tab. 14, lîg. 3. Nouvelle-Hollande. — Mus. Paris (Quoy el Gaimard). Espèces fossiles. Ni-u(a(us Lamk. non Goldf. - X 96. P 3. P 8. P 11. - .4nim. s. vert. III, p. 30. — Agass Cat. syst. p. i. — Ecbin. suiss. i, p. 45, Tab. 7, fig 19-21. Coral. de Trouville (Niirmanilie), Vaches-Noites, Shotover, I.aunois (Ardeiines), environs d'Oiford , Chamsoj (Doubs). — Mus. .Neurhàlel. Mus. Paris (gai. géol.), Bàle et Strasbourg. i'Iiinicularls Phillips. —M 83. P 7. Q 61. — (jeol. of Yorks. — yiirleotiles Goldfusii Desml. Tabl. sju. p. 362. — Agass. Cat. syst. p. 4. — yucleoliles Souerbyi Defr. Dict. Se. n. Oxforii. dWlençou . Coiirgains (Sarthe), l^alc. a Polypiers de Banville, Coulie. — Deshayes, Michelin. \ar minor. l"orest-marble de Chalelcensoir. — Defrance, (^otleau, Hébert. l.-iiiporuji Agass. — S 46. — Cat. syst. p. 4. — Echin. suiss. i, p. 43, Tab. 7, lig. 13-13. — Peut-être une variété du jV. chinieitlaris. Cornbrash deMellingen 'cant. deSoleure), Mairhe (Doubs). — Gressly, Marniu. IVriiiHfiiii Agass. — T 83. — Voisin du !\'. chinicularis , mais plus aminci, et rostre au bord postérieur. Les ambulacres sont larges. Ool. int. ou nioy. des environs de Metz. — D'Orbigny. ;ir:icili!( Agass. — S S — Echin. suiss. t, p. 4i, Tab. 7. fig. 10- 12. - Cat. sy«l. p. 4. Ool ferrug. de Diirrenast (.lura soleurois). — Gressly. cl-nicnlus .\gass. — 61. P 18. I' o4''. Po8. — Cat. syst p. 4. — E»pécc très allon- :;tT. clroitc en av.-uit, iort élargie enarc èr". 15& ACASSIX ET DESOR. Var. sinuata Mer. — R 6. Calf. a Polypiers de Normandie. Kellov. de Mamers , Sancerre (Cher) , Van- dipuvre (.\ube), cant. de Bàle. — Mus. Bàle. Iilaiiiilatii.v Rœm. Nordd. Ool. geb. p. 28, Tab. 1, fig. 19.;— Espèce très plaie , peu rétrécie en avant. ' Curai, de Spilztiut. — Roenier. iiKijor Agas?. — S 45. — Cat. syst. p. 4. — Kchin. suiss. i, p. 4B, ïab. 7, fig. 2-2-24. Kimnier. île la vallée de la Uirse. — Gressly. crvpidiila Dcsor. - T 23. - Espèce allongée, très plate , à sillon évasé , s'avan- çant jusqu'au sommet qui est un peu exceutrique en avant , de sorte que le sillon occupe plus de la nioilié de la longueur. Fore.sl-marble de ChAlekensoir (Yonne). — Mus. Paris. Ecole-Normale de Paris, f.oUeaij. linralIcliiK Agass. — T 81 — Espèce allongée à côtes droites, et à peu près paral- lèles. Côté postérieur déclive. Anus allongé. Pores à peine réunis, ("raie de Saint-Chrislophe (Indre et-I.oir). — D'Orhigny NiilMiiiafli-atiis Agass. — S 2. S 4. — Cat. syst. p. 4. — Echiu. suiss. i, p. 41 , Tal). 7. (Ig. 1-;!. Néiii'. du départ, du Doubs, environs de la Chaux-de-l"onds,SainLe-Cruix (Jura vandois), Nozeroy (Jura). — Rénaux. Comte, Montmollin, iM;ireou. niii|>luM Agass. — Il 2. — (irande espèce aussi large que longue , subcirculaire , déprimée Ool. ferruy. de Schanouse. — Mus. RAIe. Kri|iiiriii Pesor. — T 79. — Espèce très voisine du iV. micrautut par son anus marginal, mais plus courte. Ambulacres fort longs. Craie des Martigues. — Mus. d'Avignon. 'l'Iiiirniiiiiiii Desor. Petite espèce .is.sex voisine du N. tatij)Oiut, niais inoin.s large, el il ambulacres plus étroits. t;urMbr.ish de VerccI (Doubs). — Mareou. iiiiiiiinu!« Agass. — X 80. -- Cat. syst. p. 4. — Très petite espèce fortement tron- quée en arriére, à peu prés aussi large que longue, sensiblement renflée. Teil. erél.? de France. — Deshayes. ■nivranlus Agass. — S S. — Cat. sjsl p. 4. — Echin. suiss. i, p. 43, Tab. 7, lig. 10-18. — Kvcleolites scutatus var. b. I.anik — NticleoUtes scutatus Goldl. l'etref. p. 140, Tab. 43, lig. 6. Oxford, du déparlement du llaiit-Khin. Launay (Ardennes), Largue (Jura soleurois). — Mus. Paris (yal. géol.), liressly, d'drbigny, Desbayes. iliiiiidialus Phillips. — Q 29. — (ieol. Yorks. — I\'ucleolites paraplesiiii Agass. (^at. syst. p. 4. Coral. de Malloii -- Mus. Neuchitel. (.■urtiadis Goldf. Pétrel, p. 142, Tab. 43, lig. 9, Cr. niarii. d'Essen sur le Uu"her. — Mus. Bonn (;.\rAL(M;i:ii iiaisoniNk diîs kciiimdks. 155 cnsliilndiit Uesh. Exp. algér. — Remarquable par ses pétales ambulacraires renflés. Cr. lie Ri(!ha, parlie méridionale de la pro\incedc Constantine. — Deshayes. Deuxième type. — Fumn' n/lmiyri: mns sillon annl. Laniarokii Deir. — M 99. — Dicl. Se. n. — Nucleolitei dilalatui Agass. Cat. sysl. p. i. — lîspéeo allongée, fort élargie en arrière. Terl. de Valofines. — Deshayes. ei-rc-<-lcii Desor. Forme cl structure «lu A'. Lamarckii , étroite en avant, élargie en arrière. Anus vertical au bord postérieur, Gault de nrandpré (Ardennes). — Hanlin. t'ollegn^i Desor. - T 100. — Espèce plate, allongée, surbaissée, à peu prés d'é- gale largeur, en avant et en arrière. Cr. de Couzc (Dordogne). — De.sniotiiiiis. Incuiiosus Goldf. (non Agass.). — T 8fl. — Petref. p. l'il, Tab. 43, lig, 8. O. niarii. d'Kssen sur la Ri)ehr. (Ir. de,s Martigues et dWntities, C.onlajne.s. — Mus. Bonn et.Vvignon, Ronanll. Oirrrsii Agass. -- Q 48. R 9. — Eoss. crét. in Mém. Soc. Neuch. I, p. 133, ïab. 14. fig. 2 et 3. — Echin. suiss. i, p. 42, Tab. 7, fig. 7-9, — Desml. Tabl. syn. p. 362. Marn. nénc, rlu (-aiiton di* NouchâU'l , l)ami»ierrc (Nièvre), Chanrenay (Haute- Marne), Marelles (Anlie), Siibligny, Nozeniy (Jura), Argile de Hils de Wolfenbiillcl. — Mus. Neuchàtel, Mareou, Roenier. scrultioiilutiis GoldC. IVtref. p. 13S, Tab. 13, fig. 3. — Petite espèce voisine du JV. lacunusus, mais plus haute. Dan. de Maésliirlil. — Mus Bonn. ïtiijilis Agass. — T 7.S. — \'oi*in à quelques égards du IS . Olfersii. Dtaisplusélrnil. t/ainisest proportionnellement Irè^ grand t'.i. de Ciply. - D' Archiar . Deshavo^. l'ruviîci-uN Agass. — I* ol. R 52. — (Lai. syst. p. 4. — Ananchytes cnicîfenis Mort. Amer.journ. XVIII, p. 24.5, Tab. 3, /ig. 8. —Petite espèce ."ubcylindriqtie, aussi large en avant qu'en arrière. S.ihies ferrugineux de Nevv-Gersey. Terr. crét. de (^rnize (Durdognei. — Oes- h.'iyes, Destiioulin.s. ^îcolrii Agass. -- Q 43. S 47. — - I\itcteotites lacunnsus Agass. (non Goldl.;. t-'oss. crét. in Mém. Soc. Ncucli. i, p. 132. — Echin. suiss. i. p. 40, Tab. 7, fig. 4-6. (Lai syst. p. 4. — Desml. Tabl. syn. p. 360. -Néoi-, du eaiilori de Neuchàtel, Suhligny, Marligues , les Angles, Saléie, Cen- seau (Jurai, Fautenil près (Jrcnoble, — Mus. Neuchàtel, Mus. Paris (gai. géul.), iJcIuc, Maicuu, Alb. (iras. Kriiiiiiiii Aga.ss. - S 9 — Calo]iijijns lienamli A^^ss, Echin. suiss. i, p. 51, Tab. 8, lig. 7-9 Cal, syst. p. 4. Néoe. «u|iér. du diiparl. du Duubs, environs de la Chaui-de-l'uiids. — jRenaud- 156 AUA»>!»IX Kl UE»»OK. ncocoiiiensis Agass. — Q 33. S 10. — Catopyrjus neocomensis Aijass. lichin suiss. I, p. 83, Tab. 8, Kg. 12-14. — Cat. syst. p. i. Néoc. du canlon de Neuchiiel, Douanne (canl. Berne), Salève, Saint Sauveur en Puisaye (Yonne), Faulenil près Grenoble. — Mus. Ncuchàlel , Gressly, Favre-Bertrand , Alb. Gras. Ciresslyi Agass. — Q 46. — Catopygus Grcssbji Agass. Echin. suiss. i, p. W, Tab. 8, fig. 1-3. - Cat. sysl. p. 4. Marn. nfec. de Haulerive prés Neuchàlcl , BoUancourl. — Mus. Neuchâlel , Gressly, d'Orbigny. alpinns Agass. — 82. — Catopyrjus alpinus Agass. Echin. suiss. i, p. 82, Tab. 8, (ig. lOelll. —Cat. sysl. p. 4. Néoe. super, le Salève, Raulispilz près de Nrefels. — Escher de la Lintli. Fiilia .\ga!,s. — M 42. — Cassidiiliis Faba Agass. (mm Dclr.). — Cal. sysl. p. î. — l'orme allongée, 1res déprimée, rosiréc, mais non élargie en arriére. ! Deshayes. Lxv. CLYPEUS Klein. Forme discoïde, quelquefois légèrement rostréc en arrière. Test épais. Anus logé dans un sillon. Bouche centrale , entourée de bourrelets qui le distinguent du genre N'ucléolite. Toutes les espèces appartiennent aux terrains jurassiques. P.-iirlIa Agass. — Q 18. — Cat. syst. p. 3. — Echin. suiss. i, p. 36. Tab. 3, fig. 4-6. — Galeriles Palella Lamk. — Chjpeus sinuatus Leske, p. 157. Tab. 12.— l'ark. Org. rem. m, PI. 2, lig. I. Ool. inf. de Biiuliigne-sur-Mer , Chayul (.\rdeniies) , Monlanville , l'Iinry (Meuse), (^alne. Met/, Nuvi.-int, Besançon, l'orreiitruy , Salins (.lura) , environs de Bàle. — Mus,Neuchàtel , Gressly, Mi<:helin , Deshayes, Bronn , Thurniann , Marcou , Mus Bàle. Hugli Agass.— P 29. Echin. suiss. i, p. 37, Tab. 10, lig. 2-4. — Cat. syst. p. 4. — Nucleoliles tacunifera Mer. (Mus. Bàle). Ool. inf. du Jura soleurois , et évéché de Bàle, le Mont-Terrible (cant. de Berne). — Mus. Soleure, Berne et Bàle, Thurmann. Solodiirinnsi Agass. — S 49. —Echin. suiss. i, p. 33, Tab. 5, (ig. 1-3. — Cat. sysl. p. 4. Marn. vésul. Obergoeschen (Jura soleurois), Egg (Argovie), Poligny (Jura). — Sirohmeyer, Bronn, Marcou. angus(i|ioriis Agass. — 88. — Cat. syst. p. 4. — Espèce discoïde, aplatie, à ain- bulacres beaucoup plus étroits que le C. Patella. Terr. jurass. de France. — Deshayes. riniovns Agass. — S 71. — Espèce plate, discoïde, à ambulacres costulés. Terr. jurass. du Gloucesiershire. — Delue. aciilus Agass. X 3B. — Echin. suiss. i, p. 38, Tab. 10, lig. I. -- Cal. syst. p. i. Kimmer. de la vallée de lu Birse (Jura solcuroi^U Aijilepicrrc \nvi Sjlins. — 'îresslv, Marcou. J CATALOnilE RUSONMÎ DES ÉCaiMDP.S. 157 roHirnliiK Agass. — R 4. — Kspècc liaulc, siibconique , lorlemeiil riislice en .ir- rière. Ûol. inf. du canton lie Bile. — Mus. BMe. i.wi. C ASSIDU LU S Lamk. Forme allongée. Bouclie ciilouirée de bourrelcls, et iiuiiiie d'une lo- setle de pores buccaux. Anus supérieur. Anibulacres subpélaloïdes ; les pores des zones porifères supérieures ne sont pas réunis par des sillons iransverses. Se trouve depuis la craie justiu'à l'époque actuelle. uustraliK Lamk. Cuv. Règne anim. Tab. 13, lig. 5. Spanisli-Tuwn (.\nlillcs). — Mus. Paris. giia-lcloiiiïeiiNi.«> Duchas^aigne , Bull. Soc. géol. Fr. i847. — Kspéce vi\ante trouvée à Pclat de pétrilication ; intermédiaire entre le C. lajjis cancri et le ('. Marmini. Le bourrelet qui surmonte l'anus est moins développé que dans celle dernière espèce. Tuf blanc de la Guadeloupe. — Michelin. lapisi-oancri Lamk. — Q 49. — Agass. Cat. sysl. p. 4. — Faujas de Saint-Fond, Tab. 30, lig. 1. —HucteoUleslapis-cancri Goldf. p. 143, Tab. 43, flg. 12. La Flèche (Sarthe), Vulo^nes. Craie de Maestrichl , Ciply. — Michelin , Pes- hayes, Mus. Neuchàlel . Ie«.lndinarins Brongii. — V o. — Vie. p. 83, Tab, S, lig. 13, a,(i,c. - JS'ucleoliles testudinaria Desml. Tabl. syn. p. 356. — F^spèce élargie en arrière, à sommet excentrique. Tert. du Vicenlin. — Desmoulins. Marmini Agass.— R io.—yucleoUles Marmini Desml. Tabl. syn. p. 360.— L'anus est recouvert d'un gros bourrelet en forme de lèvre dilatée transversalement. I»e la ntonta^iie de Saint-Pierre de Maéstriclit. Cale, a baculites d'Orglande, Aiiijlelerre. Cr. de Port de Lena. — .Michelin, sir Philippe Kgerluii , Des- tnnuliiis. Lwri. CATOPYGUS Agass. Forme renllée plus élroite eu avant tju'en arrière. Ambulacres péla- loTdes. Face inférieure plate. Bouche entourée de gros bourrelets avec une rosette de pores buccaux très distincte entre les bourrelets. Face postérieure tronquée. Anus au bord supérieur de la face postérieure. carinalus Agass. — M 97. P 3. P 50. Q 41. S 91. — Cat. syst. p. 4.— .\ucleolilet carinatus Goldf. Petref. p. 142, Tab. 43, fig. 11. — Xucleoliles brilanna Delr. \'ar. minor : yucleolites ovulum Defr. Cr. chlor. Le Mans, Rouen, Condrecieux , Gacé, l'ouras, La F'Ièche, Kécarnp, Villers, Lssen sur la Roehr, Sandwich (.\ngleterre). — Mus. Paris, Midiclin, Dcshaycs, llronn, Defrance. frnroiraliis Agass. — 6.ï. X S4. M 43''. - Cat. sysl. p. 4. — Faujas de Saint- 158 AGASSIK ET DESOR. Fond,Tab. 30, Hg. 6 el8.— Plus large que le (\ carinalus. Côté postérieur moins haut et plus déprimé. Gr. de Ciply. — Deshayes. conrarinis Desor. Espèce voisine du C. fenestralus , mais Tauus est un peu plus bas, et la face supérieure plus surbaissée. Tert. d'Orglaniie. — Deshayes. Iifvis Agass. — X 60. — Cat. syst. p 4. — Faujas de Saint-Fond, Tab. 30, fig. 6 et 8. — NucleoUtes lœvis Defr. — Nucleoliles ovulum Goldf. (non Defr.) Petref. p. 138, Tab. 43, fig. 2. Dan. de Maêslricbt. Cr. de Fui-les-Caves. — Deshayes. p^rirormis Agass.— R 76. S 75. S 85. S 87.— JVuciKoJifes pyr/ybrmM Goldf. Pétrel, p. 141, Tab. 43, fig. 7. — Leske, Tab. li, fig. 5 et C. — Espèce très allongée. Anus rostre, replié vers le bord inférieur. Tubercules tout-à-fait uniformes. Dan. de Maëstrichl, de Ciply. — Michelin, Defrance. loniiiporiis Agass. — K 7. — Voisin du C. jtyriformis, mais moins cylindrique et ïilus large. Cr. de France. — Mus. lîàle. vylindric'us Desor. — T 85. — Se rapproche un peu du C. pyriformis ; mais il est plus haut et plus cylindrique. Rostre anal peu saillant. Rord postérieur tronqué carrément. Gaull. — D'Orbi^ny. par«ulus Agass.— 80.— Cat. syst. p. 4— Très petite espèce cylindrique, abords très renflés. Craie? de France. — Deshayes. roliimbai-lns Agass. — K 71. — Nucleolites coliinibaria Lamk. — !\'Mcleolitet fourasensis d'Arch. Etudes sur la forni,ilion crétacée, 1'° partie. — C. coltimbarius, Mém. Soc. géol. Fr., 2' sér., vol. Il, Tab. XIII, fig. 3. — Espèce renflée , très étroite en avant , tronquée verticalement en arrière. Anus vertical. Dos plat. Oault de Coulaines (Sarthe), du Mans, Fouras. — Michelin, d'Archiac, Mus. Paris. olituNiis Desor. — T 29. — Espèce élargie en arrière. Dos renflé. Etoile buccale formée de gros bourrelets. Craie. — Michelin. rlon;;alns Desor. — R 73. — Grande espèce très allongée. N'est pas sensiblement plus large en arrière qu'en avant, ce qui la dislingue surtout du C. columbarmt. Cr. de Royan. — Michelin. Lxviii. PYGAULUS Agass. Petits ouisius renflés, plus ou moins cylindriques. Face inférieure ptilvinée. Bouche centrale pentagonalc i)Uis ou moins oblique sans bour- relet et sans roselte buccale. Anus rostrt; ou subrosirc. Diffère des Eclii- uolampes par sa bouche oblique ei sou anus longitudinal. CATAl.OOUE «AISOMNK UJiS KClIlNmiîS. 159 piilviuatuii Agass. — T 89. — Pyguruspulvinatus d'Arch. .Mém. Soc. l'.col. Kr., toi. II, 2' sér., Tab. 13, fig.5. — Roslréc en arrière. Face inférieure pulvinée. Cr. lie Tourtia (Belgique). — Sociélc géulugique, Miilieliii. dcprpiisins Agass. — 78. - Catopygus deitressus Agass. Cat. syst. p. 4. - Echiii. suiss. I, p. 50, Tab. 8, fig. 4-6. — Aucleotiles depressa Al. Brongn. — l'yrina depressa Desml. Tabl. syn. p. 258. — Galerites depressa Al. Brongu. Cr. thlor., montagne des Fis, Rejiosuir, Eiiirevernes, en\iions de rîremtble. — Mus. Genève et Berne. Alb. Gras. niaerop^Siis Desor. — T 90. — Espèce fortement renflée en aiTière. Anus mar- ginal, s.nns être \isible d'en haut, à cause du renflement des flancs. Anus très grand. Cr. ehlor. de Fouras. — D'Orbigny. oiatns Agass. Très renflée, allongée, légèreraenl roslrée en arriére. Anus 1res petit et allongé dans le sens du diamètre antéro-postéricur. Gault de la perte du Rhône. Ebne .\lp. — Mus. Neurhàiel et Zurich. Desiuoiilini Agass. — R 31. R 32. — Espèce haute, à dos légèrement aplati, .^m- bulacres très étroits. Côté postérieur élargi, subrostré. Néoc. d'Orgon. — Miehelin, Desnioulms. snlKcqualis Agass. - M 100. — Cat. syst. p. 4 - Petite espèce large et dépri- mée, rappelant un peu la forme de certains Caratomus. O. inf. de Saintes (départ, de la Charente). — D'Orbigiiv, Mus. Paris (gai. géol.). affiiiis Agass. — S 18. — Catopygus subœqualis Agass. Cat. syst. p. 4, — Voîsio du C. subipqiialis ; mais l'anus est plus haut. Gault de l'ile d'Aii. — D'Orbigny. «•jlînilrîeiis Desor. — V 21. — Grande espèce 1res renflée, cylindrique. Coté pos- térieur tronqué obliquement. Un sillon évasé au côté antérieur, l'élales ambula- craires larges et lancéolés. Néoc. sup. de Sossenage près Grenoble, avec le Toxaster nhlongus. — Albin Gras. lAix. ARCHIACIA Ag.^ss. (PI. 15 [tome VI], fig. 27 et 28.) Snnmict très ncumiiié , refoulé complètement en av.int de manière îi surplomber la base. Pélales ainbulacraireslrès courts. Anusiirès grand, infra-marginal. Face inférieure concave. Boucl.e légèrement éloilée, sans l)ourrelcts : c'est quant à la forme un Mètaporhinus, avec cette dif- férence qu'il n'y a ((u'tine seule étoile ambulacralre, et que les ambu- lacres sont pétaloïdes. wandallna Agass. — T71. — Clypeaster sun(/a(mi;s d'Arch. Gault de Fouras. — D'Arthiar. coriinla Agass. Le sommet est encore plus cflilé , cylindric|ne et arroinli ,iii snm- iiiel. C'est la seule partie connue. Terr. irél. du Siiiai. — .Mus Paris. 100 AG.tS^IZ F.T »ESOR. Lxx. PYGORIIYNCHUS Aoass. (PI. 13 [tome VI], fig. 2? et Ï3.) Forme allongée. Ambulacies distincleinent pétaloîdes, souvent cosdi- lés coninie chez les Echinolanipes. Bouche centrale on siibcenlrale.pen- tagouale, entourée de gros bourrelets avec une rosette de pores buc- caux très distincts. Anus à la face postérieure , plus près du bord supérieur que du bord inférieur. Toutes les espèces appartiennent aux terrains numniulitique et tertiaire. grignoncnsis Agass. — 69. 70. 71. 77. M 17. Q 24.— Cat. sysl. p. 4. — Nucieo- lites grignonensis Defr. — yucleoliles depertitus Defr. — Nucleolites Lamarckii. Yar. écrasée. — 47. V 10. — Var. oblonga ; Cassidulus oblongus Defr. Tert. de Grignon , Haulc\ille près Valognes , Parues. — Deshayes , Michelin, Defrance. Testiiclo Forbes, Tr. geol. Soc. T.. vu, p.l61,Tab. 19, fig. 2. — Espèce voisine du P. grignonen$i$, mais plus déprimée en avant, et haute en arrière. Environs de Pnndk-héry. — CunlifTe. planatns Forbes, Tr. geot. Soc. L. vu, p. 162, Tab. 19, fig. 3. — Espèce plus plate que la précédente , et moins déprimée en avant. Il se pourrait néanmoins qu'elle n'en lût qu'une variété. I^nvirons de Pondichéry. — CunlifVe. nr«orii d'Arch. Se dislingue par sa forme circulaire. Terr. nnmm. de Tîiorilz. — D'.Xri-liiac. sciiiflla .\gass. — M 22. — Cal. syst. p. 4. — Xucleoliles snilella (ioldf. l'être!, p. 144, Tab. 4.^, fig. 14. — Cassidulus scutella Lamk. Terl? de Vérone. Malo district de Schio , comté de Nice, Sables lert. de Hercford en Westphalie. — Mus. Strasbourg, Zurich, Turin et Bonn, Bronii , Munster. \ ar. inllata. — T 98. — .\uc(eo/i(es (esludmari'us Munstr. in Goldl. p. 143, Tab. 43, fig. 13. — Nucleolites Miinsteri Desml. Tabl. syn. p. 360. Cr. de Dai?. — Desmoulins. sopiiianns d'Arch. — T 84. — Mém. Soc. géol. Fr. 2' sér., Toni. ii, p. 203, Tab. 6, fig. 5. — Dos conique ; à part cela, très voisin du /'. scutella. Terr. numm. de Biariu. — D'.\rchiac. elatn.s Agass. — Cassidulus elatus Forbes, Tr. geol. Soc. I/. vu, 1846, p. 182, ■ Tab. 19, Hg. 1. — Espèce voisine du P. sopitiamis , mais moins conique et plus renflée. L'anus est aussi plus haut, et les ambulacres moins saillants. Environs de Pondichéry. — CunlilTe. Cutier! Agass. — 471>. 48. Q 8. — Cat. syst. p. a. — Clypeaster Cavieri Goldf. Petref. p. 133, Tab. 42, fig. 2. — Echinolampas Cmùeri .4gass. l'rodr. Cale. gr. des environs de Paris (la Glacière). Terl. de Russenberg. — Michelin. Deshayes, Miinstcr. CATALOGUE IUÏSO^M': PKS KCmMDKï^. 1(')1 lunildns Agass.-Q 7. — (^al. sysl. p. 5.^ Espèce rcnilée, à dos subconiiiur. Anus 1res pelit. Tert. iiuiiitn.? — Deshaycs. crasfius Agass. — M. S S7. — Cal. sysl. p. 5. — Espèce plus déprimée que la pré- cédente, moins déclive en arrière. Terr. pisol. de Brendola, Vérone. — Elle de Bcaumont. subc;(linsiz i:r ul:»>or. — Forme oiscoïde à ainbulacres étroits. Diffère de ['Echinol. hemispharicuS par sa taille plus pelile, et sa bouche moins étoilée. Teil. de Boi'iieaux, de Turin (Savonne). Kalnns de Léogiian. — Dcshayes , Mus. Turin, d'Orbigny, Desinuulins. scniiglobus Desml. — 331'. _ l'abl. syn. p. 34i. — Clypenster semiglobus I.amk. — Galerites semiglobus Grat. Méni. Ours. foss. p. 33, Tabl. 2, fig. 4, a. b. Terl. de Daj. — Mus. Paris. Linkii .\(;ass. — Chjpcasler Linkii (joldf. Pelrcf. p. 133, lab. 42, fii;. 4. Tert. des environs de Vienne. HoiTiiiaiini Desor. — S 54. T 72. — Forme de VEcliinol. Iiemisphrrricus ; mais les zones poriféres sont plus étroites, et les ambulacres plus ouverts à rcxtrémitc. Terl. de .Sicile, l'alcrme. — lliclielin. Hlrinii Desnd.— (J .^1.— Tabl. sjii.]). 341). - Agass. Cal. sysl. p. S — riijpeasier Kleinii (ioldf. Pelrcf. p. 133, Tab. 42, fi;;. 5. — Clypeasler eTceiilricus Lamk. Terl. de Blinde. — Mus. Ncueliàlcl cl Bonn, Michelin , Dcshayes. angiilaiiis Mcrian. — R 3. V 3. — F.spéce plaie, rostrcc et anguleuse en an ière. Zones poriféres des anibidacres très étroiles. Tubercules peu serrés. Molasse de Sailll-Ju^l au midi de Sainl-ltcalilul, les .angles. — Mus. Bàlc , Dcsmoulins. colunibaris Agass. — P o3''. M 1(1. — Pelile espèce très plate , à face inférieure subconcave. Terl. — Michelin. intvrnii'diiis Agass. — U 1". — Espèce renflée, déclive en arrière, subcylin- drique. Terl — Mus. Bàle. eiBr;»Koinai«i .Agass. -- P 39. — Echin. suiss. i. p. 60, Tab. 9, iig. 1-3. — Cal. syst. p. 5. 'l'err, nuiiirn.'!' iTKin.'^irdi'ln. — Mus, lîerne. llaycMinna Dcsor.— V 17. -K,';pccc voisine de VEchinol. scutifonni^; mais le.** am- bulacres sont plus éUoils, el leurs pores ne sont pas réunis par de petits sillons Iransvcrscs. Les tubercules sont pro|)orli(ninellcaient gros et peu nombreux. Terl. moy. d'Oiiiii {Alj;érie) et de Curiliagciie (Catalogne). — Desliayes. Lxxiii. AMBLYPYCUS Ag.vss, (Pi. 13 [lomeVIj, fig. 19 et 20.) (;c genre a lous les c-iraclèrcs esscnliels tlu genre Cunoc/i/jnis; mais il en (liirùre en ce que l'anus, très grand, au lieu d'ctre infra-marginal, est situe h la face inféiieure , an milieu de l'aire inlerambulacraire impaire. Les trois espèces connues sont des terrains nummulilique et tertiaire. Hpliric» Agass. —43. — Cat. sysl. p. 3. — Espèce allongée, déprimée, à boids renflés. Tctr. pisol. de Véroie. — Llie de B.aum ml. (;Ai\ini.ii; iiaisonm'; pus i;(;iii\ii)r;s. 167 (lilnlatns Agass. — S -ifi. — Cal. s\sl. p. 3. - Grande espèce circulaire, dépri- mée, à boi>J> Irancliaiil'*. Terr. riunitn. de Salghir en Crimée. — Dubipis de Muntpéreui. Arnolili Dcsor. — R 36. — Espèce sub'circulaire. abords renflés. Ambulacres di- vergents, à îones porifères très étroites. Tert. du val d'Eia. — Michelin. Lxxiv. CONOCLYPUS Acass. Forme hcmisphéiiquc ou ovale , loujoins liés rendre. Test épais. Am- bulacres très larges et fort longs, convergeant au somiiiet, uou arqués ;i leur extrémilé. Bouclie médiane , pentagonâle , entourée de gros bour- relets. Face inférieure plate. Anus iufra-iiiarginal, allongé dans le sens du diaiuèUe aiuéro-pobtérieur. Les espèces sont toutes crétacées el ter- tiaires. Lcskcî Agass.— Q 10.— Cat. syst. p. S. — Clypeasler Leslicl Goldf. Pciref. p. 132, Tab. 42, fig. 1. —Echinolampas ovata Dcsml.Tabl. syn. p. 3iG — Gitleritcs ovata Lamk. Cr. de Miiëslrii-lit. Cr. de Riijun et de Talrrmnt. — Partmil , Desmoiilins. owiiiu Agass. — K i^a. — Gahrites oviim Grat. Ours. foss. j). SO. PI, 2, fi^. 20. — Echitiolamiias or»;» Desml. ïabl. syn. j). 352. — Celte esi)èce a la forme du Co- nocl, Lesliei , mais la base est plu'* plane. Terr. nunini. de Dax. — D'Orbignj , Mus. .\\iyni)ii, Mirlieliii, I>esniuulins. aeiiliis Agass. — T 82. — Ecliinolampas acula Desiu!. Tabl. sjn. p. 352. — Es- pèce très voisine de la précédente, mais à sommet pointu el de lurme plus obloiigue. lîouche un peu plus centrale. Cr. du Couze el du purt de Lena tDordogne). — Ucsrnoulins, .Mus. .\iii;non. Osiris Desor. — T 10. — Forme ovale, à bord très enflé. Diffère du Conocl. conoi- (Iciis par sa forme irlus élargie. Terr. numin. de Munlradan (Êgyple). — Mus. Paris. marsin:i(i:H Desor. — Il 39. — Voi»in du Conool. Osiris, mais à bord ^aillant et à face inférieure subconcave. Terr. immtn. — Micliclin. n-f|iii$ Agass. — 53. — Cat. sysl. p. 5. — Grande espèce renflée, à bords trancliants, remarquable par ses zones porifcres très étroites. filolasse du cap Couronne prés Marligues. — Ihliebelin. snacliorcla Agass. — 42. 1' 2. - Ecliin. suiss. I. p. 63, Tab. 10, lig 5-7. — Cat. syst. p. 0. Var.— 51. P \6,-Conoclypui microporus Agass. Echin. suiss. i, p. 64, Tab. 10, fig. 8-10. — Cat. syst. p. 5. Terr. numm.? d'Eiusiedeln (Sluder). — Mus. Cerne. suhrjliiidrii^sEs Agass. — Q 55. — Cat. sysl. p. 5. — Clypeafter subcylindriçrts Miinsl. inGoldf. Pelref. p. 131, Tab. 41, fig. «. Terr. numm. de Kressenberg, du eaiiLon de Saint-Gall, de Nice. — Mus. Neucliàlcl, Rchsteiner, Mus. Turin. crassissiinns Agass. — S 52. — Grande espèce circulaire , \oisine du Conocl. conoideus, mais plus conique, à base elliplique. Tcrt. — Deshayes. iicœ Desor. — R 53. — Grande espèce à bord aminci, très voisine du Conocl, plagiosomitt. Terl.? Alicanle. — Deluc. i.x.xv. ASTEROSTOMA Agass. Ce genre tient à l.i fois des Cassidtilides et des Spatangoïdcs ; il a la forme des Anancliylcs, mais il en diffùic par la bouche qui est niédiane et pcntagonale. Ambulacres réunis au sommet; l'impaire a des pores plus petits et plus espaces que les ambulacres paires , à peu près comme dans les Spatangues. .\ la face inférieure, les ambulacres correspondent h de larges et profonds sillons évasés. Anus postérieur. c.»ceiHr!pcîiii Agass. — R O.S. — Chjpcnsler cxceniricuf Lauik. — Très grande espèce renflée, a test mince. Sommet des amîjul.icres e\ 'enlri(|ue en a\anl. Terr. douteux. — Mus. Paris. [Lo ^itilc à un pruchoin cahier.) 109 NOTICE SUR l'organisation des Galeomma; Far M. H. MITTRE , McdL'cia lie la niarine.Llc. De tous les animaux qui vivent sur nos eûtes , l'un des plus intéressants, sans contredit , est un petit Acéphale testacé, dont l'organisation et le mode particulier de reproduction méritent d'être signalés à l'attention des zoologistes. La coquille, remarquable par ses principaux caractères, fait partie d'un genre établi par M. Turton dans le ZoologicalJour- nal (octobre 1825), sous le nom de Galeomma. M. le professeur Costa , qui a rencontré ce Mollusque dans le golfe de Naples , le rapporte au genre Jliatelte de Daudin , et , n'ayant pas eu connaissance , sans doute , de la publication du conchyliologiste anglais , le décrit, dans un Mémoire inséré dans \e& Jniiales lies Sciences naturelles (l" série, tom. XA^ p. 108), sous le nom d'Hialelle de Poli. Il suffit d'avoir sous les yeux la coquille du Galeomma et celle du Solen minulus L. , qui est le type du genre Hiatelle, considéré d'ailleurs par tout le monde aujour- d'hui comme inutile et devant être réuni aux Saxicaves , pour reconnaître à priori que notre conchyfère appartient à un groupe qui diffère essentiellement et de la famille des Cardiacés et de celle des Saxicaves. De plus, M. Costa donne sur l'organisation extérieure du Galeomma (1) des renseignements qui ne peuvent servir à carac- tériser ce nouveau genre, et à déterminer la place qu'il doit occuper dans la série. Cet animal serait, en effet, d'après M. Costa , semblable à celui des Bucardes , mais enveloppé dans un manteau prolongé en arrière en une trachée excrémentitielle , tandis que son pied volumineux et saillant serait recouvert d'une coquille patclliforme, qui lui servirait en quelque sorte de bou- clier. (\) ZouUiijiciil Juurnut, ri'. 7, p. 3GI. ^70 MITTBE. — SLli LliS GALKOMMA. De telles explications nous prouvent que le professeur napoli- tain n'a examiné qu'un seul individu de son Hialelle ; et l'on conçoit dès lors que la véritable organisation d'un animal aussi petit et aussi délicat que celui qui fait le sujet de celte noiice , ait dû échapper à ses recherches. M. Deshayes , dans la dernière édition des Animaux sans vertèbres (1), mentionne le genre Galeomma à la suite des Psammobies , et inscrit les deux seules espèce's qui lui appar- tiennent ; mais , tout en convenant de la difTiculté d'établir les véritables rapports de ce genre avec ceux déjà connus , cet au- teur le regarde comme voisin des Glycimères, avec la coquille desquels celle des Galeomma paraît avoir une certaine analogie. Plus tard, M. Deshayes modifie ces rapports. Dans un tableau des Mollusques acéphales, qui accompagne son Traité élémen- taire de conchyliologie , les Galeomma se trouvent à côté des Fistulanes et des geni-es de la famille des Pétricolés, sur une ligne latérale parallèle à la tige commune de classification , et rapprochant ces derniers de la famille des Conques ou des Vénus. On verra , par l'exposition des caractères essentiels de l'animal qui est resté jusqu'à ce jour inconnu . que les Galeomma sont nalurellement séparés de la famille des Tubicolés , autant que des Saxicaves et des Vénérupes, et l'on pourra, par leur juste appré- ciation , marquer le rang que ce Mollusque doit occuper dans l'ordre des Acéphales. Pour nous, fidèle observateur de la loi des aflinités zoologiques , sur laquelle sont basées les belles clas- sifications de Poli , Latreille , etc., nous croyons que le genre de M. Turton doit former à lui seul une famille distincte au milieu des conchyfères Dimyaires . qui sera convenablement placée sur les limites de celte classe , dans le voisinage des Bénitiers , ces géants de Mollusques acéphales , dont nos Galeomma seraient en quelque sorte les représentants dans l'océan d'Europe et la Mé- diterranée. Le Galeomma de Turton vit sur les racines et les feuilles de (I) Tome VI, page 179 MrrTKi-:. — si n 1.1:5 c.u.ko.mma. 171 fucus, à une profondeur de trois à quatre brasses environ. A Toulon, le point de la cùte où on le rencontre le plus fréqucin- nient est compris entre la tour de l'Aiguillette et le fort l'Empe- reur. C'est au printemps, pendant les mois d'avril et de mai, que ces Mollusques se montrent en abondance ; dans les jours de calme , lorsque la surface de la mer est unie et transparente , on peut, en regardant attentivement au fond de l'eau , apercevoir ces petits Acéphales suspendus aux feuilles du varec , sur le som- met desquelles ils s'élèvent en rampant. Ils apparaissent alors comme autant de perles argentées, autour desquelles se dessinent parfois deux ou trois zones circulaires revêtues de toutes les nuances de l'iris, phénomène produit par la décomposition d'un rayon solaire , et souvent de très courte durée. Mais, dès que le nmindre vent s'élève, ces points brillants s'obscurcissent et dis- paraissent ; les Galeomma se détachent de la plante que la mer agite , et se laissent choir au fond de l'eau , où ils échappent désormais aux recherches les plus minutieuses. Le moyen de les saisir est fort simple ; il consiste à déraciner, à l'aide d'un râteau , les hydrophytes implantées dans la vase , et à les amener doucement à bord du bateau [jècheur. On exa- mine avec soin ces amas de fucus , et l'on trouve les Galeomma fixés sur les racines de la plante qui leur sert tout à la fois de nourriture et d'abri. On rencontre ordinairement l'animal rape- tissé et cherchant à rentrer dans sa coquille , qui , malgré son évasement considérable , ne peut le contenir tout entier. Pour l'observer dans tout son développement et étudier le jeu de ses organes, il faut le placer préalablement dans un vase d'eau de mer pure et fraîche , que l'on renouvelle souvent. Après quelques instants de repos , l'animai , contracté sur lui-même, s'épanouit; le large manteau qui l'enveloppe se déplisse , s'étale et recouvre enfin toute la cotpiille, qui devient en quelque sorte intérieure. Le Galeomma se présente alors comme un disque argenté gélati- niformc, dont les bords, onduleux et agités par les contractions du manteau , donnent à notre Acfiphale l'aspect d'une de ces Anémones de mer, si abondantes sur nos côtes, et qui , dans les beaux jours, t'ont mouvoir dans l'eau leurs gracieux tentacules. 172 niTTRE. — SUR LES GAtEOMMA. Ces mouvements d'expansion et de contraction sont évidemment liés aux phénomènes de la respiration. Dépourvus des siphons que présentent un grand nombre de Mollusques acéphales , enve- loppés dans un ample manteau fermé dans presque toute son étendue, les Galeomma ont besoin de recourir à ce mécanisme pour faire arriver l'eau jusqu'à leurs branchies , logées dans une étroite cavité que les nombreux plissements du manteau rendent encore plus profonde , et partant moins accessible au liquide né- cessaire à l'accomplissement de leurs fonctions. De la coquille. Le Galeomma de Turton est une petite coquille bivalve , trans- verse , équivalve , inéquilatérale , ornée à l'extérieur de lignes d'accroissement intersectées par des stries longitudinales qui s'é- tendent au-delà des bords , où elles forment les fines dentelures que présente la circonférence de la coquille. Les bords antérieurs et postérieurs sont aigus, anguleux, et constituent, par le rappro- chement des valves , deux grandes échancrures dont l'existence et l'étendue sont en rapport avec ranipliation du manteau. Le bord inférieur est demi-circulaire , et coupé de telle sorte qu'il présente un large bâillement ovalaire , par lequel on voit l'inté- rieur de la coquille. Les crochets sont petits, à peine marqués; la charnière est calleuse et sans dents, et présente dans son milieu une fossette creusée sur un cuilleron épais et arrondi. Dans cette fossette s'insère un ligament court, épais et tout à fait inté- rieur ; ce ligament est doué , à l'état frais , d'une certaine élasti- cité : quand on écarte les deux valves de la coquille, et qu'on les abandonne à elles-mêmes, elles se rapprochent aussitôt par la seule force élastique de cet organe. Nous trouvons des exemples de ce fait dans plusieurs genres de Bivalves, notamment dans les Limes et les Peignes , et en général dans la plupart des coquilles dont la charnière est sans dents, et dont les moyens d'union con- sistent dans un appareil ligamentaire qui acquiert alors un plus haut degré de solidité et de puissance. A l'intérieur, la coquille du Galeomma est brillante et nacrée, les impressions des muscles adducteurs sont arrondies , très dis- MITTRE. — Sin LES GALEOMMA. 173 tantes rime do l'autre, et fort inégales ; l'antérieure, trf'S rajipi'n- chéc du bord cardinal, est plus petite que la postérieure, qui est aussi plus profonde et très éloignée de la charnière. Au-dessus d'elle existe de chaque côté une troisième impression arrondie et superficielle , trace de l'insertion des deux muscles qui fixent au test la masse commune du pied et des viscères. Enfin l'impres- sion du manteau est simple, et s'étend d'une impi'ession muscu- laire à l'autre sans aucune sinuosité. De l'animal. L'animal de?,Galeomma est envelopjié dans un manteau large, épais et débordant. Les lobes sont unis dans toute leur circonfé- rence , excepté en avant et en bas , où ils forment une ouverture ovalaire pour le passage du pied ; ils se prolongent en avant en deux appendices linguiformes, qui entourent l'organe locomoteur d'une sorte de gaîne ou de fourreau. En arrière, leur commissure n'est pas intime ; elle olîre , au niveau de l'échancrure de la co- quille, deux perforations : l'une supérieure , arrondie, à laquelle aboutit la fin de l'intestin ; l'autre inférieure , plus grande , ova- laire, destinée à l'introduction de l'eau dans la cavité branchiale, et à la sortie du produit de la fécondation. Les bords de ce man- teau sont éjjais et remarquables par des plissements nombreux , qui, dans l'état d'expansion , donnent à cette enveloppe une am- pliation considérable ; ils présentent surtout leur contour une série de points blancs, arrondis, oculiformes, ayant beaucoup d'ana- logie avec les organes de cette nature qui décorent le manteau de plusieurs genres d'Acéphales, tels que les Bénitiers, Peignes, etc. L'extrême bord est formé d'une petite frange membraneuse, fine- ment dentelée, et correspondant au bord de la coquille, dentelé comme elle. Ce manteau diffère, sous le rapport de sa texture, de celui de la plupart des Acéphales; il est constitué par un tissu gélatineux, d'un blanc brillant et nacré, homogène dans toute son étendue, excepté vers ses bords, qui, examinés à la loupe, ûiïrent une structure très apparente. 11 est fixé au test par de fai- bles adhérences; aussi l'impression palléale est-elle peu marquée. Le pied des Galeomma est volumineux et fait saillie en dehors Mk MITTRi;. — SlHl I.RS O M.HO.mt \. de la cavité du manteau, même dans l'état de contraction ; il est cylindroïde, légèrement aplati à son extrémité libre, et doué d'une très grande extensibilité ; il adhère à la masse des viscères par une base étroite, de laquelle naissent quelques fils soyeux qui nous paraissent remplir l'oHice de byssus. Nous nous sommes assuré de cette facuUc qu'ont les ( ialeomma de filer un byssus, par une expé- rience aussi simple (|ue concluanle. Nous avons conservé vivants, pendant {[uelques joiu's, |)lusieurs individus du (ialeoiiiina Tvr- loni, et nous les avons vus filant des fils de soie qui , arrachés à l'aide d'une pince, étaient reproduits le troisième ou le quatrième jour de l'expérience. Du reste , quand on pêche ces Acéphales , on éprouve une légère résistance en les arrachant à la plante sur laquelle ils sont sans doute fixés au moyen de ce byssus rudimen- taire. Ces fils soyeux sont caducs, et se détachent du pied avec une extrême facilité. Le pied desdaleomma est remarquable par la présence d'un conduit ([iii le parcourt dans toute sa longueur, et qui est ouvert à l'extrémité par un orifice C|ui permet à peine l'introduction d'mie soie fort déliée ; ce conduit , que nous avons d'abord reconnu sui' les animaux contractés jiar la lic[ueur, s'a- perçoit distinctement à travers les parois du pied sur les individus vivants, surtout quand on examine cet organe à l'état de dilata- tion, et qu'on le place entre la lumière solaire et l'œil observa- teur. Nous avons vainement cherché à déterminer dans quel appareil aboutissait ce conduit : les injections avec une matière colorante, que nous avons pratiquées dans ce but, ne nous ont fourni que des données incertaines. Toujours est-il que les Galeomma com- muniquent avec l'élément ambiant par ce canal du pied, qui rem- plirait chez eux le double ofiice d'organe locomoteur et de trachée aquifère. Ces animaux ne sont pas d'ailleurs les seuls dont le pied présente cette conrormation. On doit depuis longtemps à M. Délie Chiaje la connaissance d'un appareil de voies aquifères, que cet habile observateur a découvert le premier dans le pied de plu- sieurs Mollusques Castéropodes et dans quelques Acéphales, tels que les Solen strigilkUus, Venus cliione , etc. Tout récenmient, dans un MiMnoire In à l' VcifléMuin des Sriences. M. Valenciennes MITTRE;. — SUR I.KS CAl.KOVMA. 175 a reconnu la même organisation dans le pied des Lucines. D'a- pi'ès ce professeur, le canal dont est creusé le pied de ces Mol- lusques s'ouvrirait dans une lacune de la masse viscérale, et le système sanguin communiquerait librement, par l'intermédiaire de cette lacune , avec l'élément au milieu duquel ces animaux vivent. Nous-même, en nous livrant à l'étude des modifications nom- breuses que présente l'organe locomoteur dans la classe des Acé- phales, nous avons constaté l'existence do pareils conduits dans un grand nombre de genres, notamment dans les Lucines, Oiujii- lines, Limes, etc., et nous avons noté que ce système de canaux, qui paraît èlre une annexe de l'appareil respiratoire chez les Gon- chyfères, est plus développé dans ceux de ces animaux dont le pied en forme de langue ou de cordelette est susceptible d'un grand allongement, et qui manquent de la trachée palléale qui conduit l'eau dans la cavité des branchies. Dans les Ongulines, le canal du pied est double, et chacun de ces deux conduits aboutit à une grande lacune de la région ab- dominale. Les branchies des Oaleomma sont composées , comme relies de la plupart des Acéphales, de quatre feuillets disposés par paires sur les côtés du pied et de la masse viscérale; ils sont longs, volumineux et fort inégaux, l'externe plus étroit et plus court que l'interne, qui recouvre presque entièrement la région abdomi- nale. Séparés, en avant, de toute la masse des viscères, ils sont réunis dans le reste de leur étendue, et se prolongent en arrière jusque dans l'ouverture du manteau , qui sert à l'introduction de l'eau nécessaire à l'accomplissement de leurs fonctions. Les deux feuillets internes fonnent, en se réunissant dans ce point, une sorte de gouttière destinée peut-être à faciliter la sortie des pro- duits de la fécondation. La bouche, ([ue l'on aperçoit distinctement à l'aide de la loupe, forme une petite fente ovalaire entourée de deux paires de tenta- cules qui olVrent ici la môme disposition que dans les autres Acé- phales. Elle s'ouvre dans un œsophage très court qui aboutit à une sorte-dc rcnnemenl du canal digestif. r|ue nous avons pris pour 17G MITTRE. SUR LES OAI.EOM.MA. l'eslomac. Quant à l'intestin , il apparaît très bien comme un cor- don noir qui , après avoir fait une ou deux circonvolutions dans le foie , s'étend le long du dos de l'animal, et on le suit jusqu'au- dessous du muscle adducteur postérieur, oii il se termine par une ouverture spbinctéroïde. La masse viscérale qui remplit l'espace que laissent en avant les lobes du manteau a la forme d'un ovoïde allongé , terminé par un renflement auquel s'implante le pied. L'ovaire en constitue la plus grande partie. On le reconnaît à ses granulations blanches , disposées en lobules séparés et enveloppant presque entièrement le foie , qui s'en distingue par sa consistance plus grande et sa couleur brune foncée. A l'époque des amours , l'organe reproduc- teur présente un volume considérable et une couleur jaune foncée, que l'on aperçoit fort bien à travers le manteau de l'animal et les valves transparentes de la coquille. Nous n'avons jamais rencontré, dans un grand nombre d'indi- vidus du Galeomma Tartoni que nous avons observés vivants, la petite coquille dont parle M. Costa , et que ce naturaliste prétend avoir trouvée adhérente à la région abdominale de cet Acéphale: aussi sommes-nous convaincu que cette pièce calcaire se sera accidentellement introduite dans la cavité du manteau , où elle aura contracté à la longue une certaine adhérence. On explique- rait du reste difficilement l'usage et la présence d'un pareil or- gane dans une région qui , chez tous ces Conchyfères, est défen- due par les valves de la coquille , et qui , dans nos Galeomma , est en outre recouverte par un épais manteau qui protège effica- cement les viscères contre l'atteinte des corps extérieurs. L'étude que nous avons faite de l'ovaire chez quelques indivi- dus observés dans un état de gestation assez avancé nous a rendu témoin d'un fait qui nous a paru jusqu'ici sans exemple dans la classe des Acéphales , et sur lequel nous nous hâtons d'appeler l'attention des zoologistes. Il est à peu près généralement admis aujourd'hui , dans la science, que les Mollusques acéphales, quel que soit d'ailleurs le mode de leur fécondation, sont ovipares, et que, sortis de l'ovaire, les œufs , dans le plus grand nombre d'individus , sont directe- À MITTRE. — SI ri I.KS M.KOMMA, 177 ment rejptés au deliors , tandis que , cliez d'autres , ils passent dans la cavité des braneliies , oîi ils séjournent jusqu'à ce qu'ils aient acquis, par une sorte d'incubation , leur entière maturité. En incisant le parenchyme d'un ovaire que nous supposions fécondé , nous avons vu se détacher de l'organe et tomber entre les lobes du manteau im grand nombre de germes que nous avons pris d'abord pour des teufs. Cependant la forme de ces germes, une sorte de mouvement obscur, mais néanmoins réel , nous ayant inspiré des doutes sur leur nature , nous les avons portés sous le microscope, et nous avons vu, au lieu d'œufs, de véritables embryons déjà formés, munis d'une coquille échancrée aux deux extrémités, largement bâillante , semblables en un mot, quant à la forme et aux autres caractères extérieurs , à l'individu qui les portait. Nous avons eu souvent l'occasion de vérifier ce fait, que le ha- sard avait d'abord ulïert à notre observation , et chaque fois il s'est présenté dans les mêmes conditions et avec les caractères cjiie nous venons d'indiquer. Nous nous sommes assurés dans lous ces cas que la ra\ité des branchies ne contenait pas d'em- bryons, et que l'ovaire n'offrait aucune décin'rure. Nous sommes même portés à croire que les individus qui nous ont offert ce fait remarquable de viviparité étaient éloignés du moment de la poule, ou plutôt de la parturition , par la difficulté que nous avons eue à déchirer les vésicules, sortes de placenta membraneux qui con- stituent l'ovaire , et auxquels un grand nombre de ces embryons étaient encore adhérents. 11 résulte de ces faits , que nous présentons ici d'une manière sommaire, que le mode de génération des (laleomma fait excep- tion k la loi générale , et que ces animaux pondent non poini des ipiifs, mais de véritables embryons. Nous n'avons pu nous assu- rer si de l'ovaire les embryons sont directement rejelés au de- hors , ou s'ils passent dans les branchies , non pour y éprouver le phénomène de l'incubation , puisque ce phénomène s'accom- ])lit dans l'organe reproducteur lui-même , mais pour y acc|uérii' ce degré de dévnlop|iement nécessaire à la vie indépendante du nouvel être, V -rvif. ZiiMf. T. VII :M;ir.i IX 17.1 i M • itS MITTRE. — SUR LES fiALEOiMMA. Ce fait de. viviparité que nous présentent les (laleomma est, avons-nous dit, sans exemple dans la classe des Mollusques iicépha- lés, à moins qu'on ne \ euille lui assimiler le mode de génération de la Cyclade cornée , dont les branchies renferment à certaines époques de l'année des embryons tout formés , et semblables à la mèi'e qui les a pondus. 11 y a toutefois une dilTérence importante à établirici, c'est que les Galeomma sontessentiellement vivipares, c'est-à-dire que le développement de l'embryon commence et s'achève dans l'organe même oii il a pris naissance, c'est-à-dire dans l'ovaire; tandis que la Cyclade pond ses œufs, qui de l'ovaire passent dans l'oviducte , et de là dans la brancbie in- terne , où ils achèvent , par une sorte d'incuijation , leur entier développement ; ce n'est qu'alors que la parturition s'accomplit , et que les jeunes embryons sont rejetés au dehors par la trachée anale pour vivre désormais de leur vie indépendante et indivi- duelle. Le système nerveux des Galeomma se compose de quatre ou cinq renflements ganglionnaires , et de filets nerveux d'une extrême ténacité. Le ganglion antérieur ou œsophagien situé au-dessous de l'ou- verlure buccale fournit: I" deux filets supérieurs, destinés au muscle adducteur antérieur, qu'ils contournent en formant un coude , et se terminent en se divisant dans l'épaisseur des lobes du manteau; — 2" deux lilets latéraux très courts pour les ten- tacules labiaux ; — 3° deux autres inférieurs plus considérables qui traversent la région abdominale, contournent les deux muscles qui fixent au test la masse commune des viscères et du pied, et abou- tissent aux ganglions postérieurs, qui correspondent, à l'aide de deux cordons de communication , avec le ganglion œsophagien. Les ganglions postérieurs constituent la partie la plus consi- dérable du système nerveux ; ils sont au nombre de trois , deux latéraux et l'autre médian , situés au-devant du muscle adduc- teur postérieur. Les ganglions latéraux fournissent chacun une branche latérale, que l'on suit jusqu'à la base des feuillets bran- chiaux . où ils se perdent en se divisant, et un cordon inférieur assez volumineux qui, après avoir croisé le muscle adducteur, se divise en deux lilets. dont l'un se perd dans les l)ordt- du man- MITTRE. — SUR I.KS fi VI.F.O.MMA. 179 teau , tandis que l'autre se termine au niveau des ouvertures ])ostérieures de cette enveloppe. J^e ganglion médian fournit une seule branche assez considérable , qui se porte directement en avant vers l'abdomen, qu'elle traverse; elle est destinée à l'or- gane locomoteur et aux autres éléments de la masse viscérale. Les muscles adducteurs des valves, au nombre de deux, sont très distants l'uu de l'autre, et fort inégaux; l'anléi'ieur très petit, et en quelque sorte rudimentaire ; le postérieur plus puis- sant , et fixé de chaque côté vers le milieu des valves de la co- quille. Cette disposition des muscles adducteurs dans les Ga- leomma est un argument de plus à invoquer contre l'opinion de Poli , qui considérait le muscle des Monomyaires comme le résul- tat du rapprochement des muscles des Dimyaires ; opinion qui a été dans ces derniers temps victorieusement combattue par M. Deshayes, et qui n'est plus admise aujourd'hui dans la science. La masse abdominale est , en outre , fixée au test par deux petits cordons musculeux , fusi formes , aussi développés ici que dans les .Monomyaires, et qui , insérés, d'une part, dans les côtés du pied, près de sa base, se fixent de l'autre sur la coquille, très près de son bord cardinal , où ils laissent l'empreinte arron- die et superficielle que nous y avons remarquée. Tels sont les principaux traits d'organisation de l'animal des (jaleomma; en les résumant, les caractères de ce genre peuvent être exposés de la manière suivante : « Animal ovale, enveloppé dans un manteau épais et débor- dant ; à lobes réunis dans presque toute leur circonférence; trois ouvertures, deux postérieures et inférieures pour l'anus et la res- piration , la troisième antérieure, donnant passage à un pied saillant, byssifère , et perforé dans toute sa longueur ; deux paires de feuillets branchiaux de chaque côté du corps; bouclie pourvue de grandes lèvres, à l'extrémité desquelles sont deux paires de palpes labiaux. >i (Coquille transverse, équivalve , subéquilatérale , bord infé- rieur largement bâillant; charnière sans dents, calleuse, ayant sous le crochet un cueilleron creusé d'une fossette pour un liga- ment i-iiurt, t(]iit/ifiii ihli''rieiii' : iiiiprrssii)ii palli''ali' simph'. deux ■180 MITTRK. — SUR I.F.S (;,U.EOMV\. impressions musculaires inégales, fort écartées l'une de l'autre, la postérieure très distante du bord cardinal. » Comme on le voit par l'exposition de ces caractères, l'animal des Galeomma a avec celui des Bénitiers des rapports tels que , sans l'espèce de renversement que ce dernier i''prouve dans sa co- quille, et si l'on ne devait tenir compte que des caractères zoo- logiques , il faudrait réunir ces deux genres de Mollusques . et les comprendre dans un même groupe. Mais, la co((uille présentant dans les deux genres des dilTérences que nous apprécions à leur juste valeur, nous proposons d'établir pour les Galeomma une petite famille que l'on placerait conve- nablement , en suivant l'ordre des embranchements latéraux , à la fin des Conchyfères dimyaires , sur une ligne latérale qui uni- rait les Galeomma à la famille des Bénitiers, et établirai! , par cette anastomose, le passage des Dimyaires à la classe des Mono- myaires , à la tiHe desquels les Tridacnes se trouvent naturelle- ment placés. Trompé par quelques analogies qui sont plutôt apparentes que réelles , attachant d'ailleurs une certaine importance aux modifi- cations du manteau , nous avions d'abord , à l'exemple de M. Des- liayes, rapproché les Galeomma des Glycimères ; mais la présence, dans ce dernier genre, d'une double trachée palléale, l'égalité des deux muscles adducteurs, enfin l'existence d'un pied très petit et en quelque sorte rudimentaire , ont dû nous faire rejeter ces rapports. La coquille elle-même présente des différences es- .sentielles ; couverte d'un épidémie épais et débordant , bâillante seulement à ses deux extrémités , elle porte à la charnière un li- gament bombé , fixé sur des callosités nymphales épaisses et tout à fait extérieures. Les animaux ont d'ailleurs, dans les deux genres, une manière de vivre fort dilTérente : les Glycimères se tiennent enfoncés dans la vase et ne quittent jamais les profondeurs oii ils demeu- rent cachés ; c'est au moyen de leurs syphons, qui sont d'une très grande extensibilité, qu'ils communiquent avec l'eau dans laquelle ils puisent les éléments de leur réparation ; les Galeomma . au contraire, vivent habituellement au milieu de l'eau , et en {luelqiie sorte ;i sa sin'face. Fixés, quand la mer est agitée . sur les racines II. tVAU^I-Jt. — SIIUCILKIC i)i:s MilUS. IcSl (L',-^ l'iK II.- . uu\(|iii'lli's il.'^ adhèrijiil par iineUiucs lil.s du suie, ils abaiidoiinciil leurs i'pirailcs dés que le calme esL rétabli , cl s'é- lèvent en ranipani jnscpTau sommet de la plante , où on les pren- drait (inclquorois pour de i)etitcs fleurs (|ui s'épanouissent au soleil , et (jui se ferment au plus lé^cr vent , à la moindre agita- tion des Ilots. KM'LKA'riON DES l'IGtliDS 1'I,am;iie 5. Kig. I . r.oquilk' du (jukomma ïiirtimi, du yrandeiii' naliiielk' rig, i. La même, vue par le dos. Kig. 3. l.a mùme, vue grossie, à l'intérieur, pour uiniiUer la cliarnien- cl les im- pressions musculaires et palléale. Fjg. l. Animal du (iiileDmmu grossi, et \u par sa face inlëricure , pour inonlrer le maiileau élalé et recouvrant la coquille, l'ouxerlure brancliiale de celte en- veloppe, et le pied dans son état d'allongement et de dilatation. I''ig. 5. Le mc^ie, vu par le dos. Fig. fi. .animal du Gnleomnid Turtoni, conlraclé par la liqueur, grossi et vu par sa face inférieure , pour montrer les bords épaissis du manteau et les pomls oculiformes qu ils présentent sur leur contour. Fig. 7. Le même, dépouillé de son manteau , pour meltre à décou\ert les bran- chies, l'ovaire dans un état de gestation avancé, l'ouvetturc buccale et le.- tenlacules labiaux. Fig. H. Le même, débarrassé des feuillets branchiaux . pour montrer la partie la plus considérable du système nerveux, les muscles adducteurs et la terminai- son de l'inlcstin. OBStKV.MIU.N.-- slU l..\ JLU«l>.\lsnN UKS .NKHFS Eï L.\ SrRUClLHL IJliS OA.M.LIUN:; ;' lixtraites d une Lettre adressée a M. Milne lidwards): Par M. HODOIiFHX WAGNER , Piofesîcur ."i rUniversilé ili* Ga'itingiie. l>es belles recherches de M. Paul Savi sur la structure de la Torpille, et les observations importantes de M. Matteucci sur les phénomènes électriques développés par ce même animal , m'ont engaf^é à m'occuper, pendant mon séjour involontaire à Pise, de l'analomie de ce poisson , et j'ai été assez heureux pour trouver quel(|ues détails jusqu'à présent inconnus, et importants, ce me semble , pour la physiologie. Quand j'ai communiqué mes premières observations à l'Aea- dé-mie de Oajttingue et à M. Flourens, ji3 pailageais cncon; l'opi- nidii de M. .Savi, à savoir ([ue les ramilicaliens des libres ner- veuses l'ormcnt des anses. A présent , en me servant des lentilles 182 R. WACKER. — Srii(JCTllKI-; DES MililS. excellentes que M. Oberhauser a bien voulu m'envoyer, je me suis convaincu que ces anses ou mailles n'existent pas. Chaque libre élémentaire (tube primitif) des branches électri- (lues des troisième et dixième paires (a, fig. 9, PI. 5) se divise en un assez grand nombre de branches, souvent en forme d'éventail {c,c,c,c). Le nombre de ces branches varie de douze à vingt-cinq. Ce sont ces branches que M. Savi croyait former des anses ; au- jourd'hui je suis persuadé que ce n'est pas véritablement le cas. Chaque branche (c,c,c,c), enveloppée d'une gaîne très mince {d,(l) provenant de la gaîne plus épaisse de la fibre élémentaire (6), se ramifie séparément comme un arbre. La plupart des ra- mifications (a, fig. 10) sont ilichotomes (6,i, de la même figure), rarement trichotomes (fig. 11). Ces branches sont toujours ac- compagnées de leur gaîne ( comme on le voit plus grossi dans les figures 10 et 11 , e), et il existe souvent des noyaux {d,d, fig. 3) entre la gaîne et la substance médullaire. Aussitôt que les ramifications entrent dans la couche ou membrane interne des capsules ([ui forment les lames transversales ou diaphi'agmes des cylindres de l'organe électrique (e,e, fig. 12), elles deviennent beaucoup plus minces, perdent leurs contours noirs, et se rami- fient de nouveau (g, y, g, g) dans la substancf; pointillée et très molle du tissu. Dans ce tissu, on voit des noyaux ((,',«) semés cà et là. Sous ce rapport, cette couche ressemble beaucoup aux épithéliums, sans en avoir la structure véritable. Des vaisseaux sanguins [l;,k) y entrent , et forment des anses. Quant aux der- nièi'cs terminaisons des ramifications des fibres élémentaires, je croyais autrefois qu'elles formaient des mailles avec d'autres branches ; mais à présent je me suis convaincu que ce n'est pas non plus le cas, et que chaque branche d'une fibre élémentaire se perd dans le tissu (fig. 12, e,f,g) sans former de mailles avec les dernières terminaisons (h, h) d'une autre fibre élémentaire. Les terminaisons les plus fines n'ont que 1//|00 de millimètre, et se perdent dans le tissu. Quant aux ganglions des nerfs, je n'ai que peu de mots à en dire. Mes observations antérieures, qui sont probablement déjà imprimées en ce moment à Leipsick comme supplément à mes Icotres physiologicœ, conviennent pour la plupart aux observations de M. Robin, excepté que je ne confirme pas l'opinion de cet au- teur sur la diirérence des corps ganglionnaires et fibres de nutri- tion d'une part, et des fibres larges avec globules ganglionnaires distincts d'autre part. ^L Robin ne parle de globules ganglion- naires, avec deux fibres élémentaires sortant de chaque côté, que dans les ganglions des nerfs rachidiens. J'ai trouvé la même dis- K. WAUKKK. — STKL'Cn Kli Dli.S MilU'S. I Sli position dans tous les ganglions des nerfs cérébraux dans la Tor- pille , dans les Squales, les Raies, etc. Dans ces derniers temps , je fus assez heureux pour trouver la même structure dans les gan- glions du grand sympathique , fait extrêmement important dans l'état actuel de la physiologie du système nerveux. J'ai figuré (fig. do) un très gros corps ou globule ganglion- naire d'un nerf rachidien de la torpille. On voit en a ('\ c la substance grenue du globule; en (/, son nnyau avec le nucléole. De chaque côté sort une libre élémentaire à double contour. b,b. En c,c, on voit des fibres cellulaires assez fines , qui accompa- gnent en petite quantité les corps ganglionnaires. Dans la fi- gure ]!i, j'ai représenté deux corps ou cellules (globules gan- glionnaires ) du ganglion qui se trouvent au commencement de l'estomac. Ici ces corps sont beaucoup plus dilliciles h détacher pour voir les deux fibres , qui cependant sortent tout-à-fait de la même manière que dans les ganglions des nerfs cérébro-spinaux. En li, on voit encore le globule envelo|)pé en partie des fibres nodulaires, qui sont détachées du corps ganglionnaire figuré en J. Je me propose de publier mes observations très détaillées sur d'autres parties de l'anatomie et de la physiologie du système nerveux après mon retour en Allemagne. OBSERVATIONS SUB l'anatomie et la physiologie hes NaÎDKS: Far M. le D< O. SCHRIIDT (l). Appareil aliuientaire l>;ins plusieurs espèces de iXaïdes (Slylaria, Nais (2) ), la bouche osl située . ISô ciiclic , qiit! MuINt a iioninié avec raison laiiifuc. Klle cxislo i observations qui. dans ces derniers temps, ont été laites sur les nionvenients ciliaires; car on confond tout ce qui est relatif à ce sujet et l'on n'essaie pas de dis- litigUL'r les cils vibratiles des organes rotatoires des I{otate»rs,soumis à la V(donté de l'animal, de ceux involontaires affectés en général aux organes générateurs et respiratoires. Quanta l'épithélium \ibratile (\\i canal intes- tinal des l'.otaleurs. on peut de nién)e conclure qu'il n■e^t pas toujours en activité, car souvent on observe qu'il n'y a pas de nn)nveuient ciiculaire des matières alimentaires. Doit-on attribuer cela à l'inlluence de la volonté ou à un état de maladie.' Les cils, dans la [cutie antérieuredu canal iiite.-tinal de la Xaiseliiiguis^ sont d'une longueur remarquai le, el si grande, (|ue les cils en s'agitanl ne ilcrri\('nt pas un cône , mais se groupent par toulïesqui sont agitées d'un njouvenienl cindulaloiie cjotil l'aspect élail pour- Millier un sujet d'admi- ration. 186 «IIMIDT. — ANATOMIE DES INAÏUES. Circulation et respiration. Déjà Mùller dlslirigua \p vaisseiiii à pulsations qui s'étend le long de la région dorsale, du vaisseau sans pulsnlinns qui repose exacteoaent sur la (•haine nerveuse ventrale ; mais outre qu'il crut reconnaître deux artères dans ces vaisseaux , il fut encore trompé par le mouvement ciliaire dont il a été question , qui se voit mnuifestemenl dans le voisinage de l'anus : il l'atlribiia au mouvement d'un liquide en circulation. C'est ainsi qu'il an iva à de fausses conclusions. Gruithuisen , dans la description de son yaisdiaphanii (' hœttiijasler HÙ'ci/.sEhrenb. i in Nov Acl. Ao. Cœs.^^i. XIV, cherche à expliquer la circulation de la manière suivante : o L'artère située au-dessus du canal intestinal, exécute des mouvements périslalliques d'arrière en avant à l'aide desquels elle chasse le sang, qui passe en partie parles canaux cnpillaires latéraux dans la veine, et en parlie dans les vaisseaux capillaires respiratoires. Ceux-ci, se contractant avant la systole de l'arlére, reportent leur sang réoxygéné dans celle-ci; c'est de la même manière que la veine , à chaque diastole de l'artère , se (^onliacle et chasse le sang par les vai^seaux capillaires dans l'artère. Ce- mouvemenl est favorisé par les baltenienls du cœur, qui pousse le sang dans la veine avec beaucoup de violence. »F,e mouvement du sang consiste donc eu piirtie en oscillations, (M en partie en circulation complète- Mais on n'a pas beaucoup avancé la question par celte explication ; ainsi, les rapporis du sang, qui est contenu dans des vaisseaux , avec le chyle , qui n est pas contenu dans des vaisseaux, sont restés tout à fait inexpliqués. Si nous voulons donner le nom de cœur à l'arc qui unit l'artère avec !a veine dans le voisinage de l'resophage , comme l'ont fait les anciens ob- servateurs , nous aurons , chez les Sli/laria et les Nais, six cœurs, car ici j'en compte trois de chaque côté autour du liulbe œsophagéen , sans compler le premier arc, situé autour de la bouche; ils présentent les mêmes pulsations que l'artéri' principale , et ne doivent leur mouvemenl plus r.ipide qu'à leur plus grande indépendance; en effet, chez \esSlylaria et les Xci'à , l'artère est tout à fait, et chez les Cha-togaster seulement jus- qu'au rétrécissement de l'œsophage, accolée aux glandes intestinales. Dans la ligure 11 les artères sont rouges, la veine bleue ; a est le tnuic arléiiel, c les arcs, qui prennent leur origine de l'artère et de la veine, et s'abouchent plus ou moins près l'un de l'antre, mais non pas dans toute la longueur des artères et des veines ; d est l'arc qui entoure exactement l'extrémité de la tète, et qui est enccue en parlie en rnouvemi-nt. Ce n'est pas seulement dans le voisinage de l'œsophage, c'est aussi plus en arrière, qu'il existe des arcs de communication analogues à ceux dont l"al parlé plus haut, et une fois qu'on les a observés, on les voit sans peine. Chez les Chxtogasters, il n'y a pas autant d'arcs de comminiication. el ici on peut bien parler avec plus de justesse d'un cœur ou de deux. Rien qu'on puisse saisir d un coup dœil la disposition des vaisse.mx san- guins, il devient cependant très difficile il expliquer leurs rapports phy- siologiques entre eux el avec les organes auxquels ils se lendenl. Nous devons sans doute considérer une série de vaisseaux qui se pré- sente auxyeux en manière de peloton ou plus souvent de bandes enlacées, KCUNIDT. — AWIDJUK DKS .\AÏI)I'.S. 187 «p (rniivaiil par paiic clans rha(|iii' anneau, à (linilc el à ^laiichc. cdinnir apparli'naiit à I appareil respiraloiie. Ces v:'.issi':ni\ .vont connus depuN lonfrteinps, el Gi uillinisen .-upposail déjà qu'ils spivaienl à la lespiialinn, tandis qu'Eliienberi; est porlé à les considéier euinine a|ipai lenai.t à l'ap pareil génilal ; mais personne, que je sache, n'a encore vu que ce siinl (les vai.sseaiix viln allies, ainsi qu'on peut s'en assurer très l'acileuionl chez la liuis eliiii/uis. CependanI j'ai observé encore celle vibration dans les mêmes vaisseaux chez U'^i Sli/'uria prolxisiidcit '•iCIncl. h/ivi/s, de sorte que ce phénomène parait bien génc-ral. I.a qtieslioii de savoii- si ces vaisseaux vibraliles déliouclieni librcmenl au dehcjrs n'est pas résolue; je n'ai jamais pu l'observei' diieclement par un mouvement des parcelles colorées que je mettais dans l'eau. I.'intro- duclion de l'eau pounait sel'l'ectner au nnwen de petits tubes qui, du vais- seau principal, vont à la paroi du corps, et qui seraient trop grêles pour ètremunis de cils. Mais il est évident que les vai.sseanx vibraliles ne sont pas clos vers la cavité du corps; car l'on voit les corpuscules du chyle entrer en mouvemenl dés qu'ils arriv enl dans le voisinage de l'exIrcMiilé d'un vaisseau. Les glandes (|ul entourent en couche épaisse le can.il iiileslinal , et même la paroi de l'arlére, sécrètent un chyle qui a la forme de corpus- cules tantôt simples, arrondis on elliptiijues, tantôt agglomérésen boules. Comme les vaisseaux vibraliles ne repou.sseni pas les corpusculesdu chyle à leur embouchure, mais qu'ils les attirent plutôt, je suppose que le chyle est absorbé par les organes vibraliles, et conduit dans les vaisseaux san- guins au moyen de nombreux vaisseaux capillaiios très visibles. Cepen- dant l'eau est-elle reçue aussi di'ns les vaisseaux el s'épanche-t-elle dans la cavité du corps ? c'esl ce que l'observation suivante rend probable. Un obseivaleur peu attentif peut croire, comme l'a faii Gruithuisen , que l'artère va s'atténiiant en arrière, et qu'il n'existe pas là d'arcs vas- ciilaires analogues à ceux de la tête. Pourtant on trouve de nombreuses communicationsdes veines aux artères an moyen de vaisseaux grêles Le sang veineux , non par les contractions des parois des veines , mais bien par les mnuvemenis de l'animal même , retourne de temps en lenqis en partie dans les artères; de sorte qu'il se fait ainsi une circulation com- plète; mais ce sang veineux passe aussi en partie dans les vaisseaux capil- laires qui débouchent au dehors autour de l'anus, et est éliminé comme inutile. ,\prés l'écoulement de ce liquide jaunâtre, auquel la partie posté- rieure du corps devait d'être colorée en rouge à cause de la nombiense division des vaisseaux sanguins , arrive une période où celle coloration d!S|)arail, el l'on peut voir distinctement comment la partie de la veine piécédemment vidée se reni|ilit de nouve;iu d'avant l'n arriére par le sang (jui y afllue. Il s'ensuit donc cpie la portion de sang veineux éliminée du corps doil être remplacée de quelque manière, peut-être par linlroduc- lion de l'eau. La présence du i liyle libre qui si; liouve dans le corps des Tardigrades rappelle tout à fait ce qui existe chez nos Na'ides , en sorte que je ne serais pas s;ir|His si, chez les premiers, il se trouvait aussi des vaisse.inx san- giiin.s. Les Tardigrades oui été jusqu'à picsent assez négligés par les natu- (88 si-MMiirr. — \.\ aiomii-: dks \aïlh:;s. rali-^li's iillriiiands, cl j(" sii^nalc rc (ail à leur alleiilidii . |iaicc qiir , s'il iHail rnn.slalé, il (li'viiMUlrail ilc-cisirpoiir la place qu'on iloll assi^'iicr à ce groupe remarquable. Muscles cl ui'gaiies du mouvement. Ouaiiil les Naides lendent l'eau en serpentant, ce ne sont pas les soies et les faisceaux de crochels qui sonl en mouvement , mais seulement les cou ches niusculeuses. Chez les plus giosses espèces, cnuuiie la Sdjlaria pin- biisv'uku , il n'est pas dillicile de reconnailre une coucIk' de libres mu.'^eu- laires longitudinales, et, chez le (;h;L'toijasler , ces libres deviennent éga- lement très distinctes quand ou ajoute un peu d'acide. Ou réussit plus difiicilement à voir les muscles en anneaux. Le canal intestinal et les autres organes sont fixés en partie par ces mus- cles, en partie par des muscles rayonnes très nombreux et très (ïns; en sorte que, .si l'on coupe transversalement une Naïde, aussitôt une ligature naturelle empêche le sang de s'écouler des principaux vaisseaux , connue aussi le chyle de se répandre. La léle du CJuctogaster ])résente un réseau musculaire paiiicnlier. Les muscles, lixés à la peau , convergent en fibres rayonnées tout autour du bulbe CESophagéen , et s'insèrent à cette partie très près les nus des au- tres. Ces muscles paraissent se prolonger jusque dans la cavité buccale, et former les nombreuses petites papilles dont elle est garnie. Moyennant la présence de cet appareil musculaire, la cavité buccale est susceptible de changer de dimensions , et peut ainsi retenir et avaler de gros morceauv. ce qui nalurellement ne peut s'ellectuer sans le concours des muscles an- nulaires ((ui se conlraclenl. Le canal intestinal est très dilatable dans son coiu'S postérieur; ce qui explique conmient le squelette de l'Entomostracé avalé est expulsé en entier. Les soies latérales s(uil mises eu mouvement, toujours ensemble , an moyen d'un grand inu.scle longitudinal qui se trouve de chaque côté. Le muscle s'attache à la peau entre deux soies , et parait y traverser nu lacet parliculier en poulie: de la peau il se prolonge vers l'extrémité fies soies qui font saillie dans l.i cavité du corps et qui sont entourées d'un fourreau en l'orme de bulbe. .Nous voyous encore ici une application plusieurs fois rèpélèe d'une poulie pour le même muscle. Les soies latérales m- soni pas réellement, comme on a voulu les consi- dérer, des (Uganes de l.ict ; elles doiveni servir bien plulùl, dans les geiues qui se rencontrent le plus souvent dans les eaux courantes, à se mainte- nir plus solidement entre les Conferves et les autres plantes aquatiques. Les crochets qui se trouvent à la face ventrale sont faibles et <'ourbés en forme d'S; ils présentent en général , dans leur milieu , un léger retille- ment , et ordinaiiehient ils se terminent en une double pointe crochue. On a distingué les espèces d'apiès le nombre de crochels réunis par gioupes; mais ce caraclère est souvent sans valeur, pnrticulièrement chez les Ch;elogaslers, où Je les ai trouvés variant sui' le même iiulividn .de trois à dix. .le ne parlerai pas ici du groupeuu'ul de ces soies sur le> poinis où (loil s'opérer la di^isiMu pour la lissiparilé. siciiHinT. — wAiOAiiK ni;s n\ïi)i;s. ISU (Iniilbiiiseii p:irlr ii tori d'iiiie barbe dans son Nais diophana , car les ijdiliets les [ilusaiilérii'iirs lit' piésonleiil pas de diflrrcnroavec los antres criichels parrailenieiil l'orniés. Il sérail doue iiécissaire, dans une mono- graphie des Naïiles, d'èlrc très cireoiispeet à l'i'fjard de ces caracléres e\lérieiirs. ( In tel travail serait très à désirer; car nos environs mêmes paraissent posséder encore beaucoup d'espèces ini'dites, et une eonCiision de noms el de sviioMMiiie rè(,'ne dans les écrits à l'ciiard des espèces con- nues ) Appareil de la sensibililé I..T conformation du grand cordon nf'rveu\ ventral des N'aides déniontip (pie ces aiiiniauv ne sont pas de vi'rilables Aiinèlides, puisque, (liez ces derniers, cliaipie articli! est la rèpélilion du tout, lîaer avait donc raison d'établir, pour le type des animaux clie/, Ies(|iiels la diineiisioii eu lon- ;;iieiir prédomine, une série de représentants (pii se suivent dans cet ordre : h'ihiiiK, (iortiiiis, Xaïs , ynniilnnh'f el AiiiH'lidi's : Kbrenberff l'Iail aussi l'onde à établir sa classe des SniiialitliniHi. iW cordon .s'elend dans toute la lonsuenr du corps, enlre la grosse veine cl la peau, sons la l'(U-ine d'une large bande découpée irrégulièrement à droite et à gauche , el lorniant ainsi des dents. Il est inutile de chercher à laire concorder ces dentelures avec le principe de la segmentalion, de ma- nière à inelire leur nombre im rapport avec le nombre des articles; car ces denlelnres , dont les prolongements simt dos nerfs très déliés, ne se ( iirrespondenl même pas récipriKiuemenl. On distingue facilement ce cor- don ventral chez les ChaMogasIers , eu comprimant l'animal avec précau- tion, de façon l'i rejeter de ci'dè l'inlestin (jui le couvre. 1,'anneau nerveux entourant l'œsophage a di-jà élé observi' par (Iriii- tliiiisen, qui parle aussi d'un cerveau ; ce cerveau (autant qu'im peut don- ner le nom de cerveau à l'ensemble des masses nerveuses qui se t ruinent dans le voisinage de l'œsophage) existe réellement. el est même plus déve- loppé que (iruilhuisen ne le dit. Il diffère suivant les groupes : nous l'exa- iiiinerons d'abord chez le (ha-logasler. Ici. un peu en avant du bulbe œsopbagéen, le cordon nerveux se par- tage eu deux branclics (fig. 12, «) qui montent en dessus , cl se rejoignent du vCiiÉ dorsal en un lobe échancré (b); avant leur réunion, ils donnent deux branches fc) se recourbant eu arrière , qui se renflent an.ssi en nnc nias.se nerveuse qui HSt 1res découpée. Dans la lig. 12, on voit la [lartie supérieure, et dans la fig. 13 le profil , où l'on remarque eu outre deux branches nerveuses (/) qui se rendent à l'exlrémité de la bouche. Kii col- lier nerveux parlent en ordre indéterminé be.iucoupdi; tilets nerveux dont les lins paraissent se rendre aux papilles buccales décrites plus haut, et les autres se prolonger plus en arrière, comme , par exemple, les nerfs grêles, qui S'! renflent en ganglion situé immédiatement derrière le bulbe O'sophagi'en , de chaque C(Mé de IVesophage. (;elle disposition est plus simple chez les Sn/larin el les Nais. On voit s'élever deux (onneclifs lig. !>, a], qui, desenaul qiiebiue peu plus larges, .s'unissent en dessus et en avant de la fente buccale ''/), mais sans qu'il y ait de lobe maiiifeslemeiit échancré On peut ((inclure (pie celte réunion -'opi^^re progressivciiienl.de ce fail (pie, d.'ins l.i plupart des (as, ou Irouve- 190 scnniDT. — aîvatomie des naïdes. indiquées, par un .-illon lojigituilinal , une moitié dioile cl une gauche. Le cordon venlr.il envoie des brandies nombreuses, qui souvent, de la paroi ventrale vont transversalement à l'inteslin. Je dois considérer comme nerfs tous les filets en nombre considérable qu"on distingue dans l'intérieur desNaïdes, el qui présentent des rendements ganglionnaires. Encore un mot sur les yeux. Je n"ai pas encore réussi, chez les genres où il existe sur la tète des taches de pigment hieu-loncé, à conslaler positivement l'exislence de nerfs opti- ques , comme il s en trouve chez la plupart des animaux inférieurs , quoi- que toute analogieet toute vraisemblance physiologique parlent en faveur de leur existence. Qnand la lissiparité commence, les yeux se montrent de très bonne heure . beaucoup plus lot que le cerveau. Déjii le l'ait que ces points oculiformes manquent chez plusieurs espèces, et spécialement chez celles qui chassent de plus gros animaux , prouve que leur fonction est secondaire. Millier indique une Naide à langue , chez laquelle il n'a pas trouvé d'yeux. Je puis ajouter une seconde observation de cette nature. Parmi les nombreux individus de la iVai.< clinguis que j'examinai, il s'en trouva un qui n offrait aucune trace d'yeux, tandis qu'un autre portait une seconde lâche sur le côté droit, toul prés delà grande tache pigmentaire qu'on trouve ordinairement. Opulina AViidos, panisite des Naïdes J'ai eu l'occasion de faiie une liés intéressante observation d'un para- site de la iNa'is dont jai déjà parlé, et dont chaque faisceau p(ute qiialre crochets. Jiiivile à suivre la description délaillée de ma découverte. La Na'ide élait étendue sur le côté , position dans laquelle la boui he a l'apparence d'une echancrure, et qui permet d'apercevoir facilement le mouvement vibi aille dans le bulbe œsophagécn , je cherchais la languette charnue que j'avais dû considérer comme une langue chez les Slyluria, el je me plaisais à remarquer coniuioiil un corps allongé , aminci anlérieu- remeiil, et situé dans le bulbe lesophagéeu , s'allongeait à plusieurs re- prises jusqu'auprès de l'orilice buccal, puisse retirait en arrière. Je ne m'étaispas alleiidu à Iroiiver iiiir laugueaussi mobile, dautantmoins que je n'avais rencontré jusque là auciiue Irace de cet organe chez les Nais; j'examinais donc plus allenllM'iiieiit les moiivemeiils de ce corps, lorsque, .se letourDant soudain avec facilité, je reconnus en lui un animal parti- culier. (.'est un lufusoire polygaslrique , appartenant a ce genre dont une es- pèce .se trouve en si grande abondance dans le gros iiilestin de la Gre- nouille ; seulcinenl il est plus allonge, et all'i cle un peu plus la forme de l'animalqu'il liabile. Il est blancliAlre, entièrement couvert de cils vibra- tiles qui ne deviennent apparents que sous des grossissements assez con- sidérables, et qui sont régulièrement disposés par rangées. A l'intérieur, je pus apercevoir une série de petites vésicules Iransparenles. La forme générale du corps est susceplible de changer de dilTeniites manières. Après avoir ainsi suivi peiidaul au moins un quart d heure, dans le • bulbe œsophagéeu , les uiouvemenis de iUpaltnu nanlo.t, ainsi cpie nous RECLAM. — nÉVIîLOPPEMENT T>V mvRT ET HF.S PIl'AlKS. 191 nommons cel ariiin il,iiiouvpmonlsqiii ronsistaienl à avaicii l'I à reculer, je le vis, dans le voisina ije de la bouche, se tnurnor su bitemeni el s'avancer versle canal intestinal, oùje n'avais pas réussi d'abord à le voir ' epend.iiil l'animal revint en avant à plusieurs reprises, avec cette rapidité propre aux InTusoiies, sans élre arrêté par les mnoveinenls vibratiles du canal intestinal. Mon œil était devenu plus subtil à lorc(! d'observer, el je pus découvrir, dans la portion moyenne de la \aide, le même animal accom- pagné de plusieurs autres individus, animés comme lui d'un mouvement rapide. Quant à l'objcelion ()ue je me suis faite moi-nu-me. que ces Infusoires pourraient avoir été avalés , je ne puis l'admettre ; car les Slylar:a et les -V' 11 ne faut pas avoir compare entre eux beaucoup d'animaux pour être averti qu'il n'y a jamais parmi eux d'organes nouveaux, surtout dans les espèces qui se ressemblent autant que les Raies. 1 1 était plus naturel de croire que les tuyaux renfermaient une sub- stance gélatineuse , dans la Torpille , qui existait masquée dans les autres Raies , et on va voir que j'ai en elfet trouvé dans celles- ci une organisation analogue , avec des dilférences auxquelles doivent se rapporter les différentes manières d'être et d'agir de chaque espèce. » P. 395. « Les Raies dans lesquelles le cartilage de la na- geoire pectorale borde immédiatement les contours de la tête n'étaient point , comme dans la Torpille , dans le cas d'offrir des prismes ou tubes verticaux ; cependant elles n'en diffèrent pas autant qu'on l'a imaginé. Dans les Raies , comme dans les Tor- pilles , il sort du crâne , un peu en avant de l'oreille , un nerf si gros qu'il surpasse le volume de celui qui se rend à l'œil. Ce nerf se dirige latéralement, rampe sur la face supérieure du masséter, et va s'épanouir au-dessous, entre ce muscle et la première bran- chie, dans une masse qu'on prendrait au premier coup d'oeil pour une glande , mais qui est réellement le foyer d'où sortent , en plusieurs paquets , un grand nombre de tubes analogues à ceux de la Torpille. Un paquet se dirige vers le nez , un autre se ré- pand sur le ventre, un troisième remonte le masséter et va se ter- miner derrière l'occiput, un quatrième s'étend sur les muscles de la nageoire pectorale. Il y a à cet égard quelques dilférences , se- lon les espèces ; mais toujours ces tubes , aussi bien que dans la pille, du Gymnote engourdissant , et du Silure Irembleur, par Et. Geoffroy (.liiii. il» Mus., t. I, p. 392. — 1802). ClIliZ l.i:S CUISSONS UL GKMŒ DKS llMIiS. l',»7 Tiirjtillc, adhèrent tant à la peau de dessus qu'à celle de dessous; seulement, au lieu d'être verticaux, ce qui est impossible faute d'espace , ils suivent les contours de la tète , s'étendent sur les muscles les plus extérieurs , et sont d'autant plus allongés qu'ils ont un plus grand circuit à faire pour venir s'insérer dans la peau. » Ces longs tubes paraissent d'ailleurs de la même nature (juc ceux de la Torpille , et ils renferment à leur intérieur une sub- stance gélatineuse et albumineuse toute semblable. Jusqu'ici , nous n'apercevons à cet égard guère d'autre différence entre les Raies ordinaires et la Raie Torpille , si ce n'est que dans celle- ci les tubes sont très courts, verticaux, rapprochés et paral- lèles ; tandis que dans les autres Raies ils sont beaucoup plus longs, se courbent autour des principaux muscles des mâchoires, et se séparent en plusieurs paquets formés de rayons diver- gents. » Mais si ces organes ne varient dans chaque espèce que par un arrangement différent des parties , n'y aurait-il pas à craindre de tomber dans une conséquence contraire aux faits observés , et ne faudrait-il pas en effet supposer que toutes les Raies ont plus ou moins toutes les propriétés électriques de la Torpille'/ Telle est en effet l'opinion qu'il faudrait s'en faire , si ces organes ne se distinguaient pas par un caractère d'où dépendent en par- tie les étonnantes propriétés de la Torpille. Les tubes , dans les Raies ordinaires, s'ouvrent au dehors de la peau par des orifices qui leur sont propres : ce sont autant d'organes excréteurs de la matière gélatineuse renfermée dans leur intérieur. Dans les Tor- pilles , au contraire, tous les tubes sont complètement fermés, non seulement par la peau, qui n'est perforée en aucun endroit, mais de plus par des aponévroses qui s'étendent sur toute la sur- face de l'organe électrique ; la matière gélatineuse , ne pouvant alors so répandre au dehors, est forcée de s'accumuler dans ces tubes : de là sans doute la grandeur de leurs diamètres ; de là vient aussi (jue leur nombre augmente dans tous les âges de la vie. MM. Walsh et Hunter ont en effet trouvé cette augmentation progriissive. >- 11(8 BOBIK. - SIR L\ API'AIIEII. KI.IXTUIQI K M. de Blaiiuillc [Principes d'Aiialuiiik' nmipnn-e, I. 1 , p. 229. Paris, 1822), après avoir dit que Jacobson considère ces capsules fibreuses et les tubes qui en partent comme des espèces d'organes du toucher, ajoute : (> Ne serait-ce pas plutôt quelque chose d'analogue à cet ap- pareil singulier qu'on trouve dans plusieurs Poissons , qui pro- duit une secousse galvanique plus ou moins forte , et que nous devons décrire ici comme une dépendance évidente de la peau ou de l'enveloppe extérieure, quoique ses usages soient d'une toul autre nature? » Après avoir déci'il l'appareil électrique de la Torpille, M. de Blainvilledit, p. 230 : '< Il n'y a donc aucune comparaison à faire entre ces organes et les tubes gélatinil'ères et sous-cutanés des Raies. En effet , les Torpilles ont aussi ces tubes , mais , il est vrai , en beaucoup moins grand nombre que les autres Baies. Elles ont surtout le faisceau externe et sujjérieur qui suit le prolongement du membre pectoral , et dont chaque tube s'ouvre à la superficie de la peau par un orifice séparé. » Ne pourrait-on pas trouver davantage de rapports entre ces organes électriques des Torpilles et les masses ganglionnaires elles-mêmes dans les Raies ' c'est-à-dire les capsules fibreuses d'où naissent les tubes et où ils reçoivent leurs nerfs)? " Ainsi , pour M. de lilainville , ce ne sont, pas les tubes (jui par- tent en s'irradiant des capsules fibreuses qui seraient dans les Raies les analogues de l'appareil électrique des Torpilles , car ces Poissons possèdent ces tubes ; mais ce sont peut-être les cap- sules d'où ils naissent (masses ganglionnaires ou gangiionni- formes). Cette dernière opinion ne peut pas être admise ; car si les tubes ne peuvent pas être comparés à un organe électrique , parce que les Torpilles en sont pourvues (comme les Raies), en même temps qu'elles ont un appareil électrique , on peut en dire autant poiu' les capsules fibreuses d'où naissent ces tubes, pais(|ue les Torpilles les possèdent aussi. Depuis l'époque où ont écrit les auteurs jirécédents , personne n'avait envisagé la question sous ce point de vue, lorsque Mayer CHEZ LES POISSONS DU GEiNRE DES JIAIES. Uli) lit suivre un court travail bibiiograpliique (1) sur les organes électriques des Torpilles et Gymnotes de quelques lignes concer- nant leurs analogues dans les Raies. Il décrit en quelques mots la capsule fibreuse d'origine des tubes sensitifs, qui est placée en avant de la poche branchiale, entre elle et le niasséter ; il indique ses nerfs , et la considère comme glanduleuse et analogue de l'appareil électrique des Torpilles. Mais la description de l'auteur donne à penser qu'il n'a étudié cet organe que sur des animaux conservés dans l'alcool, car il ne fait pas mention des tubes sen- sitifs qui en partent, ni des autres capsules fibreuses, semblables à celle-ci , qui se trouvent près des narines et du cartilage du rostre. 11 n'a pas cherché non plus cet organe sur d'autres Pois- sons cartilagineux que les Raies; il ne fait pas mention également des nombreux travaux publiés antérieurement sur le même sujet, et semble croire en donner le premier la description. La figure qu'il donne de cette capsule est assez exacte quant à la position absolue, mais incomplète pour tout le reste, et surtout il ne figure pas les tubes nombreux qui partent de cette capsule , pour s'irradier sur les faces antérieure et postérieure du corps. Les autres figures qui accompagnent ce travail sont relatives aux appareils électriques des Torpilles, Gymnotes; au cerveau des mêmes Poissons et du Myliobatis at/iiila. Les arguments suivants nous semblent démontrer qu'il serait inexact de vouloir comparer les tubes sensitifs de Jacobson , ou les capsules d'où ils sortent , avec l'appareil électrique des Tor- pilles. a. Ces tubes sensitifs et leurs capsules d'origine existent chez les Torpilles en même temps que l'appareil électrique. On trouve ces organes déjà figurés comparativement dans Lorenzini 1 1706, loc. cit.). Ils existent, du reste, chez tous les Plagiostomes sans exception ; mais chez les Raies on trouve |)lus de capsules fibreu.ses d'origine que chez les autres : les Torpilles, les Sr/uales, n'en ont en elfet que deux , au lieu de quatre, de chaque côté. (1) SpicUeyium observutiunuin anatumicaruin de organo clectrico in Huiis nne-t kclricis. Bonn, 1843. "J('0 KOKi:%. — SI 11 l N .U'I'AlUill. lil.EClliKJl K II. Rien , dans la disposition anatoiiii(iue oxtcrieurc ni dans la structure intime , ne rapproche ces organes les uns des autres. En ell'et : 1° les organes électriques sont toujours formés de disques empilés en colonnes, ou rangés en séries, de manière à constituer de chaque coté une masse unique. J^es capsules fibreuses d'où naissent les tubes sont au contraire nniltiples de chaque côté , diversement situées , et leur cavité est remplie par une nuillitudede petits rcntlements qui sont rorigiue d'autant de tubes. "2" ]^es disques aggloméi'és en piles ou séi'ies dans les organes électriques sont constitués par un tissu spécial qui paraît iden- tique dans toutes les espèces de Poissons électriques. Cette sub- stance a des caractères qui lui sont propres (aspect et demi- transparence de la gélatine, un peu plus de consistance; disposition en petites masses assez régulières ou disques , constituée au mi- croscope par une substance homogène, hyaline, finement granu- leuse, avec de petites sphères granuleuses incluses çà et là dans f on épaisseur, etc. ), caractères qui la distinguent de tous les tissus élémentaires connus. C'est donc un tissu f]iécial de l'éco- nomie animale, aussi nettement caractérisé que les tissus nerveux, musculaires, etc., et c[ui au même titre doit recevoir un nom spécial, celui de tissu électrique. Au contraire , la substance qui remplit les tubes sensitifs est plus transparente , incolore , plus molle : c'est plutôt un liquide très dense, car on n'y trouve pas de structure apparente ; et çà et là quelques cellules , se rapprochant des cellules épithéliales f[uant aux caractères généraux, mais bien distinctes des épithé- liums connus jusqu'à présent, nagent isolément ou en groupe dans cette substance. Aucun autre organe de la Raie ne renferme de cellules analogues. c. Enfin, il existe un appareil particulier qui occupe chaque côté et presque toute la longueur de la queue des Raies; il est placé sous la peau, reçoit beaucoup de nerfs de la moelle cau- dale ; il n'a pas de conduit excréteur, ni de conmiunicalion avec les viscères. Sa structure est bien différente de celle des glandes étudiées jusqu'à présent; clic est au contraire très analogue et cm;/ i.KS i'oisso.\s ul ckmîk oi;s iuii:s. 201 Ijresque identique à celle des appareils spéciaux des l'uissoiis électrifiues déjà connus. Son tissu [tissu électrique) est identique; la forme et l'empilement des disques dilTèrenl seuls. Un pareil organe est certainement chargé de dégager de l'électricité : c'est là l'appareil électrique des Raies, qui ne se trouve plus de chaque côté de la tète comme chez les Torpilles , mais de chaque côté de la queue. L'existence de cet organe dé'montre qu'il serait inutile de chercher à retrouver dans la tète des Haies un ana- logue de l'appareil qui se trouve dans la même région chez les Torpilles, puisqu'elles possèdent ce même appareil, mais ayant subi un grand déplacement , et présentant des dilTi'rences de forme qui dépendent de la nouvelle position qu'il est venu occuper. Ji. 11 existe chez les Haies et tous les Plagiostomes, un peu en arrière de l'évent , entre la cavité branchiale en dehors , et les muscles qui séparent cet organe de la colonne vertébrale , une petite glande prismatique , triangulaire. Cette glande est élargie du côté de la face supérieure du corps , et séparée de la peau , en ce point , par un faisceau musculaire aplati et par un groupe de tubes sensitifs. Du côté opposé à la face supérieure , elle s'a- mincit en forme de coin pour s'engager entre la cavité branchiale et les muscles déjà indiqués , jusqu'à la veine jugulaire posté- rieure, qu'elle touche en ce point. Cette glande n'a pas de conduit excréteur , elle reçoit ses artères des branches artérielles nourricières de la poche bran- chiale ; ses veines , bien plus nombreuses et plus volumineuses que les artères, se rendent à la jugulaire postérieui'c. Rlle est composée d'un amas de petits lobules d'un millimètre de long; ovoïdes , un peu aplatis , d'une couleur grise tirant sur le rose. Ces lobules sont creux ; leur cavité est remplie de vais- seaux entrecroisés qui la traversent , et leurs intervalles sont comblés par un liquide grisâtre assez visqueux , dans lequel nagent une grande quantité de corpuscules particuliers que nous ne décrirons pas. Leurs parois sont faciles à déchirer , et formées de faisceaux de tissus cellulaires peu serrés ; aussi sont-elles faciles à rompre. 'lO"! leoHiK. — sua un ai'I'Akeil électukjue Il ne part de ces petits lobules aucun conduit excréteur ; cha- cun d'eux , au contraire , est clos de toute part , et appendu à des ramifications vasculaires. Je n'ai pu suivre aucun neif dans cette glande. Cette glande n'a encore été décrite par aucun des auteurs que j'ai consultés. J'en ai donné une description , dont un résumé a été inséré dans les Bulletins de la Société philomatiqxie , 1845. A cette époque , je n'avais pas encore recueilli tous les détails que je viens de donner. Me fondant alors sur l'absence de conduit excréteur , sur la disposition des lobules ovoïdes un peu aplatis, et sur sa position près de la cavité branchiale , je considérais cet organe connrje une trace de l'appareil électrique qui existe i.'hez les Torpilles. Mais un examen plus attentif me lit abandonner bientôt cette opinion. Depuis lors, j'en ai donné une description complète, ainsi que de la glande tliyroïde des Raies , de laquelle elle se rap- proche [)ar sa structure intime {Bull, de la Soc. pliilom., 30 jan- vier 1S17; Journal l'institut, 10 février 18/i7). Voici les arguments qui renversent complètement l'hypothèse que j'avais émise en premier lieu : a. Cette glande n'est point située en dehors de la cavité bran- chiale comme l'appareil électrique des Torpilles , mais contre son bord interne. l). Elle ne reçoit pas de nerfs , du moins on n'en voit pas se détacher des nerfs voisins (N. vague) pour s'y rendre. c. Klle existe non seulement chez les Raies , mais chez les Torpilles, et occupe la même position que chez les Raies. Je l'ai trouvée aussi chez les Anges (Squalina angélus), le Galeus canis, les Roussettes (Scyllium) , etc.; elle existe probablement chez tous les Plagiostomes. d. L'étude de sa structure intime n'y a pas fait reconnaître de traces du tissu électrique. Comparée sous ce point de vue à la thyroïdienne antérieure (Glande de Stémn) , elle présente avec elle une assez grande analogie. En outre, elle présente avec la jugulaire postérieure de son côté des rapports de situation qui se rapprochent de ceux de la glande de Sténon avec les jugulaiics CllIiZ LES POISSONS 1)L (JliMIli Oi:s IIAIIS. 203 ;inl(''ricures. Ces cnnsidéralioiis inc l'niii [h'iisit (|uc ces deux glandes sont de même nature. KÉSUMK Di: l'IlliMIKH CHAI'I IKK. 1. Et. (ieonVny Saint-llilairo considère les tubes sensitifs des Raies, et les capsules fibreuses d'uùils pai'teni, comme analogues de l'a|ipareil électrique des Torpilles. 2. M. de Blaiiiville pense qu'on ne doit pas comparer les tubes sensitil's à rappaix'il des Torpilles , mais que ce son! peiil-circ les capsules fibreuses d'où parlent ces tubes qui représeiilent l'ap- pareil électrique. 3. Mayer considère comme un l'ait certain c[ue la capsule fibreuse d'origine des tubes sensitils. qui est placée entre la poche branchiale et le inasséter, est un analogue de l'appareil électrique des Torpilles. li. .l'ai moi-même considéré pendant quelque temps, comme représentant un appareil électrique rudimeutaire , une glande placée en arrière de l'évcnt , contre la l'ace interne de la poche branchiale des Raies. Depuis, j'ai reconnu que c'était une glande vasculaire sans conduit excréteur analogue aux thyroïdes. 5. Les arguments suivants s'opposent à l'admission de l'une quelconque des comparaisons qui précèdent : 1° Les tubes seiisitifs , leurs capsules fibreuses d'origine , et la glande que je \ iens de mentionner, existent chez les Torpilles et tous les autres Plagiostomes, à la même place, et aussi développés proportionnellement que chez les Raies ; 2° Leur disposition anatomique extérieure , leur structure in- time (vaisseaux , nerfs, tissu propre) n'ont rien qui les rapproche de l'organisation des appareils électriques des Torpilles , etc. ; 3° Nous démontrerons plus loin que l'on trouve chez les Raies un appareil qui se rapproche sous tous les rapports , non seule- ment do l'urgane électrique des Torpilles, mais encore de celui du dijntnote et du Silure. 11 tient , relativement à plusieurs parti- cularités anatomiques , à la fois de l'organisation des appareils de l'un et de l'autre de ces Poissons. 11 comble une lacune dans la disposition anatomique des appareils électriques organiques déjà "l^h K»BI>. - SUli IN AI'I'AIIEIL ÉHiCÏIllQlE cuiiiiLis. Seulement, au lieu d'être situé k la partie aiitérieui'e du corps, comme chez les Torpilles, il occupe les côtés de la (juaue, coiuine dans le Gymnote. CHAPITRE II. DES PliiCES SOUDES, DES MUSCLES, DES NERFS EX DES VAISSEAUX DE LA VUEUE DES HAIES. Dans une première rédaction de ce travail , j'avais donné une description complète de ces organes ; aussi ce chapitre for- mail la partie la plus considérable de ce travail, l'our ne pas m'éloigner trop du but indique par le titre de ce mémoire , je ré- duirai ces descriptions à ce qu'elles ont d'indispensable pour l'in- telligence du chapitre suivant. Je décrirai plus tard comparative- ment les organes précédents, considérés dans les principaux types des Poissons cartilagineux. Ce travail , aride par lui-même, donnera lieu de la sorte à des considérations pleines d'intérêt , qui , déjà traitées par plusieurs anatomistes relativement aux autres Vertébrés , ne l'ont pas encore été pour ceux-ci. ARTICLE I Mes pièces solides de la queue. L;i ciolumie viîutébralo se prolonge dans toute l'étemluo de la queue des Uaios. Pour bien faire comprendre la disposition des vertèbres de cette région, il faut indi(|iier leurconrorniation au niveau du tronc. Au tronc les vertèbres sont cùiiiposèes : 1° /*«fo)7j.s ; pièce cylindrique étranglée circulairement et l'ugueuse dans son milieu à la manière d'un sablier; et dont les faces articulaires sont creusées d'une excavation conique. 2" De l' opophijsi; tphicusc : elle est composée de trois pièces. a. Une première pièce adhère au corps de la vertèbre dans toute l'c- lendiie de la moitié supérieure de sa circonférence. Cette pièce forme la moitié inférieure ou antérieure du canal vertébral, parce que celle de ses faces qui est opposée à la colonne vertébrale est creusée en gouttière demi-cylindrique. Chacune des lames qui limite cette gouttière se termine en pointe, comme le sommet d'un losange (ibtns. Chacune d'elles au.ssi est ti'aversée dans son milieu d'un orifice destiné à donner passage a la racine antérieure des paires spinales. CHEZ Li:S POISSONS DU fîKNP.E DKS HUliS. 'iflô Ij. Il résulte (le la disposilioii de la pièce précédente que chaque ver- tèbre, en s'articulant avec la vertèbre voisine, laisse un angle rentrant libre, à sinus tourné en haut ou en arrière. Cet angle est rempli par la moitié inférieure d'une deuxième pièce qui est losaugique. L'angle de cette pièce qui regarde la colonne vertébrale et s'unit aux pièces précé- dentes est creusé d'une gouttièredemi-cylindri(|ue, qui complète le canal vertébral, en se joignant à la gouttière semblable de la pièce précédente. Chacune des lames triangulaires qui limite la gouttière de cette pièce est aussi percée dans son milieu d'un trou destiné ;i la racine postérieui'e de cha(pie paire spinale. .\insi, cette pièce losaugique est placée au niveau de l'articulation des deux vertèbres avec lesquelles elle s'articule. 11 en est de même du trou de la racin ' postérieure.Au contraire, le trou dont est percée la pièce pré- cédente se trouve (comme cette pièce) répondre au milieu du corps de la vertèbre; au niveau de son étranglement en un mot. Enfin, de l'arrangement de ces pièces et de leurs trous, il résulte que ces derniers alternent d'avant en arrière, et de haut en bas; car tous les trous de la première pièce de l'apophyse épineuse sont au même ni- veau , mais sur une ligne placée plus bas que celle des trous de la série des secondes pièces. c. Une troisième pièce complète l'apophyse épineuse supérieure. Elle est coupée en angle du coté de la colonne vertébrale , et s'articule dans l'angle rentrant', formé par l'union des pièces précédentes. Du côté op- posé elle est coupée carrément et s'avance jusqu'à la peau. Ses bords an- térieurs et postérieurs s'unissent avec les mêmes pièces des vertèbres voisines. 3° L'upopliyse épineuse inférieure : elle manque complètement au tronc chez ces animaux. 4" L'dpophijse transverse : elle adhère à chaque coté du coi'ps de la ver- tèbre dorsale et au bord inférieur de la première pièce de l'apophyse épineuse supérieure. A la queue les vertèbres sont composées des pièces suivantes : 1° On corps : \\ ne diffère que par le volume de celui des vertèbres du tronc, il diminue peu <à peu jusqu'à l'extrémité de la queue, où il est extrêmement petit. i" I)i: l'a/. tip/ii/sc épineuse supérieure : elle est composée de plusieurs pièces comme aux vertèbres du tronc. ". Vers les premières vertèbres caudales , la pièce o est constituée identiquement comme au tronc. Peu à peu le canal vertébral se rétré- cissant, et cette pièce ne diminuant pas en proportion , reste plus volu- mineuse (relativement au canal vertébral), et au lieu d'élre creusée d'une simple gouttière, elle est traversée par nu trou conqjlet. 206 RORim. — SUR ii\" APi'AnEir, ér.ECTiUQtJiî Ainsi, les lames latérales de cette pièce, en se réunissant au-riessns de l'écliancrure qui les sépare à lenr base, toiment un canal complet. Cette pièce conserve néanmoins toujours la tbrnie triangulaire jusqu'au bout de la queue, du côté qui est opposé au corps des vertèbres. Mais son adhérence à cette dernièie pièce diminue à l'extrémité de la queue, et tout a lait au bout, elle est un peu mobile sur le corps de la vertèbre. b. A partir de la première vertèbre caudale , la pièce b, qui au tronc était percée d'un orifice destiné à la racine postérieure, cesse d'a\oir ci'A orifice , quoique faisant encore partie du canal vertébral , par l'échan- crurede celui de ses bords qui lui correspond. En même temps elle di- minue de hauteur ; elle perd sa (orme losangique du côté de la peau , et devient irrégulière en se soudant avec la pièce c. Bientôt aussi, elle cesse de faire partie du canal vertébral qui est entièrement formé par la pièce a. Il résulte de la disposition de la pièce h de l'apophyse épineuse supé- rieure, qu'elle ne donne plus passage 9. la racine postérieure des paires caudales, comme elle le faisait au tronc, puisque ses lames nesont pus percées. Aussi , dans cet appendice du corps, les paires nerveuses ne sont plus disposées comme au tronc ; dans cette région, eu effet, il sort pour chaque vertèbre une racine postérieure et une antérieure de cha(pie côté; à la queue au contraire, il ne sort plus (|u'une racine de chacpie colé pour chaque vertèbre , et c'est alternativement une antérieure et une posté- rieure. Cette issue a toujours lieu par la pièce a de l'apophyse épineuse , parce que la pièce h n'est pas perforée. c. La troisième pièce des apophyses épineuses connneuce à changer de forme dès la première vertèbre caudale. Peu a peu elle se soude avec la pièce précédente, .se déforme et disparaît tout à fait à une distajice plus ou moins considérable de l'origine de la queue suivant l'âge de l'animal. 3" Apophyse épineuse inférieure. La série des apophyses épineuses infé- rieures commence au inveau de la première vertèbre caudale par une pièce qui répond au corps des trois ou quatre premières vertèbres de la (|ueue. Les apophyses épineuses inférieures des autres vertèbres sont composées de deux pièces, qui répondent aux pièces «et b des apophyses épineuses supérieures; la pièce r manque. ". Cette pièce est semblable a la pièce correspondante de l'apophyse épineuse supérieure. Elle est triangulaire; sa base adhère a la face in- férieure du corps de la vertèbre. Le coté opposé se termine en angle sail- lant en bas. Elle est aussi percée d'un canal (trou vertàhrd inférieur), qui, réuni à celui des autres vertèbres , hvme le canal vertébi 'nfé- rieur ou sous-caudal , destiné à loger l'artère et la veine sous-cauuales. Cette pièce diminue peu a |)eu de volume , devient très faillie et a peine CHEZ r.KS POISSONS Dtl GENRIÎ DES nAIES. 207 adhérente au cnriis de la veitèbre quand on approche de l'extrémilé de ht queue. Ses lames latérales ou parois du canal ne sont pas pei'l'orées , comme au canal vej-tébral supérieur; car les hranclies des vaisseaux ci- dessus sortent dans les intervalles des vertèbres; crsl-à-dire en traver- sant l'épaisseur du tissu qui unit chaque vertèbre a celle qui l'avoisine. b. Cette seconde pièce de l'apophyse épineuse inférieure est triangu- laire et disposée en sens inverse de la précédente ; sa base est tournée vers la peau et lui adhère, elle est coupée carrément. Sunsomniet trian- gulaire s'enfonce exactement daTis l'angle ouvert en bas que laissent entre elles les pièces précédentes en s'articulant. Cette pièce diminue aussi peu à peu de volume en même temps que les précédentes et finit par devenir difficile à reconnaître. 4° Les apophyses transverses manquent complélement aux vertèbres caudales. De la réunion du corps des vertèbres ou apophyses épineuses compo- sées supérieures et inférieures, résulte une vertèbre prismatique a six faces , dont le diamètre vertical l'emporte du double environ sur le dia- mètre antéro-postérieur et davantage encore sur le diamètre transverse. Le corps des vertèbres , qui est cylindrique , dépasse un peu de chaque coté le diamètre transverse des apophyses, et forme une saillie arrondie sur chaque face latérale des vertèbres. Le squelette de la queue est constitué uniquement par ces vertèbres unies les unes aux autres; il forme une sorte de pyramide allongée, à quatre faces, qui diminue graduellement a paitir du bassin jusqu'à l'ex- ti'émitéde la queue. Sur les deux plus larges faces, ou faces latérales, se voit dans toute leur étendue, la saillie arrondie du corps des vertèbres. L'union du corps des vertèbres a lieu par l'intermédiaire de la sub- stance qui remplit leur excavation conique ; et celle des apophyses , par un tissu fibreux très serré, formant une couche mince entre elles; le périoste résistant qui recouvre les vertèbres est aussi un puissant moyen d'union. RESUIIE DE L AUTICLE I i. Chaque vertèbre du tronc est composée : l" du corps, qui est cylin- drique; -2" d'une apophyse épineuse supérieure, complexe; 3° de deux apophyses transverses, lille ne présente pas d'apophyse épineuse infé- rieure. •2. L'apophyse épineuse supérieure est composéede trois pièces. a. La première pièce est irrégulièrement losangique , échancrée en hau' "• ses lames latérales, percées d'un trou pour la [)aire antérieure des ruâmes racliidiennes. Elle s'articule en bas avec le corps de la vei- tèbre. 208 ROBI\. — Sllll UN Al'PVHEir, lÎMiCTIUQUI' h. La deuxième pièce tst losaiigique, écliaiicrée eu bas. Cette ècliaii- cnire, réunie à celle de la pièce précédente, complète le canal vertébral. Les lames latérales de cette échancrure ont un trou destiné à la paire postérieure des racines racliidiennes. Cette pièce s'articule avec la précé- dente. f., La troisième pièce est prismatique, terminée par un angle dièdre qui s'articule avec les pièces b. La base du prisme répond à la peau. 3. Les trous destinés aux paires des racines nerveuses racliidiennes ne sont pas placés sur la même ligne verticale, ils alternent. En outre, les orifices des paires antérieures sont placés sur une même ligne longi- tudinale, mais située un peu plus bas que celle des racines postérieures. 4. C'est seulement hors du canal racliidien ([ue les racines nerveuses antérieures et postérieures se réunissent. 5. A la queue les vertèbres sont composées: 1" d'un corps; 2" d'une apophyse épineuse supérieure complexe; .3° d'une apophyse épineuse in- férieure, aussi complexe; 4" les apophyses transverses marKpient 6. L'apophyse épineuse des vertèbres caudales est composée de trois pièces comme au tronc ; mais l'une de ces pièces, c, disparaît avant l'ex- trémité de la queue. 7. La pièce 4, quoique concourant d'abord à former encore le canal vertébral supérieur , cesse, dès la première vertèbre caudale, de présenter de chaque côté un trou destiné aux paires postérieures des nerfs rachi- diens. 8. La pièce a seule conserve sa disposition régulière et donne passage, parles oritices de ses lames latérales, alternativement à une paire anté- rieure et à une paire postérieure. Ainsi, la rangée des trous des racines postérieures disparait a la queue , et les racines nerveuses dimiinient également de moitié en nombre. 9. La pièce b cesse bientôt de concourir à la formation du canal verté- bral , qui alors est entièrement formé par la pièce «. En même temps la pièce 6 devient irrégulière, dimiiuie de volume et se soude plus ou moins complètement avec la pièce '■. 10. L'apophyse épineuse inférieure est composée de deux pièces a et b. 11. La pièce» est semblable à la pièce correspondante supérieure, elle est creusée d'un trou, qui, réuni à celui des autres vertèbres, forme . Ir eaiial vertébral inférieur ou sous-cuudal , destiné à loger l'artère et la veine de ce nom. 12. Les lames latérales de la pièce " ne présentent pas de trou pour les branches des vaisseaux précédents; ces branches traversent l'espace m- ter-articulaire. 13. La pièce b s'articule avec la précédente, par un de ses côtés : l'anlre côté .s'étend justpi'ii la peau et lui adhère. criiez LES POISSONS no gemîr des aaies. 209 14. L'ensemble de ces pièces forme des vertèbres |)rismaliques à six faces, sans apophyses transverses ; elles vont en diminuant graduelle- ment de volume de la base à l'exlrémitc de la queue, et sont unies soli- dement entre elles, (lar des ligaments inter-articulaires et par le périoste. .ARTICLE II. Des muscles et des aponévrose.-;. Les muscles des parois du tronc chez les Raies, et ceux de la queue, présentent une disposition qui montre qu'ils sont surtout destinés à faire éprouvera la queue des niuiiveiiients de latéralité ; disposition (jui est en rapport avec la conformation extérieure du squelette. linéiques mois sur les nuisclesdu tronc sont nécessaires pour bien faire comprendre la disposition de ceux qui leur correspondent à la queue. Une partie de ces muscles ont été décrits par Cuvier et Meckel , mais leurs descriptions sont incomplètes. jJ'adopterai leurs dénominations pour ceux qu'ils ont décrits. A. Muscle (le la région dorsale du troue et de ta queue. Ces muscles sont au nombre de deux; ce sont, de dedans en dehors: 1. L'épineux du dos. (Cuvier.) 2. Le lunfj dorsal. (Id.) Ces muscles sont tous placés l'un ii côté de l'autre et non superposés. Ils s'étendent en épaisseur, depuis la peau, dont ils sont séparés par l'a- ponévrose générale d'enveloppe, jusqu'au péritoine , dont ils sont aussi séparés par une aponévrose intérieure. Cette dernière aponévrose nait des apophyses transverses d'un coté , tapisse la face interne des muscles qui forment les parois de l'abdomen (muscles précédents), et se termine aux apophyses transverses de l'autre côté. Les muscles énumérés plus haut sont séparés les uns des autres, par autant de cloisons aponévrotiques , très fortes , tendues entre les deux aponévroses précédentes , externe et interne. 11 en est de même de ceux de la région latérale. Il résulte de là que ces muscles sont tous logés chacun dans une gaine aponévrotiqne spéciale, très forte, de forme généralement prismatique, mais qui varie un peu suivant les régions du corps. 1 . Muselé épineux du dos. Ce muscle commence à l'occiput et s'étend jusqu'à l'extrémité de la queue, en diminuant peu à peu de volume. C'est le seul de tous ces mus- cles qui suive un trajet aussi étendu ; aucun des autres n'atteint l'extré- mité de cet appendice. :!■ smc. Zoui. ï. VII. (Avril 1817-) j li 210 ROBI\. — SUR U\ APPAREIT. ÉI.ECTRIQUF. Toute la portion de ce muscle qui fait partie fie la (pieuc est séparée d'un muscle semblalile situé a sa face iidërieuiv, par une cloison tilireuse transversale , qui se iletaclie du corps are du long dorsal, et s'épanouis- sent un peu pour donner insertion aux fibres musculaires de ce dernier muscle. A partir du niveau du bassin, ces tendons deviennent bien plus grêles ((ue du côté opposé, et dis(iaraisseiit tout à fait, au niveau du tiers moyen de la qneiie, ipii est aussi l'endroit où le long dorsal cesse d'exister. Ces deux ordres de tendons, correspondant aux deux ordres de fibres musculaires, se croisent sur la ligne médiane du muscle, avant d'émer- ger a sa surface; ils sont très grêles et suivent un trajet de 12 à 15 centi- mètres, avant d'arriver à leur point d'insertion. Dans tout ce trajet, chaipie tendon glisse d-iiis une gaine libreuse, 1res résistante , qui est une dépendance de l'aiionévrose générale d'enveloppe, c'est-a-dire lui adhère fortement. KÉSUMÉ. L'épineux du dos est étendu de l'occiput au bout de la queue; il est formé de deux ordres de libres ; les tendons ipii leur font suite s'insèrent les uns en dedans au sommet des apo|)liyses épineuses ; les autres vont en dehors se co.itiinier avec les libres musculaire.-! dri long dorsal !I agit forleuienl dans les inouveinents de hiléralilé. '2. .\fiiii'/f liifj'-j tfins'if . 'Ciiviei'.) Cl' iiiiiscli' coinineiii-e :i r.iccipiit et s'eleiid jnsipi'au premier tiers de r,tif:z LES POISSONS nv (iiîxnr; des hmes. 211 la qiieiip, où il se tprniiiu'en l'oiTiie de ciiin eKili' et Iri's mincp. Son vo- lume, Hssez ennsiilf'rable au lioiic, ilitniiuie assez rapidenieut a partir du bassin. H est placé entre l'épineux du dos, qui est en dedans, et le sacro- lombaire, en dehors. Le long dorsal est l'ormé de deux ordres de fibres ; 1° les unes sont on dehors de la ligne médiane du muscle; 2" les autres en dedans. A partir de cette ligne, elles s'écartent en divergeant à la manière des barbes d'une plume , et se dirigent d'avant en arrière, de la surface vei's la pro- fondeur du muscle. r Les fibres externes font suite aux tendons venus des fibres internes de l'épineux du dos, et vont s'insérer profondément sur la cloison qui sé- pare en dehors le longdoisal du sacro-lombaire. 2" Les fibres internes font suite à un tendon aplati très mince, qui pé- nètre de la gaùie du sacro -lombaire dans celle tlu long dorsal, de la ma- nière que nous indiquerons bientôt. Ce tendon s'avance jusqu'au milieu du muscle, se met en contact avec le tendon qui donne naissance aux fibres externes en formant avec lui un angle aigu ouvert en avant. Les fibres musculaires internes du lojig dorsal naissent alors de son extrémité , et vont s'insérer sur la cloison qui le sépare de l'épineux, et aussi a la paroi inférieure de la gaîne qui le renferme. BÉSl'MÉ. Le long dorsal est étendu de l'occiput au premier tiers de la queue; il est formé de deux ordres de fibres (|ui divergent d'avant en arriére, en naissant sur la ligne médiane du muscle de prolongements tendineux fournis par les deux muscles voisins. Les unes s'attachent aux cloisons interne et inférieure ; les autres à la cloison externe et à l'iidërieure. A'. Muscles des naijeuires de la queue. Ces nageoires sont au nombre de deux ; elles ont chacune un muscle propre de chaque côté. Il n'y a pas de nageoires a la face inférieure de la queue. I. Muscle de la jjretvtère nageoire. Il est formé d'un faisceau musculaire très court , qui prend insertion sur la cloison transversale de la queue et sur les côtés du corps des ver- tèbres. Ce faisceau se dirige verticalement et s'applique rontre les rayons (les nageoires; il se termine par des faisceaux aponévrotiquesqui s'insè- rent a ces rayons. Ce muscle est enveloppé par une gaine libieuse (|ui le maiiitieirt ap- pliqué contre la base de la nageoire. Un faisceau de iiiii| a six It-i.d ms (lu niiis('li' épineux dorsal contourne le côté externe du miscle pri'i-é- •Jenl , et les fibres du muscle épineux man|uent i» ce niveau : mais dei- 212 ROBIN. — SDR UN APPAREIL ÉLECTRIQrE l'ifii'e le muscle de la nageoire, un faisceau musculaire naît de sa gaîne libieuse , et rend à l'épineux son volume ordinaire. Ce dernier faisceau musculaire se continue par des tendons qui vont à leur tour contourner le muscle de la deuxième nageoire ; ce faisceau de tendons n'est égale- ment accompagné d'aucunes fibres musculaires. 2. Muscle de la deuxième natjeoire caudule. Ce muscle présente la môme disposition que le précédent , sauf le vo- lume , qui est moins considérable. Ses insertions , son aponévrose d'en- veloppe sont semblables. Un faisceau de tendon le contourne, et derrière lui naît un autre faisceau musculaire qui continue l'épineux supérieur. Ce faisceau musculaire se termine par des tendons très déliés , qui se prolongent jusqu'au bout de la queue , mais cessant d'être accompagnés par les fibres musculaires 3 ou 4 centimètres avant leur terminaison. nisuMii. Les deux nageoires dorsales de la queue ont chacune un muscle sem- blable de chaque côté. Ce muscle naît de la cloison transversale et des faces latérales des vertèbres correspondantes. Il se termine par des fibres tendineuses sur les rayons de la nageoire. Il est enveloppé d'une gaîne fibreuse. Le nerf latéral perce cette gaine et traverse le muscle. Un fais- ceau de tendons du long épineux dorsal contourne ce dernier, et derrière lui naissent des fibres musculaires destinées à continuer le muscle épi- neux. B. Muscles de la réyion latérale de la queue. Ils sont au nombre de deux ; ce sont : 1° Le muscle sacro-lombaire ; 2" Le muscle latéral de la queue. 1" Muscle sacro-lombaire. (Cuvier.) Ce muscle naît à l'occiput et se termine vers le premier tiers de la queue. Il est prismatique quadrangulaire au tronc ; mais , à la queue, il s'arrondit. Il est placé entre le long dorsal en dedans , les muscles abdo- minaux en dehors. Le nerf latéral est placé dans sa gaine , profondément au tronc, et sur la face externe à la queue. La veine latérale accessoire sous-cutanée suit son bord interne après avoir quitté l'intervalle de l'é- pineux et de l'appareil électrique. En quittant la face latérale de l'appa- reil électrique , la veine latérale , accompagnée du nerf précédent , suit son bord externe. Au niveau du bassin , les faces externes supérieure et inférieure de ce muscle s'arrondissent , et la première devient sous-cutanée un peu avant la terminaison du muscle , par suite de la terminaison du prolongement des muscles abdominaux à la queue. Ce muscle est formé d'une série de CHEZ LES POISSONS DU UEMIE DES HAIES. 213 faisceaux niusciihiiics très courts , s'iuséraiit sur les laces antérieures et [luolérieures (le cluisoiis libreuses, iiicliuces d'avant en arrière et de la profondeur vers la suifacc. Ces cloisons libreuses soiit comme iinbriiiuées, mais séparées l'une de l'autre par les faisceaux musculaires auxquels elles doiuient naissance. Cette imbrication est très appin'ente à la face dorsale du muscle lorsqu'on a enlevé la peau et l'aponévrose générale d'enveloppe, à laijuelle s'insère rextrémité de ces cloisons. On peut voir alors , du côté du long dorsal, se détaclier de chaque cloison un tendon aplati , qui pénètre dans la gaine de ce dernier muscle , et donner naissance à ses fibres internes. Lorsque le muscle s'arrondit vers le bassin, les cloisons se courbent sur elles-mêmes, d'abord en demi-cônes concaves en dedans, puis en cônes complels emboîtés les uns dans les autres , très obliques et très rapprochés. C'est au fond d'un de ces cônes, à 15 ou -20 centimètres du bassin , que commence l'appareil électrique 11 nait environ six ou huit cônes fibreux circulairemenl autour du premier quart de la longueur de l'appareil électrique ; mais les faisceaux musculaires auxquels ils don- nent naissance deviennent de plus en plus courts , et disparaissent bien- tôt tout à fait. L'appareil électrique devient alors sous-cutané. Les derniers cônes libreux du sacro-lombaire sont très rapprochés l'un de l'autre. Les faisceaux musculaires auxquels ils donnent insertion sont courts, arrondis comme de petits bâtonnets, à surface lisse , à extrémité légèrement conique, et rangés régulièrement les uns il côté des autres, comme les pièces des mosaïques , et faciles ii séparer à cause de leur peu d'adhérence ensemble. Cette disposition des faisceaux musculaires est spéciale à ce muscle, et mérite d'être signalée a cause de sa singularité. Le muscle sacro-lombaire s'étend de l'occiput au premier tiers de la queue. Il est formé d'un seul ordre defdjres courtes s'insérant à des cloi- sons aponévroliques régulièrement espacées , suivant la longueur du muscle, et placées obliquement Ces cloisons se contournent en cônes à la queue , et c'est du fond d'un de ces cônes , au centre du muscle , que commence l'appareil électrique. 2. .Uii/icle la/f'iYil de Ifi queue. (Ch. R.) Ce muscle n'est pas une continuation directe des muscles du tronc, comme les pnicédents. Sur la face anti'rieure d'une cloison tendue entre la gaîrie du sacro-lombaire et la branche ascendante du |iul)is , ainsi que sur le bord antérieur de ce cartilage , se termine le latéral de l'abdomen. Sur la face postérieure de la même cloison et le bord postérieur du car- tilage précédent, nait le latéral de la queue. 21 Zl ROBIK. — SU« U^ Al'l'AKIilL ÛLECTRIOl F. Ce muscle cesse à peu près au même niveau que le loiiy dorsal , mais un peu avant , c'est-à-dire vers le premier tiers de la queue. Il est arrondi et convexe en dehors , où il répond a la peau et au membre postérieur; il est concave en dedans , où il s'applique contre le sacro lombaire, dont II eat séparé par une cloison aponévrolique épaisse. Car une exliéniilé coniq\ie arrondie , qui plus loin devient prismatique. Les vertèbres auxquelles les tendons précédents n'adhèrent pas. c'est- à-dire les trois ou quatre dernières vertèbres du tronc, donnent naissance aussi de chaque côté de l'aorte à deux tendons , qui présentent en petit la même disposition que celle des tendons précédents. Ainsi ils naissent de chaque côté de l'aorte , à partir du niveau de l'ar- cade des tendons principaux , et sont réunis ensemble au-devant d'elle et l'enveloppent ; puis bientôt leurs bords deviennent épais ,'s'arrondi.ssent en forme de tendons qui s'entrecroisent aussi en formant une arcade semblable à la précédente. A partir de cette arcade, les deux tendons s'isolent davantage, s'écartent l'un de l'autre au niveau de la première vertèbre caudale pour se perdre sur la face interne de cliaipie faisceau musculaire correspondant né des tendons décrits auparavant. Sur les bords externes des tendons principaux naissent rie chaque côté une membrane fibreuse qui passe au-devant de la veine cave et du rein correspondant pour se joindre à l'aponévrose générale d'enveloppe , au bord externe du rein , et former ainsi une gaine à ce dernier organe. Avant de décrire le muscle proprement dit, je donnerai quelques dé- tails sur son origine chez l'Ange [Squatina nnrjelus R.). Sur ce Poisson , l'origine a lieu plus haut dans l'abdomen que chez les Raies . et ils s'iso- lent aussi de la colonne vertébrale à une distance plus considérable du bassin. Ils foiinent une arcade rd)rense par entrecroiseu)ent de leurs fibres. Cette arcade est plus étroite , mais plus épaisse au centre qu'aux boiils Elle présente une concavité tournée en bas ou en arrière , ^e coii- 2/6 BOBIV — SUR U.N AlTAHlill, lîl.ECTliini E tinuantavec une membrane qui joint les deux tendons l'un à l'autre. Elle a un autre bord concave tourné en avant et eu haut; ce bord est épais, arrondi; entre lui et l'aorte s'enlonce un gros faisceau de fibres muscu- laires blanches qui proviennent de la réunion en une seule masse de toutes les fibres musculaires blanches qui forment le mésentère muscu- leuxde l'intestin grêle. Ce faisceau musculeux va s'insérer sur la paroi externe fibreuse de l'aorte même , et il lui adhère fortement derrière l'ar- cade fibreuse des tendons décrits précédemment. De chaque côté des tendons décrits plus haut se détache une lame fi- breuse qui passe au-devant des veines caves et des reins , et va s'unir à l'aponévrose d'enveloppe interne , le long du bord externe des reins , et leur forme une gaine fibreuse. Quant à l'aponévrose d'enveloppe qui passe derrière les reins, près de son insertion aux apophyses transverses, il s'en détache un feuillet fibreux qui vient s'unir devant l'aorte avec le feuillet semblable du côté opposé , en appliquant l'aorte contre la colonne verté- brale. Dans la partie des tendons qui s'insère ;i la colonne vertébrale , le feuillet précédent se confond avec les tendons eux-mêmes. Les fibres musculaires se délachent des tendons qui viennent d'être dé- crits , au niveau de la première vertèbre caudale , comme chez la Raie. Chez les Raies, le péritoine forme sur le côté externe de chacun des muscles précédents un cul-de-sac assez piotond. Je reviens actuellement à la description de l'épineux caudal inférieur sur les Raies. Il répond dans toute son étendue à la queue , en dehors au long dorsal inférieur ou ilio-caudal , et plus loin à l'appareil électri(|ue ; en dedans, il est séparé de celui du côté opposé par les apophyses épineuses infé- rieures. Peu à peu ce muscle diminue de volume, et prend la même forme et le même volume que l'épineux supérieur. Ses fibres musculaires et les tendons qui leur font suite se comportent d'une manière identique; ils s'insèrent aux apophyses épineuses inférieures. RÉSUMÉ. 1° Le muscle épineux caudal inférieur naît par un tendon très allongé vers le milieu de l'abdomen , à la face antérieure des vertèbres de cette région , et se termine à l'extrémité de la queue. 2° L'origine a lieu dans une grande étendue par les bords d'un tendon aplati couché devant l'aorte , et dont les bords s'insèrent de chaque côté de ce vaisseau. .3" Les fibres de ce tendon s'entrecroisent près du bassin ; de l'arcade qu'elles forment ainsi partent deux tendons d'où naissent les fibres mus- culaires vers la première vertèbre caudale. CHEZ i.i:s POISSONS du fiKMiic i)i:s raies. 217 4' Deux tendons tros cotn'ts (|ui présentent en polit la même disposition que le précédent adlièrent aux veilébies sur lesipn^lles les tendons précé- dents ue s'insèrent pas, c'est-à-dire les trois dernières vertèbres sacrées. Ces tendons donnent naissance aux fibres de la partie interne du muscle. 5° La même disposition se retrouve chez l'Ange ( Squat ina mgetus, R.) ; seulement les tendons sont plus forts , et entre le hord supérieur de l'ar- cade qu'ils forment en s'entrecroisant au-devant de l'aorte et ce dernier vaisseau s'enfonce le faisceau musculaire, formé par la réunion des libres du mésentère musculeux. Ce faisceau s'insère sur la paroi antérieure même de l'aorte. fi" Du bord externe de ces tendons part une lame fibreuse qui passe au- devant de la veine cave et des reins, et leur forme une gaine. 7° Lo muscle épineux inférieur né de ces tendons est d'abord arrondi ; mais, plus loin, il devient prismatique, et se comporte de la même ma- nière que le muscle épineux supérieur. 2. Muscle puhio-cmidat. [Ch. R.) Ce muscle est pour la face inférieure de la queue ce qu'est la portion caudale du long dorsal pour la face supérieure de cet appendice. Il commence au bassin et se termine vers le premier tiers de la queue. Son origine a lieu par un faisceau large et aplati , puis arrondi au bord antérieurdu pubis jusqu'à l'articulation avec le fémur, dont la tète elle- même donne insertion à un faisceau assez volumineux. Il se l'étrécit peu à peu, devient prismatique, se place entre l'épineux inférieur et le sacro- lombaire , et se termine en s'amincissant peu à peu. Son faisceau d'insertion au bassin passe sur le côté correspondant du cloaque , et les deux muscles correspondants doivent resserrer et appli- quer l'une contre l'autre les deux parois de celte cavité en se contractant. C'est en arrière du cloaque qu'il est entièrement logé entre les deux mus- cles précédents. Les fibres de ce muscle se comportent avec les tendons du sacro-lom- baire et de l'épineux inférieur, de la même manière que celles du muscle correspondant de la partie supérieure de la queue. Nous verronsplus loin que la portion decemusclequires.serre le cloaque ne reçoit pas ses nerfs de la même source que la portion qui fait partie de la (jueue proprement dite , quoique les fibres musculaires aient la même couleur, et que les faisceaux qu'elles forment puissent être suivis d'une extrémité du muscle à l'autre. Ce nni.scle correspond au long dorsal de la face opposée de la queue. Il commence au bassin par un faisceau large, puis arrondi , passe contre 2SH ROKIIM. — Sun U.N API'jVREII, ÉLECTniQlE le coté corres|)Uii(liuit du cloHciue , puis se piolniige a la (iiieiie pour se tei'iiiiner vers son prernier tiers. Ses (ibies musculaires répètent dans cette (leriiière partie la disposition du muscle correspondant a la face supé- rieure de la queue. BÉSUHË DE l'article II 1° Les muscles de la queue des Raies sont, comme ceux du tronc, ren- fermés dans des gaines formées par de fortes aponévroses sur lesquelles prennent insertion les fibres musculaires. 2' Ces gaines sont en général de forme prismatique et allongées comme les muscles qu'elles renferment. 3' Les muscles de la face supérieure de la (|ueue sont séparés de ceux de la face inférieure par une cloison fibreuse , placée transversalement an niveau du corps des vertèbres. Elle se divise en deux feuillets, dont l'un se porte en haut , l'autre en bas , vers l'aponévrose générale d'en- veloppe. Ils séparent des muscles de la queue l'appareil électrique , dont le milieu de la face interne répond à la division de cette cloison. C'est dans l'épaisseur de celte cloison que rampent les vaisseaux et nerfs des- tinés à l'appareil électrique. 4° Les muscles de la queue sont au nombre de six. A. Muscles de In régimi su/iprieure. I" Kpinei/.t dorsal. Il va de l'occiput à l'extrémité de la «lueue. 2» /.oiig dormi. Il va rie l'occiput au premier tiers de la queue. A'. Muscles des nayeoiri'S cnudales. Ils sont au nombre de deux pour cliai|ue nageoire, et semblables en tous points. Ils sont appllipiés contie la base de ces organes et maintenus par une gaine aponévrotique. B. Muscles de la région latérale. 1" Sacro -lombaire. Il va de l'occiput au tiers de la queue. L'appareil électrique commence an centre de ce muscle, et le continue quant à la position et la direction. 2° Muscle latéral de la queue. Il s'étend d'une cloison placée entre le bassin et le muscle précédent jusque vers le premier tiers de la queue. C. Muscles de la région inférieure de la queue. Ces muscles répètent en tout point la disposition de ceux de la région supérieure dans cette partie du corps. r Muscle épineux inférieur. Il nait au milieu de l'abdomen , de la face antérieure du corps des vertèbres, par un tendon qui est d'abord com- mun aux deux muscles congénères et se partage ensuite en deux. Il s'é- tend jusqu'à l'extrémité de la queue. ciiiiz i.i;,' l'oisso.NS 1)1 (iiiMiK i)i:s iiaii-.k. 219 2" Miisrle /luhiu-raadal. Il répond au long doisul ; il s elc nd du pubis au premier tiers de la i|ueue , en passant sur les côtés du cloaijue, qu'il peut resserrer en se contractant en même temps que celui du côté opposé. ARTICLE III. Des nerfs de la queue des Baies. Au tronc , les muscles reçoivent leurs nerfs des paires spinales , dont la distribution ne présente rien de bien diHérent de celle (|iii a lieu chez les autres Poissons. Mais à la queue , avec la disposition spéciale des muscles et la présence de l'organe électrique, coïncide une autre distri- bution des nerfs. Les racines nerveuses (|ui viennent de la moelle caudale ou coccy- gienne se réunissent seulement en dehors de la colonne vertébrale ; l'an- térieure avec la postérieure pour former un chiasma, immédiatement au- delà du ganglion de la racine postérieure. De ce chiasma naissent deux paires nerveuses; l'une se rend au-dessus, et l'autre au-dessous de la cloison fibreuse moyerme, et donnent naissance, chacune avec des bran- ches semblables, à un long cordon nerveux (^ncrf lotu/itudinnl sujirh-ieur ou jiostérieur; nerf lungitudinal antéiiew uu inférieur). Ces nerfs s'éten- dent depuis la première vertèbre caudale jusqu'à la dernière, et four- nissent tous les nerfs musculaires et cutanés de la queue. Quant aux nerfs de l'appareil électrique, ils naissent soit des racines nerveuses avant leur réunion en chiasma, soit directement de ce chiasma, soit enfin des paires nerveuses i|ui en partent ; ils suivent l'épaisseur de la cloison transversale pour gagner l'appareil. Ce dernier organe ne re- çoit rien du nerf latéral de la huitième paire; ce nerf ne fournit qu'au canal mucifère. Nous aurons à traiter successivement : 1. De la moelle épinière à la queue. 2. Des rnciyies nerveuses qui portent de la moelle. A. Des branches que donnent ces racines avant leur réunion en eliinsnia. 3. Du cliiasnin formé par la réunion des racines des nerfs de la queue. A'. Des branches qui partent du chiasma. 4. Des paires nerveuses auxquelles donne naissance le chiasma des racines caudales. A". Des branches auxquelles donnent naissance les paires caudales. 5. Des nerfs longitudinaux de la queue. 6. Des nerfs qu'ils fournissent : a aux muscles, h à la fieau. 220 ROBIK. SUR U.N AI'l'AllElL ÉLliCTUIQUE 1. De In moelle é/iinière à lu queue, ou moelle caudale. Elle est une continuation de la moelle (PI. 3, lig. 2) épinière propre- ment dite; il n'y a pas de limite qui les sépare. Elle s'étend jusqu'il la dernière vertèbre caudale, oij elle se termine eu pointe graduellement ePfdée. Sa forme est celle d'un prisme quadraugulaire , dont les angles sont arrondis Le diamètre vertical de sa coupe est un peu plus considé- rable que le diamètre horizontal. Elle présente un sillon antérieur et un sillon postérieur. Dans toute l'é- tendue du sillon antérieur existe une artère assez grosse. Dans le sillon postérieur existe une veine bien plus grosse que l'artère ; cette veine s'é- tend aussi de l'extrémité la plus reculée de la moelle jusque dans la ca- vité du crâne. La moelle ne remplit que les deux tiers du canal rachidien à la queue ; ces vaisseaux achèvent de remplir ce canal. Les capillaires artériels et veineux couvrent la pie-mère de réseaux très serrés. Il en part aussi des rameaux qui forment des réseaux très riches il la surface de la dure-mère, ou périoste du canal rachidien caudal. Quelques rameaux suivent les paires nerveuses , sortent du canal avec elles , et s'anastomo- sent avec les vaisseaux du périoste et des muscles épineux. 1° La moelle caudale continue la moelle épinière ; il n'y a pas de diffé- rence anatomique entre l'une et l'autre, sauf le volume. 2° La moelle caudale s'étend jusqu'à la dernière vertèbre et s'y termine en pointe. Elle est prismaticpie quadraugulaire. ,3" La face antérieure présente un sillon rempli par une grosse artère. La face postérieure est creusée d'un sillon semblable que parcourt une veine qui a au moins le double de l'artère. Ces sillons ne pénètrent pas aussi profondément que chez les mammifères. 2. Kaciurs (les nerfs de la queue. (PI. 3, fig. 2.) Il naît de chaque côté du sillon de la face antérieure de la moelle une série de racines nerveuses disposées par paires. D'autres racines disposées de la même manière naissent de chaque côté du sillon de la face posté- rieure. Les racines antérieures , et les racines postérieures forment de petits cordons cylindriques, d'un millimètre au plus de diamètre sur les grands individus. Ce diamètre varie avecl'àge. Ces cylindres ne présentent pas de faisceaux de fibres visibles à l'œil nu. Ils sont légèrement aplatis à leur point d'émergence , et s'arrondissent assez brusquement. Leur couleur d'un blanc de lait jiur se détache sur le fond plus gri- sâtre de la pie-mère et de la dure-mère. Leur substance est molle, pul- peuse ; cependant ces cordons se rompent assez difficilement à cause du CHEZ LES POISSONS DH GENRE HES RAIES. 221 névrilôme mince, mais vésistant qui les enveloppe et les fixe à la ])in- raèie. Les racines postérieures se détachent île la moelle é|)inière très près du sillon postérieur et sont un peu mas(|uées par la veine qui suit ce sillon. Les racines antérieures naissent un peu plus loin de ce sillon, et par con- séquent plus près de l'angle de réunion des faces latérales , avec la face antérieure de la moelle. Ce que ces racines présentent surtout de singulier, c'est que les paires postérieures et antéiieures ne naissent pas sur le niénie plan perpendicu- laire à la longueur de la moelle , comme on le voit pour les auli'es Ver- tébrés; mais il naît alternativement une racine antérieure, une posté- rieure, une antérieure , etc. Cette alternance vient de ce qu'à la (pieue les racines nerveuses sont de moitié moins nombreuses qu'au tronc, c'est- à-dire qu'au niveau de chaque paire de racines antérieures ou posté- rieures il manque la paire correspondante de racines posiérieureson an- térieures. A la moelle épinière du tronc ces racines existent et se corres- pondent , mais il y a alternance pour leur issue des vertèbres. Ainsi, les racines postérieures naissent toujours à 1 centimètre aii moins en arrière du plan qui passerait par le point d'origine des racines antérieures , avec lesquelles elles doivent se réunir pour former le cliiasnia. Les racines antérieures et les racines postérieures sortent du canal ra- chidieu avant de se réunir en ganglion. Leur issue n'a pas lieu par un trou de conjugaison placé au niveau d'une articulation inter-vertébrale, comme chez les autres Vertébrés, mais par un trou qui traverse les lames de chaque apophyse épineuse. En outre , ce trou ne donne pas passage h la fois à une racine antérieure , et à une postérieure ; mais seulement à l'une des deux , et chaque racine remplit exactement le trou qui lui est destiné, et son diamètre paraît moindre dans le trou qu'au dehors, parce que le périoste qui tapisse le trou sert de névrilème au nerf ou récipro- quement. Comme chaque lame de l'apophyse épineuse n'a qu'un trou , il en ré- sulte quechaque vertèbre ne laisse passer qu'une paire de racines, savoir, alternativement une paire antérieure et une paire postérieure. a. Les racines antérieures suivent le trajet suivant dans le canal ra- rhidien. Elles restent appliquées contre l'angle antérieur de la n)oelle près duf|uel elles Laissent, et après au moins I centimètre de trajet, elles se portent brusquement en dehors et traversent le trou par lequel elles .sortent de ce canal. Au sortir de cet orifice , la racine se trouve placée sous le périoste entre lui et le cartilage, se porte en arrière et en bas, et après 10 à 13 millimètres de trajet rendit la racine postérieure que nous allons décrire. 22-2 ROBIN. — gU« UN APPAREIL ^LÉCTRtOtlE *. Les racines postérieures naissent à 10 ou 15 millimètres plus bas que les antérieures sur lesquelles elles doivent se jeter. Elles se portent immédiatement sur les côtés de la moelle, puis se re- courbent pour se diriger en arrière entre elle et les parois du canal ver- tébral, et après un trajet de 4 à 6 millimètres dans cette direction, elles se portent en dehors pour traverser le conduit creusé dans la lame verté- brale qui leur correspond. Au sortir de ce conduit elle reste entre le pé- rioste et la vertèbre, et se jette sur la racine antérieure après un trajet de 3 à .") millimètres au plus. De la réunion de ces deu.x racines résulte un chiasmn qui est aussi placé entre le périchondre et la vertèbre. Un peu avant sa réunion à la racine antérieure, la postérieure pré- sente un petit renflement {,9«»!5'//oh) long de î à 4 millimètres, épais de 2 millimètres environ. Il est de forme olivaire, gris, rougeàtre, demi- transparent. Il est formé exclusivement (le deux ordres de globules gan- glionnaires: les uns, plus gros, sphériques, reçoivent, à celui de leurs pôles tourné vers la moelle, les libres larges ou sensitives; etdu pôleopposé, re- part cette fibre, pour se distribuer dans les organes de la périphérie. Les autres globules, plus petits, allongés, se comportent de la même manière avec les libres étrnitfs ou si/in/Mt/iii/iies (|ui concourent à la formation de la racine postérieure. Un peu de tissu cellulaire réunit ensemble ces deux ordres de globules et les deux onlres de fibres qui leur correspondent. Les gros globules, qui correspondent aux fibres larges ou sensitives, ont de 0"',095 à 0"',l5i); les fibres correspondantes ont de O'", 020 à 0"', 030. Les petits globules, qui correspondent aux fibres étroites ou sympathiques ont de 0°',080 à 0"", 115 de long, sur 0"', 050 à «".OTO de large; leslilires étroites qui leur correspondent ont de ()"',0i)4 à 0"',007 (Voir la des- cription de ces globules et fibres, (« Bulletin de la Soc. philontat., 1847. Journal l'Institut, mars 1847.) Ainsi , on a pu voir plus haut que la racine postérieure , avant de se jeter sur la racine antérieure, suit un trajet, tant intra qu'extra-vertébral, qui est plus de moitié moindre que celui de la racine antérieure. Quant a la paire de racines antérieures qui doit aller donner naissance, un peu plus loin , à un nouveau c/iinsma , elle naît seulement 4 ou 5 mil- limètres plus en arrière que la racine postérieure qui est au-devanl d'elle, c'est-a-dire, précisément au niveau du coude que fait cette dernière ra- cine pour s'enfoncer dans le conduit de la lame vertébrale. Il résulte de là que les deux racines qui doivent former un ganglion par leur réunion naissent bien plus loin l'une de l'autre ; que l'une et l'autre ne sont éloignées de l'une des deux racines du c/iii(xinii qui les suit ou les précède. A I» moelle épinière du tronc, la même disposition existe; la seule ddïéieiice qu'il y ail, c'est (|iit' 1rs racines antéiicnies et |jnsléi'ipuies sont ClirZ LES POISSONS DU GENRE DES P.AlKS. 2'j3 de moitié plus iininlireuses, r'est-à-diro , qiio sur un filiui perpeniliiui- laire au jjiarxl axe de la moelle il nait une paire de racines antérieures et une de racines postérieures ; mais il y a allernaure pour l'issue de ras racines hors du canal racliidien. A la queue, au contraire, il y a i» la l'ois alternance d'origine à cause de l'absence de racines nerveuses, et alter- nance pour l'issue. A. Branches fournies par la racine antérieure avant sa réunion à la racine postérieure. Au tronc et à l'origine de la queue jusqu'au niveau de l'appareil élec- trique, la racine anlérieuE'e ne fournil aucune branche ; mais a partir de ce point elle en doinie à l'organe précédent Elles naissent toujours près de la réunion des deux racines en un seul chiasma. La disposition des racines hors du canal racliidien empêche que la pos- térieure ne fournisse des branches , comme le fait la racine antérieure. En effet, la racine postérieure se confond avec l'antérieure presque aus- sitôt après la sortie du canal racliidien. Cette dernière, au contraire, suit nn long trajet sous le périoste, avant de se joindre à la postérieure. Ces branches sont an nombre de une a deux, toujours très fines, les plus grosses ne dépassant guères un tiers de millimètre. Près de l'o- rigine de la queue, la cloison hbreuse transversale étant divisée en deux feuillets, les nerfs ne la traversent pas, mais traversent le périoste; puis arrivent dans l'appareil électrique, après avoir traversé quelques unes des couches du muscle sacro-lombaire, au centre desquelles se trouve cet appareil Enfin, lorsque le muscle sacro- lombaire n'existe plus, ces nerfs traversent la cloison fibreuse transversale dont il a été question plus haut , et à leur issue de cette aponévrose se distribuent dans l'organe électrique. Ce mode de distribution est le même pour tous les nerfs qui vont au sacro-lombaire ou à l'appareil électrique; seulement ceux du muscle se ramifient dans son épaisseur dès qu'ils ont traversé le périoste , car la cloison n'existe pas encore à son niveau. l" De chaque côté du sillon postérieur de la moelle, et près de ce sillon naît une série déracines nerveuses disposées par paires. Les racines an- térieures ne naissent pas au même niveau. 2° A peu près sur l'angle de réunion de la face antérieure et des lares latérales de la moelle, par conséquent, assez loin du sillon antérieur, nais- sent les racines antérieures, également disposiCs par pai es. Ou vient de voir que les racines pi>sli''iieur('S ne naissent |)as sur le même plan. I." Il V :i Iduinuis deux paires nerveuses . inii' anli'ncurr ri une posté- 22/l ROBITV. — SUR L'N APPAREIL Ér.ECTRrQUE lieure qui naissent très proche l'une de l'autre (4 à G millimètres); il faut ensuite parcourir un espace au moins double avant d'arriver à l'origine de la paire qui suit ou qui précède. Chaque racine postérieure s'unit tou- jours à une racine antérieure avant de donner des nerfs ; mais c'est tou- jours avec la racine qui liait loin d'elles que ces racines se joignent et jamais à celles qui naissent à peu de distance de leur origine. 4° Chaque racine postérieure, immédiatement avant sa réunion à l'an- térieure, présente un petit ganglion en forme d'olive, allongé, d'un gris rougeàtre , demi-transparent à la périphérie. Il est formé de deux ordres de globules (gros ou sensitifs, et petits ovoïdes ou sympathiques), aux- quels correspondent deux ordres de tubes (tubes larges ou sensitifs, et étroits ou sympathiques). La structui-e des deux ordres de globules dif- fère beaucoup, celle des tubes également. Jamais les tubes larges ne s'in- sèrent aux petits globules et réciproquement. Les tubes ne naissent pas de ces globules, mais chaque tube né de la moelle vient s'aboucher dans la cavité du globule par le pôle de cet organe qui est tourné vers la moelle et renaît au pôle opposé pour aller se distribuer dans les organes. 5° La même disposition se retrouve au tronc; la seule différence qu'il y ait avec la queue, c'est cpie, sur le même plan perpendiculaire au grand axe de la moelle, il nait une paire de racines antérieures et une paire de racines postérieures. A la queue, au contraire, il manque alter- nativement une paire de racines antérieures et une paire de racines pos- térieures. 6° Les racines ne se réunissent qu'au dehors du canal rachidien. 7" Leur issue a lieu par un orifice creusé dans la lame latérale de l'a- pophyse épineuse, et il ne sort qu'une paire il la fois, de sorte que chaque vertèbre ne donne passage qu'à une racine , alternativement à une racine antérieure et à une racine postérieure. S' Les racines antérieures , avant de se réunir aux postérieures , sui- vent , tant au dehors (|ue dans le canal rachidien , un trajet qui e^t au moins double de celui que suivent les laciiies pusléi'ieures. 9° La disposition anatomique précédente pei'uiet aux racines antérieures de domier des branches à l'appareil électriipie. Elles sont au nombre de luie ou deux , et très grêles. Quelques unes des racines antérieures n'en fournissent pas, mais très rarement. 10" Les racines antérieures ne fournissent aucun lilet au tronc ni à l'origine de la queue. C'est seulement depuis le niveau de l'extrémité an- térieure (le l'appareil (|u'elles en donnent , et ces branches naissent tou- jours près du chiasma des deux racines. 1 1° Les racines postérieures ne fournissent pas de branches avant leur réunion en chiasma. à Ciiiîz i.i'S POISSONS Dr r,v.\nE des raies. 2'25 '.\. Du c/iinsitki que forum»/ lis rnrines nervnines en se réunissant. Les racines neiveuses se réunissent ensemble entre le péricliondre et le tissu fie la vertèbre, d'une part, à peu près au niveau de la symphyse vertébrale qui suit l'issue de la racine postérieure, et d'autre part au ni- veau de l'insertion de la cloison moyenne fibreuse transversale avec le péricliondre , c'est-à-dire au niveau du cor|is des vertèbres. De leur réunion résulte un corps quadrilatère allongé, d'une épaisseur de 1 mlUim. au plus, qui est égale dans toute sa longueur, et de 2 à h millim. de long. En disséquant ce corps , on remarque qu'il y a échange de libres entre les deux racines dans l'épaisseur de ce corps ; ces racines s'envoient récipro(|ueinent un faisceau qui a la moitié de leur volume total (PI. li, lig. 2). Mais, dans ce chiasma, on ne remarque pas trace de globules ganglionnaires semblables à ceux que nous avons décrits plus haut dans le ganglion de la racine antérieure. Ainsi ce n'est pas un gan- glion proprement dit, mais un simple chiasma , c'est-à-dire qu'il y a seu- lement échange réciproque de fibres entre les deux racines , sans addition des globules ganglionnaires , qui sont l'élément essentiel du ganglion. A. .\('r/'s que fuuniit le chiasma. De la l'ace externe du chiasma précédent parlent deux à trois nerfs destinés exclusivement à l'appareil électrique , dont l'un est habituelle- ment deux à trois fois plus gros que les autres, c'est-à-dire a l/:i à 1/-2 millim, de diamètre. Ces nerfs se distribuent d'abord exclusivement au sacro-lombaire, vers l'origine de la ipiuue , jjuis à la fois au sacro-lombaire et à l'appareil élec- trique, parce que cet organe est enveloppé par le muscle; enfin exclusi- vement à l'appareil électrique dans les deux tiers de son étendue, parce que le sacro-lombaire ne l'enveloppe plus. De l'extrémité postérieure du chiasma partent deux nerfs aussi volu- mineux (pie les racines d'origine ; ce sont les analogues des deux paires nerveuses spinales des vertébrés supérieurs, ou paires nerveuses sjjina/es. r Les racines antérieure et postérieure se réunissent et forment un chiasma quadrilatère un peu allongé. 2° Ce corps ne renferme pas de globules ganglionnaires ; il est formé seulement par l'échange réciproque, à volume égal, des tubes des racines nerveuses. 3" H envoie deux ou trois branches au muscle sacro lombaire et à l'ap- pareil électrique. A" De son extrémité postérieure partent les ilenx paires nerreiises enu- dales. :i' série Zmn. T \II 'Auil I.SlT.):i 13 'i2() ROBIX. — Slip, Il\ APl'AHRir, ÉI,l'.f:TRIOl K 4. l'nirrs iifrmisi'X ivutla/ps. Elles sont au iionibre de deux ; nlles naissent do l'extiémili' dn r liiasma opposée a celle (|iii reçoit les racines d'oiigine. Klles soTit toutes deux d'égal volume, se diligent en arrièie, contre les vertèbres, dans l'épaisseur du bord adhérent de la cloison fibreuse mé- diane Klles s'écartent peu à peu l'une de l'autre eu haut et en bas, et après un trajet de i a 3 centimèties , elles émei'gent l'une au-dessus, l'autre au dessous de cette cloison ; pour atteindre le nerf longitudinal coirespoudant après un tiaj«t de I/-2 à I centimètre contre la cloison. Les points d'énierj^ence de ces iierl's sont régulièrement espacés ; ils sont séparés les uns des autres de la longueur de deux vertèbres, car ils pro- viennent des racines (|ni sortent de deux vertèbres Toutes les paires anlérieuies émergent de la cloison fibreuse dans le méiue point que pénètre la principale veine de l'appareil électrique ou du sacro-lombaire, pour se rendre à la veine caudale. Les paires posiérieures émergent dans l'intervalle ipii sépare la veine de l'artère. ("iliacune des paires caudales .se termine en se conloiidant avec le neil longituilinal correspondant. A. -\irfs qui naisxi'ii/ iU:s /jiiirus nerveuses s/Hiiiiles. Ueces iierl's il liait deux à quatre branches destinées à l'appareil élec trique exclusivement et au sacro-lombaire; mais aucune ne va aux autres muscles ni à la peau. Le trajet de ces nerfs est le mèinei|ue celui des nerfs qui naissent du cliiasma et ([ni ont (Hé décrits pins liant. Le plus gros d'entre eux , (|ui est destim'' an sacm-lonihaire , suit un long trajet en ar- rière avant de disparailiv, et fournit d'espaceen espace un grand nombre de filets. C'est habituellement de la paire antérieure, c'est-à-dire de celle qui est destinée au nerf longitudinal inférieur, que partent ces nerfs. On trouve cependant quelquefois une et très rarement deux branches (pii naissent de la paire posti''rieure, |irès de son ori;.'ine an chiasma. Les nerfs naissent de la pain' antérieure , parce qu'elle se trouve direc- tement au niveau de l'insertion de la cloison fibreuse transversale mé- di ne, (le sorte qu'ils pénètrent directement dans son épaisseur et gagnent l'appareil éleclri(|ue ; la paire postérieure, au contraire, se trouve à ■2 millimètres plus haut. En eHèt, sur la Raie blanche {/titiu bntis L.), où cette cloison n'existe plus, les nerfs de l'appareil naissent a la fois de la paire anlérienre et de la postérieure, mais toujours loin de leur réu- nion au nerf lonirilndinal. f Les paires nerveuses (Caudales, nées par biliircaliuii du chiasma, simt an nombre de deux : une antérieure, qui se rend au nerf longitudinal C.MI-Z r.KS POISSONS Dl (iliM\Ii DUS RAIKS. 'lÛl aiilérifiiir nii iiilriii^iir ; une poste'i'ipiire, (|iii va iiii iicrt' longitiuliiial i oi'- ii'spuiidaiit. 2" Leurs puiiils de cunlusioii avec ces iieil's soiil séparés par l'inter- valle de deux vertèbres , parce qu'elles résultent de la léunion des racines qui traversent deux vertèbres. 3° Elles donnent naissance à trois ou quatre nerfs destinés au sacro- lombaire et à l'appareil électrique: elles n'en l'oninissenl a aucun aulrr organe. 5. .\erfs ItjiKjitudiuuuj: (Cli. R. — f'aiulii-.yjiniiii.i- Stark). [ Hl. .3, lig. •>, 3 et 4, /,/'. ] Ces nerfs sont deux cordons nerveux étendus depuis l'ongine de la queue jusqu'à son exli'érnité. Ils sont formés par la réunion successive en un seul nerf des paires nerveuses caudales supérieures ou postérieures et inférieures ou antérieures; le premier représente, par conséquent, toutes les paires postérieures , et le second tontes les paires antérieures (le la queue. C'est de ces nerfs que partent tons les filets destinés aux muscles et a la peau de la quene. Nous avons vu en ell'et que les nerf» de l'appareil électrique et ceux du muscle sacro-lombaire seuls viennejit des racines antérieures, du cliiasma et des parties caudales avant leur réunion au nerf longitudinal. Ces deux nerfs sont placés protondénient dans la gaine des muscles épineux de la cpieue , rouelles dans l'angle que forme la cloison fibreuse transversale avec les faces latérales des vertèbres caudales. Ils naissent tous deux le plus souvent des troisièmes et i)uel(piefois des quatrièmes avant-dernières paires sacrées. A. Le nerf Iniigitiirlinii/ /icistprieiir naît par une, quelqui'fnis deux bran- ches ordinairement très petites, (|ui se délaclient de la paire nerveuse correspondante, et se réunissent en une seule, qui se dirige en arrière vers la queue. Ce nerf reçoit une autre branche de la paire suivante; mais auparavaiitelle envoie un ou plusieurs lilets d'anastomose à la paire nerveuse , ou même se jette .sur elle en entier, pour s'en .séparer presque aussitôt et continuer son trajet. Il se comporte de même avec les paires suivantes, avec lesquelles cependant il ne se confond |)as , ('oiimie il le l'ait quelquefois avec la précédente. Arrivé à la première paire caudale, ce nerf, au lieu de recevoir une très petite portion seulement de la paire postérieure, comme il le faisait pour les paires sacrées, la reçoit tout entière ; il reçoit de la même ma- nière toutes les autres paires caudales postérieures. B. Le iifif /ii)i(jitii(/iiiiii' iiiitt-n'eiir ifjil des paires .sacrées antérieures de la niénie manière rpie le précédent et au même niveau, par un, deux et quelquefois trois lilets d'origine. Il s'anastomose aussi par nu ou deux petits fdets avec les paires sacrées anti'rienres suivantes, en même lcin|is 228 ROBiv — si:r r\ ArpvREii. Ér.rîCTRiQi f, i|u'il en reçoit un rameau plus considérable. Arrivé à la première paire caudale antérieure, il la reçoit aussi tout entière et se comporte de même avec les paires antérieures (|ui suivent. Ces divisions et anasto- moses d'origine de ce nerf sont plus nombreuses et plus variées que pour le précédent. Quant au nombre et au volume des branches d'origine et de leurs anastomoses, il y a quelques variétés suivant les espèces de Raies, mais elles sont peu importantes et ne méritent pas d'être décrites. Les nerfs longitudinaux ont de 1 à -2 millimètres au plus d'épaisseur , suivant les espèces et le volume des individus. Les paires caudales qu'ils reçoivent d'espace en espace ont à peu près la moitié du volume du nerf lui-même. Ils s'amincissent peu à peu jusqu'à l'extrémité de la (|ueue, où ils se terminent assez brusquement en se distribuant dans l'épaisseur de la peau. Vers l'origine de la queue, les muscles sacro-lombaires, se trouvant (Ml contact avec le corps des vertèbres, et dédoublant la cloison médiane transversale, écartent beaucoup les deux muscles épineux supérieur et inférieur l'unde l'autre et les deux nerfs longitudinaux eu même temps. Chez la haie blunche[Il. hatis) cette disposition se prolonge jusqu'au bout de la queue parce que l'appareil électrique est en contact avec le corps des vertèbres. Chez les autres espèces, les deux nerfs ne sont séparés ipie par l'épaisseur de la cloison transversale médiane (|ui est placée entre les deux muscles épineux, le supérieur et l'inférieur. La seule différence qu'il y ait dans la disposition de ces deux cordons nerveux, à part leur position absolue, est déterminée par les mn.<;clesdes nageoires. Ces muscles étant insérés dans l'angle formé par les apophyses épineuses et la cloison fibreuse transversale, et maintenus par une gaine aponévrotique, ils se trouvent sur le trajet du nerf supérieur. Celui-ci les traverse de part en part sans être dévié, et pour cela, perce l'aponévrose qui leur forme à chacun ime gaine propre. Ces deux nerfs et leurs branches sont plus gros dans les espèces de Raies qui sont pourvues d'une peau rude chargée d'écaillés nombreuses et grosses [lioia cturiila, L , et /t. ru/pii^, L.), que dans les /(m'i's à peau lisse {fi. bâtis, L.). 1° Les nerfs longitudinaux de la ((ueue sont au nombre de deux de chaque côté; ils naissent de filets fournis par les deux ou trois derinères paires sacrées, et se terminent à l'extrémité de la (pieiie; ils mesurent ainsi toute sa longueur. 2° Dans ce trajet l'un reçoit toutes les paires jierveuses caudales anté- rieures, l'autre reçoit de la même manière toutes les paires caudales pos- térieures. IA\V7. I.I.S P(IISS(JNS |)| l.liMlE DliS ItVIt.S. 2'J9 .', D.iM.s loiile li'Ui' l'iL'iiiliii' ils suiit acculés aux laces latérales des vec- lebres de la queue, et ils tbui'iiissent des uert's a la peau et à tous les muscles de cet organe, si ce n'est au sacro lombaire et à 1 appareil élec- trique. a. Ih'S riiiiK'diij. fijHinU jjur li;s iier/s tuiKjitudliuuu:. Ces rameaux sont nombreux, leur distribution est compliquée; elle diffère : A pour le Dcrf longi/ixlinal su/irriein- , et B pour le nerf lonyiln- dinal inférieur. ' A. Briiitriies r/n nerf supérieur uu postérieur. Les unes a sont imisculaires ; les autres b sont cutanées. (I. Les branches musculaires partent du nerf longitudinal , à environ 1 centimètre de distance les unes des autres, et quelquefois moins. Elles sont extrêmement minces; leur diamètre et de 1/7 à 1/3 de mdlimètre; néanmoins on peut les suivre dans toute l'épaisseur des muscles, où elles se perdent en s'amincissànt peu à peu , mais elles ne se subdivisent que rarement. 11 y en a liabituellement une qui accompagne chacun des principaux troncs veineux musculaires. Les unes sont destinées 1" au muscle épineu.c : elles s'enfoncent dans son épaisseur dès leur origine et ne présentent rien de particulier. •2' Les autres, destinées au long dorsal , naissent du nerf longitudinal par un tronc commun avec celui des nerl's cutanés ; elles s'en détachent presque aussitôt , traversent l'aponévrose qui sépare l'épineux supérieur du long dorsal, et se jettent sur un wevï longitudinal musculaire acces- soire qui a le quart du volume du précédent ; il existe dans toute la lon- gueur du long dorsal, entre les fibres musculaires et sa gaine. Ce nerf, qui commence dès l'origine du muscle , se continue jusqu'à sa terminaison à la queue. Il reçoit, de la manière qui vient d'être indiquée, autant de branches du nerf longitudinal qu'il y a de paires postérieures correspon- dantes. Dans toute sa longueur , il s'en détache d'espace en espace une série de petits filets nerveux qui .se perdent dans le muscle. C'est un nerf longitudinal accessoire (pii est formé par des branches du nerf longitu- dinal principal, et qui est destiné à la répartition uniforme des filets ner- veux, et se comporte relativement au long dorsal comme le nerf précé- dent relativement au muscle épineux. 3" Le nerf longitudinal supérieur fournit des nerfs aux muscles des na- geoires caudales. 11 doinie a chacun des deu.x muscles un rameau asse:^ volumineux qui se subdivise en plusieurs filets; ce rameau nait souvent par deux branches d'origine (jui se réunissent bieutùt. Ce.s muscles reçoi- venten outre plusieurs filets plus petitsqui viennentdirectement du nerf longitudinal. S.'V) ROKi\. — st r. IN M'i'Vi;i:ii. lU.KCiiiioi i: /(. Les hriiiichi-x fii/iiiiri's rdiirnics par le IdÈigitiidiiml sont de iIpiix oifli'es : !• Les unes suivenl la cloison fibreuse placée entre l'épineux supé- lieur et le long dorsal d'abord, puis l'appareil électrique. Elles arrivent a la peau des côtés de la queue en se dirigeant en arrière, percent l'apo névrose sous-cutanée, passent entre la veine latérale accessou'e et le tendon externe de l'épineux supérieur et se distribuent dar)s le derme. Il y a à peu près autant de ces brandies que de paires spinales et cau- dales. Dans toute la longueur du long dwsal elles naissent par un tronc commun avec les nerl's de ce muscle, des paires postérieures à la région spinale, et du nerf longitndiml a la i|ueue. T Les autres branches cutanées naissent des racines postérieures à la région dorsale, suivent les a|iopliyses épineuses en se dirigeant en arrière applifiuées contre leur pério.>>te; percent l'aponévrose d'enveloppe, pas- sent en dedans des tendons du muscle épineux et se distribuent dans le derme. Ce sont elles qui l'ournissenl aux Aow/psJe la ligne médiane dor- sale. A la base de la quene, au niveau de l'origine du nerf longitudinal , la pi'emière de ces branches cutanées (pii naît de ce nerf se jette sur celle qui nait au dessous, et celle-ci se comporte de même avec la suivante. Il en résulte un nerf lonijitudinal cutaM accessoire, parallèle au nerf Ion ■ gitudinal, ayant le cincpiième de son volume, et appliqué contre les laces latérales des apophyses épineuses. De ce nerl' partent des filets cutanés très minces qui vont se distribuer » la |)eaii de la manière iiidiipiée plus haut. Au niveau des nageoires caudales les tilels sont plus volumineux , et rampent contre les rayons, pour se perdre dans la peau : aucun ne va aux mn.scles. B. firnnches fournils jinr /<• iii-rf loiii/itiirliiiu/ iiifciiciir. Comme pour le nerf longitudinal supérieur, les unes n .«ont muscu- laires, les autres h sont destinées a la peau. n. Les branches musculaires , 1° du muscle épineux inférieur présen- tent la même disposition que celle de l'épineux supérieur. 2" Les branches du muscle pubio-caudal ont une distribution diffé- rente de celles du long dorsal ()ui lui correspond à la face supérieure du tronc Dans la portion de ce muscle cpii est voisine de son insertion au pubis, et répond aux lèvres du cloaque (qu'elle rapproche en se contractant sy- nergiquement avec le mu.scle du côté opposé) , les nerfs viennent de huit on dix des dernières paires antérieines sacrées. Ces nerfs sont gris, assez mon«, et se réunissent en formant une s en nombie égal à celui des paires anté- rieures. La première se dirige en arrière , se jette sur celle qui la suit ; celle-ci se comporte de la même manière avec celle qui est au-des- sous, etc. Il en résulte un nerf hmijitudinitl cntmit' ncressnirc . ipii flis- tribue uniformément des filets très minces destinés à la peau des ci'iles de la face antérieure de la queue. Ils lui arrivent en périmant l'aponé- vrose d'enveloppe et passant en dehors du lendoii le pins externe de l'e- pineux inférieur. Ce nerf longitudinal a environ l/.'i ou 1/4 du volnnie du neil/; pnn cipal ; vers le point d'arrivée de cliaipie branche de reiiliirceineiil , il est un peu plus volumineux ipi'an-dessus , mais il reprend sou volume or- dinaire en donnant presque immédiatement nue branche assez ^!rosse qui se divise avant d'atteindre la peau 2 L'autre ordre de rdets cutanés a une distribntiiHi plus sinqile. Ils vont directement dn nerf longitudinal a la peau de la partie médiane in- férieure de la ipieiie , en suivant les faces latérales des apophyses épi- neuses inférieures. Ils traversent l'aponévrose sous-cutanée, et pénètrent dans la peau eu passant en dedans dn tendon le plus interne de ceux dn muscle épineux inférieur. I ,1 Les liraiirlics du iieii loii^itniliiiHl -iipencur soiil lllll^(■lllai|■(■s cl cutanées 2. " Les braii'hi". inusçulail'es sniit nombreuses , ni.iis minces, Kllc •232 KOBi^. — sun in U'I'aueii, électrique se distribuent : 1' directement au muscle épineux dorsal; i" au long dorsal, après avoir traversé l'aponévrose qui le sépare de l'épineux , et formé un nerf longitudinal accessoire mince, qui doime directement au long dorsal une série de filets très déliés, comme le longitudinal supérieur au muscle épineux; 3' enfin, il fournit à chaque muscle des nageoires , une grosse branche et plusieurs petits rameaux. 3. b. Les branches cutanées sont de deux ordres; 1° les unes vont di- rectement à la peau des côtés de la queue en suivant la cloison fibreuse qui sépare le long dorsal du muscle épineux; '2" les autres sont appli- quées contre les apophyses épineuses inférieures ; elles se jettent succes- sivement sur celles qui les suivent, pour former un nerf longitudinal ac- cessoire, duquel partent de minces filets qui vont à la peau de la ligne médiane dorsale, aux boucles de la même région et à la peau des na- geoires caudales. 4. B. Les branches fournies par le longitudinal inférieur sont égale- ment musculaires et cutanées. 5. a Les branches musculaires se distribuent : 1° les unes directement au muscle épineiu: inféi'ieur; 2" celles de la portion du pubio-caudal qui fait partie des muscles de la queue se distribuent, comme celles du long dorsal qui lui correspond, a la face supérieure. Mais la portion de ce muscle qui rapproche l'une de l'autre les lèvres du cloa(|ue , et s'insère au pubis , reçoit ses nerfs des huit ou dix dernières paires sacrées anté- rieures. Des branches de ces nerfs .se réunissent pour former une ou deux anses nerveuses grisâtres, et présentent chacune de un à trois gan- glions. De ces ganglions et de ces anses parlent des filets qui se perdent dans le muscle^ Le muscle latéral de la queue reçoit trois ou quatre branches des dernières paires sacrées, mais ces nerfs n'olfrent rien de particulier dans leur distribution, 6. b. Les branches cutanées sont aussi de deux ordres : I» les unes ram- pent contre la cloison qui sépare l'épineux du pubio-caudal d'abord, et plus loin de l'appareil électrique. Elles se joignent pour former un nert latéral cutané accessoire qui envoie de minces filets à la peau des côtés de la face inférieure de la queue ; 2° les autres filets cutanés vont direc- tement à la peau de la ligne médiane inférieure en suivant les côtés des apophyses épineuses inférieures caudales. ARTICLE IV, Des vaisseaux qui se dislribuent dans la iiiieue des Haies. llvscrijition i/i'iirriilc. — Ces vaisseaux sont artériels et veineux. Les artères viennent toutes de l'artère caudale, qui est une continuation de À ciiHz ilis roisso>s DL (a:MtE dks kaids. 233 l'aorte. Quant aux veines , elles sont de deux ordres; les unes ranièneni le sang des muscles et de l'appareil électrique; elles suivent en tout point la disposition des artères , et ont la veine caudale pour tronc col- lecteur commun , qui devient veine-porte rénale. Les autres veines sont les veines cutanées , très nombreuses et volumineuses , qui vont directe- ment au cœur. L'artère et la veine caudale sont renl'erinées dans un cajial formé par les apophyses épineuses inférieures des vertèbres de cette région , depuis l'origine de la queue jusqu'à son extrémité. L'artère est au-dessus de la veine, contre le corps des vertèbres ; comme elle est très contractile et ad- hérente à la veine, elle se rétracte, et son calibre est presque entièrement oblitéré. En se rétractant, elle entraîne la paroi de la veine qui lui adhère, d'où il résulte que ce dernier vaisseau est toujours béant et largement dilaté lorsqu'on le coupe transversalement. Les branches artérielles qui partent du tronc principal et les veines qui arrivent il la veine sous-caudale ne traversent pas par un orifice commun les apophyses épineuses inférieures. Elles traversent le tissu fibreux, ipii unit une vertèbre à la vertèbre voisine; et comme cette couche fibreuse est très mince, et les vertèbres unies élruitemeut en- semble , il ne passe qu'un seul vaisseau de chaque côté , dans chaque ar- ticulation. 11 sort ainsi de chaque articulation alternativement une artère et une veine. Les veines cutanées sont formées par un dt^doublement des cloisons aponévrotiques intermuseulaires au point de leur insertion sur l'aponé- vrose générale d'enveloppe, et ce sinus fibreux est seulement tapissé par une couche d'épithélium pavimenteux des vaisseaux. Cette disposition des veines cutanées est la même chez tous les Plagiostoraes. Il n'en est pas de même pour les artère et veine caudales ; car, chez tous les Pois- sons du grand genre Squale de Linné [Stjualus L.), l'aorte arrivée dans le canal caudal n'a plus de parois élastiipies. Ses parois sont fibreuses , confondues avec le périoste du canal ; il en est de même pour celles de la veine correspondante , et à leur point de contact les parois de ces deux vaisseaux sont confondues ensemble; de sorte que le canal caudal res- semble à un conduit vasculaire partagé en deux portions par une cloison transversale. D'après les notions précédentes , on voit que nous aurons à parler successivement : I. De l'artère caudale. .V. Des branches qu'elle fournit. 2 De la veine caudale. A. Des branches qu'elle reçoit, 3. Des veines cutanées à la queue. 2oâ RWBI\. - SI II l.\ Al'I'AlllUl, lil.KCTlillM i; Ces deux ordres de viMiies, n'ayant pas de coninnnnciilions entre elles, demandent à être déci'iles séparément. 1. Dp l'artère rnudnlc. (PI. 3, lig. 2, /■.) L'artère caudale nu sous-caudale, conlinuation de l'aorte abdominale, u'a pas de limite lixe du côté de l'abdomen. Elle commence avec le canal sous caudal, vers la première vertèbre coccygienne ; elle se termine in- sensiblement en pointe à l'extrémité de la (|ueue. Elle est située dans le canal sous-caudal , au-dessus de la veine caudale , a laquelle elle adhère. Elle a 2 a 3 millim. de diamèlre, suivant le volume des individus , et remplit le tiers du canal. Ses parois sont très rétractiles ; elles ont environ ■i/5 de millim. d'épaisseur. Cette artère donne , à des intervalles régu- lièrement espacés (toujours égaux à la longueur de deux vertèbres de cette région) , deux branches transversales, qui partent de chaque côté du tronc artériel et sur le même plan. A. Iles hrnnrhea fnurnies par l'artère caudale. (PI. 3, tig. 2, )■'. ) La distribution de chacune des paires artérielles qui partent du lioiic principal est la même pour tontes, à peu de chose près; il est par con- sé(iueiit inutile d'en décrire plus d'une paire. Ces branches sont de plus en plus petites à mesure c|u'on s'approche du bout de la queue , surtout en ariière des nageoires caudales Les intervalles qui séparent leurs points d'origine sont aussi de moins en moins considérables , parce que les ver- tèbres diminuent de volume. Dès son origine, chafiue artère se porte obliquement de bas en haut , et sort du canal vertébral en traversant, selon cette direction oblique, les ligaments d'union des vertèbres correspondantes. Sortie du canal cau- dal , chaque artère continue son trajet ascendant contre le périoste, et va se terminer en se ramifiant sur les apophyses épineuses supérieures. Hans ce trajet, chaque artère dorme cinq ordres S DU CEMIK DES RAIES. 2S7 leil électiique, et ne demaiideiil pas à être décrites sépai'oment. Elles en diti'èient cependant par les particularités suivantes : 1° Les rameaux veineux sont plus volumineux d'un tiers ou de la moitié que les artères , et il y a ordinairement deux brandies veineuses pour chaque artère; celle-ci est placée entre les deux veines. 2" Les cinq ordres de veines principales qui correspondent aux cinq ordres d'artères décrites plus haut s'écartent de ces derniers vaisseaux en approchant de leur tronc collecteur, pour se réunir en autant de paires de veines qu'il y a de paires artérielles. Ces troncs veineux arrivent dans le canal caudal en traversant ceux des ligaments interépiiii'ux inférieurs qui nesontpas traversés par des artères. Il résulte de laque tous ces liyanients interépineux sont traversés par un vaisseau ; mais c'est alternativement une artère et une veine qu'on voit pénétrer dans le canal caudal, sans que jamais ces deux vaisseaux y pénètrent ensemble. Ainsi les paires de veines sont , comme les artères , séparées l'une de l'autre par la longueur de deux vertèbres. 3° Quelques rameaux déliés vont aussi s'anastomoser avec la veine dorsale de la moelle en traversant le ligament interépineux supérieur. Cette veine nait à l'extrémité de la moelle caudale, et se prolonge jus- qu'au-delà du cerveau , dans la boite encéphalique, et se bil'urque pour se jeter dans les sinus sus-orbitaires. Elle suit toute la longueur du sillon dorsal de la moelle. Son volume est considérable. Enfin quelques capil- laires très peu nombreux se détachent des branches musculaires, et per- cent l'aponévrose sous-cutanée pour s'anastomoser avec les capillaires de la peau. 1. La veine caudale est située dans le canal caudal, au-dessous de l'artère, qu'elle dépasse en volume. Elle s'étend de l'extrémité de la queue aux reins, dans lesquels elle se distribue, comme la veine porte, dans le t'oie. 2. Elle reçoit autant de veines disposées par paires que l'artère caudale donne de paires de branches artérielles. 3. Ces veines pénètrent dans le canal caudal , au travers des ligaments Interépineux que ne traversent pas les artères, de sorte qu'on voit péné- trer dans le canal caudal , entre chaque vertèbre alternativement , une artère et une veine. •1. Ces veines sont formées |)ar des branches qui correspondent aux cinq artères qui se détachent des troncs artériels correspondant à ces paires de veines, et qui les suivent dans leur distribution dans les mus- cles et l'appareil électrique. j. Quelques capillaires de ces veines, mais en très pelil n(jinbi-e , per- •lAH IlOBIM. — StJK UN 4l>PAK[!ir. Él.ECTlUOl'K cent l'aponévrose sous-culauée pour s'aiiastonioser avec les capillaires de la peau. D'autres Iraverseiit les liganieuts interépineux supérieurs pour s'anastomoser avec la veine volumineuse qui suit toute la longueur du sillon postérieur de la moelle épinière 3. \ eives sous-cuhinf>ex de /a queue. La veine caudale se comporte de la même manière , quant à l'origine de ses branches et sa terminaison , chez tous les Poissons. Les veines cu- tanées (|ue nous allons ilécrire existent chez les Plagiostoraes seulement ; cependant un grand nombre de Poissons osseux possèdent un tronc va.s- culaire latéral analogue à ces vaisseaux , mais qui toutefois en dlHèiv sous plusieurs rapports dont nous n'avons pas à nous occuper ici. Ces veines recueillent le sang de deux couches de réseaux capillaires très riches , à mailles très serrées , qui sont placées , l'une à la surface du derme , l'autre entre le derme et l'aponévrose générale d'enveloppe. Celle dernière couche possède des branches assez considérables dans les région.s où une couche de tissu coimectif s'interpose au derme et à l'aponévrose Quehpies capilliiires très rares de ce réseau peicent l'aponévrose pour s'anastomoser avec les veines profondes. Les troncs (|ui recueillent ces réseaux sont tous situés dans l'épaisseur de l'insertion des cloisons fibreuses intermusculaires a l'aponévrose sous- cutanée. Il y a un de ces troncs pour chaque interstice mu.sculaire. Tous Tonl se jeter directement ou indirectement dans la veine latérale propre- ment dite, qui va directement au cœur, après avoir reçu les veines cu- tanées des membres postérifnir et antérieur de son côté. Ces vaisseaux sont au nombre de six de cha(|uecôté , (|ui sont : I" La veine latérale ou vaisseau latéral; '2' la veine (jui suit l'ialerstice du sacro-lombain* el long dorsal ; .3" celle qui est entre ce dernier muscle et l'épineux dorsal; 4" la veine placée entre le bord antérieur du latéral de la (pieue et le sa- cro-lombaire; f)' la veine située entre ce dernier muscle et le puhlo- caudal ; 6 enfin, celle qui est entre celui-ci cl l'épineux inférieur. Nous allons indi(|uer eji abrégé la disposition de ces vaisseaux. .\. \'nifsenu ou veine liiténite. (PI. 3, fig, 3, c, et fig. A, c' .) Cette veine est étendue depuis l'extrémité de la queue jusqu'au sinus de Ciwier , qu'elle atteint en pénétrant sous l'arc scapulaire. Elle est munie d'une valvule à son abouchement dans ce sinus; mince à son origine, elle a de •>i)5millirnèlresdeilianièlre au tronc. Dans les deux tiers de l'éttHidue de la queue , elle est placée contre son bord externe , dans l'épaisseur de l'expansion menibranen.se qui s'insère à ce bord. Dans ce trajet elle est appuyée contre la faceexternede l'appareil électrique. Plus loin elle quitte peu à peu le bord de la (pieue , parce que le corps du poisson s'élargit et elle gagne la face dorsale de la région iln bassin e( ilii cm;/ Mîs POISSONS du gem{u des iiaiks. 239 tronc, en se plumant dans un dédoulilemenl de l'aponévrose de sépara- tion du latéral de la queue d'abord, puis des muscles abdominaux et du loii^ dorsal. Le liajet de celle veine est indicjué par la dépression de la peau appelée ligne latérale; au même niveau se trouve le eanal nmijueiix /.(i//h-nl qui ne communique jamais avec la veine , ni chez les Sélaciens , ni chez les poissons osseux. Le nerf latéral placé sous laponévrose cu- tanée suit également |e même trajet que la veine et le canal latéral ; mais au tronc il se place plus profondément entre les muscles. Cette veine reçoit les réseaux de l'expansion membraneuse de la queue et les réseaux sous-cutanés de la lace intérieure et latérale du même or- gane. Ces réseaux sont recueillis par des troncs de 1/4 a l/i millimètre de diamètre qui rampent à la surface du derme, et dont les ramifica- tions se voient par transparence de l'épiderme. On peut voir aussi ces vaisseaux s'enfoncer pour se jeter dans la veine latérale. B Une autre veine qui peut être appelée cf/»!? littérale ncceswirc a cause de son volume et de sa disposition . est placée au-dessus de la veine latérale. Elle s'étend aussi depuis l'extrémité de la queue jusqu'il l'arc scapulaire , et la se jette dans la veine latérale, après lui avoir déjà fourni une anastomose volumineuse au niveau du bassin. La veine laté- rale est bien plus mince que la précédente jusipi'a le niveau ; mais, à partir du point oiielle reçoit cette branche, elle prend un grand volume, tandis que la veine latérale accessoire devient très étroite. Elle est placée dans un dédoublement de la cloison qui sépare l'appareil électrique de Lépineux supérieur, et plus loin le sacre - lombaire du long dorsal. Elle recueille par des troncs semblables k ceux décrits plus haut le sang de la peau des régions voisines. Cette veine, très mince à son origine, ac- quiert subitt'im-nt un volume considérable [i a 3 millimètres), en rece- vant, en outre, les deux troncs ou sinus qui , de chaque côté, suivent la base des nageoires et recueille les veines cutanées de ces organes. Ces vaisseaux demandent une description séparée. a. Veines des nageoires caudales ; elles présentent la même disposition pour les deux nageoires. De chaque côté de la base de ces organes se trouve un tronc vasculaire sous-cutané qui se jette dans la veine latérale accessoire. Les deux vais- seaux de la nageoire s'inosculent derrière cet organe et à leur point de réunion arrivent deux veines. 1" L'une vient d'arrière en avant ; elle occupe le bord vertébral de la membrane qui unit la nageoire aux apophyses épineuKS de la queue, elle reçoit lis réseaux de cette membrant-. ■r L'autre veine suit le bord de la membrane précédente qui adhère au rayon postérieui- de la nageoire; elle reçoit les veines inter-radiales rie la nageoire correspiindanle. Ces vaisseaux , d'abord pai'alli'ics aux ravons , ÛllO ROBIK. — SUR r;\ APPAREIL fSl.ICCTRIQl K se recourbent et les croisent à angle droit pour se jeter dans la veine précédente, après s'être réunis en cinq ou six vaisseaux principaux. Tous les réseaux qu'ils reçoivent sont extrêmement serrés et riches. Ce sont ces sinus que j'ai cru d'abord (voir journaW7«»y/?irf , 1845) être analogues au simis caudal des poissons osseux. Mais ce dernier organe n'a pas d'analogue chez les plagiostomes, ainsi que je le montrerai ailleurs. Ces sinus des nageoires ne communiquent pas non plus avec la veine caudale. C. Une petite veine est placée entre le long dorsal et l'épineux supé- rieur; elle se jette dans la précédente et ne présente rien de particulier. C'est elle qui recueille les réseaux cutanés du pourtour des boucles dor- sales ; elle a 1 à 2 millimètres de diamètre. l). Les veines placées dans le dédoublement des cloisons qui séparent les muscles de la face iniérieure de la queue sont au nombre de trois; elles ont de 1/2 à 1 millimètre 1/2 de diamètre. Arrivées au voisinage du cloaque, elles se jettejitdans celle de ces veines située entre le bord anté- rieur du latéral de la queue et le sacro-lombaire. Cette veine se jette à .son tour dans la veine latérale par l'intermédiaire de cinq à six branches qui rampent transversalement île bas en haut, contre le muscle latéral de la queue. A partir de ce niveau, la veine latérale présente déjà un volume un peu plus considérable. KÉSVHi. i. Les veines sous-cutanées recueillent le sang des deux réseaux de la peau placés sous le derme et sous l'épiderme. 2. Toutes sont placées dans un dédoublement des cloisons fibreuses in- ter-musculaires. .J. Toutes vont se jeter dans le sinus de ( 'nvier par l'intermédiaire de la veine latérale. ■4. A la queue les unes sont à la face inférieure, les aulres à la face su- périeure ; ce sont : A. La ceine latérale; il y en a une de chaque côté du corps ; il en est de même de toutes les autres veines. Ce vaisseau s'étend du bout de la queue au sinus de Cuvier, et présente une valvule dans ce point. Mince à la queue, elle prend un volume considérable en recevant les veines cu- tanées de la base de la queue, et surtout une grosse branche de la veine suivante au niveau du bassin ; elle ne communiquejamais avec le canal inuqueux ni chez les Poissons os.seux, ni chez les Sélaciens. B. /.Il reine latérale accessoire, située sur les côtés de la queue au-ilessus de la précédente, s'étend de son extrémité jusqu'à l'arc scapulaire, où elle se joint à la veine latérale. Elle reçoit les sinus veineux qui viennent des deux nageoires caudales et prend alors un volume considérable qu'elle CHEZ i.KS POISSONS Di' ci-XRii r>i:s rmi;s. 2/ii coiisei've jiisqu'iui bassin, où ellfi doriin; un gTos Iroiii; liMiisveisal à la veine latérale. Celle veine ne coininMni(|ue pas avec la veine caudale par les sinus des nageoires; elle reçoit aussi une veine placée entre l'épineux supérieur et le long dorsal. 5. Trois veines placées sous la peau, entre les muscles de la face anté- rieure de la queue, se jettent dans la veine latérale par l'intermédiaire de celle de ces veines placée entre les bords antc'rieurs du latéral de la queue et sacro-lombaire. CnAPITRE III. DE L'APPABEtL F.LECTI11(3UE DES RAIES {RAIA CuV. ). Ce chapitre , qui est le dernier du présent Mémoire , renferme 1° quelques préliminaires sur les appareils électriques; 2° une description générale abrégée de l'appareil électrique des /{aies; 3° une description détaillée de cet organe ; Zi° un résumé com- plet de tout le chapitre, suivi de quelques considérations zoologi- ques et physiologiques sur cet appareil. AliTICLE I. Préliminaires. Les seuls Poissons chez lesquels jusqu'à présent on ait re- connu d'une manière incontestable un appareil électrique sont les Poissons du genre Torpille (Torpcilo D.) , les Gymnotes élec- triques [Gymnolus eleciriciis L. et Gytnnolus œquilabiatus Hum- boldl) et le Silure électrique [Silurus [Malapterurus Lac] elec- Iricus L.). Les notions anatomiques que l'on possède sur ces organes laissent encore beaucoup à désirer. Les Poissons du genre Raie {Raia C.) possèdent cependant aussi un appareil électrique, dont l'existence n'a été mentionnée par aucun des auteurs c|ue j'ai pu consulter. La disposition anatomi(jue générale de cet organe a une ana- logie tellement frappante avec celle de l'appareil des autres Pois- sons électrif[aes qu'on ne peut s'empêcher de le considérer comiîienl los tubes éié- "Ililx ROBIX. — SOP. LN Ari'ARIÎIL Kl.nrTPJQlIli inentaires se ramifient el se terminent en réseau contre la face antérieure de chaque disque sans pénétrer dans leur tissu. /i° Des vaisseaux artériels et veineux qui remplissent de leurs flexuosités les excavations , dont est creusée la face postérieure des disques; ils viennent de l'artère et de la veine caudales. II nous reste à donner dans les articles suivants une descrip- tion spéciale de l'appareil électrique , et à établir quelques consi- dérations zoologiques et physiologiques auxquelles il donne lieu. ARTICLE m. Description spéciale de l'appareil éleclriquc des Haies Pour faire l'histuii'c complète de l'appareil électrique des Raies, nous aurons à traiter successivement : J. De sa disposition analomiciuc extérieure ; savoir : 1. Ue sa silualiim absolue H nombre. 2. De sa forme et de ses dimensions. 3. De sa couleur et de son poids. h. De ses rapports ou position relative. B. Cette description sera suivie de celle de sa structure, dans laquelle nous aurons à traiter successivement ; 1 . Du tissu électrique et des disques qu'il forme. 2. Dit tissu conneciif qui forme les cloisons interdiscales. 3. Des nerfs. li. Des vaisseaux. A^ Disposition analomique extérieure de rap|)areil électrique. \. Nombre et position absolue. (PI. o, fig. 1, 3 et 6.) L'appareil électrique des Raies est composé de deux organes pairs , insymétriques , placés de chaque côté de la queue , dont ils occupent les trois quarts de la longueur , ou , si l'on veut , il y a un appareil électrique de chaque côté, car ils n'ont aucune communication entre eux. Ils sont recouverts par la peau à leur face externe ; mais, en dedans , ils s'avancent qucli|uefois jusqu'à la coloime vertébrale CIlUi! Mis l'OISSONS DL Oli.MUi UliS UAIES. ^2^5 {Raia balis h.), ou bien ils en sont séparés par deux muscles (^llaies bouclées et ronces; Raia clavala L. et R. rubiisL.). Chez le Gymnote, ils sont aussi placés de chaque côte de la queue. Chez le Silure , c'est de chaque côté du tronc. Chez les Torpilles , poissons qui ne dilïèrent des Raies que par une position différente do l'appareil électrique , cet organe est placé de chaque côté de la tclc. 2. Formes et ilimensions de l'appai-eil électrique. Cet organe a la forme d'un cylindre aplati du côté interne, effilé à ses deux extrémités , et renflé dans le milieu; en un mot, il est fusiforme, allongé. 11 a environ le volume de l'index , et une longueur de iO cen- timètres sur une Raie de taille ordinaire ; ses dimensions varient du reste suivant l'âge des individus et suivant les espèces. Différences suivant les espèces. Sur une Raie ronce femelle (Raia rj(6i/i L.),- longue de 1 mètre, la queue avait 49 centimètres de long; chaqueorganeavait37 centimètres de long; 11 millimètres dans le sens transversal , et H de haut en bas. Dans ce dernier sens , l'appareil s'étend de la face inférieure de la queue à la face supérieure. Sur deux auti'es Raies mâles de la même espèce plus grande que la précédente, la queue avait 5Z| centim. de long sur l'une, 55 sur l'autre ; l'appareil avait 41 centim. de long sur la pre- mière , et 42 sur la seconde. Sur toutes deux, il avait 11 à 12 millim. dans le sens trans- versai , et 15 à 17 dans le sens vertical. Sur une petite Raie femelle de même espèce que les précé- dentes , longue de GO centim. , il y avait 31 centim. du cloaque au bout de la queue. L'appareil était long de 21 centimètres. . Ainsi l'appareil a, chez les Raies ronces adultes, une longueur qui est égale aux trois quarts de celle de la queue. Chez les Raies bouclées (Raia clavata L.) , il a une longueur un peu moins con- sidérable relati\ émeut à celle de la queue , qui est aussi plus 246 ROBIK. — sur. UN APPAREIL ÉLECTRIQUE courte que celle des autres espèces , et s'effile davantage à ses extrémités ; c'est de toutes les Raies celle qui a les boucles les plus grosses. Chez les Raies blanches (Raia bâtis L.), cette 'longueur rela- tive est un peu plus grande. Sur une très grosse Raie de cette espèce, dont la queue seule avait 82 centimètres de long, l'organe en avait 7/|. Sur une autre, la queue avait 78 centim. de long, et l'or- gane 68. Chez cette espèce de Raie , qui a la peau nue , pourvue seulement de petites boucles sur le dos et les côtés de la queue , l'appareil est certainement plus gros que chez les précédentes. Ce fait frappe encore plus quand on considère que l'appareil s'é- tend jusqu'aux vertèbres, et que les muscles épineux sont minces. Ces dernières particularités analomiqucs font distinguer facile- ment celte espèce de Raie des deux autres dont il a été question plus haut. On peut les constater facilement par des coupes trans- versales, et on voit en même temps combien les diamètres verti- caux et transverses de l'appareil de cette espèce sont plus grands que les mêmes diamètres dans les antres Raies. Il n'est pas rare de voir chez l'une ou l'autre espèce l'organe d'un côté naître h 2 ou 3 centim. plus près du bassin que celui du côté opposé par une extrémité très e/Tilée. Sur les deux mfiles de Raies ronces dont il est question plus haut, l'appareil commençait à 1 H centim. de l'articulation de la première vertèbre caudale avec la dernière sacrée. Sur l'une c'était le niveau de l'aiiiculalion de la dix-neuvième avec la vingtième vertèbre caudale; sur l'autre, c'était vers l'articulation de la dix-septième avec la dix-huilièmc vertèbre. Ainsi il commence vers l'union du premier avec le deuxième quart de la queue jiar une extrémité conique, arrondie ou un peu aplatie, et se termine à son extrémité en s'effilant plus qu'on avant. La partie la plus volumineuse de l'organe est placée vers le milieu de la queue ; elle conserve ce volume jusqu'à l'origine, du quart postérieur de cet appendice environ ; à partir de là , il diminue assez rapidement. Les deux organes l'éunis forment une masse qui équivaut à ClIliZ I.liS POISSONS DU GICNRK DKS. RAIES. 2?|7 environ !a moilii' du volume de la poilion de la queue qu'ils occupent. 3. Couleur et poids de l'appareil. La couleur de cet appareil est un gris perlé demi-transparent ; il est traversé en long et en large par des lignes de tissu cellu- laire blanchâtre. Ces lignes sont les bords des cloisons qui sépa- rent les disques; elles partagent ainsi la surface de l'organe en une multitude de petits losanges longs de 2 millini. et de moitié moins larges. Pour constater ces faits , il faut d'abord enlever la gaîne fibreuse de couleur aponévrotique qui l'enveloppe. Ù. Des rapports et des moyens d'unioti de l'appareil électrique. Le muscle sacro-lombaire est à peu près cylindrique ; ses fibres sont très courtes , parce qu'elles sont coupées par des cloisons aponcvrotiqucs très rapprociiées. Ces cloisons représentent des cônes creux emboîtés les uns dans les autres, et dont le contact est empêché par les libres musculaires interposées. C'est au fond d'un de ces cônes que commence l'appareil électrique ; toutefois le muscle ne cesse pas dès ce niveau , mais six ou sept cloisons aponévroticiues naissent circulairement sur l'enveloppe fibreuse de l'appareil électrique dans l'étendue de son quart antérieur environ ; à ce niveau , c'est-à-dire vers le milieu de la queue , le muscle s'épuise et disparaît. L'organe devient sous-cutané dans le reste de l'étendue de ses faces externe, supérieure et infé- rieure. La face interne est appliquée contre les muscles épineux supé- rieur et inférieur qui la séparent de la colonne vertébrale ; ces muscles ont environ l centim. d'épaisseur. Le milieu de la face interne de l'organe répond au niveau de ce point où la cloison transversale fqui sépare l'épineux supérieur de l'inférieur) se par- tage en deux lames, qui se portent, l'une en haut, l'autre en bas, à l'aponévrose sous-cutanée ; ces cloisons séparent les muscles de l'organe. Cependant , chez la Raie blanche [Raia balis L.) , l'appareil se 2Ù8 ROBlîV. — SIR U^ APi'AHKll, lil.IXTlllQLK prolonge entre les deux muscles épineux , qu'il écarte et sépare (en dédoublant pour ainsi dire la cloison transversale}; il se trouve ainsi en contact avec le corps des vertèbres ; les muscles épineux sont plus minces dans cette espèce que dans les autres. Par suite de cette disposition, la face intci'ue de l'organe est décomposée en trois petites faces : l'une moyenne, verticale, touche les vertè- bres; les deux autres, obliques, répondent aux muscles épineux supérieur et inférieur. Dans toute sa partie sous-culanée , l'appareil est séparé du derme par l'aponévrose générale d'enveloppe qui lui adhère faiblement; mais des lames fibreuses continuent à se détacher d'espace en espace , circulairement, de la gaine fibreuse de l'or- gane , et se dirigent en arrière pour se fixer à l'aponévrose pré- cédente, et aux cloisons musculaires après 2 à 3 centimètres de trajet. La partie sous-cutanée de l'appareil est en rapport avec trois veines , le nerf et le canal latéral. De ces veines deux se trouvent dans l'épaisseur de l'adhérence des cloisons intermusculaires à l'aponévrose sous-cutanée. L'une suit le bord supérieur de l'appareil jusqu'au muscle sacro lom- baire : c'est la veine latérale accessoire qui rapporte le sang des nageoires ; elle est plus volumineuse que les autres. La seconde, très étroite j, suit le même trajet que celle-ci contre le bord infé- rieur ou antérieur de l'organe et de la queue. La troisième veine est la veine latérale ; elle rampe dans l'é- paisseur du repli cutané qui se trouve de chaque côté de la queue des Raies; elle répond à la face externe de l'appareil électrique. A 1 ou 2 millimètres au-dessus de cette veine , on voit le canal latéral situé dans l'épaisseur de la peau. Il accompagne toujours la veine précédente; ses orifices excréteurs s'ouvrent tous au fond de la dépression cutanée appelée ligne latérale, qui lui est parallèle , placée à la même hauteur, et qui par conséquent en . indique le trajet. Au niveau de la veine latérale , mais entre l'appareil électrique et l'aponévrose sous-cutanée, on voit le nerf latéral qui suit le même trajet que le canal latéral et la veine de ce nom ; il est ciii'Z I Ks l•olss()^s nii cemii; i)i:s iiAiiis. 2'|9 appliqué conlre la fare externe et arrondie de l'organe électrique, qui présente un sillon ]iour le recevoii- ; cependant , il ne lui donne aucune branche, cl ne fournit qu'à la muqueuse du canal latéral. Ainsi , le nerf , la veine , le canal et la ligne latérales, se trou- vent tous à peu près au même niveau le long de la face externe sous-cutanée de l'appareil , plus près de sa partie inférieure que de la supérieure. La partie de l'organe qui est plongée dans le sacro-lombaire n'est pas en rapport avec eux. B. De la structure de l'appareil électricjue. 1. Des disques et du tissu électrique dont ils sont formes. Nous aurons à traiter successivement dans ce paragraphe : a, de leur configuration ; b, de leur-arrangement les uns relative- ment aux autres; c, de leur structure intime (histologie). a. Configuration des disques. (PI. 3, fig. '2, 3 et /| ; PI. 4 , fig. 1 et 3.) L'ai)pareil éleclriciue est constitué par un assemblage de disques d'un tissu spécial. Ces disques sont prismatiques, géné- ralement à six faces. Deux de ces faces , bien plus larges que les autres, regardent l'une en avant, l'autre en arrière. I-es petites faces forment la circonférence des disques; ce sont elles qu'on voit à la superficie de l'organe ; elles sont quadrilatères ou losan- giques, pentagonales, etc. Les larges surfaces des disques correspondent toujours à une semblable face des disques voisins ; les petites sont de même en rapport avec des faces semblables , et jamais avec les grandes ; elles ont en général 2 millim. de diamètre en tout sens. ]-os petites faces sont généralement un peu convexes ou planes dans leur petit diamètre , qui a au plus 1 millimètre. Leur grand diamètre varie de longueur, suivant que le disque a un plus ou moins grand nonibi'c de faces. Les disques sont tantôt quadrilatères, plus ou moins réguliers, penlagonaux , hexagonaux, (|uel(|uel'ois triangulaires; quelques 250 ROBIÎV. — SUR liN APl'AUIilL ÉLECTRIQUE uns enfin sont presque pyramidaux à quatre faces en tout. Ces variations de formes se rencontrent dans les disques de la surface et ceux de l'extrémité des piles qu'ils forment en s' agglomérant ; elles tiennent à ce que leur développement régulier a été gêné par compression. Des deux larges faces, l'antérieure est plane, lisse; c'est contre elle que se ramifient les tubes nerveux élémentaires. La face postérieure est concave, et creusée d'excavations aréolaires, dans lesquelles s'enfoncent des capillaires flexueux. Ces excavations sont surtout faciles à étudier quand les disques ont été durcis par l'acide nitrique étendu, qui les rend d'un blanc mat, opaque, sans les déformer, et les durcit sans les rendre fria- bles. On peut alors constater que cette face postérieure est cir- conscrite par un bord mince tranchant, dont la hauteur déter- mine l'épaisseur du disque ou hauteur des petites faces. Une coupe transversale des disques montre que la profondeur des excavations dépasse les deux tiers de l'épaisseur du disque. Ces excavations sont toutes séparées les unes des autres par des cloisons d'épaisseur et de liaulcur variables. Trois ou quatre cloi- sons princi[)alcs , courbes ou rectilignes , partent d'un même point ))lacé plus ou moins près du centre de la face postérieure des disques , et vont se joindre à leurs bords; elles sont épaisses, et ont environ la mèmchaulcurque ces bords. Les espaces qu'elles circonscrivent sont subdivisés par d'autres cloisons moins hautes, qui s'en détachent comme des ramifications. Ces cloisons de deuxième ordre se subdivisent elles-mêmes à l'infini , et se joi- gnent entre elles en formant des alvéoles circulaires , ovales ou polygonales; nettement limitées par des cloisons minces, demi- transparentes , le fond de ces alvéoles est creusé de six à huit excavations plus petites, peu profondes, qui quelquefois elles-' mêmes présentent deux ou trois dépressions. Ces détails deman- dent k être vus à un grossissement de 20 à 30 diamètres : alors la face postérieure de chaque disque présente un aspect alvéolaire ti'ès élégant , dont chaque excavation diffère de grandeur , et dont le fond est creusé d'alvéoles de plus en plus petites. Cette disposition des disques est la même pour toutes les espèces CniîZ LES POISSONS nu GENUF. DKS I\AII!S. 251 de Raies; c'est, dans ces excavations ou alvéoles que viennent se loger les capillaires flexueux de l'appareil. a. Variétés de formes , et dimensions des disques suivant les âges et les espèces. Le volume de l'organe entier augmente avec l'Age ; mais c'est à la fois par augmentation du volume des disques et de leur nombre , mais surtout par augmentation de nombre. On trouve en effet sur les vieux individus les disques un peu plus volumi- neux que chez les jeunes, mais la différence n'est pas en pi'opor- tion avec celle de leur grandeur. Le nombre est, au contraire, devenu plus considérable ; c'est là surtout que se trouve la raison de l'augmentation de volume. Les dimensions des disques varient suivant les espèces. Les coupes transversales de la queue de Raies de même volume montre que l'appareil le plus gros se trouve sur la Raie blanche , puis viennent la Raie ronce et la /{aie houcice (Ràia clavala L.). C'est cependant chez cette dernière que les disques sont \\ la fois les plus larges et les plus épais. Leurs grandes faces ont jusqu'à 3 à 5 millim. de long sur 2 à 3 de large ; ce sont surtout ceux dn centre qui sont les plus grands, ceux de la circonférence sont ordinairement un peu ])lus petits. On en compte de douze à seize seulement sur la coupe de la portion la plus grosse de l'appareil. Sur la Raie ronce (R. riilius L.) , dont l'organe est à peu près de même volume que sur l'espèce précédente , les disques sont pourtant de moitié plus petits ; aussi on en compte de vingt-deux à vingt-six sur une coupe transversale de l'appareil d'un individu adulte , et jusqu'à trente et trente-deux sur les plus grands. Chez la Raie blanche (R. bâtis L.), les disques tiennent le milieu entre les deux précédentes quanta leurs dimensions; mais comme l'appareil est d'une manière absolue d'un tiers jjIus gros que dans les précédentes , on compte de trente-cinq à qua- rante disques sur une coupe faite suivant son épaisseur. ]>es disques sont plus épais dans la Raie bouclée que dans les deux autres espèces , ce qui fait que les petites faces des disques qui se trouvent à la surface de l'appareil , étant comprimées de 252 BOBIK. — Sl'll l'N AITAIICII, ihjiCTUIQlli toute part, deviennent polygonales et très régulières; aussi la surface de l'organe de cette espèce paraît partagée en un grand nombre de petits polygones quadrilatères , ou hexagonaux régu- liers. Ces derniers ont deux grands côtés , et quatre petits se réunissent deux à deux en biseau vers les deux extrémités des grands côtés. Sur les Raies ronce et blanche, les disques étant un peu moins épais que chez la Raie bouclée, et en même temps un peu inclinés les unes sur les autres , les cloisons de tissu connectif étant en même temps plus minces , les polygones formés à leur superficie par les petites faces des disques superficiels sont moins nets, leurs bords sont courbes , et ils semblent imbriqués , comme les extrémités libres des écailles des cônes de pin. b. De l'arrangement des disques les uns relativement aux autres. Ils sont appliqués l'un contre l'autre par leurs grandes faces ; d'où il résulte qu'ils forment des colonnes ou piles de disques , couchées l'une à côté de l'autre suivant la longueur de l'appareil, et que les petites faces sont tournées vers la périphérie. Plusieurs de ces piles longitudinales sont accolées latéralement l'une à l'autre, et forment ainsi des couches de piles au nombre de deux à quatre, f-uivant l'ùge et les espèces disposés coucen- triquement autour d'une ou deux piles centrales; ces faits se voient facilement sur une coupe transversale. (PI. 3, fig. Seti.) Ces rangées longitudinales de disques sont réunies ensemble par des cloisons de tissu connectif, plus épaisses que celles qui séparent chaque disque de celui qui le suit ou le précède. Ces sortes de colonnes longitudinales formées par les disques empilés ne sont pas rectilignes , et ne suivent pas toute la longueur d'une des faces de l'appareil ; mais elles les contournent suivant une ligne spirale incomplète , et elles sont en outre interrompues de distance en distance. Les interruptions proviennent de ce que , après un certain trajet, les dis(iues d'une pile deviennent irré- guliers, plus étroits, et celle-ci se termine ordinairement par un disque très petit et irrégulier. Mais à côté de cette rangée loiigi- ciiRz i.F.s POISSONS nr CRNni: di:s iîaiiîs. 25;5 liidinalc f|iii se termine ainsi , on voit qu'à mesure que ses disques commencent à perdre leur forme, il existe tout k côté d'uuties disques peu réguliers qni commencent une nouvelle rangée. b'. Variétés de l'arrangement des disques suivant les espèces. La teinte blanche et opaque du tissu connectif qui l'orme les cloisons de séparation des disques tranche sur la couleur grise demi-transparente de leur tissu propre. Ce fait permet de distin- guer facilement les différences de leur arrangement réciproque suivant les espèces. Ainsi sur la Raie ronce, on remarque à égale dislance des bords de la face interne une cloison fibreuse blanche qui en suit toute la longueur; elle est épaisse d'environ 1 millimètre, et forme à l'appareil de cette Raie une sorte de hile longitudinal , dans lequel s'enfoncent les principaux nerfs et vaisseaux. Cliac|uc côté de ce hile aponé\ rotique est longé par une ran- gée de disques qui s'interrompt d'espace en espace, et est con- tinuée par d'autres qui naissent au niveau de la terminaison des premières. De ces rangées voisines des hiles s'en détachent d'autres (|ui contournent en spirale plus ou moins oblique les bords et faces de l'appareil, en s'interrompant après h ou 6 cen- timètres de trajet pour être continuées par d'autres , comme il a été dit plus haut. Sur la R. bouclée, on ne voit pas de hile fibreux, comme chez la /{. ronce; mais les rangées ou colonnes de disques parlent en ^divergeant du milieu de la face interne de l'appareil , et se por- tent, les unes en haut , les autres en bas. A des intervalles assez régulièrement distants entre eux, une des cloisons de séparation des rangées est plus épaisse que les autres, et leur ensemble donne ainsi mie disposition penniforme à cette face de l'organe. Toutes les rangées ont , dans cette espèce , une disposition spi- rale plus prononcée que dans la R. ronce, et sont plus courtes. Chez la /!. blaiiclie, les disques sont plus inclinés que dans la /{. ronce, et c'est surtout dans cette es|)ècc qu'à la surface exté- rieure de l'appareil ils présentent une imbrication analogue à celle des écailles de cônes de Pin. Les cloisons qui séparent les rangées sont très minces dans celte espèce , et l'organe ne présente pas 25?| ROBl!%. — SUU UN APP/Vr.KIL lÎLECTRTQUE de hile fibreux à sa face interne. Mais, du milieu de la face ap- puyée contre les vertèbres , les piles s'irradient, comme dans la R. boudée , et les nerfs (|ui fournissent à l'appareil suivent le tra- jet de leurs cloisons de séparation , dont quelques unes aussi sont plus épaisses que les autres et se réunissent sur la ligne médiane, en formant un angle aigu ouvert en arrière. c. Structure inlinie des disques (histologie du tissu électrique). (PI. !\, fig. 5.) Les disques de l'appareil électrique des Raies sont formés d'un tissu dont on ne trouve d'analogue sur aucun autre animal que les Poissons électriques. Ce tissu a des caractères particuliers, spéciaux, qui doivent le faire considérer comme un tissu nouveau, dilTérent de touj les autres tissus animaux et végétaux. Il est doué de propriétés spéciales, c'est-à-dire de produire de l'électricité sous l'inflaence de Vinfluoo nerveux , au même titre que le tissu musculaire a la propriété de se contracter sous l'influence de l'influx nerveux moteur, cic Le tissu électrique dont sont formés les disques décrits plus haut a l'aspect de la golaline; mais il est plus résistant, diflicile à écraser entre deux lames de verre ; ii est assez diflicile ii déchi- rer. Ce tissu est demi-transparent ; sa couleur est une légère teinte d'un gris perlé; la couleur grise de l'appareil , considéré en en- tier, dépend de ce que ces disf[ues laissent apercevoir par trans- parence les cloisons qui les séparent. L'alcool et lessolutions sa-^ lines lui donnent une couleur d'un blanc jaunâtre, et lui font prendre plus de consistance; mais ils le contractent et font dimi- nuer son volume. L'acide nitrique étendu le coagule également, et lui donne une teinte opaque, blanchâtre; il le durcit sans le rendre friable; les disques restent assez résistants, flexibles et élastiques; mais l'acide nitrique concentré les rend très friables. Structure intime. Lorsqu'on examine avec un grossissement de 400 diamètres un mince fragment du tissu des disques, on le trouve formé d'une substance fondamentale homogène, hyaline , transparente, uniformément parsemée de granules moléculaires oxtrèmonient fins, réguliers, grisâtres. En outre, eh et là se I CHEZ I,i;S POISSONS Dl' fiEMiE DES HAIES. 255 voient de petites spiières très régulières , composées d'un amas de granules moléculaires. Ces sphères granuleuses (^iinyaii) ont de 0"'"',007; elles sont placées au centre d'une zone transparente, qui est entourée elle-même d'un amas cii'culaire de granules qui lui forment une sorte d'auréole granuleuse , dont le diamètre est trois à quatre fois celui de la petite sphère centrale. La circon- férence externe de cette auréole granuleuse n'est pas nettement limitée ; elle se confond insensiblement avec le reste de la sub- stance fondamentale , de sorle que les granules qui la forment ne semblent pas être accumulés à la face interne d'une paroi de cel- lule. La circonférence interne est plus nettement limitée, quoique imparfaitement ; l'intervalle , plus clair , qui la sépare de la petite sphère centrale porterait plutôt à croire que ces granules sont placés contre la face externe d'une cellule , dont la petite sphère serait le noyau. Ce n'est là, du reste, qu'une hypothèse; car il est impossible d'apercevoir cette menjbrane et la cavité qu'elle devrait circonscrire; si elle existe, elle se confond tellement avec la substance fondamentale par sa couleur et son pouvoir réfrin- gent , qu'on ne peut la distinguer. Les portions de disques placées ainsi entre deux verres , pour être étudiées à de forts grossissements, montrent de grandes aréoles , de formes variables , limitées par une circonférence net- tement tranchée. Elles sont partagées elles-mêmes en aréoles de plus en plus petites et également de formes diverses. Ces aréoles ne sont autre chose que les bords des excavations de la face pos- térieure des disques, qui sont affaissés par la pression que leur font éprouver les lames de verre , et paraissent beaucoup plus larges que nous ne l'avons indiqué , à cause du grossissement em- ployé. Lorsqu'on fait arriver de l'eau ou de l'alcool en contact avec le tissu électrique, on voit la substance fondamentale se couvrir de stries ou plis régulièrement ondulés , très serrés ; mais il est très facile de reconnaître que ce ne sont pas des libres , mais seule- ment des stries. Déjà, au point où nous en sommes arrivés de la description de cet appareil , il est impossible de ne pas reconnaître une grande 25G RORi\. — SIR UN APi'Ar,i;ii. lîi.EcrniQiK analogifi entre la substance gélalincuso deini-transparcnlc , qui constitue esseiitiellcmcnt l'appareil électrique des Raies , et la substance des disques , qui , par leur agglomération , forment les prismes de l'appareil des Torpilles; celle qui est interceptée entre les lames fibreuses transversales et verticales du Gt/nmole, ainsi que celle qui remplit les mailles des capsules rhomboïdalcs de l'appareil du Silure, électrique. Quoiqu'il y ait des diirérences de forme entre les disques des organes de chacun de ces animaux, le tissu qui les constitue est le même pour tous, quant à ses caractères extérieurs. 11 est pro- bable qu'il en est de même pour la structure intime , mais elle n'a encore été faite pour aucun d'eux. Les différences les plus marquées qu'on connaisse entre ces différents organes portent sur la forme extérieure et sur l'arrangement des disques ; ainsi ils sont rangés en piles verticales sur les Torpilles, longitudinales, un peu contournées, et interrompues d'espace en espace chez Jes Raies; longitudinales non interrompues chez les Gymnotes, et en petites masses ou disques rhomboïdaux , irrégulièrement accu- mulés chez le Silure. Ces différences extérieures coïncident avec les autres diffé- rences de forme et d'organisation intérieure de ces différents ani- maux. Malgré cela , les effets n'en sont pas moins identiques , quant à leur nature , chez les Torpilles , Gymnotes et Silures ; il est donc probable qu'il en est de même chez les Raies. 2. Des cloisons qui séparent les disques , et du tissu qui les con- stitue. Le tissu conneclif [tissu cellulaire) entre en assez grande quan- tité dans la constitution de l'appareil électrique des Raies. 11 forme une enveloppe extérieure , ou gaine , qui entoure l'ap- pareil , et peut en être détachée sous forme de membrane , la- quelle a un peu du brillant des aponévroses. Il constitue en outi'c les cloisons qui séparent les rangées lon- gitudinales do dis(|ues les unes des autres, et les cloisons plus minces que celles-ci r|ui séparent chaque disque de celui qui le suit ou le précède. CHEZ r.RS POISSONS DU GF.NRE DRS RMIvS. 257 Dans ces cloisons de tissu connectif rampent les nerfs c' vais- seaux qui en font partie , et vont se distribuer aux disques. 11 résulte de cette disposition des cloisons que chaque disque est enveloppé de toutes parts par des cloisons de tissu cellulaire ; ses larges faces répondent aux minces cloisons (l/i à 1/3 de mill.) qui séparent chaque disque de celui qui est devant et derrière lui. Aux faces étroites ou de la périphérie du disque répondent les cloi- sons plus épaisses (1/2 à 3/4 de mill.) qui séparent les rangées de disques les unes des autres. Ces cloisons isolent ainsi chaque disque de ses voisins , et lui forment une sorte de loge dans la- quelle il est renfermé. Les petites faces des disques , celles de leur périphérie , qui sont tout ;i fait lisses , adhèrent peu aux cloisons correspondantes, qui sont les cloisons de séparation des rangées longitudinales. Ce sont ces cloisons dans lesquelles rampent les principales divi- sions nerveuses et vasculaires. Quant aux cloisons qui séparent les grandes faces , c'est dans leur épaisseur que s'épanouissent les terminaisons des vaisseaux et des nerfs. Elles adhèrent fortement à la face postérieure des disques, parce que c'est la seule partie par laquelle les vaisseaux s'enfoncent dans les excavations dont elle est pourvue. Elles adhè- rent moins fortement à la face antérieure, (|ui est tout à fait lisse; car c'est contre elle que s'épanouissent les nerfs , dont les filets, même les plus fins, ne s'enfoncent jamais dans l'épaisseur du disque. Variétés dans la disposition des cloisons suivant les espèces. Toutes les cloisons sont plus épaisses chez la /{. bouclée que chez les R. ronce et R. blanche. La R. ronce présente dans toute la longueur de sa face interne un hile ou cloison fibreuse longitudinale très épaisse , qui s'en- fonce dans l'épaisseur de l'appareil à la profondeur de 2 à 4 millimètres, et de laquelle partent en s'irradiant trois ou quatre cloisons plus minces, qui se subdivisent successivement pour séparer les piles de disques les unes des autres. L'épaisseur de cette espèce de hile est de 1 niilliinMre oiiviron ; il est blrinc, 3'SL-rii' y.nnt T vil (Miii IS17 ' , 17 558 ROBIM. — SUR [)N APPAREIL lÎLF.CTRIQl'F. résistant , étale brillant des aponévroses , de manière à res- sembler quelquefois à un petit tendon longitudinal. Les cloisons de l'appareil de la J{. blanche ne présentent rien de particulier que leur peu d'épaisseur. Comme les cloisons , qui séparent l'une de l'autre les couches concentriques dont il a été question plus haut , sont plus épaisses que celles qui séparent les rangées accolées latéralement qui les constituent, on peut assez facilement détacher une de ces couches concentriques de celle qui est au-dessous; ce qui facilite l'étude du trajet des vaisseaux. Structure Élémentaire des cloisons. Les cloisons de séparation des disques sont composées de trois sortes de fibres ; ce sont : 1° des fibres de tissu fibreux (fibres de noyau); 2° des fibres de tissu conneclif (tissu celhilairc) propre- ment dit ; o° des fibres d'un tissu connectif particulier, droites, minces , non ondulenscs, auxquelles sont appendus de petits cor- puscules pédicules. 1° Fibres élastiques (fibres de noyaux). Elles sont mélangées aux autres fibres en assez grande quantité. Leurs llexuosité? et ondulations nombreuses et courtes , leur aplatissement et leur largeur, les font distinguer facilement des autres espèces de fibres qui entrent dans la composition de ces cloisons. F.eur dia- mètre est de 0'""',003 à 0"'"',00/| , et ne se dissolvent pas dans l'acide acétique. 2" Fibres de tissu connectif proprement dit. Ce sont elles qui constituent la plus grande partie des cloisons ; elles sont moitié plus étroites que les précédentes, entre croisées en toift sens entre elles et avec les autres. La plupart sont onduleuses , réunies en faisceaux ; quelques unes sont presque droites. 3" Fibres droites. Il existe encore d'autres fibres de tissu con- nectif dans ces cloisons. Ces fibres semblent former la couche la plus interne des cloisons placées entre les larges faces des disques, car elles accompagnent toujours la terminaison des nerfs que nous étudierons bientôt. Ces fibres sont plus étroites encore que celles que nous venons de décrire : leur diami''lre est le même CHEZ LKS POISSONS DU GENRE DES RAIES. 250 dans toute leur étendue , et remarquable par la netteté de leuis bords. Elles sont droites , non ondulées , et s'entrecroisent presque toujours à angle droit ou aigu , de manière à former des mailles plus ou moins régulières. Elles sont pâles, homo- gènes, non granulées ni striées en long. D'espace en espace on voit de petits corpuscules ovoïdes, de teinte ambrée, qui leur sont appondus par un pédicule extrêmement étroit. Ce pédicule fait suite à la petite extrémité des globules, et a environ la longueur du corpuscule lui-même : celui-ci a 0""",()05 de long sur 0""",003 de large. Les bords du corpuscule sont pâles , nets , non denti- culés ; sa substance est transparente, homogène, non granuleuse, de teinte ambrée, sans avoir le point central brillant que pré- sentent les corpuscules graisseux. Les fibres de cette espèce se rencontrent dans plusieurs parties du corps des Raies ; elles sont surtout abondantes dans le tissu dense gélatiniforme demi-transparent qui remplit le rostre de ces Poissons. Ce tissu est constitué , en ellét , par une substance demi-lluide , transparente, homogène , contenue dans les mailles nombreuses que forment une grande quantité de fibres de tissu connectif en s'entrecroisant en tout sens. 3. Des nerfs de l'appareil électrique. Nous aurons à traiter successivement : a, de leur origine ; 6, de leur nombre ; c , de leur volume ; s m (lEMiiî iJKs HAIES. :28o de constante , c'est qu'il est toujours double , occupe les deux côtés de la ligne médiane du corps , et , comme tous les organes de la vie de relation , celui d'un côté est toujours semblable à celui du côté opposé ; or , chez la Raie , il ne fait pas exception h. cette loi. Ainsi la position de l'appareil, l'origine de ses nerfs, leur terminaison , toute sa structure , et surtout son tissu L'lectrinient , on arrive à comprendre avec facilité la relation de toutes ces fonctions. En effet , les intestins et les reins sont en quelque .sorte les deux cxlrémités de l'appareil de la nu- tridon. Les organes gastro-intestinaux préparent les matériaux de la nu- trition et les font pénétrer dans le sang; les reins en éliminent les parties excréinenlilielles, c'est-à-dire les produits qui n'ont pu être assimilés. Or, si l'on supprime les voies urinaires en enlevant les reins , ces malériaux à éliminer refluent vers leur source, remontent vers les organes digestifs par où ils avaient pénétré. De même (qu'on nous permette cette compa- raison pour faire compiendre notre pensêej, lorsque l'extrémité inlérieuie du tube digestif est obstruée d'une manière congénitale ou accidentelle, les malières excrémenlitielles, pour se porter au dehors , remontent vers leur point de départ , et se trouvent alors chassées de l'économie par les n)êmes organes qui les y avaient fait pénétrer. Enfin nous arrivons à une dernière question qui s'est peut-êire déjà présentée plus d'une fois à l'esprit du lecteur. C'est que , dans ce qui pré- cèile, nous avons avancé et répéti- que l'urée, pi'udanl les premiers temps qui succédeni à la néplirotomie , s'éliminait par linlestin . et nulle part cependant nous n'avons dit avoir reironvé de l'orée dans les fluides inles- V série. Zni.i.. T. VII. (Mai 18 17.) i :!U âflh CI,. BRRK.tRD i:r eu. BARRESWIL. — bVW 1,'l'RKP.. linaiix; nous yvons même ajoiilé que nous n'avions pu on (UVouviir, el que l'on y rcnc onlrait sculenienl de l'animoniaqup sous forme de com- binaison saline . pliospliate ou lacla'e). Au point (Je vue chimique, ces dif- férences ne sont pas le moins du monde embarrassantes: tous les chimistes savent , en effet , sans qu'il soit nécessaire d'y insister, que l'urée ou les sels ammoniacaux peuvent être considérés comme une seule et même chose sous des états différents. Mais, au point de vue physioloç^ique, comme on pourrait peut-être déduire que , dans ces cas particuliers, l'urée s'est séparée du sang sous forme de sels ammoniacaux, nous devons donner quelques explications pour prévenir contre une semblable erreur. Nous pensons donc que l'urée existe dans tous les c.is à l'état d'urée dans le sang; mais ce qui fait qu'elle se montre dans les fluides intestinaux sous l'appa- rence de sels ammoniacaux , et non avec les caractères propres à l'urée , c'est que, à l'instant même où cette substance parvient dans le lube intes- tinal , elle se trouve en dissolution dans les fluides au sein desquels s'opé rent des phénomènes de la nature des fermentations, qui la détruisent d'une manière incessante en sels ammoniacaux , à mesure qu'elle arrive. Xous nous sommes assurés de la vérité de cette assertion par des expé- riences directes. Nous avons introduit dans le lube intestinal d'animaux vivants (Chiens) de l'urée ou des dissolutions d'urée (urine); et, en les sa- crifiant au bout de quelques instants , nous n'avons plus retrouvé l'urée : elle avait été remplacée par des sels ammoniacaux. En mettant de l'urée ou de l'urine en contact avec les nu'uibranes intestinales d'un animal ré- cemment mort, et exposant le tout à une douce tenqjérature de -f- 38 à 40 c, on observe bientOI le même phénomène, seulement avec un peu plus de lenteur, c'est-à-diie que le liquide contenant l'urée renferme ensuite des sels amnuiniacaus , el liuil par prendre une réaction très alcaline. Quand on administre de l'uiée par les voies digeslivcs, on peut affir- mer, d'après nos expériences, qu'elle n'est absorbée qu'à fétal de sels am- moniacaux. Ceci explique pourquoi M.M. Vauquclin et Ségalas , après avoir administré de l'urée à un diabétique, n'en retrouvèrent pas dans l'urine de ce malade (I . Ainsi cette décomposition de l'urée en sels ammo- niacaux dans le tube gastro-intestinal n'est, en réalité, qu'accidentelle, et nous n'en conclurons pas moins que les intestins suppléent les reins après la néphrotomie . en éliminant les matériaux de l'urine. Seulement, il faut ajouter que l'urine ne s'allère pas habituellement dans les voies urinaires, tandis que dans l'inleslin , dont la fonction ordinaire est de détruire et décomposer, à l'aide de phénomènes analogues aux fermen- tations , les différentes matières organiques végétales ou animales nom- m('es aliments . l'urée se liouve entraînée elle-nièine dans celte décompo- sition, el c'est lA la cause de celle présence des sels aiiiinoniacaux à la place d(! l'urée, dans les voies digestives. ( I ] Ce malade était un de ces cas dans lesquels il y a absence à peu près com- plète durée. — Voyez Aitmiles ilr Chiinic cl ilc Plifiniiiue, t. XXIII. M)! ÉTUDES SUR LP:S TYPES INFÉRIEURS DE l'eMCBANCUEMEM DES AKNELÉS; Far M. A. SE QUATREFAGES. MÉMOIRE SIR l'ECHIURE DE GARTNER (ECIIIURUS G/ERTNERII Nob). PBEniERE PARTIE. Description ut iiistuire naturelle. l'alias a le premier l'ait connaître et étudié avec son exactitude iiabituelle un Ver marin fort singulier, qui habite les plages sa- blonneuses de rOcéan. Il le rapprocha des Lombrics et lui donna le nom de Luinbriais echiurus (I). Gmelin ("2) et Bruguières (3) lui conservèrent cette désignation , bien que Gtertner, en publiant une espèce qu'il regardait comme différente de la première , eût déjà n)ontrô qu'on devrait séparer ces animaux des Lombrics pour en faire un genre particulier, pour lequel il propose le nom de Thalassema (4). Cette manière de voir a été généralement adoptée , et le Lumbricus echiiinis de Pallas a reçu successive- ment les noms de Thalassema echiurus (5), de Thalassema vul- (jaris (6), de Thalassema aqiiatica (7). Depuis lors , Cuvier a pris le même animal pour type de son genre Echiure , qu'il distingue des Thalassèmcs proprement dits par la présence des soies rayon- nantes placées à l'extrémité postérieure du corps (S). (1) Miscelliinea zoologicu, p. I 46, pi. tt, (îg. t à 6. — Spieilegia zoologica, fascicule 10, p. 3, pi. I, fig. 1 à 5. (2) Liunei Syst. nul., t. I, partie vi, p 3083. (a) Bncycl. mêtli.. Helminthes, pi. 35, fig. 3 à 7. (4) Siiicilegiii zoologica, fasc. 10, pi. 1, lig. G [Thalassema Nepluni Gœrln.). (3) Bosc, Hisl. des \'crs, t. I, p. 221, pi. 8, fig. 2 et 3. (Ces figures, comme celles de V Encyclopédie, sont copiées clans Pallas.) — Lamarck, Syst. des Aniin. sans vert., 2' éd., p. 534. • — ■ Cuvier, Régne animal, \" éd., p. 529. — Blain- ville, Oict. des Se. nat., article Tbàlasséme. (6) Savigny, Système des Annélides, p. 102. (7) Leacli, Encyct. brit., l. l, p. 451, Supplémeiil. f8) Ri:gnr aiiinial. 2 éd., p. 244. 308 VOYAGE EN SICILE. Cette opinion de Cuvier nous conduit à rappeler que le Thalas- sema Neptuni de Gaertner se distinguait du Lmnhricus ecliiurus, en ce que celui-ci avait en arrière deux cercles de soies roides, ou mieux de piquants , régnant sur les côtés et le dessus du corps , mais interrompus sur la face inférieure. Ces soies manquaient dans l'espèce de Gaertner. Pallas admit l'existence des deux espèces , et donna à celle qu'avait découverte son correspondant le nom de Lumbricus Thalassema (1). Depuis lors , Savigny et M. de Blainville ont élevé des doutes sur cette distinction, en fai- sant remarquer que , dans le jeune âge , le Lumbricus ecliiurus paraît manquer complètement de soies. Toutefois il nous semble difficile que Pallas, qui a vu les deux espèces, qui a suivi avec tant de soins l'une d'elles dont il a eu à sa disposition des échan- tillons très nombreux , se fût trompé sur ce point , et nous adopte- rons à cet égard l'opinion de ce naturaliste. Montagu a trouvé sur les côtes du Devonshire un Thalassème qu'il a regardé comme nouveau , et il l'a décrit et figuré sous le nom de Thalassema mutatoria (2). Cuvier a fait remarquer que cette espèce ne différait probablement pas du Thalassema Neptuni. Ce n'est pourtant qu'avec doute que nous accepterons cette opi- nion. A en juger par les figures et les descriptions qu'ont données les naturalistes dont il s'agit , les deux espèces présenteraient des différences assez prononcées , surtout dans la forme et la disposi- tion du cuillcron terminal. L'espèce que j'ai trouvée sur les côtes de la Manche , à Saint- Vaast-la-Hougue , me semble bien distincte des espèces précé- demment décrites. D'abord elle porte des soies à son extrémité postérieure, ce qui l'éloigné du Thalassema Neptuni; puis ces soies forment deux cercles complets , tandis que chez le Thalas- sema echiurus ces cercles sont interrompus sur la face inférieure. Sa taille est en outre très supérieure à celle que nos prédécesseurs assignent aux Thalassèmes déjà connus. Enfin il me semble pro- bable que cette espèce n'a pas de cuillcron terminal , soit simple , (1) Loc. cit. (2) Descriplion of sevirrai ncw ur rare (inimals principatl;/ tiutrinc. (^Trunsacl. o[ l/ic Linneaii Socielij tif Loiidon, 1 S I .'i, p. 21, |)l. ■), fig. 2.) DE VIAIRKI'AGES. — SLll L'jiCllIUlllî DU G l- Il T. Mi U. S09 coiniiic dans l'espèce do Pallas , soit divise plus ou moins profon- dément , comme dans celle de Gai'rlncr. Voici le résumé des caractères que je crois pouvoir lui assigner : liCHlURUS G.ERTNKIUI (I). Corpore cylindrico , postice obtuso , rotundalo , atUice elongato , proboscidifoniu , uncinis anlicis ditubiis et anmilis sctigeris , posiicis , completis , instructo : sex rel octo poilicibus longo , quindecim lineis circiler lalo. C'est à dessein que je ne fais pas entrer dans cette caractéris- tique l'absence de cuilleron antérieur. N'ayant pas sur ce point une certitude absolue , je me bornerai à présenter plus loin les consi- déi'ations qui motivent ma manière de voir actuelle , tout prêt d'ailleurs ;i la modifier en présence d'observations positives. L'Écliiure de Gn?rtner est un gros Ver qu'au ]iremier coup d'onl on pourrait assez facilement confondre avec les Siponcles lorsqu'il se contracte et ramène à l'intérieur ses soies rétracliles. Sa cou- leur est d'un jaune sale uniforme, très légèrement rosé en avant. Abandonné à lui-même dans un vase d'eau de mer, il rampe sur le fond à l'aide de contractions qui se propagent d'arrière en avant. De là résultent , dans la forme générale du corps, des variations dont j'ai cherché à donner une idée dans mon dessin (2). Dans l'état de resserrement, si je puis m'exprimer ainsi, le corps de l'Échiure est assez régulièrement cylindrique et arrondi aux deux extrémités; mais, lorsqu'il se développe , on voit l'extrémité antérieure s'effiler en quelque sorte, et prendre l'aspect d'une trompe étroite légèrement évasée à sa terminaison. C'est au milieu de cet évasement que se trouve l'orifice buccal , dont les bords sont teints d'un rouge de brique assez prononcé. (1) J'ai donné dans le Rkjne animal illuslré (Zoopliytes, 12' livr., pi. 23) uno figure de cel Echiure, et les détails anatomiques les plus essentiels. Dans le cou- rant de ce travail, je renverrai à cette planclie, en lui assignant le numéro d'ordre (2;j) qu'elle portera dans la publication que nous comptons faire plus tard avec M.\f. Milne Edwards et Blanchard , et que . dans le Mémoire sur les Nénierticns , j'ai désignée sous le titre provisoire de Rcclicrches anatomiques cl plnjsiolorjiriucs. (2) PI. XXV, fifr. I. 3I() VOYAHIi lîN SlCILli. Jo ifai iruuvi'; , sur ce iioiiil, aucune lra(-c do déchirure ou de lésion (|uelconque sur aucun des sept ou huit individus que j'ai observés vivants. La disposition de ces parties ne me paraît d'ailleurs nullement propre à recevoir un large cuilleron sem- blable à celui qu'ont décrit et figuré Pallas , Gœrtner ou Montagu. Nous verrons d'ailleurs plus loin que très probablement le pro- longement proboscidiforme dont je viens de parler en remplit réellement les fonctions. Il me semble donc qu'ici le cuilleron se- rait sans but, et je crois, par conséquent, qu'on peut admettre, au moins jusqu'à plus ample informé, qu'il n'y existe réellement pas. Antérieurement , le sixième environ du corps est entouré par des cercles de papilles bien distinctes qui dépassent le niveau des téguments , dont elles se distinguent en outre par une teinte plus grisâtre. Ces cercles , très rapprochés et presque confondus sur le prolongement proboscidiforme, s'écartent à plus de deux lignes les uns des autres , en atteignant le corps proprement dit. Ces cercles forment avec les épines postérieures , dont nous parlerons plus loin , les seules traces extérieures d'annulation que porte l'Échiure de Gœrtner. Tout le reste du corps est parfaite- ment lisse. C'est encore là une différence essentielle avec ce qu'on observe dans les autres espèces, qui, au dire des auteurs qui les ont décrites , présentent sur tout le corps des traces plus ou moins sensibles d'une division par anneaux. La partie moyenne du corps , malgré l'épaisseur assez considé- rable des téguments et des couches sous-jacentes , présente une demi-transparence qui se conserve parfois jusque sur les indivi- dus qui ont séjourné plusieurs années dans l'alcool. Un des échan- tillons que j'ai déposés en 1842 au Muséum d'histoire naturelle de Paris permet encore aujourd'hui de distinguer vaguement sur ce point la masse viscérale renfermée à l'intérieur. A une petite distance de l'extrémité antérieure, et sur une des faces, qui est l'inférieure, on trouve deux crochets ou soies re- courbées d'un jaune d'or, qui sortent à droite et à gauche de la ligne médiane. Ces crochets , bien vus par Pallas , sont cxsertiles et rctractiles. Ils servent à l'animal à s'accrocher au plan de rep- tation et facilitent ses mouvements. WE QUATHEFt^KS. — SUIS T. KCII I L lili Dli (MCUrMill. M] Toute la partie moyenne du corps est entièrement dépourvue d'appendices de ce genre, et nous ne reti'ouvons quelque cliose de semblable que tout à fait en arrière. Ici les soies sont droites ou à peine courbées. Elles sont dirigées d'avant en arrière , et forment deua; cercles concentriques complets, l^eur nombre est d'environ huit à dix au cercle antérieur, et de six à sept au cercle postérieur. Ce dernier est placé très près de l'anus , qui en occupe le centre , et est parfaitement terminal. Un peu en arrière des crochets et en avant des deux dernières rangées de papilles , on trouve de chaque côté de la ligne mé- diane deux petites ouvertures entourées d'un petit bourrelet. Ce sont , ainsi que nous le verrons plus tard , les orifices des organes génitaux , qui , dans notre espèce , paraissent être plus distincts que dans celles qu'avait étudiées Pallas. Toutefois ce naturaliste avait très bien reconnu l'existence de ces pores et soupçonné leur ' véritable nature. Ainsi que je l'ai dit plus haut, j'ai trouvé l'Échiure de Gaertner sur une plage sablonneuse , à Sainte Vaast-la-Hougue , en Nor- mandie. C'est à la suite d'un violent coup de vent que je recueillis les individus qui ont servi à mes observations. Jamais je n'ai pu m'en procurer en fouillant assez profondément le sable dans cette localité, môme pendant le plus bas de l'eau. Je suis porté à penser, d'après cela , que cette espèce habite les zones du rivage plus profondes , et qui ne découvrent jamais. Tous les auteurs ont répété , après Pallas , que le Thalasscma echiurv.s était employé comme appât par les pêcheurs. Savigny et M. de Blainville s'expriment sur ce point en des termes qui au- torisent à penser qu'ils parlent d'après leurs observations per- sonnelles , et je ne doute pas de leur témoignage. Mais il ne paraît pas que rEchiurns Gœrtnerii serve aux mêmes usages. Du moins , à Saint- Vaast , je l'ai montre à plusieurs personnes , et entre autres à des pêcheurs ; tous ont été d'accord pour me dire qu'ils n'avaient jamais vu cet animal. Il me semble qu'on peut trouver dans ce témoignage une preuve de plus en faveur de la distinction zoologique de cette espèce. 312 VOYAGE i;.\ SICILE. DEL'XIËME PARTIE. Anatomie. § I. — Couches tégumentaires. Je n'ai pu disliiiguer iiettemont comme appartenant aux tégu- ments qu'une enveloppe générale dermo-épidermiquc et une couclie fibreuse. 1° Peau. Le coi'ps de riùliiure de Ga^rtner est enveloppé dans une couche assez épaisse, qu'une macération même peu prolon- gée permet d'isoler assez facilement , mais que je n'ai pu diviser elle-même en plusieurs feuillets. Cette couche , examinée sous un grossissement de 200 (1) dia- mètres , semble composée d'une gangue générale réunissant les unes aux autres un grand nombre de granulations plus ou moins distinctes , ce qui donne à l'ensemble un aspect nuageux et dimi- nue la transparence. Au milieu de cette gangue sont disséminées de petites masses formées par l'agrégation de six à douze petits corps ovoïdes , ayant en moyenne 1/100 de millim. de long sur 1/150 de millim. d'épaisseur (2). Je ne trouve pas , dans mes notes, de détails suffisants pour affirmer que ces petits corps soient creux; j'ai seulement remarqué ([u'on peut les isoler les uns des autres , et , au moment oii je les avais sous les yeux , je les regardai comme devant être probablement des organes niuci- pares. Ils sont en effet placés sous la couche dermo-épidermique, comme les organes que nous avons vus diverses fois ailleurs être chargés de ces fonctions. 2° Couche fibreuse. .Sous la couche que je viens de décrire se trouve un plan fibreux très épais , et qui enveloppe également le corps en entier. Les fibres qui le forment sont très fines ; leur diamètre est à peine de 1/1500 de millim. Elles sont réunies en faisceaux qui doivent à leur disposition parallèle un aspect nacré (i)ri. 6, fig. 2. (2) PI. 6, fig. 2, (t. DE Qf^tTREFAtiE!)!. — SLU l.'ÉCIllllUK DE (J tlll.Mili. 313 très brillant. Ces faisceaux eux-mêmes s'enclievélreiit les uns dans les autres en se croisant en tout sens (1). Leur réunion lurnic une couche élastique très résistante, facilement isolable, et qu'on a de la peine à déchirer. (Jbservalions. Pallas avait reconnu, dans son Lumbricusechiunis, l'existence d'une peau contractile, mais il n'en avait pas isolé les éléments. Il est évident que la propriété qui avait frappé ce naturaliste ne tenait pas aux couches tégumentaires proprement dites , mais bien à la couche fibreuse que je viens de décrire. Toutefois cette couche n'est pas contractile dans le sens physiologique du mot , mais seulement élastique. Distendue par une cause quelconque , elle tend à revenir sur elle-même à la manière d'un ressort de bretelle ; mais elle ne se contracte pas activement comme un plan musculaire. Je n'ai pu isoler, dans l'Échiure , les deux couches tégumen- taires , que j'ai presque toujours pu distinguer l'une de l'autre chez les animaux inférieurs dont je me suis occupé jusqu'ici, et que j'ai désignées sous les noms d'épiderme et de derme (2). Je ne me crois pourtant pas autorisé à conclure qu'elles n'existent pas. Elles peuvent très bien être assez étroitement unies pour que leur séparation soit difficile ou même impossible par la macéra- tion , et peut-être , si j'avais pu appliquer à cette étude l'emploi du microscope dans des circonstances favorables , aurais-je re- connu leur existence distincte. J'ai essayé sur des lambeaux déta- chés de l'animal vivant ; mais , quelque rapidité que j'apportasse à faire la préparation , je n'ai jamais obtenu de résultats assez précis pour leur accorder une pleine confiance. Sur les bourrelets (l)Pi. 6, fig. 3. (2) Je me suis assez souvent et assez nettement expliqué sur le sens attaché à ces expressions , pour ne pas revenir de nouveau sur cette question. Je me bor- nerai à rappeler que je suis loin de vouloir établir une assimilation absolue avec les parties qui portent le même nom chez les Vertébrés, et surtout chez les Mam- mifères, comme ont paru le croire quelques personnes qui évidemment n'avaient pas lu les explications que j'avais données sur ce point. 314 VOYAGlî EN SICIIE. qui enlourenl l'orilice des capsules séljgères , j'ai pourtant cru distinguer nettement une couche extérieure transparente revêtant une seconde couche granuleuse semblable à celle dont j'ai parlé plus haut. Nous trouverions donc ici le derme et l'épiderme dis- tincts reproduisant les caractères qu'ils nous ont présentes tant de fois. Au reste , il me semblerait vraiment surprenant de ren- contrer ici une exception à ce qui s'est montre jusqu'à présent un fait général. Quoi qu'il en soit , la couche tcgumentairc, dont nous venons de parler, n'en mérite pas moins d'être regardée comme remplissant les fonctions de derme et d'épiderme ; aussi ai-jo cru pouvoir la désigner par le nom do couche derrao-épi- dermique. § II. — Couches muscnlnires soiis-cuianécs, et cavité abdominale. Ces couches sont au nombre de deux ; mais je n'ai pu les dis- tinguer, comme dans la plupart des animaux qui ont fait le sujet de mes recherches, en couches à fibres longitudinales et couches à fibres transversales. La disposition des fibres musculaires est ici tout à fait remarquable. Sur le milieu de la face inférieure ou ventrale de l'animal , on distingue un raphé bien prononcé ; les fibres , très apparentes , partent de ce raphé , et se portent obli • quement d'avant en arrière ; d'autres fibres plus fines les croisent en direction contraire presque à angle droit ; sur lo milieu du corps, ces dernières deviennent presque longitudinales. Une disposition inverse s'observe à la face dorsale ou supérieure de l'animal. A quelque distance du raphé, la disposition régulière que je viens d'indiquer disparaît. Les plans musculaires se divisent en faisceaux , et ceux-ci s'enchevêtrent en se croisant à la manière d'un ouvrage de vanier (1). Cette disposition rappelle ce que nous avons vu plus haut dans la couche fibreuse : mais ici les faisceaux musculaires ne présentent pas dans leur entrecroise- ment l'irrégularité que nous avons signalée dans les téguments. Chacun d'eux marche toujours dans le même sens ; seulement il passe tantôt dessus , tantôt dessous , les faisceaux d'une autre {\) PI. 6, Gg. 5. DE QlATnivFAKES. — SI U l.'licill I lili 1)K (i i;li IMili. O I 5 couclip. Ces faisceaux sont parfois très étroits ; j'en ai vu qui ne se composaient guère que de quinze ou vingt fibres élémentaires. Sur ce même rapine , et partant de cliaque côté , on aperçoit deux plans de libres très fines qui m'ont paru de nature tendi- neuse, qui se croisent en passant d'un côté à l'autre (1). Ce n'est qu'avec quelques difficultés (|u'on isole les libres élé- mentaires des muscles ; cependant on y parvient, et on reconnaît alors qu'elles sont cylindriques , parfaitement homogènes , et semblables à des filaments de cristal , dont le diamètre ne dé- passe pas 1/300 de millimètre (2). Je n'ai aperçu sur aucune de celles que j'ai observées la moindre trace de stries transver- sales ; mais comme la préparation exigeait un temps assez long , et que. faute d'avoir un grand nombre d'individus à ma disposi- tion , je n'ai pu répéter très souvent ces expériences , il ne m'est nullement démontré que, pendant la vie , ces fibres ne se strient pas en travers au moment de la contraction , comme chez les Synaptcs et les Edvvardsies. Les couches musculaires que je viens de décrire sont tapissées à l'intérieur par une membrane très mince, transparente, qui, en se réfléchissant des deux cotés de la ligne médiane inférieure , forme un véritable mésentère, sur lequel nous aurons à revenir en parlant des différents viscères qu'elle maintient en place. La cavité abdominale circonscrite par les divers plans que nous venons d'indiquer est remplie par un liquide incolore. Je regrette de ne pas l'avoir examiné au microscope avec le soin que j'y mettrais aujourd'hui que je comprends mieux l'importance du rôle joué par ce liquide dans la physiologie des animaux infé- rieurs. Je trouve seulement dans mes notes que ce liquide ren- ferme des granulations. § III. — ■ Organes locomoteurs. liCs couches musculaires sous-cutanées que nous venons de décrire jouent un rôle important incontestable dans l'accomplis- (1)PI. 6,fig. 4. (2) PI, 6, fig. 4. 316 VOYAGE li.\ SICILE. sèment des inouveinenls généraux de rÉchiure; mais, de plus, ce Ver possède des organes locomoteurs spéciaux. Ces organes sont les soies dont nous avons déjà parlé. Ces soies sont mises en mouvement par des appareils musculaires spéciaux , et dont la disposition varie selon qu'on examine dans les soies antérieures ou dans les soies postérieures. 1° Soies antérieures. Ces soies, avons-nous dit, se présentent au dehors comme deux crochets courts , aplatis , légèrement recourbés sur leur plat , faisant saillie extérieurement des deux côtés de la ligne médiane à la face inférieure de l'animal. En fen- dant rÉchiure par le dos , il est très facile de reconnaître leur disposition, et celle-ci n'avait pas échappé à Pallas qui l'a décrite avec exactitude. Chaque soie est renfermée dans une sorte de gaine , dont la base est libre dans la cavité abdominale (l). De cette base partent des faisceaux musculaires très forts qui diver- gent en tout sens à la manière des haubans d'un navire , et vont s'attacher aux parois inférieures du corps. Deux muscles réunis au milieu par un tendon grêle, mais très résistant, partent du même point , et unissent l'une à l'autre les deux capsules séti- gères ; enfin deux faisceaux insérés à l'orifice même des capsules passent de l'une à l'autre en se croisant en partie sur la ligne médiane. Pallas a vu de plus un petit muscle qui , partant tou- jours de la base des capsules, se portait au dos de l'animal. Ce dernier ou n'existe pas dans l'espèce que j'ai examinée , ou a échappé à mes recherches. Le mode d'action de l'appareil musculaire que je viens de dé- crire est très facile à comprendre. Les muscles qui se rendent de la base des capsules aux parois ventrales du corps ont pour effet évident de faire saillir les crochets au dehors ; de plus , selon que leurs divers faisceaux se contractent plus ou moins , les crochets peuvent être infléchis à droite ou à gauche. Le muscle qui réunit les deux poches sétigères permet aux deux pieds d'agir avec plus d'ensemble , et dans l'occasion leur fournit une sorte de point d'appui. Les faisceaux placés à l'orifice ne peuvent servir qu'à (1) PI. XXV, fig. K DE QL'ATnEFACiES. — Sl'R LTiCHIlRE DE C.1:RT\ER. 317 rapprocher les deux soies l'une de l'autre. Enfin , le muscle dor- sal décrit par Pallas aurait pour effet de retirer en dedans le pied tout entier; et ce résultat serait atteint par l'élasticité des parois de la capsule elle-même , si, comme je suis porté h le croire, ce muscle manque dans l'espèce que j'ai examinée. 2° Soies postérieures. Celles-ci sont plus petites , plus aplaties que les précédentes, presque droites, et comme lancéolées à leur extrémité qui est très aiguë (1). Chacune d'elles sort également d'une gaine ou capsule pourvue d'un appareil musculaire ana- logue à celui des soies antérieures, mais les faisceaux musculaires en sont moins nombreux et moins forts. Le petit muscle qui unit entre elles les soies antérieures est ici remplacé par un véritable anneau musculaire , qui rattache entre elles les capsules de chaque rangée de soies. Il y a donc deux anneaux semblables que le rectum traverse pour arriver à l'anus ; cette particularité paraît avoir échappé à Pallas. Le jeu de ces muscles est d'ailleurs exactement le même ici que pour les soies antérieures; seule- ment, les mouvements résultant de leurs contractions ne peuvent être ni aussi étendus , ni aussi variés. Pallas s'est contenté d'étudier l'extérieur en quelque sorte des parties dont nous venons de parler; mais, au point de vue où j'étais placé en examinant l'Échiure , il m'importait beaucoup de reconnaître la nature et le mode du développement des soies. En ouvrant une des capsules d'où elles sortent, on voit que ses parois semblent se continuer avec celles du corps (2). J'ai cru même reconnaître que l'épiderme assez distinct sur ce point dispa- raissait complètement près de l'orifice, tandis que le derme se ré- fléchissait en dedans pour former la capsule, dont l'orifice est très étroit , mais qui se renfle considérablement en arrière. Un repli du péritoine tapisse extérieurement toute la poche. A l'intérieur , on trouve au point qui correspond aux attaches des faisceaux musculaires une masse granuleuse transparente d'un aspect glan- dulaire ; c'est au milieu de cette gangue que les soies prennent naissance. Indépendamment de la soie actuellement en fonction, (1) Pi. XXV, fig. l'i. h) PI. XXV, (i^. If. 318 VOYAGE EN SICILE. et dont le crochet se voit au dehors, j'en ai toujours trouvé au moins une en voie de développement. Quelquefois, comme dans la figure ci-jointe, le crochet seul est déjà formé, et il est évident d'après cela que la hampe ne se développe que postérieurement. La teinte rouge-jaunàtre , si vive à l'extrémité des soies com- plètement développées, est déjà très prononcée , mais cependant bien plus pâle sur ces crochets encore jeunes. Quant aux soies elles-mêmes , elles sont pleines dans toute leur étendue , et composées de fibres très faciles à apercevoir même à un faible grossissement; c[uelques stries transversales semblent être des stries d'accroissement. Je reviendrai plus loin sur ces faits, en traitant des aftinités zoologiques de l'Échiure et des genres voisins. § IV. — Appareil diijestif. On peut distinguer dans le tube digestif de l'Échiure de Gasrtncr la trompe et l'intestin proprement dit. Chacune de ces grandes divisions du tube alimentaire se compose elle-même de plusieurs parties. 1° Trompe. Immédiatement après l'orifice buccal , on trouve une première portion de la trompe qu'on pourrait regarder comme une sorte d' arrière-bouche ; elle est formée par un boyau assez grêle , à parois musculaires , lâches , très extensibles , et peu épaisses , replié plusieurs fois sur lui-même , et dont les circon- volutions s'arrêtent un peu en arrière des crochets exsertiles dont nous avons déjà parlé (1). En arrière commence la trompe proprement dite présentant deux parties distincte- : la première, d'un calibre presque double du boyau pharyngien qui la précède , présente extérieurement des plis transverses ; peut-être est-elle susceptible d'allongement (2) ; la seconde, striée longitudinalement, est d'un diamètre plus con- sidérable encore (3). La consistance de ces organes est presque cartilagineuse. La trompe se termine en arrière par un rétrécis- sement très prononcé , et débouche dans l'intestin. (1)P1. XXV, fig. \\ a,a. 2) PI. XXV, lig. V, el PI. 6, lîg. 4, c. (3) PI. XXV, lig. I-', l't PI. ti, lig. 4, ('. DE Ql'ATREFAGES. — SUR I.'licilILnE DK (iF.RTMiH. 3iU En fendant la trompe longitudinalemen,t , on reconnaît que les deux parties dont je viens de décrire l'extérieur. communiquent intérieurement par un orifice très étroit. Les parois de la poi'tion antérieure sont plus épaisses que celles de la portion postérieure,; toutes deux m'ont cependant paru formées uniquement de fibres musculaires extrêmement serrées. A l'intérieur, elles sont tapissées par une membrane muqueuse très épaisse , plissée transversaie- menl dans la première moitié , et longitudinalement dans la se- conde. La portion du tube digestif que je viens de décrire est libre dans presque toute son étendue. Quelques brides mésentériques très lâches retiennent les premières circonvolutions de l'arrièrc- bouclie ; mais je n'en ai trouvé aucune se rendant à la trompe proprement dite. 2° Intestin. Pallas a déjà distingué dans cette portion du tube digestif l'intestin grêle, le gros intestin et le rectum. Nous con- serverons cette division. Immédiatement après la trompe , commence l'intestin grêle , dont la longueur n'est guère plus grande que celle de la trompe, et dont le diamètre égale presque celui de la dernière portion de la trompe ellle-même ; les parois en sont lisses à l'extérieur aussi bien qu'à l'intérieur. Le gros intestin qui lui fait suite rappelle tout à fait par son aspect celui du colon d'un Mammifère (IJ ; il présente de même à l'extérieur des boursoutlures et des plis irréguliers. A l'inté- rieur , on trouve la muqueuse plus épaisse que dans la portion précédente , et légèrement striée longitudinalement. Le diamètre de cette portion de l'intestin est à peu près le double de celui de la portion précédente ; sa longueur est considérable , et atteint au moins deux fois celle du corps entier ; ses circonvolutions assez irrégulières forment la plus grande portion du tube intestinal. Tout le long du bord interne du gros intestin règne une bande musculaire étroite d'égale largeur dans toute son étendue. Cette espèce de ruban n'est pas en continuité avec les parois intesti- nPl. x\v, ii'i. 1^. ,"50 VOYAGE EN SICir.E. nales. Il est plus court que l'intestin lui-même, qu'on dirait avoir été plissé, et appliqué sur sa tranche comme la ruche d'un bonnet de femme. Cette circonstance établit un nouveau point de res- semblance entre cette portion de l'appareil digestif de l'Échiure et le colon de l'homme , par exemple. La dernière partie du tube digestif est beaucoup plus grêle que toutes les précédentes (1) ; ses parois sont aussi plus épaisses, et, dans les individus conservés dans l'alcool , elles résistent bien mieux que celles du gros intestin. Le rectum forme aussi quelques circonvolutions, se porte d'arrière en avant jusque près de la trompe , puis se replie et se dirige brusquement en arrière. Près de l'extrémité postérieure du corps , un peu avant d'atteindre les cercles de soies exsertiles, il reçoit les deux cœcums dont nous parlerons plus loin, et son diamètre augmente quelque peu. Enfin, il vient s'ouvrir tout à fait à l'extrémité postérieure du corps, ainsi que nous l'avons dit plus haut (:2). En ouvrant l'intestin d'un des individus que j'examinais, j'ai trouvé dans la seconde portion de Sa trompe un petit amas de grains de sable et de fragments de coquille agglutinés par un peu de mucosité; le reste de l'intestin était vide. Dans le rectum seu- lement , je rencontrai quelques fèces bien caractérisées qui sem- blaient uniquement composées de limon. Il me paraît probable d'après cela que l'Échiure doit se nourrir à la manière d'un grand nombre d'autres Annelés arénicoles , qui trouvent au milieu des grains de sable et de la vase qu'ils avalent des particules orga- niques suffisantes à l'entretien de leur vie. 11 pourrait aussi se faire que les grains de sable renfermés dans la trompe eussent à remplir un rôle analogue à celui que jouent dans le jabot des (I)P1. XXV, ûg. l\ (2) PI. XXV, fig. p. — Dans celte figure , il est facile de reconnaître que les diverses parties que je viens de décrire ne sont pas dessinées en place. Je dois aussi faire remarquer que le gros intestin est représenté avec un diamètre un peu trop fort, le graveur ayant représenté comme appartenant à lintestm lui- même la bande musculaire qui régne tout le long du bord interne de cette portion du tube digestif. I»E QI'ATREFAGRS. — St'l! l.'lîCHrrRE DF. CKRTXER. 321 Gallinact'S les graviers qu'on y reiicnnli'c . et qu'ils servissent à une sorte de mastication. Le tube intestinal que nous venons de décrire forme plusieurs circonvolutions. Celles-ci sont maintenues en place par une mem- brane très fine, et pourtant assez résistante, parfaitement trans- parente, qui les relie entre elles, les enveloppe, et entre par conséquent dans la composition des parois de l'intestin. Cette membrane joue donc entièrement le rôle d'un véritable mésen- tère. La structure des parois de cet intestin , si remarquable par la distinction de ses diverses parties, est elle-même assez compli- quée. Partout on peut reconnaître une couche e.\térieure formée par le repli du mésentère , une couche intéi'ieure formée par la muqueuse. Entre deux sont placées deux couches musculaires , l'une à fibres transversales, l'autre à fibres longitudinales. Ces couches, assez marquées dans l'intestin grêle et dans le rectum, présentent dans toute l'étendue du gros intestin une disposition assez singulière. Les fibres ne sont pas réunies de manière à for- mer un plan continu ; elles sont , au contraire , isolées , et pré- sentent h un grossissement peu considérable l'aspect d'un réseau à mailles inégales (1). Lorsqu'on emploie un fort grossissement, on voit qu'elles sont de grosseur très variable, de forme très irré- gulière , et que celles de chaque plan s'anastomosent entre elles par des épatements très marqués (2). Dans ces points de ren- contre , on observe quelques petites granulations ayant au plus 1/500 de millimètre en diamètre; partout ailleurs la substance de ces fibres est entièrement homogène , et parfaitement diaphani*. Observons encore que les fibres longitudinales sont généralement plus fortes que les fibres transversales. Réflexions. Pallas a étudié avec soin l'appareil digestif de son Lumbrir.is echiurus ; il a distingué les diverses parties qui entrent dans sa composition ; mais, sa description dilfère en quelques points de (1) PI n, ng. 9. '■2) ['\. 6, fig. 10. J' sérk'. ZfjoL. T. VII. f Juin I8i7.)i 21 S'i-i VOVASF lïN SICILE. celle qui précède : c'est ainsi qu'il donne à Vœsophage , que nous avons appelé le pharynx ou arrière-bouche, la forme d'un petit sac. Il parle ensuite d'un premier estomac ou panse à parois lâches et coriaces. Si c'est ce que nous avons appelé la première portion de la trompe , ce que j'ai vu ne ressemble guère à cette description. Enfin , le second estomac de Pallas serait courbé et maintenu en place par une petite bride mésentérique. Cette der- nière partie correspond évidemment à ce que nous avons appelé la seconde portion de la trompe. La figure que nous avons donnée dans le Règne animal représente ces parties en place , telles que nous les avons vues (1). Au reste, les légères difiérences que je viens de signaler peuvent très bien tenir seulement à ce que nous avons étudié des espèces distinctes. Les variations anatomiques , souvent assez considérables entre deux espèces très voisines , sont un fait que quelques naturalistes se refusent encore à ad- mettre, mais dont il faudra bien, tôt ou tard, reconnaître la vé- rité. Pallas n'a d'ailleurs nullement cherché à entrer dans les détails circonstanciés que l'état actuel de la science me semble réclamer. Si je n'ai pu, à cet égard , être moi-même aussi complet que je l'eusse désiré , j'espère qu'on m'excusera en songeant au petit nombre d'individus que j'ai eus à ma disposition. J'aurais surtout tenu à m'assurer d'une manière positive si le mésentère dont j"ai parlé était formé à la manière des mêmes re- plis membraneux qu'on trouve chez les animaux supérieurs, et résultait bien réellement de l'accolement de deux feuillets. C'eût été un exemple de complication organique assez curieux à consta- ter chez un animal placé aussi bas dans l'échelle zoologique. Je dois avouer que mes observations sur ce point ne sont pas entiè- rement concluantes. Cependant j'ai bien cru reconnaître que, vers le raphé , ce mésentère se dédoublait, et que chaque feuillet se continuait isolément à droite et à gauche avec la membrane (pé- ritoine) tapissant la cavité du corps. Les' vaisseaux , dont nous parlerons plus loin, sont d'ailleurs logés évidemment dansl'épais- (1) Lof. cil,, lig. 11.. DE QUATREFAGES. — SVK I.'iiciIlLIll P) DR (i.Kr.TMÎR. 3'23 seur de ce même mésentère , et il me paraît plus naturel d'ad- mettre qu'ils rampent entre deux feuillets que de croire qu'ils se sont creusé un passage dans une membrane unique , qui d'ailleurs s'épaissirait pour les revêtir extérieurement. Enlin ce mésentère se continue sur l'intestin , et là encore il m'a semblé qu'il y avait dédoublement évident, surtout au gros intestin. Les organes gé- nitaux m'ont montré un t'ait tout semblable et d'une manière plus claire encore. Je suis donc très porté à admettre qu'il existe chez l'Ëchiure de Pallas un véritahle péritoine tapissant la cavité du corps et se réfléchissant pour former un vrai mésentère. g V. — Cœcums postérieurs. A quelques lignes de l'extrémité postérieure du rectum viennent déboucher dans son intérieur deux longs cœcums étroits qui re- montent à peu près en ligne droite jusque vers le milieu du corps ( I ). Leur diamètre est à peu près égal dans toute leur éten- due, mais il diminue en arrière, et leur point d'attache est presque filiforme. La couleur générale de ces cœcums est jaunâtre, et, sous ce rapport , ils ressemblent à ceux que Pallas a décrits dans son Lumhricvs echiurus. Examinés à l'aide d'instruments grossissants, ces cœcums nous montrent des parois très fines, transparentes, formées par un repli du péritoine et par au moins une membrane propre. Celle-ci est parcourue par un réseau irrégulier, formé par de petites gra- nulations juxtaposées d'environ 1/200 de millimètre (2). Elles portent en outre un grand nombre de cor|)S d'un aspect glandu- leux , composés de granulations un peu plus grosses réunies par une substance homogène, qui paraît brunâtre par transparence (3). Ce sont ces corps , assez régulièrement disposés en quinconce , qui donnent à l'organe lui-même la couleur générale qu'il pré- sente à l'œil nu. (1) PI XXV, fig. l\ e,e. (2) PI. C, fig. 8, c,c. 3 PI. G, fig. 8, b.b 324 VOVAfiF, E\' sic.ii.i:. Observations. Sur aucun des individus que j'ai examinés je n'ai trouvé ces cœcums filiformes et crispés, comme Pallas les a vus chez son Lumbricus echiurus (1). Toujours ils se sont montrés à moi dis- tendus par un liquide parfaitement hyalin , et dans lequel je n'ai rien observé qui le distinguât de l'eau de mer. Mes observations se faisaient au mois de novembre. Pallas observe qu'au mois de février il a trouvé aussi ces mêmes organes à demi remplis d'un liquide [humore semi pleni). Il me semble qu'on pourrait conclure de ces diverses observations que les cœcums dont nous parlons peuvent alternativement se remplir et se vider comme le ferait un organe contractile et extensible qui aspirerait ou rejetterait l'eau de la mer par un mécanisme analogue à celui de l'arbre aquifère des Holothuries. Telle est en effet la destination que me semblent avoir les or- ganes dont il s'agit , et dont Pallas n'avait pu reconnaître les usages. Si mes conjectures à cet égard sont fondées, ces cœcums rempliraient réellement les fonctions d'organe respiratoire , en introduisant dans l'intérieur de l'animal de l'eau aérée qui se trouverait ainsi mise en rapport avec le liquide qui remplit la ca- vité abdominale, liquide dont j'ai déjà à diverses reprises indiqué l'importance physiologique (2). § VI. — Appareil de la circulation. Chez les Échiures comme chez les Annélides , et bien proba- blement chez tous les Vers , le sang circule dans un système de vaisseaux clos, et ne se répand pas dans la cavité abdominale, comme il le fait chez les Insectes , les Crustacés , les Alollusques. L'appareil circulatoire des Échiures présente trois parties dis- tinctes j ou plutôt trois troncs principaux. Tous trois sont plus particulièrement en rapport avec l'appareil digestif ; mais le pre- mier, essentiellement abdominal , donne en outre des branches (I) ... Diictus lUw filifonni'S crispuli. — Pallas, loc. cil. {■2) Voir dans les Annales (I84S) une Note snr le sang des Annélides , et le MéTînire sur la famille des Némertiens DK E (i KIITMÎI!. 331 flolit l'extrémité remonte au-dclk du milieu du corps , tandis que leur orifice dans le rectum est tout à fait postérieur. Parmi les faits observés par Pallas , il en est un qui mérite toute notre attention. En même temps qu'il trouvait les testicules gorgés de Spermatozoïdes chez certains individus , ce naturaliste trouvait dans la cavité du corps de certains autres des œufs en nombre très considérable ; mais en même temps les organes sper- matogènes [Vésicules lactifères Pall. ) existaient également, quoique dans un état de développement beaucoup moindre , et privés de leur produit caractéristique. Pour nous , ces faits nous semblent une confirmation de l'opinion que nous avons émise sur la séparation des sexes chez les Echiures. Probablement l'ovaire occupe la même place que le testicule , lui ressemble à peu près par sa forme , et n'en diffère que par la nature du produit , comme on le voit chez les Annélides errantes , les Némcrtes , les Méduses, etc. Cependant ces mêmes faits pourraient aussi , jusqu'à un cer- tain point, être invoqués à l'appui d'idées assez différentes. On sait que dans ces derniers temps M. Steenstrup a publié un ou- vrage fort curieux , dans lequel il refuse d'une manière absolue aux animaux la possibilité de jouer en même temps le rùle de mâle et celui de femelle. Le naturaliste danois, pour faire rentrer dans sa théorie les faits anatomiques connus depuis bien longtemps et qui sont en contradiction avec ces idées, prétend que les animaux chez lesquels on a trouvé les deux appareils, fonctionnent tantôt comme mâle et tantôt comme femelle ; que , par exemple , dans l'accouplement de deux Colimaçons, l'un des deux esl seulement fécondateur , et l'autre seulement fécondé (1). Les remarques annexées à la traduction allemande de cet ou- vrage par le traducteur lui-même et ses collaborateurs ont par- faitement démontré ce qu'il y a de hasardé dans la généralisation absolue de M. Steenstrup. Toutefois , parmi les faits sur lesquels (I) Untersuchuncjrii ubcr ilas Vorkommen des llermaphrotlisnnis en des Nalur voti Joli. Japelus Sleeiislrup , aus dem Dwiiisclien nherselz ron Dr. C. F. Horits- chuch, mit Bemerlninijeii von Dr. Creplin, Dr. F. MiUier, Dr. Karsch, Slud. Max Schutlze uud dem i'berselzer l\tii6). 33"2 vov.\(;ii e.n sicili;. s'appuie le iiaiuraliste danois, il en est qui puuiTaieiil portei" à croire que certains Invertébrés peuvent réellement changer de sexe pour ainsi dire, et être alternativement fécondants ou fécondés. Ce serait là un fait entièrement nouveau et des plus curieux à introduire dans la physiologie générale ; aussi est-il bon , ce nous semble , de signaler tout ce qui peut le confirmer ou l'infirmer. Or, dans nos Échiures, en supposant que les organes génitaux des deux sexes existent réellement , mais qu'ils subissent une sorte de balancement alternatif , de telle sorte que le développe- ment de l'un entraîne momentanément l'atrophie plus ou moins complète de l'autre , on aurait l'explication de toutes les circon- stances mentionnées par Pallas , en même temps qu'on compren- drait pourquoi, n'ayant eu que des individus qui jouaient cette année le rôle de mâles , je n'ai pu découvrir l'ovaire. On voit que la découverte de ce dernier , chez des Échiures qui présenteraient en même temps leurs testicules dans un état plus ou moins remarquable, donnerait, pour ces animaux, aux opinions de M. Steenstrup une certaine probabilité. § VIII. — Système neiveiix. Le système nerveux de l'Échiurc est très simple ; cependant on peut y reconnaître un cerveau et une chaîne ganglionnaire abdo- minale occupant la place ordinaire de ces organes. J.e cerveau m'a paru former une masse unique, oblongue , placée au-dessus du canal digestif tout à fait à son origine (1). J'ai cru reconnaître aussi l'existence d'un très petit filet sus-œso- phagien longeant le côté dorsal de l'arrière-bouchc. Du cerveau se détachent, sur lescôtés, deux étroites bandelettes qui entourent l'arrière-bouche , et viennent se rejoindre sur la ligne médiane du corps pour former la chaîne ganglionnaire (!2). Celle-ci pourrait au premier abord être prise pour un simj)le filet d'un diamètre à peu près égal dans toute sa longueur ; mais en em- ployant des verres grossissants, on reconnaît que cette égalité n'est (1) PI. 6, fig. 4, .;. (2) PI. 6, fig. 4, r. DE Ql'ATREFAGF.S. — Sl!R r.'liClIIfllE DU fi/l-RTM-n. 333 qu'apparente, el qu'elle est due à l'espèce de dure-mère qui revêt en entier la chaîne nerveuse. Il existe en réalité des ganglions très petits et très nombreux (1) , et ce sont eux qui donnent à droite et à gauche des filets très faciles à distinguer. Ces ganglions sont à peine distincts dans la première partie de l'axe nerveux ; ils de- viennent plus visibles à la hauteur des crochets exsertiles placés en avant. Celui qui fournit les nerfs de l'appareil musculaire destiné à mouvoir ces crochets m'a paru sensiblement plus fort cjue les autres ; peut-être pourrait-on le regarder comme résultant de la soudure de deux ganglions primitivement séparés ; car j'ai compté cinq à six nerfs sortant de chaque côté de ce ganglion , tandis que les autres ne m'ont semblé en donner que trois au plus (2). La structure de l'axe nerveux et des ganglions qui en font partie me semble mériter quelque attention. Si mes observations sont exactes (je fais cette réserve , parce qu'il y a une difliculté très réelle dans ce genre de recherches appliqué à des animaux , dont les parties ne présentent pas toute la transparence dési- rable), les deux filets nerveux, qui réunissent d'ordinaire les gan- glions abdominaux chez les Animaux annelés, seraient ici entière- ment confondus. Du moins , je n'ai distingué qu'un seul faisceau de fibres , et je n'ai rien vu qui rappelât la ligne de séparation qu'on observe souvent dans les appareils de même nature où ces filets semblent extérieurement être réunis. En pénétrant dans les ganglions , ce paquet unique m'a paru se contracter , et le renfle- ment ganglionnaire résulte de l'addition d'une substance finement et obscurément granuleuse qui entoure les fibres nerveuses ; c'est dans cette dernière partie de l'organe que les nerfs latéraux prennent naissance ; eux-mêmes sont composés de fibres qu'on a peine à distinguer. Une enveloppe épaisse , résistante et de cou- leur blanche , revêt toutes les parties de cet appareil , et se con- tinue sur chaque filet nerveux. (i)Pl. fi. fig. 4. (2) PI. XXV, fig, V'. 334 VOYAGF, EN SICILE. TROISIÈME PARTIE. Affinités zoologiques. J,es naturalistes sont loin d'être d'accord sur la place que les Échiures doivent occuper dans nos classifications, sur les rap- ports qui les unissent aux groupes voisins. Pallas, on l'a vu, les réunissait au genre Lombric. Ce natu- raliste, qui paraît accepter la plupart des grandes divisions de Linné, semble avoir rapproché par là les Échiures des Sangsues et des autres Inlestina de Linné ; Scopoli , Gmeiin , Bruguière , adoptèrent cette manière de voir. Par conséquent , tous ces au- teurs rapportaient les Échiures à ce grand type que nous appelons aujourd'hui les Annelés. Telle est au fond la manière de voir de Lamark, qui place dans ses AnnéliJes apodes les Ilirudinées et les Échiurées à côté des l^ombrics ; de .Savigny, qui réunit dans son ordre des Lombri- cinés les Thalassèmes {Jichiure) et les l^ombrics, mais les éloigne des Sangsues; cnfm de M. de Blainville, qui place dans sa famille des Echiurides les genres Thalassème {.Hchiure) et Sternapse. Cuvicr , au contraire , et les auteurs qui ont suivi sa classifica- tion rapportent les Échiures au type des Rayonnes en le plaçant avec les Siponcles dans la classe des Échinodermes. En publiant dans la nouvelle édition du Règne animalles ligures dont nous avons parlé plus haut, et en faisant connaître ainsi le système nerveux de l'Échiure de Gœrtner, je me rangeais impli- citement à l'avis des naturalistes, qui voient dans ces animaux et dans les animaux voisins , des Annelés et non pas des Rayonnes. Je me suis d'ailleurs expressément expliqué sur ce point dans une note des Annales (1). Sans accorder au système nerveux cette prééminence absolue que Cuvier lui attribue , je crois que les considérations tirées de cet appareil ont toujours une très grande importance ; et en présence d'une disposition aussi caracté- ristique, je crois que peu de personnes hésiteront à voir dans l'Échiure un animal annelé. M ) .l/mii/es tics Sciences iiiiliirellcs, juin 1Si6. p. 381. DE QliATREFAftES. — SIIR l.'F.CniIRF, DK C Elil WRP,. 335 D'autres caractères viennent d'ailleurs s'ajouter à celui que nous venons de rappeler. La première portion du tube alimcii- taire présente la plus grande analogie avec ce qui existe chez d'autres animaux appartenant au même type. La trompe exser- tile de l'Échiure , par sa forme , par sa structure même , rappelle celle d'un grand nombre d'Annélides. Il en est de même de l'appareil locomoteur. En arrière comme en avant , les soies ou les crochets exsertiles sont mis en mouve- ment par un appareil musculaire entièrement semblable à celui qui sert aux Annélides à mouvoir leurs soies. Nous avons signalé plus haut les ressemblances qui existent entre les organes circulatoires de l'Échiure et celui des Annélides en général , des Arénicoles en particulier : aussi nous contente- rons-nous de les rappeler. Le caractère le plus fondamental du type annclé , la disposi- tion binaire et latéralement symétrique par rapport à un axe lon- gitudinal , se trouve également dans plusieurs appareils orga- niques de l'Échiure. Les crochets antérieurs, les organes génitaux, les cœcums postérieurs, sont disposés régulièrement à droite et à gauche de la ligne médiane. Toutefois, d'autres caractères semblent réellement éloigner cet animal du type des Annelés pour le rapprocher des Rayonnes : et cette circonstance est une de celles qui expliquent comment Cuvier a pu se laisser aller h le ranger dans la même classe que les Astéries , les Oursins , et surtout les Holothuries '\ \ Extérieurement nous trouvons une bouche et un anus termi- naux. Ce dernier orifice est toujours dorsal chez les Annélides ; il est au contraire terminal chez les Holothuries. Puis les organes ( I ) Cuvier, on le sait , a placé parmi les Rayonnes lous les animaux dont il ne savait trop que faire, et dont les caractères exceptionnels cadraient mal avec les caractéristiques générales assignées aux trois premiers embranchements 11 s'ap- puyait, en outre, sur une considération à la fois anatomique et physiologique, sur l'absence réelle ou supposée du système nerveux. Or, à l'époque où il publiait son immortel ouvrage, un ne connaissait bien le système nerveux ni des Echiu- ridi'S, ni de.s Intestinaux : et dès lors on comprend aujourd hui très bien coninient lauli'ur du lli-ijnciniimal a été conduit à laisser parmi les Rayonnes des élrey qui n'offrent que peu nu point de traces de rayonnement organique. 330 VOYAGE EN SICILE. locomoteurs, placés en arrière, oirraient , dans le Lumbricus echiurus décrit par Pallas, des traces de rayonnement manifestes. Cependant , dans cette espèce , le plan inférieur restait libre , et les soies pouvaient encore être considérées comme distribuées symétriquement à droite et à gauche. Il n'en est plus de même dans notre Echiurus Gœrlnerii , où ces soies rayonnent en tout sens, en sorte que sur ce point cet animal est réellement rayonné. A l'intérieur, il existe chez l'Échiurc un tube digestif très dif- férent de celui que présente l'immense majorité des Annélides, et surtout celles que Cuvier paraît avoir étudiées par lui-même (1). Au lieu d'un intestin se dilatant d'une manière régulière , de fa- çon à répéter plusieurs fois lés mêmes formes , on rencontre ici un véritable tube dont les divisions rappellent ce qui existe chez les Holothuries ; on trouve surtout un péritoine , circonstance peut-être entièrement exceptionnelle pour les Annélides, et qui au contraire existe chez tous les Échinodermes et chez les Holo- thuries en particulier. Rien, chez les Annélides, ne représente les cœcums déjà signa- lés par Pallas , et qui vont se rendre à l'extrémité du rectum. Au contraire, ainsi que nous l'avons dit plus haut, ces cœcums rap- pellent l'arbre respiratoire des Holothuries. La circulation de l'Échiure, malgré les analogies incontestables qu'elle présente avec celle des Annélides , offre des rapports avec celle des Holothuries par l'existence de ce système vasculaire , qui distribue au mésentère un sang qui n'est , à proprement par- ler, ni veineux ni artériel. Les téguments eux-mêmes se rapprochent plutôt de ceux des Holothuries que de ceux des Annélides, par cette couche épaisse et lustrée , placée sous les plans dermo-épidermiques , et qu'on retrouve jusque chez les Synaptes. Toutefois , dans l'Échiure , les (I) Je dis l'immense majorilc ilcs Aniu'liiies, car il en est dont le tube intestinal présente des circonvolutions, des dilatations tout à fait exceptionnelles. Une des plus curieuses sous ce rapport est une petite Annélide à sang vert, voisine du Chlorœma Edamrdsii (Duj). qui vit en parasite sur les Oursins. Cette Annélide présente de véritables estomacs a plusieurs poches à structure variée , qui rap- pellent pour ;iinsi dire la disposition anatomique des Ituniinants. ni: Qi:.tTREFA«i':M. — siT. i.'kciiiihk m-; (iumMiii. ."^oT téguments ne présentent pas un des caractères généraux qui me semblent propres aux Échinodermes. Je n'ai rien vu ici qui rap- pelât ces plaques calcaires de formes parfois très bizarres qui sont disséminées dans le derme des Holothuries, et semblent être les rudiments du test des Oursins . avec lequel elles ont de l'analogie par leur structure lacuncuse. Ainsi , tout l'U restant essentiellement des animaux annelés , les lichiures empruntent aux Rayonnes , et surtout aux Holollnirides, l)lusieurs ])articularités organiques remarquables. C'est par ce nK'Iange même de caractères (|ue ces Vers nous paraissent dignes de tout l'intérêt des naturalistes. Jusqu'à présent je n'ai rencon- tré aucun type d'organisation qui méritât à, aussi juste titre l'épi- tliète de type de Iransilioii. Qu'on me permette d'appeler un instant l'attention du lecteur sur la signification précise que j'attache à ce mot. M. Edwards a le premier, je crois, exprimé certaines affinités, ou mieux cer- taines analogies, par l'expression de types aberrants, qu'il applique à certains animaux. Ces types ai/errants sont , au milieu d'un groupe donné, les représentants d'un autre groupe : ce sont des termes correspondants de deux séries, par conséquent de vérita- bles analogues. La Malacobdelle , par exemple, représente dans le groupe des Fers Pleuronères\es Hirudinées, qui elles-mêmes appartiennent aux Fers Annelés. Les types de transition sont, ce me semble, toute autre chose. Ils sont réellement placés dans l'intervalle de deux groupes diffé- rents , empruntent à l'un et à l'autre des caractères importants , et servent par là à les rattacher l'un à l'autre, tout en conservant une individualité bien distincte. Un des résultats de l'existence des types de transition , c'est qu'il peut s'établir par leur intermédiaire des rapports très réels entre les extrémités supérieures de deux séries. Or c'est là un fait assez remarquable, car presque toujours, au contraire, ces rapports s'établissent entre les extrémités inférieures des séries par le rapprochement d'individus dégradés. Pour n'en citer qu'un exemple très frappant, il suffira sans doute de rappeler qu'entre li's deux .lous-rèfjnes des Vertébrés ei des Liverlébi'i's il n'existe r -i-rir Z..ni T. VII 'Juin ISi7.) ■> ii 338 VOYAGE l',\ SIC.II.K. réellement qu'un lanimal intermédiaire, VJmphioxus. Or ce n'est ni avec les Céphalopodes parmi les Mollusques, ni avec les Crus- tacés , les Arachnides ou les Insectes parmi les Annelés , que VJmphioxus présente quelques rapports : c'est seulement avec les Acéphales ou les Annélides. Des faits analogues se retrouvent dans tout le règne animal. On comprend d'ailleurs qu'il doit en être ainsi; car plus les caractères de deux types se prononcent, plus la divergence entre les représentants élevés de ces types doit augmenter, tandis qu'elle diminue entre leurs représentants dégradés. Mais les animaux de Iransilion, empruntant pour ainsi dire de toute pièce des caractères fortement accusés à deux types différents, peuvent très bien établir des rapports entre les anneaux les plus élevés des deux séries. C'est, en effet, ce que nous trou- vons ici. Ce n'est pas entre les Synaptes et les Vers que vient se placer l'Echiure, c'est-à-dire entre les derniers échelons des Holo- thuries et des Annelés, mais bien entre les Lombrics et les Holo- thuries proprement dites. Après avoir reconnu les Kchiures pour des animaux annelés , il reste à rechercher quels sont leurs voisins immédiats. Nous avons vu plus haut que, jus(|u'à Lamarck inclusivement, les naturalistes s'accordent à les réunir avec les Lombrics. C'est là, ce nous semble , une erreur. Chez les Lombrics, le caractère annelé est conservé dans toute son intégrité. Il disparaît presque entièrement dans les Echiures. ou , pour parler plus exaciement , il ne se retrouve en réalité f|ue dans le système nerveux. Les considérations tirées des soies n'autorisent pas davantage cette manière de voir. Chez les Lombrics , ces organes locomo- teurs occupent toujours les côtés du corps. Quelque dégradé que soit ce caractère , on retrouve ici le cachet du type des Annélides proprement dites. Chez les Échiures, au contraire, ou bien ces soies tendent à rayonner, comme cela se voit en arrière, ou bien elles se rapprochent de la ligne médiane et répondent entièrement au plan inférieur, ce qui ne se retrouve ni chez les Lombrics, ni chez aucun autre Annélide. .M. de Blainville a donc ou i-aisou de séparer les Echiures des DE QUATREFAGES. — SI H l.'l'xiIIliRK Dlî (i,tRTM;ii. 339 Lombrics el de former une famille particulière , composée des genres Thalassème (Lumhricus echiurus Lin. et Thalassema Nep- tuni Gnertn.) et Sternapse, famille qu'il a placée dans le troisième ordre [Ilomocriciens) de sa classe des Chétopodes. IMais il nous semble avoir été moins heureux en rejetant de cette famille, et en reportant jusque dans une autre classe [Jpodes), le genre Si- poncle, qui se trouve ainsi extrêmement éloigné des Echiures. En cfl'et, Cuvier, qui s'était trompé en mettant ces divers genres dans la classe des Echinodermes . nous paraît avoir eu raison de les placer à côté les uns des autres. Les détails anatomiques donnés par i\L Krohn sur les Ster- napscs (1) ne peuvent laisser de doute quant à leurs alVmités avec les Echiures. Pour les .Siponcles, ces aflinités sont moins faciles à recoimaître : le faciès général , le genre de vie, la nature des té- guments , tendent évidemment à les rapprocher des Echiures ; mais la position de l'anus , la simplicité de leur organisation , pourraient porter à les en éloigner. Cependant il est évident que les Siponcles appartiennent au type des Annelés. Leur système nerveux , que M. Griibe avait regardé comme un vaisseau, ressemble beaucoup à celui des Echiures. M. Blanchard vient de s'assurer de ce fait fondamental pendant son séjour à ÎNice. Us ont une véritable trompe d'Anné- lide, et les muscles puissants , qui sont presque les seuls organes qu'on rencontre à l'intérieur, sont disposés tout à fait symétri- quement des deux côtés de la ligne médiane. Enfin , leur anus dorsal présente avec exagération môme un caractère commini à toutes les Annélides errantes, et sa position si rapprochée de l'ex- trémité antérieure motive et explique le retour de l'intestin sur lui -même. Si les Siponcles sont des Annelés, il nous semble bien difficile de les rattacher à un autre type que celui des Echiures : l'absence de soies, qui a certainement déterminé la manière de voir de M. de Blainville, ne saurait ici nous arrêter. Cette simplification de l'organisation extérieure s'accompagne à l'intérieur à\\\\Q dé'- (1) l'her dan Stcniapsis Tlmliissrmoides (Arrh. [iir Amil. ;j//|/s..-V0ii J Muller, 184i. pape 420^. 'ôl[0 vov,vf;K EN sir.ii.i;. gradalion IcWc . que les Sipoiicles sont prolîablemeiil au iu)nil)re des animaux les plus simples; mais entre eux et les Ecliiures il n'y a pas plus de dillérence qu'entre les Holothuries proprement dites et les Synaptes. ^'ous avons considéré ces dernières comme des U olothxir.ies dégradées , et nous envisagerons de même les Siponcles comme des Ecliiures dégradés. Ainsi, en résumé, les Echiures et genres voisins nous paraissent devoir être rapportés au type des Aniielés; ils constituent un groupe spécial , intermédiaire sous certains rapports entre les Vers et les Holothuries , et que je proposerai de désigner sous le nom de Ciéphyi'ieiis (G/'ijIn/ren) (1). Les Echiures et les Ster- napses sont placés en tète de ce groupe ; les Siponcles en sont jusqu'à présent les derniers représentants connus. Ce groupe des C"iéphyrieiis est bien distinct des Lombrics. Ces derniers ont au contraire des rapports très grands avec les Hiru- dinées, dont ils sont les analogues dans la série des Annelés Ché- topodes. Il me suffira , je pense, pour justifier cette manière de voir, de rappeler que les l^onibrics et les Hirudinées sont her- maphrodites, tandis que les Géphyriens ont les sexes séparés, comme nous venons de le voir. Le mode de circulation , la na- ture des téguments , le défaut d'annulation du corps, tout tend à faire rejeter le rapprochement intime que Pallas avait cru pouvoir établir entre les Lombrics et les Echiures. On voit que nous sommes conduit à conserver, tout en les rap- prochant, les deux familles établies par M. de Blainville. A la seconde {Siponcidides) on devra probablement rattacher, comme l'a déjà proposé le même naturaliste, le genre Priapule (Pria- pidus Lam. '. Le groupe dont nous parlons serait donc composé de la ma- nière snivante : / ( Echiure. 1 Eciiii:rien*; ( F.rhiiimi). .' \ [ Sternapse. I.IÏPHVUIEXS [GEPHrniiA). . I I Siponcle (î). f SiPONT.iu.iRNs {^Sipnnnilen). s , ( Priapiilp. (I) De y£(j)-jpâ, ponl. (î) .le ne consirliTO ici les Siponcles cpie comme fcirmiinl un senl ïenre : il nie i m: vi.4'riti;FA«itN. — si ii i.'iiciiu i\i-; uic i; i;iiiM-,i;. o!i\ l'ciil-ctri^ faiidra-l-il plus tard ramener à ce groupe , coinine l'avait fait (^uvier. l'aniuial si singulier de la Bonellie. J'avais cru d'aboi'd (|u"il pourrait être voisin des Néniertiens ; mais des détails que m'a donnés récemment M. Milne Edwards m'engagent à revenir sur cette opinion. Je crois devoir écarter, jusqu'à plus ample informé, des .Sipon- cles aussi bien que des Ecliiures, le genre Lilhoderme (l) établi par Cuvier, qui le place entre les Priapules et les Siponcles. L'exis- tence de grains pierreux dans les téguments me semble indiquer des afiinités réelles entre ces animaux et les Echinodermes. En elTet, les téguments de tous les Holothurides paraissent rcnfermci' des concrétions calcaires, et nous avons vu que les Synaptcs, qui sont très probablement les derniers représentants de ce type, con- servent ce caractère malgré la délicatesse de leurs téguments. Je ne crois pas non plus pouvoir placer à côté des Siponcles le genre Lancette (Lanceola) proposé par M. de Blainville [2). I/cs- pècc unique qu'il a décrite (L. de Paretto, L. Parelti de Bl.) me paraît être un véritable Némertien , que je rapporterai provisoi- rement au genre Cérébratule. Parmi les faits qui me semblent militer en faveur de ma manière de voir, je rappellerai surtout ce que M. de Blainville dit de l'existence d'une longue trompe e\- sertile en avant, et d'une ouverture génitale médiane inférieur),' placée près de la tête. Au reste, tout en mettant sa Lancette parmi les Siponculides, ce naturaliste reconnaît lui-même que ce n'est nullement un .Siponcle , et la croît plutôt intermédiaire entre ces derniers cl les Ilirudinées. Je terminerai ce Mémoire par une observation qui se rattache à des considérations sur lesquelles j'ai surtout insisté dans ces semble probable loulefois qu ils doivent consliluer plutôt une fiimille. La diffé- rence des légninenls . celle des couclies musculaires sous-jacentes , el ce que j'ai vu par transparence dans ipieUpies espèces très petites, me portent du moins a rep;arder l'ette ujaiiiere de vi>ir conune devant plus lard être préférée par les faits Mais il faut bien reconnaître i|ue nous manquons encore sur ce point d'observa- tions sufiisantes. (I) Ri'rjnn animfil, i' ed . t III, p. il i. 'î) DirI . ilmSr. nul , ari Vms, p, .'j'i:! 2/i'2 VOVU.E li> SICII.K. derniers temps , en signalant l'importance piiysiologique de la cavité générale du corps chez les Invertébrés (1). Dans les Ecliiu- res, l'espace laissé liJDre entie les couches sous-tégumentaires et les viscères est très considérable (moins ])ourtant, toutes propor- tions gardées, que dans les Siponclesj ; l'appareil vasculaire est également très développé. Cependant l'organe respiratoire est peu considérable, soit qu'il réside seulement dans le tissu que ren- ferme le prolongement figuré et décrit ici , soit qu'on doive en outre considérer comme tel Y appendice linguiforme de Pallas. 11 suit de là, d'une part , que le sang ne doit pouvoir respirer que par portions assez faibles, et, d'autre part, que ce sang lui-même ne constitue qu'une assez petite proportion des liquides nourriciers de l'organisme , et que par conséquent l'appareil respiratoire oii il va se revivifier ne peut, selon toute apparence, sufBre à l'hé- matose. D'un autre côté, la peau, éjiaisse et renforcée par sa couche fibreuse dans toute l'étendue du corps, ne peut probable- ment remplir un rôle bien actif dans l'acte de l'oxygénation. L'ensemble de ces faits motive et explique le rôle des cœciarx dont nous avons parlé, cœcums qui, à en juger par leurs rapports anatomiques, servent uniquement à la respiration du liquide ab- dominal. Remarquons en passant que des considérations toutes sembla- bles s'appliquent à l'arbre respiratoire des Holothuries ; chez elles aussi, le sang, très distinct du liquide abdominal, respire dans les branchies céphaliques , tandis que le liquide abdominal reçoit l'action revivifiante de l'eau aérée [lar l'intermédiaire d'un appa- reil qu'on peut considérer comme formé de trachées aquifères. Chez les Holothuries aussi bien que chez les Echiures, le travail physiologique respiratoire est donc réellement divisé en deux actes distincts, confiés à deux appareils spéciaux (2). (1) i\ole sur le stnig c/cs AuniHklcs ; — Mémoire s»)' /(/ famille des Némerlicii::. {yliin. des Se. im(.) ^2) Le même fait se relrouvecliez les Astéries, i\l. Kilwartls vient de s assurer par des injections que le liquide qui remplit les houppes de petits c(i>cums éparses sur le corps , et bien distinctes des pieds à ventouses , sont distendues par le li ■ quide abdominal , et nullement par le sang. Ces houppes sont donc de véritables hriinchies abdominales i»K 91 A'i'RKFiui':<>>. — SI 11 i.'ijaiii r.ic in-, (..eui.m-;». ?->!\!\ i;\i'Li(:\Ti<)N i)i;s ii(;liii;.s PI. wciii; (j. Fig. I. Edirriititr iiuterifiire de CEcliiurus (jierlnerii. Fig. 11. Cuuclii'S li-gunH'itkiirc\. — a, glandes mucipares. Fig. 111. Comité libn-use tégumenlaire. — 310 diamotres. Fig. IV. Portion antérieure du corps, l'animal étant (nivert par le dos. — 0, bouche. — b, œsopliage. — c, portion anlérieure de la trompe. — uiiu t'.-|iccc Ux'S voisine; lie lullu-ii. o/|6 VER IILIiLI.. — Mil I.IC .^IUH^lUL^CIi l'HlLLODES. J.es mâchoires {b,b) cornées, cylindroïdes ; le bord iiilenie garni de poils fauves. Les palpes ie,e) : la base arrondie, le second article plus al- longé, le troisième plus court, le quatrième, allongé, se termi- nant en un bout arrondi. Les palpes internes sont composés de deux articles, tous garnis de quelques poils. La lèvre intérieure (c, et fig. 3 grossie), de forme trapézoïdale , plus large en haut, avec deux palpes de trois articulations ; le bord supérieur garni de quelques poils. Les antennes {d,il), de quatre articulations à peu près égales, arrondies , allongées , garnies de quelques poils; les yeux (g, g), à peine visibles, très petits. La hanche de cette larve est grosso et arrondie; le tibia pré- sente en dessous la forme d'un hexagone allongé; il est plus ar- rondi en dessus ; le fémur est allongé ; le trochanter plus allongé; le tarse se termine en un crochet avec un second plus petit. Sur le côté des segments se trouvent deux mamelons du bout desquels sortent deux poils ; sur le milieu s'élève une légère pro- tubérance qui porte une masse de pointes orangées, partagée en deux portions par une rainure. Le dernier segment postérieur est armé d'une fourche dont les branches ont deux articles et sont entourées de poils. Fig. 5. l^a Chrysalide femelle vue en dessus; fig. 6, la même en dessous. I^a couleur paraît avoir été un peu plus foncée que celle du mâle. L'étui de la tète est plié en avant entre les pre- mières paires de pattes ; l'étui des antennes se courbe en haut en forme d'S , puis passe en arrière , et revient entre les plis des étuis des élytres et des ailes, se réunissant avec les étuis des dernières pattes. Les segments de l'abdomen plus légèrement échancrés que ceux de la larve ; à chaque côté un petit mamelon garni de poils. Sur le milieu s'élève un tubercule parsemé d'un groupe de points bruns, d'où sortent quelques poils, séparés par une rainure. Les poils sont plus forts, et en plus gi-aiid nombre sur le segment de la Chrysalide mâle. Les derniers segments postérieurs de la fe- melle et du mâle ont deux mamelons garnis de poils. I VEK HLELL. — SI II Mi MOUMOI,^ CI', l'in l.l.OUliS. 34" Dans le Coléoptère femelle , la tête est allongée ; le lliurax, ou corselet, conique, avei- deux lobes marqués de quatre dents. Les élyties ont neuf sillons, dont le cinquième porte trois tuber- cules, et le second deux de moindre dimension. Les élytres sont dilatées aux bords externes, en lobes transparents, veinés, ondulés, qui se réunissent presque à la base en forme d'arc, muni d'une denture. Les ailes ont des nervures fauves. L'abdomen est renflé au milieu de sa face inférieure, et dilaté sur les côtés. Dans le Coléoptère mâle , les mandibules sont cornées, poin- tues ; la seconde dent plus courte. Les mâchoires sont cor- nées, arquées, terminées en pointe, garnies à l'intérieur d'une rangée de poils bruns. Les palpes sont au nombre de six ; les maxillaires externes ont quatre articles : les trois premiers, cy- lindriques; le quatrième, ovoïde, allongé. Les palpes internes sont plus courts , et à deux articulations. Les palpes labiaux ont trois articles: le dernier, ovoïde, allongé. Le labre est corné, et garni de poils au bord supérieur. Les yeux sont saillants, d'un jaune mat. Les antennes longues, effilées, à huit articulations : le premier, en massue; le second, edilé ; le troisième plus court, les autres en diminuant ; le dernier garni de poils , avec un bou- ton brun-foncé. Les pattes sont allongées , la première paire plus courte ; les tibias légèrement arqués. Le tibia et le tarse des premières pattes offrent une rainure longitudinale garnie de poils, près de l'arti- culation du tarse avec le tibia. La forme de celui-ci est en mas- sue ; il est armé de dents ou d'épines , et d'un crochet garni de poils , comme l'est aussi le premier article du tarse. Le crochet manque aux tibias des autres pattes. OBSERVATIONS SUR LE IIIPIXXAKIA .l.sTA«/(;tV(.l . Par MM. KOREN' et OANIEI.SSEN [de Bergen 1^). M. Sars, l'Iiabile naturaliste dont les recherches nombreuses et profondes ont conlribué à jeter la lumière sur l'histoire encore obs- (\) /ooliiriiski: Hiilidii. BeiKon, ISi7 3/lS KOKI':\ Il B>AMIiL>«!!il':>. cure du déveluppument des animaux inlûi-ieurs , a déjà lixo son attention sur le Blpiiinaiia asteriçiera , petit animal remarquable à plus d'un titre ; c'est dans son intéressant ouvrage , intitulé : Beskrivelse o(j laylagelser over nogle mivrkelige nye i Havet ved den Bergenske Kijst levende Dijr, Bergen 1835 (1^ que M. Sars a décrit et ligure celte espèce. Au mois de septembre de 184'2 , l'un de nous (M. Koren) eut occasion d'obser\er Vasterigera; cl il émit alors l'opinion que cet animal devait être une Astérie quel- conque arrivée à une certaine période de son développement. M. Koren a fait également remarquer au docteur Sars qu'outre le conduit intestinal décrit par cet auteur, on trouve encore un autre canal qui part du dos de l'Eloile de mer. Par suite d'observations ultérieures , nous pûmes avancer non seulement que nous étions parvenus à la certitude complète que cet animal n'était autre qu'un degré du développement de l'Astérie , mais aussi que nous nous étions assurés que le canal important , ci-dessus mentionné, existait à l'endroit précédemment désigné. En octobre 18/|(), le port de Bergen fut visité par une telle quantiti' de Salpas qu'il était impossible d'y puiser un verre d'eau marine et pure sans (|ue le verre s'emplît à moitié de ces ani- maux. Comme il se trouvait pai'mi les Salpas une foule de Bi- pinnaria aslerigera , nous cliercliàmes à connaître l'organisalion de ce dernier animal si remarquable , et nous pûmes faire (juel - ([ues obsei'vations nouvelles , qu'il ne sera peut-être pas sans in- térêt de communiquer ici. >;ous parlerons d'abord de l'appareil natatoire ; puis nous décrirons l'Étoile de mer ,'et nous indi(|U('- rons dans quelle relation l'appareil se trouve avec l'Etoile. L'appareil delà natation est transparent, cylindrique, déprimé: il a 30 millimètres de largeur; et lorsqu'il devient plus étroit, il se lerminc posli'i'ieurcment en une nageoire plate et cordiformc. l n peu en avant de celle-ci se présente , à la surface ant('rieure, une nageoire en forme de lance. L'extrémité antérieure de l'appareil iialaluire est pourvue de douze lentacules ]ilals, l.incitormcs . placés sur df^ux rangs. Dans le rang le plus élevé, un cnmjile luiil (I) Description c/ fxtimcn tic t^ttririiics tniiiihiur rcninviiniihlcs et iioiiccnni , rivant dans lu mer iirca de In rOle de Heriien, lirrizen, I Hit'l. SI» II'. lill'l^^Alll\ \STi:Ri(;Kia. 3/|i» leiilaciiles, dont deux à la partie supih-ieure de l'aiiinial . et les six autres sur les côtés, disposés de manière que, sur ciiaqiie côté , il y en a trois qui couvrent parfaitement et les parties laté- rales , et une portion des parties situées le plus en arrière de l'appareil natatoire. Au-dessous des douze tentacules s'en trou- vent (|uatre autres de même forme que les précédents , et cou- vrant une partie du dos de l'Étoile. Tous ces tentacules entrent ensemble dans une agitation continuelle dès que l'animal nage , et (|u"il l'ait usage du principal comme d'un organe locomoteur. [.'appareil présente , au milieu de Textrémité antérieure , une ouverture qui conduit jusque dans la cavité ; les deux surfaces, antérieure et postérieure , sont revêtues d'une peau qui cesse d'exister vers les côtés, où elle forme deux bordures en saillie libre , entre lesquelles existe un espace non cutané. Après avoir couvert par-devant les deux tentacules supérieurs, la peau se forme en archet convexe vers le haut. Sous cet archet , on en rencontre un autre de même figure formé par la partie posté- rieure de la peau , après que celle-ci a couvert les dix autres tentacules. 11 faut remarquer aussi que, sur cet appareil, on rencontre toujours une place non revêtue de peau, et qu'on en aperçoit une semblable sur les tentacules ; car la peau , après s'être renversée sur les côtés du tentacule , forme une bordure saillante sur celui-ci. Des cils existent sur les côtés de l'appareil natatoire comme aux tentacules. Si l'on examine un morceau de derme à l'aide du microscope , on voit qu'il consiste en une masse de granules très délicats, dans laquelle on découvre des parcelles irrégulières et calcaires, et , parmi celles-ci, quelques unes en forme d'aiguillons. Sous la peau existe une couche musculaire composée de fibres transver- .sales et longitudinales, par le secours desquelles les tentacules, ainsi que le reste de l'appareil consacré à la natation , peuvent se contracter fortement sur la longueur comme sur la largeur. L'Étoile de mer, dont les plus grands échantillons avaient .5 millimètres , était d'un l'ouge vermillon , et garnie de cinq bras assez courts , dont la longueur égalait , en général , la largeur du disf|uo. Le dos est convexe : le ventre plat. Chez quelques in- 350 KOREiM nr daivielssek. dividus , le dos était d'une convexité prononcée , et les cinq bras n'otTraient que des vestiges. Dans la peau revêtant le dos et les côtés, on trouve un filet calcaire , duquel une foule de piquants prennent naissance. Les piquants sont plats, garnis de quatre ou cinq paires d'ouvertures plus petites dans le fond, et se terminent par trois pointes sail- lantes , dont la médiane est la plus longue. En général , il sort d'un petit tubercule calcaire quatre ou cinq de ces piquants; cha- cun d'eux est entouré d'une membrane , de manière à ressembler à une feuille oviforme, avec une pointe en saillie ; sur les côtés des bras , on rencontre une rangée de longs piquants. Les pieds sont assez longs et disposés sur deux rangs. Les lamelles angulaires de la bouche sont larges et triangulaires; chacune d'elles est en avant munie de deux paires de piquants; on en rencontre de semblables sur les côtés, ainsi que sur le dos. Quant aux organes intérieurs, nous avons seulement observé le conduit intestinal, qui partout est de la même épaisseur, et n'est pas pourvu d'appendices. 11 commence à l'ouverture de la bouche , s'infléchit de gauche à droite , et s'avance au dehors sur le dos , où , vers le centre de l'Étoile de mer , il forme un canal cylindrique , se contractant sans cesse , et , par ce moyen , contri- buant à l'évacuation excrémentitielle. Le canal de l'intestin est garni d'une couche musculaire de fibres transversales et longitu- dinales ; à sa surface interne , il est , en outre, tapissé d'un épi- thélium vibratile. Près de l'extrémité du conduit intestinal sort du dos un tube cylindrique, long de o millimètres, de couleur ponceau , qui se continue en partie dans l'Étoile de mer; c'est seulement au moyen de ce tube que l'Étoile reste liée avec l'appa- reil natatoire, auquel elle est attachée par-devant. La paroi postérieure de ce canal est un peu plus courbée et plus longue que l'antérieure, qui est fendue au milieu dans toute sa longueur. Ce conduit est garni d'une couche musculaire de fibres transver- sales et longitudinales, assez fortes, et il est aussi à sa face interne revêtu d'un épithélium vibratile. Pour venir en aide à ce système musculaire , le canal peut se contracter énergiquement , aussi bien sur la largeur que sur la longueur ; la l'ente peut également SUR LE nIlM^^ARIA ASTEHKiRRA. 351 se dilater et se rétrécir. Lorsque l'Étoile de mer se sépare de l'appareil de la natation , le canal commence à se contracter avec force ; et , après plusieurs contractions significatives et réitérées, il s'en détache près du dos ; l'Étoile , alors alFranchie de l'appa- reil natatoire , circule autour du vase dans lequel on l'observe. Nous flimesfréqucmment à même de remarquer que le canal opère sa désunion de la môme manière au sein de la mer ; et assez sou- vent nous vîmes plusieurs appareils flottants pourvus du canal qui , par sa couleur ponceau, attirait aussitôt notre attention. Il n'est pas rare qu'après s'être isolé de l'Étoile marine , l'appareil natatoire s'agite pendant plusieurs jours. En opérant cette sépa- ration , dans le but d'examiner plus spécialement l'Étoile, nous observâmes , outre l'intestin en saillie , une fente au point où le canal était précédemment situé. Lorsque, sur beaucoup d'exem- plaires, nous eûmes constamment remarqué la fente à la même place, et que nous ne pûmes découvrir aucune trace de plaque madréporique, nous conjuctunanes que, chez l'Étoile en question, celte plaque était formée de manière que l'ouverture en est fermée par la chaux. L'Étoile de mer étant malheureusement morte au bout de quelques jours, nous n'avons pu, par l'observation, confir- mer notre supposition. Comme il ne se trouve au dos de cette Etoile aucun vestige des tentacules pour la respiration , il n'est guère possible de douter que le canal ne fonctionne comme or- gane respiratoire. L'eau, après avoir pénétré , par l'ouverture indiquée , dans l'appareil natatoire; , est conduite par le tube res- piratoire dans la cavité de l'Étoile, et, nprès avoir été utilisée, est dirigée au dehors , pour que l'eau fraîche puisse de nouveau affluer rapidement jusque là. Nos observations sur la structure du squelette des Étoiles de mer nous ont donné la pleine certitude que le squelette est formé , comme le squelette cutané des Échimdes et des Holothu- ries . de plaques calcaires et minces , perci;es d'une foule d'ou- vertures. I^cs plaques sont composées de petits cristaux calcaires qui se réuuissent aux extrémités ; et c'est de cette manière que s'étabht une ouverture. Pendant que plusieurs cristaux sem- blabh'S se joignent à ceux déj,"i formés, il se montre plusieurs ou- •i52 i.«vAi.LE. — sur, i,E Tiîsr vertures ; enfin on aperçoit, une plaque calcaire très perforée. Peu à peu une des ouvertures se remplit de chaux , et i)endanl que plusieurs couches de plaques se superposent, celles-ci se réunissent en croissant, et on obtient mainlenant un squelette à l'état complet. Cette Astéride se classe enfin dans la famille des Étoiles ma- rines, ayant deux rangées de tentacules ainsi qu'un anus; mais tant que les organes inférieurs ne furent pas développés , il nous fut impossible de la rattacher à une espèce pri'cise. l'API.ICATIOX DES FIGllRKS l'I.WCllK 7. Kig. 7. L'Etoile de mer, avec I appareil nataloire , de .grandeur naliirelle. Fig. 8. l^'Eloile de mer, avec la partie antérieure de l'appareil natatoire, grossie. Il, a, les deux tentacules supérieurs; 6,!;, les six tentacules latéraux ;(■, les quatre tentacules inférieurs ; (/, l'archet supérieur; c, l'a rcliet inférieur ; /. l'ft- loile marine ; g, le conduit intestinal ; h. le tube respiraloirc. Fig. 9- L'Éloile de mer, vue d'en liaut, grossie. ", le canal inlestinal : h, la partie saillante; r, luljo de la respiraliun. RECHERCHES d'aNATOMIK MlCROSCOPlUUr. si;b r.E TEST des cuist.vcés dkcvpodes; Far K. IiAVALLE. Du jour où l'illustre auteur de la philosophie anatomique, ap- pliquant aux animaux articulés la théorie des analogues, annonça les rapports qui existaient entre l'enveloppe solide de ces êtres et le squelette des animaux supérieurs, de ce jour, l'étude du lest (les Insectes, des Arachnides, des Crustacés, etc., prit une impor- tance qu'elle n'avait point eue. Aussi s'empressa-t-on d'étudier et de décrire chacune des pièces qui entraient dans la compcsition (le celte enveloppe. On recheirha avec ardeur quelles étaient i)i;> r.ni sTACics Diic. m'odks. ^l^ùî celles qui devaient être considérées comme les véritables pièces ver- tébrales; quelles modifications elles avaient dû subir pour devenir aptes aux nouveaux usages qu'elles étaient appelées à remplir; (luelles places elles occupaient relativement aux organes de l'inner- vation, de la nutrition ou du mouvement. Aucune d'elles ne fut oubliée, et pour les Crustacés en particulier, les importants tra- vaux de MM. Geoflroy Saint-Ililaire, Savigny, Meckel, Dugès, Ampère, Audouin, Milne Edwards et de plusieurs autres, ont sous ce rapport rapidement poilé la science à un degré de perfection tel qu'on n'aurait d'abord osé l'espérer. Alais alors qu'on recherchait avec tant de soin le nombre de pièces qui entraient dans la composition des anneaux du test et de chacun des organes les plus délicats; alors qu'on s'efforçait de retrouver leurs analogues dans les espèces voisines ou éloignées, peu de travaux furent entrepris dans le but d'étudier l'organisa- tion intime de ces mêmes pièces. Le microscope ne fut appelé que rarement à dévoiler les secrets de cette organisation, et aucun travail, que je sache, n'a été publié sur les faits généraux aux- quels pouvait conduire l'étude microscopique du test caduc des Crustacés. De cette absence de faits résulta une indécision et une obscu- rité remarquables dans tous les écrits où l'on s'occupa de détermi- ner la nature physiologique du test des Crustacés. Par là se perpé- tuèrent les hypothèses contradictoires émises à ce sujet, et une divergence complète d'opinions régna souvent entre les hommes les plus recommandables dans la science. Les uns se fondant sur la position extérieure de la carapace, sur ses usages de protection , sur la présence d'un pigment spé- cial à sa surface, etc., regardèrent cette enveloppe comme une peau véritable pénétrée dans ce cas de sels calcaires et en tout comparable à la ])eau des Talons. D'autres, frappés de la quantité de pièces qui formaient le test, de leur mode d'articulation, de leurs rapports évidents de position, de nombre et d'usage avec les os des animaux supérieurs, etc., y reconnurent un scjueletle vérilable qui , comme celui du tronc des Torittes, était placé en dehors des parties molles. J- MM-if Z..i,i. T VII (Juin 1817.1 -, 2i .'i5/i L*V*ILE. — srii \.E Ti;ST Des auteurs également célèbres, doiinant aux mues périodiques de la caparace une valeur absolue, etc., la considérèrent comme un simple produit de sécrétion , comme un épidémie , et la rap- prochèrent de Vépiderme écailleux des Serpents et des Lézards. Ne pourrait-on pas plutôt s'arrêter à une opinion mixte et soute- nir qu'il n'y a dans la série des animaux vertébrés aucun appareil parfaitement analogue au test des Crustacés? On regarderait alors ce test comme représentant à la fois chez les Crabes et l'appareil tégumentaire et le squelette des animaux supérieurs, et les Tortues offriraient un exemple du passage de Tune de ces formes à l'au- tre. Les mues périodiques des Crustacés seraient, dans cette hy- pothèse , assimilées à la chute du bois des Cerfs ; et en admettant la vitalité temporaire du test , l'analogie serait bien peu éloignée , car, comme lui , les bois des Cerfs possèdent deux propriétés dé- volues en général à des parties bien différentes. Ils croissent et se nourrissent comme les parties vivantes, en même temps qu'ils tombent et se renouvellent comme les produits de sécrétion. Dans l'état actuel de la science , ces opinions et quelques autres peuvent être soutenues, et l'ont été , en effet, avec des raisons à peu près d'égale valeur. Ce n'est donc qu'en apportant des faits nouveaux qu'il est possible d'éclairer la discussion. Ce n'est qu'en comblant la lacune qui existe dans la science sur l'anatomie in- time de l'enveloppe solide des Crustacés , qu'on peut espérer de ramener les naturalistes à une même o[)inion. Tel est le but des recherches que j'ai entreprises. Placé loin des ports de mer, loin de Paris et des vastes col- lections, je n'ai pu donnera mes travaux toute la généralité qu'ils exigeraient; et quoique je n'aie négligé aucune occasion de les renouveler sur toutes les espèces qu'il m'a été possible d'obtenir, je sens combien elles auraient besoin d'être vérifiées encore. Pourtant, telles qu'elles sont, elles m'ont paru pouvoir être de quelque utilité, en amenant des hommes plus capables à les con- stater de nouveau, à les étendre, ou à corriger les erreurs dans lesquelles je serais tombé. Je n'ai, du reste, rapporté dans ce Mémoire que les faits qui m'ont pnru rerinins. Cp nVsl qu'après les avoir observésun grand DES r.niSTACÉS DliCAPODES. 355 nombre de fois , les avoir montres à toutes les personnes qui ont bien voulu répéter mes observations, que j'ai cru pouvoir admet- tre la plupart de mes descriptions. Je n'ai négligé aucun moyen de rectifier les erreurs auxquelles conduit si souvent l'observation microscopique , et j'espère y être parvenu. Comme l'indique le titre de ce Mémoire , ce n'est pas sur l'ap- pareil téglunentaire complet des Crustacés décapodes que j'ai di- rigé mes recherclies. Ce travail ne porte que sur le test proprement dit, sur cette partie des téguments qui, encroûtée de sels calcaires, tombe à des époques périodiques pour être remplacée par une enveloppe analogue, mais plus vaste. Comme l'a, en effet, dé- montré M. Milne Edwards, ce n'est pas l'appareil tégumentaire complet qui dans les Crustacés s'infiltre de particules calcaires et tombe à des époques périodiques. Il existe dans cet appareil trois couches membraneuses principales. « La plus profonde ressem- >■ ble aux tuniques séreuses des animaux supérieurs; dans cer- » laines parties du corps, dans les membres, par exemple, elle » est à peine visible ; mais autour des grandes cavités du tronc , » elle constitue une membrane distincte et se continue autour de n tous les' viscères de manière à. former autour de chacun d'eux » une graine particulière , en même temps qu'elle leur fournit une » enveloppe commune. La face interne de cette tunique mince et X transparente est libre et lisse, mais sa face externe est au con- « traire unie à la couche tégumentaire moyenne. Cette dernière » membrane est molle, plus ou moins spongieuse, en général assez » épaisse et très vasculaire : sa surface est ordinairement colorée, » et on pourrait la comparer au chorion ou derme. Enfin la rou- » che la plus externe est formée par une membrane mince, mais >. ferme et consistante , qui ne présente pas de ramifications vas- >' culaires. Elle enveloppe le corps de toutes parts et forme dans » divers endroits des replis qui pénètrent plus ou moins profon- '. dément entre les organes intérieurs. " Cette tunif[ue superficielle se trouve entre le cliorionct lacara- « pacn prêle ,'i tomber, el cllr est évidemment sécrétée par la 350 I,AVALI.K. — SI II I.K TKSl » première de ces enveloppes , car, ù loule autre époque qu'à » celle de la mue , ou n'eu voit aucune Irace; et, en efl'et, c'est » elle qui doit former le nouveau test. Bientôt après la chute de )) l'ancienne carapace , on la voit ac(iuérir une consistance plus » grande : dans certaines espèces , elle reste toujours dans un » état semi- corné; mais dans d'autres, elle s'épaissit davantage 1) et s'encroûte de particules calcaires , de façon à devenir très » solide et très dure. [Aouvelles suites à Biiffon; Histoire nalvrpllc des Crustacés, par M. M il ne Edwards.) Ainsi donc, au point de vue de mes recherches, on peut diviser l'appareil tégumentaire des Crustacés en deux parties : 1° l'une, extérieure et encroûtée de sels calcaires, n'a pas de vaisseaux évi- dents : c'est la carapace, le test proprement dit; elle forme à elle seule la charpente solide de l'animal , et son inextensibilité exige qu'elle tombe à certaines époques pour être remplacée par ■ une enveloppe plus vaste; 2° l'autre, placée à l'intérieur, double la preiTlière dans tous ses points; molle et éminemment vascu- laire, elle persiste après la chute de la carapace et semble surtout destinée à en reproduire une nouvelle. C'est au test seul , à la partie caduque de l'appareil tégumen- taire, que s'applique tout ce que je dois exposer. Et c'est à des- sein que j'ai ainsi limité le sujet de ce Mémoire, car c'est sur la nature de celte enveloppe coriace et endurcie qu'il a été presque impossible de baser, jusqu'à présent, une opinion suflisammenl fondée. C'est sur elle seule que tant d'hypothèses contradictoires ont été soutenues. l'our faciliter l'exposition des faits, je crois devoir prendre pour type l'organisation du test de l'Écrevisse ordinaire. Il y a, en elïet, de telles analogies sous le rapport de la structure entre les carapaces de Ions les Crustacés , (jue je n'aurai plus ensuite ([u'à indiquer de légères diirérences, et le plus souvent qu'à signa- ler des ressemblances ou des similitudes parfaites. Or, en soumettant à une analyse attentive le test d'une Écre- visse , il est facile de voir, à l'œil nu cl sans aucune préparation . des poils et des mamelons d'apparence évidemment cornée.' On voit aussi que la coloration rouge est superlicielle. et f|ii'pii enle- i>i s (:i;i srvf.ii.s i)ii(v\rouiis. 357 \aiil la euLiche lir> milice qui la coiitieiil, le reste est d'un jjlaiic mat. Ces oJDScrvations mettent siu* la voie de ee qu'une observai iun plus profonde peut révéler, et il suffit d'examiner au microscope une mince coupe transversale de ce test pour reconnaître (jue la matière cornée, la portion rouge et la partie blanche constituent trois couches superposées parfaitement distinctes. La plus externe, extrcmemont mince, translucide, d'un jaune de corne, est sans urgiinisation appréciable et recouvre tout le lest. Cette couche présente par place des renflements de même nature qu'elle, et qui ne sont autre chose que les mamelons dont j'ai parlé tout à l'heure. Elle est partout continue et ne présente de solution de continuité que pour le passage des poils. Au-dessous de ce vernis prolecteur est une couche dilTércnte sous tous les rapports. Quatre ou cinq fois plus épaisse, elle est nettement séparée de la couche qui précède et de celle qu'elle l'ecuuvrc. Sa coloration, d'un rouge vif, est relevée encore par son opacité. Elle est imprégnée de sels calcaires, et contient dans son épaisseur la base arrondie des poils. Elle présente dans sa structure intime une quantité varial)ie de lignes extrêmement fines, disposées suivant la sui'face du test, parfaitement parallèles entre elles , et sans anastomoses apparentes. On y trouve , en outre, de petits corps irréguliers jetés çà et là. La couclie interne, la plus épaisse des trois, forme à elle seule plus des cinq sixièmes du test. Toute trace de matière colorante a subitement disparu, et cette couche se remarque surtout par sa blancheur et son opacité. On y rencontre un très grand nombre des lignes parallèles que j'ai signalées dans la couche précédente, mais elles sont, en général , beaucoup plus visibles et séparées par des intervalles plus grands. Les petits corps irréguliers s'y retrou- vent aussi en grande quantité. Enfin, cette couche est traversée par un grand nombre de canaux qui se rendent à la base des poils ou aux tubercules que j'ai déjà signalés. Tous ces faits sont faciles à constater. Les trois couches surtout que je viens de décrire sont évidentes, parfaitement séparées les 358 LA»ALLK. - SI 11 l.li iiisr unes dob autres, cl ])euveiit même être isolées par une dissection délicate. Je dois maintenant comparer ces faits avec ceux que présentent les autres Crustacés. Mais, avant d'aller plus loin, j'ai cru devoir désigner chacune des trois couches du test de l'Écrevisse par une dénomination spéciale, qui, en rendant les descriptions plus nettes et plus concises, facilitera l'intelligence de ce qui doit suivre. J'ai appelé couche épiilermique la plus superficielle, couche pùjmen- taire celle qui renferme la matière colorante, et couche dermique celle qui est la plus épaisse et occupe la partie interne. Sans attacher à ces mots toute leur signification propre , je les ai choisis comme étant dans le langage vulgaire, et comme rap- pelant des analogies qui, peut-être, ne sont pas très éloignées. Couche épiilermique. — Celte couche ne s'observe d'une façon bien évidente que dans un petit nombre de Crustacés. Parmi ceux qui me l'ont présentée , je citerai \'Ecrevissc ordinaire . la Lan- (jousle, les Scyllarus ardus et latus, le Portunus puber, le Lupea dicantlta, le Pisa tetraodon, etc., etc. Elle est très difficile à constater dans les Cancers, les Dromies, \es Pagures, le Homard, les Galalées, les Calappes, etc., etc. Dans quelques individus àeLambrus lotujimanus, conservés déjà depuis longtemps, il est vrai, je n'ai pu la constater, non plus que dans quelques autres espèces. Pourtant je suis porté à croire qu'elle existe d'une façon con- stante, et, si je n'ai pu la retrouver dans tous les cas, la cause en est dans l'excessive minceur qu'elle présente quelquefois , et dans la facilité avec laquelle le polissage peut l'enlever sur les minces plaques destinées à être soumises à l'observation micros- copique. L'aspect lisse et poli du test des Crustacés semble indiquer cette couche dans tous les cas. Si l'on met une goutte d'acide sur la surface d'une carapace de Crustacé , on observe que ce n'est qu'avec beaucoup de lenteur que l'acide parvient ?i faire passer au rouge la couche pigmentaire. Il semble même qu'alors l'acide À DliS CRLlSrAClis IJISCAl'OUliS. 35',» jiu pcul agir sur la matière colorante qu'en pénélraul par des lis- sures placées çà et là, car on voit apjiaraître d'abord des points rouges irrégulièrement disséminés, et ce n'est que par l'extension lente de ces taches que le test prend en entier la même coloration. Partout où j'ai pu constater cette couche, elle m'a présenté les mêmes caractères que dans l'Écrevisse, et m'a paru parfaite- ment justifier l'épithète d'épidermique, par laquelle je l'ai dési- gnée. Homogène et évidemment inorganique, elle est translucide et d'une couleur jaunâtre plus ou moins marquée. Elle présente souvent, comme je l'ai déjà dit, des renflements , et paraît être de même nature que les poils et les ongles. Mais ces derniers oi'ganes ne sauraient être considérés, ainsi que je le démontrerai plus tard, comme des prolongements ou des dépendances de cette couche. Elle se moule d'une manière parfaite sur toute la surface de la couche pigmentaire, qu'elle laisse apercevoir par transparence, et ne m'a paru interrompue nulle part par d'autres ouvertures que par celles qui donnent passage aux poils ou aux autres corps analogues, et par l'extrémité de très petits canaux, dont j'aurai à dire quelques mots. Telles sont les caractères généraux que présente cette couche superllcislle , caractères qui sont surtout tranchés dans la Lan- gouste , mais qui se retrouvent aussi à un degré plus ou moins marqué dans presque tous les animaux que j'ai observés. Couche pigmentaire. — Toutes les fois que j'ai soumis à l'ob- servation microscopique le lest d'un Crustacé présentant une co- loration quelconque, toujours la matière coloranle m'a paru l'en- fermée dans une couche spéciale, parfaitement distincte et très souvent séparable au scalpel. C'est cette couche que j'ai désignée sous le nom de couche |)igme]itaire , parce que son principal caractère, tant au point de vue de la physiologie qu'à celui de l'anatomie, réside dans la présence d'un pigment spécial, peut- être d'une nature identique dans tous les Crustacés, mais qui , sous des influences inconnues, prend les teintes variées qui ornent ces aniuiaux. SGO 1,4111.1,1':. — siii LK iKsi Cette couche existe d'une manière constante dans tous les cas où le test est coloré ; c'est dire ciu'elle ne nianque presque jamais : car bien peu de Crustacés se trouvent dans le cas du Lambrus Inngimanus qui , après sa dessiccation , est d'un blanc presque parfait. Ce Crabe , dont je n'avais , du reste, que des individus très maltraités par le temps, ne ni"a présenté aucune trace de matière colorante ni de couche pigmentairc. .le crois devoir insister sur ce point que jamais la matière ver- dàtre , verte, rouge ou bleue du test des Crustacés , n'est répan- due dans l'épaisseur du test, ou, comme on l'a dit, simplement accumulée à sa surface ; c'est toujours dans une couche spéciale, à texture propre et facilement discernable , qu'on la rencontre. Je ferai observer que je ne parle pas ici de quelques parties colorées en brun foncé ou en noir , telles , par exemple , que l'ex- trémité des pinces du Carpelhis corallinus et de beaucoup d'autres Crabes ; alors le test tout entier participe à cette coloration, qui pourtant est toujours bien plus marquée près de la surface. J-a couche pigmentairc est , presque dans tous les Crustacés, semblable à ce que je l'ai trouvée dans l'Écrevisse ; son épaisseur est, en général, peu considérable , et intermédiaire entre les deux couches qu'elle sépare. La matière colorante est le plus souvent uniformément répandue dans toute cette couche ; parfois pourtant elle est en plus grande quantité près de la surface. Cette couche renferme , dans presque toutes les espèces , des tubercules arrondis et formés de matière cornée. Toujours aussi c'est dans son épaisseur que se terminent les poils, et que com- mencent les canaux qui sont à leur base. Enfin , le plus souvent, j'ai pu constater qu'elle présentait un grand nombre de lignes parallèles extrêmement fines et tout à fait semblables à celles que j'ai trouvées dans l'ficrevisse. Parmi les nombreuses espèces dans lesquelles j'ai pu constater ces lignes , je citerai le Homard , la Langouste , le Pagunix (/ra- iiidatus, la plupart des Cancers, le Cardisoma Gunnhumi , les Calappes , le Maia vemicosa, VOci/poda Fabricii , la Droniic vulgaire, etc. Ces lignes sont toujours bien plus fines et bien plus riippro- cliées f|ue celles qui existeiil dans la couclic suiis-jaeeiite. Leur jiombre est en général du six à cjuiiize ; il est de plus de trente dans un Homard ; de plus tic soixante; dans inie Langouste de grandeur ordinaire. Ce nombre n'est en rapport ni avec l'épais- seur de la couche pigmentaire , ni avec la grandeur de l'espèce où on l'observe ; il paraît augmenter avec l'âge. Comme ces lignes parallèles se retrouvent dans la couche in- terne où elles se présentent avec les incmes caractères , je ren- verrai ce qui me reste à dire sur elles, au moment où je les dé- crirai d'une manière plus complète dans cette troisième couche. La couche pigmentaire, ai-je dit, est encroûtée de particules calcaires , qu'il est facile d'en si'pai'er par une immersion de quelques minutes dans une eau légèrement acidulée. Il est im- portant de noter ici qu'il se passe un phénomène tout à fait ana- logue à ce qui a lieu pour les os des animaux supérieurs. Le car- bonate de chaux est enlevé sans que l'organisation de la couche pigmentaire change essentiellement. Elle conserve et sa ténacité et son épaisseur ; et il n'en est pas ici comme dans les coquilles , où il reste à peine une faible masse de substance organique sans solidité et sans consistance. La présence de sels calcaires semble liée à quelques appa- rences qui me restent à décrire ; c'est ainsi que , dans des cas assez communs , on trouve dans la couche pigmentaire des lignes vaguement indi(juécs et perpendiculaires à la surface : ces lignes disparaissent quand le carbonate de chaux a été enlevé ; dans d'autres cas, ces lignes sont plus distinctes, et l'on voit dans l'é- paisseur même de cette couche des espèces de prolongements partant tous de la face interne où ils sont rémiis par la base, et se terminant au tiers , à la moitié , aux deux tiers de la liauteiu- de la couche pigmentaire ; dans ce cas encore , il suffit de traiter le test par un acide pour faire disparaître presque en totalité ces prolongements. Le carbonate de chaux n'est-il déposé que par place , et suivant les lignes qui forment les dessins dont j'ai parlé? C'est ce c|ui me paraît très probable ; toujours est-il que les sels calcaires sont certainement accumulés en plus grande quant iié dansées endroits. 362 L;V«/tLLi':. — SI 11 ],ii iiisi Examinée par sa surface , la couche pigmentaire |)réseiite sou- vent un aspect arcolaire des plus marqués. Le Lupea dicantlia , sur lequel ont été dessinées les deux figures li et Vl (PI. 7) , présente de beaux exemples de cette organisation. Ici , comme dans la plupart des cas , les polygones , qui , par leur accolement, forment cette surface , sont presque réguliers , et le plus souvent à six côtés. Dans quelques cas (fig. 12) , on remarque au milieu de presque tous ces polygones un petit prolongement qui pa- raît appartenir à la couche épidermique. Cette apparence est-elle due à des lignes véritables disposées en un réseau régulier? Ou plutôt est-elle produite par de petits mamelons pressés les uns contre les autres, et dont on ne distinguerait que les sillons de séparation ? Je suis de cette dernière opinion. Je n'ai rien dit encore des petits corps irréguliers jetés rà et là dans la couche pigmentaire, et sur la natiu'e desquels je n'ai rien pu apprendre, sinon qu'ils sont forinés par la matière orga- nique. Tels sont les caractères généraux de la couche pUjmentaire ; mais, dans certains cas, elle présente des particularités impor- tantes à signaler. C'est ainsi que, dans le Scyllarus latus, elle est la plus épaisse des trois couches ; alors la matière rouge est accu- mulée près de sa face externe, et les bulbes des poils y sont éga- lement placés. Il est remarquable qu'alors elle se laisse pénétrer par de profonds replis de la coucha dermique, et qu'au niveau de ces l'eplis elle perd la plus grande partie de son épaisseur et de ses lignes parallèles. Quand elle est très mince , les bulbes des poils semblent la re- pousser dans la couche interne. Couche interne ou dermique. — Cette couche , la plus interne des trois , est la partie fondamentale du test , et le plus souvent le constitue presqu'en entier ; elle ne manque jamais. Facile à isoler des autres couches, elle se remarque autant par le développement considérable qu'elle présente et par l'absence de matière colorante que par l'extrême abondance de carbonate de chaux dont: elle est imprégnée. inis (;uLt.iA(.iis DiicU'OiH'.h. oBS Du resic , comme les deux couches pi'écécientus , elle oITi'c une telle uiiil'ormilé de texture dans tous les Crustacés décapodes, que j'aurai bien rarement à m'éloigner de la description que j'en ai donnée dans l'Ecrevisse. Son épaisseur est en général des cinq sixièmes de celle du test ; mais elle peut être beaucoup plus considérable. Dans certains points du test du Homard , elle en a au moins les dix-neuf vingtièmes. Par exception , elle peut , comme dans le Scyllariis lalits , être plus mince que la couche pigmentaire. Mais quelle que soit son épaisseur, on doit noter, comme carac- tère essentiel , que cette couche ne renferme jamais de matière colorante verte , rouge ou bleue , si ce n'est par points isolés , et qu'on n'y trouve jamais de tubercules cornés , non plus que la base des poils. Ces faits ne m'ont présenté aucune exception. C'est surtout dans la, couche dermiqite que le carbonate de chaux abonde ; mais ici , comme dans la couche pifjtnentaire , on peut en priver le test sans altérer autrement la couche interne ; elle con- serve son organisation tout entière. Les canaux dont j'ai déjà parlé traversent dans toute son épaisseur le test : ce sont les seuls qu'on observe dans la couche dermique. J'aurai à en parler dans un chapitre spécial. Je dois pour le moment m'occuper de l'apparence que j'ai désignée sous le nom de lignes parallèles ; car , ainsi que je l'ai déjà indiqué , c'est surtout dans la couche interne qu'elles sont développées et faciles à étudier. Si j'en excepte quelques Anomoures , tous les Crustacés que j'ai examinés m'ont présenté ces lignes pamllèles ; on peut donc considérer leur existence comme un fait général. Il est même remarquable que l'absence ou au moins l'extrême ténuité de ces lignes dans les Crustacés anomoures donne à leur lest des propriétés nouvelles; alors la couche dermique présente les couleurs irisées les plus pures , et ce n'est que dans le cas de cette organisation exceptionnelle que ce phénomène également exceptionnel se présente ; c'est surtout dans les parties les plus l)rofondes (|uc les nuances sont les plus vives , et (|u'ellcs peuvent 3()/l L.tV.tl.M';. — SI U I.K IIOST souvent étru cumparùes poui' lY'clal aux plus riches coijmMIi's. Comme on le pense bien , du reste , ce phénomène réside dans la Iranie oi-ganique, et non dans le carbonate calcaire; car, après avoir traité ces parties par un acide , la coloration persiste. Entre les Crustaciés qui ne présentent pas dans leur couche (Icniutiue dç lif/nes parallèles, et ceux qui en ont dans toute leur épaisseur, on peut placer des organisations pour ainsi dire inter- médiaires. Dans certains cas on trouve, en elïet, une assez grande épaisseur de la couclie dermique dépourvue de ces lignes, tandis qu'en dessus et en dessous elles sont très évidentes. J^e nombre de ces lignes parallèles est extrêmement vaiiablc dans les différentes espèces. Jl peut varier depuis 8 et mémo moins jusqu'à 210 et plus. C'est dans la pince d'un Homard assez grand que j'ai pu en compter un aussi grand nombre ; dans la plu- part des cas, on en trouve de l'2 à oO. Dans la même espèce, ce nombre varie a\ec l'Age , les petites Ecrcvisses en ont de à 10, les plus grosses de 25 à 30 pour des portions analogues du test. Enfin, dans différents endroits il n'est pas le même. H aug- mente quand l'épaisseur du test augmente, il diminue quand elle est moindre. Les lignes parallèles sont en général séparées par des espaces égaux dans toute l'épaisseur d'un même point du test. Mais quel- quefois elles diminuent de volume en mémo temps qu'elles se rapprochent de plus en plus, et d'une manière insensible, à mesure qu'on les observe plus près de la l'ace interne. Dans les cas oîi une épaisseur notable de la couche dermique est privée de ces lignes , il est rare que, de chaque côté de celle bande, les lignes parallèles soient semblablement espacées. La grandeur de l'espace qui sépare les lignes parallèles n'est nullement en rapport avec l'éjiaisseur du test ou la grandeur de ■l'espèce qui le porte. C'est ainsi que ces lignes sont séparées par des distances trois ou (|u;ilrc luis plus grandes dans VHrreris.se que dans \e Homard. Quand \ii coiir/u' ilcnim/iie t\i^\\ li;i\ rrseï' une (li''pn"ssiiin des .•iulrt>s rouelle-^ on frnnchirini repli, il r-.| iNt('ri>si~ant di' sii;n,ili i' UKS C.UL'STACÉS DKCAl'ODKS. ."id.') cominenl sccomportenl \es lignes parallèles ([u\ la composent. Or, diiMS le prciniei' cas, on remarque que le [ilus souvent un certain nombre de lignes parallèles nouvelles remplissent la dépression , de telle sorte que les autres lignes passent au-devant sans avoir besoin de s'inllcchir. D'autres l'ois, au contraire, la couche tout entière se plie et suit les sinuosités de la carapace. Dans le second cas, tantôt une partie des lignes cesse au niveau de l'obstacle, tantôt elles se rapprochent, se resserrent, et la couche dermique ainsi condensée passe tout entière au-dessus, tantôt enfin la couche se plie pour passer sans changement au-dessus de la saillie. Telles sont les principales observations auxquelles peut donner lieu l'étude de ces lignes si régulières , et qui se retrouvent d'une manière si constante dans presque tous les Crustacés. Le nom de lignes parallèles sous lequel je les ai décrites jusqu'à présent, parce que ce parallélisme est, en elîet, leur caractère principal, m'a paru le meilleur, précisément parce qu'il ne préjuge rien de leur nature intime. Cette apparence de lignes est-elle due, en ell'et, à des couches secondaires excessivement minces, est-elle le résultat de canaux parallèles entre eux, ou bien est-elle duc à toute autre cause , c'est ce qui me reste à étudier. Voici ce qu'à l'aide de grossissements plus considérables , j'ai pu entrevoir sur la composition plus intime de ces lignes et par- tant de la couche dermique tout entière. l" Dans quelques cas, dans ceux surtout où l'on ne rencontre pas dans la couche dermique de lignes parallèles, cette couche ne paraitl'ormée que de filaments extrêmement ténus et délicats, in- timement unis entre eux. Ces filaments sont toujours dirigés de dedans en deiiors, perpendiculairement à la surface du test. Ils paraissent toujours simples, le plus souvent il est impossible de séparer ces filaments les uns des autres ; mais, dans quelques cas, j'ai pu arriver à ce résultat sur les bords de lames excessivement minces , au moyen de légères tractions faites avec la pointe d'une aiguille. Ces filaments sont homogènes et ne m'ont ofièrt nulle trace de canal central. Pourtant en examinant une coupe parallèle 3G0 l-AVAI,LE. — Sim I,K TRSÏ à la surface, on n'y voit plus qu'une quantité immense de petits points noirs sur un fond plus transparent. 2° Les mêmes filaments existent avec les mêmes caractères. Mais ils sont interrompus ou entrelacés par des zones parallèles, longitudinalement placées et bien moins obscures que le reste. De chacune de ces zones partent des ramifications plus larges et plus transparentes que les filaments que j'ai déjà décrits et qui forment des anastomoses en arcade avec des ramifications analo- gues parties des zones voisines. 3" Il n'existe plus de filaments perpendiculaires à la surface du test et on retrouve seulement des zones parallèles entre elles, et d'où partent une multitudede prolongements irréguliers quis'u- nissent entre eux ou avec leurs analogues émanés des zones les plus rapprochées. Dans ce cas comme dans le précédent, on voit c|ue les zones parallèles ne sont pas formées d'une masse homogène, mais qu'elles sont au contraire le résultat de la réunion sur un même plan de petits cordons fréquemment anastomosés, et sou- vent même intimement soudés. L'organisation que je viens de dé- crire sous le n° 3 est propre aux parties colorées en noir de l'ex- trémité des pinces de beaucoup de Cancers. Je n'entrerai pas dans plus de détails sur la composition de la couche dermique, et je ne décrirai pas les modifications que pré- sentent ces filaments dans les différentes espèces. Ces modifica- tions sont toutes , en elTct, sans importance, et rentrent dans l'une des trois variétés que je viens de décrire. Ce qu'il m'importait surtout d'établir, c'est que cette appa- rence de lignes parallèles n'est pas le résultat des couches acco- lées les unes aux autres comme on devait bien le penser, puisqu'il n'est pas possible de séparer le test des Crustacés en feuillets cor- respondants à ces lignes. Elles sont dues à l'organisation même du test, et la couche dermique forme un seul tout bien homogène. Il ne me reste plus qu'à dire un mot des petits corps irréguliers qu'on trouve souvent dans la couche dermique. Ces corps jetés pour ainsi dire au hasard , mais placés pourtant plutôt près de la partie interne, sont dus à des amas de matière organique. Leur ni;s ciii.siAciîs niicAi'oniîs. ;i()7 nxistence est trt>s générale et à ce titre ils doivent être de quel- que importance. Du test au niveau des articulations et dans les points où il n'est pas encroûté de carbonate de chaux. — J'ai étudié et analysé sépa- rément chacune des couches qui forment le test. Je dois main- tenant les réunir, les observer dans ce qu'elles ont de commun , indiquer en un mot quelles modificalions éprouve non plus telle couche , mais l'ensemble des couches dans certaines circon- stances. Quand un Crustacé quelconque se dépouille d'une carapace devenue trop étroite pour revêtir une enveloppe nouvelle, on sait que ce ne sont pas seulement les parties encroûtées de sels cal- caires qui sont rejetées. Le test tout entier tombe avec ses parties molles et ses articulations, de telle sorte (|ue la dépouille est d'ime seule pièce et représente exactement la forme de l'anmial qui l'a portée. On sait même qu'on trouve à l'intérieur de cette dépouille les parties ossiformes, qui du niveau des articulations plongent au milieu des masses charnues, et servent de point d'insertion aux muscles de ces régions. Or, les résultats auxquels je suis arrivé sont parfaitement d'ac- cord avec ces faits qu'ils expliquent même de la façon la plus complète. J'ai trouvé que les parties où le test est flexible, soit au niveau des articulations, soit ailleurs, ont une composition parfaitement semblable à celles de tout autre point de cette en- veloppe. On retrouve le môme nombre de couches , les mêmes lignes parallèles, etc., etc. On constate même qu'il y a une con- tinuation parfaite entre ces parties flexibles et celles qui sont en- durcies par des sels calcaires, et que la seule dilférence essentielle consiste dans la présence du carbonate de chaux dans certains points et de son absence dans d'autres. Cette différence elle-même disparaît dans les prolongements ossi- formes des articulations. Dans la pince des Homards, où ces pro- longements permettent, par leur énorme développement, de les étudier avec facilité, on constate qu'ils ne sont autre chose qu'un profond repli fie l'articiilntion. l'un sim|ile cou|)e sulTil pour le 308 i..tv*M,i-:. — si:ii I.I-; ii;sr faire reroimallre à l'u'il im, en nionlraiil à la partie centi'ale la ligne d'nccnlemeiit des deux lames qui le forment. A l'aide du microscope, on trouve à celte partie centrale les couches pifjmen- laires accolées l'une à l'autre. On retrouve la couche dermique ç:\. ses lignes parallèles, et on suit ces lignes à travers les parties fle.xibles de l'articulation jusqu'aux points encroûtés de particules calcaires de la surface de la pince. Toute articulation , dans les Crustacés décapodes, doit donc être considérée comme un repli plu.s ou moins compliqué de la carapace, au niveau duquel le carbonate de chaux disparaît dans les points où la mobilité est nécessaire. C'est surtout dans les antennes que ces faits sont faciles à véri- fier. Là, en elTet. la multiplicité et la simplicité des articulations rendent les coupes faciles, et il est facile de voir que les articu- lations ne sont autre chose que des points du test privés de sels calcaires. Des parties de la bouche deslimk'S à broyer les aliments , el de quelques parties analogues. — Dans les Crustacés de grande di- mension, il est assez commun de trouver, en dedans de la pince, des parties tuberculeuses plus ou moins régulières, et dont la sur- face usée et raboteuse témoigne qu'ils servent à saisir des objets d'une dureté souvent assez grande. Sous le rapport de la compo- sition , ces parties doivent être rapprochées de celles qui servent à broyer, chez tous les Crustacées décapodes, les substances des- tinées à servir de nourriture à l'animal. L'analyse démontre, en effet , que toutes ces parties ne sont autre chose que des points, où le test, plus épais et à texture plus dense , a aussi été infiltré d'une plus grande quantité de carbonate de chaux. Du reste , même organisation intime ; seulement la couche épidermique et la couche pigmentaire sont , en général , usées à la surface de ces points, et on n'en retrouve aucune trace. Des pnih. — Mon but ne sain-ait être ici d'entrer dans des dé- tails minutieux sur le nombre, la grandeur, la forme ou la dispo- sition de ces organes. Je ne m'occuperai que de ce qui pourra DES CRtSTACKS DÉCAPODES. 300 éclairer leur composilicni iiilimo et faire aiiprécier leur véiitahlu nature. Un premier fait sur leciuel j'appellerai l'attention, c'est que ces poils ne sont pas toujours simples, mais qu'ils sont, au contraire, le plus souvent munis de barbes nombreuses; ces barbes ollient des différences de volume, de disposition et de nombre extrême- ment considérables, sur lesquelles je ne dois pas insister. Pour- tant je signalerai une forme spéciale , importante à raison même de sa rareté dans les autres classes d'animaux. Assez fréquem- ment, dans les Crustacés, les barbes des poils sont aplaties, élar- gies à leur extrémité, etfornient, parleur superposition, une sur- face continue. Ce n'est que dans les points où les poils doivent servira étendre une surface destinée à faire l'odice de nageoire que cette disposition se rencontre. Quant aux autres dispositions des barbes des poils , il n'est pas rare de trouver dans un même point du test des poils munis de longues barbes à côté de poils qui en ont de plus courtes, ou même qui en sont privés (fig. 11). Ces barbes ne présentent jamais de barbules. Elles sont formées, ainsi que les poils, d'une substance homo- gène d'apparence cornée et évidemment inorganisée. Cette sub- stance paraît en tout semblable à celle qui compose la couche épi- dermique et les ongles. Mais s'il y a similitude et peut-être identité de nature cliimi(|ue, on ne saurait admettre qu'il y ait continuité entre ces dllférentes parties : les poils naissent au-dessous de l'épidernie par une masse arrondie, qui a la plus grande analogie avec un bulbe qui aurait été envahi par la matière cornée. Ce fait de la naissance des poils au milieu de couche pigmen- taire est général, et je n'y ai trouvé aucune exception. A ce niveau, ils présentent toujours une masse arrondie plus large, qui enveloppe leur base comme d'un bourrelet saillant. Cette masse, en général dénature cornée, n'a pas l'homogénéité qu'on remar- que dans la substance du poil ou dans les amas de substance épi- dermique. On y voit des lignes sinueuses, s'entrecroisant en dif- 3' st-rie. Zooi.. T. VU. (.Iiiiii 18-17.) 4 2i 370 L*VAI,LE. — SUR LE TEST férents sens, et qui semblent les restes vaguement dessinés d'une organisation antérieure. Ce qui s'opposerait encore à faire regarder les poils comme des prolongements de l'épiderme, c'est la présence dans leur inté- rieur d'un canal centrai, c|ui en occupe toute la longueur. 11 est facile à constater dans tous les poils , et , pour moi , l'existence de ce canal ne saurait être mise en doute. Le plus souvent ce canal se prolonge jusqu'à la base des poils sans changer de diamètre, mais souvent aussi il se rétrécit alors d'une façon très marquée (fig. 1 0), de manière à rappeler ce qu'on observe à l'extrémité adhérente de quelques poils des animaux supérieurs, et mieux encore à l'origine des plumes. L'analogie est d'autant plus complète, qu'il existe toujours dans le canal des poils des Crustacés une sorte de moelle, qui le rem- plit à l'état frais, et cpii , lorsque le poil meurt , se dessèche et se pelotonne eu amas épars et irréguliers. Ajoutez à cela que, dans quelques cas, ce canal reste ouvert à sa base et connnunique alni's avec le canal qui traverse toute l'épais- seur du test, de sorte (ju'il semble y avoir parfois continuité entre la matière qui remplit le poil et celle qui existe dans le canal cor- respondant. La cavité centrale di's poils ne ni"a jamais paru se continuer dans les barbes. Je dois certainement rapporter aux poils, des corps qui, au premier coup d'a?il , en dillerent considéi'ablement, mais qui , par une étude plus approfondie , s'en rapprochent assez pour qu'on soit convaincu que telle est, en effet, leur nature. Chez un grand nombre de Crus'acés , mais surtout chez les Pisa, le test est recouvert d'une immense quantité de petites masses irrégulières qui , en certains endroits, sont tellement nom- breuses, qu'elles forment une véritable couche. Examinés à un très fort grossissement, ces corps donnent l'as- pect que je vais décrire. Nés de tubercules placés dans la couche pigmentaire , comme les poils, ils correspondent, comme eux, à un canal qui les met en ci.mmunication a\T'c l'intérieur du test, cl ont dans leur inté- DES CRUSTACÉS DÉCAPODES, 371 rieur une cavité allongée qui les traverse de la base au sommet. Je crois donc devoir considérer ces masses cornées comme des poils très courts, dont les barbes, longues et nombreuses, se sont soudées entre elles, de manière à ressembler à une verrue pédi- culée. Telle doit être, en effet, leur organisation; car, en essayant de les briser, on obtient souvent une tige centrale isolée, parcourue par un canal, et à la base de laciuelle restent encore quelques barbes. De plus, on trouve quelques uns de ces corps un peu plus allongés que les autres, et, par des nuances insensibles, on peut arriver à certains d'entre eux , qui ne diffèrent qu'à peine do la forme des véritables poils. Lorsque ces corps sont épars sur le test , ils présentent des formes assez variables, mais souvent ils se pressent, se serrent les uns contre les autres , cl , forcés alors de prendre des formes polyédriques , ils composent une surface ([ni rappelle d'une façon frappante l'enveloppe des Tatous. Tels sont les principaux faits généraux auxquels m'a con- duit l'étude des poils. Quant aux canaux qui existent constam- ment à leur base, je les décrirai dans un chapitre spécial. Je ne dirai qu'un mot de certains poils qui présentent des lignes transversales très nombreuses et semblent formés d'une grande quantité d'articulations. C'est dans les Siiuilles que j'ai rencontré ces poils. Des tubercules cornés. — (Juand un Crustacé ne présente qu'un petit nombre de poils, il est très fréquent de trouver au milieu, do la couche pigmentaire des corps arrondis de matière cornée et en tout comparables aux masses que l'on rencontre à la base des poils. Ces tubercules existent en nombre considérable dans la couche pigmentaire du Homard. Comme les poils, ils sont placés tantôt à la surface, tantôt dans l'épaisseur de cette dernière couche. Comme les poils aussi, ils correspondent toujoui's à un canal qui traverse toule r(''pnisseur du test. 3,72 IAVALI,E. — SUR I.F. TRST A leur surface , il existe souvent un petit, prolongement pili- forme. Les usages do ces organes ont certainement cessé quand le test a acquis toute sa dureté. Mais, à en juger par leur nombre et leur constance, leurs fonctions doivent être importantes. Peut- être y a-t-il là quelque chose d'analogue à quelques uns des folli- cules de la peau des animaux vertébrés. Des ongles. — Les membres des Crustacés sont fréquemment terminés , comme on le sait , par des amas de substance cornée destinés à servir à tous les usages auxquels sont destinés, chez les aniiTiAux supérieurs, les véritables ongles. C'est ce qui m'engage à étudier sous ce dernier nom ces masses translucides et évidem- ment inorganisées. Un examen attentif montre que ces ongles sont formés d'une masse cornée tout à fait analogue à celle qui constitue la couche épidermique. Tls semblent même, dans certains cas, se continuer avec cette dernière couche ; mais ils ne peuvent néanmoins pas être considérés comme un simple amas de substance épidermique. A leur niveau, le test est taillé en biseau aux dépens de sa face externe, et disparaît avant d'avoir atteint le milieu de l'angle. Le point le plus intéressant de structure de ces masses cornées est la présence, dans leur épaisseur, d'un nombre considérable dn canaux très fins, qui pénètrent dans la substance de l'ongle, et vont en divergeant se perdre près de sa surface (fig. 1 0). Ces canaux sont d'autant plus nombreux, qu'on les examine plus près de la partie centrale de l'ongle. Ils ne présentent aucune anastomose, et ne se bifurquent jamais. Ils paraissent tout à fait analogues à ceux des poils, et comme eux ils traversent toute l'épaisseur du test, dans les points où ce dernier est sous-jacent à l'ongle. Une coupe transversale de l'ongle permet de constater facile- ment l'ouverture de ces canaux et montre qu'ils ne sont pas seu- lement creusés dans la masse homogène qui les entoure , mais qu'ils ont des parois propres très visibles. I)i;s C.IUISTACÉS UKCAl'UUliS. 373 Ces faits doivent être considérés comme l'expression d'une loi générale, à laquelle je n'ai pas trouvé d'exception. Des canaux. — Ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le dire, je n'ai pas rencontré dans le test des Crustacés décapodes d'autres canaux que ceux qui se rendent aux poils, aux tubercules cornés ou SMx ongles. Pourtant, dans quelques cas rares, il m'a semblé que lorsque les tubercules cornés n'étaient pas situés tout à fait à la surface du test , il existait de très petits canaux ;\ peine visi- bles, en nombre variable pour chaque tubercule, et qui mettaient ces organes en communication directe avec l'extérieur. Quant à ceux qui se rendent des poils, des tubercules ou des ongles à la partie interne du test, ils ufl'rent des caractères si sem- blables, qu'il est possible de les rapprocher et de les comprendre dans une même description. Ils sont d'autant plus développés , qu'ils correspondent à des organes plus volumineux, à l'excep- tion toutefois de ceux des ongles, que j'ai toujours trouvés très petits. Tous ces canaux traversent d'outre en outre toute l'épais- seur du test. Quelque rapprochés qu'ils soient, ils ne présentent entre eux aucune anastomose. Ils ne se ramifient jamais. Tantôt on les trouve vides, et il est possible de les injecter; tantôt, au contraire, ils sont remplis, en tout ou en partie, par une matière très analogue à celle qui se trouve dans le canal central des poils. Tels sont les principaux détails qu'il m'a paru important de signaler dans la structure intime du test des Crustacés décapodes. Je me suis attaché surtout aux faits généraux, à ceux qui m'ont paru d'une utilité réelle, et je les ai exposés aussi brièvement qu'il m'a été possible, dans les propositions suivantes. La partie solide et caduque de l'appareil tégumentaire des Crustacés décapodes diffère essentiellement des coquilles, en ce que, traitée par un acide, elle perd son carbonate de chaux, sans changer en rien dans son organisation. Elle est, sous ce rajiport, assimilable aux os des animaux vertébrés. Le test constitue une enveloppe d'une seule pièce, partout con- tinue à elle-même, et qui n'offre de solution de continuité ([u'au S7ft LAVJILLE. — Sl'R LE TEST niveau des ouvertures naturelles. Les points flexibles et les par- ties plus molles de cette enveloppe ne diflcrent des jjarties solides que par l'absence de sels calcaires. Elles ont une organisation tout h fait identique. Les articulations ne sont que des replis plus ou moins compliqués, mais souvent très simples, de cette enve- loppe. Il en est de même des parties ossiformes placées à l'inté- rieur des organes et destinées à l'insertion des muscles locomo- teurs. Les parties destinées k écraser ou à broyer les aliments ne sont que des parties du test plus épaisses et à texture plus dense ; aussi, lors de la mue, toutes ces parties tombent-elles à la lois. Le test présente, à l'état le plus parfait, trois couches parfai- tement distinctes et facilement séparables. La plus extérieure, homogène, transparente, cornée, ne pré- sente d'ouverture que pour le passage des poils ou des organes analogues, et recouvre le test en entier d'un vernis souvent extrê- mement mince. Elle est évidemment analogue à l'épiderme des animaux supérieurs. Je l'ai désignée sous le nom de couche épi- dermique. La couche moyenne est surtout destinée à contenir la matière colorante du test. Elle a une organisation propre et renferme tou- jours dans son épaisseur la hase des poils et les tubercules cornés. C'est la couche pinmcntain: La couche interne est de Ijcaucoup la plus épaisse et constitue presque à elle seule tout le test. On y rencontre les canaux des jioils, des tubercules et des ongles, ainsi qu'un très grand nombre de petits corps irréguliers de nature organique. C'est la couche dermique. Ces deux dernières couches sont les seules dans lesquelles se dépose lecarbonate de chaux. Elles ont une organisation à peu près analogue. A un faible grossissement , on constate qu'elles sont formées, dans toute leur épaisseur, par des lignes extrêmement fines et délicates , et dont le caractère le plus général , comme le plus frappant , est d'être constamment parallèles entre elles. Cette organisation existe dans l'immense majorité des cas , et on re- marque que lorsqu'elle n'existe pas , ou qu'elle est très difficile à constater, la couche dcrmiiiuc présente des nuances irisées, sou- niis CRI sTACKs i)iic\PODi;s. 375 v(;nt aussi vives ([ue celles des plus belles coquilles (l'es Ano- moures). Ces lignes ne sont pas produites par des couches indé- pendantes et superposées, car lo test n'est pas séparabic en feuil- lets correspondants à ces lignes, qui sont, en général, de 12 à/iO, et peuvent s'élever à 250 et plus. Au moyen de très forts grossissements , on peut constater que ces lignes font partie d'un même tout. L'organisation intime du test se présente alors sous trois formes principales : 1° On ne trouve que des filaments extrêmement ténus , accolés les uns aux autres, et dirigés de dedans en dehors perpendicu- lairement à la surface ; ces filaments devenant tous plus épais et plus opaques à des niveaux semblables, forment une apparence de lignes parallèles. 2° Ces filaments existent, mais sont traversés à angle droit, et suivant des zones parallèles, par d'autres faisceaux de filaments. De ces derniers partent des ramifications qui s'anastomosent avec les zones voisines , et réunissent ainsi tous les faisceaux. 3° Les filaments perpendiculaires n'existent plus , et on ne ren- contre que des bandes parallèles d'oii partent des ramifications très irrégulières qui s'unissent aax bandes voisines. Les poils des Crustacés décapodes sont simples ou munis de barbes ; ils n'ont jamais de barbules ; ils ne sont pas un prolon- gement de la couche épidermique ; ils sont toujours en communi- cation avec l'intérieur du test par un canal qui traverse en droite ligne toute l'épaisseur de la carapace, et qui est tantôt vide et tantôt rempli d'une matière semblable à celle qui existe à l'inté- rieur des poils ; ils ont tous un canal central rempli d'une moelle analogue à celle qu'on trouve dans les poils des animaux supé- rieurs; ils naissent tous d'une partie arrondie, qui a la plus grande analogie avec les bulbes. Ces sortes de bulbes sont tou- jours situés dans la couche pirjmenlaire . Les corps irréguliers qui recouvrent certains Crustacés, et en parlieulicr les Visa letrcwdon, ne sont que des poils dont les barbes sont soudées entre elles. Les ongles des Crustacés décapodes semblent se continuer avec la couche épidermique, avec laquelle ils ont la plus grande ana- logie d'aspect et de composition. On trouve dans leur épaisseur 376 LAVALLE. — Slll Lli TKST DES CRUSTACÉS DÉCAPODES. un nombre très considérable de petits canaux analogues à ceux des poils, et qui , comme ces derniers, traversent tout le test pour arriver jusqu'à l'i ngle. Quant aux tubercules que l'on rencontre souvent dans la couche pigmentaire, et qui ont chacun un petit canal qui les met en communication avec l'intérieur du test , on ne peut les consi- dérer que comme des organes analogues aux bulbes que l'on trouve à la base des poils. Je terminerai ici ce travail tout entier destiné à l'anatomic , et je ne chercherai pas à exposer toutes les conséquenses physiolo- giques que me paraissent contenir les propositions auxquelles j'ai été conduit. Je dirai seulement qu'elles me semblent en opposi- tion complète avec les théories qui rapprochent le test des Crusta- cés de l'épiderme écailleux des Serpents et des Lézards. Je ne vois nulle analogie entre la mue des Crustacés , qui les dépouille d'organes destinés à donner au corps sa forme et son volume, à servir de points d'attache aux muscles locomoteurs , à fournir les instruments de prélicnsion et de mastication , d'organes ]ilacés non seulement à la surface du corps, mais plongés souvent au milieu des parties molles, et chez lesquels on trouve une organi- sation telle que je l'ai décrite, et la chute périodique qui s'observe chez les Reptiles d'un épidémie mince , sans consistance , com- plètement inorganisé , et incapable de remplir aucun des usages auxquels est destiné le test. Mes recherches m'ont convaincu de la vitalité du test, au moins dans les premiers temps de son existence ; et , sous ce rapport, je me range pleinement à l'opinion de Cuvier , quand , dans son Analomie comparée, il disait : « L'enveloppe des Crustacés est » d'abord molle , sensible , et même pourvue de vaisseaux ; mais » une quantité de molécules calcaires ne tardent pas à y être por- » lées, à la durcir, et à en obstruer les pores et les vaisseaux. » Telle était aussi l'opinion bien arrêtée de Dugès, et s'il ne put la faire complètement prévaloir , c'est sans doute parce qu'il n'avait pas pénétré assez loin dans r('liidc intime du test. RliSCO!VI. — SVSTÈME I.VMrUATIQUK l'IiS Rlil'TILES. 377 EXPLICATION DES FIGURES. PLANCHE 7. Fig. 10. Coupe longitudinale de l'ongle du .][aiu verrucosa, à un grossissement peu considérable. Cette pièce est remarquable par le grand nombre de cana- liculcs que renferme l'ongle, qui semble aussi se coiitmuer avec la couche épi- dermique. Le canal des poils est très facile à voir, et la matière qu'il conlient semble se prolonger, à travers sa base, avec celle qui remplit le canal du test. Fig. I I . Couche pigmentaire des pattes du Luiiea dicantha , vue par sa surface. Fig. 1 2. — prise sur la carapace. Tous les polygones sont pres- que réguliers et à six côtés ; au milieu de beaucoup d'entre eux , il existe de petits prolongements cornés. REFLEXIONS SUR LE SVSTiî.ME LV.MPHATIQUE DES REPTILES, Etc.; Far M. le D' MAURO HT7SCONI. — Favie, 1845. (Extrait communiqué par M. Duvernoy.) Cet ouvrage d'un anatomisle célèbre, sur le système lympliatiiiue des Reptiles, est en partie polémique; c'est une réponse h une lettre adressée au professeur Alessandrini par le professeur Panizza. Nous met- trons de côté , dans le compte que nous allons en rendre , les discussions de priorité, pour ne nous attacher qu'au.\ faits et aux méthodes qui ont contribué à l'avancement de nos connaissances sur cette partie de l'orga- nisation des animau.x. Deux lettres du docteur Rusconi adressées à feu Breschet, et impri- mées dans ces Anna/es en 1841 {2° série, t. XV. p. 249) et en 184-2 (2' sé- rie, t. XVII, p. 111), ont fait connaître ses premières découvertes sur les vaisseaux lynipliutiquesdes Reptiles. M. Rusconi annonce dans la première que , chez la Grmmiillr: verte et la Salamandre commune, non seulement l'aorte et les troncs qu'elle four- nit, mais encore toutes leurs ramifications, jusqu'aux plus petites, sont renfermées dans les vaisseaux lyniphatiiiues. baus la seconde de ces lettres , le même auatomiste insiste particu- lièrement sur la méthode (|u'il a a(lo|)té'e pour injecter le système lym- phatique des petits animaux. Il avait déjà indiqué, dans la précédente, la matière cpi'il avait choisie poiu' ses injections, après avoir renoncé au 378 RL'scoKi. — siSTÈMi; i.yMrii.vTioLii mercure, et reconnu avec beaucoup d'aiiatoraistes que ce métal si propre à pénétrer, par son propre poids, dans les vaisseaux les plus déliés, et à les faire découvrir, avait l'inconvéniejU grave de dilater outre mesure leurs parois et de les déformer. Un autre inconvénient du mercure est celui d'user à la lonyue ces mêmes parois ; de s'extravaser à la suite de cet effet destructeur , et de faire perdre ainsi aux plus belles préparations tout leur mérite. Nous avons vu dans les collections d'anatomie de l'Université de Leide plusieurs injections au mercure de Ruisch , qui n'ont plus aucun intérêt pour s'être ainsi détériorées. Celles récentes et si belles du testicule humain , exécutées avec une grande perfection et un rare boniieur par Al. Lauth, dont la belle litho- graphie qu'il avait dessinée lui-même donnait une idée exacte (1), ne res- semblent déjii plus à cette lithographie, et conséquemment à ce qu'elles étaient dans le principe. M. Rusconi annonce avoir reconnu un troisième inconvénient à ces injections des vaisseaux lymphatiques au mercure ; c'est qu'd passe faci- lement de ces vaisseaux dans les veines saijguines, et l'ait des unes et des autres un véritable i/alliiinlins pour me servir de son expression. Le mode d'injection (|ue M. Rusconi a imaginé, et les matières plas- tiques qu'il a choisies , n'ont aucun de ces inconvénients; les vaisseaux lymphatiques sont mis en évidence sans être déformés. L'un et l'autre ont coniluit cet anatomiste à une connaissance des vaisseaux lymphati- ques des Reptiles plus exacte et plus complète que celle de ses prédéces- seurs. Les premières traces de leur connaissance dans cette cla.sse remontent à 1733; elles se lisent dans le tome ill des Mémoires de l'Acndnnie ffe Sciences. Perrault, dans son Anatnmie du Caméléon, y recoimaît et y nomme les reinea /(ictépsi'Xlc. réccp/ncle de Péqitet. Ce n'est qu'en 17(),S et 1769 que Ilewson a fait connaître, dans les Transactions philosojiliiijiips de lu Société royale de Londres, l'ensemble du système lymphatique des Reptiles , sans découvrir cependant sa singu- lière disposition , relativement aux vaisseaux sanguins. Dojanus (en 1819) eu a donné la première indication pour \' Emyde d'Hurnpe seulement. La figure 15.') delà planche XXII de son Anatomie de cette espèce montre le.< artères principales de l'abdomen complète- ment enveloppées dans le canal thoracique de cet animal. Après Hewson , M. le professeur Panizza est le seul anatomiste qui ait entrepris de décrire et de démontrer , par des figures faites d'après des (I) Elle a paru dans les Mémoires ilc hi Soriclc d'Histuin- naturelle de Stras- bourg, t. I. DES RiirriLES. 379 préparations originales, tout le système lym|iliali(|uc d'um; espèce au moins, de chacun tics ordres de cette classe (I). Mais, il faut l'avouer , les belles plauclics de cet ouvrage, ou iilulijt les figures qu'elles conipreunent , dessinées d';i|ii es des préparations in- jectées au mercure , représentent les vaisseaux lyinpliati([ues dos Reptiles avec les défauts inhérents à ce genre d'injection , e'est-à-dire bosselés , dilatés outre mesure , déformés conséqueminent , et parfois mécon- naissables dans leur disposition générale. Celles de M. Ruscoui, dont nous avons sous les yeux des exemplaires qu'il a bien voulu nous adresser pour le Collège de France , et qui sont représentées pour la plupart daus son ouvrage , dnnuent une idée plus vraie de la nature. Plusieurs d'entre elles montrent à la fois les artères injectées en rouge, les veines en bleu , et les vaisseaux chylifères en blanc (2'. C'est une manifestation lidèle de ces derniers vaisseaux et de leurs rapports avec les vaisseaux sanguins. Ces rapports sont intéressants ;i étudier chez les Reptiles. Bojanus avait montré que, dans l'Emyde d'Europe , le canal thoracitjue enve- loppe les principales artères. M. Panizza^découvrait de son enté cette disposition dans la Clirlonre caouanc , et ajoutait à cette découverte celle des brides nombreuses qui traversent la cavité du canal thoracique et du réservoir du chyle. Edouard Weber, dans sa Description des cœurs lijmplmtiqucs du Python tiyre, exprime que la plupart des vaisseaux sanguins sont contenusdans la cavité des vaisseaux lymphatiques. Il affirme avoir constaté cette dis- position depuis les troncs vasculaires sanguins de la peau Jusqu'à leurs très petites ramifications (.3). M. Rusconi a étendu aux Grenouilles, aux Salamandres terrestres , au f'amétèon et aux Tortues de terre , la découverte de Bojanus pour \'E- ruijde d'Europe; celle de M. Panizza, pour la Tortue de mer ; et d'Éd. Weber, pour le l'i/thon tiyre. 11 a fait voir que , dans les Grenouilles, non seulement les artères mé- sentériques se trouvent renfermées dans les vaisseaux lactés, mais en- cordes veines de ce nom. Dans les Salamandres , au contraire, les vaisseaux chylifères envelop- pent les ramifications antérieures seulement , tandis que chacune de (1) Sopra il sistema linfitlico dei lietliti, etc. l'avia, ■tS.'iS, in-fol., avec 6 pi. (2) Comme on les voit dans la pi. Il, fig. 2, rcpréiicntant une portion de l'in- testin grôlc' et tlu mé.scnlère de la Crcnnuillc verte, et dans la pi, II, fig 6, qui représente les mômes parties dans l'Emyde d'Europe (:i) .br/iit'c? dc.I. Mullerpour I83'v p S-^e et .'l??, et pi XIII, fig. 6-9. 380 KL;<[>t'0!N'I. — SVSlivMli I.V.MrilATigiiE i)liS lUil'TILliS. celles des veines sont encadrées pour ainsi dire entre deux fins vaisseaux chyliCères accolés à leurs côtés (i). Les anatomistes ne sont pas d'accord sur la manière dont le réservoir du chyle et le canal thoracique, ainsi que les ramilications qui s'y ren- dent, renferment les vaisseaux sanguins. La lymphe baigne-t-clle immédiatement les parois artérielles ou vei- neuses? et les artères ou les veines seraient-elles contenues dans la ca- vité des lymphatiques, ainsi que l'avait pensé M. Rusconi? Ou bien les vaisseaux sanguins sont-ils hors de la cavité des lympha- tiques, et seulement enveloppés par ces vaisseaux repliés sur eux , comme le péricarde est replié sur le cœur? Cette dernière manière de voir fait comprendre les brides nombreuses qui existent dans la cavité des lymphatiques , et qui ont l'air d'être attachées d'un côté ;i la paroi interne des vaisseaux sanguins, et de l'autre à la paroi interne des vais- seaux lymphatiques. C'est cette manière de voir que nous avons adoptée dans notre description des vaisseaux lymphatiques des Reptiles (2). Elle a été admise également [jar feu Breschet dans une courte communi- cation qu'il a faite à la réunion des naturalistes allemands, de 1842, à Mayence (:i). M. Panizza pense qu'il se l'orme autour des artères une membrane adventive , au moyen des brides nombreuses qui se portent de la paroi interne dos vaisseaux lymphatiques sur les vaisseaux san- guins qu'ils renferment (-1). Voici comment M. Rusconi s'exprimait à ce sujet dans une lettre im- primée le 20 février dernier , adressée à M. E. H. Weber (ô) : a A l'égard de cette question accessoire, on ne peut établir aucun » principe qui soit applicable à tous les Reptiles ; car, chez les uns , les « Serpents, par exemple, l'aorte et ses branches ne sont pas dans la ca- (1) J'ai étendu la découverte faite par Fohmann et Ed. Weber aux Salaman- dres lerreslres , aux Lézards, aux CamiUéons , aux Tortues de terre et aux Gre- nouilles; et j'ai fait voir que, dans ces dernières, non seulement les artères mé- senléritiues se trouvent renfermées dans les vaisseaux lactés, mais même les veines de ce nom; et j'ai découvert tout récemment, cliez la Grenouille commune, que la lymphe ne passe pas directement dans les veines, mais par endosmose. Peut-être en esl-il de même chez la Salamandre; mais à l'égard de celle-ci, je ne puis rien dire de positif. La seule chose que je puis affirmer, c'est que, dans cette der- nière, il ne m'a jamais été possible de trouver le passage direct de la lymphe dans les veines. [Lettre du 0' Rusconi à M. Ducernoy. — Pavie, 15 janv. 1847.) (2) Leçons d' Anatomie comparer, l. YI, p. 78. Paris, 1839. (.■}) Amtlicher Bcricht iiber die zuHinziijIo Versamlumj der Gesellscliaft dculseher iXaturforscher undaerzte zu Mainlz in september '1842. Maintz, 1813, p. 220. (i) Leltcra del Professorc Panizza ad Alessandrini , p. 18. (o) Lellcra del Dutlor Mauro Ituscoui alsign. Erneslo Enrico ICctec. ^JirXCHXER. — SUR I.E GV.MNARCIILIS MLOriClS. 381 » vite (les vaisseaux Ivmplialiqiies, mais elles soiil env('lo|ipées ilans ct;s » vaisseaux comme les intestins dans le péritoine, et par consiVpient » elles ne sont pas en contact avec la iymplie. » Chez les autres , la Torlw de mer par exemple, l'aorte est renl'erniée » dans un double étui membraneux qui est le canal llioracir]ue , et la » lymphe existe entre un étui et l'autre, tandis que les vaisseaux lactés, » qui débouchent dans ce double étui renlerniant l'aorte, l'ont dans leur » chemin plusieurs nnulles autour des veines et des artères niéseuté- » riques. )j Chez le I.èzm-d vert et le Camél/'on , l'aorte est dans la cavité du » canal thoracique, comme l'admet M. Panizza. » Enfin , chez les Grenouilles , nous trouvons un grand réservoir du » chyle , et non seulement l'aorte , mais encore plusieurs veines sont )i baignées par la lymphe. » M. Rusconi termine cette lettre en annonçant que , d'après ses der- » nières recherches sur les vaisseaux lymphatiques delà Salamandre, » les artères mésentériques ne sont pas en contact avec la lymphe, et » qu'elles sont hors de la cavité de ces vaisseaux qui ne font que les en- )) velopper. « OBSERVATIONS SI!R L'APPAREII- PULMONAIIIE DU GYMNARCHUS^NILOTICl'S ; Par M. le Professeur ERDI.. MUNCHNER. /-. r^ ,/ivwvtc «r.o Poisson d'Egypte, peu connu jusqu'ici , possède un poumon bien développé, ii coté d'un appareil branchial semblable a celui des autres Poissons. Ce poumon, qui s'étend au-dessous de la colonne vei'tébiale, ()ccu|ie la place où se trouve d'ordinaire la vessie natatoire. Il s'ouvre dans la paroi supérieuie de l'u'sophage, au moyen d'un conduit assez court, mais très lai'ge. Le poumon s'amincit uu peu sur la ligne mé- diane , tandis que ses deux portions latérales sont épaisses, et indi(|ueut une tendance vers la division en deux organes pairs. Vers l'anus, l'organe se termine en une pointe arrondie, au-dessous de laquelle se trouve la vessie uri nuire, (|ui atteint dans ce Poisson des dimensions considérables. La structure du poumon ressemble d'une manière frappante a celle du Lépidosiren. Cet organe se compose d'une paroi extérieure très mince, et de cellules intérieures qui forment un réseau élé'gant , et sont disposées sur la surface intérieure de la paroi, en plusieurs couches les unes au- dessus des autres. Le poumon est d'ailleurs transparent , en sorte que, lie même cpie chez les Serpents, on peut recoiinaitro les cellules exté- l'ieurement. \u point où la trachée communique avec l'iesopliage, on aperçoit , a droite et à gauche de l'ouverture , un long repli longiludirial (|ui permet évidennnent a l'iuiinial d'ouvrir et de fermiM' volcjutairement la traehi'e. Les muscles (pii l'ont mouvoir ces replis s'attachent à un long cartilage fixé sur l'appareil branchial, et qui, sous ce point de vue, peut être ciimpari' aux rudiments de larynx du Lépidosiren. » {lUbl, univ. de Oenive, juin I8i7.) 38-2 XOTICES BIBLIOGRAPIIIQIES. llisluriu /isica y polilica de C/iile , par Claudio Gay. Zoologia , in-8. Paris, 1847. Le premier fascicule do la parlie zoologique de cet ouvrage, publié en langue espagnole, vient de parailre. et renferme la description des Mammifères du Chtli; il est accompagné de planches petit in-folio. J'/in cabinet ofOriciUfd Enlomologi/, hy }. Westnvood. In-4. Londres, 1847. Ot ouvrage contient la description des espèces nouvelles les plus remarqua- bles dont l'entomologie a été enrichie depuis quelques années par les recherches des Anglais dans l'Indc' et les îles vni^in^s. Le talent bien connu de iM . Westwood , connne artiste et comme descripteur, est un sur garant du succès qu'obtiendra celte nouvelle publicalinu, dont il a déjà paru cinq cahiers. Repuut un the Arc/ie/i//ie ami HtjiuultKjies of the Vertébrale skelelnn , by prtil'essor OwEN. lu-S. Loiidfes, 1847. Cb Mémoire, extrait des Tramactions de l'Association britannique pour 18i6, contient l'exposé des vues de M. Ovven sur la constitution fondamentale du sque- lette, et sur la détermination des analogues dans l'embranchement des Vertébrés Un Tlllî CONNEXION , ETC. M/hnoirrs sur les rapports qui existent entre le mode de distribution des aninaïux et des plantes de la période actuelle dans les lies Jiritanniqncs , et les chanyements géoluyiques qui se sunt opérés dans cette région ; par M. E. Forbes. Ce travail, inséré dans le même recueil que le précédent, contient les résultats d'un grand nombre d'observations exactes , et renferme des vues nouvelles d'un intérêt considérable. /'//(' Lnndon Gcological journal, ln-8. Ce recueil, consacré spécialement à la paléontologie et publié par les soins de M. (".harlesworth , paraît trimestriellement. Nous venons d'en recevoir les trois premiers cahiers, contenant: un Mémoire de M. Scarles Wood, sur la découverte d'un Alligator et de plusieurs Mammifères nouveaux dans la falaise de Hordwcll ; une Note de M. Carter, sur une nouvelle espèce d'Ichthyosaure de la craie; un Mémoire sur le Gelemnoleuthis, par M. Cunnington ; ia description de beaucoup de Brachiopodes et de Zoophyles nouveaux, etc. De la conformation du c/icrid suirant les lois de lu physiologie et de la mé- canique ; par M. UiciiAUD, directeur de l'École des Haras. In-8. Pa- ris, 1847. L'auteur s'occupe beaucoup de la question de l'amélioration des races . qui offre un si haut inlérél pour la physiologie aussi bien que pour l'économie rurale. TABLE DES MATIERES CO.MIvMP.S DANS C K VOIl M K. ilNATOItnE ET pnvsioLoeiE. Observations sur la terminaison des nerfs et la slructuri' des guiiyliuiix; par M. Rodolphe AVagneii t'il Sur les voies d'élimination de Viirée après rexlirpalion des reins; par MM. Cl. Bernard et Cu. Barreswil. (Extrait ) 301 AlVUIAUX VERTÉBBÉS. Observations sur les analogies et les difTérences des arcs visccnnix de l'em- bryon chez les deux sous-embranchements des Virlcbrcs ; par M. Emile Baldemext 73 Observations sur le développement du duvet et des plumes; par M. le D' Cn. Reclam l'JI Réflexions sur le système lymphatique des Reptiles ; par M. Mauro Rusconi. 377 Nouvelles Recherches sur VenilryiKjënie des l'oissous; par M. le D' Pu. de FlLlPPi Go Recherches sur un nppiireil qui se trouve chez les Poissons du genre des Raies, et qui présente les caractères anatomiques des organes èleclri- f/wfs; par M. Ch. Robix 193 Observations sur l'appareil pulmonaire des Gymnarchus Nilolicus; par M. le Professeur Mlxchser 381 ANIMALX AX^ELÉS. Note sur la ci'rcH/adon rfii .«onj chez les CotopliVcs; par M. NicoLET . . 60 Sur les métamorphoses du Monnolyce Phyllodcs ; par M. Q.-M.-R. \'er HuELL 344 Histoire des métamorphoses du Suhiila Citripes et de quelques autres es- pèces de ce genre de Di/j/trcs; par M Lêox Dcfour "i Histoire des métamorphoses du Cns.s'ida mrif «/(((a ; par M. Léos Dufoir . 14 Recherches d'anatomie microscopique sur le lest des Crustacés Décapodes ; par M. Lavalle 352 Recherches sur rocr;fi)ii.sa(/on des l'irs; par M. Emile Blaxchard ... 87 Observations sur lanaloiiiie et la pliysiolo.aic des Xn'ides: par M. le D' 0. SCHMIDI 183 Mémoire sur V Ecldure de Gartner : par M. X. de Oi'.\trefaces. . . 309 nOLLVSQUES. .Observations sur la pétrification des Coquilles dans la Méditerranée; par MM. Marcel de Serres et Figlier 21 Observations sur deux nouveaux genres de Gastéropodes { Lobiger et Lo- phocercnsy. par M. Kroiix 52 Notice sur lorganisation des Go/fomnm,- par M. H. MiTTHE. .... 469 ZOOPIITTES. Observations sur le développement des Oursins; par M. le D' Ddfossé . 44 Catalogue raisonné des Echinides; par MM. Agassiz et Desor : précédé d'une Introduction sur l'organisation , la classilication et le développe- ment des types dans la série des terrains; par M. Agassiz. . . . 129 Observations sur le Ripinnaiia aslerigera ; par MM. Korex et Dasiellssex. 347 NoIiri'S bililiographiipies . ... ... ..... 382 TABLE DES MATIÈRES Agassiz. — Sur I org;anisalion , la classification el le dineloppe- nienl des types dans la série des terrains 129 Agassiz et Desor. — Catalogue rai- sonné des iV/n'HÙ/es. . . .129 Babbeswil. — Voy. Bernard. Baudement (Emile). — Observa- tions sur les analogies et les dif- férences des (ïrcs viscéraux de l'embryon dans les deux sous- embranchements des Ve)-télirt's . 73 BEBNAnD (Cl.) et Barre.swil (Cb.). — Sur les voies d'élimination de l'urée après l'extirpation des reins 301 BuANCHARn (Emile). — Recherches sur Vorgrtnifialion dt'.s l'frs. . 87 Daniellsen. — • Voy. Koren. Desor. — Voy. Agassiz. DuFossÉ. — Observations sur le développement des Oursins. . 44 DciFOUR (Léon). — Histoire des métamorphoses du Suhula Ci- tripes el de quelques autres es-, pèces de ce genre de Diptères. 3 — Histoire des métamorphoses du Cassida macula la .... 14 FiGU[ER. — Voy. Marcel de Serres. FiLippi (Ph. de). — Nouvelles Re- cherches sur l'embrijofiénie des Poissons Go HuELi. (Ver). — Sur les métamor- phoses à[iMormohjce Plaillodes. 344 KoREN et Daniellsskn. — Observa- tions sur le Bipinnaria asleri- gera 347 Krohn. — Observations sur deux PAR \OMS D'AUTEURS. nouveaux genres de Gastéropo- des [Lobiyer et Lopliocercus^ . 52 L.vvAULE. — Recherches d anato- niie microscopique sur le lest des Crustacés Décapodes. . . 332 Marcel de Serres et Ficiier. — Observations sur la pétrification des Cocjuilks dans la Méditer- ranée '21 MiiTRE (H.). — Notice sur l'orga- nisation des Galeomma . . .109 MuNciiNER (Erdl.). — Observations sur l'appareil pulmonaire des Gymnarclms Xiloticus . . .381 NicoLET. — Note sur la circulation du sang chez les Coléoptères . 60 Qliatrefages (a. de). — SIémoire sur VEchiure de (lœrtner . . 3(19 Reclam (Ch.). — Observations sur le développemei.t du duvet et des plumes 19| UoBiN (Ch.). — Recherches sur un appareil qui se trouve chez les Poissons du genre des Raies, el qui présente les caractères ana- toniiques des organes électri- ques . .193 UuscoNi (.Mauro). — Réflexions sur le système lijmpiMtiqueâes Rep- tiles 377 SciiMiDT (0.), — Observations sur l'analomie et la physiologie des Naides 183 Wagner (Uodolphe). — ■ Observa- tions sur la terminaison des nerfs el la structure des gan- glions 181 TABLE DES PLANCHES KEL.vriVES AUX MÉMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. Planches 1. Fig. 1-8. Embryologie des Poissons. Fig. 9-13. Organisation des Xaïs. 2. Organisation des l.obiger Philippii et Lophocercus Sieholdii Krohn, 3 et 4. Anatomie des Raies. 5. Fig. 1-8 Galeomma Turloni. Fig. 9-1 i. Structure des nerfs. 6. Organisation des Echiures. 7. Fig. 1-0. Larve et nymphe dn jl/ocDio/ycc PAy//orffS. Fig. 7-9. Organisation du Ilipinnaria asterigera. Fig. 10-12. Structure du test des Crustacés Décapodes. FIN DU SEPTIÈME VOLUME. i .■î/in t/e.r .l'fi^nr ritit ■ 3^ J'/fif 7V/ ^ .//l Tant - /V j t ///v/,,/,..,v,/.,.., ,f,..,- l,ol„e.-.' l'iiilipp" '■' Lci.!'""''-'-"* ^"■^"'''" "■"'" N./{e*n,yrid inip. ^4rw des Se nal S'S&'ù ZooCT^PCS. ïf. J9 R(f5. Analomie des Raies Jnri.cùsSr mUj'SeWe- H^ «■..-.ff ■#;. , ~ss ^ 3>r - ChRobinfldnat del' AnaloiTiic des Raies Imp H'ArlLs i» /■'i,/ l-S Ca/coininii Tiirlont . .<)- J'f l'//iif/ti/v f/^'./ -1%/J' 4 , inn . (f«f J'ctenr . nal . 3* . '*■//• - Zoof Tom .- PI 6- ^^ VIII. Jlf ç ,M ^o/trçfoi Ort/tw/sa/iori (/es 7ù/imrAr. //j/i dAF .fewic . nat-- 3" J'iù-ff Fù/. 1-6. Lof'ue ef Ni/f/ip/w r//' Moi-inolvt'c pinllodc* f''^ 7-1) flr(/(ï/it,i'a/(o/i tùf Rijïinnaria aslrnu'cr râ\ •<'••', 'fil V àA